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	<title>Introibo ad altare Dei</title>
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		<title>Commentaires liturgiques de la f&#234;te de la Sainte Trinit&#233;</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique Nous avons vu les saints Ap&#244;tres, au jour de la Pentec&#244;te, recevoir l'effusion de l'Esprit-Saint, et bient&#244;t, fid&#232;les &#224; l'ordre du Ma&#238;tre, ils vont partir pour aller enseigner toutes les nations, et baptiser les hommes au nom de la sainte Trinit&#233;. Il &#233;tait donc juste que la solennit&#233; qui a pour but d'honorer Dieu unique en trois personnes suiv&#238;t imm&#233;diatement celle de la Pentec&#244;te &#224; laquelle elle s'encha&#238;ne par un lien myst&#233;rieux. Cependant, ce n'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://introibo.fr/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Commentaires liturgiques pour les grandes f&#234;tes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://introibo.fr/local/cache-vignettes/L15xH15/blanc-25-4efaf.gif?1776690350' class='spip_logo spip_logo_right' width='15' height='15' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgi&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Dom Pius Parsch, le Guide (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu les saints Ap&#244;tres, au jour de la Pentec&#244;te, recevoir l'effusion de l'Esprit-Saint, et bient&#244;t, fid&#232;les &#224; l'ordre du Ma&#238;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth., XXVIII, 19.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ils vont partir pour aller enseigner toutes les nations, et baptiser les hommes au nom de la sainte Trinit&#233;. Il &#233;tait donc juste que la solennit&#233; qui a pour but d'honorer Dieu unique en trois personnes suiv&#238;t imm&#233;diatement celle de la Pentec&#244;te &#224; laquelle elle s'encha&#238;ne par un lien myst&#233;rieux. Cependant, ce n'est qu'apr&#232;s de longs si&#232;cles qu'elle est venue s'inscrire sur le Cycle de l'Ann&#233;e liturgique, qui va se compl&#233;tant par le cours des &#226;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les hommages que la Liturgie rend &#224; Dieu ont pour objet la divine Trinit&#233;. Les temps sont &#224; elle comme l'&#233;ternit&#233; ; elle est le dernier terme de notre religion tout enti&#232;re. Chaque jour, chaque heure lui appartiennent. Les f&#234;tes institu&#233;es en comm&#233;moration des myst&#232;res de notre salut aboutissent toujours &#224; elle. Celles de la tr&#232;s sainte Vierge et des Saints sont autant de moyens qui nous conduisent &#224; la glorification du Seigneur unique en essence et triple en personnes. Quant &#224; l'Office divin du Dimanche en particulier, il fournit chaque semaine l'expression sp&#233;cialement formul&#233;e de l'adoration et du service envers ce myst&#232;re, fondement de tous les autres et source de toute gr&#226;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend d&#232;s lors comment il se fait que l'&#201;glise ait tard&#233; si longtemps d'instituer une f&#234;te sp&#233;ciale en l'honneur de la sainte Trinit&#233;. La raison ordinaire de l'institution des f&#234;tes manquait ici totalement. Une f&#234;te est le monument d'un fait qui s'est accompli dans le temps, et dont il est &#224; propos de perp&#233;tuer le souvenir et l'influence : or, de toute &#233;ternit&#233;, avant toute cr&#233;ation, Dieu vit et r&#232;gne, P&#232;re, Fils et Saint-Esprit. Cette institution ne pouvait donc consister qu'&#224; &#233;tablir sur le Cycle un jour particulier o&#249; les chr&#233;tiens s'uniraient d'une mani&#232;re en quelque sorte plus directe dans la glorification solennelle du myst&#232;re de l'unit&#233; et de la trinit&#233; dans une m&#234;me nature divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e s'en pr&#233;senta d'abord &#224; quelques-unes de ces &#226;mes pieuses et recueillies qui re&#231;oivent d'en haut le pressentiment des choses que l'Esprit-Saint op&#233;rera plus tard dans l'&#201;glise. D&#232;s le VIIIe si&#232;cle, le savant moine Alcuin, rempli de l'esprit de la sainte Liturgie, comme ses &#233;crits en font foi, crut le moment venu de r&#233;diger une Messe votive en l'honneur du myst&#232;re de la sainte Trinit&#233;. Il para&#238;t m&#234;me y avoir &#233;t&#233; incit&#233; par un d&#233;sir de l'illustre ap&#244;tre de la Germanie, saint Boniface. Cette Messe, simplement votive, n'&#233;tait toutefois qu'un secours pour la pi&#233;t&#233; priv&#233;e, et rien n'annon&#231;ait que l'institution d'une f&#234;te en sortirait un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant la d&#233;votion &#224; cette Messe s'&#233;tendit peu &#224; peu, et nous la voyons accept&#233;e en Allemagne par le concile de Seligenstadt, en 1022. Mais &#224; cette &#233;poque d&#233;j&#224;, une f&#234;te proprement dite de la Sainte-Trinit&#233; avait &#233;t&#233; inaugur&#233;e dans l'une des &#233;glises de la pieuse Belgique, dans celle-l&#224; m&#234;me qu'une autre gr&#226;ce pr&#233;destinait &#224; enrichir le Cycle chr&#233;tien d'un de ses signes les plus resplendissants. &#201;tienne, &#233;v&#234;que de Li&#232;ge, instituait solennellement la f&#234;te de la Sainte-Trinit&#233; dans son &#201;glise en 920, et faisait composer un Office complet en l'honneur du myst&#232;re. La disposition du droit commun qui r&#233;serve aujourd'hui au Si&#232;ge apostolique l'institution des nouvelles f&#234;tes n'existait pas encore, et Riquier, successeur d'Etienne sur le si&#232;ge de Li&#232;ge, maintint l'&#339;uvre de son pr&#233;d&#233;cesseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle s'&#233;tendit peu &#224; peu, et il para&#238;t que l'Ordre monastique lui fut promptement favorable ; car nous voyons, d&#232;s les premi&#232;res ann&#233;es du XIe si&#232;cle, Bernon, abb&#233; de Reichnaw, s'occuper de sa propagation. A Cluny, la f&#234;te s'&#233;tablit d'assez bonne-heure dans le cours du m&#234;me si&#232;cle, comme on le voit par l'Ordinaire de cet illustre monast&#232;re r&#233;dig&#233; en 1091, o&#249; elle se trouve mentionn&#233;e comme &#233;tant institu&#233;e depuis un temps d&#233;j&#224; assez long.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le pontificat d'Alexandre II, qui si&#233;gea de 1061 &#224; 1073, l'&#201;glise Romaine, qui souvent sanctionna, en les adoptant, les usages des &#201;glises particuli&#232;res, fut mise en mesure de porter un jugement sur cette nouvelle institution. Le Pontife, dans une de ses D&#233;cr&#233;tales, tout en constatant que la f&#234;te est d&#233;j&#224; r&#233;pandue en beaucoup de lieux, d&#233;clare que l'&#201;glise Romaine ne l'a pas accept&#233;e, par cette raison que chaque jour l'adorable Trinit&#233; est sans cesse invoqu&#233;e par la r&#233;p&#233;tition de ces paroles : Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, et dans un grand nombre d'autres formules de louange&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De feriis. Cap. Quoniam. Celte d&#233;cr&#233;tale a &#233;t&#233; attribu&#233;e par erreur &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant la f&#234;te continuait &#224; se r&#233;pandre, comme l'atteste le Micrologue ; et dans la premi&#232;re partie du XIIe si&#232;cle, le docte abb&#233; Rupert, que l'on peut appeler avec raison l'un des princes de la science liturgique, proclamait d&#233;j&#224; la convenance de cette institution, s'exprimant &#224; son sujet comme nous le ferions aujourd'hui, dans ces termes remarquables : &#171; Aussit&#244;t apr&#232;s avoir c&#233;l&#233;br&#233; la solennit&#233; de l'av&#232;nement du Saint-Esprit, nous chantons la gloire de la sainte Trinit&#233; dans l'Office du Dimanche qui suit, et cette disposition est tr&#232;s &#224; propos ; car aussit&#244;t apr&#232;s la descente de ce divin Esprit, commenc&#232;rent la pr&#233;dication et la croyance, et, dans le bapt&#234;me, la foi et la confession du nom du P&#232;re, du Fils et du Saint-Esprit &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De divinis Officiis, lib. XI, cap. I.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Angleterre, l'&#233;tablissement de la f&#234;te de la Sainte-Trinit&#233; eut pour auteur principal le glorieux martyr saint Thomas de Cantorb&#233;ry ; ce fut en 1162 qu'il l'institua dans son &#201;glise, en m&#233;moire de sa cons&#233;cration &#233;piscopale qui avait eu lieu le premier Dimanche apr&#232;s la Pentec&#244;te. Pour la France, nous trouvons, en 1260, un concile d'Arles pr&#233;sid&#233; par l'archev&#234;que Florentin, qui, dans son sixi&#232;me canon, inaugure solennellement la f&#234;te, en y ajoutant le privil&#232;ge d'une Octave. D&#232;s 1230, l'Ordre de C&#238;teaux, r&#233;pandu dans l'Europe enti&#232;re, l'avait institu&#233;e pour toutes ses maisons ; et Durand de Mende, dans son Rational, donne lieu de conclure que le plus grand nombre des &#201;glises latines, dans le cours du XIIIe si&#232;cle, jouissaient d&#233;j&#224; de la c&#233;l&#233;bration de cette f&#234;te. Parmi ces &#201;glises, il s'en trouvait quelques-unes qui la pla&#231;aient, non au premier, mais au dernier Dimanche apr&#232;s la Pentec&#244;te, et d'autres qui la c&#233;l&#233;braient deux fois : d'abord en t&#232;te de la s&#233;rie des Dimanches qui suivent la solennit&#233; de la Pentec&#244;te, et une seconde fois au Dimanche qui pr&#233;c&#232;de imm&#233;diatement l'Avent. Tel &#233;tait en particulier l'usage des &#201;glises de Narbonne, du Mans et d'Auxerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pouvait d&#232;s lors pr&#233;voir que le Si&#232;ge apostolique finirait par sanctionner une institution que la chr&#233;tient&#233; aspirait &#224; voir &#233;tablie partout. Jean XXII, qui occupa la chaire de saint Pierre jusqu'en 1334, consomma l'&#339;uvre par un d&#233;cret dans lequel l'&#201;glise Romaine acceptait la f&#234;te de la Sainte-Trinit&#233; et l'&#233;tendait &#224; toutes les &#201;glises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on cherche maintenant le motif qui a port&#233; l'&#201;glise, dirig&#233;e en tout par l'Esprit-Saint, &#224; assigner ainsi un jour sp&#233;cial dans l'ann&#233;e pour rendre un hommage solennel &#224; la divine Trinit&#233;, lorsque toutes nos adorations, toutes nos actions de gr&#226;ces, tous nos v&#339;ux, en tout temps, montent vers elle, on le trouvera dans la modification qui s'introduisait alors sur le calendrier liturgique. Jusque vers l'an 1000, les f&#234;tes des Saints universellement honor&#233;s y &#233;taient tr&#232;s rares. Apr&#232;s cette &#233;poque, elles y apparaissent plus nombreuses, et il &#233;tait &#224; pr&#233;voir qu'elles s'y multiplieraient toujours davantage. Un temps devait venir o&#249; l'Office du Dimanche, qui est sp&#233;cialement consacr&#233; &#224; la sainte Trinit&#233;, c&#233;derait fr&#233;quemment la place &#224; celui des Saints que ram&#232;ne le cours de l'ann&#233;e. Il devenait donc n&#233;cessaire, pour l&#233;gitimer en quelque sorte ce culte des serviteurs au jour consacr&#233; &#224; la souveraine Majest&#233;, qu'une fois du moins dans l'ann&#233;e, le Dimanche offrit l'expression pleine et directe de cette religion profonde que le culte tout entier de la sainte &#201;glise professe envers le souverain Seigneur, qui a daign&#233; se r&#233;v&#233;ler aux hommes dans son Unit&#233; ineffable et dans son &#233;ternelle Trinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence de la foi chr&#233;tienne consiste dans la connaissance et l'adoration de Dieu unique en trois personnes. C'est de ce myst&#232;re que sortent tous les autres ; et si notre foi s'en nourrit ici-bas comme de son aliment supr&#234;me, en attendant que sa vision &#233;ternelle nous ravisse dans une f&#233;licit&#233; sans fin, c'est qu'il a plu au souverain Seigneur de s'affirmer tel qu'il est &#224; notre humble intelligence, tout en demeurant dans sa &#171; lumi&#232;re inaccessible &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Tim., VI, 16.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La raison humaine peut arriver &#224; conna&#238;tre l'existence de Dieu comme cr&#233;ateur de tous les &#234;tres, elle peut prendre une id&#233;e de ses perfections en contemplant ses &#339;uvres ; mais la notion de l'&#234;tre intime de Dieu ne pouvait arriver jusqu'&#224; nous que parla r&#233;v&#233;lation qu'il a daign&#233; nous en faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, le Seigneur voulant nous manifester mis&#233;ricordieusement son essence, afin de nous unir &#224; lui plus &#233;troitement et de nous pr&#233;parer en quelque fa&#231;on &#224; la vue qu'il doit nous donner de lui-m&#234;me lace &#224; face dans l'&#233;ternit&#233;, nous a conduits successivement de clart&#233; en clart&#233;, jusqu'&#224; ce que nous fussions suffisamment &#233;clair&#233;s pour reconna&#238;tre et adorer l'Unit&#233; dans la Trinit&#233; et la Trinit&#233; dans l'Unit&#233;. Durant les si&#232;cles qui pr&#233;c&#232;dent l'Incarnation du Verbe &#233;ternel, Dieu semble pr&#233;occup&#233; surtout d'inculquer aux hommes l'id&#233;e de son unit&#233; ; car le polyth&#233;isme devient de plus en plus le mal du genre humain, et la notion m&#234;me de la cause spirituelle et unique de toutes choses se f&#251;t &#233;teinte sur la terre, si la bont&#233; souveraine n'e&#251;t op&#233;r&#233; constamment pour sa conservation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas cependant que les livres de l'ancienne alliance soient enti&#232;rement muets sur les trois divines personnes, dont les ineffables relations sont &#233;ternelles en Dieu ; mais ces textes myst&#233;rieux demeuraient inaccessibles au vulgaire, tandis que, dans l'&#201;glise chr&#233;tienne, l'enfant de sept ans r&#233;pond &#224; qui l'interroge qu'en Dieu trois personnes divines n'ont qu'une m&#234;me nature el qu'une m&#234;me divinit&#233;. Lorsque, dans la Gen&#232;se, Dieu dit au pluriel : &#171; Faisons l'homme &#224; notre image et &#224; notre ressemblance &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gen., I, 26.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'Isra&#233;lite s'incline et croit, mais sans comprendre ; &#233;clair&#233; par la r&#233;v&#233;lation compl&#232;te, le chr&#233;tien adore distinctement les trois personnes dont l'action s'est exerc&#233;e dans la formation de l'homme, et, la lumi&#232;re de la foi d&#233;veloppant sa pens&#233;e, il arrive sans effort &#224; retrouver en lui-m&#234;me la ressemblance divine. Puissance, intelligence, volont&#233; : ces trois facult&#233;s sont en lui, et il n'est qu'un seul &#234;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Salomon dans les Proverbes, le livre de la Sagesse, l'Eccl&#233;siastique, parle avec magnificence de la Sagesse &#233;ternelle. Son unit&#233; avec l'essence divine et sa distinction personnelle &#233;clatent en m&#234;me temps dans un langage abondant et sublime ; mais qui percera le nuage ? Isa&#239;e a entendu la voix des S&#233;raphins retentir autour du tr&#244;ne de Dieu. Ils criaient alternativement dans une jubilation &#233;ternelle : &#171; Saint, Saint, Saint est le Seigneur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai., VI, 3.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187; Qui expliquera aux hommes ce trois fois Saint dont la louange envoie ses &#233;chos jusqu'&#224; notre terrestre r&#233;gion ? Dans les Psaumes, dans les &#233;crits proph&#233;tiques, un &#233;clair sillonne tout &#224; coup le ciel ; une triple splendeur a &#233;bloui le regard de l'homme ; mais l'obscurit&#233; devient bient&#244;t plus profonde, et le sentiment de l'unit&#233; divine demeure seul distinct au fond de l'&#226;me, avec celui de l'incompr&#233;hensibilit&#233; de l'&#234;tre souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait que la pl&#233;nitude des temps f&#251;t accomplie ; alors Dieu enverrait en ce monde son Fils unique engendr&#233; de lui &#233;ternellement. Il a accompli ce dessein de sa divine munificence, &#171; et le Verbe fait chair a habit&#233; parmi nous &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., I, 14.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En voyant sa gloire, qui est celle du Fils unique du P&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, nous avons connu qu'en Dieu il y a P&#232;re et Fils. La mission du Fils sur la terre, en nous le r&#233;v&#233;lant lui-m&#234;me, nous apprenait que Dieu est P&#232;re &#233;ternellement ; car tout ce qui est en Dieu est &#233;ternel. Sans cette r&#233;v&#233;lation mis&#233;ricordieuse qui anticipe pour nous sur la lumi&#232;re que nous attendons apr&#232;s cette vie, notre connaissance de Dieu serait demeur&#233;e par trop imparfaite. Il convenait qu'il y e&#251;t enfin relation entre la lumi&#232;re de la foi et celle de la vision qui nous est r&#233;serv&#233;e, et il ne suffisait plus &#224; l'homme de savoir que Dieu est un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant nous connaissons le P&#232;re, duquel, comme nous dit l'Ap&#244;tre, d&#233;rive toute paternit&#233; m&#234;me sur la terre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eph., III, 15.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour nous, le P&#232;re n'est plus seulement un pouvoir cr&#233;ateur produisant les eues en dehors de lui ; notre &#339;il respectueux, conduit par la foi, p&#233;n&#232;tre jusque dans le sein de la divine essence, et l&#224; nous contemplons le P&#232;re engendrant un Fils semblable &#224; lui-m&#234;me. Mais, pour nous l'apprendre, le Fils est descendu jusqu'&#224; nous. Lui-m&#234;me le dit express&#233;ment : &#171; Nul ne conna&#238;t le P&#232;re, si ce n'est le Fils, et celui &#224; qui il a plu au Fils de le r&#233;v&#233;ler &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth., XI, 27.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Gloire soit donc au Fils qui a daign&#233; nous manifester le P&#232;re, et gloire au P&#232;re que le Fils nous a r&#233;v&#233;l&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la science intime de Dieu nous est venue par le Fils, que le P&#232;re, dans son amour, nous a donn&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., III, 16.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; et afin d'&#233;lever nos pens&#233;es jusqu'&#224; sa nature divine, ce Fils de Dieu, qui s'est rev&#234;tu de notre nature humaine dans son Incarnation, nous a enseign&#233; que son P&#232;re et lui sont un&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., XVII, 22.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qu'ils sont une m&#234;me essence dans la distinction des personnes. L'un engendre, l'autre est engendr&#233; ; l'un s'affirme puissance, l'autre sagesse, intelligence. La puissance ne peut &#234;tre sans l'intelligence, ni l'intelligence sans la puissance, dans l'&#234;tre souverainement parfait ; mais l'un et l'autre appellent un troisi&#232;me terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fils, qui a &#233;t&#233; envoy&#233; par le P&#232;re, est mont&#233; dans les cieux avec sa nature humaine qu'il s'est unie pour l'&#233;ternit&#233;, et voici que le P&#232;re et le Fils envoient aux hommes l'Esprit qui proc&#232;de de l'un et de l'autre. Par ce nouveau don, l'homme arrive &#224; conna&#238;tre que le Seigneur Dieu est en trois personnes. L'Esprit, lien &#233;ternel des deux premi&#232;res, est la volont&#233;, l'amour, dans la divine essence. En Dieu donc est la pl&#233;nitude de l'&#234;tre, sans commencement, sans succession, sans progr&#232;s, car rien ne lui manque. En ces trois termes &#233;ternels de sa substance incr&#233;&#233;e, il est l'acte pur et infini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte Liturgie, qui a pour objet la glorification de Dieu et la comm&#233;moration de ses &#339;uvres, suit chaque ann&#233;e les phases sublimes de ces manifestations dans lesquelles le souverain Seigneur s'est d&#233;clar&#233; tout entier &#224; de simples mortels. Sous les sombres couleurs de l'Avent, nous avons travers&#233; la p&#233;riode d'attente durant laquelle le radieux triangle laissait &#224; peine p&#233;n&#233;trer quelques rayons &#224; travers le nuage. Le monde implorait un lib&#233;rateur, un Messie ; et le propre Fils de Dieu devait &#234;tre ce lib&#233;rateur, ce Messie. Pour que nous eussions l'intelligence compl&#232;te des oracles qui nous l'annon&#231;aient, il &#233;tait n&#233;cessaire qu'il f&#251;t venu. Un petit enfant nous est n&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai., IX, 6.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et nous avons eu la clef des proph&#233;ties. En adorant le Fils, nous avons ador&#233; aussi le P&#232;re, qui nous l'envoyait dans la chair, et auquel il est consubstantiel. Ce Verbe de vie, que nous avons vu, que nous avons entendu, que nos mains ont touch&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Johan., I, I.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans l'humanit&#233; qu'il avait daign&#233; prendre, nous a convaincus qu'il est v&#233;ritablement une personne, qu'il est distinct du P&#232;re, puisque l'un envoie et que l'autre est envoy&#233;. Dans cette seconde personne divine, nous avons rencontr&#233; le m&#233;diateur qui a r&#233;uni la cr&#233;ation &#224; son auteur, le r&#233;dempteur de nos p&#233;ch&#233;s, la lumi&#232;re de nos &#226;mes, l'&#201;poux auquel elles aspirent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;rie des myst&#232;res qui lui sont propres &#233;tant consomm&#233;e, nous avons c&#233;l&#233;br&#233; la venue de l'Esprit sanctificateur, annonc&#233; comme devant venir perfectionner l'&#339;uvre du Fils de Dieu. Nous l'avons ador&#233; et reconnu distinct du P&#232;re et du Fils, qui nous l'envoyaient avec la mission de demeurer avec nous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., XIV, 16.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il s'est manifest&#233; dans des op&#233;rations toutes divines qui lui sont propres ; car elles sont l'objet de sa venue. Il est l'&#226;me de la sainte &#201;glise, il la maintient dans la v&#233;rit&#233; que le Fils lui a enseign&#233;e. Il est le principe de la sanctification dans nos &#226;mes, o&#249; il veut faire sa demeure. En un mot, le myst&#232;re de la sainte Trinit&#233; est devenu pour nous, non seulement un dogme intim&#233; &#224; notre pens&#233;e par la r&#233;v&#233;lation, mais une v&#233;rit&#233; pratiquement connue de nous par la munificence inou&#239;e des trois divines personnes, adopt&#233;s que nous sommes par le P&#232;re, fr&#232;res et coh&#233;ritiers du Fils, mus et habit&#233;s par l'Esprit-Saint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous commencerons donc cette journ&#233;e par rendre gloire au Dieu unique en trois personnes, en nous unissant &#224; la sainte &#201;glise qui, &#224; l'Office de Prime, r&#233;cite aujourd'hui, et tous les Dimanches qui ne sont pas occup&#233;s par quelque f&#234;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette rubrique fut supprim&#233;e en 1955 : d&#233;sormais le symbole de St Athanase (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le magnifique Symbole connu sous le nom de Symbole de saint Athanase, dont il reproduit avec tant de majest&#233; et de pr&#233;cision la doctrine r&#233;sum&#233;e des enseignements divins.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Symbolum Athanasianum&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;LE SYMBOLE DE SAINT ATHANASE.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Quic&#250;mque vult salvus esse, * ante &#243;mnia opus est, ut t&#233;neat cath&#243;licam fidem :&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Quiconque veut &#234;tre sauv&#233; doit, avant tout, tenir la foi catholique :&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Quam nisi quisque &#237;ntegram inviolat&#225;mque serv&#225;verit, * absque d&#250;bio in &#230;t&#233;rnum per&#237;bit.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Et celui qui ne l'aura pas gard&#233;e enti&#232;re et inviolable, p&#233;rira certainement pour l'&#233;ternit&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Fides autem cath&#243;lica h&#230;c est : * ut unum Deum in Trinit&#225;te, et Trinit&#225;tem in unit&#225;te vener&#233;mur.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Or la foi catholique consiste &#224; r&#233;v&#233;rer un seul Dieu dans la Trinit&#233;, et la Trinit&#233; dans l'Unit&#233;,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Neque confund&#233;ntes pers&#243;nas, * neque subst&#225;ntiam separ&#225;ntes.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;sans confondre les Personnes ni diviser la substance :&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Alia est enim pers&#243;na Patris, &#225;lia F&#237;lii, * &#225;lia Sp&#237;ritus Sancti :&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Car autre est la personne du P&#232;re, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sed Patris, et F&#237;lii, et Sp&#237;ritus Sancti una est div&#237;nitas, * &#230;qu&#225;lis gl&#243;ria, co&#230;t&#233;rna mai&#233;stas.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Mais la divinit&#233; du P&#232;re, et du Fils, et du Saint-Esprit, est une : la gloire &#233;gale, la majest&#233; co&#233;ternelle.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Qualis Pater, talis F&#237;lius, * talis Sp&#237;ritus Sanctus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Tel qu'est le P&#232;re, tel est le Fils, tel est le Saint-Esprit.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Incre&#225;tus Pater, incre&#225;tus F&#237;lius, * incre&#225;tus Sp&#237;ritus Sanctus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le P&#232;re est incr&#233;&#233;, le Fils incr&#233;&#233;, le Saint-Esprit incr&#233;&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Imm&#233;nsus Pater, imm&#233;nsus F&#237;lius, * imm&#233;nsus Sp&#237;ritus Sanctus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Immense est le P&#232;re, immense le Fils, immense le Saint-Esprit ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&#198;t&#233;rnus Pater, &#230;t&#233;rnus F&#237;lius, * &#230;t&#233;rnus Sp&#237;ritus Sanctus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&#201;ternel le P&#232;re, &#233;ternel le Fils, &#233;ternel le Saint-Esprit.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Et tamen non tres &#230;t&#233;rni, * sed unus &#230;t&#233;rnus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Et n&#233;anmoins il n'y a pas trois &#233;ternels, mais un seul &#233;ternel ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sicut non tres incre&#225;ti, nec tres imm&#233;nsi, * sed unus incre&#225;tus, et unus imm&#233;nsus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Comme aussi ce ne sont pas trois incr&#233;&#233;s, ni trois immenses, mais un seul incr&#233;&#233;, un seul immense.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sim&#237;liter omn&#237;potens Pater, omn&#237;potens F&#237;lius, * omn&#237;potens Sp&#237;ritus Sanctus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;De m&#234;me tout-puissant est le P&#232;re, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Et tamen non tres omnipot&#233;ntes, * sed unus omn&#237;potens.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Et n&#233;anmoins il n'y a pas trois tout-puissants, mais un seul tout-puissant.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ita Deus Pater, Deus F&#237;lius, * Deus Sp&#237;ritus Sanctus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Ainsi le P&#232;re est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ut tamen non tres Dii, * sed unus est Deus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Et n&#233;anmoins il n'y a pas trois Dieux, mais un seul Dieu.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ita D&#243;minus Pater, D&#243;minus F&#237;lius, * D&#243;minus Sp&#237;ritus Sanctus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Ainsi le P&#232;re est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Et tamen non tres D&#243;mini, * sed unus est D&#243;minus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Et n&#233;anmoins il n'y a pas trois Seigneurs, mais un seul Seigneur.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Quia, sicut singill&#225;tim unamqu&#225;mque pers&#243;nam Deum ac D&#243;minum confit&#233;ri christi&#225;na verit&#225;te comp&#233;llimur : * ita tres Deos aut D&#243;minos d&#237;cere cath&#243;lica religi&#243;ne prohib&#233;mur.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Car de m&#234;me que la v&#233;rit&#233; chr&#233;tienne nous oblige de confesser que chacune des trois personnes prises &#224; part est Dieu et Seigneur : de m&#234;me la religion catholique nous d&#233;fend de dire trois Dieux ou trois Seigneurs.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Pater a nullo est factus : * nec cre&#225;tus, nec g&#233;nitus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le P&#232;re n'est ni fait, ni cr&#233;&#233;, ni engendr&#233; d'aucun autre.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;F&#237;lius a Patre solo est : * non factus, nec cre&#225;tus, sed g&#233;nitus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le Fils est du P&#232;re seul : ni fait, ni cr&#233;&#233;, mais engendr&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sp&#237;ritus Sanctus a Patre et F&#237;lio : * non factus, nec cre&#225;tus, nec g&#233;nitus, sed proc&#233;dens.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le Saint-Esprit est du P&#232;re et du Fils : ni fait, ni cr&#233;&#233;, ni engendr&#233;, mais proc&#233;dant.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Unus ergo Pater, non tres Patres : unus F&#237;lius, non tres F&#237;lii : * unus Sp&#237;ritus Sanctus, non tres Sp&#237;ritus Sancti.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il n'y a donc qu'un seul P&#232;re, et non trois P&#232;res ; un seul Fils, et non trois Fils ; un seul Saint-Esprit, et non trois Saints-Esprits.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Et in hac Trinit&#225;te nihil prius aut post&#233;rius, nihil maius aut minus : * sed tot&#230; tres pers&#243;n&#230; co&#230;t&#233;rn&#230; sibi sunt et co&#230;qu&#225;les.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Et dans cette Trinit&#233; il n'y a ni ant&#233;rieur, ni post&#233;rieur, ni plus grand, ni moindre ; mais les trois personnes sont toutes co&#233;ternelles et &#233;gales entre elles ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ita ut per &#243;mnia, sicut iam supra dictum est, * et &#250;nitas in Trinit&#225;te, et Tr&#237;nitas in unit&#225;te vener&#225;nda sit.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;En sorte qu'en tout et partout, comme il a &#233;t&#233; dit ci-dessus, on doit r&#233;v&#233;rer l'Unit&#233; en la Trinit&#233;, et la Trinit&#233; en l'Unit&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Qui vult ergo salvus esse, * ita de Trinit&#225;te s&#233;ntiat.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Celui donc qui veut &#234;tre sauv&#233; doit penser ainsi de la Trinit&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sed necess&#225;rium est ad &#230;t&#233;rnam sal&#250;tem, * ut Incarnati&#243;nem quoque D&#243;mini nostri Iesu Christi fid&#233;liter credat.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Mais il est n&#233;cessaire encore pour le salut &#233;ternel, qu'il croie fid&#232;lement l'Incarnation de notre Seigneur J&#233;sus-Christ.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Est ergo fides recta ut cred&#225;mus et confite&#225;mur, * quia D&#243;minus noster Iesus Christus, Dei F&#237;lius, Deus et homo est. &lt;/td&gt;&lt;td&gt;Or la droiture de la foi consiste &#224; croire et &#224; confesser que notre Seigneur J&#233;sus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Deus est ex subst&#225;ntia Patris ante s&#509;cula g&#233;nitus : * et homo est ex subst&#225;ntia matris in s&#230;culo natus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il est Dieu, &#233;tant engendr&#233; de la substance de son P&#232;re avant les si&#232;cles, et il est homme, &#233;tant n&#233; de la substance d'une m&#232;re dans le temps ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Perf&#233;ctus Deus, perf&#233;ctus homo : * ex &#225;nima ration&#225;li et hum&#225;na carne subs&#237;stens.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Dieu parfait et homme parfait, subsistant dans une &#226;me raisonnable et un corps d'homme,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&#198;qu&#225;lis Patri sec&#250;ndum divinit&#225;tem : * minor Patre sec&#250;ndum humanit&#225;tem.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&#201;gal au P&#232;re selon la divinit&#233;, moindre que le P&#232;re selon l'humanit&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Qui licet Deus sit et homo, * non duo tamen, sed unus est Christus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Bien qu'il soit Dieu et homme, il n'est n&#233;anmoins qu'un seul Christ, et non deux.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Unus autem non conversi&#243;ne divinit&#225;tis in carnem, * sed assumpti&#243;ne humanit&#225;tis in Deum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il est un, non que la divinit&#233; ait &#233;t&#233; chang&#233;e en l'humanit&#233; ; mais parce que Dieu a pris l'humanit&#233; et se l'est unie.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Unus omn&#237;no, non confusi&#243;ne subst&#225;nti&#230;, * sed unit&#225;te pers&#243;n&#230;.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il est un enfin, non par confusion de substance, mais par unit&#233; de personne.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Nam sicut &#225;nima ration&#225;lis et caro unus est homo : * ita Deus et homo unus est Christus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Car de m&#234;me que l'&#226;me raisonnable et la chair est un seul homme, ainsi Dieu et l'homme est un seul Christ :&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Qui passus est pro sal&#250;te nostra : desc&#233;ndit ad &#237;nferos : * t&#233;rtia die resurr&#233;xit a m&#243;rtuis.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Qui a souffert pour notre salut, est descendu aux enfers, le troisi&#232;me jour est ressuscit&#233; des morts ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Asc&#233;ndit ad c&#230;los, sedet ad d&#233;xteram Dei Patris omnipot&#233;ntis : * inde vent&#250;rus est iudic&#225;re vivos et m&#243;rtuos.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Qui est mont&#233; aux cieux, est assis &#224; la droite de Dieu te P&#232;re tout-puissant, et de l&#224; viendra juger les vivants et les morts ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ad cuius adv&#233;ntum omnes h&#243;mines res&#250;rgere habent cum corp&#243;ribus suis ; * et reddit&#250;ri sunt de factis pr&#243;priis rati&#243;nem.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;A l'av&#232;nement duquel tous les hommes ressusciteront avec leurs corps, et rendront compte de leurs actions personnelles :&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Et qui bona eg&#233;runt, ibunt in vitam &#230;t&#233;rnam : * qui vero mala, in ignem &#230;t&#233;rnum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Et ceux qui auront fait le bien iront dans la vie &#233;ternelle ; et ceux qui auront fait le mal iront dans le feu &#233;ternel.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;H&#230;c est fides cath&#243;lica, * quam nisi quisque fid&#233;liter firmit&#233;rque cred&#237;derit, salvus esse non p&#243;terit.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Telle est la foi catholique, et quiconque ne la gardera pas fid&#232;lement et fermement ne pourra &#234;tre sauv&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A LA MESSE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que le Sacrifice de la Messe soit toujours c&#233;l&#233;br&#233; en l'honneur de la sainte Trinit&#233;, l'&#201;glise aujourd'hui, dans ses chants, ses pri&#232;res et ses lectures, glorifie d'une mani&#232;re plus expresse le grand myst&#232;re qui est le fondement de la croyance chr&#233;tienne. On fait m&#233;moire cependant du premier Dimanche apr&#232;s la Pentec&#244;te, afin de ne pas interrompre l'ordre de la Liturgie. L'&#201;glise emploie dans cette solennit&#233; la couleur blanche, en signe d'all&#233;gresse, et pour exprimer la simplicit&#233; et la puret&#233; de l'essence divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Intro&#239;t n'est pas tir&#233; des saintes &#201;critures. C'est une formule de glorification propre &#224; ce jour, et la sainte Trinit&#233; y est repr&#233;sent&#233;e comme la source divine des mis&#233;ricordes qui ont &#233;t&#233; r&#233;pandues sur les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Collecte, la sainte &#201;glise demande pour nous la fermet&#233; dans la foi qui nous fait confesser en Dieu l'Unit&#233; et la Trinit&#233;. C'est la premi&#232;re condition du salut, le premier lien avec Dieu. Avec cette foi nous vaincrons nos ennemis et nous triompherons de tous les obstacles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;P&#206;TRE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons arr&#234;ter notre pens&#233;e sur les conseils divins, sans &#233;prouver une sorte de vertige. L'&#233;ternel et l'infini &#233;blouissent notre faible raison, et cette raison en m&#234;me temps les reconna&#238;t et les confesse. Or, si les desseins de Dieu sur les cr&#233;atures nous d&#233;passent d&#233;j&#224;, comment la nature intime de ce souverain &#234;tre nous serait-elle connue ? Cependant nous distinguons et nous glorifions dans cette essence incr&#233;&#233;e le P&#232;re, le Fils et le Saint-Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que le P&#232;re s'est r&#233;v&#233;l&#233; lui-m&#234;me en nous envoyant son Fils, objet de son &#233;ternelle complaisance ; c'est que le Fils nous a manifest&#233; sa personnalit&#233; en prenant notre chair, que le P&#232;re et le Saint-Esprit n'ont pas prise avec lui ; c'est que le Saint-Esprit, envoy&#233; par le P&#232;re et le Fils, est venu remplir en nous la mission qu'il a re&#231;ue d'eux. Notre &#339;il mortel plonge respectueusement dans ces profondeurs sacr&#233;es, et notre c&#339;ur s'attendrit en songeant que si nous connaissons Dieu, c'est par ses bienfaits qu'il a form&#233; en nous la notion de ce qu'il est. Gardons cette foi avec amour, et attendons dans la confiance le moment o&#249; elle s'&#233;vanouira pour faire place &#224; la vision &#233;ternelle de ce que nous aurons cru ici-bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Graduel et le Verset all&#233;luiatique respirent l'all&#233;gresse et l'admiration, en pr&#233;sence de cette haute majest&#233; qui a daign&#233; faire descendre ses rayons jusqu'au sein de nos t&#233;n&#232;bres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;VANGILE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le myst&#232;re de la sainte Trinit&#233; manifest&#233; par la mission du Fils de Dieu en ce monde et par la promesse de l'envoi prochain du Saint-Esprit, est intim&#233; aux hommes dans ces solennelles paroles que J&#233;sus prononce avant de monter au ciel. Il a dit : &#171; Celui qui croira et sera baptis&#233; sera sauv&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marc, XVI, 17.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; mais il ajoute que le bapt&#234;me sera donn&#233; au nom du P&#232;re, et du Fils, et du Saint-Esprit. Il faut d&#233;sormais que l'homme confesse non plus seulement l'unit&#233; de Dieu, en abjurant le polyth&#233;isme, mais qu'il adore la Trinit&#233; des personnes dans l'unit&#233; d'essence. Le grand secret du ciel est une v&#233;rit&#233; divulgu&#233;e maintenant par toute la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si nous confessons humblement Dieu connu tel qu'il est en lui-m&#234;me, nous avons aussi &#224; rendre l'hommage d'une &#233;ternelle reconnaissance &#224; la glorieuse Trinit&#233;. Non seulement elle a daign&#233; imprimer ses traits divins sur notre &#226;me, en la faisant &#224; sa ressemblance ; mais, dans l'ordre surnaturel, elle s'est empar&#233;e de notre &#234;tre et l'a &#233;lev&#233; &#224; une grandeur incommensurable. Le P&#232;re nous a adopt&#233;s en son Fils incarn&#233; ; le Verbe illumine notre intelligence de sa lumi&#232;re ; le Saint-Esprit nous a &#233;lus pour son habitation : c'est ce que marque la forme du saint bapt&#234;me. Par ces paroles prononc&#233;es sur nous avec l'infusion de l'eau, la Trinit&#233; toute enti&#232;re a pris possession de sa cr&#233;ature. Nous rappelons cette sublime merveille chaque fois que nous invoquons les trois divines personnes en imprimant sur nous le signe de la croix. Lorsque notre d&#233;pouille mortelle sera apport&#233;e dans la maison de Dieu pour y recevoir les derni&#232;res b&#233;n&#233;dictions et les adieux de l'&#201;glise de la terre, le pr&#234;tre suppliera le Seigneur de ne pas entrer en jugement avec son serviteur ; et afin d'attirer sur ce chr&#233;tien d&#233;j&#224; entr&#233; dans son &#233;ternit&#233; les regards de la mis&#233;ricorde divine, il repr&#233;sentera au souverain Juge que ce membre de la race humaine &#171; fut marqu&#233; durant sa vie du sceau de la sainte Trinit&#233; &#187;. V&#233;n&#233;rons en nous cette auguste empreinte ; elle sera &#233;ternelle. La r&#233;probation m&#234;me ne l'effacerait pas. Qu'elle soit donc notre espoir, notre plus beau titre, et vivons &#224; la gloire du P&#232;re, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Offertoire, l'&#201;glise pr&#233;lude au Sacrifice qui se pr&#233;pare, en invoquant sur l'oblation le nom des trois personnes, et en proclamant toujours la divine mis&#233;ricorde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise demande, dans la Secr&#232;te, que l'hommage de nous-m&#234;mes que nous offrons en ce Sacrifice &#224; la divine Trinit&#233; ne lui soit pas pr&#233;sent&#233; seulement aujourd'hui, mais qu'il devienne &#233;ternel par notre admission au ciel, o&#249; nous contemplerons sans voiles le glorieux myst&#232;re de Dieu unique en trois personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Antienne de la Communion, l'&#201;glise continue d'exalter la mis&#233;ricorde du grand Dieu qui a fait servir ses propres bienfaits &#224; nous &#233;clairer et &#224; nous instruire sur son essence incompr&#233;hensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux choses nous sont n&#233;cessaires pour arriver &#224; Dieu : la lumi&#232;re de la foi qui le fait conna&#238;tre &#224; notre intelligence, et l'aliment divin qui nous unit &#224; lui. La sainte &#201;glise, dans la Postcommunion, demande que l'un et l'autre nous conduisent &#224; cette heureuse fin de notre cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier &#201;vangile est celui du premier Dimanche apr&#232;s la Pentec&#244;te, que le pr&#234;tre lit en place de celui de saint Jean&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rubrique supprim&#233;e en 1955. Suite du saint &#201;vangile selon saint Luc. En ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient que l'Orient fasse lui-m&#234;me entendre sa voix &#224; l'honneur de la Trinit&#233; sainte. L'&#233;v&#234;que saint Sim&#233;on, mis &#224; mort dans la grande pers&#233;cution de Sapor II, en 340, entonnera pour l'&#201;glise syrienne ce chant sacr&#233; dont il est l'auteur : v&#233;n&#233;rable &#233;cho de la foi des martyrs, le plus ancien monument de l'hymnographie orthodoxe en ces contr&#233;es o&#249; fut le berceau du monde. Une main fraternelle a bien voulu extraire pour nous cette perle, offerte &#224; la Trinit&#233; souveraine comme pr&#233;mices de doctes travaux.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;HYMNE A LA TRINIT&#201;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louange &#224; vous, Seigneur, qui nous avez cr&#233;es dans votre libert&#233; au commencement.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, Seigneur, qui nous avez appel&#233;s votre ressemblante et vivante image.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, Seigneur, qui nous avez ennoblis par le don de la libert&#233; et de la raison.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, P&#232;re plein de justice, qui avez voulu nous poss&#233;der dans votre amour.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, Fils tr&#232;s saint, qui avez pris notre corps pour nous sauver.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, Esprit de vie, qui nous avez enrichis de vos dons.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, Seigneur, qui nous avez rassembl&#233;s et ramen&#233;s des erreurs de l'idol&#226;trie.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, Seigneur, qui nous avez conduits &#224; la science de votre Divinit&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, Seigneur, qui avez fait de nous des instruments raisonnables pour votre service.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, Seigneur, qui nous avez convi&#233;s &#224; la splendide demeure du ciel.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, Seigneur, qui nous avez instruits des c&#233;lestes hi&#233;rarchies.&lt;br class='manualbr' /&gt;Louange &#224; vous, Seigneur, qui nous avez jug&#233;s dignes de vous louer avec les Anges.&lt;br class='manualbr' /&gt;Que toute bouche vous c&#233;l&#232;bre, P&#232;re, Fils, et Saint-Esprit.&lt;br class='manualbr' /&gt;Que des hauteurs et des bas lieux louange soit &#224; la Trinit&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Que dans le si&#232;cle pr&#233;sent et futur soit &#224; vous la louange et des esprits et des cr&#233;atures rev&#234;tues d'un corps :&lt;br class='manualbr' /&gt;Du temps jusqu'&#224; l'&#233;ternit&#233;, dans les si&#232;cles des si&#232;cles. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Ajoutons cette Hymne du Br&#233;viaire maronite.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;HYMNUS AD HORAM TERTIAM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloire &#224; vous, &#244; P&#232;re, Dieu cach&#233;, imp&#233;n&#233;trable. A vous aussi est due la louange, Fils unique, incompr&#233;hensible. A vous nos chants, Esprit-Saint, inexprimable, compl&#233;ment de la Trinit&#233; indivise et qu'on ne peut sonder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le P&#232;re engendre, le Fils est engendr&#233; de son sein, et l'Esprit proc&#232;de du P&#232;re et du Fils. Le P&#232;re est cr&#233;ateur, il a tir&#233; le monde du n&#233;ant ; le Fils est cr&#233;ateur, avec le P&#232;re il a fait tout ce qui est ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Esprit-Saint Paraclet, sceau de toutes choses, parfait tout ce qui est, a &#233;t&#233;, ou sera. Le P&#232;re est l'intelligence, le Fils la parole, l'Esprit la voix : trois noms de trois personnes, qui n'ont toutefois qu'une seule volont&#233;, une seule puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la foi de la sainte &#201;glise, qu'elle a apprise par l'&#233;cho des myst&#232;res c&#233;l&#233;br&#233;s dans les cieux : Saint, Saint, que trois fois soit dit Saint le Dieu un, c&#233;l&#233;br&#233; par les habitants du ciel et de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le moyen &#226;ge nous a laiss&#233; plusieurs S&#233;quences pour la f&#234;te de la Sainte-Trinit&#233;. Elles sont tr&#232;s surcharg&#233;es de termes m&#233;taphysiques, et g&#233;n&#233;ralement peu m&#233;lodieuses et peu po&#233;tiques. On y parle le langage de l'&#201;cole avec une rudesse qui risquerait de n'&#234;tre pas go&#251;t&#233;e des lecteurs d'aujourd'hui. Nous nous bornerons donc &#224; en ins&#233;rer une seule, celle d'Adam de Saint-Victor, qui, dans sa forme scolastique, conserve encore cette majest&#233; et cette m&#233;lodie qui sont le caract&#232;re des compositions du grand po&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;S&#201;QUENCE.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Profitentes Unitatem, &lt;br class='manualbr' /&gt;Veneremur Trinitatem&lt;br class='manualbr' /&gt;Pari reverentia, &lt;br class='manualbr' /&gt;Tres personas asserentes &lt;br class='manualbr' /&gt;Personali differentes&lt;br class='manualbr' /&gt;A se differentia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Confessons l'Unit&#233; divine, &lt;br class='manualbr' /&gt;v&#233;n&#233;rons la Trinit&#233; &lt;br class='manualbr' /&gt;d'un culte pareil : &lt;br class='manualbr' /&gt;reconnaissant trois personnes &lt;br class='manualbr' /&gt;que distingue &lt;br class='manualbr' /&gt;une personnelle diff&#233;rence.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;H&#230;c dicuntur relative,&lt;br class='manualbr' /&gt;Quum sint unum substantive,&lt;br class='manualbr' /&gt;Non tria principia. &lt;br class='manualbr' /&gt;Sive dicas tres vel tria, &lt;br class='manualbr' /&gt;Simplex tamen est usia,&lt;br class='manualbr' /&gt;Non triplex essentia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Elles re&#231;oivent leur nom de leur relation, &lt;br class='manualbr' /&gt;&#233;tant un substantivement, &lt;br class='manualbr' /&gt;et non trois principes. &lt;br class='manualbr' /&gt;En employant pour elles le nombre de trois, &lt;br class='manualbr' /&gt;tu dois reconna&#238;tre que leur nature est simple, &lt;br class='manualbr' /&gt;que leur essence n'est pas triple.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Simplex esse, simplex posse, &lt;br class='manualbr' /&gt;Simplex velle, simplex nosse,&lt;br class='manualbr' /&gt;Cuncta sunt simplicia. &lt;br class='manualbr' /&gt;Non unius quam duarum&lt;br class='manualbr' /&gt;Sive trium personarum &lt;br class='manualbr' /&gt;Minor efficacia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&#202;tre simple, pouvoir simple, &lt;br class='manualbr' /&gt;vouloir simple, savoir simple, &lt;br class='manualbr' /&gt;tout y est simple ; &lt;br class='manualbr' /&gt;la puissance d'une des personnes &lt;br class='manualbr' /&gt;n'est pas moindre que ne l'est &lt;br class='manualbr' /&gt;celle de deux, ni celle de trois.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Pater, Proles, sacrum Flamen,&lt;br class='manualbr' /&gt;Deus unus : sed hi tamen &lt;br class='manualbr' /&gt;Habent qu&#230;dam propria. &lt;br class='manualbr' /&gt;Una virtus, unum numen, &lt;br class='manualbr' /&gt;Unus splendor, unum lumen, &lt;br class='manualbr' /&gt;Hoc una quod alia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le P&#232;re, le Fils, l'Esprit-Saint, &lt;br class='manualbr' /&gt;un seul Dieu ; mais chacun &lt;br class='manualbr' /&gt;poss&#232;de ce qui lui est propre. &lt;br class='manualbr' /&gt;Une seule vertu, une seule divinit&#233;, &lt;br class='manualbr' /&gt;une seule splendeur, une seule lumi&#232;re ; &lt;br class='manualbr' /&gt;ce que l'un poss&#232;de, l'autre le poss&#232;de aussi.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Patri Proles est &#230;qualis, &lt;br class='manualbr' /&gt;Nec hoc tollit personalis&lt;br class='manualbr' /&gt;Amborum distinctio. &lt;br class='manualbr' /&gt;Patri compar Filioque, &lt;br class='manualbr' /&gt;Spiritalis ab utroque&lt;br class='manualbr' /&gt;Procedit connexio.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le Fils est &#233;gal au P&#232;re, &lt;br class='manualbr' /&gt;et la distinction personnelle des deux &lt;br class='manualbr' /&gt;n'enl&#232;ve pas cette &#233;galit&#233;. &lt;br class='manualbr' /&gt;&#201;gal au P&#232;re et au Fils, &lt;br class='manualbr' /&gt;l'Esprit est le lien &lt;br class='manualbr' /&gt;qui proc&#232;de de l'un et de l'autre.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Non humana ratione &lt;br class='manualbr' /&gt;Capi possunt h&#230; person&#230;,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nec harum discretio.&lt;br class='manualbr' /&gt;Non hic ordo temporalis,&lt;br class='manualbr' /&gt;Non hic situs, aut localis&lt;br class='manualbr' /&gt;Rerum circumscriptio.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;L'humaine raison ne saurait &lt;br class='manualbr' /&gt;comprendre ces trois personnes, &lt;br class='manualbr' /&gt;ni la dissemblance qui les constitue. &lt;br class='manualbr' /&gt;L&#224; il n'y a ni succession de temps, &lt;br class='manualbr' /&gt;ni lieu pour circonscrire la chose.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Nil in Deo pr&#230;ter Deum, &lt;br class='manualbr' /&gt;Nulla causa pr&#230;tereum&lt;br class='manualbr' /&gt;Qui creat causalia. &lt;br class='manualbr' /&gt;Effectiva vel formalis &lt;br class='manualbr' /&gt;Causa Deus,et finalis,&lt;br class='manualbr' /&gt;Sed numquam materia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;En Dieu, rien que Dieu ; &lt;br class='manualbr' /&gt;en lui, nulle cause que &lt;br class='manualbr' /&gt;celle qui produit les &#234;tres. &lt;br class='manualbr' /&gt;Dieu est cause effective et formelle, &lt;br class='manualbr' /&gt;cause finale, &lt;br class='manualbr' /&gt;mais jamais mati&#232;re.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Digne loqui de personis &lt;br class='manualbr' /&gt;Vim transcendit rationis,&lt;br class='manualbr' /&gt;Excedit ingenia. &lt;br class='manualbr' /&gt;Quidsit gigni, quid processus, &lt;br class='manualbr' /&gt;Me nescire sum professus : &lt;br class='manualbr' /&gt;Sed fide non dubia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Parler dignement des divines personnes &lt;br class='manualbr' /&gt;est au-dessus des forces de la raison, &lt;br class='manualbr' /&gt;et d&#233;passe le g&#233;nie. &lt;br class='manualbr' /&gt;G&#233;n&#233;ration et procession dans la divine essence, &lt;br class='manualbr' /&gt;je confesse que ma raison ne le saisit pas, &lt;br class='manualbr' /&gt;mais ma foi le croit sans aucun doute.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Qui sic credit, non festinet, &lt;br class='manualbr' /&gt;Et a via non declinet&lt;br class='manualbr' /&gt;Insolenter regia. &lt;br class='manualbr' /&gt;Servet fidem, formet mores,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nec attendat ad errores &lt;br class='manualbr' /&gt;Quos damnat Ecclesia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Que celui qui croit ne soit pas impatient, &lt;br class='manualbr' /&gt;qu'il n'ait pas l'imprudence &lt;br class='manualbr' /&gt;de s'&#233;carter de la voie royale. &lt;br class='manualbr' /&gt;Qu'il garde la foi, qu'il r&#232;gle sa vie, &lt;br class='manualbr' /&gt;et n'ait aucun penchant &lt;br class='manualbr' /&gt;vers les erreurs que l'&#201;glise condamne.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Nos in fide gloriemur, &lt;br class='manualbr' /&gt;Nos in una modulemur&lt;br class='manualbr' /&gt;Fidei constantia : &lt;br class='manualbr' /&gt;Trin&#230; sit laus Unitati, &lt;br class='manualbr' /&gt;Sit et simpl&#230; Trinitati&lt;br class='manualbr' /&gt;Co&#230;terna gloria ! &lt;br class='manualbr' /&gt;Amen.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Glorifions-nous dans notre foi, &lt;br class='manualbr' /&gt;que notre constance dans cette foi unique &lt;br class='manualbr' /&gt;inspire nos chants m&#233;lodieux : &lt;br class='manualbr' /&gt;&#224; l'Unit&#233; en trois personnes soit l'&#233;ternel honneur ! &lt;br class='manualbr' /&gt;A la Trinit&#233; dans l'essence simple, &lt;br class='manualbr' /&gt;gloire co&#233;ternelle !&lt;br class='manualbr' /&gt;Amen.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Unit&#233; indivisible, Trinit&#233; distincte en une seule nature, Dieu souverain qui vous &#234;tes r&#233;v&#233;l&#233; aux hommes, daignez souffrir que nous osions r&#233;pandre en votre pr&#233;sence nos adorations, et &#233;pancher l'action de gr&#226;ces qui d&#233;borde de nos c&#339;urs, lorsque nous nous sentons inond&#233;s de vos ineffables clart&#233;s. Unit&#233; divine, Trinit&#233; divine, nous ne vous avons pas contempl&#233;e encore, mais nous savons que vous &#234;tes ; car vous avez daign&#233; vous manifester &#224; nous. Cette terre que nous habitons entend chaque jour proclamer distinctement l'auguste myst&#232;re dont la vue est le principe de la f&#233;licit&#233; des &#234;tres glorifi&#233;s dans votre sein. La race humaine a d&#251; attendre de longs si&#232;cles avant que la divine formule lui f&#251;t pleinement r&#233;v&#233;l&#233;e ; mais la g&#233;n&#233;ration &#224; laquelle nous appartenons est en possession, confesse avec transport Unit&#233; et Trinit&#233; dans votre essence infinie. Autrefois la parole de l'&#233;crivain sacr&#233;, pareille &#224; l'&#233;clair qui sillonne la nue et laisse apr&#232;s lui l'obscurit&#233; plus profonde, traversait l'horizon de la pens&#233;e. Il disait : &#171; J'ignore la vraie Sagesse, je n'ai pas la science de ce qui est saint. Quel homme est mont&#233; aux cieux et en est redescendu ? Quel est celui qui tient dans ses mains la temp&#234;te ? Qui retient les eaux comme dans une enveloppe ? Qui a fix&#233; les confins de la terre ? Sais-tu quel est son nom ? Connais- tu le nom de son fils&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prov. XXX, 2-4.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seigneur Dieu, gr&#226;ce &#224; votre infinie mis&#233;ricorde, nous connaissons aujourd'hui votre nom : vous vous appelez le P&#232;re, et celui que vous engendrez &#233;ternellement s'appelle le Verbe, la Sagesse. Nous savons aussi que du P&#232;re et du Fils proc&#232;de l'Esprit d'amour. Le Fils, rev&#234;tu de notre chair, a habit&#233; cette terre et il a v&#233;cu au milieu des hommes ; l'Esprit ensuite est descendu, et il reste avec nous jusqu'&#224; la consommation des destin&#233;es de la famille humaine ici-bas. Voil&#224; pourquoi nous osons confesser l'Unit&#233; et la Trinit&#233; ; car, ayant entendu le divin t&#233;moignage, nous avons cru ; et &#171; parce que nous avons cru, nous parlons en toute assurance &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CXV, 10 ; II Cor., IV, 13.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Recevez donc notre confession en ce jour, Seigneur, comme vous re&#231;&#251;tes celle de votre insigne martyre qui, atteinte &#224; la gorge de trois coups du glaive, baign&#233;e dans les flots de son sang g&#233;n&#233;reux, vous envoyait son &#226;me, en marquant, par le geste sublime de ses doigts, qu'elle confessait, dans Rome encore pa&#239;enne, l'Unit&#233; de votre nature et la Trinit&#233; de vos personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vos S&#233;raphins, &#244; Dieu, ont &#233;t&#233; entendus par le proph&#232;te. Ils chantaient : &#171; Saint, Saint, Saint est le Seigneur des arm&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai., VI, 3.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187; Nous ne sommes que des hommes mortels ; mais, plus heureux qu'Isa&#239;e sans &#234;tre proph&#232;tes comme lui, nous pouvons articuler la parole ang&#233;lique, et dire : &#171; Saint est le P&#232;re, Saint est le Fils, Saint est l'Esprit &#187;. Ils soutenaient leur vol par deux de leurs ailes ; de deux autres ils voilaient respectueusement leur face, et les deux derni&#232;res couvraient leurs pieds. Nous aussi, fortifi&#233;s par l'Esprit divin qui nous a &#233;t&#233; donn&#233;, nous essayons de soulever sur les ailes du d&#233;sir le poids de notre mortalit&#233; ; nous couvrons par le repentir la responsabilit&#233; de nos fautes, et voilant sous le nuage de la foi l'&#339;il d&#233;bile de notre intelligence, nous recevons au dedans la lumi&#232;re qui nous est infuse. Dociles &#224; la parole r&#233;v&#233;l&#233;e, nous nous conformons &#224; ce qu'elle enseigne ; elle nous apporte la notion, non seulement distincte, mais lumineuse du myst&#232;re qui est la source et le centre de tous les autres. Les Anges et les Saints contemplent au ciel, avec cette ineffable timidit&#233; que le proph&#232;te a rendue en nous montrant leur regard temp&#233;r&#233; sous leurs ailes. Nous, nous ne voyons pas encore, nous ne pourrions voir, mais nous savons, et cette science &#233;claire nos pas, et nous fixe dans la v&#233;rit&#233;. Nous nous gardons de &#171; scruter la majest&#233; &#187;, de peur &#171; d'&#234;tre &#233;cras&#233;s sous la gloire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prov. XXV, 27.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; mais repassant humblement ce que le ciel a daign&#233; nous r&#233;v&#233;ler de ses secrets, nous osons dire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloire soit &#224; vous, Essence unique, acte pur, &#234;tre n&#233;cessaire, infini, sans division, ind&#233;pendant, complet de toute &#233;ternit&#233;, tranquille, et souverainement heureux. En vous nous reconnaissons, avec l'inviolable Unit&#233;, fondement de toutes vos grandeurs, trois personnes distinctement subsistantes ; mais dans leur production et leur distinction, la m&#234;me nature leur est commune, en sorte que la subsistance personnelle qui les constitue chacune et les distingue l'une de l'autre, n'am&#232;ne entre elles aucune in&#233;galit&#233;. O b&#233;atitude infinie dans cette soci&#233;t&#233; des trois personnes contemplant en elles-m&#234;mes les ineffables perfections de l'essence qui les r&#233;unit, et la propri&#233;t&#233; de chacune des trois qui anime divinement cette nature que rien ne saurait ni borner ni troubler ! O merveille de cette essence infinie, lorsqu'elle daigne agir en dehors d'elle-m&#234;me, cr&#233;ant des &#234;tres dans sa puissance et sa bont&#233;, les trois personnes op&#233;rant de concert, en sorte que celle qui intervient par un mode qui lui est propre, le fait en vertu d'une volont&#233; commune ! Qu'un amour sp&#233;cial soit donc rendu &#224; la divine personne qui, dans l'action commune aux trois, daigne se r&#233;v&#233;ler plus sp&#233;cialement aux cr&#233;atures ; et en m&#234;me temps, gr&#226;ces soient rendues aux deux autres qui s'unissent dans une m&#234;me volont&#233; &#224; celle qui daigne se manifester en notre faveur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloire soit &#224; vous, &#244; P&#232;re, Ancien des jours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dan., VII, 9.&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, innascible, sans principe, mais communiquant essentiellement et n&#233;cessairement au Fils et au Saint-Esprit la divinit&#233; qui r&#233;side en vous ! Vous &#234;tes Dieu et vous &#234;tes P&#232;re. Celui qui vous conna&#238;t comme Dieu et qui vous ignore comme P&#232;re, ne vous conna&#238;t pas tel que vous &#234;tes. Vous produisez, vous engendrez, mais c'est dans votre propre sein que vous &#234;tes g&#233;n&#233;rateur ; car rien de ce qui est hors de vous n'est Dieu. Vous &#234;tes l'&#234;tre, la puissance ; mais vous n'avez jamais &#233;t&#233; sans un Fils. Vous vous dites &#224; vous-m&#234;me tout ce que vous &#234;tes, vous vous traduisez, et le fruit de la f&#233;condit&#233; de votre pens&#233;e, &#233;gal &#224; vous-m&#234;me, est une seconde personne qui sort de vous ; c'est votre Fils, votre Verbe, votre parole incr&#233;&#233;e. Une fois vous avez parl&#233;, et votre parole est &#233;ternelle comme vous, comme votre pens&#233;e dont elle est l'expression infinie. Ainsi le soleil qui brille &#224; nos yeux n'a jamais &#233;t&#233; sans sa splendeur. Cette splendeur est par lui, elle est avec lui ; elle &#233;mane de lui sans le diminuer, pas plus qu'elle ne s'isole de lui. Pardonnez, &#244; P&#232;re, &#224; notre faible intelligence d'emprunter une comparaison aux &#234;tres que vous avez cr&#233;&#233;s. Et si nous nous &#233;tudions nous-m&#234;mes que vous avez cr&#233;&#233;s &#224; votre image, ne sentons-nous pas que notre pens&#233;e elle-m&#234;me, pour &#234;tre distincte dans notre esprit, a besoin du terme qui la fixe et la d&#233;termine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O P&#232;re, nous vous avons connu par ce Fils que vous engendrez &#233;ternellement, et qui a daign&#233; se r&#233;v&#233;ler &#224; nous. Il nous a appris que vous &#234;tes P&#232;re et qu'il est Fils, et qu'en m&#234;me temps vous &#234;tes avec lui une m&#234;me chose&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan, X, 30.&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si un Ap&#244;tre s'&#233;crie : &#171; Seigneur, montrez-nous le P&#232;re &#187;, il r&#233;pond : &#171; Qui me voit, voit mon P&#232;re &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., XIV, 8-9.&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. O Unit&#233; de la nature divine, o&#249; le Fils, distinct du P&#232;re, n'est pas moins que le P&#232;re ! O complaisance du P&#232;re dans le Fils, par lequel il a conscience de lui-m&#234;me ; complaisance d'amour intime qu'il proclame &#224; nos oreilles mortelles sur les bords du Jourdain et sur le sommet du Thabor&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth., III, 17 ; II Petr., I, 17.&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O P&#232;re, nous vous adorons, mais aussi nous vous aimons : car un P&#232;re doit &#234;tre aim&#233; de ses fils, et nous sommes vos fils. Un Ap&#244;tre ne nous enseigne-t-il pas que toute paternit&#233; proc&#232;de de vous, non seulement au ciel, mais sur la terre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eph., III, 15.&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Nul n'est p&#232;re, nul n'a l'autorit&#233; paternelle dans la famille, dans l'&#201;tat, dans l'&#201;glise, que par vous, en vous, et par imitation de vous. Bien plus, vous avez voulu &#171; que nous fussions non seulement appel&#233;s vos fils, mais que cette qualit&#233; f&#251;t r&#233;elle en nous &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Johan., III, 1.&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; non par g&#233;n&#233;ration comme il en est de votre unique Verbe, mais par une adoption qui nous rend ses &#171; coh&#233;ritiers &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rom., VIII, 17.&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Votre Fils divin dit en parlant de vous : &#171; J'honore mon P&#232;re &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., VIII, 49.&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; nous vous honorons aussi, P&#232;re souverain, P&#232;re de majest&#233; immense, et du fond de notre n&#233;ant, en attendant l'&#233;ternit&#233;, nous vous glorifions en union avec les saints Anges et les Bienheureux de notre race. Que votre &#339;il paternel nous prot&#232;ge, qu'il daigne se complaire aussi dans ces fils que vous avez pr&#233;vus, que vous avez &#233;lus, que vous avez appel&#233;s &#224; la foi, et qui osent, avec l'Ap&#244;tre, vous nommer &#171; le P&#232;re des mis&#233;ricordes et le Dieu de toute consolation &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;II Cor., I, 3.&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloire soit &#224; vous, &#244; Fils, &#244; Verbe, &#244; Sagesse du P&#232;re ! &#201;man&#233; de son essence divine, le P&#232;re vous a donne naissance &#171; avant l'aurore &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CIX, 3.&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; il vous a dit : &#171; Je t'ai engendr&#233; aujourd'hui &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. II, 7.&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et cet aujourd'hui qui n'a ni veille ni lendemain, est l'&#233;ternit&#233;. Vous &#234;tes Fils et Fils unique, et ce nom exprime une m&#234;me nature avec celui qui vous produit ; il exclut la cr&#233;ation, et vous montre consubstantiel au P&#232;re, dont vous sortez avec une parfaite similitude. Et vous sortez du P&#232;re, sans sortir de l'essence divine, &#233;tant co&#233;ternel &#224; votre principe ; car en Dieu, rien de nouveau, rien de temporel. En vous, la filiation n'est point une d&#233;pendance ; car le P&#232;re ne peut &#234;tre sans le Fils, pas plus que le Fils sans le P&#232;re. S'il est noble au P&#232;re de produire le Fils, il n'est pas moins noble au Fils d'&#233;puiser et de terminer en lui-m&#234;me par sa filiation la puissance g&#233;n&#233;ratrice du P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O Fils de Dieu, vous &#234;tes le Verbe du P&#232;re. Parole incr&#233;&#233;e, vous lui &#234;tes aussi intime que sa pens&#233;e, et sa pens&#233;e est son &#234;tre. En vous cet &#234;tre se traduit tout entier dans son infinit&#233;, en vous il se conna&#238;t. Vous &#234;tes le fruit immat&#233;riel produit par l'intellect divin du P&#232;re, l'expression de tout ce qu'il est, soit qu'il vous garde myst&#233;rieusement &#171; dans son sein &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., I, 18.&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, soit qu'il vous produise au dehors. Quels termes emploierons-nous pour vous d&#233;finir dans votre magnificence, &#244; Fils de Dieu ! L'Esprit-Saint daigne nous aider dans les livres qu'il a dict&#233;s ; nous oserons donc dire dans le langage qu'il nous sugg&#232;re : &#171; Vous &#234;tes l'&#233;clat de la gloire du P&#232;re, la forme de sa substance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Heb., I, 3.&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Vous &#234;tes la splendeur de la lumi&#232;re &#233;ternelle, le miroir sans imperfection de la majest&#233; de Dieu, la r&#233;fraction de son &#233;ternelle bont&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sap., VII, 26.&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la sainte &#201;glise r&#233;unie &#224; Nic&#233;e, nous osons vous dire encore : &#171; Vous &#234;tes Dieu de Dieu, lumi&#232;re de lumi&#232;re, vrai Dieu de vrai Dieu. &#187; Avec les P&#232;res et les Docteurs nous ajoutons : &#171; Vous &#234;tes le flambeau &#233;ternellement allum&#233; au flambeau &#233;ternel. Votre lumi&#232;re ne diminue en rien celle qui se communique &#224; vous, et en vous elle n'a rien d'inf&#233;rieur &#224; celle qui l'a produite. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsque cette ineffable f&#233;condit&#233; qui donne un Fils &#233;ternel au P&#232;re, au P&#232;re et au Fils un troisi&#232;me terme, a voulu se manifester au dehors de la divine essence, et ne pouvant plus rien produire qui f&#251;t &#233;gal &#224; celle-ci, a daign&#233; appeler du n&#233;ant la nature intellectuelle et raisonnable, comme la plus approchante de son principe, et la nature mat&#233;rielle comme la moins &#233;loign&#233;e du n&#233;ant, la production intime de votre personne dans le sein du P&#232;re, &#244; Fils unique de Dieu, s'est r&#233;v&#233;l&#233;e au monde dans l'acte cr&#233;ateur. Le P&#232;re a fait toutes choses, mais &#171; c'est dans sa Sagesse &#187;, c'est-&#224;-dire par vous, &#171; qu'il les a faites &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CIII, 24.&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette mission d'op&#233;rer que vous avez re&#231;ue du P&#232;re, d&#233;rive de la g&#233;n&#233;ration &#233;ternelle par laquelle il vous produit de lui-m&#234;me. Vous vous &#234;tes &#233;lanc&#233; de votre repos myst&#233;rieux, et les cr&#233;atures visibles et invisibles sont sorties du n&#233;ant &#224; votre commandement. Agissant dans un intime concert avec le P&#232;re, vous avez r&#233;pandu sur les mondes, en les cr&#233;ant, quelque chose de cette beaut&#233; et de cette harmonie dont vous &#234;tes le reflet dans l'essence divine. Mais votre mission n'&#233;tait pas &#233;puis&#233;e par la cr&#233;ation. L'ange et l'homme, &#234;tres intelligents et libres, &#233;taient appel&#233;s &#224; voir et &#224; poss&#233;der Dieu &#233;ternellement. Pour eux, l'ordre naturel ne suffisait plus ; il fallait qu'une voie surnaturelle leur f&#251;t ouverte pour les conduire &#224; leur fin. Cette voie, c'&#233;tait vous-m&#234;me, &#244; Fils unique de Dieu. En prenant en vous la nature humaine, vous vous unissiez &#224; votre ouvrage, vous releviez jusqu'&#224; Dieu l'ange et l'homme, et dans votre nature finie vous apparaissiez comme le type supr&#234;me de la cr&#233;ation que le P&#232;re avait accomplie par vous. O myst&#232;re ineffable ! Vous &#234;tes le Verbe incr&#233;&#233;, et en m&#234;me temps &#171; le premier-n&#233; de toute cr&#233;ature &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Col. I, 15.&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, devant &#234;tre manifest&#233; en son temps, mais ayant pr&#233;c&#233;d&#233; dans l'intention divine tous les &#234;tres qui ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s pour cire ses sujets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La race humaine appel&#233;e &#224; vous poss&#233;der en son sein comme le divin interm&#233;diaire rompit avec Dieu : le p&#233;ch&#233; la pr&#233;cipita dans la mort. Qui pouvait d&#233;sormais la relever, la rendre &#224; sa sublime destin&#233;e ? Vous seul encore, &#244; Fils unique du P&#232;re ! Nous n'eussions jamais os&#233; l'esp&#233;rer ; mais &#171; le P&#232;re a tant aim&#233; le monde qu'il a donn&#233; &#171; son Fils unique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., III, 16.&#034; id=&#034;nh39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, non plus seulement comme m&#233;diateur, mais comme r&#233;dempteur de nous tous. O notre premier-n&#233;, vous lui demandiez &#171; qu'il vous restitu&#226;t votre h&#233;ritage &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XVI, 5.&#034; id=&#034;nh40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et cet h&#233;ritage, vous avez d&#251; le racheter. Le P&#232;re alors vous confia la mission de Sauveur pour notre race perdue. Votre sang sur la croix fut notre ran&#231;on, et nous sommes ren&#233;s &#224; Dieu et &#224; nos premiers honneurs ; c'est pourquoi nous nous faisons gloire, nous vos rachet&#233;s, &#244; Fils de Dieu, de vous appeler Notre Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;livr&#233;s de la mort, purifi&#233;s du p&#233;ch&#233;, vous avez daign&#233; nous rendre toutes nos grandeurs. Car vous &#234;tes d&#233;sormais le Chef, et nous sommes vos membres. Vous &#234;tes le Roi, et nous sommes vos heureux sujets. Vous &#234;tes le PASTEUR, et nous sommes les brebis de votre unique bercail. Vous &#234;tes l'&#201;poux, et l'&#201;glise notre m&#232;re est votre &#233;pouse. Vous &#234;tes le Pain vivant descendu du ciel, et nous sommes vos convi&#233;s. O Fils de Dieu, &#244; Emmanuel, &#244; fils de l'homme, b&#233;ni soit le P&#232;re qui vous a envoy&#233; ; mais soyez b&#233;ni avec lui, vous qui avez rempli sa mission, et qui avez daign&#233; nous dire que &#171; vos d&#233;lices sont d'&#234;tre avec les enfants des hommes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prov. VIII, 31.&#034; id=&#034;nh41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloire soit &#224; vous, &#244; Esprit-Saint, qui &#233;manez &#224; jamais du P&#232;re et du Fils dans l'unit&#233; de la substance divine ! L'acte &#233;ternel par lequel le P&#232;re se conna&#238;t lui-m&#234;me produit le Fils qui est l'image infinie du P&#232;re, et le P&#232;re est &#233;pris d'amour pour cette splendeur sortie de lui avant tous les si&#232;cles. Le Fils, contemplant le principe dont il &#233;mane &#233;ternellement, con&#231;oit pour ce principe un amour &#233;gal &#224; celui dont il est l'objet. Quel langage pourrait d&#233;crire cette ardeur, cette aspiration mutuelle, qui est l'attraction et le mouvement d'une personne vers l'autre, dans l'immobilit&#233; &#233;ternelle de l'essence ! Vous &#234;tes cet amour, &#244; Esprit divin, sortant du P&#232;re et du Fils comme d'un m&#234;me principe, distinct de l'un et de l'autre, mais formant le lien qui les unit dans les ineffables d&#233;lices de la divinit&#233; : Amour vivant, personnel, proc&#233;dant du P&#232;re par le Fils, dernier terme qui compl&#232;te la nature divine et consomme &#233;ternellement la Trinit&#233;. Au sein imp&#233;n&#233;trable du grand Dieu, la personnalit&#233; vous vient &#224; la fois du P&#232;re dont vous &#234;tes l'expression par un nouveau mode de production&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., XV, 26.&#034; id=&#034;nh42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et du Fils qui, recevant du P&#232;re, vous donne de lui-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., XVI, 14-15.&#034; id=&#034;nh43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; car l'amour infini qui les unit &#233;troitement est des deux et non d'un seul. Jamais le P&#232;re ne fut sans le Fils, jamais le Fils ne fut sans le P&#232;re ; mais jamais aussi le P&#232;re et le Fils n'ont &#233;t&#233; sans vous, &#244; Esprit-Saint ! &#201;ternellement ils se sont aim&#233;s, et vous &#234;tes l'amour infini qui r&#232;gne en eux, et auquel ils communiquent leur divinit&#233;. Votre procession de l'un et de l'autre &#233;puise la vertu productive de l'essence incr&#233;&#233;e, et ainsi les divines personnes r&#233;alisent le nombre trois ; en dehors d'elles, il n'y a que le cr&#233;&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait qu'en la divine essence f&#251;t, non pas seulement la puissance et l'intelligence, mais aussi le vouloir duquel proc&#232;de l'action. Le vouloir et l'amour sont une seule et m&#234;me chose, et vous &#234;tes, &#244; divin Esprit, ce vouloir et cet amour. Quand la glorieuse Trinit&#233; op&#232;re en dehors d'elle-m&#234;me, l'acte con&#231;u par le P&#232;re, exprim&#233; par le Fils, s'accomplit par vous. Par vous aussi, l'amour que le P&#232;re et le Fils ont l'un pour l'autre, et qui se personnalise en vous, s'&#233;tend aux &#234;tres qui seront cr&#233;&#233;s. Par son Verbe, le P&#232;re les conna&#238;t ; par vous, &#244; Esprit amour, il les aime, en sorte que toute cr&#233;ation proc&#232;de de la bont&#233; divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;manant du P&#232;re et du Fils, sans perdre l'&#233;galit&#233; que vous avez &#233;ternellement avec eux, vous &#234;tes envoy&#233; par l'un et l'autre vers la cr&#233;ature. Le Fils, envoy&#233; par le P&#232;re, rev&#234;t pour l'&#233;ternit&#233; la nature humaine, et sa personne, par les op&#233;rations qui lui sont propres, nous appara&#238;t distincte de celle du P&#232;re. De m&#234;me, &#244; Esprit-Saint, nous vous reconnaissons distinct du P&#232;re et du Fils, lorsque vous descendez pour remplir sur nous la mission qui vous a &#233;t&#233; d&#233;partie par l'un et l'autre. Vous inspirez les proph&#232;tes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;II Petr., I, 21.&#034; id=&#034;nh44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vous intervenez en Marie dans la divine Incarnation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc, I, 35.&#034; id=&#034;nh45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vous vous reposez sur la fleur de Jess&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai., XI, 2.&#034; id=&#034;nh46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vous conduisez J&#233;sus au d&#233;sert&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc, IV, 1.&#034; id=&#034;nh47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vous le glorifiez par les miracles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth., XII, 28.&#034; id=&#034;nh48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Son &#201;pouse, la sainte &#201;glise, vous re&#231;oit, elle, et vous lui enseignez toute v&#233;rit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., XVI, 13.&#034; id=&#034;nh49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et vous demeurez en elle, comme son ami, jusqu'au dernier jour du monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth., XXVIII, 20.&#034; id=&#034;nh50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nos &#226;mes sont marqu&#233;es de votre sceau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eph., I, 13 ; IV, 30.&#034; id=&#034;nh51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vous les animez de la vie surnaturelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gal., v, 25.&#034; id=&#034;nh52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; vous habitez jusqu'&#224; nos corps, qui deviennent votre temple&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor., VI, 19.&#034; id=&#034;nh53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; enfin vous &#234;tes pour nous le don de Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hymn. Pentecost. (Veni Creator).&#034; id=&#034;nh54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la fontaine jaillissante jusque dans la vie &#233;ternelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., IV, 14 ; VII, 39.&#034; id=&#034;nh55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Gr&#226;ces distinctes vous soient donc rendues, &#244; Esprit divin, pour les op&#233;rations distinctes que vous accomplissez en notre faveur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, apr&#232;s avoir ador&#233; tour &#224; tour les divines personnes, en parcourant leurs bienfaits sur le monde, nous osons encore &#233;lever notre &#339;il mortel vers cette triple Majest&#233; qui resplendit dans l'unit&#233; de votre essence, &#244; souverain Seigneur, et nous confessons encore une fois, avec saint Augustin, ce que nous avons appris de vous-m&#234;me sur vous-m&#234;me. &#171; Trois est leur nombre : un aimant celui qui est de lui, un aimant celui de qui il est, et enfin l'amour lui-m&#234;me &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Non amplius quam tria sunt : unus diligens eum qui de illo est, et unus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais il nous reste &#224; remplir un devoir de reconnaissance, en c&#233;l&#233;brant l'ineffable conduite par laquelle vous avez daign&#233; empreindre en nous l'image de vous-m&#234;me. Ayant r&#233;solu &#233;ternellement de nous donner soci&#233;t&#233; avec vous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Johan., I, 3.&#034; id=&#034;nh57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vous nous avez pr&#233;par&#233;s selon un type emprunt&#233; &#224; votre &#234;tre divin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gen., I, 27.&#034; id=&#034;nh58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Trois facult&#233;s dans notre &#226;me unique rendent t&#233;moignage de notre origine qui est de vous ; mais ce faible miroir de votre &#234;tre, qui est la gloire de notre nature, n'&#233;tait qu'un pr&#233;lude aux desseins de votre amour. Apr&#232;s nous avoir donn&#233; l'&#234;tre naturel, vous aviez r&#233;solu dans votre conseil, &#244; Trinit&#233; divine, de nous communiquer encore l'&#234;tre surnaturel. Dans la pl&#233;nitude des temps, Le P&#232;re nous envoie son Fils, et ce Verbe Incr&#233;&#233; apporte la lumi&#232;re &#224; notre intelligence ; le P&#232;re et le Fils nous envoient l'Esprit, et l'Esprit apporte l'amour &#224; notre volont&#233; ; et le P&#232;re qui ne peut &#234;tre envoy&#233; vient de lui-m&#234;me, et il se donne &#224; notre &#226;me dont il transforme la puissance. C'est dans le saint Bapt&#234;me, au nom du P&#232;re et du Fils et du Saint-Esprit, que s'accomplit dans le chr&#233;tien cette production des trois divines personnes, en correspondance ineffable avec les facult&#233;s d&#233;parties &#224; notre &#226;me, comme l'esquisse du chef-d'&#339;uvre que l'action surnaturelle de Dieu peut seule achever.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O union par laquelle Dieu est en l'homme et l'homme est en Dieu ! Union par laquelle nous arrivons &#224; l'adoption du P&#232;re, &#224; la fraternit&#233; avec le Fils, &#224; l'h&#233;r&#233;dit&#233; &#233;ternelle ! Mais cette habitation de Dieu dans la cr&#233;ature, c'est l'amour &#233;ternel qui l'a gratuitement form&#233;e, et elle se maintient aussi longtemps que l'amour de r&#233;ciprocit&#233; ne fait pas d&#233;faut dans l'homme. Le p&#233;ch&#233; mortel aurait la force de la briser ; la pr&#233;sence des divines personnes qui avaient &#233;tabli leur s&#233;jour dans l'&#226;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan., XIV, 23.&#034; id=&#034;nh59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui demeuraient unies &#224; elle, cesserait au m&#234;me instant o&#249; la gr&#226;ce sanctifiante s'&#233;teindrait. Dieu alors ne serait plus dans l'&#226;me que par son immensit&#233;, et l'&#226;me ne le poss&#233;derait plus. Alors Satan r&#233;tablirait en elle le r&#232;gne de son odieuse trinit&#233; : &#171; la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux, et l'orgueil de la vie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Johan, II, 16.&#034; id=&#034;nh60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Malheur &#224; quiconque oserait d&#233;fier Dieu par une si sanglante rupture, substituer ainsi le mal au souverain bien ! C'est la jalousie du Seigneur m&#233;pris&#233;, expuls&#233;, qui a creus&#233; les gouffres de l'enfer et allum&#233; les flammes &#233;ternelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette rupture est-elle donc sans r&#233;conciliation possible ? Oui, s'il s'agit de l'homme p&#233;cheur, incapable de renouer avec l'adorable Trinit&#233; les relations qu'une avance gratuite avait pr&#233;par&#233;es et qu'une bont&#233; incompr&#233;hensible avait consomm&#233;es. Mais la mis&#233;ricorde de Dieu, qui est, comme l'enseigne l'&#201;glise dans la sainte Liturgie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Oratio Dominicae X post Pentecosten. Deus, qui omnipot&#233;ntiam tuam parc&#233;ndo (&#8230;)&#034; id=&#034;nh61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'attribut supr&#234;me de sa puissance, peut op&#233;rer un tel prodige, et elle l'op&#232;re chaque fois qu'un p&#233;cheur est converti. A ce mouvement de l'auguste Trinit&#233; qui daigne ainsi descendre de nouveau dans le c&#339;ur de l'homme repentant, une joie immense, nous dit l'&#201;vangile, s'empare des Anges et des Saints jusque dans les hauteurs du ciel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc, XV, 10.&#034; id=&#034;nh62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; car le P&#232;re, le Fils et le Saint-Esprit ont signal&#233; leur amour et cherch&#233; leur gloire en rendant juste celui qui avait &#233;t&#233; p&#233;cheur, en venant habiter en cette brebis nagu&#232;re &#233;gar&#233;e, en ce prodigue employ&#233; la veille &#224; la garde des animaux immondes, en ce larron qui tout &#224; l'heure, sur la croix, insultait encore avec son compagnon l'innocent crucifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soient donc adoration et amour &#224; vous, P&#232;re, Fils et Saint-Esprit, Trinit&#233; parfaite qui avez daign&#233; vous r&#233;v&#233;ler aux mortels, Unit&#233; &#233;ternelle et incommensurable qui avez d&#233;livr&#233; nos p&#232;res du joug des faux dieux. Gloire &#224; vous comme il &#233;tait au commencement, avant tous les &#234;tres cr&#233;&#233;s ; comme il est maintenant, &#224; cette heure o&#249; nous attendons la vraie vie qui consiste &#224; vous contempler face &#224; face ; comme il sera dans les si&#232;cles des si&#232;cles, lorsque l'&#233;ternit&#233; bienheureuse nous aura r&#233;unis dans votre sein infini. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Autrefois, selon le rit romain, ce dimanche qui suivait la veill&#233;e nocturne &#224; Saint-Pierre, &#233;tait consacr&#233; au repos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb63&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En raison de la c&#233;l&#233;bration de la longue vigile des Quatre-Temps la veille.&#034; id=&#034;nh63&#034;&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &lt;i&gt;Dominica vacat&lt;/i&gt;. Mais vers le VIIIe si&#232;cle, les calendriers romains commencent &#224; noter une octave de la Pentec&#244;te &#8212; &#224; l'imitation certainement du dimanche &lt;i&gt;in Albis&lt;/i&gt; &#8212; avec la lecture &#233;vang&#233;lique du colloque du Seigneur et de Nicod&#232;me (Joan., III, 1-16) o&#249; il est question de l'efficacit&#233; de l'action du Saint-Esprit dans la r&#233;g&#233;n&#233;ration baptismale. Presque en m&#234;me temps appara&#238;t en usage la le&#231;on actuelle de l'&#233;vangile selon saint Luc (VI, 36-42). Toutefois en 1334, l'un et l'autre passages devinrent &#224; peu pr&#232;s inutiles, en raison de la f&#234;te nouvelle de la Tr&#232;s Sainte Trinit&#233;, qui fut introduite par Jean XXII dans le rit romain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'une solennit&#233; sp&#233;ciale en l'honneur de ce myst&#232;re, fondement de notre foi chr&#233;tienne, est belle, et le moment de sa c&#233;l&#233;bration, &#224; l'expiration du temps pascal, est heureusement choisi. On sentait comme le besoin de manifester toute notre reconnaissance &#224; l'Auguste Triade, qui a daign&#233; accomplir avec tant de mis&#233;ricorde et tant d'honneur pour nous, l'&#339;uvre de notre R&#233;demption. Pour l'amour de nous, le P&#232;re &#233;ternel a daign&#233; nous donner comme hostie et victime d'expiation son Fils unique lui-m&#234;me ; J&#233;sus nous a aim&#233;s in finem, c'est-&#224;-dire jusqu'&#224; s'immoler lui-m&#234;me pour nous ; l'Esprit Saint s'est donn&#233; &#224; nous si intimement qu'il est appel&#233; donum, le don, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il nous atteste l'amour du P&#232;re et du Fils &#224; notre &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la r&#233;v&#233;lation du dogme de la Tr&#232;s Sainte Trinit&#233; est un de ces secrets que les H&#233;breux avaient seulement entrevus myst&#233;rieusement, mais qui ne fut express&#233;ment r&#233;v&#233;l&#233; que dans la Nouvelle Loi. Il regarde la vie intime de Dieu ; or, les choses intimes ne se disent pas &#224; tous, mais seulement aux amis. La connaissance de Dieu trine dans les Personnes et un dans son essence, marque le plus haut sommet de la science th&#233;ologique et conf&#232;re au peuple chr&#233;tien une perfection et une dignit&#233; si grandes qu'on peut bien dire qu'en ce dogme r&#233;side l'honneur, la gloire et le salut de l'&#201;glise. C'est donc fort &#224; propos, apr&#232;s que l'Esprit Saint est venu instruire le troupeau des fid&#232;les, les initiant &#224; la possession int&#233;grale de la v&#233;rit&#233; divine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb64&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Docebit vos omnem veritatem : II vous enseignera toute la v&#233;rit&#233;. &#187; Ioan., (&#8230;)&#034; id=&#034;nh64&#034;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que la famille chr&#233;tienne s'&#233;l&#232;ve &#224; la contemplation et &#224; l'adoration in Spiritu et veritate&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb65&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ioan., IV, 23 : &#171; Dans l'esprit et dans la v&#233;rit&#233; &#187;.&#034; id=&#034;nh65&#034;&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de l'auguste Triade, qui constitue la fin premi&#232;re et essentielle de l'Incarnation du Sauveur et de la r&#233;demption du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que, tr&#232;s opportun&#233;ment, la f&#234;te de la sainte Trinit&#233; termine le cycle de la liturgie sot&#233;riologique, ainsi sommes-nous baptis&#233;s nous-m&#234;mes avec l'invocation trinitaire, et dans la m&#234;me invocation, r&#233;p&#233;t&#233;e par le pr&#234;tre &#224; notre lit de mort et pr&#232;s de notre cercueil, nous cl&#244;turons le cours de notre vie mortelle : &#171; Proficiscere... de hoc mundo in nomine Dei Patris etc. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb66&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pars de ce monde, &#226;me chr&#233;tienne, au nom de Dieu le P&#232;re, etc. &#187; Ordo (&#8230;)&#034; id=&#034;nh66&#034;&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; &#171; insignitus est signaculo Sanct&#230; Trinitatis &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb67&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pendant sa vie il fut orn&#233; du sceau de la sainte Trinit&#233;. &#187; Ordo exequiarum.&#034; id=&#034;nh67&#034;&gt;67&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise s'est inspir&#233;e de ces nobles motifs quand elle a institu&#233; la pr&#233;sente f&#234;te. Il est vrai que la liturgie catholique n'est qu'une hymne ininterrompue &#224; la louange de l'auguste Trinit&#233; ; en sorte qu'une f&#234;te &#233;tablie pour c&#233;l&#233;brer exclusivement et sp&#233;cialement ce myst&#232;re semblerait presque l'abaisser au niveau d'une simple d&#233;votion. Mais tel n'est pas le concept de la solennit&#233; de ce jour, laquelle n'est pas tant la f&#234;te de la Tr&#232;s Sainte Trinit&#233; que la confession annuelle et solennelle, humble et reconnaissante, du plus grand de tous les dogmes, du myst&#232;re principal de la foi catholique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour le psaume d'intro&#239;t s'inspire, dans sa derni&#232;re partie, du livre de Tobie (XII, 6). C'est un hymne de louange &#224; Dieu Un et Trine, lequel refl&#232;te sur la cr&#233;ation, moyennant l'effusion de sa gr&#226;ce, les splendeurs de cette unit&#233; d'essence dans la trinit&#233; des Personnes. En effet, c'est la puissance du P&#232;re qui communique l'&#234;tre &#224; toutes choses, selon l'arch&#233;type id&#233;al qu'il en con&#231;oit dans son Verbe. Or, quelle est la fin dont Dieu s'inspire en cr&#233;ant ? Il cr&#233;e par son Esprit, c'est-&#224;-dire par amour, comme le chanta si bien le po&#232;te :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i&gt;Amor che muove il sole e l'altre stelle.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb68&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est l'amour qui meut le soleil et les autres &#233;toiles. (Dante).&#034; id=&#034;nh68&#034;&gt;68&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le psaume d'intro&#239;t est le 8e, o&#249; sont exalt&#233;s le beau et le bien divins, r&#233;pandus avec tant de magnificence dans la cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte manque de la saveur classique ; elle est un peu trop longue, la p&#233;riode est peu m&#233;lodieuse ; mais en revanche, sa signification est tr&#232;s profonde. On y rappelle au commencement que Dieu a &#233;lev&#233; le peuple chr&#233;tien seul &#224; la dignit&#233; de conna&#238;tre la gloire de l'Auguste Triade et de lui rendre l'adoration convenable dans l'unit&#233; de son essence ; c'est pourquoi on demande que le m&#233;rite de cette in&#233;branlable foi catholique nous vaille la gr&#226;ce d'&#233;chapper &#224; tout p&#233;ril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quelle mani&#232;re rendons-nous &#224; l'Auguste Trinit&#233; le culte que nous lui devons, c'est-&#224;-dire le culte parfait, convenant &#224; une si grande majest&#233; ? Les P&#232;res r&#233;pondent : per Christum&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb69&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par le Christ.&#034; id=&#034;nh69&#034;&gt;69&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le pontife et l'adorateur par excellence : in Spiritu Sancto&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb70&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans l'Esprit-Saint.&#034; id=&#034;nh70&#034;&gt;70&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dans sa gr&#226;ce, dans sa saintet&#233;, qu'il communique &#224; l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit un passage de l'&#233;p&#238;tre aux Romains (XI, 33-36) o&#249; l'Ap&#244;tre, ayant touch&#233; le probl&#232;me de la pr&#233;destination humaine s'&#233;l&#232;ve en un vol rapide jusqu'&#224; la contemplation de la sublimit&#233; et de la transcendance de la nature divine, qui contient v&#233;ritablement la raison derni&#232;re de toutes choses. Le dernier verset exprime la confession du myst&#232;re trinitaire, dont il &#233;claire les attributs : Ex ipso&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb71&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De Lui.&#034; id=&#034;nh71&#034;&gt;71&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; c'est la puissance du P&#232;re ; per ipsum&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb72&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PAr Lui.&#034; id=&#034;nh72&#034;&gt;72&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; se rapporte au Verbe &#233;ternel ; in ipso&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb73&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour Lui.&#034; id=&#034;nh73&#034;&gt;73&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d&#233;signe le Saint-Esprit, l'Esprit d'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;pons-graduel &#8212; que le soliste ex&#233;cutait jadis sur les degr&#233;s de l'ambon &#8212; est tir&#233; de Daniel ; c'est comme la continuation de celui qui a suivi la lecture du m&#234;me proph&#232;te durant la pr&#233;c&#233;dente veill&#233;e &#224; Saint-Pierre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y loue Dieu qui, si &#233;lev&#233; qu'il soit, puisqu'il est assis sur les plus hautes ailes des Ch&#233;rubins, p&#233;n&#232;tre jusque dans la profondeur des ab&#238;mes par la grandeur de sa sagesse, de sa puissance et de sa bont&#233;. De m&#234;me qu'au ciel les saints Anges forment le tr&#244;ne de la saintet&#233; de Dieu, ainsi, sur la terre, ces Ch&#233;rubins sur lesquels si&#232;ge, pacifique, le Tout-Puissant, ce sont les pr&#234;tres &#224; qui le Seigneur se confie tout entier, et remet le soin de ses int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; B&#233;ni soit Dieu, tant au ciel par les ch&#339;urs des anges, qu'ici-bas sur la terre, o&#249; la marche de l'univers &#224; travers les si&#232;cles est tout un chant &#224; sa gloire. &#187; M&#234;me le p&#233;ch&#233;, m&#234;me le mal qui se commet dans le monde, ne peut se soustraire &#224; cette loi universelle de la louange de Dieu. Il entre dans le plan du divin conseil, soit parce que sa sanction vengeresse dans l'enfer glorifie grandement la justice et la saintet&#233; de Dieu offens&#233;es par l'impie, soit encore parce que le mal, loin de faire obstacle aux desseins de Dieu, peut, entre ses mains, se changer en cause de bien ; c'est ainsi que l'impi&#233;t&#233; des pers&#233;cuteurs remplissait le ciel de martyrs, et que les &#233;garements du jeune Augustin pr&#233;paraient le futur p&#233;nitent qui &#233;crirait par la suite le livre de ses &#233;mouvantes confessions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset all&#233;luiatique est le m&#234;me que celui de la nuit pr&#233;c&#233;dente, apr&#232;s la lecture de Daniel. Le Seigneur est appel&#233; le Dieu de nos p&#232;res, pour indiquer que leurs &#226;mes vivent pr&#232;s de Lui &#8212; Il n'est pas le Dieu des morts mais des vivants &#8212; et qu'il est l'auteur des magnifiques promesses messianiques faites aux Patriarches et aux Proph&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le court passage &#233;vang&#233;lique contient la r&#233;v&#233;lation claire et explicite du myst&#232;re de la Tr&#232;s Sainte Trinit&#233;, faite par J&#233;sus quand il enseigna &#224; ses ap&#244;tres la formule baptismale (Matth., XXVIII, 18-20). C'est la condamnation anticip&#233;e de toutes les erreurs anciennes et modernes relativement &#224; la divinit&#233; de J&#233;sus et du Saint-Esprit. Administrer le bapt&#234;me au nom du P&#232;re, du Fils et du Saint-Esprit &#233;quivaut &#224; reconna&#238;tre que ces trois Personnes divines, nous adoptant pour fils, nous conf&#232;rent une identique gr&#226;ce et ont une m&#234;me puissance et une m&#234;me nature divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour l'offertoire, tout comme l'intro&#239;t, s'inspire du livre de Tobie ; c'est une b&#233;n&#233;diction &#224; l'auguste Trinit&#233;, laquelle, nous adoptant pour fils et pour h&#233;ritiers, a exalt&#233; &#224; notre &#233;gard sa mis&#233;ricorde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pri&#232;re d'introduction &#224; l'anaphore contient une phrase qui demande &#224; &#234;tre m&#233;dit&#233;e profond&#233;ment. On prie Dieu de sanctifier par l'invocation de son saint Nom l'offrande eucharistique, et de faire que, gr&#226;ce &#224; elle, nous devenions nous-m&#234;mes par notre vie sainte, une oblation perp&#233;tuelle &#224; l'auguste Trinit&#233;. C'est l&#224; le v&#233;ritable esprit de la liturgie eucharistique : en revivre le contenu, participant ainsi &#224; la saintet&#233; de ce sacrifice dont l'Ap&#244;tre a &#233;crit : Una enim oblatione consummavit in sempiternum sanctificatos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb74&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Par une seule oblation, Il a amen&#233; &#224; la perfection pour toujours ceux qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh74&#034;&gt;74&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour la Communion provient &#233;galement du passage du livre de Tobie cit&#233; plus haut. Nous publions la gloire de la sainte Trinit&#233; devant tous les hommes, alors que, dans notre intelligence, dans notre m&#233;moire, dans notre volont&#233;, dans nos actes, nous conservons resplendissante l'image divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la collecte d'action de gr&#226;ces, nous supplions le Seigneur de faire que la sainte Communion que nous avons re&#231;ue comme le sceau de notre profession de foi envers la divine Trinit&#233;, nous fasse &#233;chapper &#224; tout p&#233;ril de l'&#226;me et du corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut distinguer soigneusement la d&#233;votion des d&#233;votions. La d&#233;votion, selon sa signification &#233;tymologique, est la cons&#233;cration enti&#232;re et irr&#233;vocable du chr&#233;tien &#224; l'auguste Triade, &#224; l'honneur et &#224; la gloire de laquelle doivent &#234;tre dirig&#233;es toutes ses affections, ses paroles et ses actions. Les d&#233;votions, au contraire, consistent en des actes particuliers de pi&#233;t&#233;, moyennant lesquels se r&#233;v&#232;le, s'&#233;panche et se nourrit la d&#233;votion. Celle-l&#224; est essentielle et n&#233;cessaire, celles-ci sont relatives et tr&#232;s souvent de caract&#232;re libre. La d&#233;votion du chr&#233;tien est solennellement affirm&#233;e pr&#232;s des fonts baptismaux, et elle commence par la possession que la Tr&#232;s Sainte Trinit&#233; prend de l'&#226;me du fid&#232;le, pour y demeurer comme en un temple. Malheur &#224; qui profane ce temple, et qui, par le p&#233;ch&#233;, en chasse l'auguste Triade !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrefois l'&#201;glise romaine, &#224; l'imitation des &#201;glises orientales, c&#233;l&#233;brait aujourd'hui la f&#234;te comm&#233;morative de tous les saints : Dominica in nativitate Sanctorum. Mais vers le VIIIe si&#232;cle, la grande vigile nocturne &#224; Saint-Pierre, avec le dimanche aliturgique qui la suivait, d&#233;plac&#232;rent cette solennit&#233; qui finalement, sous Gr&#233;goire IV, fut assign&#233;e au Ier novembre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PREMIER DIMANCHE APR&#200;S LA PENTEC&#212;TE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;a href='https://introibo.fr/spip.php?article175' class=&#034;spip_in&#034;&gt;premier dimanche apr&#232;s la Pentec&#244;te&lt;/a&gt; nous fait entrer dans le &#171; tempus per annum &#187;, le temps pendant l'ann&#233;e, un temps qui n'est pas festival. Par ailleurs, cependant, les premiers dimanches sont tant&#244;t supprim&#233;s par des f&#234;tes, tant&#244;t influenc&#233;s par elles. Tout d'abord, nous ne pouvons pas c&#233;l&#233;brer le premier dimanche parce que l'&#201;glise a fix&#233;, d'une mani&#232;re permanente, ce jour-l&#224;, la f&#234;te de la Sainte Trinit&#233;. Le dimanche est simplement comm&#233;mor&#233; par les oraisons et le dernier &#201;vangile. Dans les trois premiers jours de la semaine, quand il n'y a pas de f&#234;te ou qu'il n'y a qu'une f&#234;te de degr&#233; inf&#233;rieur, on peut en reprendre la c&#233;l&#233;bration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F&#202;TE DE LA SAINTE TRINIT&#201;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;nie soit la Tr&#232;s-Sainte Trinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les f&#234;tes et les temps que nous avons c&#233;l&#233;br&#233;s jusqu'ici se rapportaient &#224; l'histoire du salut et, particuli&#232;rement, &#224; la vie de J&#233;sus-Christ. Ainsi, de No&#235;l jusqu'&#224; P&#226;ques, nous avons parcouru toute la vie du Seigneur. La Sainte Eucharistie que nous avons c&#233;l&#233;br&#233;e durant ces f&#234;tes &#233;tait, pour ainsi dire, l'accomplissement par la gr&#226;ce de ces faits du salut. Maintenant, viennent quelques f&#234;tes qui sont d'un genre tout diff&#233;rent. Ce sont des f&#234;tes de la foi. Un myst&#232;re de la foi en est l'objet. Dans ces f&#234;tes de la foi, la relation avec le sacrifice de la messe est moins &#233;troite. C'est &#224; l'occasion et en l'honneur du myst&#232;re de ces f&#234;tes que l'&#201;glise c&#233;l&#232;bre la Sainte Eucharistie. La premi&#232;re f&#234;te de cette s&#233;rie est celle de la Sainte Trinit&#233;, qui a pour objet le myst&#232;re le plus imp&#233;n&#233;trable de notre foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;strong&gt;Pens&#233;es de la f&#234;te.&lt;/strong&gt; &#8212; La v&#233;rit&#233; de foi que c&#233;l&#232;bre cette f&#234;te est la suivante : Il n'y a qu'un seul Dieu, et ce Dieu unique est en trois Personnes ; le P&#232;re est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ; cependant, il n'y a pas trois dieux, mais un seul Dieu, &#233;ternel, infini, incompr&#233;hensible. Le P&#232;re n'est pas plus Dieu que le Fils et le Saint-Esprit. Le P&#232;re est la premi&#232;re Personne divine ; le Fils est la seconde Personne divine, &#233;ternellement engendr&#233;e de la substance du P&#232;re ; le Saint-Esprit est la troisi&#232;me Personne divine, proc&#233;dant &#233;ternellement du P&#232;re et du Fils. Ce profond myst&#232;re ne peut &#234;tre approfondi par aucun esprit cr&#233;&#233;. Nous nous contenterons de nous incliner humblement et de dire : Seigneur, nous croyons ; aidez notre faible foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi c&#233;l&#232;bre-t-on cette f&#234;te pr&#233;cis&#233;ment maintenant ? Cette f&#234;te est la conclusion de celles que nous avons c&#233;l&#233;br&#233;es jusqu'ici. Les trois divines Personnes ont coop&#233;r&#233; &#224; l'&#339;uvre de la R&#233;demption. Le P&#232;re a envoy&#233; son Fils sur la terre : &#171; Dieu a tant aim&#233; le monde qu'il lui a donn&#233; son Fils unique &#187;. Le P&#232;re nous a aussi appel&#233;s &#224; la foi. Le Fils, notre Sauveur J&#233;sus-Christ, s'est fait Homme ; il est mort pour nous ; il nous a rachet&#233;s et faits enfants de Dieu. Quant au Saint-Esprit, il est, apr&#232;s le d&#233;part du Seigneur, notre docteur, notre chef, notre guide, notre consolateur. Pour tant de bienfaits, nous chantons volontiers un Te Deum. Or, la f&#234;te de la Sainte Trinit&#233; est comme un Te Deum apr&#232;s les grandes f&#234;tes de l'&#201;glise ; elle r&#233;sume No&#235;l, l'&#201;piphanie, P&#226;ques, l'Ascension, la Pentec&#244;te. Mais, en pla&#231;ant cette f&#234;te le premier dimanche apr&#232;s la Pentec&#244;te, l'&#201;glise veut nous rappeler que chaque dimanche, &#224; proprement parler, est une f&#234;te de la Sainte Trinit&#233;. Chaque dimanche est consacr&#233; &#224; la Sainte Trinit&#233;. Chaque dimanche, nous devons nous rappeler, avec reconnaissance, les bienfaits que nous a accord&#233;s la Sainte Trinit&#233;. Le P&#232;re nous a cr&#233;&#233;s, il nous a appel&#233;s. Le Fils nous a rachet&#233;s ; le dimanche est le &#171; jour du Seigneur &#187;, le jour de sa R&#233;surrection. Le Saint-Esprit nous a sanctifi&#233;s, il a fait de nous ses temples ; c'est un dimanche que le Saint-Esprit est descendu sur la jeune &#201;glise. Le dimanche est donc bien un jour de la Sainte Trinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons encore consid&#233;rer que notre vie est enti&#232;rement p&#233;n&#233;tr&#233;e par la Sainte Trinit&#233;, que les sacrements et les b&#233;n&#233;dictions sont conf&#233;r&#233;s au nom de la Sainte Trinit&#233;. Songeons seulement au bapt&#234;me (&#171; Je te baptise au nom du P&#232;re et du Fils et du Saint-Esprit &#187;), au sacrement de p&#233;nitence &#171; Je t'absous au nom du P&#232;re et du Fils et du Saint-Esprit &#187;). La vie des chr&#233;tiens commence et s'ach&#232;ve au nom de la Sainte Trinit&#233;. C'est pourquoi commen&#231;ons et achevons chaque &#339;uvre, chaque pri&#232;re, par le signe de la croix, avec ces paroles : &#171; Au nom du P&#232;re et du Fils et du Saint-Esprit &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parcourons maintenant les nombreuses pri&#232;res de l'&#201;glise adress&#233;es &#224; la Sainte Trinit&#233;. Il y a, d'abord, le Gloria Patri &#171; Gloire au P&#232;re et au Fils et au Saint-Esprit. Comme il &#233;tait au commencement, il l'est maintenant et toujours et dans les si&#232;cles des si&#232;cles &#187;. Cette pri&#232;re est, de toutes, la plus fr&#233;quemment employ&#233;e dans l'&#201;glise. Chaque psaume se termine par le Gloria, et chaque Heure de l'Office commence par le Gloria. On peut dire que le Gloria est comme le son de cloche r&#233;gulier qui retentit constamment dans la sainte &#201;glise. Il est certain que le pr&#234;tre le r&#233;cite une cinquantaine de fois par jour. Le Gloria Patri est la petite doxologie ; la grande doxologie est le Gloria in excelsis, qui est un sublime chant de louange &#224; la Sainte Trinit&#233;. Le magnifique &#171; Te Deum &#187; est, lui aussi, un chant de louange et d'action de gr&#226;ces au Dieu unique en trois Personnes. L'&#201;glise le r&#233;cite presque tous les jours &#224; la fin des matines. Il y a encore un grand nombre de pri&#232;res &#224; la Sainte Trinit&#233; ; nous les trouvons r&#233;unies &#224; la messe. Il y a encore la profession de foi, le Credo de la messe, qui est &#224; la fois une pri&#232;re et une solennelle profession de foi &#224; la Trinit&#233;. La plus belle pri&#232;re est la sainte messe elle-m&#234;me ; c'est une pri&#232;re de louange, d'action de gr&#226;ces et de demande au Dieu unique en trois personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;strong&gt;La messe (Benedicta sit).&lt;/strong&gt; &#8212; La messe est facile &#224; comprendre. L'Intro&#239;t exprime les pens&#233;es et les sentiments du pr&#234;tre quand il s'avance vers l'autel, du peuple quand il entre dans l'&#233;glise. Quand nous p&#233;n&#233;trons aujourd'hui dans l'&#233;glise, nous voyons devant nous, dans sa puissance, sa grandeur et sa beaut&#233; infinies, la Sainte Trinit&#233;. C'est pourquoi nous chantons : &#171; B&#233;nie soit la Sainte Trinit&#233;, car elle nous a t&#233;moign&#233; de la mis&#233;ricorde &#187;. Le psaume de l'Intro&#239;t est un cantique de la nature ; le nom de Dieu (un en trois Personnes) y est c&#233;l&#233;br&#233; parce qu'il est admirable dans tout l'univers, dans les yeux de l'enfant et dans les &#233;toiles du ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Oraison, l'&#201;glise parle d'une double grandeur : une puissante unit&#233; et une harmonieuse pluralit&#233; dans la Trinit&#233;. Cela doit &#234;tre le mod&#232;le de notre vie, de notre caract&#232;re, o&#249; l'on doit trouver un reflet de la Trinit&#233;. Notre vie doit poss&#233;der une forte unit&#233;, en m&#234;me temps qu'une belle et aimable harmonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#201;p&#238;tre, saint Paul est rempli d'&#233;tonnement quand sa grande foi ose p&#233;n&#233;trer dans les profondeurs de la divinit&#233; : &#171; O profondeur de la richesse... &#187; C'est &#224; peine s'il trouve des mots pour d&#233;crire le myst&#232;re infini et imp&#233;n&#233;trable de la Sainte Trinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Graduel et &#224; l'All&#233;luia, nous entendons un triple &#171; Benedictus &#187;. Quand nous examinons de plus pr&#232;s ces textes, il nous faut parcourir un chemin immense : d'abord, nous contemplons Dieu dans les profondeurs de la mer, et, en m&#234;me temps, nous le voyons tr&#244;ner au-dessus des ch&#233;rubins. Nous le consid&#233;rons, aussi, dans le destin de nos p&#232;res. Dans le sort des g&#233;n&#233;rations, dans les voies des hommes la Sainte Trinit&#233; s'est montr&#233;e admirable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#201;vangile, nous lisons le passage principal de la Sainte &#201;criture o&#249; les trois divines Personnes sont nomm&#233;es c&#244;te &#224; c&#244;te. Le Christ donne &#224; ses Ap&#244;tres l'ordre de baptiser : &#171; Allez, baptisez-les au nom du P&#232;re et du Fils et du Saint-Esprit... &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous nous rendons &#224; l'Offrande, notre propre personne doit &#234;tre la victime que nous offrirons &#224; la Sainte Trinit&#233;. Quand nous recevons la sainte communion, l'&#201;glise nous dit encore : le pain du ciel est un don d'amour de la Sainte Trinit&#233;. Le Christ m'a rachet&#233; ; le P&#232;re, par mon &#233;lection, a particip&#233; &#224; ma r&#233;demption ; le Saint-Esprit y a coop&#233;r&#233;. &#8212; Quand nous rentrerons chez nous et pendant toute la journ&#233;e, que cette pens&#233;e retentisse dans notre &#226;me : B&#233;nie soit la Sainte Trinit&#233;, car elle nous a t&#233;moign&#233; de la mis&#233;ricorde !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth., XXVIII, 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;De feriis. Cap. Quoniam. Celte d&#233;cr&#233;tale a &#233;t&#233; attribu&#233;e par erreur &#224; Alexandre III.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;De divinis Officiis, lib. XI, cap. I.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Tim., VI, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gen., I, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai., VI, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., I, 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eph., III, 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth., XI, 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., III, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid., XVII, 22.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai., IX, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Johan., I, I.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., XIV, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cette rubrique fut supprim&#233;e en 1955 : d&#233;sormais le symbole de St Athanase ne se r&#233;cite que le dimanche de la Trinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Marc, XVI, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rubrique supprim&#233;e en 1955. &lt;br class='manualbr' /&gt;Suite du saint &#201;vangile selon saint Luc.&lt;br class='manualbr' /&gt;En ce temps l&#224;, J&#233;sus dit &#224; ses disciples : Soyez mis&#233;ricordieux, comme votre P&#232;re est mis&#233;ricordieux. Ne jugez point, et vous ne serez point jug&#233;s : ne condamnez point, et vous ne serez point condamn&#233;s. Remettez, et on vous remettra. Donnez, et on vous donnera ; on versera dans votre sein une bonne mesure, press&#233;e et remu&#233;e, et r&#233;pandant pardessus les bords. De la m&#234;me mesure dont vous aurez mesur&#233;, il sera mesure pour vous. Il leur faisait aussi cette comparaison : Un aveugle peut il conduire un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous deux dans la fosse ? Le disciple n'est pas au-dessus du ma&#238;tre ; mais tout disciple est parfait, s'il est comme son ma&#238;tre. Pourquoi vois-tu un f&#233;tu dans l'&#339;il de ton fr&#232;re, et ne consid&#232;res-tu pas la poutre qui est dans ton &#339;il ? Ou comment peux-tu dire &#224; ton fr&#232;re : &#171; Fr&#232;re, laisse-moi &#244;ter de ton &#339;il ce f&#233;tu &#187; ; tandis que tu ne vois pas toi-m&#234;me la poutre qui est dans ton &#339;il ? Hypocrite, retire d'abord la poutre de ton &#339;il, et apr&#232;s tu songeras &#224; extraire le f&#233;tu de l'&#339;il de ton fr&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Prov. XXX, 2-4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CXV, 10 ; II Cor., IV, 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai., VI, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Prov. XXV, 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dan., VII, 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan, X, 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., XIV, 8-9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth., III, 17 ; II Petr., I, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eph., III, 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Johan., III, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rom., VIII, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., VIII, 49.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;II Cor., I, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CIX, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. II, 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., I, 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Heb., I, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sap., VII, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CIII, 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Col. I, 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., III, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XVI, 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Prov. VIII, 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., XV, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., XVI, 14-15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;II Petr., I, 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc, I, 35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai., XI, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc, IV, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth., XII, 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., XVI, 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth., XXVIII, 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eph., I, 13 ; IV, 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gal., v, 25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor., VI, 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Hymn. Pentecost. (Veni Creator).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., IV, 14 ; VII, 39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Non amplius quam tria sunt : unus diligens eum qui de illo est, et unus diligens eum de quo est, et ipsa dilectio. AUGUSTINUS, de Trinitate. Lib. VI, cap. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Johan., I, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gen., I, 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan., XIV, 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Johan, II, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Oratio Dominicae X post Pentecosten.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Deus, qui omnipot&#233;ntiam tuam parc&#233;ndo m&#225;xime et miser&#225;ndo manif&#233;stas : mult&#237;plica super nos miseric&#243;rdiam tuam ; ut, ad tua prom&#237;ssa curr&#233;ntes, c&#230;l&#233;stium bon&#243;rum f&#225;cias esse cons&#243;rtes. Per D&#243;minum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O Dieu, vous montrez particuli&#232;rement votre toute puissance en pardonnant et en compatissant : multipliez sur nous votre mis&#233;ricorde ; afin qu'apr&#232;s avoir recherch&#233; les biens que vous avez promis, nous soyons rendus participants de ces biens dans le ciel.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc, XV, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb63&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh63&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 63&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En raison de la c&#233;l&#233;bration de la longue vigile des Quatre-Temps la veille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb64&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh64&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 64&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Docebit vos omnem veritatem : II vous enseignera toute la v&#233;rit&#233;. &#187; Ioan., XVI, 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb65&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh65&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 65&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ioan., IV, 23 : &#171; Dans l'esprit et dans la v&#233;rit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb66&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh66&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 66&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Pars de ce monde, &#226;me chr&#233;tienne, au nom de Dieu le P&#232;re, etc. &#187; Ordo Commend. anim&#230;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb67&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh67&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 67&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;67&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Pendant sa vie il fut orn&#233; du sceau de la sainte Trinit&#233;. &#187; Ordo exequiarum.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb68&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh68&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 68&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;68&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est l'amour qui meut le soleil et les autres &#233;toiles. (Dante).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb69&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh69&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 69&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;69&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Par le Christ.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb70&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh70&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 70&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;70&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans l'Esprit-Saint.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb71&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh71&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 71&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;71&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;De Lui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb72&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh72&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 72&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;72&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;PAr Lui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb73&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh73&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 73&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;73&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour Lui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb74&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh74&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 74&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;74&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Par une seule oblation, Il a amen&#233; &#224; la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifi&#233;s. &#187; Hebr., X, 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Commentaires liturgiques du Dimanche de la Pentec&#244;te</title>
		<link>https://introibo.fr/spip.php?article166</link>
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		<dc:date>2026-04-20T12:19:38Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Commentaires de Dom Gu&#233;ranger sur la Pentec&#244;te forment un v&#233;ritable trait&#233; du Saint-Esprit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Outre le myst&#232;re m&#234;me de la f&#234;te expliqu&#233; ici pour le jour de la Pentec&#244;te, on trouvera : Le Saint-Esprit pour faire conna&#238;tre au monde le Christ Sauveur : Lundi de la Pentec&#244;te Le Saint-Esprit &#226;me de l'&#201;glise, &#201;pouse du Christ : Mardi de la Pentec&#244;te Le Saint-Esprit &#226;me de l'&#201;glise unique, notre M&#232;re : Mercredi de la Pentec&#244;te Le Saint-Esprit &#226;me de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://introibo.fr/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Commentaires liturgiques pour les grandes f&#234;tes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://introibo.fr/local/cache-vignettes/L15xH15/rouge-10-41895.gif?1776687580' class='spip_logo spip_logo_right' width='15' height='15' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgi&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Dom Pius Parsch, le Guide (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les Commentaires de Dom Gu&#233;ranger sur la Pentec&#244;te forment un v&#233;ritable trait&#233; du Saint-Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre le myst&#232;re m&#234;me de la f&#234;te expliqu&#233; ici pour le jour de la Pentec&#244;te, on trouvera : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le Saint-Esprit pour faire conna&#238;tre au monde le Christ Sauveur : Lundi de la Pentec&#244;te
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le Saint-Esprit &#226;me de l'&#201;glise, &#201;pouse du Christ : Mardi de la Pentec&#244;te
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le Saint-Esprit &#226;me de l'&#201;glise unique, notre M&#232;re : Mercredi de la Pentec&#244;te
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le Saint-Esprit &#226;me de l'&#201;glise, V&#233;rit&#233; du Christ et Sainte : Jeudi de la Pentec&#244;te
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le Saint-Esprit dans le c&#339;ur du chr&#233;tien : Vendredi de la Pentec&#244;te
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les op&#233;rations du Saint-Esprit dans l'&#226;me, le Saint-Esprit et Marie : Samedi de la Pentec&#244;te
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les dons du Saint-Esprit, expliqu&#233;s chaque jour de l'Octave&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La grande journ&#233;e qui consomme l'&#339;uvre divine sur la race humaine a lui enfin sur le monde. &#171; Les jours de la Pentec&#244;te, comme parle saint Luc, sont accomplis &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act II, 1.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Depuis la P&#226;que, nous avons vu se d&#233;rouler sept semaines ; voici le jour qui fait suite et am&#232;ne le nombre myst&#233;rieux de cinquante. Ce jour est le Dimanche, consacr&#233; par les augustes souvenirs de la cr&#233;ation de la lumi&#232;re et de la r&#233;surrection du Christ ; son dernier caract&#232;re lui va &#234;tre impos&#233;, et par lui nous allons recevoir &#171; la pl&#233;nitude de Dieu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ephes. III, 19.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le r&#232;gne des figures, le Seigneur marqua d&#233;j&#224; la gloire future du cinquanti&#232;me jour. Isra&#235;l avait op&#233;r&#233;, sous les auspices de l'agneau de la P&#226;que, son passage &#224; travers les eaux de la mer Rouge. Sept semaines s'&#233;coul&#232;rent dans ce d&#233;sert qui devait conduire &#224; la terre promise, et le jour qui suivit les sept semaines fut celui o&#249; l'alliance fut scell&#233;e entre Dieu et son peuple. La Pentec&#244;te (le cinquanti&#232;me jour) fut marqu&#233;e par la promulgation des dix pr&#233;ceptes de la loi divine, et ce grand souvenir resta dans Isra&#235;l avec la comm&#233;moration annuelle d'un tel &#233;v&#233;nement. Mais ainsi que la P&#226;que, la Pentec&#244;te &#233;tait proph&#233;tique : il devait y avoir une seconde Pentec&#244;te pour tous les peuples, de m&#234;me qu'une seconde P&#226;que pour le rachat du genre humain. Au Fils de Dieu, vainqueur de la mort, la P&#226;que avec tous ses triomphes ; &#224; l'Esprit-Saint, la Pentec&#244;te, qui le voit entrer comme l&#233;gislateur dans le monde plac&#233; d&#233;sormais sous sa loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelle dissemblance entre les deux Pentec&#244;tes ! La premi&#232;re sur les rochers sauvages de l'Arabie, au milieu des &#233;clairs et des tonnerres, intimant une loi grav&#233;e sur des tables de pierre ; la seconde en J&#233;rusalem, sur laquelle la mal&#233;diction n'a pas &#233;clat&#233; encore, parce qu'elle contient dans son sein jusqu'&#224; cette heure les pr&#233;mices du peuple nouveau sur lequel doit s'exercer l'empire de l'Esprit d'amour. En cette seconde Pentec&#244;te, le ciel ne s'assombrit pas, on n'entend pas le roulement de la foudre ; les c&#339;urs des hommes ne sont pas glac&#233;s d'effroi comme autour du Sina&#239; ; ils battent sous l'impression du repentir et de la reconnaissance. Un feu divin s'est empar&#233; d'eux, et ce feu embrasera la terre enti&#232;re. J&#233;sus avait dit : &#171; Je suis venu apporter le feu sur la terre, &#171; et quel est mon v&#339;u, sinon de le voir s'&#233;prendre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XII, 49.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187; L'heure est venue, et celui qui en Dieu est l'Amour, la flamme &#233;ternelle et incr&#233;&#233;e, descend du ciel pour remplir l'intention mis&#233;ricordieuse de l'Emmanuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce moment o&#249; le recueillement plane sur le C&#233;nacle tout entier, J&#233;rusalem est remplie de p&#232;lerins accourus de toutes les r&#233;gions de la gentilit&#233;, et quelque chose d'inconnu se remue au fond du c&#339;ur de ces hommes. Ce sont des Juifs venus pour les f&#234;tes de la P&#226;que et de la Pentec&#244;te de tous les lieux o&#249; Isra&#235;l est all&#233; &#233;tablir ses synagogues. L'Asie, l'Afrique, Rome elle-m&#234;me, ont fourni leur contingent. M&#234;l&#233;s &#224; ces Juifs de pure race, on aper&#231;oit des gentils qu'un mouvement de pi&#233;t&#233; a port&#233;s &#224; embrasser la loi de Mo&#239;se et ses pratiques : on les appelle Pros&#233;lytes. Cette population mobile qui doit se disperser sous peu de jours, et que le seul d&#233;sir d'accomplir la loi a rassembl&#233;e dans J&#233;rusalem, repr&#233;sente, par la diversit&#233; des langages, la confusion de Babel ; mais ceux qui la composent sont moins influenc&#233;s que les habitants de la Jud&#233;e par l'orgueil et les pr&#233;jug&#233;s. Arriv&#233;s d'hier, ils n'ont pas, comme ces derniers, connu et repouss&#233; le Messie, ni blasph&#233;m&#233; ses &#339;uvres qui rendaient t&#233;moignage de lui. S'ils ont cri&#233; devant Pilate avec les autres Juifs pour demander que le Juste f&#251;t crucifi&#233;, c'est qu'ils &#233;taient entra&#238;n&#233;s par l'ascendant des pr&#234;tres et des magistrats de cette J&#233;rusalem vers laquelle leur pi&#233;t&#233; et leur docilit&#233; &#224; la loi les avaient amen&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'heure est venue, l'heure de Tierce, l'heure pr&#233;destin&#233;e de toute &#233;ternit&#233;, et le dessein des trois divines personnes con&#231;u et arr&#234;t&#233; avant tous les temps se d&#233;clare et s'accomplit. De m&#234;me que le P&#232;re, sur l'heure de minuit, envoya en ce monde pour y prendre chair au sein de Marie, son propre Fils qu'il engendre &#233;ternellement : ainsi, le P&#232;re et le Fils envoient &#224; cette heure de Tierce sur la terre l'Esprit-Saint qui proc&#232;de de tous deux, pour y remplir jusqu'&#224; la fin des temps la mission de former l'&#201;glise &#233;pouse et empire du Christ, de l'assister, de la maintenir, de sauver et de sanctifier les &#226;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soudain un vent violent qui venait du ciel se fait entendre ; il mugit au dehors et remplit le C&#233;nacle de son souffle puissant. Au dehors il convoque autour de l'auguste &#233;difice que porte la montagne de Sion une foule d'habitants de J&#233;rusalem et d'&#233;trangers ; au dedans il &#233;branle tout, il soul&#232;ve les cent vingt disciples du Sauveur, et montre que rien ne lui r&#233;siste. J&#233;sus avait dit de lui : &#171; C'est un vent qui souffle o&#249; il veut, et vous entendez retentir sa voix &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan III, 8.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; puissance invisible qui creuse jusqu'aux ab&#238;mes dans les profondeurs de la mer, et lance les vagues jusqu'aux nues. D&#233;sormais ce vent parcourra la terre en tous sens, et rien ne pourra l'arr&#234;ter dans son domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant l'assembl&#233;e sainte qui &#233;tait assise tout enti&#232;re dans l'extase de l'attente, a conserv&#233; la m&#234;me attitude. Passive sous l'effort du divin envoy&#233;, elle s'abandonne &#224; lui. Mais le souffle n'a &#233;t&#233; qu'une pr&#233;paration pour le dedans du C&#233;nacle, en m&#234;me temps qu'il est un appel pour le dehors. Tout &#224; coup une pluie silencieuse se r&#233;pand dans l'int&#233;rieur de l'&#233;difice ; pluie de feu, dit la sainte &#201;glise, &#171; qui &#233;claire sans br&#251;ler, qui luit sans consumer &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;1er R&#233;pons du Jeudi de la Pentec&#244;te.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; des flocons enflamm&#233;s avant la forme de langues, viennent se poser sur la t&#234;te de chacun des cent vingt disciples. C'est l'Esprit divin qui prend possession de l'assembl&#233;e dans chacun de ses membres. L'&#201;glise n'est plus seulement en Marie ; elle est aussi dans les cent vingt disciples. Tous sont maintenant &#224; l'Esprit qui est descendu sur eux ; son r&#232;gne est ouvert, il est d&#233;clar&#233;, et de nouvelles conqu&#234;tes se pr&#233;parent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais admirons le symbole sous lequel une si divine r&#233;volution s'op&#232;re. Celui qui nagu&#232;re se montra au Jourdain sous la forme gracieuse d'une colombe, appara&#238;t aujourd'hui sous celle du feu. Dans l'essence divine il est amour ; or, l'amour n'est pas tout entier dans la douceur et la tendresse ; il est ardent comme le feu. Maintenant donc que le monde est livr&#233; &#224; l'Esprit-Saint, il faut qu'il br&#251;le, et l'incendie ne s'arr&#234;tera plus. Et pourquoi cette forme de langues ? Sinon parce que la parole sera le moyen par lequel se propagera le divin incendie. Ces cent vingt disciples n'auront qu'&#224; parler du Fils de Dieu fait homme et r&#233;dempteur de tous, de l'Esprit-Saint qui renouvelle les &#226;mes, du P&#232;re c&#233;leste qui les aime et les adopte : leur parole sera accueillie d'un grand nombre. Tous ceux qui l'auront re&#231;ue seront unis dans une m&#234;me foi, et l'ensemble qu'ils formeront s'appellera l'&#201;glise catholique, universelle, r&#233;pandue en tous les temps et en tous les lieux. Le Seigneur J&#233;sus avait dit : &#171; Allez, enseignez toutes les nations ; &#187; l'Esprit divin apporte du ciel sur la terre et la langue qui fera retentir cette parole, et l'amour de Dieu et des hommes qui l'inspirera. Cette langue et cet amour se sont arr&#234;t&#233;s sur ces hommes, et par le secours de l'Esprit divin, ces hommes les transmettront &#224; d'autres jusqu'&#224; la fin des si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un obstacle cependant semble se dresser &#224; l'encontre d'une telle mission. Depuis Babel, le langage humain est divis&#233;, et la parole ne circule pas d'un peuple &#224; l'autre. Comment donc la parole pourra-t elle &#234;tre l'instrument de la conqu&#234;te de tant de nations, et r&#233;unir en une seule famille tant de races qui s'ignorent ? Ne craignez pas : le tout-puissant Esprit y a pourvu. Dans l'ivresse sacr&#233;e qu'il inspire aux cent vingt disciples, il leur a conf&#233;r&#233; le don d'entendre toutes langues et de se faire entendre eux-m&#234;mes en toute langue. A l'instant m&#234;me, dans un transport sublime, ils s'essayent &#224; parler tous les idiomes de la terre, et leur langue, comme leur oreille, se pr&#234;te non seulement sans effort, mais avec d&#233;lices, &#224; cette pl&#233;nitude de la parole qui va r&#233;tablir la communion des hommes entre eux. L'Esprit d'amour a fait cesser en un moment la s&#233;paration de Babel, et la fraternit&#233; premi&#232;re repara&#238;t dans l'unit&#233; du langage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que vous &#234;tes belle, &#244; &#201;glise de Dieu, rendue sensible dans cet auguste prodige de l'Esprit divin qui agit d&#233;sormais sans limites ! Vous nous retracez le magnifique spectacle qu'offrait la terre, lorsque la race humaine ne parlait qu'un seul langage. Et cette merveille ne sera pas seulement pour la journ&#233;e de la Pentec&#244;te, et elle ne durera pas seulement la vie de ceux en qui elle &#233;clate en ce moment. Apr&#232;s la pr&#233;dication des Ap&#244;tres, la forme premi&#232;re du prodige s'effacera peu &#224; peu, parce qu'elle cessera d'&#234;tre n&#233;cessaire ; mais jusqu'&#224; la fin des si&#232;cles, &#244; &#201;glise, vous continuerez de parler toutes les langues ; car vous ne serez pas confin&#233;e dans un seul pays, mais vous habiterez tous les pays du monde. Partout on entendra exprimer une m&#234;me foi dans la langue de chaque peuple, et ainsi le miracle de la Pentec&#244;te, renouvel&#233; et transform&#233;, vous accompagnera toujours, &#244; &#201;glise ! et demeurera l'un de vos principaux caract&#232;res. C'est ce qui fait dire au grand docteur saint Augustin parlant aux fid&#232;les, ces paroles admirables : &#171; L'&#201;glise r&#233;pandue parmi les nations parle toutes les langues. Qu'est cette &#201;glise, sinon le corps du Christ ? Dans ce corps vous &#234;tes un membre. &#201;tant donc membre d'un corps qui parle toutes les langues, vous avez droit de vous consid&#233;rer vous-m&#234;me comme participant au m&#234;me don &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In Johan. Tract. XXII.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Durant les si&#232;cles de foi, la sainte &#201;glise, source unique de tout v&#233;ritable progr&#232;s dans l'humanit&#233;, avait fait plus encore ; elle &#233;tait parvenue &#224; r&#233;unir dans une m&#234;me forme de langage les peuples qu'elle avait conquis. La langue latine fut longtemps le lien du monde civilis&#233;. En d&#233;pit des distances, les relations de peuple &#224; peuple, les communications de la science, les affaires m&#234;me des particuliers lui &#233;taient confi&#233;es ; l'homme qui parlait cette langue n'&#233;tait &#233;tranger nulle part dans tout l'Occident et au del&#224;. La grande h&#233;r&#233;sie du XVIe si&#232;cle &#233;mancipa les nations de ce bienfait comme de tant d'autres, et l'Europe, scind&#233;e pour longtemps, cherche, sans le trouver, ce centre commun que l'&#201;glise seule et sa langue pouvaient lui offrir. Mais retournons au C&#233;nacle dont les portes ne se sont pas encore ouvertes, et continuons &#224; y contempler les merveilles du divin Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos yeux tout d'abord cherchent respectueusement Marie, Marie plus que jamais &#171; pleine de gr&#226;ce &#187;. Il e&#251;t sembl&#233; qu'apr&#232;s les dons immenses qui lui furent prodigu&#233;s dans sa conception immacul&#233;e, apr&#232;s les tr&#233;sors de saintet&#233; que versa en elle la pr&#233;sence du Verbe incarn&#233; durant les neuf mois qu'elle le poss&#233;da dans son sein, apr&#232;s les secours sp&#233;ciaux quelle re&#231;ut pour agir et souffrir en union avec son fils dans l'&#339;uvre de la R&#233;demption, apr&#232;s les faveurs dont J&#233;sus la combla au milieu des splendeurs de la r&#233;surrection, le Ciel avait &#233;puis&#233; la mesure des dons qu'il avait &#224; r&#233;pandre sur une simple cr&#233;ature, si &#233;lev&#233;e qu'elle p&#251;t &#234;tre dans le plan &#233;ternel. Il n'en est pas ainsi. Une nouvelle mission s'ouvre pour Marie : &#224; cette heure, la sainte &#201;glise est enfant&#233;e par elle ; Marie vient de mettre au jour l'&#201;pouse de son Fils, et de nouveaux devoirs l'appellent. J&#233;sus est mont&#233; seul dans les cieux ; il l'a laiss&#233;e sur la terre, afin qu'elle prodigue &#224; son tendre fruit ses soins maternels. Qu'elle est touchante, mais aussi qu'elle est glorieuse cette enfance de notre &#201;glise bien-aim&#233;e, re&#231;ue dans les bras de Marie, allait&#233;e par elle, soutenue de son appui d&#232;s les premiers pas de sa carri&#232;re en ce monde ! Il faut donc &#224; la nouvelle &#200;ve, &#224; la v&#233;ritable &#171; M&#232;re des vivants &#187;, un surcro&#238;t de gr&#226;ces pour r&#233;pondre &#224; une telle mission : aussi est-elle l'objet premier des faveurs de l'Esprit-Saint. Il la f&#233;conda autrefois pour &#234;tre la m&#232;re du Fils de Dieu ; en ce moment il forme en elle la m&#232;re des chr&#233;tiens. &#171; Le fleuve de la gr&#226;ce, comme parle le Roi-proph&#232;te, submerge de ses eaux cette Cit&#233; de Dieu qui les re&#231;oit avec d&#233;lices &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XLV.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; l'Esprit d'amour accomplit &#224; ce moment l'oracle divin du R&#233;dempteur mourant sur la croix. Il avait dit, en d&#233;signant l'homme : &#171; Femme, voil&#224; votre fils &#187; ; l'heure est arriv&#233;e, et Marie a re&#231;u avec une pl&#233;nitude merveilleuse cette gr&#226;ce maternelle qu'elle commence &#224; appliquer d&#232;s aujourd'hui, et qui l'accompagnera jusque sur son tr&#244;ne de reine, lorsqu'enfin la sainte &#201;glise ayant pris un accroissement suffisant, sa c&#233;leste nourrice pourra quitter la terre, monter aux cieux et ceindre le diad&#232;me qui l'attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contemplons cette nouvelle beaut&#233; qui &#233;clate dans les traits de celle en qui le Seigneur vient de d&#233;clarer une seconde maternit&#233; : cette beaut&#233; est le chef-d'&#339;uvre de l'Esprit-Saint en cette journ&#233;e. Un feu divin transporte Marie, un amour nouveau s'est allum&#233; dans son c&#339;ur ; elle est tout enti&#232;re &#224; cette autre mission pour laquelle elle avait &#233;t&#233; laiss&#233;e ici-bas. La gr&#226;ce apostolique est descendue en elle. La langue de feu qu'elle a re&#231;ue ne parlera pas dans les pr&#233;dications publiques ; mais elle parlera aux Ap&#244;tres, les dirigera, les consolera dans leurs labeurs. Elle s'&#233;noncera, cette langue b&#233;nie, avec autant de douceur que de force, &#224; l'oreille des fid&#232;les qui sentiront l'attraction vers celle en qui le Seigneur a fait l'essai de toutes ses merveilles. Comme un lait g&#233;n&#233;reux, la parole irr&#233;sistible de cette m&#232;re universelle donnera aux premiers enfants de l'&#201;glise la vigueur qui les fera triompher des assauts de l'enfer ; et c'est en partant d'aupr&#232;s d'elle qu'Etienne ira ouvrir la noble carri&#232;re des martyrs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardons maintenant le coll&#232;ge apostolique. Ces hommes que quarante jours de relations avec leur Ma&#238;tre ressuscit&#233; avaient relev&#233;s, et que nous trouvions d&#233;j&#224; si diff&#233;rents d'eux-m&#234;mes, que sont-ils devenus depuis l'instant o&#249; l'Esprit divin les a saisis ? Ne sentez-vous pas qu'ils sont transform&#233;s, qu'un feu divin &#233;clate dans leur poitrine, et que dans un moment ils vont s'&#233;lancer &#224; la conqu&#234;te du monde ? Tout ce que le Ma&#238;tre leur avait annonc&#233; est accompli en eux ; et c'est v&#233;ritablement la Vertu d'en haut qui est descendue pour les armer au combat. O&#249; sont-ils ceux qui tremblaient devant les ennemis de J&#233;sus, ceux qui doutaient de sa r&#233;surrection &#238; La v&#233;rit&#233; que le Ma&#238;tre leur a enseign&#233;e brille aux regards de leur intelligence ; ils voient tout, ils comprennent tout. L'Esprit-Saint leur a infus le don de la foi dans un degr&#233; sublime, et leur c&#339;ur br&#251;le du d&#233;sir de r&#233;pandre au plus t&#244;t cette foi dans le monde entier. Loin de craindre d&#233;sormais, ils n'aspirent qu'&#224; affronter tous les p&#233;rils en pr&#234;chant, comme J&#233;sus le leur a command&#233;, &#224; toutes les nations son nom et sa gloire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contemplez Pierre. Vous le reconnaissez ais&#233;ment &#224; cette majest&#233; douce que temp&#232;re une ineffable humilit&#233;. Hier son aspect &#233;tait imposant mais tranquille ; aujourd'hui, sans rien perdre de leur dignit&#233;, ses traits ont pris une expression d'enthousiasme que nul n'avait encore vue en lui. L'Esprit divin s'est empar&#233; puissamment du Vicaire de J&#233;sus ; car Pierre est le prince de la parole et le ma&#238;tre de la doctrine. Pr&#232;s de Pierre, c'est Andr&#233; son fr&#232;re a&#238;n&#233;, qui con&#231;oit en ce moment cette passion ardente pour la croix qui sera son type &#224; jamais glorieux ; c'est Jean dont les traits semblaient nagu&#232;re ne respirer que la douceur, et qui subitement ont pris l'expression forte et inspir&#233;e du proph&#232;te de Pathmos ; &#224; ses c&#244;t&#233;s, c'est Jacques son fr&#232;re, l'autre &#171; fils du tonnerre &#187;, se dressant avec toute la vigueur du vaillant chevalier qui s'&#233;lancera bient&#244;t &#224; la conqu&#234;te de l'Ib&#233;rie. Le second Jacques, celui qui est aim&#233; sous le nom de &#171; fr&#232;re du Seigneur &#187;, puise dans la vertu du divin Esprit qui le transporte, un nouveau degr&#233; de charme et de b&#233;atitude. Matthieu est illumin&#233; d'une splendeur qui fait pressentir en lui le premier des &#233;crivains du nouveau Testament. Thomas sent en son c&#339;ur la foi qu'il a re&#231;ue au contact des membres de son Ma&#238;tre ressuscit&#233;, prendre un accroissement sans mesure : il est pr&#234;t &#224; partir pour ses laborieuses missions dans l'extr&#234;me Orient ; tous, en un mot, sont un hymne vivant &#224; la gloire de l'Esprit tout-puissant, qui s'annonce avec un tel empire d&#232;s les premiers instants de son arriv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un rang inf&#233;rieur apparaissent les disciples, moins favoris&#233;s dans cette visite que les douze princes du coll&#232;ge apostolique, mais p&#233;n&#233;tr&#233;s du m&#234;me feu ; car eux aussi marcheront &#224; la conqu&#234;te du monde et fonderont de nombreuses chr&#233;tient&#233;s. Le groupe des saintes femmes n'a pas moins ressenti que le reste de l'assembl&#233;e la descente du Dieu qui s'annonce sous l'embl&#232;me du feu. L'amour qui les retint au pied de la croix de J&#233;sus et qui les conduisit les premi&#232;res &#224; son s&#233;pulcre au matin de la P&#226;que, s'est enflamm&#233; d'une ardeur nouvelle. La langue de feu s'est arr&#234;t&#233;e sur chacune d'elles, et elles seront &#233;loquentes &#224; parler de leur Ma&#238;tre aux Juifs et aux gentils. En vain la synagogue expulsera Madeleine et ses compagnes ; la Gaule m&#233;ridionale les &#233;coutera &#224; son tour, et ne sera pas rebelle &#224; leur parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la foule des Juifs qui avait entendu le bruit de la temp&#234;te annon&#231;ant la venue de l'Esprit divin, s'est amass&#233;e en grand nombre autour du myst&#233;rieux C&#233;nacle. Ce m&#234;me Esprit qui agit au dedans avec tant de magnificence, les pousse &#224; faire le si&#232;ge de cette maison qui contient dans ses murs l'&#201;glise du Christ dont la naissance vient d'&#233;clater. Leurs clameurs retentissent, et bient&#244;t le z&#232;le apostolique qui vient de na&#238;tre pour ne plus s'&#233;teindre, ne peut plus tenir dans de si &#233;troites limites. En un moment l'assembl&#233;e inspir&#233;e se pr&#233;cipite aux portes du C&#233;nacle, et se met en rapport avec cette multitude avide de conna&#238;tre le nouveau prodige que vient d'op&#233;rer le Dieu d'Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#244; merveille ! La foule compos&#233;e de toutes les nations, qui s'attendait &#224; entendre le parler grossier des Galil&#233;ens, est tout &#224; coup saisie de stupeur. Ces Galil&#233;ens n'ont fait encore que s'&#233;noncer en paroles confuses et inarticul&#233;es, et chacun les entend parler dans sa propre langue. Le symbole de l'unit&#233; appara&#238;t dans toute sa splendeur. L'&#201;glise chr&#233;tienne est montr&#233;e &#224; tous les peuples repr&#233;sent&#233;s dans cette multitude. Elle sera une, cette &#201;glise ; car les barri&#232;res que Dieu pla&#231;a autrefois, dans sa justice, pour isoler les nations, viennent de s'&#233;crouler. Voici les messagers de la foi du Christ ; ils sont pr&#234;ts, ils vont partir, leur parole fera le tour de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la foule cependant, quelques hommes, insensibles au prodige, se scandalisent de l'ivresse divine dans laquelle ils voient les Ap&#244;tres : &#171; Ces hommes, disent-ils, sont pleins de vin. &#187; C'est le langage du rationalisme qui veut tout expliquer par des raisons humaines. Et pourtant ces Galil&#233;ens pr&#233;tendus ivres abattront &#224; leurs pieds le monde entier, et l'Esprit divin qui est en eux, ils le communiqueront avec son ivresse &#224; toutes les races du genre humain. Les saints Ap&#244;tres sentent que le moment est venu ; il faut que la seconde Pentec&#244;te soit proclam&#233;e en ce jour anniversaire de la premi&#232;re. Mais dans cette proclamation de la loi de mis&#233;ricorde et d'amour qui vient remplacer la loi de la justice et de la crainte, quel sera le Mo&#239;se ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Emmanuel, avant de monter au ciel, l'avait d&#233;sign&#233; : c'est Pierre, le fondement de l'&#201;glise. Il est temps que tout ce peuple le voie et l'entende ; le troupeau va se former, il est temps que le pasteur se montre. &#201;coutons l'Esprit-Saint qui va s'&#233;noncer par son principal organe, en pr&#233;sence de cette multitude ravie et silencieuse ; chaque mot que va dire l'Ap&#244;tre qui ne parle qu'une seule langue est compris de chacun des auditeurs, &#224; quelque idiome, &#224; quelque pays de la terre qu'il appartienne. Un tel discours est &#224; lui seul la d&#233;monstration de la v&#233;rit&#233; et de la divinit&#233; de la loi nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Hommes juifs, s'&#233;crie dans la plus haute &#233;loquence le p&#234;cheur du lac de G&#233;n&#233;sareth, hommes juifs et vous tous qui habitez en ce moment J&#233;rusalem, apprenez ceci et pr&#234;tez l'oreille &#224; mes paroles. Non, ces hommes que vous voyez ne sont pas ivres comme vous l'avez pens&#233; ; car il n'est encore que l'heure de tierce ; mais en ce moment s'accomplit ce qu'avait pr&#233;dit le proph&#232;te Jo&#235;l : &#171; Dans les derniers temps, dit le Seigneur, je r&#233;pandrai mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles proph&#233;tiseront, et vos jeunes gens seront favoris&#233;s de visions, et vos vieillards auront des songes proph&#233;tiques. Et dans ces jours, je r&#233;pandrai mon Esprit sur mes serviteurs et sur mes servantes, et ils proph&#233;tiseront &#187;. Hommes Isra&#233;lites, &#233;coutez ceci. Vous vous rappelez J&#233;sus de Nazareth, que Dieu m&#234;me avait accr&#233;dit&#233; au milieu de vous par les prodiges au moyen desquels il op&#233;rait par lui, ainsi que vous le savez vous-m&#234;mes. Or, ce J&#233;sus, selon le d&#233;cret divin r&#233;solu &#224; l'avance, a &#233;t&#233; livr&#233; &#224; ses ennemis, et vous-m&#234;mes vous l'avez fait mourir par la main des impies. Mais Dieu l'a ressuscite, en l'arrachant &#224; l'humiliation du tombeau qui ne pouvait le retenir. David n'avait-il pas dit de lui : &#171; Ma chair reposera dans l'esp&#233;rance ; car vous ne permettrez pas, Seigneur, que celui qui est votre Saint &#233;prouve la corruption du tombeau &#187; ? Ce n'&#233;tait pas en son propre nom que David parlait ; car il est mort, et son s&#233;pulcre est encore sous nos yeux ; mais il annon&#231;ait la r&#233;surrection du Christ qui n'a point &#233;t&#233; laiss&#233; dans le tombeau, et dont la chair n'a pas connu la corruption. Ce J&#233;sus, Dieu lui-m&#234;me l'a ressuscit&#233;, et nous en sommes tous t&#233;moins. &#201;lev&#233; &#224; la droite de Dieu, il a, selon la promesse qu'en avait faite le P&#232;re, r&#233;pandu sur la terre le Saint-Esprit, ainsi que vous le voyez et l'entendez. Sachez donc, maison d'Isra&#235;l, et sachez-le avec toute certitude, que ce J&#233;sus crucifi&#233; par vous, Dieu en a fait le Seigneur et le Christ. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. II.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ainsi fut accomplie la promulgation de la loi nouvelle par la bouche du nouveau Mo&#239;se. Comment les auditeurs n'eussent-ils pas accueilli le don inestimable de cette seconde Pentec&#244;te, qui venait dissiper les ombres de l'ancienne et produire au grand jour les divines r&#233;alit&#233;s ? Dieu se r&#233;v&#233;lait, et, comme toujours, il le faisait par les miracles. Pierre rappelle les prodiges de J&#233;sus dont la Synagogue n'a pas voulu tenir compte, et qui rendaient t&#233;moignage de lui. Il annonce la descente de l'Esprit-Saint, et en preuve il all&#232;gue le prodige inou&#239; que les auditeurs ont sous les yeux, dans le don des langues d&#233;parti aux habitants du C&#233;nacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poursuivant son &#339;uvre sublime, l'Esprit-Saint qui planait sur cette foule, f&#233;conde par son action divine ces c&#339;urs pr&#233;destin&#233;s. La foi na&#238;t et se d&#233;veloppe tout d'un coup dans ces disciples du Sina&#239; accourus de tous les points du monde pour une P&#226;que et une Pentec&#244;te d&#233;sormais st&#233;riles. Saisis de crainte et de regret d'avoir demand&#233; la mort du Juste, dont ils confessent la r&#233;surrection et l'ascension au ciel, ces Juifs de toute nation poussent un cri p&#233;n&#233;trant vers Pierre et ses compagnons : &#171; Qu'avons-nous donc &#224; faire, &#244; vous qui &#234;tes nos fr&#232;res&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. II, 37.&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187; Admirable disposition pour recevoir la foi ! Le d&#233;sir de croire, et le dessein arr&#234;t&#233; de conformer ses actes &#224; sa croyance. Pierre reprend son discours : &#171; Repentez-vous, leur dit-il, et que chacun de vous soit baptis&#233; au nom de J&#233;sus-Christ, et vous aurez part, vous aussi, au don du Saint-Esprit. La promesse a &#233;t&#233; faite pour vous et pour vos fils et &#233;galement pour ceux qui sont loin, c'est-&#224;-dire les gentils : en un mot, pour tous ceux qu'appelle le Seigneur notre Dieu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. II, 38-39.&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A chaque parole du nouveau Mo&#239;se, la Pentec&#244;te juda&#239;que s'efface, et la Pentec&#244;te chr&#233;tienne resplendit d'une lumi&#232;re toujours plus splendide &#224; l'horizon. Le r&#232;gne de l'Esprit divin est inaugur&#233; dans J&#233;rusalem, &#224; la face du temple condamn&#233; &#224; s'&#233;crouler sur lui-m&#234;me. Pierre parla encore ; mais le livre sacr&#233; des Actes n'a recueilli que ces paroles qui retentirent comme le dernier appel au salut : &#171; Sauvez-vous, enfants d'Isra&#235;l, sauvez-vous de cette g&#233;n&#233;ration perverse &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. II, 40.&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait rompre, en effet, avec les siens, m&#233;riter par le sacrifice les faveurs de la nouvelle Pentec&#244;te, passer de la Synagogue dans l'&#201;glise. Plus d'un combat se livra dans les c&#339;urs de ces hommes ; mais le triomphe de l'Esprit-Saint fut complet en ce premier jour. Trois mille personnes se d&#233;clar&#232;rent disciples de J&#233;sus, et furent marqu&#233;es aujourd'hui m&#234;me du sceau de l'adoption. O &#201;glise du Dieu vivant, qu'ils sont beaux vos progr&#232;s sous le souffle du divin Esprit ! D'abord vous avez r&#233;sid&#233; en Marie l'immacul&#233;e, pleine de gr&#226;ce et m&#232;re de Dieu ; votre second pas vous a donn&#233; les cent vingt disciples du C&#233;nacle ; et voici que le troisi&#232;me vous dote de trois mille &#233;cus, nos anc&#234;tres, qui vont bient&#244;t quitter J&#233;rusalem la r&#233;pudi&#233;e, et porter dans les pays d'o&#249; ils sont partis les pr&#233;mices du peuple nouveau. Demain c'est au temple m&#234;me que Pierre parlera, et &#224; sa voix cinq mille personnes se d&#233;chireront &#224; leur tour disciples de J&#233;sus de Nazareth. Salut donc, &#244; &#201;glise, noble et derni&#232;re cr&#233;ation de l'Esprit-Saint, soci&#233;t&#233; immortelle qui militez ici-bas, en m&#234;me temps que vous triomphez dans les cieux. O Pentec&#244;te, jour sacr&#233; de notre naissance, vous ouvrez avec gloire la s&#233;rie des si&#232;cles que doit parcourir en ce monde l'&#201;pouse de l'Emmanuel. Vous nous donnez l'Esprit divin qui vient &#233;crire, non plus sur la pierre, mais dans nos c&#339;urs, la loi qui r&#233;gira les disciples de J&#233;sus. O Pentec&#244;te promulgu&#233;e dans J&#233;rusalem, mais qui devez &#233;tendre vos bienfaits &#224; ceux &#171; qui sont au loin &#187;, c'est-&#224;-dire aux peuples de la gentilit&#233;, vous venez remplir les esp&#233;rances que nous fit concevoir le touchant myst&#232;re de l'&#201;piphanie. Les mages venaient de l'Orient ; nous les suiv&#238;mes au berceau de l'Entant divin, et nous savions que notre tour viendrait. Votre gr&#226;ce, &#244; Esprit-Saint, les avait secr&#232;tement attir&#233;s &#224; Bethl&#233;hem ; mais dans cette Pentec&#244;te qui d&#233;clare votre souverain empire avec tant d'&#233;nergie, vous nous appelez tous ; l'&#233;toile est transform&#233;e en langues de feu, et la face de la terre va &#234;tre renouvel&#233;e. Puissent nos c&#339;urs conserver les dons que vous nous apportez, ces dons que le P&#232;re et le Fils qui vous envoient nous ont destin&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance du myst&#232;re de la Pentec&#244;te &#233;tant si principale dans l'&#233;conomie du christianisme, on ne doit pas s'&#233;tonner que l'&#201;glise lui ait assign&#233; dans la sainte Liturgie un rang aussi distingu&#233; que celui qu'elle attribue &#224; la P&#226;que elle-m&#234;me. La P&#226;que est le rachat de l'homme par la victoire du Christ : dans la Pentec&#244;te l'Esprit-Saint prend possession de l'homme rachet&#233; ; l'Ascension est le myst&#232;re interm&#233;diaire. D'un c&#244;t&#233;, elle consomme la P&#226;que en &#233;tablissant l'Homme-Dieu, vainqueur de la mort et chef de ses fid&#232;les, &#224; la droite du P&#232;re ; de l'autre, elle d&#233;termine l'envoi de l'Esprit-Saint sur la terre. Cet envoi ne pouvait avoir lieu avant la glorification de J&#233;sus, comme nous dit saint Jean&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. VII, 39.&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et de nombreuses raisons all&#233;gu&#233;es par les P&#232;res nous aident &#224; le comprendre. Il fallait que le Fils de Dieu, qui avec le P&#232;re est le principe de la procession du Saint-Esprit dans l'essence divine, envoy&#226;t personnellement aussi cet Esprit sur la terre. La mission ext&#233;rieure de l'une des divines personnes n'est qu'une suite et une manifestation de la production myst&#233;rieuse et &#233;ternelle qui a lieu au sein de la divinit&#233;. Ainsi le P&#232;re n'est envoy&#233; ni par le Fils ni par le Saint-Esprit, parce qu'il n'est pas produit par eux. Le Fils a &#233;t&#233; envoy&#233; aux hommes par le P&#232;re, &#233;tant engendr&#233; par lui &#233;ternellement. Le Saint-Esprit est envoy&#233; par le P&#232;re et par le Fils, parce qu'il proc&#232;de de l'un et de l'autre. Mais pour que la mission du Saint-Esprit s'accomplit de mani&#232;re &#224; donner plus de gloire au Fils, il &#233;tait juste qu'elle n'e&#251;t lieu qu'apr&#232;s l'intronisation du Verbe incarn&#233; &#224; la droite du P&#232;re, et il &#233;tait souverainement glorieux pour la nature humaine qu'au moment de cette mission elle f&#251;t indissolublement unie &#224; la nature divine dans la personne du Fils de Dieu, en sorte qu'il f&#251;t vrai de dire que l'Homme-Dieu a envoy&#233; le Saint-Esprit sur la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette auguste mission ne devait &#234;tre donn&#233;e &#224; L'Esprit divin que lorsque les hommes auraient perdu la vue de l'humanit&#233; de J&#233;sus. Ainsi que nous l'avons dit, il fallait d&#233;sormais que les yeux et les c&#339;urs des fid&#232;les poursuivissent le divin absent d'un amour plus pur et tout spirituel. Or, &#224; qui appartenait-il d'apporter aux hommes cet amour nouveau, sinon &#224; l'Esprit tout-puissant qui est le lien du P&#232;re et du Fils dans un amour &#233;ternel ? Cet Esprit qui embrase et qui unit est appel&#233; dans les saintes &#201;critures le &#171; don de Dieu &#187; ; et c'est aujourd'hui que le P&#232;re et le Fils nous envoient ce don ineffable. Rappelons-nous la parole de notre Emmanuel &#224; la femme de Samarie, au bord du puits de Sichar : &#171; Oh ! Si tu connaissais le don de Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. IV, 10.&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187; Il n'&#233;tait pas descendu encore ; il ne se manifestait jusqu'alors aux hommes que par des bienfaits partiels. A partir d'aujourd'hui, c'est une inondation de feu qui couvre la terre : l'Esprit divin anime tout, agit en tous lieux. Nous connaissons le don de Dieu ; nous n'avons plus qu'&#224; l'accepter, qu'&#224; lui ouvrir l'entr&#233;e de nos c&#339;urs, comme les trois mille auditeurs fid&#232;les que vient de rencontrer la parole de Pierre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voyez &#224; quel moment de l'ann&#233;e l'Esprit divin vient prendre possession de son domaine. Nous avons vu notre Emmanuel, Soleil de justice, s'&#233;lever timidement du sein des ombres du solstice d'hiver et monter d'une course lente &#224; son z&#233;nith. Dans un sublime contraste, l'Esprit du P&#232;re et du Fils a cherche d'autres harmonies. Il est feu, feu qui consume&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deut. IV, 24.&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; il &#233;clate sur le monde au moment o&#249; le soleil brille de toute sa splendeur, o&#249; cet astre contemple couverte de fleurs et de fruits naissants la terre qu'il caresse de ses rayons. Accueillons de m&#234;me la chaleur vivifiante du divin Esprit, et demandons humblement qu'elle ne se ralentisse plus en nous. A ce moment de l'Ann&#233;e liturgique, nous sommes en pleine possession de la v&#233;rit&#233; par le Verbe incarn&#233; ; veillons &#224; entretenir fid&#232;lement l'amour que l'Esprit-Saint vient nous apportera son tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fond&#233;e sur un pass&#233; de quatre mille ans quant aux figures, la Pentec&#244;te chr&#233;tienne, le vrai quinquag&#233;naire, est du nombre des f&#234;tes institu&#233;es par les Ap&#244;tres eux-m&#234;mes. Nous avons vu qu'elle partagea avec la P&#226;que, dans l'antiquit&#233;, l'honneur de conduire les cat&#233;chum&#232;nes &#224; la fontaine sacr&#233;e, et de les en ramener n&#233;ophytes et r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s. Son Octave, comme celle de P&#226;ques, ne d&#233;passe pas le samedi par une raison identique. Le bapt&#234;me se conf&#233;rait dans la nuit du samedi au dimanche, et pour les n&#233;ophytes la solennit&#233; de la Pentec&#244;te s'ouvrait au moment m&#234;me de leur bapt&#234;me. Comme ceux de la P&#226;que, ils rev&#234;taient alors les habits blancs, et ils les d&#233;posaient le samedi suivant, qui &#233;tait compt&#233; pour le huiti&#232;me jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moyen &#226;ge donna &#224; la f&#234;te de la Pentec&#244;te le gracieux nom de P&#226;que des roses ; nous avons vu celui de Dimanche des roses impos&#233; dans les m&#234;mes si&#232;cles de foi au Dimanche dans l'Octave de l'Ascension. La couleur vermeille de la rose et son parfum rappelaient &#224; nos p&#232;res ces langues enflamm&#233;es qui descendirent dans le C&#233;nacle sur chacun des cent vingt disciples, comme les p&#233;tales effeuill&#233;s de la rose divine qui r&#233;pandait l'amour et la pl&#233;nitude de la gr&#226;ce sur l'&#201;glise naissante. La sainte Liturgie est entr&#233;e dans la m&#234;me pens&#233;e en choisissant la couleur rouge pour le saint Sacrifice durant toute l'Octave. Durand de Mende, dans son rational si pr&#233;cieux pour la connaissance des usages liturgiques du moyen &#226;ge, nous apprend qu'au treizi&#232;me si&#232;cle, dans nos &#233;glises, &#224; la Messe de la Pentec&#244;te, on l&#226;chait des colombes qui voltigeaient au-dessus des fid&#232;les en souvenir de la premi&#232;re manifestation de l'Esprit-Saint au Jourdain, et que l'on r&#233;pandait de la vo&#251;te des &#233;toupes enflamm&#233;es et des fleurs en souvenir de la seconde au C&#233;nacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Rome, la Station est dans la Basilique de Saint-Pierre. Il &#233;tait juste de rendre hommage au prince des Ap&#244;tres en ce jour o&#249; son &#233;loquence inspir&#233;e par l'Esprit-Saint conquit &#224; l'&#201;glise les trois mille chr&#233;tiens dont nous sommes les descendants. Actuellement, la Station demeure toujours fix&#233;e &#224; Saint-Pierre avec les indulgences qui s'y rapportent ; mais le Souverain Pontife et le sacr&#233; Coll&#232;ge se rendent pour la Fonction &#224; la Basilique du Latran, M&#232;re et Chef de toutes les &#233;glises de la ville et du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A TIERCE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise c&#233;l&#232;bre aujourd'hui l'heure de Tierce avec une solennit&#233; particuli&#232;re, afin de se maintenir dans un rapport plus intime avec les heureux habitants du C&#233;nacle. Elle a m&#234;me choisi cette heure, dans tout le cours de l'ann&#233;e, comme la plus propice pour l'offrande du saint Sacrifice, auquel pr&#233;side l'Esprit-Saint dans toute la puissance de son op&#233;ration. Cette heure de Tierce, qui r&#233;pond &#224; neuf heures du matin selon notre mani&#232;re de compter, est remarquable chaque jour par une invocation au Saint-Esprit formul&#233;e dans une Hymne de saint Ambroise ; mais aujourd'hui ce n'est pas l'Hymne ordinaire de Tierce que l'&#201;glise adresse au divin Paraclet ; c'est le cantique si myst&#233;rieux et si grandiose que le IXe si&#232;cle nous a l&#233;gu&#233;, en nous transmettant la tradition qui donne Charlemagne pour auteur de cette &#339;uvre sublime.&lt;br class='autobr' /&gt;
La pens&#233;e d'en enrichir l'Office de Tierce au jour de la Pentec&#244;te appartient &#224; saint Hugues, abb&#233; de Cluny au XIe si&#232;cle ; et cette pratique a sembl&#233; si belle, que l'&#201;glise Romaine a fini par l'adopter dans sa Liturgie. De l&#224; est venu que dans les &#201;glises m&#234;me o&#249; l'on ne c&#233;l&#232;bre pas l'Office canonial, on chante du moins le &lt;i&gt;Veni creator&lt;/i&gt; avant la Messe du jour de la Pentec&#244;te. A cette heure si solennelle, aux accents inspir&#233;s de cette Hymne si tendre &#224; la fois et si imposante, l'assembl&#233;e des fid&#232;les se recueille ; elle adore et appelle l'Esprit divin. A ce moment, il plane sur tous les temples de la chr&#233;tient&#233;, et descend invisiblement dans tous les c&#339;urs qui l'attendent avec ferveur. Exprimons-lui le besoin que nous &#233;prouvons de sa pr&#233;sence, le suppliant de demeurer en nous, et de ne jamais s'en &#233;loigner. Montrons-lui notre &#226;me marqu&#233;e de son sceau ineffa&#231;able dans le Bapt&#234;me et dans la Confirmation ; prions-le de veiller sur son &#339;uvre. Nous sommes sa propri&#233;t&#233; ; qu'il daigne faire en nous ce que nous le prions d'y accomplir ; mais que notre bouche parle avec sinc&#233;rit&#233;, et souvenons-nous que pour recevoir et conserver l'Esprit-Saint, il faut renoncer &#224; l'esprit du monde ; car le Seigneur a dit : &#171; Nul ne peut servir deux ma&#238;tres &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. VI, 24.&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re strophe de cette Hymne v&#233;n&#233;rable se chante toujours &#224; genoux ; on se l&#232;ve ensuite, et l'on chante debout les strophes suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A LA MESSE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moment de c&#233;l&#233;brer le saint Sacrifice est arriv&#233;. Remplie de l'Esprit divin, l'&#201;glise va payer le tribut auguste de sa reconnaissance en offrant la victime qui nous a m&#233;rit&#233; un tel don par son immolation. D&#233;j&#224; l'Intro&#239;t retentit avec un &#233;clat et une m&#233;lodie non pareils. Le chant gr&#233;gorien s'&#233;l&#232;ve rarement &#224; un tel enthousiasme. Les paroles contiennent un oracle du livre de la Sagesse, qui re&#231;oit son accomplissement aujourd'hui. C'est l'Esprit divin se r&#233;pandant sur le monde, et comme gage de sa pr&#233;sence donnant aux saints Ap&#244;tres la science de la parole dont il est la source.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Collecte nous fournit l'expression de nos v&#339;ux pour un si grand jour. Elle nous avertit en m&#234;me temps que l'Esprit divin nous apporte deux dons principaux : le go&#251;t des choses divines et la consolation du c&#339;ur ; demandons que l'un et l'autre demeurent en nous, afin que nous devenions parfaits chr&#233;tiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;P&#206;TRE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre grands &#233;v&#233;nements signalent l'existence de la race humaine sur la terre, et tous les quatre t&#233;moignent de la bont&#233; infinie de Dieu envers nous. Le premier est la cr&#233;ation de l'homme et sa vocation &#224; l'&#233;tat surnaturel, qui lui donne pour fin derni&#232;re la vision et la possession &#233;ternelle de Dieu. Le second est l'incarnation du Verbe divin qui, unissant la nature humaine &#224; la nature divine dans le Christ, &#233;lev&#233; l'&#234;tre cr&#233;&#233; &#224; la participation de la divinit&#233;, et fournit en m&#234;me temps la victime n&#233;cessaire pour racheter Adam et sa race de leur pr&#233;varication. Le troisi&#232;me &#233;v&#233;nement est la descente du Saint-Esprit, dont nous c&#233;l&#233;brons l'anniversaire en ce jour. Enfin le quatri&#232;me est le second av&#232;nement du Fils de Dieu qui viendra d&#233;livrer l'&#201;glise son &#233;pouse, et l'emm&#232;nera au ciel pour c&#233;l&#233;brer avec elle les noces &#233;ternelles. Ces quatre op&#233;rations divines, dont la derni&#232;re n'est pas accomplie encore, sont la clef de l'histoire humaine ; rien n'est en dehors d'elles ; mais l'homme animal ne les voit m&#234;me pas, il n'y songe pas. &#171; La lumi&#232;re a lui dans les t&#233;n&#232;bres, et les t&#233;n&#232;bres ne l'ont pas comprise &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. I, 5.&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;ni soit donc le Dieu de mis&#233;ricorde qui &#171; nous a appel&#233;s des t&#233;n&#232;bres &#224; l'admirable lumi&#232;re de la foi &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Petr. II, 9.&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il nous a faits enfants de cette g&#233;n&#233;ration &#171; qui n'est ni de la chair et du sang, ni de la volont&#233; de l'homme, mais de Dieu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. I, 13.&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par cette gr&#226;ce, nous voici aujourd'hui attentifs &#224; la troisi&#232;me des op&#233;rations divines sur ce monde, &#224; la descente de l'Esprit-Saint, et nous avons entendu le r&#233;cit &#233;mouvant de sa venue. Cette temp&#234;te myst&#233;rieuse, ce feu, ces langues, cette ivresse sacr&#233;e, tout nous transporte au centre m&#234;me des divins conseils, et nous nous &#233;crions : &#171; Dieu a-t-il donc tant aim&#233; ce monde ? &#187; J&#233;sus, quand il &#233;tait avec nous sur la terre, nous le disait : &#171; Oui, Dieu a tant aim&#233; le monde qu'il lui a donn&#233; son Fils unique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. III, 16.&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aujourd'hui il nous faut compl&#233;ter cette sublime parole et dire : &#171; Le P&#232;re et le Fils ont tant aim&#233; le monde, qu'ils lui ont donn&#233; leur Esprit-Saint. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acceptons un tel don, et comprenons enfin ce qu'est l'homme. Le rationalisme, le naturalisme, pr&#233;tendent le grandir en s'effor&#231;ant de le captiver sous le joug de l'orgueil et de la sensualit&#233; ; la foi chr&#233;tienne nous impose l'humilit&#233; et le renoncement ; mais pour prix elle nous montre Dieu lui-m&#234;me se donnant &#224; nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier Verset all&#233;luiatique est form&#233; des paroles de David o&#249; L'Esprit-Saint est montr&#233; comme l'auteur d'une cr&#233;ation nouvelle, comme le r&#233;novateur de la terre. Le second est la touchante pri&#232;re par laquelle la sainte &#201;glise appelle sur ses enfants l'Esprit d'amour. On la chante toujours &#224; genoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite la S&#233;quence, &#339;uvre d'enthousiasme et en m&#234;me temps d'une ineffable tendresse pour celui qui vit et r&#232;gne &#233;ternellement dans la soci&#233;t&#233; du P&#232;re et du Fils, et qui va d&#233;sormais &#233;tablir son empire dans nos c&#339;urs. Cette pi&#232;ce est de la fin du XIIe si&#232;cle, et on l'attribue, avec vraisemblance, au grand Pape Innocent III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;VANGILE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La venue de l'Esprit-Saint n'est pas seulement un &#233;v&#233;nement qui int&#233;resse la race humaine consid&#233;r&#233;e en g&#233;n&#233;ral ; chaque homme est appel&#233; &#224; recevoir cette m&#234;me visite qui aujourd'hui &#171; renouvelle la face de la terre enti&#232;re &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CIII, 30.&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le dessein mis&#233;ricordieux du souverain Seigneur de toutes choses s'&#233;tend jusqu'&#224; vouloir contracter une alliance individuelle avec chacun de nous. J&#233;sus ne demande de nous qu'une seule chose : il veut que nous l'aimions et que nous gardions sa parole. A cette condition, il nous promet que son P&#232;re nous aimera, et viendra avec lui habiter notre &#226;me. Mais ce n'est pas tout encore. Il nous annonce la venue de l'Esprit-Saint, qui par sa pr&#233;sence compl&#233;tera l'habitation de Dieu en nous. L'auguste Trinit&#233; tout enti&#232;re se fera comme un nouveau ciel de cette humble demeure, en attendant que nous soyons transport&#233;s apr&#232;s cette vie au s&#233;jour m&#234;me o&#249; nous contemplerons l'h&#244;te divin, P&#232;re, Fils et Saint-Esprit, qui a tant aim&#233; sa cr&#233;ature humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus nous enseigne encore dans ce passage, tir&#233; du discours qu'il adressa &#224; ses disciples apr&#232;s la C&#232;ne, que le divin Esprit qui descend sur nous aujourd'hui est envoy&#233; par le P&#232;re, mais par le P&#232;re &#171; au nom du Fils &#187; ; de m&#234;me que dans un autre endroit J&#233;sus dit que &#171; c'est lui-m&#234;me qui enverra l'Esprit-Saint &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XV, 26.&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces diverses mani&#232;res de s'exprimer ont pour but de nous r&#233;v&#233;ler les relations qui existent dans la Trinit&#233; divine entre les deux premi&#232;res personnes et le Saint-Esprit. Ce divin Esprit est du P&#232;re, mais il est aussi du Fils ; c'est le P&#232;re qui l'envoie ; mais le Fils l'envoie aussi ; car il proc&#232;de de l'un et de l'autre comme d'un m&#234;me principe. En ce grand jour de la Pentec&#244;te, notre reconnaissance doit donc &#234;tre la m&#234;me envers le P&#232;re qui est la Puissance, et envers le Fils qui est la Sagesse ; car le don qui nous arrive du ciel vient de tous les deux. &#201;ternellement le P&#232;re a engendr&#233; son Fils, et quand la pl&#233;nitude des temps fut venue, il l'a donn&#233; aux hommes pour &#234;tre dans la nature humaine leur m&#233;diateur et leur sauveur ; &#233;ternellement le P&#232;re et le Fils ont produit l'Esprit-Saint, et, &#224; l'heure marqu&#233;e, ils l'ont envoy&#233; ici-bas pour &#234;tre dans les hommes le principe d'amour, comme il l'est entre le P&#232;re et le Fils. J&#233;sus nous enseigne que la mission de l'Esprit est post&#233;rieure &#224; la sienne, parce qu'il a fallu que les hommes fussent d'abord initi&#233;s &#224; la v&#233;rit&#233; par celui qui est la Sagesse. En effet, ils n'auraient pu aimer ce qu'ils ne connaissaient pas. Mais lorsque J&#233;sus a consomm&#233; son &#339;uvre tout enti&#232;re, qu'il a fait asseoir son humanit&#233; sur le tr&#244;ne de Dieu son P&#232;re, de concert avec le P&#232;re il envoie l'Esprit divin pour conserver en nous cette parole qui est &#171; esprit et vie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. VI, 64.&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et qui est en nous la pr&#233;paration de l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Offertoire est form&#233; des paroles du Psaume LXVII, o&#249; David proph&#233;tise l'arriv&#233;e de l'Esprit dont la mission est de confirmer ce que J&#233;sus a op&#233;r&#233;. Le C&#233;nacle efface toutes les splendeurs du temple de J&#233;rusalem : d&#233;sormais il n'y a plus que l'&#201;glise catholique qui recevra bient&#244;t dans son sein les rois et les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pr&#233;sence des dons sacr&#233;s qui vont &#234;tre offerts et qui reposent sur l'autel, l'&#201;glise, dans la Secr&#232;te, demande que la venue du divin Esprit soit pour les fid&#232;les un feu qui consume leurs souillures, et une lumi&#232;re qui &#233;claire leur esprit par une plus compl&#232;te intelligence des enseignements du Fils de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Antienne de la Communion c&#233;l&#232;bre par les paroles du texte sacr&#233; le moment de l'av&#232;nement de l'Esprit divin. Le Seigneur J&#233;sus s'est donn&#233; &#224; ses fid&#232;les dans l'aliment eucharistique ; mais c'est l'Esprit qui les a pr&#233;par&#233;s &#224; une telle faveur, lui qui a change sur l'autel le pain et le vin en le corps et le sang de la victime sainte, lui qui les aidera &#224; conserver en eux l'aliment sacr&#233; qui garde les &#226;mes pour la vie &#233;ternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mise en possession de son &#201;poux par le sacr&#233; Myst&#232;re, l'&#201;glise, dans la Postcommunion, implore pour ses fid&#232;les la permanence de l'Esprit-Saint dans leurs &#226;mes, en m&#234;me temps qu'elle nous r&#233;v&#232;le une des pr&#233;rogatives de ce divin Esprit, qui, trouvant nos &#226;mes arides et incapables de fructifier par elles-m&#234;mes, se transforme en ros&#233;e pour les f&#233;conder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A V&#202;PRES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande journ&#233;e avance dans son cours, et remplis du Saint-Esprit comme nous l'avons &#233;t&#233; &#224; l'heure de Tierce, nous ne pouvons nous d&#233;tacher du sublime spectacle dont J&#233;rusalem est t&#233;moin Du c&#339;ur des saints Ap&#244;tres le feu divin a pass&#233; dans la foule qui les entoure. Le regret d'avoir crucifi&#233; &#171; le Seigneur de gloire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. II, 8.&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a dompt&#233; l'orgueil juif dans ces hommes qui avaient accompagn&#233; la victime de leurs clameurs et de leurs mal&#233;dictions sur la Voie douloureuse. Que leur manque-t-il maintenant pour &#234;tre chr&#233;tiens ? Conna&#238;tre et croire, puis &#234;tre baptis&#233;s. Du milieu du tourbillon de l'Esprit-Saint qui les enveloppe, la voix de Pierre et de ses fr&#232;res retentit : &#171; Celui qui a souffert sur la croix et qui est ressuscit&#233; d'entre les morts est le propre Fils de Dieu engendre &#233;ternellement du P&#232;re ; l'Esprit qui se manifeste en ce moment est la troisi&#232;me personne dans l'unique et divine essence. &#187; La Trinit&#233;, l'Incarnation, la R&#233;demption, resplendissent aux yeux de ces disciples de Mo&#239;se, les ombres s'effacent et font place au jour radieux de la nouvelle alliance. Il est temps que s'accomplisse la parole de Jean-Baptiste au bord du Jourdain, cette parole dont plusieurs des assistants ont gard&#233; m&#233;moire, &#171; Au milieu de vous est quelqu'un que vous ne connaissez pas, dont je ne suis pas m&#234;me digne de d&#233;lier la chaussure. Moi, je vous baptise dans l'eau ; mais lui vous baptisera dans le Saint-Esprit et dans le feu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. I, 26.&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois ce bapt&#234;me de feu, c'est par l'eau qu'il doit s'administrer. L'Esprit qui est feu op&#232;re par l'eau, et il est appel&#233; lui-m&#234;me &#171; la fontaine d'eau vive &#187;. L'antique proph&#232;te &#201;z&#233;chiel avait salu&#233; de loin cette heure solennelle, lorsqu'il rendait en ces termes l'oracle divin : &#171; Voici que je r&#233;pandrai sur vous une eau pure, et vous serez lav&#233;s de toutes vos souillures, et je vous purifierai de toutes vos idoles. Et je vous donnerai un &#171; c&#339;ur nouveau, et je placerai au milieu de vous un esprit nouveau. Et j'&#244;terai de votre poitrine votre c&#339;ur de pierre, et je vous donnerai un c&#339;ur de chair. Et je placerai mon Esprit au milieu de vous, et je vous ferai marcher dans la voie de mes commandements. Et vous garderez ma loi sainte ; et vous serez mon peuple, et je serai votre Dieu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;zech. XXXVI, 25-28.&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proph&#233;tie &#233;tait claire, et l'heure &#224; laquelle l'Esprit arrivait &#233;tait la m&#234;me o&#249; l'eau allait couler. Cet &#233;l&#233;ment sur lequel planait l'Esprit divin &#224; la premi&#232;re origine de ce monde, nous l'avons vu, dans l'&#201;piphanie, recevoir au Jourdain le contact de la chair sacr&#233;e du Verbe incarn&#233;, et la c&#233;leste colombe unir son action sanctifiante &#224; celle du Fils de Dieu. R&#233;cemment nous v&#238;mes la main du Pontife, au Samedi saint, dans la cons&#233;cration de la fontaine baptismale, plonger le cierge, type du Christ, dans les eaux, et nous l'entend&#238;mes faire cette pri&#232;re : &#171; Qu'elle descende dans cette fontaine, la gr&#226;ce et la vertu de l'Esprit-Saint ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui la source purifiante r&#233;pand ses eaux dans J&#233;rusalem ; la main de Pierre et celles de ses fr&#232;res plongent dans l'&#233;l&#233;ment sacr&#233; ces fils d'Isra&#235;l, et trois mille hommes ont relev&#233; un front chr&#233;tien et r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;. Qu'ils sont beaux, ces anc&#234;tres de notre foi, en qui nous v&#233;n&#233;rons les pr&#233;mices de l'accomplissement des proph&#233;ties ! Plus beaux encore que les trois Mages que nous v&#238;mes autrefois avec tant de joie descendre de leurs chameaux et p&#233;n&#233;trer dans l'&#233;table, pour d&#233;poser aux pieds du divin Roi des Juifs les offrandes mystiques de l'Orient. Maintenant toute la s&#233;rie des myst&#232;res est accomplie ; nous sommes rachet&#233;s, J&#233;sus est assis &#224; la droite de son P&#232;re, et l'Esprit divin, envoy&#233; par lui, vient de nous arriver, et il doit demeurer avec nous jusqu'&#224; la fin des si&#232;cles. Voil&#224; pourquoi les sources des Sacrements sont ouvertes. A cette heure, l'Esprit du P&#232;re et du Fils a lev&#233; le premier des sceaux, et l'eau baptismale coule pour ne plus s'arr&#234;ter dans son cours, jusqu'&#224; ce qu'elle ait r&#233;g&#233;n&#233;r&#233; le dernier des chr&#233;tiens qui doit passer sur cette terre. Mais le divin Esprit est le &#171; Don du Dieu Tr&#232;s-Haut &#187; ; les saints Ap&#244;tres sont en possession de ce don fait aux hommes : ils ne doivent pas le retenir pour eux. Un second sceau est donc lev&#233;, et le sacrement de Confirmation fait descendre sur les n&#233;ophytes l'Esprit qui a &#233;clat&#233; dans le C&#233;nacle. Par la vertu qui est en eux, Pierre et ses fr&#232;res, pontifes de la loi nouvelle, communiquent &#224; ces hommes, dans le Saint-Esprit, la force divine qui leur sera d&#233;sormais n&#233;cessaire pour confesser ce J&#233;sus de Nazareth dont ils sont pour jamais les heureux membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ils ne sont pas assez divinis&#233;s encore, ces nouveau-n&#233;s &#224; la gr&#226;ce c&#233;leste, marqu&#233;s d&#233;j&#224; d'un double caract&#232;re ; il leur reste &#224; communier au Christ, au divin instituteur des Sacrements, au m&#233;diateur et r&#233;dempteur qui a r&#233;uni Dieu et l'homme. Il faut qu'un troisi&#232;me sceau soit lev&#233;, que le sacerdoce nouveau agissant pour la premi&#232;re fois par les Ap&#244;tres, produise J&#233;sus, le Pain de vie, et que cette multitude saintement affam&#233;e go&#251;te cette manne qui ne nourrit pas seulement le corps comme celle du d&#233;sert, &#171; mais qui donne la vie au monde &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. VI, 33.&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'auguste C&#233;nacle, tout embaum&#233; encore du souvenir de la merveille que le Christ y op&#233;ra la veille de sa Passion, revoit le sublime prodige dont il fut t&#233;moin. Entour&#233; de ses fr&#232;res, Pierre consacre le pain et le vin par les paroles divines que sa bouche n'avait pas prononc&#233;es encore, et l'op&#233;ration de l'Esprit d'amour produit entre ses mains le corps et le sang de J&#233;sus. Le Sacrifice nouveau est inaugur&#233;, et d&#233;sormais il sera offert chaque jour jusqu'&#224; la consommation des si&#232;cles. Les n&#233;ophytes s'approchent, et par les mains des saints Ap&#244;tres ils entrent en possession de l'aliment c&#233;leste qui consomme leur union avec Dieu, par J&#233;sus Pontife &#233;ternel selon l'ordre de Melchis&#233;dech.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n'oublions pas en ce grand jour, &#224; ce premier Sacrifice offert par Pierre, assist&#233; de ses coll&#232;gues dans l'apostolat, la participation de Marie &#224; cette chair divine dont son sein virginal a &#233;t&#233; la source. Embras&#233;e des feux de l'Esprit-Saint qui est venu confirmer en elle cette maternit&#233; &#224; l'&#233;gard des hommes que J&#233;sus lui confia sur la croix, elle s'unit dans le myst&#232;re d'amour &#224; ce fils bien-aim&#233; qui s'en est all&#233; aux cieux, et qui l'a charg&#233;e de veiller sur son &#201;glise naissante. D&#233;sormais le Pain de vie lui rendra son fils chaque jour, jusqu'&#224; ce qu'elle-m&#234;me soit enlev&#233;e &#224; son tour dans les cieux pour jouir &#233;ternellement de sa vue, recevoir ses caresses et lui prodiguer les siennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel ne fut pas le bonheur de ceux des n&#233;ophytes auxquels il fut donn&#233;, en cette heureuse journ&#233;e, d'approcher d'une si auguste reine, de la Vierge-M&#232;re, &#224; qui il avait &#233;t&#233; donn&#233; de porter dans ses chastes flancs celui qui &#233;tait l'esp&#233;rance d'Isra&#235;l ! Ils contempl&#232;rent les traits de la nouvelle &#200;ve, ils entendirent sa voix, ils &#233;prouv&#232;rent le sentiment filial qu'elle inspire &#224; tous les disciples de J&#233;sus. Dans une autre saison, la sainte Liturgie nous parlera de ces hommes fortun&#233;s ; nous ne rappelons en ce moment leur bonheur que pour montrer combien fut grande et compl&#232;te cette journ&#233;e qui vit le commencement de la sainte &#201;glise. La hi&#233;rarchie sacr&#233;e apparut dans Pierre, Vicaire du Christ, dans les Ap&#244;tres ses fr&#232;res, dans les disciples choisis par J&#233;sus lui-m&#234;me. La semence de la parole divine fut jet&#233;e dans la bonne terre, l'eau baptismale r&#233;g&#233;n&#233;ra l'&#233;lite des enfants d'Isra&#235;l, l'Esprit-Saint leur fut communiqu&#233; dans sa force, le Verbe divin les nourrit de sa chair qui est vraiment une nourriture et de son sang qui est vraiment un breuvage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. VI, 56.&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et Marie les re&#231;ut &#224; leur nouvelle naissance dans ses bras maternels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unissons-nous maintenant &#224; la sainte &#201;glise, et chantons avec elle les louanges du divin Esprit qui, descendu &#224; l'heure de Tierce, a rempli de tant de merveilles ce premier jour o&#249; il d&#233;bute dans sa divine mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Office des V&#234;pres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir plus haut.&#034; id=&#034;nh2-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; s'ouvre par la proclamation du nombre quinquag&#233;naire qui r&#233;unit les deux Pentec&#244;tes. L'Antienne nous montre en m&#234;me temps les disciples au C&#233;nacle dans l'attente de l'arriv&#233;e du Don promis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Psaume CIX que l'&#201;glise chante sous cette Antienne repr&#233;sente le triomphe du Christ dans son Ascension. Il s'assied &#224; la droite du P&#232;re, et c'est de l&#224; que, Dieu et homme, il consolide son r&#232;gne sur la terre, en envoyant aujourd'hui son Esprit pour habiter avec nous jusqu'&#224; ce que lui-m&#234;me redescende, vengeur de son &#201;glise, qu'il affranchira du joug de ses ennemis, et emm&#232;nera avec lui dans la gloire &#233;ternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attente des disciples a &#233;t&#233; combl&#233;e, l'Esprit divin est descendu sur eux, mais il ne s'est pas born&#233; &#224; visiter leurs &#226;mes ; d&#232;s aujourd'hui, c'est le monde tout entier qu'il vient conqu&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second Psaume, CX, c&#233;l&#232;bre les bienfaits de Dieu envers son peuple : l'alliance promise, qui se consomme aujourd'hui, la r&#233;demption de l'homme et la fid&#233;lit&#233; du Seigneur &#224; ses promesses. La mission du Saint-Esprit avait &#233;t&#233; annonc&#233;e par les Proph&#232;tes et par J&#233;sus lui-m&#234;me : le Seigneur a daign&#233; d&#233;gager sa parole en ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Esprit divin s'empare des disciples, il les rend aptes &#224; parler ; car c'est par la parole qu'ils feront la conqu&#234;te du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me Psaume, CXI, chante la f&#233;licit&#233; de l'homme juste et ses esp&#233;rances. La lumi&#232;re qui s'&#233;lance du sein des t&#233;n&#232;bres, c'est J&#233;sus, le Fils &#233;ternel de Dieu ; c'est ensuite l'Esprit-Saint qui &#233;clate tout &#224; coup aujourd'hui. Le p&#233;cheur qui s'irrite &#224; la vue des dons de Dieu, c'est le Juif incr&#233;dule qui ferme les yeux &#224; la lumi&#232;re et repousse le divin Esprit, comme il avait repouss&#233; le Fils du P&#232;re c&#233;leste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son all&#233;gresse la pens&#233;e des trois mille n&#233;ophytes de ce jour, la sainte &#201;glise chante la fontaine d'eau vive que l'Esprit divin a fait jaillir pour leur r&#233;g&#233;n&#233;ration ; elle nous les montre comme d'heureux poissons qui s'agitent dans les ondes du salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quatri&#232;me Psaume, CXII, est un chant de louange au Seigneur qui, du haut du ciel, a pris piti&#233; de la nature humaine, et qui, pour la relever de l'abaissement o&#249; elle languissait, lui a d'abord envoy&#233; son propre Fils, et aujourd'hui fait descendre vers elle son divin Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce grand jour, l'Esprit-Saint a conquis le monde ; mais c'est par la parole des Ap&#244;tres qu'il s'en est rendu le ma&#238;tre, cette parole d'une &#233;loquence miraculeuse qu'il a form&#233;e en eux, et &#224; laquelle il a joint sa toute-puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cinqui&#232;me Psaume, CXIII, rappelle d'abord la premi&#232;re P&#226;que, la sortie de l'&#201;gypte et les prodiges qui l'accompagn&#232;rent et la suivirent. On y voit ensuite les nations devenues esclaves de leurs idoles ; mais aujourd'hui le divin Esprit suscite des conqu&#233;rants qui abattront ces vains simulacres. La maison d'Isra&#235;l et la maison d'Aaron ne se vanteront plus d'&#234;tre les seules &#224; servir le vrai Dieu. Instruits par les hommes &#224; la langue de l'eu, tous les peuples acquerront la crainte du Seigneur et esp&#233;reront en lui. Nous ne sommes plus au nombre de ces morts qui ne louent pas Dieu ; mais nous vivons de la vie surnaturelle que le Fils de Dieu a conquise pour nous par sa Passion et par sa R&#233;surrection, et que l'Esprit-Saint fait p&#233;n&#233;trer en nous par le divin myst&#232;re de ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Hymne est celle que nous avons d&#233;j&#224; chant&#233;e &#224; Tierce, &#224; l'heure m&#234;me o&#249; le divin Esprit descendit dans le C&#233;nacle. La grandeur des pens&#233;es et l'onction du sentiment forment le caract&#232;re de ce sublime cantique, toujours nouveau et toujours in&#233;puisable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite le Cantique de Marie, partie essentielle de l'Office du soir, accompagn&#233; du solennel encensement de l'autel. L'accent de cet hymne divin s'est enrichi encore. Ce n'est plus seulement la Vierge portant en elle le Fils &#233;ternel du P&#232;re que l'on entend &#233;pancher les &#233;motions de son &#226;me ; c'est la M&#232;re de Dieu inond&#233;e des feux de l'Esprit-Saint, et pr&#233;par&#233;e pour le nouveau minist&#232;re qui l'attend. Le cantique est harmonis&#233; pour la f&#234;te au moyen de la magnifique Antienne qui le pr&#233;c&#232;de : &#171; Aujourd'hui sont accomplis les jours de la Pentec&#244;te, all&#233;luia. Aujourd'hui l'Esprit-Saint a apparu aux disciples sous la forme du feu, et il a r&#233;pandu en eux les dons de ses gr&#226;ces. Il les a envoy&#233;s dans le monde entier pr&#234;cher et rendre t&#233;moignage. Celui qui croira et sera baptis&#233; sera sauv&#233;, all&#233;luia. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon notre usage, nous ach&#232;verons une si sainte journ&#233;e en r&#233;unissant, comme dans un concert, les voix de toutes les &#201;glises c&#233;l&#233;brant le glorieux myst&#232;re de la Pentec&#244;te chr&#233;tienne. Nous nous sommes unis &#224; la sainte &#201;glise Romaine dans tous les cantiques de ce jour ; il nous faut entendre maintenant la voix de l'&#201;glise grecque. Saint Jean Damasc&#232;ne est autour de l'Hymne qui suit, et que nous empruntons au Pentecostarion.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;HYMNE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sortir du nuage divin, le proph&#232;te dont la langue &#233;tait tardive promulgua la loi &#233;crite par le doigt de Dieu ; gu&#233;ri de son infirmit&#233;, il avait contempl&#233; de l'&#339;il de l'&#226;me celui qui est, et il c&#233;l&#233;bra dans de sacres cantiques la science de l'Esprit qu'il avait re&#231;u.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grave et auguste Ma&#238;tre avait dit &#224; ses disciples : &#171; Ne vous s&#233;parez point, &#244; mes amis ! Lorsque je serai assis sur le tr&#244;ne sublime de mon P&#232;re, je r&#233;pandrai la gr&#226;ce infinie de l'Esprit dans tout son &#233;clat sur vous qui d&#233;sirez la conna&#238;tre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa carri&#232;re &#233;tant termin&#233;e, le Verbe, fid&#232;le &#224; sa promesse, remplit leurs c&#339;urs d'un doux recueillement. Ayant achev&#233; son &#339;uvre, il r&#233;pand sur ses amis d'abord un souffle violent, bient&#244;t des langues enflamm&#233;es ; lui le Christ, il leur donne l'Esprit et d&#233;gage ainsi sa parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir divin d&#233;passe toute borne ; de gens illettr&#233;s il fait des orateurs, leur parole r&#233;duira les sophistes au silence, et semblable &#224; un &#233;clair &#233;blouissant, l'Esprit enl&#232;vera &#224; leur nuit profonde des peuples innombrables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet Esprit tout-puissant, splendide, incorruptible, proc&#233;dait de la lumi&#232;re incr&#233;&#233;e, de la substance que le P&#232;re transmet au Fils ; aujourd'hui, langue de feu dans Sion, il manifeste aux nations cette lumi&#232;re qu'il puise dans la divinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et toi, &#244; Fils de Dieu qui as r&#233;uni deux natures, tu pr&#233;pares le bain divin de la r&#233;g&#233;n&#233;ration ; l'eau d'un tel bain s'est &#233;panch&#233;e de ton c&#244;t&#233;, &#244; Verbe, et l'ardeur puissante de l'Esprit en est le sceau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous &#234;tes les vrais serviteurs du Dieu souverain, vous qui adorez l'essence trois lois lumineuse. Le Christ met aujourd'hui la derni&#232;re main &#224; son bienfait surnaturel, envoyant pour notre salut celui qu'exprime le feu, versant sur nous la gr&#226;ce universelle de l'Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfants de l'&#201;glise, fils de la lumi&#232;re, recevez la ros&#233;e enflamm&#233;e de l'Esprit, et par elle la r&#233;mission et l'affranchissement de vos p&#233;ch&#233;s ; car aujourd'hui la loi est sortie de Sion, la gr&#226;ce du Saint-Esprit, sous a forme d'une langue de feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrefois on entendit un concert d'instruments qui conviait les hommes &#224; adorer la statue d'or inanim&#233;e ; maintenant, c'est la gr&#226;ce lumineuse du Paraclet qui les rend dignes de s'&#233;crier : O Trinit&#233; unique, &#233;gale en pouvoir, sans commencement, nous te b&#233;nissons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oubliant l'oracle du Proph&#232;te, des insens&#233;s disaient que l'ivresse des Ap&#244;tres &#233;tait produite par le vin ; on entendait retentir tous les langages &#233;trangers ; pour nous, nous n'avons qu'un cri : Toi qui renouvelles divinement l'univers, sois b&#233;ni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure de Tierce fut choisie pour l'effusion d'une telle gr&#226;ce ; elle signifiait que l'on devait adorer trois personnes dans l'unit&#233; de puissance ; en ce jour du Dimanche, le premier des jours, &#244; P&#232;re, o Fils, &#244; Esprit, soyez b&#233;ni.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise arm&#233;nienne m&#233;rite d'&#234;tre &#233;cout&#233;e &#224; son tour. Les strophes suivantes si majestueuses et si remplies de myst&#232;re remontent au cinqui&#232;me si&#232;cle. La tradition les attribue &#224; Mo&#239;se de Khor&#232;ne, ou &#224; Jean Matagouni.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;CANON PRIMAE DIEI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La colombe envoy&#233;e aux hommes est descendue des cieux, annonc&#233;e par un grand bruit ; voil&#233;e sous l'embl&#232;me d'une lumi&#232;re &#233;clatante, elle a couvert d'une armure de feu, sans qu'ils en fussent br&#251;l&#233;s, les disciples qui &#233;taient encore assis dans le sacr&#233; c&#233;nacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la colombe immat&#233;rielle, insondable, qui p&#233;n&#232;tre les profondeurs de Dieu, qui annonce le second et terrible av&#232;nement, qui proc&#232;de du P&#232;re, et que l'on nous enseigne lui &#234;tre consubstantielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloire au plus haut des cieux, &#224; l'Esprit-Saint qui proc&#232;de du P&#232;re ! Les Ap&#244;tres ont &#233;t&#233; enivr&#233;s &#224; son calice immortel, et ils ont invit&#233; la terre &#224; s'unir au ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esprit divin et vivifiant, rempli de bont&#233; pour les hommes, tu as &#233;clair&#233; par les langues de feu ceux qui &#233;taient rassembl&#233;s par le lien d'un mutuel amour ; c'est pourquoi nous c&#233;l&#233;brons aujourd'hui ton av&#232;nement sacr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les saints Ap&#244;tres ont &#233;t&#233; combl&#233;s de d&#233;lices &#224; ton arriv&#233;e ; en parlant diverses langues ils ont attir&#233; des disciples qu'aucun lien n'aurait r&#233;unis ; c'est pourquoi nous c&#233;l&#233;brons aujourd'hui ton av&#232;nement sacr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu t'es servi d'eux pour embellir, par le saint et spirituel bapt&#234;me, la terre enti&#232;re ; tu l'as couverte de v&#234;tements nouveaux d'une blancheur &#233;clatante ; c'est pourquoi nous c&#233;l&#233;brons aujourd'hui ton av&#232;nement sacr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toi qui reposes sur le char des ch&#233;rubins, Esprit-Saint, tu es descendu aujourd'hui des cieux sur le ch&#339;ur apostolique : sois b&#233;ni, roi immortel !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toi qui t'avances sur l'aile des vents, Esprit-Saint, tu t'es partag&#233; en langues de feu, et tu t'es repos&#233; sur les Ap&#244;tres : sois b&#233;ni, roi immortel !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toi qui prends soin de toutes les cr&#233;atures dans ta providence, Esprit-Saint, tu es venu aujourd'hui pour affermir ton &#201;glise : sois b&#233;ni, roi immortel !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La Liturgie ambrosienne nous donne cette belle Pr&#233;face qui, dans sa concision, r&#233;unit tous les myst&#232;res de la Pentec&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;PR&#201;FACE.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&#198;quum et salutare, nos in hac pr&#230;cipua festivitate gaudere, qua sacratissimum Pascha quinquaginta dierum mysteriis tegitur, et mysticus numerus adimpletur, et dispersio linguarum, qu&#230; dudum per superbiam in confusione facta fuerat, nunc per Spiritum Sanctum adunatur. Hodie enim de c&#339;lis repente sonum audientes Apostoli unius fidei symbolum exceperunt, et linguis variis Evangelii tui gloriam cunctis gentibus tradiderunt. Per Christum Dominum nostrum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il est juste et salutaire que nous nous laissions aller &#224; la joie, en cette illustre solennit&#233; qui vient ajouter &#224; la P&#226;que sacr&#233;e le myst&#232;re des cinquante jours et compl&#233;ter ainsi le nombre mystique. C'est pareillement en ce jour que la division des langues, qui avait &#233;t&#233; op&#233;r&#233;e autrefois pour humilier l'orgueil, fait place maintenant &#224; leur r&#233;union par le Saint-Esprit. C'est aujourd'hui que les Ap&#244;tres, apr&#232;s avoir entendu soudain un bruit qui venait du ciel, ont re&#231;u le symbole de la foi unique, et parlant diverses langues, ont r&#233;v&#233;l&#233; &#224; toutes les nations la gloire de votre &#201;vangile. Par le Christ notre Seigneur.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise gothique d'Espagne proc&#232;de avec son abondance et son enthousiasme accoutum&#233;s, dans cette magnifique Illation que nous fournit son Missel mozarabe.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;ILLATIO.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Dignum et justum est, omnipotens Deus, pro possibilitate carnali munerum tuorum beneficia confiteri, et indultum hodierno die donum salutis &#230;tern&#230; anniversaria semper commemoratione celebrare. Etenim pro adventu Spiritus tui Sancti tacere quis audeat ? cum omnis per Apostolos tuos etiam gentium barbararum lingua non taceat. Quis enim enarrare valet hujus hodierno die ignis illapsum, sic distributa discipulis genera universa linguarum ; ut nec Latinus Hebr&#230;o, nec Gr&#230;cus &#198;gyptio, nec Scytha Indo, propria dum quisque et peregrina audiens loquitur lingua, detrimentum vel alienigeni fecerit, vel sui senserit intellectus ? Quaque virtute sit actum, quod dicentis veritatis pr&#230;conibus per spatia immensa terrarum unius atque indivisibilis donum doctrin&#230; c&#339;lestis pro potestate voluntaria partiretur ? Nihil agens unitati fidei dissonum, quamvis multiplicis scientia ; distributione pulcherrimum, et multimoda mirificum exstiterit varietate sermonum. Ostendens quod confessioni dominic&#230; non impedit diversitas linguas, nec interest quod vario quis sermone fateatur, dummodo unus sit ille qui creditur.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il est juste et raisonnable &#244; Dieu tout-puissant, que nous c&#233;l&#233;brions, dans la faiblesse de notre nature, vos dons et vos bienfaits, et que chaque ann&#233;e nous honorions particuli&#232;rement la m&#233;moire de celui que vous avez daign&#233; nous faire aujourd'hui pour notre &#233;ternel salut. Qui oserait garder le silence sur l'arriv&#233;e de votre Esprit-Saint, en ce jour o&#249; pas une seule langue des nations barbares n'est oubli&#233;e par vos Ap&#244;tres ? Mais qui pourrait raconter dignement le myst&#232;re de ce feu qui descend aujourd'hui, et les idiomes de tous les peuples inspir&#233;s aux disciples, en sorte que le Latin et l'H&#233;breu, le Grec et l'&#201;gyptien, le Scythe et l'Indien, s'exprimant dans une langue qui leur &#233;tait inconnue, n'alt&#232;rent en rien l'idiome qui leur est &#233;tranger, et entendent parler sans alt&#233;ration celui qui leur est propre ? Qui pourrait d&#233;crire le divin pouvoir qui vient &#224; son gr&#233; r&#233;pandre sur ceux qui devront pr&#234;cher la v&#233;rit&#233; parlante par toute la terre, le don d une doctrine c&#233;leste, une et indivisible ? Ni la science ainsi distribu&#233;e dans la plus riche vari&#233;t&#233;, ni la diversit&#233; merveilleuse des langages, n'enl&#232;vent rien &#224; l'unit&#233; de la foi. Nous apprenons ici que la dissemblance des idiomes n'arr&#234;te en rien la louange du Seigneur, et que peu importe la langue dont on se sert, si le m&#234;me Dieu est l'objet d'une m&#234;me foi.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Obsecramus igitur, Domine, ut h&#230;c nostra confessio de cordibus filiorum promissionis emissa, tibi Pater glori&#230;, semper accepta sit, et ad speranda ac promerenda ea qu&#230; tuis fidelibus promisisti, sensus nostros divini Spiritus infusione benedicas atque sanctifices. Effusa etenim ad nostram indulgentiam tu&#230; glorias largitate inter innumera dona atque opera Sancti Spiritus, nihil sublimius Ecclesi&#230; exordiis collatum fuisse cognoscimus, quam ut pr&#230;conium Evangelii tui ora linguis universarum gentium loquerentur. Et hoc non nisi Sancti Spiritus tui gratia revelante, qui nobis post Resurrectionis Filii tui gloriam, transactis septem hebdomadibus venit : ostendens quod etsi septiformis est, tamen in uno gradu omnium concordantium sibi virtutum summa consistit. Ac sicut septem unum in numeris est, sic septem inveniuntur in singulis. Hi sunt sine dubio septem gradus templi tui, per quos ad c&#339;lorum regna conscenditur. Hic est quinquagesimus remissionis annus olim in legis tropologiis pr&#230;dicatus. Hic est fructus messis nov&#230;, qui hodie mandatur offerri. Qui
licet ante omnia s&#230;cula semper &#230;ternus sit : tamen nobis quum innotuit, tunc novus effectus est.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Nous vous supplions donc, Seigneur, P&#232;re de la gloire, d'agr&#233;er notre confession qui s'&#233;l&#232;ve vers vous du c&#339;ur des enfants de la promesse. Daignez par l'infusion du divin Esprit, b&#233;nir et sanctifier nos &#226;mes, les rendant capables d'esp&#233;rer et de m&#233;riter la r&#233;compense que vous avez promise &#224; vos fid&#232;les. Dans l'effusion que votre munificence pleine de gloire a faite pour notre salut, entre les &#339;uvres et les dons de votre Esprit-Saint, nous ne voyons rien d&#233;plus sublime, &#224; l'origine de l'&#201;glise, que la pr&#233;dication de votre &#201;vangile accomplie par des bouches qui parlaient les langues de toutes les nations Un tel prodige ne pouvait &#234;tre produit que par la gr&#226;ce de l'Esprit-Saint, qui est venu &#224; nous sept semaines apr&#232;s la glorieuse R&#233;surrection de votre Fils, montrant ainsi que s'il est septiforme, toutes ses puissances se concentrent dans une harmonieuse unit&#233;, et que de m&#234;me que sept est &#224; part dans les nombres, ainsi sept se retrouve en chacun d'eux. De l&#224; les sept degr&#233;s de votre temple par lesquels nous entrons au royaume des deux. De l&#224; la cinquanti&#232;me ann&#233;e, celle de la r&#233;mission si c&#233;l&#232;bre dans les myst&#232;res de la loi. C'est le fruit de la moisson nouvelle qu'il nous est command&#233; d'offrir aujourd'hui. Il est avant tous les si&#232;cles, il est &#233;ternel ; mais pour nous il est devenu nouveau, quand il nous a apparu.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Nec illud sine mysterio esse significans, quod post Ascensionem Filii tui decima nobis die hoc munus infunditur, ostendens quod cultoribus vine&#230; hic esset a patrefamilias denarius repromissus. Magnum autem et pr&#230; omnibus necessarium fuit hoc tibi divini muneris signum, quod quum super capita discipulorum ignea conscendisset forma linguarum, de cordibus credentium nec dissonum aliquid faceret prodire nec tepidum ; sed pr&#230;dicatores Verbi tui et intelligentia essent unanimes, et charitate ferventes. O ignis exurendo f&#339;cundans ! Hunc igitur omnipotentem esse Dominum omnis intellectualis creatura vivificatione fatetur, cujus etiam Cherubin et Seraphin, ferventes copiosius igne, speciali ejus vocabulo sanctitatis divin&#230; magnificantes &#230;qualitatem atque omnipotentiam Trinitatis, requiem non habentes, nec tali unquam officio lassescentes, c&#339;lestium exercituum pr&#230;cinentibus choris, perenni jubilatione decantant, adorant atque magnificant, ita dicentes : Sanctus ! Sanctus ! Sanctus'&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Ce n'est pas non plus sans myst&#232;re qu'un tel don est r&#233;pandu sur nous le dixi&#232;me jour apr&#232;s l'Ascension de votre Fils ; nous y reconnaissons ce denier promis par le P&#232;re de famille aux ouvriers de la vigne. Il nous fallait ce signe imposant de votre divine bont&#233; qui s'est montr&#233;e lorsque la forme des langues apparaissant en feu sur es t&#234;tes des disciples, elle fit produire aux c&#339;urs des croyants ces nouveaux accents dans lesquels ne paraissait rien de dissonant ni de ti&#232;de. Pr&#233;dicateurs de votre Verbe, on les vit unanimes dans l'intelligence et embras&#233;s de charit&#233;. O feu qui br&#251;les et f&#233;condes en m&#234;me temps ! Toute cr&#233;ature &#233;clair&#233;e par le principe de vie confesse que ce feu est le Seigneur tout-puissant. C'est lui dont l'ardeur embrase les Ch&#233;rubins et les ardents S&#233;raphins d&#233;sign&#233;s par son nom, et qui glorifiant avec transport l'&#233;galit&#233; de la saintet&#233; divine et la toute-puissance de la Trinit&#233;, n'ont pas de repos, et sans jamais se lasser chantent, adorent et glorifient dans une jubilation &#233;ternelle, disant en commun avec les ch&#339;urs des arm&#233;es c&#233;lestes : Saint ! Saint ! Saint !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Le moyen &#226;ge des &#201;glises latines a c&#233;l&#233;br&#233; le myst&#232;re de la Pentec&#244;te dans de magnifiques S&#233;quences. Nous en ins&#233;rons quelques-unes dans le cours de l'Octave. Aujourd'hui nous reproduisons celle qui fut longtemps attribu&#233;e au pieux roi Robert. Cette pi&#232;ce int&#233;ressante, dont Notker est le v&#233;ritable auteur, a disparu des Missels romains-fran&#231;ais au XVIIe si&#232;cle, et on l'y a remplac&#233;e par la S&#233;quence romaine, Veni, Sancte Spiritus. Nous avons pens&#233; que l'on ne devait pas laisser p&#233;rir ce noble cantique dont parlent nos anciens chroniqueurs, et que tous les historiens modernes confondent &#224; l'envi avec la S&#233;quence du Missel romain, qui n'a dans sa composition et dans son rythme aucun rapport avec les S&#233;quences du XIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;S&#201;QUENCE.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sancti Spiritus&lt;br class='manualbr' /&gt;Adsit nobis gratia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Que la gr&#226;ce de l'Esprit-Saint daigne nous assister !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Qu&#230; corda nostra &lt;br class='manualbr' /&gt;Sibi faciat &lt;br class='manualbr' /&gt;Habitaculum,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Qu'elle fasse de nos c&#339;urs son habitation,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Expulsis inde &lt;br class='manualbr' /&gt;Cunctis vitiis &lt;br class='manualbr' /&gt;Spiritualibus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Qu'elle en expulse les vices de notre esprit.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Spiritus alme, &lt;br class='manualbr' /&gt;Illustrator hominum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O vous qui &#233;clairez les hommes, Esprit plein de bont&#233;,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Horridas &lt;br class='manualbr' /&gt;Nostr&#230; mentis&lt;br class='manualbr' /&gt;Purga tenebras.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Chassez les sombres t&#233;n&#232;bres qui attristent notre &#226;me.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Amator sancte &lt;br class='manualbr' /&gt;Sensatorum&lt;br class='manualbr' /&gt;Semper cogitatuum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous qui &#234;tes l'ami des sages pens&#233;es, bon et saint,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Infunde unctionem tuam&lt;br class='manualbr' /&gt;Clemens nostris sensibus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;R&#233;pandez votre onction dans nos &#226;mes.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu, purificator &lt;br class='manualbr' /&gt;Omnium flagitiorum, &lt;br class='manualbr' /&gt;Spiritus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O Esprit, c'est vous qui nous purifiez de tous nos p&#233;ch&#233;s.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Purifica nostri oculum&lt;br class='manualbr' /&gt;Interioris hominis.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Purifiez en nous l'&#339;il de l'homme int&#233;rieur,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ut videri &lt;br class='manualbr' /&gt;Supremus Genitor &lt;br class='manualbr' /&gt;Possit a nobis.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Afin que nous puissions un jour contempler le P&#232;re supr&#234;me,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Mundi cordis &lt;br class='manualbr' /&gt;Quem soli cernere &lt;br class='manualbr' /&gt;Possunt oculi.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Qu'il n'est donn&#233; de voir qu'&#224; ceux qui ont le c&#339;ur pur.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Prophetas tu inspirasti, &lt;br class='manualbr' /&gt;Ut pr&#230;conia Christi &lt;br class='manualbr' /&gt;Pr&#230;cinuissent inclyta.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;C'est vous qui avez inspir&#233; les Proph&#232;tes, et leur avez fait c&#233;l&#233;brer d'avance les louanges du Christ.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Apostolos confortasti, &lt;br class='manualbr' /&gt;Ut troph&#230;um Christi &lt;br class='manualbr' /&gt;Per totum mundum veherent.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous avez fortifi&#233; les Ap&#244;tres pour &#233;lever le troph&#233;e du Christ par le monde entier.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Quando machinam &lt;br class='manualbr' /&gt;Per Verbum suum&lt;br class='manualbr' /&gt;Fecit Deus &lt;br class='manualbr' /&gt;C&#339;li, terr&#230;, marium,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Lorsque Dieu, par son Verbe, cr&#233;a le ciel, la terre et la mer,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu, super aquas &lt;br class='manualbr' /&gt;Foturus eas, &lt;br class='manualbr' /&gt;Numen Tuum expandisti, &lt;br class='manualbr' /&gt;Spiritus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous f&#238;tes planer votre divinit&#233; sur les eaux pour les f&#233;conder, &#244; Esprit !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu animabus &lt;br class='manualbr' /&gt;Vivificandis&lt;br class='manualbr' /&gt;Aquas f&#339;cundas.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Maintenant vous donnez &#224; ces eaux la vertu de vivifier les &#226;mes.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu aspirando &lt;br class='manualbr' /&gt;Das spiritales&lt;br class='manualbr' /&gt;Esse homines.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Votre souffle rend les hommes spirituels.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu divisum &lt;br class='manualbr' /&gt;Per linguas mundum et ritus &lt;br class='manualbr' /&gt;Adunasti, Domine.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le monde divis&#233; en diverses langues et en divers cultes, vous l'avez r&#233;uni en un seul, &#244; Seigneur !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Idololatras &lt;br class='manualbr' /&gt;Ad cultum Dei revocas.&lt;br class='manualbr' /&gt;Magistrorum optime.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O Docteur rempli de bont&#233;, c'est vous qui avez rappel&#233; les idol&#226;tres au culte du vrai Dieu.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ergo nos &lt;br class='manualbr' /&gt;Supplicantes tibi&lt;br class='manualbr' /&gt;Exaudi propitius, &lt;br class='manualbr' /&gt;Sancte Spiritus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Daignez donc, Esprit-Saint, exaucer nos supplications.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sine quo preces omnes &lt;br class='manualbr' /&gt;Cass&#230; creduntur &lt;br class='manualbr' /&gt;Et indign&#230; Dei auribus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Sans vous toutes nos pri&#232;res seraient vaines et indignes de monter jusqu'&#224; l'oreille de Dieu.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu qui &lt;br class='manualbr' /&gt;Omnium s&#230;culorum sanctos&lt;br class='manualbr' /&gt;Tui numinis docuisti instinctu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Amplectendo Spiritus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;C'est vous qui, par vos divines caresses, avez instruit et dirig&#233; les saints dans tous les si&#232;cles, &#244; Esprit !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ipse hodie &lt;br class='manualbr' /&gt;Apostolos Christi&lt;br class='manualbr' /&gt;Donans munere insolito&lt;br class='manualbr' /&gt;Et cunctis inaudito s&#230;culis,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;D&#233;corant aujourd'hui les Ap&#244;tres de dons nouveaux et inconnus aux &#226;ges pr&#233;c&#233;dents,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Hunc diem gloriosum fecisti.&lt;br class='manualbr' /&gt;Amen&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous avez rendu ce jour glorieux &#224; jamais. Amen.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&lt;/h2&gt;&lt;center&gt;Station &#224; Saint-Pierre.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;En ce jour, moyennant l'effusion de l'Esprit Saint, J&#233;sus, ressuscit&#233; des morts et assis &#224; la droite du P&#232;re, communique aux membres de son corps mystique sa vie divine. Ainsi l'&#201;glise qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, vagissait comme en un berceau entre les murs &#233;troits du C&#233;nacle, ayant atteint son enti&#232;re perfection, toute rayonnante de saintet&#233; et de v&#233;rit&#233;, fait sa premi&#232;re apparition au monde. Le Saint-Esprit qui p&#233;n&#232;tre aujourd'hui ses membres vierges lui communique la vie de J&#233;sus, l'associant &#224; son id&#233;al et &#224; son &#339;uvre r&#233;demptrice ; aussi saint Paul a-t-il pu dire que les labeurs apostoliques des ouvriers de l'&#201;vangile font partie de l'&#339;uvre de la R&#233;demption ; bien plus, le Sauveur sur le chemin de Damas a d&#233;clar&#233; au m&#234;me Ap&#244;tre qu'il &#233;tait pers&#233;cut&#233; lui-m&#234;me et souffrait dans les membres de son &#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le protagoniste de la premi&#232;re Pentec&#244;te chr&#233;tienne est Pierre, autour de qui se serre le petit troupeau de Sion : il commence aujourd'hui l'exercice de la primaut&#233; pontificale en annon&#231;ant le premier la nouvelle &#233;vang&#233;lique aux repr&#233;sentants des diverses nations sans distinction de patrie ni d'origine, sans diff&#233;rence de fronti&#232;res, de royaumes ou de cit&#233;s ; au nom de l'&#201;glise enti&#232;re, c'est &#233;galement Pierre qui proteste contre la vulgaire calomnie d'&#233;bri&#233;t&#233; lanc&#233;e contre les ap&#244;tres ; c'est lui enfin qui, dans cette premi&#232;re pr&#233;dication, convertit et baptise les trois mille premiers n&#233;ophytes qui augmentent la famille du Nazar&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la station de ce jour, &#224; la diff&#233;rence de celle de P&#226;ques, est dans la basilique vaticane, o&#249;, autrefois, le Pape c&#233;l&#233;brait les premi&#232;res v&#234;pres, les vigiles nocturnes et la messe. Selon le rit romain des plus grandes solennit&#233;s de l'ann&#233;e, cette nuit l'office vigilial &#233;tait double : d'abord on en c&#233;l&#233;brait un dans l'hypog&#233;e o&#249; l'on v&#233;n&#233;rait la ch&#226;sse s&#233;pulcrale de l'Ap&#244;tre, puis un second &#224; l'autel majeur. En ce dernier office qui &#233;tait le plus solennel, les chanoines chantaient la premi&#232;re le&#231;on, les cardinaux la seconde et le Pape lui-m&#234;me la troisi&#232;me. Apr&#232;s la messe, le Pontife &#233;tait couronn&#233; du regnum et retournait processionnellement au Latran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intro&#239;t, emprunt&#233; &#224; la Sagesse (I, 7), demande &#224; &#234;tre go&#251;t&#233; &#224; travers la m&#233;lodie &#224; la fois majestueuse et joyeuse dont l'orna l'antique g&#233;nie musical gr&#233;gorien. On sait que tous les textes actuels du Missel et du Br&#233;viaire sont rev&#234;tus de riches m&#233;lodies. De m&#234;me que celui qui veut go&#251;ter une &#339;uvre th&#233;&#226;trale ne se borne pas &#224;-lire le livret du po&#232;te, mais doit entendre la musique et voir la mise en sc&#232;ne de l'&#339;uvre, ainsi, pour bien saisir la beaut&#233;, le g&#233;nie de la sainte liturgie, sa puissance d'action sur le peuple chr&#233;tien, faut-il la voir int&#233;gralement reproduite dans toute la splendeur que lui donnent l'&#233;difice, les ministres sacr&#233;s, leurs v&#234;tements, les chants, les harmonies et les rites, et ne pas se contenter d'en juger d'apr&#232;s quelque r&#233;duction amoindrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'esprit de Dieu a rempli la terre, et ce cosmos qui contient tout dit des paroles de sagesse. &#187; Cela fut dit d'abord de la sagesse et de la bont&#233; dont Dieu a laiss&#233; de profondes traces dans la cr&#233;ation, mais convient beaucoup plus encore &#224; l'ordre surnaturel auquel Dieu nous a &#233;lev&#233;s. Le Seigneur a r&#233;pandu son Paraclet sur tous les chr&#233;tiens ; la pr&#233;dication &#233;vang&#233;lique, moyennant laquelle le Saint-Esprit initie les croyants aux intimes secrets de la Divinit&#233;, a retenti dans tous les royaumes, jusqu'aux derniers confins du monde ; et aujourd'hui, gr&#226;ce &#224; son cat&#233;chisme, une pauvre vieille femme de village en sait plus sur Dieu et sur sa propre fin derni&#232;re que tous les anciens sages d'Ath&#232;nes et de Rome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le beau psaume 67 suit l'antienne : &#171; Que Dieu se l&#232;ve et que ses adversaires soient mis en d&#233;route ; que ceux qui l'ont ha&#239; fuient devant lui. &#187; Cet hymne de guerre convient fort bien &#224; la manifestation sur terre du Paraclet. Il est venu venger l'innocence de J&#233;sus, et il le fait en comblant l'&#201;glise d'une telle transcendance de saintet&#233;, qu'elle forme comme un feu pr&#233;ludant au jugement final des ennemis de Dieu. Celui qui ne croit pas et n'aime pas a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; jug&#233; par le Paraclet. Il s'est mis de lui-m&#234;me hors de la voie du salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte est la suivante : &#171; O Dieu qui, en ce jour, avez enseign&#233; les c&#339;urs de vos disciples par les lumi&#232;res du Paraclet, accordez-nous, gr&#226;ce &#224; son assistance, de penser avec rectitude, et ainsi d'avoir part &#233;galement &#224; ses consolations. &#187; L'&#201;glise demande ici deux gr&#226;ces : la premi&#232;re est le sens des choses de Dieu, ce qui d&#233;note une certaine sant&#233; spirituelle et est la cons&#233;quence de la vie int&#233;rieure que le Paraclet alimente dans notre &#226;me. La seconde est de recevoir le r&#233;confort de l'Esprit Saint qui s'appelle pr&#233;cis&#233;ment Paraclet parce que J&#233;sus nous l'a donn&#233; pour nous encourager &#224; soutenir les luttes de la vie chr&#233;tienne, par ses consolations spirituelles, et nous d&#233;tourner de chercher celles de la nature corrompue, lesquelles nous seraient nuisibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la lecture tir&#233;e des Actes des Ap&#244;tres (II, 1-11) il est question du miracle de la descente du Saint-Esprit sur les Ap&#244;tres. Il faut en remarquer les circonstances. Les Onze s'y &#233;taient pr&#233;par&#233;s par leur retraite de dix jours dans la compagnie et sous les auspices de la Tr&#232;s Sainte Vierge. Ils vivaient en commun, dans la paix et l'harmonie, sous l'ob&#233;issance de Pierre. Ils vaquaient &#224; la pri&#232;re durant l'heure de Tierce. L'Esprit Saint descendit sur eux sous la forme de langues de feu. Que doit nous enseigner tout cet ensemble de circonstances, sinon l'esprit de recueillement, une tendre d&#233;votion &#224; la sainte Vierge, une soumission absolue au Vicaire du Christ, un grand amour pour la concorde et pour la charit&#233; fraternelle, m&#234;me au prix de notre trop susceptible personnalit&#233;, et enfin une ardeur infatigable pour la pri&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; les meilleures conditions pour obtenir le don de l'amour de Dieu. C'est aussi ce qui nous est demand&#233;, afin que l'Esprit Saint nous transforme en ap&#244;tres, ce dont b&#233;n&#233;ficiera notre prochain &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset all&#233;luiatique est tir&#233; du psaume 103, pr&#233;cis&#233;ment comme l'&lt;a href='https://introibo.fr/spip.php?article945'&gt;offertoire de cette nuit&lt;/a&gt;. Le Saint-Esprit change l'aspect de la terre, puisque, de fils d'Adam p&#233;cheur il nous &#233;l&#232;ve &#224; la hauteur vertigineuse de fils de Dieu. Le r&#232;gne du p&#233;ch&#233; et le r&#233;gime de la douloureuse servitude &#233;tant d&#233;truits, l'&#232;re messianique commence dans le monde. La nature elle-m&#234;me semble se h&#226;ter de devancer par ses v&#339;ux ce jour o&#249; elle sera veng&#233;e de la honte o&#249; maintenant elle est retenue captive par le p&#233;cheur, alors que celui-ci se sert d'elle pour des fins d&#233;r&#233;gl&#233;es, et, malgr&#233; elle, la d&#233;flore et la prostitue &#224; ses propres passions. C'est saint Paul qui, dans une pens&#233;e pleine d'&#233;nergie, nous repr&#233;sente cette cr&#233;ation regardant au loin, dans l'attente de son lib&#233;rateur : Exspectatio enim creaturae revelationem filiorum Dei exspectat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Aussi la cr&#233;ature attend-elle d'une vive attente la manifestation des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Enfin viendra le jour de la revanche, quand la nature tout enti&#232;re se l&#232;vera en armes avec son Cr&#233;ateur pour tirer vengeance de son injuste oppresseur : Et armabit creaturam ad ultionem inimicorum, et pugnabit pro illo or bis terrarum contra insensatos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Il armera les cr&#233;atures pour se venger de ses ennemis, et tout l'univers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Toutefois cette r&#233;habilitation de la cr&#233;ature commence d&#233;j&#224;, puisque, comme l'&#201;glise le dit au Martyrologe le jour de No&#235;l, J&#233;sus mundum volens adventu suo piissimo consecrare&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Voulant consacrer le monde par sa tr&#232;s sainte venue. &#187;&#034; id=&#034;nh2-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, a d&#233;cid&#233; que la terre serait le th&#233;&#226;tre des myst&#232;res de sa vie, de sa passion et de sa mort. En outre, par les sacrements et les sacramentaux, il a &#233;lev&#233; la mati&#232;re &#224; la dignit&#233; de v&#233;hicule par quoi est transmise aux fid&#232;les la gr&#226;ce cm Saint-Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi cette nature qui, au commencement, par ses attraits, s&#233;duisit et &#233;gara l'homme, et fut envelopp&#233;e dans sa mal&#233;diction, est b&#233;nie par le Paraclet dans le Nouveau Testament, et concourt ainsi &#224; la sanctification de ceux qui s'en servent loyalement avec foi et avec une &#226;me reconnaissante envers Dieu qui nous l'a conc&#233;d&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset pr&#233;c&#233;dant l'&#201;vangile est, par le texte et par la m&#233;lodie, parmi les plus inspir&#233;s de tout l'Antiphonaire Gr&#233;gorien. La liturgie le r&#233;p&#232;te &#224; l'occasion de la cons&#233;cration des nouveaux autels, lorsque, sur la table encore humide de saint Chr&#234;me, on fait br&#251;ler cinq petits cierges pos&#233;s, en forme de croix, chacun sur un grain d'encens. Tout l'autel appara&#238;t alors envelopp&#233; de flammes rappelant le feu c&#233;leste qui dans l'Ancien Testament consumait parfois les victimes. &#171; All&#233;luia. Venez, &#244; divin Esprit, remplissez les c&#339;urs de vos fid&#232;les, et tous les chr&#233;tiens le sont, parce que le bapt&#234;me dans la Trinit&#233; les consacre d&#233;finitivement &#224; la gloire et &#224; la saintet&#233; du P&#232;re, du Fils et du Saint-Esprit. Allumez en eux la flamme du divin amour, ou mieux, soyez vous-m&#234;me cette flamme inextinguible qui d&#233;truise dans notre c&#339;ur toutes les scories, toute la paille, tout ce qui n'est pas m&#233;tal &#233;lu et ne sert pas, comme dit saint Paul, &#224; la construction de l'&#233;difice spirituel du temple divin qui doit s'&#233;lever en nous. &#187; Il est prescrit par la rubrique que cette invocation &#224; l'Esprit Saint, pleine de tendresse, soit chant&#233;e &#224; genoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence qui figure aujourd'hui au Missel est attribu&#233;e par quelques-uns &#224; Innocent III ; en tout cas, elle en remplace une autre qui &#233;tait fort belle : Sancti Spiritus adsit nobis gratia, mentionn&#233;e dans les Ordines Romani du XVe si&#232;cle et dont l'auteur est le fameux moine Notker. On raconte que, lorsqu'on 1215, Innocent III entendit cette composition m&#233;lodique pleine d'une si grande d&#233;votion, il s'&#233;tonna que son auteur n'ait pas encore &#233;t&#233; canonis&#233;. Voici ce texte c&#233;l&#232;bre qui, &#224; une &#233;poque trouva place, lui aussi, dans le Missel de Rome. Il faut remarquer que c'est une prose musicale et rythmique, &#224; l'imitation des compositions du m&#234;me genre d'origine byzantine. Le texte seul ne dit pas grand'chose, il faut tenir compte de son rev&#234;tement m&#233;lodique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dom Gu&#233;ranger donne aussi ce texte dans son commentaire plus haut : mais il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sancti Spiritus&lt;/td&gt;&lt;td&gt;De l'Esprit Saint&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Adsit nobis gratia,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Que nous assiste la gr&#226;ce&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Qu&#230; corda nostra sibi&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Pour que nos c&#339;urs&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Faciat habitaculum,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Deviennent son habitation,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Expulsis inde cunctis&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&#201;tant d'elle tous expuls&#233;s&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Vitiis spiritualibus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Les vices spirituels.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Spiritus alme, illustrator hominum,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Esprit Saint, lumi&#232;re des hommes.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Horridas nostr&#230; mentis&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Chassez de notre &#226;me&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Purga tenebras.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Les horribles t&#233;n&#232;bres.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Amator sancte sensatorum&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous qui aimez toujours&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Semper cogitatuum,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Les pens&#233;es judicieuses,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Infunde unctionem tuam&lt;/td&gt;&lt;td&gt;R&#233;pandez votre onction&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Clemens nostris sensibus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Avec cl&#233;mence dans nos sens.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu, purificator omnium&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous Esprit purificateur&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Flagitiorum, Spiritus,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;De toutes les hontes,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Purifica nostri oculum&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Purifiez l'&#339;il&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Interioris hominis.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;De notre homme int&#233;rieur.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ut videri supremus&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Afin que puisse &#234;tre vu &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Genitor possit a nobis,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Par nous, le P&#232;re&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Mundi cordis quem soli&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Que seuls peuvent voir&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Cernere possunt oculi.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Les yeux des c&#339;urs purs.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Prophetas tu inspirasti, ut pr&#230;conia&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous avez inspir&#233; les Proph&#232;tes afin qu'ils c&#233;l&#233;brassent &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Christi pr&#230;cinuissent inclita.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Les louanges illustres du Christ.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Apostolos confortasti, ut troph&#230;um&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous avez r&#233;confort&#233; les Ap&#244;tres,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Christi per totum mundum veherent.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Afin qu'ils portent &#224; travers tout le monde le troph&#233;e du Christ.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Quando machinam per Verbum suum&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Quand Dieu fit par son Verbe&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Fecit Deus c&#339;li, terr&#230;, maris,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le ciel, la terre, la mer,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu, super aquas foturus eas, numen&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous, planant sur les eaux,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tuum expandisti, Spiritus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous avez &#233;tendu votre puissance &#244; Esprit.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu animabus vivificandis&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Pour vivifier les &#234;tres,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Aquas f&#339;cundas.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous f&#233;condez les eaux.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu adspirando da spiritales&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Par votre souffle vous donnez&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Esse homines,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Aux hommes d'&#234;tre spirituels.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu divisum per linguas mundum&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le monde divis&#233; par les langues&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Et ritus adunasti, Spiritus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Et par les m&#339;urs, vous l'avez r&#233;uni, &#244; Esprit.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Idololatras ad cultum Dei revocas.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous appelez au culte de Dieu les idol&#226;tres.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Magistrorum optime,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O le meilleur des ma&#238;tres,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ergo nos supplicantes tibi&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Nous vous supplions donc,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Exaudi propitius, sancte Spiritus, &lt;/td&gt;&lt;td&gt;Exaucez-nous favorablement, Esprit Saint,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sine quo preces omnes cass&#230;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Sans qui toutes les pri&#232;res sont vaines,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Creduntur et indign&#230; Dei auribus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Et indignes des oreilles de Dieu, nous le croyons.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tu qui omnium s&#230;culorum sanctos&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous qui, dans tous les si&#232;cles, avez enseign&#233; les saints&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tui numinis docuisti instinctu,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Par une impulsion de votre volont&#233;,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Amplectendo spiritus,&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Les entourant de l'Esprit ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ipse hodie Apostolos Christi&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Aujourd'hui, aux Ap&#244;tres du Christ&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Donans munere insolito&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Donnant un pr&#233;sent inaccoutum&#233;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Et cunctis inaudito s&#230;culis&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Et inou&#239; &#224; travers les si&#232;cles,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Hunc diem gloriosum fecisti.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous avez fait ce jour glorieux.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Voici le texte de la pieuse s&#233;quence qui a &#233;t&#233; accueillie dans le Missel Romain r&#233;form&#233; par saint Pie V :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Veni, Sancte Sp&#237;ritus,&lt;br class='manualbr' /&gt;et em&#237;tte c&#509;litus&lt;br class='manualbr' /&gt;lucis tu&#230; r&#225;dium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Venez &#244; Saint-Esprit,&lt;br class='manualbr' /&gt;Et envoyez du ciel&lt;br class='manualbr' /&gt;Un rayon de votre lumi&#232;re.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Veni, pater p&#225;uperum ;&lt;br class='manualbr' /&gt;veni, dator m&#250;nerum ;&lt;br class='manualbr' /&gt;veni, lumen c&#243;rdium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Venez, P&#232;re des pauvres,&lt;br class='manualbr' /&gt;Venez, distributeur des dons,&lt;br class='manualbr' /&gt;Venez, lumi&#232;re des c&#339;urs.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Consol&#225;tor &#243;ptime,&lt;br class='manualbr' /&gt;dulcis hospes &#225;nim&#230;,&lt;br class='manualbr' /&gt;dulce refrig&#233;rium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Tr&#232;s bon Consolateur,&lt;br class='manualbr' /&gt;Doux h&#244;te de l'&#226;me,&lt;br class='manualbr' /&gt;Doux rafra&#238;chissement.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;In lab&#243;re r&#233;quies,&lt;br class='manualbr' /&gt;in &#230;stu temp&#233;ries,&lt;br class='manualbr' /&gt;in fletu sol&#225;cium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous &#234;tes le repos dans le labeur,&lt;br class='manualbr' /&gt;Abri dans les ardeurs br&#251;lantes. &lt;br class='manualbr' /&gt;Consolation dans les pleurs.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;O lux beat&#237;ssima,&lt;br class='manualbr' /&gt;reple cordis &#237;ntima&lt;br class='manualbr' /&gt;tu&#243;rum fid&#233;lium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O lumi&#232;re bienheureuse,&lt;br class='manualbr' /&gt;Remplissez jusqu'au plus intime les c&#339;urs&lt;br class='manualbr' /&gt;De vos fid&#232;les.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sine tuo n&#250;mine&lt;br class='manualbr' /&gt;nihil est in h&#243;mine,&lt;br class='manualbr' /&gt;nihil est inn&#243;xium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Sans votre volont&#233;,&lt;br class='manualbr' /&gt;Il n'est rien dans l'homme, &lt;br class='manualbr' /&gt;Rien d'innocent.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Lava quod est s&#243;rdidum,&lt;br class='manualbr' /&gt;riga quod est &#225;ridum,&lt;br class='manualbr' /&gt;sana quod est s&#225;ucium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Purifiez ce qui est souill&#233;,&lt;br class='manualbr' /&gt;Arrosez ce qui est aride,&lt;br class='manualbr' /&gt;Gu&#233;rissez ce qui est bless&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Flecte quod est r&#237;gidum,&lt;br class='manualbr' /&gt;fove quod est fr&#237;gidum,&lt;br class='manualbr' /&gt;rege quod est d&#233;vium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Ployez ce qui est rigide,&lt;br class='manualbr' /&gt;R&#233;chauffez ce qui est froid,&lt;br class='manualbr' /&gt;Ramenez ce qui est &#233;gar&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Da tuis fid&#233;libus,&lt;br class='manualbr' /&gt;in te confid&#233;ntibus,&lt;br class='manualbr' /&gt;sacrum septen&#225;rium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Donnez &#224; vos fid&#232;les,&lt;br class='manualbr' /&gt;Qui se confient en vous,&lt;br class='manualbr' /&gt;Vos sept dons sacr&#233;s.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Da virt&#250;tis m&#233;ritum,&lt;br class='manualbr' /&gt;da sal&#250;tis &#233;xitum,&lt;br class='manualbr' /&gt;da per&#233;nne g&#225;udium.&lt;br class='manualbr' /&gt;Amen. Allel&#250;ia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Donnez le m&#233;rite de la vertu,&lt;br class='manualbr' /&gt;Donnez l'issue du salut,&lt;br class='manualbr' /&gt;Donnez la joie &#233;ternelle.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ainsi soit-il. All&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;On r&#233;p&#232;te cette s&#233;quence pendant toute l'octave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture &#233;vang&#233;lique est emprunt&#233;e &#224; saint Jean (XIV, 23-31). Si quelqu'un aime vraiment J&#233;sus, si bien qu'en lui ce feu sacr&#233; de la charit&#233; ait d&#233;vor&#233; tout autre &#233;l&#233;ment terrestre d&#233;sordonn&#233;, alors le r&#232;gne de Dieu arrive dans son c&#339;ur &#224; son plein et stable d&#233;veloppement. C'est la divine Trinit&#233; qui vient &#233;tablir en lui sa mystique demeure, gr&#226;ce &#224; une union tr&#232;s forte et tr&#232;s intime de l'&#226;me avec Dieu. Le n&#339;ud de cette union entre l'&#226;me, fianc&#233;e &#224; J&#233;sus, et son virginal &#201;poux, c'est l'Esprit Saint, qui, avec une surabondance de ses charismes, dispose l'heureuse cr&#233;ature au jour fortun&#233; de ses noces d&#233;finitives avec Dieu. Un tel &#233;tat, observent les mystiques, est tr&#232;s &#233;lev&#233;, et rares sont les &#226;mes qui y arrivent, faute de g&#233;n&#233;rosit&#233; pour se donner tout enti&#232;res &#224; Dieu et se laisser emporter par son Esprit dans des r&#233;gions plus hautes que la pauvre nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus continue dans le saint &#201;vangile &#224; d&#233;crire la mission ordinaire du Paraclet au milieu des fid&#232;les. Il doit compl&#233;ter la formation des Ap&#244;tres et, moyennant l'ind&#233;fectible assistance qu'il pr&#234;te &#224; l'&#201;glise enseignante, il doit ainsi conf&#233;rer un caract&#232;re d'&#233;ternit&#233; &#224; cette joyeuse annonce de l'&#201;vangile du Royaume, ordonn&#233; au salut des &#226;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Ap&#244;tres s'attristent du d&#233;part imminent de J&#233;sus. Ils consid&#232;rent ce fait selon le jugement de la raison humaine, sans s'&#233;lever jusqu'aux r&#233;gions sup&#233;rieures de la foi, o&#249; l'on entrevoit la sainte humanit&#233; de J&#233;sus glorifi&#233;e par le P&#232;re. Cette glorification du Chef commence aussi celle des membres, en sorte que les Ap&#244;tres, au lieu de se lamenter, devraient se r&#233;jouir du d&#233;part du divin Ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas n&#233;cessaire d'insister sur les circonstances qui accompagnent ce d&#233;part, c'est-&#224;-dire la haine de Satan, qui incite ses adeptes &#224; mettre J&#233;sus &#224; mort. Une feuille ne tombe pas sans que Dieu le veuille. J&#233;sus ne succombe pas &#224; la col&#232;re du d&#233;mon, qui effectivement n'a sur lui aucun droit ni aucun pouvoir. Si J&#233;sus mourut, ce ne fut pas par la volont&#233; des juifs et du diable leur p&#232;re, mais plut&#244;t parce que, librement, il daigna prendre sur lui les p&#233;ch&#233;s du genre humain, s'offrant &#224; Dieu sur l'autel de la Croix, Victime agr&#233;able et volontaire, hostie d'adoration glorifiant la saintet&#233; du P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour l'offertoire est tir&#233;e du psaume 67. La sc&#232;ne survenue dans le C&#233;nacle de J&#233;rusalem &#8212; le premier temple chr&#233;tien &#8212; n'a pas un caract&#232;re transitoire ; elle inaugure une &#233;conomie stable d'amour et de salut, puisque, au moyen des Ap&#244;tres, Dieu donne encore aux fid&#232;les cette brillante &#963;&#966;&#961;&#945;&#947;&#943;&#962;, c'est-&#224;-dire ce sceau spirituel et pr&#233;cieux qui est le gage ind&#233;fectible de notre adoption comme fils de Dieu. Le peuple chr&#233;tien devient donc une famille de rois. Il offre au Seigneur les dons m&#234;mes qui lui conviennent &#8212; nous sommes au moment de l'offertoire. Ces dons sont justement symbolis&#233;s par les oblations qu'on pr&#233;sente &#224; l'autel, gr&#226;ce auxquelles le sacrifice du peuple est uni &#224; celui du Christ, tout comme dans le calice sacr&#233; l'eau est m&#233;lang&#233;e avec le suc de la vigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte sur les oblations est identique &#224; celle de cette nuit. On y demande deux choses au Seigneur : que le feu du Paraclet consume le sacrifice de notre c&#339;ur qui, gr&#226;ce au don de la pi&#233;t&#233;, se consacre tout &#224; Dieu et commence &#224; vibrer, holocauste perp&#233;tuel, uniquement pour lui ; et aussi que ce m&#234;me Paraclet descende sur l'offrande que nous venons de d&#233;poser sur le saint autel, afin que les sentiments d'intense d&#233;votion qu'il nous inspire fassent de l'Eucharistie un sacrement utile et efficace pour notre sanctification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant toute l'octave de la Pentec&#244;te on ins&#232;re dans le Canon cons&#233;cratoire les comm&#233;moraisons du Saint-Esprit que nous avons d&#233;j&#224; reproduites en parlant de la &lt;a href='https://introibo.fr/spip.php?article945'&gt;messe de la vigile&lt;/a&gt;. Cette fois, de telles &#233;vocations de la primitive Pentec&#244;te chr&#233;tienne dans le C&#233;nacle sur la colline de Sion sont d'autant plus &#233;mouvantes qu'on pense &#224; la fonction sp&#233;ciale accomplie par le Saint-Esprit sur le Calvaire. Dans les ardeurs de son ineffable saintet&#233;, il consuma alors la divine Victime qui, per Spiritum Sanctum semetipsum obtulit immaculatum Deo&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Par l'Esprit-Saint s'est offert Lui-m&#234;me sans tache &#224; Dieu &#187; &#187; Heb. 9, 14.&#034; id=&#034;nh2-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aussi les P&#232;res, invoquant le Paraclet dans les antiques &#233;picl&#232;ses eucharistiques, l'invitaient-ils &#224; descendre sur l'autel et &#224; couvrir de son ombre les oblations sacr&#233;es, &#224; titre de testis passionum Christi tui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; T&#233;moin des souffrances de votre Christ. &#187; Cf. I Petr. 5, 1.&#034; id=&#034;nh2-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est toujours la fonction du Saint-Esprit : Ille testimonium perhibebit de me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Il rendra t&#233;moignage de moi. &#187; Jn. 15, 26.&#034; id=&#034;nh2-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Lui qui connaissait bien l'ineffable martyre du Crucifi&#233;, puisqu'il l'avait sanctifi&#233; de ses ardeurs, doit maintenant en rendre t&#233;moignage au monde. Et de quelle mani&#232;re ? En assurant dans les &#226;mes les effets de la r&#233;demption au moyen de l'effusion des dons charismatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour la Communion est tir&#233;e de la lecture des Actes des Ap&#244;tres. On entendit une rumeur, comme le bruit d'un ouragan imp&#233;tueux. Les disciples furent remplis du Saint-Esprit et commenc&#232;rent &#224; publier les grandeurs de Dieu. Le vent imp&#233;tueux est l&#224; pour indiquer la force et en m&#234;me temps la suavit&#233; de la motion de l'Esprit Saint. La force, car qui peut r&#233;sister &#224; Dieu ? La suavit&#233;, parce que cette motion n'entra&#238;ne avec soi aucune violation de la libert&#233; de l'arbitre humain, mais c'est Dieu m&#234;me qui le forme et le dirige selon son bon plaisir. Il ne nous meut pas contre notre vouloir &#8212; ce serait nous faire violence &#8212; mais il nous donne de vouloir le bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte eucharistique est celle de la messe de la vigile. L'Esprit Saint est compar&#233; &#224; une ros&#233;e d&#233;licieuse qui, tout en effa&#231;ant les taches de notre c&#339;ur, le rend f&#233;cond pour faire le bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans cette ros&#233;e, notre pauvre c&#339;ur est comme un terrain br&#251;l&#233; par le soleil. Le feu impur de la concupiscence le dess&#232;che et en fait une masse pierreuse o&#249; ne peut germer aucune herbe. L'Esprit Saint survient et &#233;teint ces profanes ardeurs ; la terre dess&#233;ch&#233;e du c&#339;ur re&#231;oit alors la bienfaisante ros&#233;e c&#233;leste et le Saint-Esprit y d&#233;pose les germes des vertus les meilleures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tertullien a d&#233;fini le Chr&#233;tien : un compos&#233; de corps, d'&#226;me et d'Esprit Saint. Cette phrase semble paradoxale, mais elle doit &#234;tre expliqu&#233;e dans le sens o&#249; l'entendait son auteur. C'est l'Esprit Saint qui, par sa gr&#226;ce, &#233;l&#232;ve int&#233;rieurement l'&#226;me &#224; l'&#234;tre surnaturel de fille adoptive de Dieu. La motion du Paraclet est donc ce qui d&#233;termine tous nos actes m&#233;ritoires ; en sorte que, quand nous invoquons J&#233;sus, quand nous g&#233;missons &#224; ses pieds, quand nous souffrons, quand nous agissons pour Dieu, c'est toujours le Saint-Esprit qui prie, g&#233;mit, op&#232;re en nous. En outre c'est lui qui testimonium reddit spiritui nostro quod sumus filii Dei&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'Esprit Lui-m&#234;me rend t&#233;moignage &#224; notre esprit que nous sommes enfants (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; bien plus, c'est pr&#233;cis&#233;ment le Spiritum Filii sui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'Esprit de son Fils. &#187; Gal. 4, 6.&#034; id=&#034;nh2-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que Dieu a r&#233;pandu en nous pour nous donner part, avec J&#233;sus, au caract&#232;re de fils de pr&#233;dilection. Ce m&#234;me Esprit qui, durant notre vie, habite en nous et nous imprime l'impulsion vers le ciel, ne termine pas son &#339;uvre &#224; notre mort. Au dernier jour, il exige la r&#233;&#233;dification du temple mystique qu'il s'est form&#233; dans l'&#226;me croyante, et cela propter inhabitantem Spiritum eius in nobis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Par son Esprit qui habite en nous. &#187; Cf. Rom. 8, 11.&#034; id=&#034;nh2-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA GRANDE F&#202;TE DE LA PENTEC&#212;TE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Pentec&#244;te (d'un mot grec qui veut dire le cinquanti&#232;me jour) est l'octave double et jubilaire de la f&#234;te de P&#226;ques (7 X 7 + 1). C'est en m&#234;me temps le second point culminant du cycle festival de P&#226;ques. La Pentec&#244;te n'est donc pas une f&#234;te ind&#233;pendante ; c'est l'ach&#232;vement et la conclusion de la f&#234;te de P&#226;ques. Nous pourrions peut-&#234;tre dire que la Pentec&#244;te est pour P&#226;ques ce que l'&#201;piphanie est pour No&#235;l. Il faut cependant tenir compte de la diff&#233;rence essentielle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Tome Ier : &#171; Les deux cycles festivaux de l'ann&#233;e liturgique sont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous voulions &#233;tablir un parall&#232;le, nous pourrions dire : A P&#226;ques, le Christ, le divin Soleil, s'est lev&#233; ; &#224; la Pentec&#244;te, il est &#224; son z&#233;nith, il chauffe, m&#251;rit et apporte la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien une autre comparaison. A P&#226;ques, le jardin de l'&#201;glise est dans sa plus riche floraison avec les nouveaux baptis&#233;s et les chr&#233;tiens renouvel&#233;s. A la Pentec&#244;te, les fleurs sont devenues des fruits qui chargent les branches des arbres. Le jardinier est le Sauveur J&#233;sus-Christ qui fait pousser les jeunes plantes ; le soleil qui a fait m&#251;rir les fruits, c'est le Saint-Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une troisi&#232;me comparaison. A P&#226;ques, nous sommes n&#233;s de nouveau, comme enfants de Dieu. Comme des enfants nouveau-n&#233;s, nous ne demandions que le lait maternel de l'Eucharistie, nous grandissions dans la maison natale de l'&#201;glise, heureux et insouciants comme des enfants. Mais nous avons grandi. L'&#201;glise notre M&#232;re, n'a pas tard&#233; &#224; nous avertir que cet heureux temps passe, que nous sommes ici-bas des p&#232;lerins et des &#233;trangers, qu'il nous faudra souffrir et endurer des peines (elle nous a donn&#233; cet avertissement, &lt;a href='https://introibo.fr/spip.php?article272'&gt;le troisi&#232;me dimanche apr&#232;s P&#226;ques&lt;/a&gt;). A la Pentec&#244;te, nous sommes d&#233;clar&#233;s majeurs. C'est ce que signifie aussi le sacrement de la maturit&#233;, la Confirmation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ancien Testament avait d&#233;j&#224; sa f&#234;te de la Pentec&#244;te qu'on appelait aussi la f&#234;te des semaines. C'&#233;tait une f&#234;te d'action de gr&#226;ces pour la moisson, c'&#233;tait le m&#233;morial de la promulgation de la loi sur le mont Sina&#239;, dans le d&#233;sert. C'&#233;tait une figure de la f&#234;te chr&#233;tienne de la Pentec&#244;te. C'est maintenant aussi que commence la moisson, la moisson des &#226;mes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la Pentec&#244;te, commencent aussi le travail et l'action du Saint-Esprit. Le Sauveur a promis, avant de nous quitter, qu'il ne nous laisserait pas orphelins, mais qu'il nous enverrait un autre Paraclet ou consolateur qui nous enseignerait tout et nous rappellerait tout. C'est pourquoi la Pentec&#244;te est la f&#234;te du Saint-Esprit. Il importe de nous rappeler, de nouveau, son action dans l'&#201;glise et dans les &#226;mes. Pensons donc davantage au Saint-Esprit que nous rencontrons partout. Il demeure dans notre &#226;me et, depuis le bapt&#234;me, il fait de notre corps et de notre &#226;me son temple, la maison de Dieu ; &#171; Ne savez-vous pas que vos corps sont les temples du Saint-Esprit qui demeure en vous ? Portez donc et honorez Dieu dans votre corps &#187;. Quelle vie sainte nous m&#232;nerions si nous avions toujours conscience que le Saint-Esprit demeure en nous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#201;glise, son action embrasse tout. Il nous sanctifie par les sacrements, surtout par la sainte Eucharistie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Christ est au ciel. Il y participe au gouvernement du monde, il y est notre m&#233;diateur aupr&#232;s du P&#232;re. Mais son &#201;glise sur la terre est dirig&#233;e et conduite par le Saint Esprit. Dans l'Eucharistie, le Christ est assur&#233;ment pr&#233;sent, mais il ne veut pas y continuer son action telle qu'il l'exer&#231;a en Jud&#233;e. Dans l'Eucharistie, il veut seulement &#234;tre notre victime et notre nourriture. Bien plus, l'Eucharistie est un instrument dont se sert l'Esprit-Saint pour nous sanctifier et nous glorifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Saint-Esprit est l'&#226;me de l'&#201;glise. Nous avons souvent entendu dire que l'&#201;glise est le corps mystique du Christ ; mais ce corps est vivant et la vie suppose une &#226;me. Cette &#226;me, c'est le Saint-Esprit. Si nous pouvions bien saisir cette v&#233;rit&#233; ! Quelle est l'importance de l'&#226;me dans le corps ? Elle est le principe vital. D&#232;s que l'&#226;me se s&#233;pare du corps, le corps est mort, incapable de sensation, de pens&#233;e, de vouloir ; bref, le corps sans &#226;me se dissout. Or le Saint-Esprit est l'&#226;me du grand corps de l'&#201;glise. Il est le principe de vie pour l'&#201;glise et pour l'&#226;me ; c'est lui qui nous donne et nous conserve la vie divine. Ce n'est que par lui que nous pouvons prier, ce n'est que par lui que nous pouvons faire quelque chose de bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a trois lieux dans l'&#201;glise o&#249; le Saint-Esprit agit particuli&#232;rement : le confessionnal, la chaire et l'autel. Au-dessus de ces trois lieux, le Saint-Esprit plane invisiblement. C'est par le Saint-Esprit qu'est conf&#233;r&#233; aux pr&#234;tres le pouvoir de remettre les p&#233;ch&#233;s : &#171; Recevez le Saint-Esprit, les p&#233;ch&#233;s seront remis &#224; ceux &#224; qui vous les remettrez &#187;, dit le Sauveur au soir de sa R&#233;surrection. La r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s par le pr&#234;tre est une &#339;uvre du Saint-Esprit. &lt;br class='autobr' /&gt;
La pr&#233;dication aussi est une &#339;uvre du Saint-Esprit. Nous savons que la pr&#233;dication n'est pas le discours ordinaire d'un homme ; c'est la parole de Dieu. Le pr&#233;dicateur pr&#234;te &#224; Dieu sa langue et sa bouche. Mais c'est le Saint-Esprit qui donne au magist&#232;re de l'&#201;glise l'infaillibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, c'est surtout la sainte messe qui est une &#339;uvre du Saint-Esprit. De m&#234;me qu'autrefois la sainte humanit&#233; du Christ fut form&#233;e par le Saint-Esprit (&#171; il a &#233;t&#233; con&#231;u du Saint-Esprit &#187;), de m&#234;me c'est le Saint-Esprit qui change le pain et le vin au corps et au sang de J&#233;sus-Christ. Aussi, au moment de l'Offertoire, on implore la descente du Saint-Esprit sur les oblats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;l&#233;brons donc la grande f&#234;te de la Pentec&#244;te avec un triple sentiment. D'abord dans un sentiment de joie. Dans aucune autre f&#234;te, nous n'entendons des paroles comme celles de la pr&#233;face d'aujourd'hui : &#171; C'est pourquoi, dans une abondance de joies, le monde entier tressaille sur la surface de la terre &#187;. Comme le chr&#233;tien est donc heureux ! Ayons ensuite une foi forte et ferme &#224; la pr&#233;sence et &#224; l'action puissante du Saint-Esprit dans l'&#201;glise et dans l'&#226;me. Nous devons sentir formellement l'action du Saint-Esprit dans l'&#201;glise et dans notre &#226;me. Parce que l'&#201;glise et notre &#226;me ne sont pas encore parfaites, nous devons &#233;prouver un troisi&#232;me sentiment, un d&#233;sir ardent de la venue du Saint-Esprit qui nous portera &#224; implorer cette venue : &#171; Viens, Saint-Esprit, remplis les c&#339;urs de tes fid&#232;les. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous voulons c&#233;l&#233;brer comme il faut la Pentec&#244;te, remplissons-nous de cette persuasion. Aujourd'hui se renouvelle mystiquement dans nos &#226;mes le miracle de la premi&#232;re Pentec&#244;te chr&#233;tienne. Au Saint-Sacrifice, le Saint-Esprit est &#171; vers&#233; sur les enfants de mis&#233;ricorde &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ainsi que nous c&#233;l&#232;brerons une belle et sainte f&#234;te de Pentec&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DIMANCHE DE LA PENTEC&#212;TE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;STATION A SAINT PIERRE&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aujourd'hui est venu le jour de la Pentec&#244;te. All&#233;luia ; Aujourd'hui le Saint-Esprit est apparu aux disciples dans le feu, et leur a communiqu&#233; ses dons de gr&#226;ce : Il les a envoy&#233;s dans le monde entier pour pr&#234;cher et rendre t&#233;moignage : celui qui croira et sera baptis&#233; sera sauv&#233;, All&#233;luia &#187; (Ant. Magn., IImes V&#234;pres). &#171; Le Jour de la Pentec&#244;te, dans lequel, &#224; J&#233;rusalem, le Saint-Esprit descendit sur les disciples sous la forme de langues de feu &#187; (Martyrologe.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes f&#234;tes doivent &#234;tre c&#233;l&#233;br&#233;es enti&#232;rement avec l'&#201;glise ; la journ&#233;e doit &#234;tre sanctifi&#233;e par la pri&#232;re des Heures qui est divis&#233;e selon le temps, mais le point culminant doit &#234;tre la messe. (Je suppose que les lecteurs poss&#232;dent l'office de la Pentec&#244;te).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;strong&gt;L'office des Heures.&lt;/strong&gt; &#8212; La Pentec&#244;te, comme toutes les grandes f&#234;tes, est encadr&#233;e par deux v&#234;pres, les premi&#232;res, au commencement, et les secondes la fin. Elles sont l'introduction et la conclusion de la f&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux premi&#232;res v&#234;pres, nous entendons d&#233;j&#224; tous les th&#232;mes de la Pentec&#244;te. Nous c&#233;l&#233;brons l'action du Saint-Esprit ; on entend m&#234;me le th&#232;me du bapt&#234;me (4e antienne), mais nous chantons surtout l'Esprit Cr&#233;ateur qui r&#233;pand la vie (hymne). Au magnificat, nous c&#233;l&#233;brons joyeusement le retour du Christ dans son &#201;glise par le Saint-Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui n'est qu'indiqu&#233; d'une mani&#232;re th&#233;matique est d&#233;velopp&#233; et expos&#233; dans les matines de la f&#234;te. Les matines sont le drame de pri&#232;re d'une f&#234;te. Les matines de la Pentec&#244;te, comme celles de P&#226;ques, n'ont qu'un nocturne. En effet, dans la nuit de la Pentec&#244;te comme dans la nuit de P&#226;ques, avaient lieu les c&#233;r&#233;monies du bapt&#234;me et il ne restait plus qu'une veille de nuit pour la pri&#232;re nocturne. Les trois psaumes peuvent &#234;tre compar&#233;s &#224; un triptyque qui montre trois images : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; I&#232;re image : le fait historique et l'importance du miracle de la Pentec&#244;te : sous le voile du &lt;tt&gt;&lt;popup946|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, nous voyons l'action puissante de l'ouragan de la Pentec&#244;te. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2e image : L'action du Saint-Esprit dans son &#201;glise. Si difficile que soit le &lt;tt&gt;&lt;popup947|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt; (c'est un des plus obscurs du psautier), il est cependant clair qu'il s'agit de la marche victorieuse de Dieu par l'arche d'alliance, de l'&#201;gypte &#224; travers le d&#233;sert jusqu'&#224; la terre promise et &#224; la-colline de Sion, d'o&#249; le Dieu d'alliance &#233;tend son empire sur le monde. Cet empire universel se d&#233;veloppe dans le Christ et son &#201;glise &#8212; sous l'action du Saint-Esprit. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 3e image : La nouvelle cr&#233;ation par le Saint-Esprit, Le &lt;tt&gt;&lt;popup948|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt; est une description tr&#232;s po&#233;tique de l'&#339;uvre des six jours. La magnificence de la Cr&#233;ation visible est une image et un symbole de ta Cr&#233;ation spirituelle et invisible, qui est l'&#339;uvre du Saint-Esprit dans l'&#226;me et dans l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les le&#231;ons de Matines sont tir&#233;es d'un sermon de saint Gr&#233;goire 1er, que ce grand pape pronon&#231;a, il y a plus de 1300 ans, dans une c&#233;r&#233;monie liturgique de la Pentec&#244;te, &#224; Saint-Pierre de Rome. (Ces le&#231;ons nous indiquent qu'&#224; cette &#233;poque (vers 600) et certainement aussi, longtemps avant, les deux lectures de la messe &#233;taient les m&#234;mes).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et mon P&#232;re l'aimera et nous viendrons &#224; lui et nous &#233;tablirons notre demeure chez lui. Consid&#233;rez, tr&#232;s chers fr&#232;res, quelle dignit&#233; c'est que de donner l'hospitalit&#233; &#224; Dieu dans son c&#339;ur ! Si un ami riche ou puissant venait dans notre maison, est-ce qu'on ne nettoierait pas en toute h&#226;te la maison, afin qu'il ne s'y trouv&#226;t rien qui p&#251;t d&#233;plaire &#224; l'ami au moment de son entr&#233;e ? Qu'il &#233;carte donc les souillures des mauvaises &#339;uvres, celui qui pr&#233;pare la maison de son c&#339;ur pour Dieu ! Mais observez bien ce que dit la divine v&#233;rit&#233; : &#171; Nous viendrons et nous &#233;tablirons notre demeure chez lui &#187;. Dieu vient sans doute dans le c&#339;ur de certains hommes, mais il ne prend pas demeure en eux, car bien qu'ils cherchent Dieu au temps de la componction, au temps de la tentation ils oublient tout ce qui les avait amen&#233;s &#224; la componction et ils reviennent &#224; leur ancienne vie de p&#233;ch&#233;, comme s'ils n'avaient jamais pleur&#233; leurs p&#233;ch&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les Laudes sont la pri&#232;re du matin, dans laquelle nous unissons la louange matinale de la Cr&#233;ation &#224; la c&#233;l&#233;bration de la nouvelle Cr&#233;ation spirituelle op&#233;r&#233;e par le Saint-Esprit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les petites Heures (pri&#232;res du jour), l'Heure de tierce (qui se r&#233;cite vers 9 heures) a une importance particuli&#232;re, parce que c'est justement &#224; cette heure-l&#224; que le Saint-Esprit descendit, le jour de la Pentec&#244;te C'est pourquoi Tierce est consacr&#233;e, toute l'ann&#233;e, au Saint-Esprit (chaque jour, dans l'hymne, on implore sa descente). Pendant toute l'Octave, cette petite Heure est caract&#233;ris&#233;e par ce fait qu'on y chante la belle hymne : Veni Creator.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;strong&gt;La messe (Spiritus Domini).&lt;/strong&gt; &#8212; L'&#201;glise s'adapte encore d'une mani&#232;re pr&#233;cise &#224; la succession du temps. Cinquante jours apr&#232;s P&#226;ques, l'&#201;glise se r&#233;unit dans le &#171; C&#233;nacle &#187; de la maison de Dieu. Elle se r&#233;unit vers la &#171; troisi&#232;me heure &#187; (l'heure de tierce &#8212; 9 heures &#8212; est consacr&#233;e au Saint-Esprit ; c'est aussi, les jours de f&#234;tes, l'heure o&#249; l'&#201;glise d&#233;sire que l'on c&#233;l&#232;bre la messe), et attend la pl&#233;nitude du Saint-Esprit dans le sacrifice eucharistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La messe de la f&#234;te est donc la c&#233;l&#233;bration du myst&#232;re de la descente du Saint-Esprit. Nous sommes &#224; Saint-Pierre, l'&#233;glise des peuples, comme jadis, le jour de la premi&#232;re Pentec&#244;te, les peuples de toutes langues se rassemblaient autour du C&#233;nacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intro&#239;t : L'Esprit vit d&#233;sormais dans les c&#339;urs des hommes de tous les peuples ; il unit les langues alors que le p&#233;ch&#233; les avait brouill&#233;es. Dans le psaume 67, nous chantons le triomphe de l'&#201;glise &#224; travers les temps. La le&#231;on d&#233;crit le miracle historique de la Pentec&#244;te. Ce miracle se renouvelle et, m&#234;me, se r&#233;alise d'une mani&#232;re plus compl&#232;te qu'alors. Et pourtant, le miracle de la Pentec&#244;te est loin d'&#234;tre achev&#233; en nous. Tant que nous vivons et tant que l'&#201;glise demeure sur la terre, il faut que les langues de feu descendent sur nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi les textes contiennent de si instantes implorations : &#171; Veni &#8212; Viens. Saint-Esprit... &#187; (All&#233;luia et S&#233;quence) Ce Veni Sancte Spiritus n'est pas une parole de l'&#201;criture ; c'est un texte compos&#233; par l'&#201;glise. Mais il lui est si cher : qu'elle le chante et le r&#233;cite &#224; genoux. Il a quelque chose du Maranatha de la primitive &#201;glise. La S&#233;quence n'est qu'une m&#233;ditation sur cet imp&#233;rissable &#171; Veni Sancte Spiritus &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#201;vangile, (le dernier passage du discours d'adieu qui parle du Saint-Esprit), le Seigneur lui-m&#234;me d&#233;crit l'action du Saint-Esprit : il fait de nous le temple de la Trinit&#233; (pens&#233;e ch&#232;re &#224; saint Paul et &#224; la primitive &#201;glise), il est notre docteur et notre inspirateur, il nous conf&#232;re le don de la paix, il nous insuffle l'esprit du martyre. Ce don, nous le recevons, aujourd'hui et chaque jour, dans le sacrifice eucharistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pi&#232;ce d'une particuli&#232;re beaut&#233; est l'Offertoire. En tant que rois (nous avons &#233;t&#233; remplis de l'esprit des princes), nous faisons notre procession d'offrande vers J&#233;rusalem (c'est notre autel) ; nous portons nos pr&#233;sents et nous demandons le renouvellement de la Confirmation (confirma) et l'affermissement de l'&#339;uvre pascale en nous (la Pentec&#244;te est l'ach&#232;vement de P&#226;ques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La communion est le renouvellement de l'envoi du Saint-Esprit et le miracle de la Pentec&#244;te s'accomplit en nous (Comm.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &lt;strong&gt;Le miracle de la Pentec&#244;te.&lt;/strong&gt; &#8212; Racontons maintenant comment le Saint-Esprit descendit sur les Ap&#244;tres. Comme on le sait, apr&#232;s l'Ascension du Seigneur les Ap&#244;tres et les disciples retourn&#232;rent &#224; J&#233;rusalem. Ils demeur&#232;rent ensemble dans la salle du C&#233;nacle, dans ce lieu sacr&#233; o&#249; le Sauveur &#233;tait si souvent apparu, dans ce lieu qui fut la premi&#232;re &#233;glise chr&#233;tienne. Ils &#233;taient rassembl&#233;s, l&#224;, environ 120 personnes. C'est l&#224; qu'ils &#233;lurent Matthias Ap&#244;tre &#224; la place du malheureux Judas ; c'est l&#224; qu'ils pri&#232;rent et qu'ils attendirent le Saint-Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix jours &#233;taient pass&#233;s depuis l'Ascension du Seigneur. C'&#233;tait un dimanche, un jour de R&#233;surrection ; vers 9 heures du matin, ils se trouvaient r&#233;unis et ils priaient avec ferveur. C'est alors que le Saint-Esprit descendit sur eux. Remarquons bien que tous les grands &#233;v&#233;nements, dans la vie du Christ, se produisirent pendant qu'il priait. Au moment o&#249; le Sauveur, apr&#232;s son bapt&#234;me, priait, le ciel s'ouvrit et le Saint-Esprit apparut sous la forme d'une colombe ; de m&#234;me, c'est pendant qu'il priait sur le mont Thabor que le Seigneur fut transfigur&#233;. Sans doute, c'est pendant qu'elle priait que la Sainte Vierge re&#231;ut le message de l'ange et fut couverte de l'ombre du Saint-Esprit. Il en est de m&#234;me ici. C'est par la pri&#232;re que la petite communaut&#233; pr&#233;para la voie &#224; l'Esprit qui descendit sur elle. Il en est de m&#234;me aujourd'hui &#224; la messe et, en d&#233;finitive, dans toutes les messes. Par la pri&#232;re, nous rendons notre &#226;me apte &#224; recevoir le Saint-Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La descente du Saint-Esprit sur les Ap&#244;tres fut, il est vrai, int&#233;rieure et invisible, mais elle fut accompagn&#233;e de manifestations ext&#233;rieures. Ces manifestations furent les suivantes : Il se fit un grand bruit, comme si avait souffl&#233; un vent violent. Ce bruit vint soudain du ciel ; ce n'&#233;tait pas une temp&#234;te qui faisait rage autour de la maison, mais ce bruit remplit toute la maison ; le C&#233;nacle o&#249; ils &#233;taient assis. Ce n'&#233;tait donc pas un vent naturel, mais un miracle de Pentec&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde manifestation consista en des langues de feu qui se repos&#232;rent sur chacun des Ap&#244;tres et des disciples. Ces langues &#233;taient le signe visible qui indiquait la venue du Saint-Esprit en eux. Quand nous c&#233;l&#233;brons aujourd'hui la sainte messe, surtout au moment de la Communion, la force du Saint-Esprit descend aussi sur nous. Sans doute nous ne voyons pas de langues de feu, mais nous recevons tout ce qu'indiquent les langues de feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous parle encore d'un troisi&#232;me effet ext&#233;rieur de la descente du Saint-Esprit. Les Ap&#244;tres et les disciples purent parler en plusieurs langues. L'&#201;criture nous raconte encore qu'en entendant le grand bruit, de nombreux p&#232;lerins, venus pour la f&#234;te, se h&#226;t&#232;rent vers le C&#233;nacle. La Pentec&#244;te, en effet, &#233;tait une des trois grandes f&#234;tes juives pour lesquelles les Juifs devaient se rendre &#224; J&#233;rusalem. A ces f&#234;tes, venaient aussi, volontiers, des Juifs des pays &#233;trangers, et aussi des pa&#239;ens qui avaient adopt&#233; la religion juive. Il y avait donc l&#224; une multitude vari&#233;e de gens qui parlaient toutes sortes de langue. Ce furent ces gens qui vinrent. Alors, s'avanc&#232;rent les Ap&#244;tres. Ces hommes, jusque-l&#224; si timides et qui se renfermaient par peur, sortirent de la maison et chacun se mit &#224; parler dans une langue diff&#233;rente. Les &#233;trangers furent frapp&#233;s de stupeur. Les Ap&#244;tres n'&#233;taient pourtant que de simples Galil&#233;ens qui ne savaient que leur langue maternelle, et voil&#224; qu'ils parlaient dans toutes les langues du monde. Comment cela pouvait-il se faire ? Mais les juifs malveillants ne tard&#232;rent pas &#224; arriver &#224; leur tour. Ils voulurent d&#233;truire l'effet du miracle de la Pentec&#244;te. Tous ces Galil&#233;ens, dirent-ils, sont ivres et c'est dans l'ivresse qu'ils prononcent ces paroles. Mais Pierre fut prompt &#224; la riposte. Il dit imm&#233;diatement : Non, fr&#232;res, ce n'est pas cela ; nous ne sommes pas ivres. Il n'est que 9 heures du matin et les hommes ne sont pas ivres &#224; cette heure-l&#224;. Mais ce que vous voyez est l'accomplissement de la proph&#233;tie de Jo&#235;l qui dit : Aux jours du Messie, Dieu r&#233;pandra son Esprit sur les hommes et ils proph&#233;tiseront... Puis, Pierre reproche aux Juifs d'avoir mis J&#233;sus &#224; mort en le suspendant &#224; la Croix. Cependant, Dieu l'a ressuscit&#233;. Remont&#233; au ciel, il a envoy&#233; le Saint-Esprit sur les Ap&#244;tres. &#8212; Quand les nombreux p&#232;lerins eurent entendu le premier sermon de Pentec&#244;te, ils rentr&#232;rent en eux-m&#234;mes et demand&#232;rent &#224; Pierre : Que devons-nous faire ? Pierre r&#233;pondit : Convertissez-vous, faites-vous baptiser, alors vous recevrez le don du Saint-Esprit. En ce m&#234;me jour, 3.000 personnes re&#231;urent le bapt&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous demanderons peut-&#234;tre : quelle est l'importance du miracle des langues ? Rappelons-nous la tour de Babel. Les hommes, alors, voulurent, dans leur orgueil, &#233;lever une tour jusqu'au ciel. Dieu, pour les punir, brouilla leurs langages. Le p&#233;ch&#233; s&#233;para et d&#233;sunit les hommes. Mais le Christ est venu pour rassembler tous les hommes dans une seule &#201;glise et les unir avec lui. Il faut qu'il n'y ait plus d&#233;sormais qu'une seule famille de peuples. C'est ce que veut indiquer le miracle des langues. Nous aussi, chr&#233;tiens, nous avons re&#231;u un don des langues qui fait que tous les hommes nous comprennent. Ce don des langues, c'est la charit&#233; qui a &#233;t&#233; r&#233;pandue en nous par le Saint-Esprit. La charit&#233; unit tous les peuples ; par la charit&#233;, on peut se faire entendre de tous les hommes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act II, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ephes. III, 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XII, 49.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan III, 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;1er R&#233;pons du Jeudi de la Pentec&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;In Johan. Tract. XXII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XLV.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. II.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. II, 37.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. II, 38-39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. II, 40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. VII, 39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. IV, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Deut. IV, 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. VI, 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. I, 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Petr. II, 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. I, 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. III, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CIII, 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XV, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. VI, 64.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. II, 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. I, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#201;zech. XXXVI, 25-28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. VI, 33.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. VI, 56.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Aussi la cr&#233;ature attend-elle d'une vive attente la manifestation des enfants de Dieu. &#187; Rom. 8, 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Il armera les cr&#233;atures pour se venger de ses ennemis, et tout l'univers combattra avec Lui contre les insens&#233;s. &#187; Sap. 5, 18 &amp; 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Voulant consacrer le monde par sa tr&#232;s sainte venue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dom Gu&#233;ranger donne aussi ce texte dans son commentaire plus haut : mais il y a quelques variantes et dans le texte latin et dans la traduction dans la version donn&#233;e par le Bhx Schuster.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Par l'Esprit-Saint s'est offert Lui-m&#234;me sans tache &#224; Dieu &#187; &#187; Heb. 9, 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; T&#233;moin des souffrances de votre Christ. &#187; Cf. I Petr. 5, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Il rendra t&#233;moignage de moi. &#187; Jn. 15, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; L'Esprit Lui-m&#234;me rend t&#233;moignage &#224; notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. &#187; Rom. 8, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; L'Esprit de son Fils. &#187; Gal. 4, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Par son Esprit qui habite en nous. &#187; Cf. Rom. 8, 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Tome Ier : &#171; Les deux cycles festivaux de l'ann&#233;e liturgique sont construits de la m&#234;me mani&#232;re : il y a d'abord une mont&#233;e qui est la pr&#233;paration, ensuite un cheminement sur les hauteurs pendant le temps des f&#234;tes, puis une descente dans la plaine pendant le temps o&#249; s'ach&#232;ve le cycle. Le temps de pr&#233;paration du cycle d'hiver est l'Avent que nous venons d'achever. Maintenant que ce temps est achev&#233;, nous restons &#233;tonn&#233;s devant les richesses de po&#233;sie symbolique et dramatique que l'&#201;glise a r&#233;unies. Intentionnellement nous avons laiss&#233; la liturgie elle-m&#234;me parler dans ses chants et ses le&#231;ons, afin de pouvoir admirer cette richesse. Nous pouvons affirmer qu'aucun temps de l'ann&#233;e liturgique ne poss&#232;de une telle surabondance de cantiques, de versets, de chants. Comme d'une corne d'abondance la liturgie nous verse la profusion vari&#233;e de ses chants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant suit, sans solution de continuit&#233;, comme une &#233;manation naturelle de l'Avent, la f&#234;te de No&#235;l. Le temps festival des deux cycles a encore ceci de commun qu'il comprend, dans l'un et l'autre cas, deux grandes f&#234;tes, qui sont comme les piles du pont qui supportent tout le temps festival. Dans le cycle d'hiver, nous avons No&#235;l et l'&#201;piphanie ; dans le cycle d'&#233;t&#233;, P&#226;ques et la Pentec&#244;te. &lt;strong&gt;Il y a cependant une diff&#233;rence entre ces deux couples de f&#234;tes&lt;/strong&gt;. P&#226;ques et la Pentec&#244;te repr&#233;sentent un d&#233;veloppement organique de la m&#234;me pens&#233;e de salut, No&#235;l et l'&#201;piphanie sont la r&#233;p&#233;tition de la m&#234;me pens&#233;e. La c&#233;l&#233;bration de ces deux f&#234;tes ne s'explique que par des raisons historiques. No&#235;l est la f&#234;te de la Nativit&#233; de l'Occident et l'&#201;piphanie celle de l'Orient. L'Occident a adopt&#233; l'&#201;piphanie et l'Orient No&#235;l. Ces deux f&#234;tes de l'Orient et de l'Occident sont un monument v&#233;n&#233;rable de l'union qui r&#233;gnait autrefois entre les deux &#201;glises, union que nous voudrions voir rena&#238;tre, apr&#232;s une s&#233;paration mill&#233;naire. L'union malgr&#233; toute la diff&#233;rence d'id&#233;es et de sentiments !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les circonstances historiques qui ont fait de ces deux f&#234;tes des doublets nous aideront &#224; comprendre bien des particularit&#233;s et &#224; r&#233;soudre bien des difficult&#233;s qui r&#233;sultent de ce double emploi. Pour nous autres Occidentaux, la f&#234;te de No&#235;l para&#238;tra toujours plus importante que celle de l'&#201;piphanie, malgr&#233; le rang plus &#233;lev&#233; de cette derni&#232;re. No&#235;l est et demeure notre f&#234;te, l'&#201;piphanie nous touche de moins pr&#232;s. Apr&#232;s quatre semaines o&#249; le d&#233;sir a tendu fortement notre esprit, No&#235;l est le v&#233;ritable accomplissement de l'Avent. Il faut cependant avouer qu'entre l'Avent et l'&#201;piphanie la parent&#233; de pens&#233;es est plus &#233;troite. No&#235;l est cependant bien la cl&#244;ture de l'Avent. Il suffit de parcourir les textes de la Vigile. Nous reprenons toujours ce chant : Demain le p&#233;ch&#233; originel sera d&#233;truit. No&#235;l est la f&#234;te de la R&#233;demption. Par contre, il nous faut attendre jusqu'&#224; l'&#201;piphanie pour voir se r&#233;aliser la glorieuse visite du Roi dont la pens&#233;e domine l'Avent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs No&#235;l et l'&#201;piphanie ne sont pas de simples doublets. L'&#201;glise Occidentale a re&#231;u de l'&#201;glise Orientale sa f&#234;te de la Nativit&#233; avec son contenu spirituel oriental et elle l'a d&#233;velopp&#233;e selon son g&#233;nie propre. Elle l'a magnifiquement f&#233;cond&#233;e et enrichie. Son regard s'est &#233;lev&#233; du cercle historique &#233;troit de la naissance du Seigneur jusqu'&#224; la perspective de la royaut&#233; du Christ qui domine les temps. L'Avent de l'Occident et sa f&#234;te de No&#235;l ont b&#233;n&#233;fici&#233; de cet &#233;largissement de vues. Finalement les deux f&#234;tes de la Nativit&#233; sont devenues deux solennit&#233;s distinctes avec un objet ind&#233;pendant et une progression int&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous avons d&#233;sormais quelque chose d'analogue &#224; ce que nous voyons dans le cycle de P&#226;ques&lt;/strong&gt;. A P&#226;ques le soleil de la R&#233;surrection se l&#232;ve et &#233;claire le monde de ses rayons brillants. A la Pentec&#244;te, ce soleil est &#224; son midi et sa chaude lumi&#232;re cr&#233;e la vie et la f&#233;condit&#233;. A No&#235;l, le soleil de la Nativit&#233; se l&#232;ve sur les plaines de Bethl&#233;em, &#224; l'&#201;piphanie &#171; la gloire du Seigneur &#187; rayonne sur J&#233;rusalem. A No&#235;l nous naissons et renaissons avec le Christ notre fr&#232;re, &#224; l'&#201;piphanie le Christ c&#233;l&#232;bre avec l'&#201;glise et l'&#226;me ses noces mystiques. A No&#235;l &#171; le Christ nous est n&#233; &#187; ; c'est comme une f&#234;te intime de famille &#224; laquelle ne participent que quelques privil&#233;gi&#233;s avec Marie et les bergers ; &#224; l'&#201;piphanie, &#171; le Christ nous est apparu &#187;, c'est-&#224;-dire il a manifest&#233; son apparition au monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Commentaires liturgiques du Jeudi de l'Ascension</title>
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&lt;p&gt;On trouvera les textes de la Messe et de l'Office ici Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique Le jour s'est lev&#233; radieux, la terre qui s'&#233;mut &#224; la naissance de l'Emmanuel &#233;prouve un tressaillement inconnu ; l'ineffable succession des myst&#232;res de l'Homme-Dieu est sur le point de recevoir son dernier compl&#233;ment. Mais l'all&#233;gresse de la terre est mont&#233;e jusqu'aux cieux ; les hi&#233;rarchies ang&#233;liques s'appr&#234;tent &#224; recevoir le divin chef qui leur fut promis, et leurs princes sont attentifs aux portes, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://introibo.fr/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Commentaires liturgiques pour les grandes f&#234;tes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://introibo.fr/local/cache-vignettes/L15xH15/blanc-24-a1801.gif?1776687641' class='spip_logo spip_logo_right' width='15' height='15' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgi&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Dom Pius Parsch, le Guide (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;On trouvera les textes de la Messe et de l'Office &lt;a href='https://introibo.fr/spip.php?article111' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le jour s'est lev&#233; radieux, la terre qui s'&#233;mut &#224; la naissance de l'Emmanuel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. XCV, XCVI, XCVII.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#233;prouve un tressaillement inconnu ; l'ineffable succession des myst&#232;res de l'Homme-Dieu est sur le point de recevoir son dernier compl&#233;ment. Mais l'all&#233;gresse de la terre est mont&#233;e jusqu'aux cieux ; les hi&#233;rarchies ang&#233;liques s'appr&#234;tent &#224; recevoir le divin chef qui leur fut promis, et leurs princes sont attentifs aux portes, pr&#234;ts &#224; les lever quand le signal de l'arriv&#233;e du triomphateur va retentir. Les &#226;mes saintes, d&#233;livr&#233;es des limbes depuis quarante jours, planent sur J&#233;rusalem, attendant l'heureux moment o&#249; la voie du ciel, ferm&#233;e depuis quatre mille ans par le p&#233;ch&#233;, s'ouvrant tout &#224; coup, elles vont s'y pr&#233;cipiter &#224; la suite de leur R&#233;dempteur. L'heure presse, il est temps que notre divin Ressuscit&#233; se montre, et qu'il re&#231;oive les adieux de ceux qui l'attendent d'heure en heure, et qu'il doit laisser encore dans cette vall&#233;e de larmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; coup il appara&#238;t au milieu du C&#233;nacle. Le c&#339;ur de Marie a tressailli, les disciples et les saintes femmes adorent avec attendrissement celui qui se montre ici-bas pour la derni&#232;re fois. J&#233;sus daigne prendre place &#224; table avec eux ; il condescend jusqu'&#224; partager un dernier repas, non plus dans le but de les rendre certains de sa r&#233;surrection ; il sait qu'ils n'en doutent plus ; mais, au moment d'aller s'asseoir &#224; la droite du P&#232;re, il tient &#224; leur donner cette marque si ch&#232;re de sa divine familiarit&#233;. O repas ineffable, o&#249; Marie go&#251;te une derni&#232;re fois en ce monde le charme d'&#234;tre assise aux c&#244;t&#233;s de son fils, o&#249; la sainte &#201;glise repr&#233;sent&#233;e par les disciples et par les saintes femmes est encore pr&#233;sid&#233;e visiblement par son Chef et son &#201;poux !&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui pourrait exprimer le respect, le recueillement, l'attention des convives, peindre leurs regards fix&#233;s avec tant d'amour sur le Ma&#238;tre tant aim&#233; ? Ils aspirent &#224; entendre encore une fois sa parole ; elle leur sera si ch&#232;re &#224; ce moment du d&#233;part ! Enfin J&#233;sus ouvre la bouche ; mais son accent est plus grave que tendre. Il d&#233;bute en leur rappelant l'incr&#233;dulit&#233; avec laquelle ils accueillirent la nouvelle de sa r&#233;surrection&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marc. XVI.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au moment de leur confier la plus imposante mission qui ait jamais &#233;t&#233; transmise &#224; des hommes, il veut les rappeler &#224; l'humilit&#233;. Sous peu de jours ils seront les oracles du monde, le monde devra croire sur leur parole, et croire ce qu'il n'a pas vu, ce qu'eux seuls ont vu. C'est la foi qui met les hommes en rapport avec Dieu ; et cette foi, eux-m&#234;mes ne l'ont pas eue tout d'abord : J&#233;sus veut recevoir d'eux une derni&#232;re r&#233;paration pour leur incr&#233;dulit&#233; pass&#233;e, afin que leur apostolat soit &#233;tabli sur l'humilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant ensuite le ton d'autorit&#233; qui convient &#224; lui seul, il leur dit : &#171; Allez dans le monde entier, pr&#234;chez l'&#201;vangile &#224; toute cr&#233;ature. Celui qui croira et sera baptis&#233;, sera sauv&#233; ; mais celui qui ne croira pas sera condamn&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et cette mission de pr&#234;cher l'&#201;vangile au monde entier, comment l'accompliront-ils ? Par quel moyen r&#233;ussiront-ils &#224; accr&#233;diter leur parole ? J&#233;sus le leur indique : &#171; Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : ils chasseront les d&#233;mons en mon nom ; ils parleront des langues nouvelles ; ils prendront les serpents avec la main ; s'ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur nuira pas ; ils imposeront les mains sur les malades, et les malades seront gu&#233;ris &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il veut que le miracle soit le fondement de son &#201;glise, comme il l'a choisi pour &#234;tre l'argument de sa mission divine. La suspension des lois de la nature annonce aux hommes que l'auteur de la nature va parler ; c'est &#224; eux alors d'&#233;couter et de croire humblement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc ces hommes inconnus au monde, d&#233;pourvus de tout moyen humain, les voil&#224; investis de la mission de conqu&#233;rir la terre et d'y faire r&#233;gner J&#233;sus-Christ. Le monde ignore jusqu'&#224; leur existence ; sur son tr&#244;ne imp&#233;rial, Tib&#232;re, qui vit dans la frayeur des conjurations, ne soup&#231;onne en rien cette exp&#233;dition d'un nouveau genre qui va s'ouvrir, et dont l'empire romain doit &#234;tre la conqu&#234;te. Mais &#224; ces guerriers il faut une armure, et une armure de trempe c&#233;leste. J&#233;sus leur annonce qu'ils sont au moment de la recevoir. &#171; Demeurez dans la ville, leur dit-il, jusqu'&#224; ce que vous ayez &#233;t&#233; rev&#234;tus de la vertu d'en haut &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXIV, 49.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, quelle est cette armure ? J&#233;sus va le leur expliquer. Il leur rappelle la promesse du P&#232;re, &#171; cette promesse, dit-il, que vous avez entendue par ma bouche. Jean a baptis&#233; dans l'eau ; mais vous, sous peu de jours, vous serez baptis&#233;s dans le Saint-Esprit &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. 1.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'heure de la s&#233;paration est venue. J&#233;sus se l&#232;ve, et l'assistance tout enti&#232;re se dispose &#224; suivre ses pas. Cent vingt personnes se trouvaient l&#224; r&#233;unies avec la m&#232;re du divin triomphateur que le ciel r&#233;clamait. Le C&#233;nacle &#233;tait situ&#233; sur la montagne de Sion, l'une des deux collines que renfermait l'enceinte de J&#233;rusalem. Le cort&#232;ge traverse une partie de la ville, se dirigeant vers la porte orientale qui ouvre sur la vall&#233;e de Josaphat. C'est la derni&#232;re fois que J&#233;sus parcourt les rues de la cit&#233; r&#233;prouv&#233;e. Invisible d&#233;sormais aux yeux de ce peuple qui l'a reni&#233;, il s'avance &#224; la t&#234;te des siens, comme autrefois la colonne lumineuse qui dirigeait les pas du peuple isra&#233;lite. Qu'elle est belle et imposante cette marche de Marie, des disciples et des saintes femmes, &#224; la suite de J&#233;sus qui ne doit plus s'arr&#234;ter qu'au ciel, &#224; la droite du P&#232;re ! La pi&#233;t&#233; du moyen &#226;ge la c&#233;l&#233;brait jadis par une solennelle procession qui pr&#233;c&#233;dait la Messe de ce grand jour. Heureux si&#232;cles, o&#249; les chr&#233;tiens aimaient &#224; suivre chacune des traces du R&#233;dempteur, et ne savaient pas se contenter, comme nous, de quelques vagues notions qui ne peuvent enfanter qu'une pi&#233;t&#233; vague comme elles !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On songeait aussi alors aux sentiments qui durent occuper le c&#339;ur de Marie durant ces derniers instants qu'elle jouissait de la pr&#233;sence de son fils. On se demandait qui devait l'emporter dans ce c&#339;ur maternel, de la tristesse de ne plus voir J&#233;sus, ou du bonheur de sentir qu'il allait entrer enfin dans la gloire qui lui &#233;tait due. La r&#233;ponse venait promptement &#224; la pens&#233;e de ces v&#233;ritables chr&#233;tiens, et nous aussi, nous nous la ferons &#224; nous-m&#234;mes. J&#233;sus n'avait-il pas dit &#224; ses disciples : &#171; Si vous m'aimiez, vous vous r&#233;jouiriez de ce que je m'en vais &#224; mon P&#232;re ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIV, 28.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Or, qui aima plus J&#233;sus que ne l'aima Marie ? Le c&#339;ur de la m&#232;re &#233;tait donc dans l'all&#233;gresse au moment de cet ineffable adieu. Marie ne pouvait songer &#224; elle-m&#234;me, quand il s'agissait du triomphe d&#251; &#224; son fils et &#224; son Dieu. Apr&#232;s les sc&#232;nes du Calvaire, pouvait-elle aspirer &#224; autre chose qu'&#224; voir glorifi&#233; enfin celui qu'elle connaissait pour le souverain Seigneur de toutes choses, celui qu'elle avait vu si peu de jours auparavant reni&#233;, blasph&#233;m&#233;, expirant dans toutes les douleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cort&#232;ge sacr&#233; a travers&#233; la vall&#233;e de Josaphat, il a pass&#233; le torrent de C&#233;dron, et il se dirige sur la pente du mont des Oliviers. Quels souvenirs se pressent &#224; la pens&#233;e ! Ce torrent, dont le Messie dans ses humiliations avait bu l'eau bourbeuse, est devenu aujourd'hui le chemin de la gloire pour ce m&#234;me Messie. Ainsi l'avait annonc&#233; David&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CIX.&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On laisse sur la gauche le jardin qui fut t&#233;moin de la plus terrible des agonies, cette grotte o&#249; le calice de toutes les expiations du monde fut pr&#233;sent&#233; &#224; J&#233;sus et accept&#233; par lui. Apr&#232;s avoir franchi un espace que saint Luc mesure d'apr&#232;s celui qu'il &#233;tait permis aux Juifs de parcourir le jour du Sabbat, on arrive sur le territoire de B&#233;thanie, cet heureux village o&#249; J&#233;sus, dans les jours de sa vie mortelle, recherchait l'hospitalit&#233; d&#233; Lazare et de ses s&#339;urs. De cet endroit de la montagne des Oliviers on avait la vue de J&#233;rusalem, qui apparaissait superbe avec son temple et ses palais. Cet aspect &#233;meut les disciples. La patrie terrestre fait encore battre le c&#339;ur de ces hommes ; un moment ils oublient la mal&#233;diction prononc&#233;e sur l'ingrate cit&#233; de David, et semblent ne plus se souvenir que J&#233;sus vient de les faire citoyens et conqu&#233;rants du monde entier. Le r&#234;ve de la grandeur mondaine de J&#233;rusalem les a s&#233;duits tout &#224; coup, et ils osent adresser cette question &#224; leur Ma&#238;tre : &#171; Seigneur, est-ce &#224; ce moment que vous r&#233;tablirez le royaume d'Isra&#235;l ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus r&#233;pond avec une sorte de s&#233;v&#233;rit&#233; &#224; cette demande indiscr&#232;te : &#171; Il ne vous appartient pas de savoir les temps et les moments que le P&#232;re a r&#233;serv&#233;s &#224; son pouvoir. &#187; Ces paroles n'enlevaient pas l'espoir que J&#233;rusalem f&#251;t un jour r&#233;&#233;difi&#233;e par Isra&#235;l devenu chr&#233;tien ; mais ce r&#233;tablissement de la cit&#233; de David ne devant avoir lieu que vers la fin des temps, il n'&#233;tait pas &#224; propos que le Sauveur f&#238;t conna&#238;tre le secret divin. La conversion du monde pa&#239;en, la fondation de l'&#201;glise, tels &#233;taient les objets qui devaient pr&#233;occuper les disciples. J&#233;sus les ram&#232;ne tout aussit&#244;t &#224; la mission qu'il leur donnait il y a peu d'instants : &#171; Vous allez recevoir, leur dit-il, la vertu du Saint-Esprit qui descendra sur vous, et vous serez mes t&#233;moins dans J&#233;rusalem, dans toute la Jud&#233;e et la Samarie, et jusqu'aux extr&#233;mit&#233;s de la terre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. 1, 6-8.&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon une tradition qui remonte aux premiers si&#232;cles du christianisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Constit. apost. lib. V, cap. XIX.&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il &#233;tait l'heure de midi, l'heure &#224; laquelle J&#233;sus avait &#233;t&#233; &#233;lev&#233; sur la croix, lorsque, jetant sur l'assistance un regard de tendresse qui dut s'arr&#234;ter avec une complaisance filiale sur Marie, il &#233;leva les mains et les b&#233;nit tous. A ce moment ses pieds se d&#233;tach&#232;rent de la terre, et il s'&#233;levait au ciel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXIV, 51.&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les assistants le suivaient du regard ; mais bient&#244;t il entra dans une nu&#233;e qui le d&#233;roba &#224; leurs yeux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. I.&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'en &#233;tait fait : la terre avait perdu son Emmanuel. Quarante si&#232;cles l'avaient attendu, et il s'&#233;tait rendu enfin aux soupirs des Patriarches et aux v&#339;ux enflamm&#233;s des Proph&#232;tes. Nous l'ador&#226;mes, captif de notre amour, dans les chastes flancs de la Vierge b&#233;nie. Bient&#244;t l'heureuse m&#232;re nous le pr&#233;senta sous l'humble toit d'une &#233;table &#224; Bethl&#233;hem. Nous le suiv&#238;mes en la terre d'&#201;gypte, nous l'accompagn&#226;mes au retour, et nous v&#238;nmes nous fixer avec lui &#224; Nazareth. Lorsqu'il partit pour exercer sa mission de trois ans dans sa patrie terrestre, nous nous attach&#226;mes &#224; ses pas, ravis des charmes de sa personne, &#233;coutant ses discours et ses paraboles, assistant &#224; ses prodiges. La malice de ses ennemis &#233;tant mont&#233;e &#224; son comble, et l'heure venue o&#249; il devait mettre le sceau &#224; cet amour qui l'avait attir&#233; du ciel en terre par la mort sanglante et ignominieuse de la croix, nous recueill&#238;mes son dernier soupir et nous f&#251;mes inond&#233;s de son sang divin. Le troisi&#232;me jour, il s'&#233;chappait de son s&#233;pulcre vivant et victorieux, et nous &#233;tions l&#224; encore pour applaudir &#224; son triomphe sur la mort, par lequel il nous assurait la gloire d'une r&#233;surrection semblable &#224; la sienne. Durant les jours qu'il a daign&#233; habiter encore cette terre, notre foi ne l'a pas quitt&#233; ; nous eussions voulu le conserver toujours ; et voici qu'&#224; cette heure m&#234;me il &#233;chappe &#224; nos regards, et notre amour n'a pu le retenir ! Plus heureuses que nous, les &#226;mes des justes qu'il avait d&#233;livr&#233;es des limbes l'ont suivi dans son vol rapide, et elles jouissent pour l'&#233;ternit&#233; des d&#233;lices de sa pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les disciples tenaient encore les yeux fix&#233;s au ciel, lorsque soudain deux Anges v&#234;tus de blanc se pr&#233;sent&#232;rent &#224; eux et leur dirent : &#171; Hommes de Galil&#233;e, pourquoi vous arr&#234;tez-vous &#224; regarder au ciel ? Ce J&#233;sus qui vous a quitt&#233;s pour s'&#233;lever au ciel reviendra un jour en la m&#234;me mani&#232;re que vous l'avez vu monter &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. I.&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, le Sauveur est remont&#233;, et le juge doit un jour redescendre : toute la destin&#233;e de l'&#201;glise est comprise entre ces deux termes. Nous vivons donc pr&#233;sentement sous le r&#233;gime du Sauveur ; car notre Emmanuel nous a dit que &#171; le fils de l'homme n'est pas venu pour juger le monde, mais afin que le monde soit sauv&#233; par lui &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. III, 17.&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; et c'est dans ce but mis&#233;ricordieux que les disciples viennent de recevoir la mission d'aller par toute la terre et de convier les hommes au salut, pendant qu'il en est temps encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle t&#226;che immense J&#233;sus leur a confi&#233;e ! Et au moment o&#249; il s'agit pour eux de s'y livrer, il les quitte ! Il leur faut descendre seuls cette montagne des Oliviers d'o&#249; il est parti pour le ciel. Leur c&#339;ur cependant n'est pas triste ; ils ont Marie avec eux, et la g&#233;n&#233;rosit&#233; de cette m&#232;re incomparable se communique &#224; leurs &#226;mes. Ils aiment leur Ma&#238;tre ; leur bonheur est d&#233;sormais de penser qu'il est entr&#233; dans son repos. Les disciples rentr&#232;rent dans J&#233;rusalem, &#171; remplis d'une &#171; vive all&#233;gresse &#187;, nous dit saint Luc&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXIV, 52.&#034; id=&#034;nh3-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, exprimant par ce seul mot l'un des caract&#232;res de cette ineffable f&#234;te de l'Ascension, de cette f&#234;te empreinte d'une si douce m&#233;lancolie, mais qui respire en m&#234;me temps plus qu'aucune autre la joie et le triomphe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant son Octave, nous essayerons d'en p&#233;n&#233;trer les myst&#232;res et de la montrer dans toute sa magnificence ; aujourd'hui nous nous bornerons &#224; dire que cette solennit&#233; est le compl&#233;ment de tous les myst&#232;res de notre divin R&#233;dempteur, qu'elle est du nombre de celles qui ont &#233;t&#233; institu&#233;es par les Ap&#244;tres eux-m&#234;mes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;AUGUSTIN. Epist. ad Januar.&#034; id=&#034;nh3-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; enfin qu'elle a rendu sacr&#233; pour jamais le jeudi de chaque semaine, jour rendu d&#233;j&#224; si auguste par l'institution de la divine Eucharistie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons parl&#233; de la procession solennelle par laquelle on c&#233;l&#233;brait, au moyen &#226;ge, la marche de J&#233;sus et de ses disciples vers le mont des Oliviers ; nous devons rappeler aussi qu'en ce jour on b&#233;nissait solennellement du pain et des fruits nouveaux, en m&#233;moire du dernier repas que le Sauveur avait pris dans le C&#233;nacle. Imitons la pi&#233;t&#233; de ces temps o&#249; les chr&#233;tiens avaient &#224; c&#339;ur de recueillir les moindres traits de la vie de l'Homme-Dieu, et de se les rendre propres, pour ainsi dire, en reproduisant dans leur mani&#232;re de vivre toutes les circonstances que le saint &#201;vangile leur r&#233;v&#233;lait. J&#233;sus-Christ &#233;tait v&#233;ritablement aim&#233; et ador&#233; dans ces temps o&#249; les hommes se souvenaient sans cesse qu'il est le souverain Seigneur, comme il est le commun R&#233;dempteur. De nos jours, c'est l'homme qui r&#232;gne, &#224; ses risques et p&#233;rils ; J&#233;sus-Christ est refoul&#233; dans l'intime de la vie priv&#233;e. Et pourtant il a droit &#224; &#234;tre notre pr&#233;occupation de tous les jours et de toutes les heures ! Les Anges dirent aux Ap&#244;tres : &#171; En la mani&#232;re que vous l'avez vu monter, ainsi un jour il descendra. &#187; Puissions-nous l'avoir aim&#233; et servi durant son absence avec assez d'empressement, pour oser soutenir ses regards lorsqu'il appara&#238;tra tout &#224; coup !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne donnons point ici l'Office des premi&#232;res V&#234;pres de l'Ascension, parce que cette f&#234;te &#233;tant fixe au jeudi, sa Vigile ne peut jamais se rencontrer le dimanche, tandis qu'il en est autrement pour les solennit&#233;s auxquelles nous avons accord&#233; ce d&#233;veloppement. Au reste, sauf le Verset et l'Antienne de Magnificat, les premi&#232;res et les secondes V&#234;pres de l'Ascension sont enti&#232;rement semblables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A LA MESSE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise romaine indique aujourd'hui pour la Station la basilique de Saint-Pierre. C'est une belle pens&#233;e de r&#233;unir en un tel jour l'assembl&#233;e des fid&#232;les autour du glorieux tombeau d'un des principaux t&#233;moins de la triomphante Ascension de son Ma&#238;tre. Cette Station est toujours maintenue ; mais, depuis plusieurs si&#232;cles, le Pape se rend avec le sacr&#233; Coll&#232;ge des Cardinaux &#224; la basilique du Latran, afin de terminer dans cet antique sanctuaire, d&#233;di&#233; par Constantin au Sauveur des hommes, la s&#233;rie annuelle des myst&#232;res par lesquels le Fils de Dieu a op&#233;r&#233; et consomme aujourd'hui notre salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces deux augustes basiliques, comme dans les plus humbles &#233;glises de la chr&#233;tient&#233;, le symbole liturgique de la f&#234;te est le Cierge pascal, que nous v&#238;mes allumer dans la nuit de la r&#233;surrection, et qui &#233;tait destin&#233; &#224; figurer, par sa lumi&#232;re de quarante jours, la dur&#233;e du s&#233;jour de notre divin Ressuscit&#233; au milieu de ceux qu'il a daign&#233; appeler ses fr&#232;res. Les regards des fid&#232;les rassembl&#233;s s'arr&#234;tent avec complaisance sur sa flamme scintillante, qui semble briller d'un &#233;clat plus vif, &#224; mesure qu'approche l'instant o&#249; elle va succomber. B&#233;nissons notre m&#232;re la sainte &#201;glise &#224; qui l'Esprit-Saint a inspir&#233; l'art de nous instruire et de nous &#233;mouvoir &#224; l'aide de tant d'ineffables symboles, et rendons gloire au Fils de Dieu qui a daign&#233; nous dire : &#171; Je suis la lumi&#232;re du monde &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. VIII, 12.&#034; id=&#034;nh3-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Intro&#239;t annonce avec &#233;clat la grande solennit&#233; qui nous rassemble. Il est form&#233; des paroles des Anges aux Ap&#244;tres sur le mont des Oliviers. J&#233;sus est mont&#233; aux cieux ; J&#233;sus en doit redescendre un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise recueillant les v&#339;ux de ses enfants dans la Collecte, demande pour eux &#224; Dieu la gr&#226;ce de tenir leurs c&#339;urs attach&#233;s au divin R&#233;dempteur, que leurs d&#233;sirs doivent d&#233;sormais chercher jusqu'au ciel o&#249; il est mont&#233; le premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;P&#206;TRE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous venons d'assister, en suivant cet admirable r&#233;cit, au d&#233;part de notre Emmanuel pour les cieux. Est-il rien de plus attendrissant que ce regard des disciples fix&#233; sur leur Ma&#238;tre divin qui s'&#233;l&#232;ve tout &#224; coup en les b&#233;nissant ? Mais un nuage vient s'interposer entre J&#233;sus et eux, et leurs yeux mouill&#233;s de larmes ont perdu la trace de son passage. Ils sont seuls d&#233;sormais sur la montagne ; J&#233;sus leur a enlev&#233; sa pr&#233;sence visible. Dans ce monde d&#233;sert, quel ne serait pas leur ennui, si sa gr&#226;ce ne les soutenait, si l'Esprit divin n'&#233;tait au moment de descendre sur eux et de cr&#233;er en eux un nouvel &#234;tre ? Ce n'est donc plus qu'au ciel qu'ils le reverront, celui qui, &#233;tant Dieu, daigna durant trois ann&#233;es &#234;tre leur Ma&#238;tre, et qui, &#224; la derni&#232;re C&#232;ne, voulut bien les appeler ses amis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le deuil n'est pas pour eux seulement. Cette terre qui recevait en fr&#233;missant de bonheur la trace des pas du Fils de Dieu, ne sera plus foul&#233;e par ses pieds sacr&#233;s. Elle a perdu cette gloire qu'elle attendit quatre mille ans, la gloire de servir d'habitation &#224; son divin auteur. Les nations sont dans l'attente d'un Lib&#233;rateur ; mais, hors de la Jud&#233;e et de la Galil&#233;e, les hommes ignorent que ce Lib&#233;rateur est venu et qu'il est remont&#233; aux cieux. L'&#339;uvre de J&#233;sus cependant n'en demeurera pas l&#224;. Le genre humain conna&#238;tra sa venue ; et, quant &#224; son Ascension au ciel en ce jour, &#233;coutez la voix de la sainte &#201;glise qui dans les cinq parties du monde retentit et proclame le triomphe de l'Emmanuel. Dix-huit si&#232;cles se sont &#233;coul&#233;s depuis son d&#233;part, et nos adieux pleins de respect et d'amour s'unissent encore &#224; ceux que lui adress&#232;rent ses disciples, pendant qu'il s'&#233;levait au ciel. Nous aussi nous pleurons son absence ; mais nous sommes heureux aussi de le voir glorifi&#233;, couronn&#233;, assis &#224; la droite de son P&#232;re. Vous &#234;tes entr&#233; dans votre repos, Seigneur ; nous vous adorons sur votre tr&#244;ne, nous qui sommes vos rachet&#233;s, votre conqu&#234;te. B&#233;nissez-nous, attirez-nous &#224; vous, et daignez faire que votre dernier av&#232;nement soit notre espoir et non notre crainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux Versets de l'All&#233;luia r&#233;p&#232;tent les accents de David c&#233;l&#233;brant d'avance le Christ qui monte dans sa gloire, les acclamations des Anges, les sons &#233;clatants des trompettes c&#233;lestes, le superbe troph&#233;e que le vainqueur entra&#238;ne apr&#232;s lui dans ces heureux captifs qu'il a d&#233;livr&#233;s de la prison des limbes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;VANGILE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le diacre ayant achev&#233; l'&#201;vangile, un acolyte monte &#224; l'ambon, et &#233;teint silencieusement le Cierge myst&#233;rieux qui nous rappelait la pr&#233;sence de J&#233;sus ressuscit&#233;. Ce rite expressif annonce le commencement du veuvage de la sainte &#201;glise, et avertit nos &#226;mes que pour contempler d&#233;sormais notre Sauveur, il nous faut aspirer au ciel o&#249; il r&#233;side. Que rapide a &#233;t&#233; son passage ici-bas ! Que de g&#233;n&#233;rations se sont succ&#233;d&#233;, que de g&#233;n&#233;rations se succ&#233;deront encore jusqu'&#224; ce qu'il se montre de nouveau !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de lui, la sainte &#201;glise ressent les langueurs de l'exil ; elle pers&#233;v&#232;re n&#233;anmoins &#224; habiter cette vall&#233;e de larmes ; car c'est l&#224; qu'elle doit &#233;lever les enfants dont le divin &#201;poux l'a rendue m&#232;re par son Esprit ; mais la vue de son J&#233;sus lui manque, et si nous sommes chr&#233;tiens, elle doit nous manquer aussi &#224; nous-m&#234;mes. Oh ! Quand viendra le jour o&#249; de nouveau rev&#234;tus de notre chair, a nous nous &#233;lancerons dans les airs &#224; la rencontre du Seigneur, pour demeurer avec lui &#224; jamais ! &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Thess. IV, 16.&#034; id=&#034;nh3-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; C'est alors, et seulement alors, que nous aurons atteint la fin pour laquelle nous f&#251;mes cr&#233;&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les myst&#232;res du Verbe incarn&#233; que nous avons vu se d&#233;rouler jusqu'ici devaient aboutir &#224; son Ascension ; toutes les gr&#226;ces que nous recevons jour par jour doivent se terminer &#224; la n&#244;tre. &#171; Ce monde n'est qu'une figure qui passe &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. VII, 31.&#034; id=&#034;nh3-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; et nous sommes en marche pour aller rejoindre notre divin Chef. En lui est notre vie, notre f&#233;licit&#233; ; c'est en vain que nous voudrions les chercher ailleurs. Tout ce qui nous rapproche de J&#233;sus nous est bon ; tout ce qui nous en &#233;loigne est mauvais et funeste. Le myst&#232;re de l'Ascension est le dernier &#233;clair que Dieu fait luire &#224; nos regards pour nous montrer la voie. Si notre c&#339;ur aspire &#224; retrouver J&#233;sus, c'est qu'il vit de la vraie vie ; s'il est concentr&#233; dans les choses cr&#233;&#233;es, en sorte qu'il ne ressente plus l'attraction du c&#233;leste aimant qui est J&#233;sus, c'est qu'il serait mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Levons donc les yeux comme les disciples, et suivons en d&#233;sir celui qui monte aujourd'hui et qui va nous pr&#233;parer une place. En haut les c&#339;urs ! Sursum corda ! C'est le cri d'adieu que nous envoient nos fr&#232;res qui montent &#224; la suite du divin Triomphateur ; c'est le cri des saints Anges accourus au-devant de l'Emmanuel, et qui nous invitent &#224; venir renforcer leurs rangs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sois donc b&#233;ni, &#244; Cierge de la P&#226;que, colonne lumineuse, qui nous as r&#233;jouis quarante jours par ta flamme joyeuse et brillante. Tu nous parlais de J&#233;sus, notre flambeau dans la nuit de ce monde ; maintenant ta lumi&#232;re &#233;teinte nous avertit qu'ici-bas on ne voit plus J&#233;sus, et que pour le voir d&#233;sormais, il faut s'&#233;lever au ciel. Symbole ch&#233;ri que la main maternelle de la sainte &#201;glise avait cr&#233;&#233; pour parler &#224; nos c&#339;urs en attirant nos regards, nous te faisons nos adieux ; mais nous conservons le souvenir des saintes &#233;motions que ta vue nous fit ressentir dans tout le cours de cet heureux Temps pascal que tu fus charg&#233; de nous annoncer, et qui &#224; peine te survivra de quelques jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Antienne de l'Offertoire, l'&#201;glise emploie les m&#234;mes paroles de David qu'elle a fait retentir avant la lecture de l'&#201;vangile. Elle n'a qu'une pens&#233;e : le triomphe de son &#201;poux, la joie du ciel qu'elle veut voir partag&#233;e par les habitants de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entrer &#224; la suite de J&#233;sus dans la vie &#233;ternelle, &#233;viter les obstacles qui peuvent se rencontrer dans la voie, tels doivent &#234;tre nos d&#233;sirs en ce jour, telle est aussi la demande que la sainte &#201;glise adresse pour nous &#224; Dieu dans l'oraison Secr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouveau verset de David fournit l'Antienne de la Communion. Le roi-proph&#232;te y annonce, mille ans &#224; l'avance, que c'est &#224; l'Orient que l'Emmanuel s'&#233;l&#232;vera aux cieux. C'est en effet de la montagne des Oliviers situ&#233;e au Levant de J&#233;rusalem que nous avons vu aujourd'hui J&#233;sus partir pour le royaume de son P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple fid&#232;le vient de sceller son alliance avec son divin Chef en participant &#224; l'auguste Sacrement ; l'&#201;glise demande &#224; Dieu que ce myst&#232;re, qui contient J&#233;sus d&#233;sormais invisible, op&#232;re en nous ce qu'il exprime &#224; l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MIDI.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une tradition descendue des premiers si&#232;cles et confirm&#233;e par les r&#233;v&#233;lations des saints, nous apprend que l'heure de l'Ascension du Sauveur fut l'heure de midi. Les Carm&#233;lites de la r&#233;forme de sainte Th&#233;r&#232;se honorent d'un culte particulier ce pieux souvenir. A l'heure o&#249; nous sommes, elles sont r&#233;unies au ch&#339;ur, vaquant debout &#224; la contemplation du dernier des myst&#232;res de J&#233;sus, et suivant l'Emmanuel de la pens&#233;e et du c&#339;ur aussi haut que son vol divin l'emporte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivons-le aussi nous-m&#234;mes ; mais avant de fixer nos regards sur le radieux midi qui &#233;claire son triomphe, revenons un moment par la pens&#233;e &#224; son point de d&#233;part. C'est &#224; minuit, au sein des t&#233;n&#232;bres, qu'il &#233;clata tout &#224; coup dans l'&#233;table de Bethl&#233;hem. Cette heure nocturne et silencieuse convenait au d&#233;but de sa mission. Son &#339;uvre tout enti&#232;re &#233;tait devant lui, et trente-trois ann&#233;es devaient &#234;tre employ&#233;es &#224; l'accomplir. Cette mission se d&#233;roula ann&#233;e par ann&#233;e, jour par jour, et elle allait touchant &#224; sa fin, lorsque les hommes, dans leur malice, se saisirent de lui et l'attach&#232;rent &#224; une croix. On &#233;tait au milieu du jour, lorsqu'il parut &#233;lev&#233; dans les airs ; mais son P&#232;re ne voulut pas que le soleil &#233;clair&#226;t ce qui &#233;tait une humiliation et non un triomphe. D'&#233;paisses t&#233;n&#232;bres couvrirent la terre enti&#232;re ; cette journ&#233;e fut sans midi. Quand le soleil reparut, il &#233;tait d&#233;j&#224; l'heure de None. Trois jours apr&#232;s, il sortait du tombeau aux premiers rayons de l'aurore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, &#224; ce moment m&#234;me, son &#339;uvre est consomm&#233;e. J&#233;sus a pay&#233; de son sang la ran&#231;on de nos p&#233;ch&#233;s, il a vaincu la mort en ressuscitant glorieux ; n'a-t-il pas le droit de choisir pour son d&#233;part l'heure o&#249; le soleil, son image, verse tous ses feux et inonde de lumi&#232;re cette terre que son R&#233;dempteur va &#233;changer pour le ciel ? Salut donc, heure de midi deux fois sacr&#233;e, puisque tu nous redis chaque jour et la mis&#233;ricorde et la victoire de notre Emmanuel ! Gloire &#224; toi pour la double aur&#233;ole que tu portes : le salut de l'homme par la croix, et rentr&#233;e de l'homme au royaume des cieux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n'&#234;tes-vous pas aussi vous-m&#234;me le Midi de nos &#226;mes, &#244; J&#233;sus, Soleil de justice ! Cette pl&#233;nitude de lumi&#232;re &#224; laquelle nous aspirons, cette ardeur de l'amour &#233;ternel qui seul peut nous rendre heureux, o&#249; les trouverons-nous, sinon en vous qui &#234;tes venu ici-bas &#233;clairer nos t&#233;n&#232;bres et fondre nos glaces ? Dans cette esp&#233;rance, nous &#233;coutons les m&#233;lodieuses paroles de Gertrude votre fid&#232;le &#233;pouse, et nous sollicitons la gr&#226;ce de pouvoir un jour les r&#233;p&#233;ter apr&#232;s elle : &#171; O amour, &#244; Midi dont l'ardeur est si douce, vous &#234;tes a l'heure du repos sacr&#233;, et la paix enti&#232;re que l'on go&#251;te en vous fait nos d&#233;lices. O mon Bien-Aim&#233;, &#233;lu et choisi au-dessus de toute cr&#233;ature, faites-moi savoir, montrez-moi le lieu o&#249; vous paissez votre troupeau, o&#249; vous prenez votre repos &#224; l'heure de midi. Mon c&#339;ur s'enflamme &#224; la pens&#233;e de vos doux loisirs &#224; ce moment. Oh ! S'il m'&#233;tait donn&#233; d'approcher de vous assez pr&#232;s pour n'&#234;tre plus seulement pr&#232;s de vous, mais en vous ! Par votre influence, &#244; Soleil de justice, toutes les fleurs des vertus sortiraient de moi qui ne suis que cendre et poussi&#232;re. F&#233;cond&#233;e par vos rayons, &#244; mon Ma&#238;tre et mon &#201;poux, mon &#226;me produirait les nobles fruits de toute perfection. Enlev&#233;e de cette vall&#233;e de mis&#232;re, admise &#224; contempler vos traits si d&#233;sir&#233;s, mon bonheur &#233;ternel serait de a penser que vous n'avez pas d&#233;daign&#233;, &#244; miroir sans tache, de vous unir &#224; une p&#233;cheresse telle que moi &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Exercitia S. Gertrudis. Die V.&#034; id=&#034;nh3-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A V&#202;PRES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Seigneur J&#233;sus a disparu de la terre ; mais son souvenir et ses promesses sont demeur&#233;s au fond du c&#339;ur de la sainte &#201;glise. Elle suit par la pens&#233;e le triomphe si splendide de son &#201;poux, triomphe si m&#233;rit&#233; apr&#232;s l'&#339;uvre accomplie du salut des hommes. Elle ressent son veuvage ; mais elle attend d'une foi ferme le Consolateur promis. Cependant les heures s'&#233;coulent, le soir approche ; elle rassemble alors ses enfants, et dans l'Office des V&#234;pres, elle repasse avec eux le profond myst&#232;re de ce grand jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Antiennes des Psaumes reproduisent le r&#233;cit de l'&#233;v&#233;nement qui s'est accompli &#224; l'heure de midi ; elles sont m&#233;lodieuses, mais non sans une expression triste comme il convient au jour des adieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Hymne, pleine de suavit&#233;, a pour auteur saint Ambroise ; mais elle a &#233;t&#233; retouch&#233;e plus ou moins heureusement au XVIIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Antienne qui accompagne le cantique de Marie est une invitation &#224; J&#233;sus de se souvenir de sa promesse, et de ne pas tarder &#224; consoler son &#201;pouse par l'envoi du divin Esprit. La sainte &#201;glise la r&#233;p&#233;tera chaque jour, jusqu'&#224; l'arriv&#233;e du don c&#233;leste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous entendrons, dans tout le cours de l'Octave, le concert des antiques &#201;glises de la chr&#233;tient&#233;, c&#233;l&#233;brant sur des modes divers, mais dans un m&#234;me sentiment, le m&#233;diateur de Dieu et des hommes qui s'&#233;l&#232;ve aux cieux par sa propre vertu. Donnons aujourd'hui la parole &#224; l'&#201;glise grecque qui, dans son g&#233;nie pompeux, cherche &#224; rendre les magnificences du myst&#232;re. C'est l'Hymne de l'Office du soir.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;IN ASSUMPTIONE DOMINI, AD VESPERAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque tu fus arriv&#233;, &#244; Christ, sur le mont des Oliviers, afin d'accomplir la volont&#233; du P&#232;re, les Anges c&#233;lestes furent dans l'&#233;tonnement, et les esprits infernaux fr&#233;mirent. Les disciples &#233;prouvaient un sentiment de bonheur m&#234;l&#233; de crainte, tandis que tu leur parlais. En face, &#224; l'Orient, un nuage apparaissait semblable &#224; un tr&#244;ne pr&#233;pare ; le ciel dont les portes &#233;taient ouvertes se montrait dans toute sa beaut&#233; ; et la terre allait apprendre comment Adam, apr&#232;s sa chute, pourra remonter encore. Mais tout &#224; coup tes pieds s'&#233;l&#232;vent dans les airs, comme si une main les soutenait, &#244; Christ ! Ta bouche r&#233;p&#232;te des b&#233;n&#233;dictions aussi longtemps que ses accents se font entendre ; le nuage te re&#231;oit, et bient&#244;t le ciel lui-m&#234;me. Telle est l'&#339;uvre sublime que tu as op&#233;r&#233;e, Seigneur, pour accomplir le salut de nos &#226;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature d'Adam qui &#233;tait tomb&#233;e jusque dans les profondeurs de la terre, cette nature que tu as renouvel&#233;e, &#244; Dieu, tu l'&#233;lev&#233;s aujourd'hui avec toi au-dessus des Principaut&#233;s et des Puissances. Dans ton amour pour elle, tu l'&#233;tablis l&#224; m&#234;me o&#249; tu r&#233;sides ; dans ta compassion, tu te l'&#233;tais unie, tu avais souffert en elle, toi qui es impassible : et &#224; cause de ses souffrances que tu as partag&#233;es, tu l'associes aujourd'hui &#224; ta gloire. Les esprits c&#233;lestes se sont &#233;cri&#233;s : &#171; Quel est cet homme &#233;clatant de beaut&#233;, et qui n'est pas seulement un homme, mais un Dieu-homme, ayant les deux natures ? &#187; Cependant, d'autres Anges au vol rapide et v&#234;tus de longues tuniques, descendaient vers les disciples et leur disaient : &#171; Hommes de Galil&#233;e, J&#233;sus, homme-Dieu, qui vient de vous quitter, reviendra Dieu-homme, pour juger les vivants et les morts, et pour faire part &#224; ceux qui croient en lui du pardon et de sa grande mis&#233;ricorde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque tu fus enlev&#233; dans la gloire aux regards de tes disciples, &#244; Christ Dieu, un nuage re&#231;ut ton humanit&#233;, les portes du ciel s'&#233;lev&#232;rent, le ch&#339;ur des Anges tressaillit d'all&#233;gresse et les Vertus c&#233;lestes criaient avec transport : &#171; Princes, &#233;levez vos portes, et le Roi de gloire entrera. &#187; Cependant, tes disciples dans la stupeur disaient : &#171; Ne vous s&#233;parez pas de nous, &#244; bon Pasteur, mais envoyez-nous votre Esprit tr&#232;s saint, pour diriger et affermir nos &#226;mes. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir accompli dans ta bont&#233;, Seigneur, le myst&#232;re qui avait &#233;t&#233; cach&#233; aux si&#232;cles et aux g&#233;n&#233;rations, tu es venu sur le mont des Oliviers avec tes disciples, ayant avec toi celle qui t'a enfant&#233;, &#244; cr&#233;ateur et auteur de toutes choses ! Il &#233;tait juste que celle qui, dans ta Passion, avait souffert plus que tout autre dans son c&#339;ur maternel, f&#251;t appel&#233;e &#224; jouir aussi plus que tout autre du triomphe de ton humanit&#233;. Nous donc qui entrons en participation de sa joie dans ton Ascension, Seigneur, nous glorifions ta grande mis&#233;ricorde envers nous.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Terminons la journ&#233;e par cette belle pri&#232;re du Br&#233;viaire mozarabe.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;ORATIO.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Unigenite Dei Filius, qui devicta morte de terrenis ad c&#339;lestia
transitum faciens, quasi filius hominis apparens, in throno magnam claritatem habens, quem omnis militia c&#339;lestis exercitus Angelorum laudat : pr&#230;be nobis, ut nullis flagitiorum vinculis in corde hujus s&#230;culi illigemur, qui te ad Patrem ascendisse gloriosa fidei devotione concinimus ; ut illic indesinenter cordis nostri dirigatur obtutus, quo tu ascendisti post vulnera gloriosus. Amen.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Fils unique de Dieu, &#244; vous qui, vainqueur de la mort, avez pass&#233; de la terre au ciel ; Fils de l'Homme dans votre nature ext&#233;rieure, &#233;blouissant d'&#233;clat sur votre tr&#244;ne, objet continuel des louanges de toutes les milices c&#233;lestes, ne permettez pas que nous nous laissions encha&#238;ner par les liens coupables de ce monde, nous qui, dans les transports de notre foi, c&#233;l&#233;brons votre Ascension vers le P&#232;re. Faites que l'&#339;il de notre c&#339;ur soit &#224; jamais fixe l&#224; o&#249; vous &#234;tes mont&#233; plein de gloire, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; bless&#233; ici-bas. Amen.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;O notre Emmanuel ! Vous &#234;tes donc enfin par-parvenu au terme de votre &#339;uvre, et c'est aujourd'hui m&#234;me que nous vous voyons entrer dans votre repos. Au commencement du monde, vous aviez employ&#233; six jours pour disposer toutes les parties de cet univers cr&#233;&#233; par votre puissance ; apr&#232;s quoi vous rentr&#226;tes dans votre repos. Plus tard, lorsque vous e&#251;tes r&#233;solu de relever votre &#339;uvre tomb&#233;e par la malice de l'ange rebelle, votre amour vous fit passer, durant le cours de trente-trois ann&#233;es, par une succession sublime d'actes &#224; l'aide desquels s'op&#233;raient notre r&#233;demption et notre r&#233;tablissement au degr&#233; de saintet&#233; et de gloire dont nous &#233;tions d&#233;chus. Vous n'avez rien oubli&#233;, &#244; J&#233;sus, de ce qui avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; &#233;ternellement dans les conseils de la glorieuse Trinit&#233;, de ce que les Proph&#232;tes avaient annonc&#233; de vous. Votre triomphante Ascension met le sceau &#224; la mission que vous avez daign&#233; accomplir dans votre mis&#233;ricorde. Pour la seconde fois vous entrez dans votre repos ; mais vous y entrez avec la nature humaine appel&#233;e d&#233;sormais aux honneurs divins. D&#233;j&#224; les justes de notre race que vous avez retir&#233;s des limbes prennent rang dans les ch&#339;urs ang&#233;liques, et en partant vous nous avez dit &#224; nous-m&#234;mes : &#171; Je vais vous pr&#233;parer une place &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIV, 2.&#034; id=&#034;nh3-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confiants dans votre parole, &#244; Emmanuel, r&#233;solus &#224; vous suivre dans tous vos myst&#232;res qui n'ont &#233;t&#233; accomplis que pour nous, &#224; vous accompagner dans l'humilit&#233; de votre Bethl&#233;hem, dans la participation aux douleurs de votre Calvaire, dans la r&#233;surrection de votre P&#226;que, nous aspirons &#224; imiter aussi, quand l'heure sera venue, votre triomphante Ascension. En attendant, nous nous unissons aux ch&#339;urs des saints Ap&#244;tres qui saluent votre arriv&#233;e, &#224; nos P&#232;res dont l'heureuse multitude vous accompagne et vous suit. Tenez vos regards divins fix&#233;s sur nous, &#244; divin Pasteur ! Le moment de la r&#233;union n'est pas arriv&#233; encore. Gardez vos brebis, et veillez &#224; ce que pas une ne s'&#233;gare et ne manque au rendez-vous. Instruits d&#233;sormais de la fin qui nous attend, fermes dans l'amour et la m&#233;ditation des myst&#232;res qui nous ont conduits &#224; celui d'aujourd'hui, nous l'adoptons en ce jour comme l'objet de notre attente, comme le terme de nos d&#233;sirs. C'est le but que vous vous &#234;tes propos&#233; en venant en ce monde, descendant jusqu'&#224; notre bassesse, pour nous enlever ensuite jusqu'&#224; vos grandeurs, vous faisant homme afin de faire de nous des dieux. Mais jusqu'au moment qui nous r&#233;unira &#224; vous, que ferions-nous ici-bas, si la Vertu du Tr&#232;s-Haut que vous nous avez promise ne descendait bient&#244;t sur nous, si elle ne nous apportait la patience dans l'exil, la fid&#233;lit&#233; dans l'absence, l'amour seul capable de soutenir un c&#339;ur qui soupire apr&#232;s la possession ? Venez donc, &#244; divin Esprit ! Ne nous laissez pas languir, afin que notre &#339;il demeure fix&#233; au ciel o&#249; J&#233;sus r&#232;gne et nous attend, et ne permettez pas que cet &#339;il mortel soit tent&#233;, dans sa lassitude, de s'abaisser sur un monde terrestre o&#249; J&#233;sus ne se laissera plus voir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&lt;/h2&gt;&lt;center&gt;Station &#224; Saint-Pierre.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;La solennit&#233; liturgique de l'Ascension, moins antique que celle de la Pentec&#244;te, est toutefois parmi les plus anciennes du cycle, et bien qu'on ne la trouve pas dans les t&#233;moignages documentaires ant&#233;rieurs &#224; Eus&#232;be&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De Sol. Pasch., c. v. P. G., XXIV, col. 699.&#034; id=&#034;nh3-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, cette f&#234;te &#233;tait pourtant d&#233;j&#224; si universelle que saint Augustin put en attribuer la premi&#232;re institution aux ap&#244;tres eux-m&#234;mes. Dans l'antiquit&#233;, la caract&#233;ristique de la f&#234;te de ce jour &#233;tait une solennelle procession qui se faisait vers midi en souvenir des Ap&#244;tres accompagnant J&#233;sus hors de la ville sur le mont des Oliviers. A Rome, apr&#232;s les offices nocturnes et la messe c&#233;l&#233;br&#233;e sur l'autel de Saint-Pierre, le Pape &#233;tait couronn&#233; par les cardinaux et, vers l'heure de sexte, se rendait au Latran, accompagn&#233; par les &#233;v&#234;ques et par le clerg&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui J&#233;sus s'est d&#233;rob&#233; &#224; la vue de ses fid&#232;les disciples, lesquels gardent toutefois leurs yeux lev&#233;s au ciel, s'effor&#231;ant de revoir encore une fois le divin Ma&#238;tre. Mais cette vie contemplative, toute absorb&#233;e dans la vision b&#233;atifique du Paradis, est r&#233;serv&#233;e aux &#233;lus de l'&#201;glise triomphante. Ceux-ci ont leur r&#233;compense in mercede contemplationis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Dans la r&#233;compense de la contemplation &#187;, St Augustin, Tract. 124 in Joan. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme le dit saint Augustin dans une hom&#233;lie c&#233;l&#232;bre que la liturgie nous fait lire au Br&#233;viaire le jour de saint Jean l'&#201;vang&#233;liste. Notre vocation au contraire doit &#234;tre in opere actionis ; aussi, en ce jour, la liturgie, dans l'intro&#239;t, avec une m&#233;lodie qui est parmi les plus belles du recueil gr&#233;gorien, nous r&#233;p&#232;te-t-elle les paroles des Anges aux Ap&#244;tres : &#171; O Galil&#233;ens, que regardez-vous dans le ciel ? Ce J&#233;sus qui y est all&#233; sous vos yeux reviendra dans la m&#234;me majest&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ita veniet&lt;/i&gt;. Voil&#224; notre consolation dans les douleurs et l'isolement de la vie. J&#233;sus s'est &#233;loign&#233;, mais il reviendra certainement. Cette attente de J&#233;sus doit d&#233;terminer, pour ainsi dire, tout le rythme de notre vie int&#233;rieure, le c&#339;ur palpitant et les yeux de la foi fix&#233;s l&#224;-haut vers le ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte est pleine de beaut&#233;. Le Ma&#238;tre est mont&#233; au ciel pour nous y pr&#233;parer une place. Il est notre Chef, et c'est seulement par une esp&#232;ce de violence que ses membres mystiques sont contraints &#224; rester encore sur la terre. Ne pouvant tout de suite rejoindre J&#233;sus en paradis, nous devons du moins habiter dans le ciel par nos affections, nos pens&#233;es, nos d&#233;sirs, en sorte que, exil&#233;s ici-bas avec notre corps, nous puissions dire pourtant avec saint Paul : conversatio nostra in c&#230;lis est&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Notre vie est dans les cieux &#187;, Philip. 3, 20.&#034; id=&#034;nh3-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture est tir&#233;e des Actes (I, 1-11) ; c'est le r&#233;cit de l'Ascension. J&#233;sus s'&#233;l&#232;ve au ciel du mont des Oliviers, o&#249; pr&#233;cis&#233;ment il avait commenc&#233; la Passion, et par l&#224; il nous enseigne que la Croix est l'unique moyen d'arriver au paradis. Il promet aux Ap&#244;tres l'Esprit Saint, seulement apr&#232;s son entr&#233;e triomphale dans son royaume, parce qu'il convenait que la pl&#233;nitude de la gloire se r&#233;pand&#238;t du Chef dans les membres. Avant de se d&#233;rober &#224; leurs regards, J&#233;sus b&#233;nit les Ap&#244;tres, pour les assurer de sa continuelle assistance, intime et invisible, dans le secret du c&#339;ur. C'est l&#224; que J&#233;sus, par l'op&#233;ration du Saint-Esprit, &#233;tablit le temple o&#249; il vient r&#233;sider avec son Divin P&#232;re. Les Anges invitent les Ap&#244;tres &#224; d&#233;tourner du ciel leurs regards, parce que la vie pr&#233;sente est le temps du labeur et non celui du repos. Maintenant l'on s&#232;me ; ensuite on moissonnera. On s&#232;me dans les sueurs et dans la douleur, et l'on moissonnera dans la joie. C'est pourquoi nous devons travailler ; mais m&#234;me en ceci il y a une r&#232;gle &#224; observer. Nous devons travailler comme font les Anges, quand ils exercent leur fid&#232;le minist&#232;re de garde &#224; notre endroit. Ils nous assistent et se tiennent continuellement &#224; nos c&#244;t&#233;s, mais en m&#234;me temps leur regard est fix&#233; en paradis, extasi&#233; dans la contemplation de la splendeur du P&#232;re &#201;ternel in quem desiderant Angeli prospicere&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Que les Anges d&#233;sirent contempler &#224; fond &#187;, I Petr. 1, 12.&#034; id=&#034;nh3-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit le verset all&#233;luiatique tir&#233; du psaume 46 : Dieu s'est &#233;lev&#233; dans la jubilation et au son des trompettes des milices ang&#233;liques, qui l'acclament leur chef et sauveur, et lui rendent gr&#226;ces parce qu'au moyen de la r&#233;demption des hommes il comble dans leurs rangs les vides autrefois laiss&#233;s par les Anges apostats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre motif qui rendit plus belle l'Ascension de J&#233;sus fut le fait que, selon toute probabilit&#233;, le Sauveur fut accompagn&#233; dans son triomphe par ces saints Patriarches et Proph&#232;tes qui sortirent de leurs tombes au moment o&#249; J&#233;sus expira sur la croix, et qui, apr&#232;s sa r&#233;surrection, se montr&#232;rent visiblement &#224; de nombreuses personnes &#224; J&#233;rusalem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset pr&#233;c&#233;dant l'&#201;vangile provient du psaume 67 : Dieu qui se montra sur le Sina&#239; s'&#233;l&#232;ve maintenant et entra&#238;ne avec lui esclave l'esclavage lui-m&#234;me, c'est-&#224;-dire qu'il triomphe du p&#233;ch&#233; et du d&#233;mon dont il foule aux pieds la puissance qu'il tient encha&#238;n&#233;e. Le chr&#233;tien ne doit donc pas craindre Satan. Il est comme un chien attach&#233;, qui ne peut mordre que ceux qui s'approchent imprudemment de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture &#233;vang&#233;lique avec le r&#233;cit de l'Ascension est tir&#233;e de saint Marc (XVI, 14-20), lequel, dans un unique tableau, recueille toute l'histoire des quarante jours pass&#233;s par J&#233;sus ressuscit&#233; avec ses Ap&#244;tres, et aussi l'histoire ult&#233;rieure de l'&#201;glise. Les disciples re&#231;oivent la puissance d'op&#233;rer des miracles, pour confirmer la divinit&#233; de leur mission, et ils vont pr&#234;cher sur tous les points de la terre. Du haut du ciel, J&#233;sus donne l'efficacit&#233; &#224; leur parole, et ainsi l'&#201;glise, &#224; l'image du Divin Ma&#238;tre dont elle continue l'&#339;uvre bienfaisante, passe &#224; travers le monde : pertransiit benefaciendo et sanando&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Il est all&#233; de lieu en lieu en faisant le bien, et en gu&#233;rissant &#187;, Act. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il ne faut pas croire que ce tableau convient seulement &#224; l'&#226;ge apostolique. Non, l'&#201;glise est encore maintenant telle qu'elle &#233;tait alors. Il n'est aucun genre de bienfaisance corporelle et spirituelle auquel elle ne se consacre, encore &#224; pr&#233;sent, sp&#233;cialement au moyen de ses admirables corporations religieuses. Quant au don des miracles, lui aussi est un charisme qui n'a jamais manqu&#233; &#224; l'&#201;glise. Bien plus, il est en si intime relation avec sa note de saintet&#233;, que, dans sa sage prudence, l'&#201;glise, avant d'inscrire l'un de ses membres au catalogue des Saints, exige que les prodiges obtenus par son intercession soient d'abord juridiquement discut&#233;s, d&#233;montr&#233;s et approuv&#233;s. Et ces proc&#232;s apostoliques jug&#233;s par la Sacr&#233;e Congr&#233;gation des Rites, tribunal comp&#233;tent en la mati&#232;re, sont toujours tr&#232;s nombreux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne de l'offertoire provient du psaume 46 : &#171; Dieu monte au ciel au milieu de la jubilation des anges qui soufflent dans les trompettes. &#187; Le jour de l'incarnation, ils annon&#231;aient la gloire seulement au ciel : Gloria in excelsis Deo ; sur la terre, tandis que le Sauveur s'humiliait, le don le plus &#224; propos &#233;tait celui de la paix entre Dieu et les hommes : et in terra pax hominibus bonae voluntatis. Mais aujourd'hui qu'est accomplie la magnifique r&#233;demption, la gloire du ciel se refl&#232;te aussi sur la terre, puisque la barri&#232;re de division ayant &#233;t&#233; &#244;t&#233;e, des deux familles, ang&#233;lique et humaine, il ne s'en fait plus qu'une ; aussi, tandis que J&#233;sus, caput hominum et Angelorum&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Chef des hommes et des Anges &#187;.&#034; id=&#034;nh3-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, s'assied glorieux &#224; la droite du P&#232;re, les membres de son corps mystique, en qui il vit et op&#232;re encore, se trouvent ici sur la terre. De m&#234;me donc que le Sauveur r&#233;unit ces deux attributions : le Chef est glorieux au ciel et les membres travaillent dans le monde, ainsi l'&#201;glise milite ici-bas, mais, dans la personne de son Chef, elle a d&#233;j&#224; commenc&#233; la vie glorieuse du Paradis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la collecte sur les oblations, nous rappelons aujourd'hui au Seigneur que l'offrande des dons est consacr&#233;e &#224; comm&#233;morer l'immense gloire de l'Ascension du Christ, cons&#233;quence de sa Passion. C'est pourquoi nous le supplions d'aplanir aussi pour nous la voie du ciel, &#233;tant de devant nos pas toutes les pierres d'achoppement, en sorte que nous puissions s&#251;rement atteindre le but d&#233;sir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'ailleurs remarquer qu'ici nous ne demandons point que les soldats du Christ soient absolument soustraits au combat et maintenus dans les quartiers d'hiver ; &#8212; non, car la vie est le temps de la lutte &#8212; mais nous supplions Dieu d'&#233;carter de notre route l'unique vrai mal et p&#233;ril que nous puissions rencontrer, celui de l'offenser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'anaphore eucharistique d'introduction au trisagion, selon l'usage romain dont parlait le pape Vigile &#233;crivant &#224; Profuturus de Braga, nous ins&#233;rons durant toute l'octave de l'Ascension la comm&#233;moration de ce sublime myst&#232;re : &#171; Qui (le Christ), apr&#232;s sa R&#233;surrection, apparut indiscutablement &#224; ses disciples, et, sous leurs yeux, s'&#233;leva au ciel, dans le but de nous donner part &#224; sa divinit&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Qui post resurrecti&#243;nem suam &#243;mnibus disc&#237;pulis suis manif&#233;stus app&#225;ruit, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; la signification de la f&#234;te de ce jour, et la fin que se propose le Christ en montant au ciel. Il atteint pleinement ce but le jour de la Pentec&#244;te, quand il nous donne avec l'Esprit Saint, sa vie divine elle-m&#234;me, le c&#339;ur m&#234;me de la divinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au commencement des diptyques apostoliques, l'on fait aussi m&#233;moire de la solennit&#233; du jour : &#171; Comm&#233;morant le jour tr&#232;s sacr&#233; o&#249; votre Fils unique et notre Seigneur fit asseoir &#224; votre droite glorieuse notre fragile nature, qu'il avait voulu unir &#224; sa personne divine... &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Diem sacrat&#237;ssimum celebr&#225;ntes quo D&#243;minus noster, unig&#233;nitus F&#237;lius tuus, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour la Communion est tir&#233;e du psaume 67 : &#171; Chantez des hymnes au Seigneur qui, du c&#244;t&#233; de l'Orient, monte au plus haut des cieux. &#187; Le plus haut des cieux signifie ici le tr&#244;ne m&#234;me de la divinit&#233;, qu'aujourd'hui va occuper la sainte humanit&#233; de J&#233;sus. Il s'&#233;l&#232;ve du c&#244;t&#233; de l'Orient, parce que toutes les &#339;uvres de Dieu sont resplendissantes, lumineuses, sans que l'&#201;glise ait jamais eu, comme les th&#233;osophes modernes, deux doctrines, l'une cach&#233;e, r&#233;serv&#233;e aux initi&#233;s, et l'autre commune, pour le grand public. Dieu fait ses &#339;uvres &#224; la lumi&#232;re du soleil. Le Christ meurt sur une colline, en pr&#233;sence de tout un peuple, au grand jour de la Parasc&#232;ve de J&#233;rusalem ; J&#233;sus ressuscite et se fait voir, non seulement aux Ap&#244;tres mais aux saintes Femmes et m&#234;me &#224; cinq cents personnes rassembl&#233;es. Aujourd'hui il monte au ciel, mais sur une colline, en pr&#233;sence de onze personnes au moins, sans compter la Bienheureuse Vierge et les membres de sa parent&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Eucharistie, ou pri&#232;re de remerciement, nous supplions la divine cl&#233;mence de faire que le signe visible de la gr&#226;ce, c'est-&#224;-dire le Sacrement, atteigne int&#233;rieurement la pl&#233;nitude de son effet. Nous demandons par l&#224; que l'incorporation mat&#233;rielle &#224; la Victime du sacrifice eucharistique nous unisse spirituellement &#224; J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La supr&#234;me glorification du Chef qui, aujourd'hui, va s'asseoir &#224; la droite du P&#232;re dans le ciel, se r&#233;pand dans les membres, &#224; l'&#233;gal de ce baume parfum&#233; qui, selon le psaume 132, descendit de la t&#234;te d'Aaron sur sa barbe et sur ses splendides v&#234;tements pontificaux. Cette onction spirituelle est le charisme du Saint-Esprit qu'en ce jour J&#233;sus, du ciel, obtient &#224; l'&#201;glise. Le lien est donc tr&#232;s intime, entre l'Ascension et la Pentec&#244;te. L'une ne s'explique pas sans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&lt;/h2&gt;&lt;center&gt;STATION A SAINT PIERRE&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;L'Ascension du Christ est notre &#233;l&#233;vation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le chant de l'&#201;vangile, le diacre &#233;teint le cierge pascal, le symbole de la R&#233;surrection. Par cette simple c&#233;r&#233;monie, la liturgie veut exprimer que le Christ est mont&#233; aujourd'hui au ciel. A chaque messe, le pr&#234;tre dit : &#171; Nous nous rappelons la bienheureuse Passion, la R&#233;surrection des morts et la glorieuse Ascension de ton Fils... &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Canon Romain.&#034; id=&#034;nh3-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;strong&gt;Premi&#232;res impressions.&lt;/strong&gt; &#8212; Quand des personnes ch&#232;res se s&#233;parent de nous, nous nous affligeons, m&#234;me si nous savons qu'elles rencontreront un sort meilleur. Aussi nous pourrions penser que l'&#201;glise assistera &#224; l'Ascension avec m&#233;lancolie. Il n'en est rien. La f&#234;te est exclusivement une f&#234;te de joie. Une double joie remplit nos c&#339;urs ; nous nous r&#233;jouissons pour le Seigneur et pour nous-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) La journ&#233;e de l'Ascension est un triomphe du Christ, une f&#234;te de victoire. Le Seigneur a bien m&#233;rit&#233; son triomphe. Rappelons-nous toutes les phases et toutes les &#233;tapes de sa vie terrestre. Il a quitt&#233; le tr&#244;ne de son P&#232;re et s'est abaiss&#233; dans le sein de la Vierge, il a &#233;t&#233; couch&#233; sur la rude paille de la Cr&#232;che de Bethl&#233;em, il a d&#251; fuir en &#201;gypte, fuir son propre peuple ; il a v&#233;cu dans l'obscurit&#233; &#224; Nazareth, comme un simple artisan ; puis il s'est fatigu&#233; &#224; parcourir la Galil&#233;e et la Jud&#233;e &#224; la recherche de la brebis perdue. Il a &#233;t&#233; m&#233;connu, il n'a pas &#233;t&#233; aim&#233; par ses fr&#232;res. Enfin, il a endur&#233; sa Passion r&#233;demptrice depuis le mont des Oliviers jusqu'au Golgotha. Pourquoi tout cela ? Parce qu'il nous a aim&#233;s. Quel but poursuivait-il ? Nous racheter du pouvoir du diable et nous introduire dans la patrie c&#233;leste. Et maintenant son &#339;uvre, &#224; laquelle il a consacr&#233; son amour et le sang de ses veines, est achev&#233;e. Il peut, aujourd'hui, jeter un regard joyeux sur sa vie &#233;coul&#233;e. &lt;a href='https://introibo.fr/spip.php?article278'&gt;Hier, la liturgie nous a montr&#233; son Ascension en deux images&lt;/a&gt; : le vainqueur s'avance triomphant, il entra&#238;ne avec lui dans son triomphe les prisonniers, c'est-&#224;-dire nous-m&#234;mes, les enfants de Dieu rachet&#233;s par lui ; il fait part de son butin, c'est-&#224;-dire des gr&#226;ces de la R&#233;demption &#224; l'&#201;glise. Le Fils rentre dans la maison paternelle, il est re&#231;u avec joie par son P&#232;re ; mais il lui pr&#233;sente des nouveaux fr&#232;res et s&#339;urs, l'humanit&#233; rachet&#233;e. Nous pouvons dire que la f&#234;te de l'Ascension est, en m&#234;me temps, l'accession au tr&#244;ne et le couronnement du Christ comme Roi du ciel et de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Cette f&#234;te est aussi un jour de joie pour nous. La glorification du Seigneur dans son Ascension est aussi l'&#233;l&#233;vation de la nature humaine ; c'est notre glorification. C'est l&#224; une pens&#233;e qui a profond&#233;ment impressionn&#233; les P&#232;res. Notre nature humaine participe aux plus hauts honneurs divins. Le Christ. en effet, est entr&#233; au ciel avec son corps humain, avec sa nature humaine ; il est assis sur le tr&#244;ne de Dieu et il restera avec sa nature humaine &#233;ternellement. C'est l&#224; une distinction inou&#239;e pour les hommes. L'un des n&#244;tres, notre chef, est assis sur le tr&#244;ne de Dieu ; ainsi donc nous aussi, les membres de son corps, nous sommes divinis&#233;s. C'est pourquoi la pr&#233;face de la f&#234;te chante d'une mani&#232;re significative : &#171; Il a &#233;t&#233; &#233;lev&#233; pour nous faire participer &#224; sa divinit&#233; &#187;. C'est l&#224; une divine noblesse qui nous est communiqu&#233;e par l'Ascension. Mais cela constitue, pour nous, une imp&#233;rieuse exigence : Sursum corda. Le p&#233;ch&#233; ne monte pas au ciel avec le Christ. Le p&#233;ch&#233; est comme une cha&#238;ne qui nous lie &#224; la terre. Brisons ces liens du p&#233;ch&#233;. Nous devons d'abord monter au ciel avec la volont&#233; et le d&#233;sir (&#171; demeurer de c&#339;ur au ciel &#187;). Ensuite, nous y suivrons le Seigneur en corps et en &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;strong&gt;Solennit&#233; du jour.&lt;/strong&gt; &#8212; Cette fois encore, c&#233;l&#233;brons cette f&#234;te enti&#232;rement avec l'&#201;glise, dans la pri&#232;re des Heures et &#224; la messe. Hier, nous avons r&#233;cit&#233; les Heures du soir en commun ou, tout au moins, nous avons r&#233;cit&#233; les v&#234;pres dans notre particulier. Dans les antiennes, nous voyons le Roi montant au ciel. L'image centrale, au br&#233;viaire comme &#224; la messe, est celle-ci : &#171; Hommes de Galil&#233;e, pourquoi regardez-vous vers le ciel ? Comme vous l'avez vu monter au ciel, ainsi il reviendra, All&#233;luia &#187; (I. Ant. Intr.). L'hymne est d'un magnifique mouvement (Salutis humanae Sator) :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Auteur du salut des humains, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;J&#233;sus, d&#233;lices de nos c&#339;urs, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Du monde rachet&#233; tu fus le Cr&#233;ateur &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Et te chaste clart&#233; brille sur ceux qui t'aiment. &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Sois, vers le ciel, le guide et le sentier, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Sois l'id&#233;al de tous nos c&#339;urs, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Sois, dans nos pleurs, le r&#233;confort, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Sois, de la vie, la douce r&#233;compense.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;A l'antienne de Magnificat, nous voyons le Seigneur sur le seuil de la c&#233;leste maison paternelle : &#171; P&#232;re, j'ai annonc&#233; ton nom parmi les hommes que tu m'as donn&#233;s : maintenant, je te prie pour eux, non pour le monde, car je viens vers toi, All&#233;luia &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit ou de bonne heure le matin, nous r&#233;citons les Matines. C'est la r&#233;union des psaumes royaux. Les antiennes font ressortir avec pr&#233;dilection des expressions comme celle-ci : exalter, &#233;lever (exaltare, elevare). Les le&#231;ons du deuxi&#232;me et du troisi&#232;me nocturnes sont tr&#232;s riches de pens&#233;es et d'autant plus pr&#233;cieuses que toutes les deux furent prononc&#233;es comme hom&#233;lies par les papes saint L&#233;on 1er et saint Gr&#233;goire 1er. &#171; Il y avait vraiment une grande et ineffable cause de nous r&#233;jouir quand la nature humaine qui &#233;tait unie au Fils de Dieu s'&#233;leva devant les yeux de la sainte troupe des disciples, bien au-dessus de tous les Esprits c&#233;lestes, bien au-dessus des ch&#339;urs des anges et m&#234;me au-dessus des hauteurs des archanges. Elle devait d&#233;passer toutes les hi&#233;rarchies c&#233;lestes et ne s'arr&#234;ter qu'au tr&#244;ne de Dieu, o&#249; elle participerait &#224; sa gloire puisqu'elle est unie &#224; sa nature dans la Personne du Fils. Puisque l'Ascension du Christ est notre propre &#233;l&#233;vation, et puisque l&#224; o&#249; nous a pr&#233;c&#233;d&#233;s le Chef glorieux le corps (mystique) peut lui aussi diriger son esp&#233;rance, tressaillons, mes bien-aim&#233;s, d'une joie profonde et que de pieuses actions de gr&#226;ces s'unissent &#224; notre joie. Aujourd'hui, en effet, nous ne recouvrons pas seulement le paradis (perdu), mais nous avons p&#233;n&#233;tr&#233; dans les hauteurs du ciel. Nous avons beaucoup plus re&#231;u par la gr&#226;ce ineffable du Christ que nous n'avions perdu par l'envie du diable. Car les enfants d'Adam, que l'ennemi venimeux avait chass&#233;s du bonheur de leur premier s&#233;jour, le Fils de Dieu se les est incorpor&#233;s et les a plac&#233;s &#224; la droite du P&#232;re &#187; (Saint L&#233;on).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand nous lisons que les disciples ne crurent &#224; la R&#233;surrection du Seigneur qu'apr&#232;s une longue h&#233;sitation, pensons moins &#224; leur faiblesse qu'&#224; ce que je pourrais appeler notre future fermet&#233; dans la foi. Car, pr&#233;cis&#233;ment, par ce fait qu'ils dout&#232;rent, la R&#233;surrection fut d&#233;montr&#233;e par de nombreuses preuves. Et nous qui lisons maintenant ce r&#233;cit, nous sommes, par leur doute, affermis dans la foi. Assur&#233;ment Marie-Madeleine m'a moins servi que Thomas qui douta longtemps. Celui-ci, en effet, parce qu'il douta, toucha les cicatrices des blessures et, ainsi, gu&#233;rit les blessures du doute dans notre c&#339;ur &#187; (Saint Gr&#233;goire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il conviendrait de r&#233;citer les Laudes sur une hauteur (de se transporter en esprit sur le mont des Oliviers). Notre &#226;me ressent aujourd'hui toute la fra&#238;cheur de la joie et tous les transports de l'all&#233;gresse. Quand le soleil se l&#232;ve, nous entendons le Sauveur qui nous quitte nous adresser ces paroles : &#171; Je monte vers mon P&#232;re et votre P&#232;re, vers mon Dieu et votre Dieu, All&#233;luia &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &lt;strong&gt;La messe (Viri Galil&#230;i).&lt;/strong&gt; &#8212; Apr&#232;s les petites Heures de Prime et de Tierce, nous c&#233;l&#233;brons la messe solennelle. C'est le point culminant de la f&#234;te et la r&#233;alisation mystique de son myst&#232;re. L'&#233;glise de station est Saint-Pierre. Nous nous r&#233;unissons dans la grande &#233;glise mondiale de Rome pour c&#233;l&#233;brer les saints myst&#232;res, dans cette &#233;glise o&#249; saint L&#233;on et saint Gr&#233;goire prononc&#232;rent les hom&#233;lies que nous avons lues au br&#233;viaire. Les f&#234;tes du Christ-Roi se c&#233;l&#232;brent &#224; Saint-Pierre (No&#235;l, &#201;piphanie). Mais Saint-Pierre est aujourd'hui, pour nous, J&#233;rusalem ; nous y prenons notre repas avec le Christ (Le&#231;on et &#201;vang.). C'est aussi le mont des Oliviers o&#249; nous accompagnons le Seigneur et d'o&#249; nous le voyons monter au ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Intro&#239;t nous pr&#233;sente une belle image. Les Ap&#244;tres l&#232;vent les yeux vers le ciel. C'est un symbole de l'&#201;glise. Depuis que le Christ est remont&#233; au ciel, elle ne cesse de regarder vers le ciel dans une ardente attente jusqu'&#224; ce qu'il &#171; revienne &#187; (Ici aussi, le d&#233;sir de parousie de l'&#201;glise se fait jour). Nous chantons le psaume proprement dit de l'Ascension (46) qui revient aujourd'hui dans presque tous les chants psalmodiques : &#171; Que tous les peuples battent des mains &#187; (nous sommes dans l'&#233;glise Saint-Pierre qui est l'&#233;glise des gentils).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oraison : Depuis que le Ma&#238;tre est au ciel, &#171; nous devons aussi demeurer de c&#339;ur au ciel &#187;. Dans la le&#231;on et l'&#201;vangile, nous prenons part aux derni&#232;res heures terrestres du Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux lectures font remarquer que le Seigneur apparut aux siens &#171; pendant le repas &#187;. Il nous appara&#238;t aussi &#224; nous, maintenant, pendant le banquet eucharistique : Apr&#232;s le chant de l'&#201;vangile, on &#233;teint le cierge pascal, le symbole au Ressuscit&#233;. Dans la procession de l'Offrande, nous formons un cort&#232;ge de f&#234;te et nous accompagnons le Seigneur montant au ciel, avec des chants d'all&#233;gresse et au son des trompettes. A la procession de la Communion, nous nous dirigeons encore vers l'&#171; Est &#187; et nous voyons le Seigneur s'&#233;lever au-dessus de tous les cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. &lt;strong&gt;Le psaume de l'Ascension (ps. 46).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. Le Roi de son peuple&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Vous tous, peuples, battez des mains, c&#233;l&#233;brez Dieu par des cris d'all&#233;gresse ; &lt;br class='manualbr' /&gt;Car Dieu, le Tr&#232;s-Haut, est redoutable, le grand Roi du monde entier. &lt;br class='manualbr' /&gt;C'est lui qui nous assujettit les peuples, qui met les nations sous nos pieds. &lt;br class='manualbr' /&gt;Pour nous, il nous a choisis pour son h&#233;ritage, il a aim&#233; le beau pays de Jacob.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;II. Le Roi des Gentils.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Dieu s'&#233;l&#232;ve au milieu des acclamations, le Seigneur monte au son des trompettes. &lt;br class='manualbr' /&gt;Louez notre Dieu, oui, louez-le, chantez notre Roi, chantez, &lt;br class='manualbr' /&gt;Car Dieu est le Roi de toute la terre ; jouez d'une main habile &lt;br class='manualbr' /&gt;Dieu r&#232;gne aussi sur les Gentils, il si&#232;ge sur son tr&#244;ne saint. &lt;br class='manualbr' /&gt;Les princes des peuples se r&#233;unissent au Dieu d'Abraham ; &lt;br class='manualbr' /&gt;Les puissants rois de la terre se sont &#233;lev&#233;s bien haut.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Sens litt&#233;ral et construction. &#8212; Le psaume est court, d'une construction simple et facile &#224; comprendre. Ce cantique se divise en deux strophes de quatre vers (le dernier vers est peut-&#234;tre une addition post&#233;rieure.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous demandons quelle fut l'occasion du psaume et quel fut son sens originaire. Le peuple juif &#233;tait en guerre avec les pa&#239;ens. On apporta l'arche d'alliance au-dessus de laquelle se manifestait la pr&#233;sence de Dieu dans la nu&#233;e sainte, car le Dieu d'alliance s'avan&#231;ait lui-m&#234;me au combat avec l'arm&#233;e de son peuple. L'objet du combat &#233;tait le saint &#171; h&#233;ritage &#187;, la &#171; gloire de Jacob &#187;, la terre promise. Isra&#235;l fut vainqueur de ses ennemis et le peuple, dans des chants de victoire et d'all&#233;gresse, accompagne le divin Roi, le Dieu de l'alliance qui tr&#244;ne sur l'arche d'alliance, jusque sur les hauteurs du mont Sion. &#8212; Maintenant, le psaume est intelligible : Tous les peuples sont invit&#233;s &#224; rendre hommage au Dieu vainqueur (le battement de mains &#233;tait un signe d'hommage, cf. IV Rois, XI, 12). Cette victoire est la continuation de celle de Josu&#233; qui prit possession de la terre promise. Il &#171; assujettit &#187; les peuples de Chanaan (&#171; les nations sous nos pieds &#187;). Depuis, le divin Roi a &#171; choisi Isra&#235;l pour son h&#233;ritage et a aim&#233; le beau pays de Jacob &#187;. Dans la seconde strophe, nous suivons le cort&#232;ge triomphal vers le mont Sion &#171; au milieu des acclamations et au son des trompettes &#187; ; le Roi monte. Les musiciens du temple sont invit&#233;s &#224; jouer de leurs instruments pour recevoir le Roi. Le psaume s'ach&#232;ve par une vue de l'avenir messianique. Le psalmiste voit, dans une vision proph&#233;tique, les gentils, sous la direction de leurs princes, entrer dans le royaume de Dieu et le Christ r&#233;gner sur l'&#201;glise unie des Gentils et des Juifs (le dernier verset est un peu obscur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Application liturgique. Pour nous, chr&#233;tiens, le Christ est le divin Roi. Lui aussi est entr&#233; en lutte avec les princes du monde. Ce fut le combat de la R&#233;demption ; sur le champ de bataille du Golgotha, l'ennemi h&#233;r&#233;ditaire fut vaincu et le Christ conquit un butin (Psaume LXVII, 18-19) : Tu montes sur la hauteur, emmenant la foule des captifs, tu partages le butin parmi les hommes, et maintenant tu emm&#232;nes dans les hauteurs l'humanit&#233; rachet&#233;e, y compris les rebelles (les Gentils). Aujourd'hui, en la f&#234;te de l'Ascension, nous suivons le Christ dans son entr&#233;e triomphale au ciel &#171; avec des acclamations et au son des trompettes &#187;. Nous rendons hommage au Roi de tous les peuples, au P&#232;re de son peuple. Le verset typique de l'Ascension est celui-ci. &#171; Dieu s'&#233;l&#232;ve dans les hauteurs au milieu des acclamations, le Seigneur monte au son des trompettes &#187;. Nous entendons trois fois ce verset au cours de la messe, &#224; des moments profond&#233;ment impressionnants. La premi&#232;re fois, c'est au moment de l'entr&#233;e du pr&#234;tre (de l'&#233;v&#234;que) : L'&#201;glise voit dans le pr&#234;tre qui s'avance vers l'autel, rev&#234;tu de ses ornements de f&#234;te, le Christ-Roi faisant son entr&#233;e dans le sanctuaire du ciel (vers. ad repetendum). La seconde fois, c'est au moment de la procession de l'&#201;vangile : Le diacre porte l'&#201;vangile sur l'ambon &#8212; c'est encore l'image du Christ montant au ciel. La troisi&#232;me fois, c'est au moment de la procession de l'Offrande. Les fid&#232;les eux-m&#234;mes participent &#224; la procession d'Offrande du ciel avec le Christ, leur Roi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. XCV, XCVI, XCVII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Marc. XVI.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXIV, 49.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIV, 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CIX.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. 1, 6-8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Constit. apost. lib. V, cap. XIX.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXIV, 51.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. I.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. I.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. III, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXIV, 52.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;AUGUSTIN. Epist. ad Januar.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. VIII, 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Thess. IV, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. VII, 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Exercitia S. Gertrudis. Die V.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIV, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;De Sol. Pasch., c. v. P. G., XXIV, col. 699.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Dans la r&#233;compense de la contemplation &#187;, St Augustin, &lt;i&gt;Tract. 124 in Joan. Post med.&lt;/i&gt; : 7&#232;me le&#231;on des Matines du 27 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Notre vie est dans les cieux &#187;, Philip. 3, 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Que les Anges d&#233;sirent contempler &#224; fond &#187;, I Petr. 1, 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Il est all&#233; de lieu en lieu en faisant le bien, et en gu&#233;rissant &#187;, Act. 10, 38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Chef des hommes et des Anges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Qui post resurrecti&#243;nem suam&lt;br class='manualbr' /&gt;&#243;mnibus disc&#237;pulis suis manif&#233;stus app&#225;ruit,&lt;br class='manualbr' /&gt;et, ipsis cern&#233;ntibus, est elev&#225;tus in c&#230;lum,&lt;br class='manualbr' /&gt;ut nos divinit&#225;tis su&#230;&lt;br class='manualbr' /&gt;trib&#250;eret esse part&#237;cipes. &#187;, Pr&#233;face de l'Ascension.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Diem sacrat&#237;ssimum celebr&#225;ntes quo D&#243;minus noster, unig&#233;nitus F&#237;lius tuus, un&#237;tam sibi fragilit&#225;tis nostr&#230; subst&#225;ntiam in gl&#243;ri&#230; tu&#230; d&#233;xtera colloc&#225;vit &#187;, &lt;i&gt;Communic&#225;ntes&lt;/i&gt; de l'Ascension.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Canon Romain.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Commentaires liturgiques du Dimanche de P&#226;ques</title>
		<link>https://introibo.fr/spip.php?article28</link>
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		<dc:date>2026-03-24T08:49:16Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique AU MATIN. &lt;br class='autobr' /&gt;
La nuit du Samedi au Dimanche voit enfin s'&#233;puiser ses longues heures ; et le lever du jour est proche. Marie, le c&#339;ur oppress&#233;, attend avec une courageuse patience le moment fortun&#233; qui doit lui rendre son fils. Madeleine et ses compagnes ont veill&#233; toute la nuit, et ne tarderont pas &#224; se mettre en marche vers le saint tombeau. Au fond des limbes, l'&#226;me du divin R&#233;dempteur s'appr&#234;te &#224; donner le signal du d&#233;part &#224; ces myriades d'&#226;mes justes si (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://introibo.fr/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Commentaires liturgiques pour les grandes f&#234;tes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://introibo.fr/local/cache-vignettes/L15xH15/arton146-9-11dee.gif?1774279524' class='spip_logo spip_logo_right' width='15' height='15' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgi&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Dom Pius Parsch, le Guide (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AU MATIN.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit du Samedi au Dimanche voit enfin s'&#233;puiser ses longues heures ; et le lever du jour est proche. Marie, le c&#339;ur oppress&#233;, attend avec une courageuse patience le moment fortun&#233; qui doit lui rendre son fils. Madeleine et ses compagnes ont veill&#233; toute la nuit, et ne tarderont pas &#224; se mettre en marche vers le saint tombeau. Au fond des limbes, l'&#226;me du divin R&#233;dempteur s'appr&#234;te &#224; donner le signal du d&#233;part &#224; ces myriades d'&#226;mes justes si longtemps captives, qui l'entourent de leur respect et de leur amour. La mort plane en silence sur le s&#233;pulcre o&#249; elle retient sa victime. Depuis le jour o&#249; elle d&#233;vora Abel, elle a englouti d'innombrables g&#233;n&#233;rations ; mais jamais elle n'a tenu dans ses liens une si noble proie. Jamais la sentence terrible du jardin n'a re&#231;u un si effrayant accomplissement ; mais aussi jamais la tombe n'aura vu ses esp&#233;rances d&#233;jou&#233;es par un si cruel d&#233;menti. Plus d'une fois, la puissance divine lui a d&#233;rob&#233; ses victimes : le fils de la veuve de Na&#239;m, la fille du chef de la synagogue, le fr&#232;re de Marthe et de Madeleine lui ont &#233;t&#233; ravis ; mais elle les attend &#224; la seconde mort. Il en est un autre ce pendant, au sujet duquel il est &#233;crit : &#171; O mort, je sciai ta mort ; tombeau, je serai ta ruine. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Os&#233;e. XIII, 14.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Encore quelques instants : les deux adversaires vont se livrer combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que l'honneur de la divine Majest&#233; ne pouvait permettre que le corps uni &#224; un Dieu attend&#238;t dans la poussi&#232;re, comme celui des p&#233;cheurs, le moment o&#249; la trompette de l'Ange nous doit tous appeler au jugement supr&#234;me ; de m&#234;me il convenait que les heures durant lesquelles la mort devait pr&#233;valoir fussent abr&#233;g&#233;es. &#171; Cette g&#233;n&#233;ration perverse demande un prodige, avait dit le R&#233;dempteur ; il ne lui en sera accord&#233; qu'un seul : celui du proph&#232;te Jonas. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XII, 39.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Trois jours de s&#233;pulture : la fin de la journ&#233;e du Vendredi, la nuit suivante, le Samedi tout entier avec sa nuit, et les premi&#232;res heures du Dimanche ; c'est assez : assez pour la justice divine d&#233;sormais satisfaite : assez pour certifier la mort de l'auguste victime et pour assurer le plus &#233;clatant des triomphes : assez pour le c&#339;ur d&#233;sol&#233; de la plus aimante des m&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Personne ne m'&#244;te la vie ; c'est moi-m&#234;me qui la d&#233;pose ; j'ai le pouvoir de la quitter, et j'ai aussi celui de la reprendre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. X, 18.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi parlait aux Juifs le R&#233;dempteur avant sa Passion : la mort sentira tout &#224; l'heure la force de cette parole de ma&#238;tre. Le Dimanche, jour de la Lumi&#232;re, commence &#224; poindre ; les premi&#232;res lueurs de l'aurore combattent d&#233;j&#224; les t&#233;n&#232;bres. Aussit&#244;t l'&#226;me divine du R&#233;dempteur s'&#233;lance de la prison des limbes, suivie de toute la foule des &#226;mes saintes qui l'environnaient. Elle traverse en un clin d'&#339;il l'espace, et p&#233;n&#233;trant dans le s&#233;pulcre, elle rentre dans ce corps qu'elle avait quitt&#233; trois jours auparavant au milieu des angoisses de l'agonie. Le corps sacr&#233; se ranime, se rel&#232;ve, et se d&#233;gage des linceuls, des aromates et des bandelettes dont il &#233;tait entour&#233;. Les meurtrissures ont disparu, le sang est revenu dans les veines ; et de ces membres lac&#233;r&#233;s par les fouets, de cette t&#234;te d&#233;chir&#233;e par les &#233;pines, de ces pieds et de ces mains perces par les clous, s'&#233;chappe une lumi&#232;re &#233;clatante qui remplit la caverne. Les saints Anges, qui ador&#232;rent avec attendrissement l'enfant de Bethl&#233;hem, adorent avec tremblement le vainqueur du tombeau. Ils plient avec respect et d&#233;posent sur la pierre o&#249; le corps immobile reposait tout &#224; l'heure, les linceuls dont la pi&#233;t&#233; des deux disciples et des saintes femmes l'avait envelopp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le Roi des si&#232;cles ne doit pas s'arr&#234;ter davantage sous cette vo&#251;te fun&#232;bre ; plus prompt que la lumi&#232;re qui p&#233;n&#232;tre le cristal, il franchit l'obstacle que lui opposait la pierre qui fermait l'entr&#233;e de la caverne, et que la puissance publique avait scell&#233;e et entour&#233;e de soldats arm&#233;s qui faisaient la garde. Tout est rest&#233; intact ; et il est libre, le triomphateur du tr&#233;pas ; ainsi, nous disent unanimement les saints Docteurs, parut-il aux yeux de Marie dans l'&#233;table, sans avoir fait ressentir aucune violence au sein maternel. Ces deux myst&#232;res de notre foi s'unissent, et proclament le premier et le dernier terme de la mission du Fils de Dieu : au d&#233;but, une Vierge-M&#232;re ; au d&#233;nouement, un tombeau scell&#233; rendant son captif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le silence le plus profond r&#232;gne encore, &#224; ce moment o&#249; l'Homme-Dieu vient de briser le sceptre de la mort. Son affranchissement et le n&#244;tre ne lui ont co&#251;t&#233; aucun effort. O Mort ! Que reste-t-il maintenant de ton empire ? Le p&#233;ch&#233; nous avait livr&#233;s &#224; toi ; tu te reposais sur ta conqu&#234;te ; et voici que ta d&#233;faite est au comble. J&#233;sus, que tu &#233;tais si fi&#232;re de tenir sous ta cruelle loi, t'a &#233;chapp&#233; ; et nous tous, apr&#232;s que tu nous auras poss&#233;d&#233;s, nous t'&#233;chapperons aussi. Le tombeau que tu nous creuses deviendra notre berceau pour une vie nouvelle ; carton vainqueur est le premier-n&#233; entre les morts&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apoc. I, 5.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; et c'est aujourd'hui la P&#226;que, le Passage, la d&#233;livrance, pour J&#233;sus et pour tous ses fr&#232;res. La route qu'il a fray&#233;e, nous la suivrons tous ; et le jour viendra o&#249; toi qui d&#233;truis tout, toi l'ennemie, tu seras an&#233;antie &#224; ton tour par le r&#232;gne de l'immortalit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. XV, 26.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais d&#232;s ce moment nous contemplons ta d&#233;faite, et nous r&#233;p&#233;tons, pour ta honte, ce cri du grand Ap&#244;tre : &#171; O Mort, qu'est devenue ta victoire ? Qu'as-tu fait de ton glaive ? Un moment tu as triomph&#233;, et te voil&#224; engloutie dans ton triomphe. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 55.&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le s&#233;pulcre ne doit pas rester toujours scell&#233; ; il faut qu'il s'ouvre, et qu'il t&#233;moigne au grand jour que celui dont le corps inanim&#233; l'habita quelques heures l'a quitt&#233; pour jamais. Soudain la terre tremble, comme au moment o&#249; J&#233;sus expirait sur la croix, mais ce tressaillement du globe n'indique plus l'horreur ; il exprime l'all&#233;gresse. L'Ange du Seigneur descend du ciel ; il arrache la pierre d'entr&#233;e, et s'assied dessus avec majest&#233; ; une robe &#233;blouissante de blancheur est son v&#234;tement, et ses regards lancent des &#233;clairs. A son aspect, les gardes tombent par terre &#233;pouvant&#233;s ; ils sont l&#224; comme morts, jusqu'&#224; ce que la bont&#233; divine apaisant leur terreur, ils se rel&#232;vent, et, quittant ce lieu redoutable, se dirigent vers la ville, pour rendre compte de ce qu'ils ont vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant J&#233;sus ressuscit&#233;, et dont nulle cr&#233;ature mortelle n'a encore contempl&#233; la gloire, a franchi l'espace, et en un moment il s'est r&#233;uni &#224; sa tr&#232;s sainte M&#232;re. Il est le Fils de Dieu, il est le vainqueur de la mort ; mais il est aussi le fils de Marie. Marie a assist&#233; pr&#232;s de lui jusqu'&#224; la fin de son agonie ; elle a uni le sacrifice de son c&#339;ur de m&#232;re &#224; celui qu'il offrait lui-m&#234;me sur la croix ; il est donc juste que les premi&#232;res joies de la r&#233;surrection soient pour elle. Le saint &#201;vangile ne raconte pas l'apparition du Sauveur &#224; sa M&#232;re, tandis qu'il s'&#233;tend sur toutes les autres ; la raison en est ais&#233;e &#224; saisir. Les autres apparitions avaient pour but de promulguer le fait de la r&#233;surrection ; celle-ci &#233;tait r&#233;clam&#233;e par le c&#339;ur d'un fils, et d'un fils tel que J&#233;sus. La nature et la gr&#226;ce exigeaient &#224; la fois cette entrevue premi&#232;re, dont le touchant myst&#232;re fait les d&#233;lices des &#226;mes chr&#233;tiennes. Elle n'avait pas besoin d'&#234;tre consign&#233;e dans le livre sacr&#233; ; la tradition des P&#232;res, &#224; commencer par saint Ambroise, suffisait &#224; nous la transmettre, quand bien m&#234;me nos c&#339;urs ne l'auraient pas pressentie ; et lorsque nous en venons &#224; nous demander pour quelle raison le Sauveur, qui devait sortir du tombeau le jour du Dimanche, voulut le faire d&#232;s les premi&#232;res heures de ce jour, avant m&#234;me que le soleil e&#251;t &#233;clair&#233; l'univers, nous adh&#233;rons sans peine au sentiment des pieux et savants auteurs qui ont attribu&#233; cette h&#226;te du Fils de Dieu &#224; l'empressement qu'&#233;prouvait son c&#339;ur, de mettre un terme &#224; la douloureuse attente de la plus tendre et de la plus afflig&#233;e des m&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle langue humaine oserait essayer de traduire les &#233;panchements du Fils et de la M&#232;re, &#224; cette heure tant d&#233;sir&#233;e ? Les yeux de Marie, &#233;puis&#233;s de pleurs et d'insomnie, s'ouvrant tout &#224; coup &#224; la douce et vive lumi&#232;re qui lui annonce l'approche de son bien-aim&#233; ; la voix de J&#233;sus retentissant &#224; ses oreilles, non plus avec l'accent douloureux qui nagu&#232;re descendait de la croix et transper&#231;ait comme d'un glaive son c&#339;ur maternel, mais joyeuse et tendre, comme il convient &#224; un fils qui vient raconter ses triomphes &#224; celle qui lui a donn&#233; le jour ; l'aspect de ce corps qu'elle recevait dans ses bras, il y a trois jours, sanglant et inanim&#233;. maintenant radieux et plein de vie, lan&#231;ant comme les reflets de la divinit&#233; &#224; laquelle il est uni ; les caresses d'un tel fils, ses paroles de tendresse, ses embrassements qui sont ceux d'un Dieu ; pour rendre cette sc&#232;ne sublime, nous n'avons que le mot du pieux abb&#233; Rupert, qui nous d&#233;peint l'effusion de joie dont le c&#339;ur de Marie se trouve alors rempli, comme un torrent de bonheur qui l'enivre et lui enl&#232;ve le sentiment des douleurs si poignantes qu'elle a ressenties&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De divinis Officiis, lib. VII, cap. XXV.&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois cette invasion des d&#233;lices que le Fils divin avait pr&#233;par&#233;es &#224; sa m&#232;re ne fut pas aussi subite que les paroles de ce d&#233;vot auteur du XIIe si&#232;cle nous donneraient &#224; l'entendre. Notre Seigneur a bien voulu d&#233;crire lui-m&#234;me cette ineffable sc&#232;ne dans une r&#233;v&#233;lation qu'il fit &#224; la s&#233;raphique vierge sainte Th&#233;r&#232;se. Il daigna lui confier que l'accablement de la divine M&#232;re &#233;tait si profond, qu'elle n'e&#251;t pas tard&#233; &#224; succomber &#224; son martyre, et que lorsqu'il se montra &#224; elle au moment o&#249; il venait de sortir du tombeau, elle eut besoin de quelques moments pour revenir &#224; elle-m&#234;me avant d'&#234;tre en &#233;tat de go&#251;ter une telle joie ; et le Seigneur ajoute qu'il resta longtemps aupr&#232;s d'elle, parce que cette pr&#233;sence prolong&#233;e lui &#233;tait n&#233;cessaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vie de sainte Th&#233;r&#232;se &#233;crite par elle-m&#234;me, dans les Additions.&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, chr&#233;tiens, qui aimons notre M&#232;re, qui l'avons vue sacrifier pour nous son propre fils sur le Calvaire, partageons d'un c&#339;ur filial la f&#233;licit&#233; dont J&#233;sus se pla&#238;t &#224; la combler en ce moment, et apprenons en m&#234;me temps &#224; compatir aux douleurs de son c&#339;ur maternel. C'est ici la premi&#232;re manifestation de J&#233;sus ressuscit&#233; : r&#233;compense de la foi qui veilla toujours au c&#339;ur de Marie, pendant m&#234;me la sombre &#233;clipse qui avait dur&#233; trois jours. Mais il est temps que le Christ se montre &#224; d'autres, et que la gloire de sa r&#233;surrection commence &#224; briller sur le monde. Il s'est fait voir d'abord &#224; celle de toutes les cr&#233;atures qui lui &#233;tait la plus ch&#232;re, et qui seule &#233;tait digne d'un tel bonheur ; maintenant, dans sa bont&#233;, il va r&#233;compenser, par sa vue pleine de consolation, les &#226;mes d&#233;vou&#233;es qui sont demeur&#233;es fid&#232;les &#224; son amour, dans un deuil trop humain peut-&#234;tre, mais inspir&#233; par une reconnaissance que ni la mort, ni le tombeau n'avaient d&#233;courag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier, Madeleine et ses compagnes, lorsque le coucher du soleil vint annoncer que, selon l'usage des Juifs, le grand Samedi faisait place au Dimanche, sont all&#233;es par la ville acheter des parfums, pour embaumer de nouveau le corps de leur cher ma&#238;tre, aussit&#244;t que la lumi&#232;re du jour leur permettra d'aller lui rendre ce pieux devoir. La nuit s'est pass&#233;e sans sommeil ; et les ombres ne sont pas encore totalement dissip&#233;es, que Madeleine, avec Marie, m&#232;re de Jacques, et Salom&#233;, est d&#233;j&#224; sur le chemin qui conduit au Calvaire, pr&#232;s duquel est le s&#233;pulcre o&#249; repose J&#233;sus. Dans leur pr&#233;occupation, elles ne s'&#233;taient pas m&#234;me demand&#233; quels bras elles emploieraient pour d&#233;ranger la pierre qui ferme l'entr&#233;e de la grotte ; moins encore ont-elles song&#233; au sceau de la puissance publique qu'il faudrait auparavant briser, et aux gardes qu'elles vont rencontrer pr&#232;s du tombeau. Aux premiers rayons du jour, elles arrivent au terme de leur pieux voyage ; et la premi&#232;re chose qui frappe leurs regards, c'est la pierre qui fermait l'entr&#233;e, &#244;t&#233;e de sa place, et laissant p&#233;n&#233;trer le regard dans les profondeurs de la chambre s&#233;pulcrale. L'Ange du Seigneur, qui avait eu mission de d&#233;ranger cette pierre et qui s'&#233;tait assis dessus comme sur un tr&#244;ne, ne les laisse pas longtemps dans la stupeur qui les a saisies : &#171; Ne craignez pas, leur dit-il ; je sais que vous cherchez J&#233;sus ; il n'est plus ici ; il est ressuscit&#233;, comme il l'avait dit ; p&#233;n&#233;trez vous-m&#234;mes dans le tombeau, et reconnaissez la place o&#249; il a repos&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait trop pour ces &#226;mes que l'amour de leur ma&#238;tre transportait, mais qui ne le connaissaient pas encore par l'esprit. Elles demeurent &#171; constern&#233;es &#187;, nous dit le saint &#201;vangile. C'est un mort qu'elles cherchent, un mort ch&#233;ri ; on leur dit qu'il est ressuscit&#233; ; et cette parole ne r&#233;veille chez elles aucun souvenir. Deux autres Anges se pr&#233;sentent &#224; elles dans la grotte tout illumin&#233;e de l'&#233;clat qu'ils r&#233;pandent. &#201;blouies de cette lumi&#232;re inattendue, Madeleine et ses compagnes, nous dit saint Luc, abaissent vers la terre leurs regards mornes et &#233;tonn&#233;s. &#171; Pourquoi cherchez-vous chez les morts, leur disent les Anges, celui qui est vivant ? Rappelez-vous donc ce qu'il vous disait en Galil&#233;e : qu'il serait crucifi&#233;, et que, le troisi&#232;me jour, il ressusciterait. &#187; Ces paroles font quelque impression sur les saintes femmes ; et au milieu de leur &#233;motion, un l&#233;ger souvenir du pass&#233; semble rena&#238;tre dans leur m&#233;moire. &#171; Allez donc, continuent les Anges ; dites aux disciples et &#224; Pierre qu'il est ressuscit&#233;, et qu'il les devancera en Galil&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sortent en h&#226;te du tombeau et se dirigent vers la ville, partag&#233;es entre la terreur et un sentiment de joie int&#233;rieure qui les p&#233;n&#232;tre comme malgr&#233; elles. Cependant elles n'ont vu que les Anges, et un s&#233;pulcre ouvert et vide. A leur r&#233;cit, les Ap&#244;tres, loin de se laisser aller &#224; la confiance, attribuent, nous dit encore saint Luc, &#224; l'exaltation d'un sexe faible tout ce merveilleux qu'elles s'accordent &#224; raconter. La r&#233;surrection pr&#233;dite si clairement, et &#224; plusieurs reprises, par leur ma&#238;tre, ne leur revient pas non plus en m&#233;moire. Madeleine s'adresse en particulier &#224; Pierre et &#224; Jean ; mais que sa foi &#224; elle est faible encore ! Elle est partie pour embaumer le corps de son cher ma&#238;tre, et elle ne l'a pas trouv&#233; ; sa d&#233;ception douloureuse s'&#233;panche encore devant les deux Ap&#244;tres : &#171; Ils ont enlev&#233;, dit-elle, le Seigneur du tombeau ; et nous ne savons pas o&#249; ils l'ont mis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre et Jean se d&#233;terminent &#224; se rendre sur le lieu. Ils p&#233;n&#232;trent dans la grotte ; ils voient les linceuls dispos&#233;s en ordre sur la table de pierre qui a re&#231;u le corps de leur ma&#238;tre ; mais les Esprits c&#233;lestes qui font la garde ne se montrent point &#224; eux. Jean cependant, et c'est lui-m&#234;me qui nous en rend t&#233;moignage, re&#231;oit en ce moment la foi : d&#233;sormais il croit &#224; la r&#233;surrection de J&#233;sus. Nous ne faisons que passer rapidement sur des r&#233;cits que nous aurons occasion de m&#233;diter plus tard, lorsque la sainte Liturgie les ram&#232;nera sous nos yeux. En ce moment, il s'agit seulement de suivre dans leur ensemble les &#233;v&#233;nements de ce jour, le plus grand des jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; cette heure, J&#233;sus n'a encore apparu qu'&#224; sa M&#232;re : les femmes n'ont vu que des Anges qui leur ont parl&#233;. Ces bienheureux Esprits leur ont command&#233; d'aller annoncer la r&#233;surrection de leur ma&#238;tre aux disciples et &#224; Pierre. Elles ne re&#231;oivent pas cette commission pour Marie ; il est ais&#233; d'en saisir la raison : le fils s'est d&#233;j&#224; r&#233;uni a sa m&#232;re ; et la myst&#233;rieuse et touchante entrevue se poursuit encore durant ces pr&#233;ludes. Mais d&#233;j&#224; le soleil brille de tous ses feux, et les heures de la matin&#233;e avancent : c'est l'Homme-Dieu qui va proclamer lui-m&#234;me le triomphe que le genre humain vient de remporter en lui sur la mort. Suivons avec un saint respect l'ordre de ces manifestations, et effor&#231;ons-nous respectueusement d'en d&#233;couvrir les myst&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Madeleine, apr&#232;s le retour des deux Ap&#244;tres, n'a pu r&#233;sister au d&#233;sir de visiter de nouveau la tombe de son ma&#238;tre. La pens&#233;e de ce corps qui a disparu, et qui, peut-&#234;tre, devenu le jouet des ennemis de J&#233;sus, git sans honneurs et sans s&#233;pulture, tourmente son &#226;me ardente et boulevers&#233;e. Elle est repartie, et bient&#244;t elle arrive &#224; la porte du s&#233;pulcre. L&#224;, dans son inconsolable douleur, elle se livre a ses sanglots ; puis bient&#244;t, se penchant vers l'int&#233;rieur de la grotte, elle aper&#231;oit les deux Anges assis chacun &#224; une des extr&#233;mit&#233;s de la table de pierre sur laquelle le corps de J&#233;sus fut &#233;tendu sous ses veux. Elle ne les interroge pas ; ce sont eux qui lui parlent : &#171; Femme, disent-ils, pourquoi pleures-tu ? &#187; &#8212; &#171; Ils ont enlev&#233; mon ma&#238;tre, et je ne sais o&#249; ils l'ont mis. &#187; Et apr&#232;s ces paroles, elle sort brusquement du s&#233;pulcre, sans attendre la r&#233;ponse des Anges. Tout &#224; coup, &#224; l'entr&#233;e de la grotte, elle se voit en face d'un homme, et cet homme est J&#233;sus. Madeleine ne le reconna&#238;t pas ; elle est &#224; la recherche du corps mort de son ma&#238;tre ; elle veut l'ensevelir de nouveau. L'amour la transporte, mais la foi n'&#233;claire pas cet amour ; elle ne sent pas que celui dont elle cherche la d&#233;pouille inanim&#233;e est l&#224;, vivant, pr&#232;s d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus, dans son ineffable condescendance, daigne lui faire entendre sa voix : &#171; Femme, lui dit-il, pourquoi pleures-tu ? Que cherches-tu ? &#187; Madeleine n'a pas reconnu cette voix ; son c&#339;ur est comme engourdi par une excessive et aveugle sensibilit&#233; ; elle ne conna&#238;t pas encore J&#233;sus par l'esprit. Ses veux se sont pourtant arr&#234;t&#233;s sur lui ; mais son imagination qui l'entra&#238;ne lui fait voir dans cet homme le jardinier charg&#233; de cultiver le jardin qui entoure le s&#233;pulcre. Peut-&#234;tre, se dit-elle, est-ce lui qui a d&#233;rob&#233; le tr&#233;sor que je cherche ; et sans r&#233;fl&#233;chir plus longtemps, elle s'adresse &#224; lui-m&#234;me sous cette impression : &#171; Seigneur, dit-elle humblement &#224; l'inconnu, si c'est vous qui l'avez enlev&#233;, dites-moi o&#249; vous l'avez mis, et je vais l'emporter. &#187; C'&#233;tait trop pour le c&#339;ur du R&#233;dempteur des hommes, pour celui qui daigna louer hautement chez le Pharisien l'amour de la pauvre p&#233;cheresse ; il ne peut plus tarder &#224; r&#233;compenser cette na&#239;ve tendresse ; il va l'&#233;clairer. Alors, avec cet accent qui rappelle &#224; Madeleine tant de souvenirs de divine familiarit&#233;, il parle ; mais il ne dit que ce seul mot : &#171; Marie ! &#187; &#8212; &#171; Cher ma&#238;tre ! &#187; r&#233;pond avec effusion l'heureuse et humble femme, illumin&#233;e tout &#224; coup des splendeurs du myst&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle s'&#233;lance, et voudrait coller ses l&#232;vres &#224; ces pieds sacr&#233;s, dans l'embrassement desquels elle re&#231;ut autrefois son pardon. J&#233;sus l'arr&#234;te ; le moment n'est pas venu de se livrer &#224; de tels &#233;panchements. Il faut que Madeleine, premier t&#233;moin de la r&#233;surrection de l'Homme-Dieu, soit &#233;lev&#233;e, pour prix de son amour, au plus haut degr&#233; de l'honneur. Il ne convient pas que Marie r&#233;v&#232;le &#224; d'autres les secrets sublimes de son c&#339;ur maternel ; c'est &#224; Madeleine de t&#233;moigner de ce qu'elle a vu, de ce qu'elle a entendu dans le jardin. C'est elle qui sera, comme disent les saints Docteurs, l'Ap&#244;tre des Ap&#244;tres eux-m&#234;mes. J&#233;sus lui dit : &#171; Va trouver mes fr&#232;res et dis-leur que je monte vers mon P&#232;re et le leur, vers mon Dieu et le leur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la seconde apparition de J&#233;sus ressuscit&#233;, l'apparition &#224; Marie-Madeleine, la premi&#232;re dans l'ordre du t&#233;moignage. Nous la m&#233;diterons de nouveau, le jour o&#249; la sainte &#201;glise nous donnera &#224; lire le passage de saint Jean o&#249; elle est rapport&#233;e. Mais adorons d&#232;s ce moment l'infinie bont&#233; du Seigneur, qui, avant de songer &#224; &#233;tablir la foi de sa r&#233;surrection dans ceux qui devaient la pr&#234;cher jusqu'aux extr&#233;mit&#233;s du monde, daigne d'abord r&#233;compenser l'amour de cette femme qui l'a suivi jusqu'&#224; la croix, jusqu'au-del&#224; du tombeau, et qui, &#233;tant plus redevable que les autres, a su aussi aimer plus que les autres. En se montrant d'abord &#224; Madeleine, J&#233;sus a voulu satisfaire avant tout l'amour de son c&#339;ur divin pour la cr&#233;ature, et nous apprendre que le soin de sa gloire ne vient qu'apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madeleine, empress&#233;e de remplir l'ordre de son ma&#238;tre, se dirige vers la ville et ne tarde pas &#224; se trouver en pr&#233;sence des disciples. &#171; J'ai vu le Seigneur, leur dit-elle, et il m'a dit ceci. &#187; Mais la foi n'est pas encore entr&#233;e dans leurs &#226;mes ; le seul Jean a re&#231;u ce don au s&#233;pulcre, bien que ses yeux n'aient vu que le tombeau d&#233;sert. Souvenons-nous qu'apr&#232;s avoir fui comme les autres, il s'est retrouv&#233; au Calvaire pour recevoir le dernier soupir de J&#233;sus, et que l&#224; il est devenu le fils adoptif de Marie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant les compagnes de Madeleine, Marie m&#232;re de Jacques, et Salom&#233;, qui l'ont suivie de loin sur la route du saint tombeau, reviennent seules &#224; J&#233;rusalem. Soudain J&#233;sus se pr&#233;sente &#224; leurs regards, et arr&#234;te leur marche lente et silencieuse. &#171; Je vous salue &#187;, leur dit-il. A cette parole leur c&#339;ur se fond de tendresse et d'admiration elles se pr&#233;cipitent avec ardeur &#224; ses pieds sacr&#233;s, elles les embrassent, et lui prodiguent leurs adorations. C'est la troisi&#232;me apparition du Sauveur ressuscit&#233;, moins intime mais plus famili&#232;re que celle dont Madeleine fut favoris&#233;e. J&#233;sus n'ach&#232;vera pas la journ&#233;e sans se manifester &#224; ceux qui son appel&#233;s &#224; devenir les h&#233;rauts de sa gloire : mais il veut, avant tout, honorer aux yeux de tous les si&#232;cles &#224; venir ces g&#233;n&#233;reuses femmes qui, bravant le p&#233;ril et triomphant de la faiblesse de leur sexe, l'ont consol&#233; sur la croix par une fid&#233;lit&#233; qu'il ne rencontra pas dans ceux qu'il avait choisis et combl&#233;s de ses faveurs. Autour de la cr&#232;che o&#249; il se montrait pour la premi&#232;re fois aux hommes, il convoqua de pauvres bergers par la voix des Anges, avant d'appeler les rois par le minist&#232;re d'un astre mat&#233;riel ; aujourd'hui qu'il est arriv&#233; au comble de sa gloire, qu'il a mis par sa r&#233;surrection le sceau &#224; toutes ses &#339;uvres et rendu certaine sa divine origine, en assurant notre foi par le plus irr&#233;fragable de tous les prodiges, il attend, avant d'instruire et d'&#233;clairer ses Ap&#244;tre que d'humbles femmes aient &#233;t&#233; par lui instruites, consol&#233;es, combl&#233;es enfin des marques de son amour. Quelle grandeur dans cette conduite si suave et si forte du Seigneur notre Dieu, et qu'il a raison de nous dire par le Proph&#232;te : &#171; Mes pens&#233;e ne sont pas vos pens&#233;es ! &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isaie, LV, 8.&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il e&#251;t &#233;t&#233; &#224; notre disposition d'ordonner les circonstances de sa venue en ce monde, quel bruit n'eussions-nous pas fait pour appeler le genre humain tout entier, rois et peuples, autour de son berceau ? Avec quel fracas eussions-nous promulgu&#233; devant toutes les nations le miracle des miracles, la R&#233;surrection du crucifie, la mort vaincue et l'immortalit&#233; reconquise ? Le Fils de Dieu, qui est &#171; la Force et la Sagesse du P&#232;re &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. 1, 24.&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, s'y est pris autrement. Au moment de sa naissance, il n'a voulu pour premiers adorateurs que des hommes simples et rustiques, dont les r&#233;cits ne devaient pas retentir au-del&#224; des confins de Bethl&#233;hem ; et voil&#224; qu'aujourd'hui la date de cette naissance est l'&#232;re de tous les peuples civilis&#233;e. Pour premiers t&#233;moins de sa R&#233;surrection, il n'a voulu que de faibles femmes ; et voil&#224; qu'en ce jour m&#234;me, &#224; l'heure o&#249; nous sommes, la terre enti&#232;re c&#233;l&#232;bre l'anniversaire de cette R&#233;surrection ; tout est remu&#233;, un &#233;lan inconnu le reste de l'ann&#233;e se fait sentir aux plus indiff&#233;rents ; l'incr&#233;dule qui coudoie le croyant sait du moins que c'est aujourd'hui P&#226;ques ; et du sein m&#234;me des nations infid&#232;les, d'innombrables voix chr&#233;tiennes s'unissent aux n&#244;tres, afin que s'&#233;l&#232;ve de tous les points du globe vers notre divin ressuscite l'acclamation joyeuse qui nous r&#233;unit tous en un seul peuple, le divin All&#233;luia. &#171; O Seigneur &#187;, devons-nous nous &#233;crier avec Mo&#239;se, quand le peuple &#233;lu c&#233;l&#233;bra la premi&#232;re P&#226;que et traversa &#224; pied sec la mer Rouge, &#171; &#244; Seigneur, qui d'entre les forts est semblable &#224; vous ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Exode, XV, 11.&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suspendons le r&#233;cit des &#233;v&#233;nements de cette solennelle journ&#233;e, et n'anticipons pas sur les heures. Il est temps de s'unir &#224; la sainte &#201;glise qui, apr&#232;s avoir consacr&#233; la plus grande partie de la nuit &#224; l'enfantement du nouveau peuple qui lui est n&#233;, s'appr&#234;te &#224; rendre au Seigneur le tribut accoutum&#233; de sa louange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'OFFICE DES MATINES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque Dimanche de l'ann&#233;e, le divin Service de la nuit se compose de trois partitions d&#233;sign&#233;es sous le nom de Nocturnes. Chacune de ces sections est form&#233;e de trois Psaumes accompagn&#233;s d'Antiennes, et suivis de Lectures entrecoup&#233;es de R&#233;pons. Cet ensemble majestueux de chants sacr&#233;s que pr&#233;c&#232;de, en forme de pr&#233;lude, le Psaume appel&#233; Invitatoire, et que termine l'Hymne Ambrosien, commence apr&#232;s le milieu de la nuit, et doit &#234;tre achev&#233; aux premiers rayons de l'aurore, o&#249; il fait place &#224; l'Office plus solennel encore des Laudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette nuit a &#233;t&#233; occup&#233;e presque tout enti&#232;re par la sublime fonction du Bapt&#234;me ; et quand le sacrifice s'achevait, le lever du soleil &#233;tait d&#233;j&#224; proche. Il est donc n&#233;cessaire d'abr&#233;ger aujourd'hui le service ordinaire de la nuit, afin que les cantiques par lesquels l'&#201;glise salue le retour de la lumi&#232;re, &#339;uvre et figure de son c&#233;leste &#201;poux, se rapprochent, autant qu'il est possible, de l'instant o&#249; l'astre radieux qui la verse sur la terre aura commenc&#233; sa course.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que l'Office de la nuit, appel&#233; improprement Matines dans les temps modernes, parce qu'on ne le c&#233;l&#232;bre plus gu&#232;re que le matin, est r&#233;duit aujourd'hui &#224; un seul Nocturne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise d&#233;bute par la supplication qui ouvre le cours de ses solennelles pri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite, avec son glorieux refrain qui annonce la R&#233;surrection du Christ, le cantique Invitatoire par lequel, chaque nuit, l'&#201;glise convie ses enfants &#224; venir adorer le Seigneur. En ce moment, ce sont les Anges eux-m&#234;mes qui, s'adressant &#224; nous en la personne de Marie-Madeleine et de ses compagnes, proclament la victoire de notre R&#233;dempteur sur la mort.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Invitatorium&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Invitatoire&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Surr&#233;xit D&#243;minus vere,&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt; * &lt;/font&gt;Allel&#250;ia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le Seigneur est vraiment ressuscit&#233;,&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt; * &lt;/font&gt;All&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;L'Invitatoire est toujours suivi d'une Hymne ; mais dans la f&#234;te de P&#226;ques et les jours qui la suivent, l'&#201;glise d&#233;sirant, par respect pour une si grande solennit&#233;, y garder la forme la plus antique de ses Offices, n'admet pas ce genre de composition, qui ne fut re&#231;u dans la Liturgie qu'&#224; une &#233;poque post&#233;rieure. On passe de suite au chant des trois Psaumes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier (&lt;tt&gt;&lt;popup842|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;) c&#233;l&#232;bre les vertus et le bonheur de l'homme juste, et se rapporte au Christ, selon l'interpr&#233;tation des saints P&#232;res. Le Christ est l'homme nouveau descendu du ciel ; il a suivi fid&#232;lement la loi du Seigneur que le premier homme avait transgress&#233;e ; et le Seigneur l'a combl&#233; de gloire en ce jour de la R&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me Psaume (&lt;tt&gt;&lt;popup878|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;) nous montre le complot de la Synagogue contre J&#233;sus. Les Juifs ont pu immoler le Messie qui venait les sauver ; mais ils n'ont pu l'encha&#238;ner dans le s&#233;pulcre. Fils de l'homme, il est aussi le Fils de Dieu ; aujourd'hui m&#234;me, il inaugure son empire sur la race humaine tout enti&#232;re ; et malheur &#224; Isra&#235;l qui n'a pas connu le temps de sa visite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me Psaume (&lt;tt&gt;&lt;popup909|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;) est une proph&#233;tie de la r&#233;surrection du Christ. Ses ennemis l'ont cru abandonn&#233; de Dieu. Il s'est endormi dans le tombeau ; mais le Seigneur l'a r&#233;veill&#233; ; et maintenant il est vainqueur de ceux qui s'&#233;lev&#232;rent contre lui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur, du haut de l'Ambon, lit le commencement de l'&#201;vangile de la Messe de P&#226;ques ; apr&#232;s quoi ouvrant le livre des Hom&#233;lies du pape saint Gr&#233;goire le Grand, il extrait de la vingt et uni&#232;me quelques passages qui sont le commentaire du texte sacr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la plupart des &#201;glises de l'Occident, au moyen &#226;ge, apr&#232;s la lecture de la troisi&#232;me Le&#231;on, avant d'entonner l'Hymne Ambrosien, le clerg&#233; se rendait en procession solennelle &#224; la chapelle o&#249; l'on conservait la sainte Eucharistie depuis le Jeudi saint, et qui &#233;tait appel&#233;e la Chapelle du S&#233;pulcre. Dans le cort&#232;ge, qui s'avan&#231;ait en chantant un R&#233;pons, on remarquait trois clercs v&#234;tus d'aubes qui repr&#233;sentaient Madeleine et les deux autres saintes femmes. Lorsque le cort&#232;ge &#233;tait entr&#233; dans la chapelle, deux diacres v&#234;tus de dalmatiques blanches, et qui se tenaient &#224; la t&#234;te et au pied du tombeau, apercevant les trois clercs en aubes, leur disaient :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Quem qu&#230;ritis in sepulcro, o christicol&#230; ?&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Qui cherchez-vous dans le s&#233;pulcre, amis du Christ ?&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Les clercs r&#233;pondaient au nom des saintes femmes :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Jesum Nazarenum, o christicol&#230; !&lt;/td&gt;&lt;td&gt;J&#233;sus de Nazareth, habitants des cieux !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Alors les Diacres :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Non est hic ; surrexit sicut pr&#230;dixerat : ite, nuntiate quia surrexit.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il n'est plus ici ; il est ressuscit&#233;, comme il l'avait pr&#233;dit ; allez annoncer qu'il est vivant.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Les trois clercs montaient alors &#224; l'autel, et soulevant les nappes, ils baisaient respectueusement la pierre ; puis se tournant vers l'&#201;v&#234;que entour&#233; de son clerg&#233;, ils chantaient :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Alleluia ! Resurrexit Dominus hodie : resurrexit Leo fortis, Christus Filius Dei.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;All&#233;luia ! Aujourd'hui, le Seigneur est ressuscit&#233; ; le Lion fort est ressuscit&#233;, le Christ, le Fils de Dieu.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Alors deux chantres se d&#233;tachaient ; et s'approchant de l'autel, sur les degr&#233;s duquel se tenaient les trois clercs, ils leur adressaient cette strophe de la S&#233;quence de la Messe de P&#226;ques :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Dic nobis, Maria,
&lt;p&gt;Quid vidisti in via ?&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Qu'avez-vous vu en allant au tombeau ? &lt;p&gt;Marie, dites-le-nous.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Le premier des clercs, repr&#233;sentant Madeleine, r&#233;pondait :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sepulcrum Christi viventis,
&lt;p&gt;Et gloriam vidi resurgentis.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;J'ai vu le tombeau du Christ qui &#233;tait vivant ; &lt;p&gt;j'ai vu la gloire du Christ ressuscit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Le second clerc, repr&#233;sentant Marie, m&#232;re de Jacques, ajoutait :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Angelicos testes,
&lt;p&gt;Sudarium et vestes.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Les Anges &#233;taient t&#233;moins, &lt;p&gt;avec le suaire et les linceuls.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me clerc, figurant Salom&#233;, achevait en disant :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Surrexit Christus spes mea,
&lt;p&gt;Pr&#230;cedet vos in Galil&#230;am.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il est ressuscit&#233;, le Christ mon esp&#233;rance ; &lt;p&gt;il vous pr&#233;c&#233;dera en Galil&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Les deux chantres reprenaient par cette protestation de foi :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Crededum est magis soli
&lt;p&gt;Mari&#230; veraci,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quam Jud&#230;orum&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prav&#230; cohorti.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Croyons plut&#244;t &#224; &lt;p&gt;Marie seule et v&#233;ridique,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;qu'&#224; la tourbe perverse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;des Juifs.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Alors le clerg&#233; tout entier, s'unissant dans une acclamation commune, chantait :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Scimus Chistus surrexisse
&lt;p&gt;a mortuis vere :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu nobis, victor Rex,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miserere.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Nous aussi, nous savons que le Christ &lt;p&gt;est vraiment ressuscit&#233; des morts ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;mais vous, &#244; Roi vainqueur,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;avez piti&#233; de nous.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ce dialogue si dramatique, les deux diacres, ouvrant le tabernacle secret o&#249; l'on gardait la divine Eucharistie, prenaient le vase qui la renfermait, le pla&#231;aient sur un brancard ; et la procession triomphale se dirigeait, au milieu d'un nuage d'encens, vers l'autel majeur. Pendant la marche, on chantait avec enthousiasme ce beau R&#233;pons, dont le chant est aussi m&#233;lodieux que les paroles en sont belles. Le corps du R&#233;pons est emprunt&#233; &#224; saint Paul, et le Verset se trouve tout entier dans la Liturgie de l'&#201;glise grecque.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;Christus resurgens ex mortuis, jam non moritur ; mors illi ultra non dominabitur ; quod enim mortuus est peccato mortuus est semel :&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt; * &lt;/font&gt;Quod autem vivit, vivit Deo, alleluia, alleluia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;Le Christ ressuscit&#233; d'entre les morts ne meurt plus ; la mort n'aura plus sur lui d'empire ; car ce qui est mort au p&#233;ch&#233; ne meurt qu'une fois :&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt; * &lt;/font&gt;Ce qui vit, vit &#224; Dieu, All&#233;luia, All&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;V/. &lt;/font&gt;Que les Juifs nous disent donc comment les soldats, qui gardaient le s&#233;pulcre, ont perdu le Roi, en pla&#231;ant la pierre ; pourquoi ils ne gardaient pas mieux celui qui est la Pierre de justice. Qu'ils nous rendent le corps qui fut enseveli, ou qu'avec nous ils l'adorent ressuscit&#233;, en disant aussi :&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;V/. &lt;/font&gt;Dicant nunc Jud&#230;i, quomodo milites custodientes sepulcrum perdiderunt Regem, ad lapidis positionem ; quare non servabant Petram justiti&#230; ? Aut sepultum reddant, aut resurgentem adorent nobiscum dicentes :&lt;/td&gt;&lt;tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;Quod autem vivit, vivit Deo, alleluia, alleluia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;Ce qui vit, vit &#224; Dieu, All&#233;luia, All&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Le cort&#232;ge sacr&#233; &#233;tant arriv&#233; au sanctuaire, les diacres d&#233;posaient la sainte Eucharistie sur l'autel ; et l'&#201;v&#234;que, apr&#232;s l'avoir solennellement encens&#233;e, entonnait l'Hymne Ambrosien, en action de gr&#226;ces de la r&#233;surrection du R&#233;dempteur des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce drame touchant, qui a peut-&#234;tre donn&#233; origine aux Myst&#232;res que l'on repr&#233;senta longtemps dans nos &#201;glises, n'appartenait point aux traditions de la Liturgie romaine ; mais il rendait avec bonheur la foi vive et simple du moyen-&#226;ge. Au XVIe et au XVIIe si&#232;cle, on le vit successivement tomber en d&#233;su&#233;tude ; l'antique simplicit&#233; allait s'effa&#231;ant ; et les hommes devenaient avides de notions tout autres que celles que l'on avait puis&#233;es si longtemps dans les affections tranquilles et pieuses dont les myst&#232;res de la foi sont la source. Quant aux formes de la sc&#232;ne admirable que nous venons de d&#233;crire, elles variaient plus ou moins, selon les lieux ; nous nous sommes born&#233; &#224; en recueillir les traits principaux, tels qu'on les trouve dans les anciens Ordinaires de nos cath&#233;drales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;glises de la Boh&#232;me, de la Hongrie et de la Pologne, ont retenu jusqu'&#224; nos jours l'usage, emprunt&#233; aux Orientaux, de passer la nuit de P&#226;ques en pri&#232;res, et d'attendre ainsi le moment de la R&#233;surrection. Au point du jour, on l&#232;ve du tombeau le tr&#232;s saint Sacrement, un Salut solennel est chant&#233;, et le Christ vainqueur de la mort r&#233;pand ses b&#233;n&#233;dictions sur son peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nagu&#232;re encore, dans certaines villes d'Espagne, deux processions sortaient de l'&#233;glise principale, avant le lever du soleil : l'une faisait cort&#232;ge &#224; la statue de la sainte Vierge port&#233;e sur un brancard et couverte d'un cr&#234;pe ; l'autre s'avan&#231;ait majestueusement, avec le dais, sous lequel le c&#233;l&#233;brant tenait dans ses mains la divine hostie. Les deux processions parcouraient en silence les rues de la cit&#233;, jusqu'au moment o&#249;, le soleil venant &#224; para&#238;tre, elles se rencontraient &#224; un endroit d&#233;termin&#233;. Aussit&#244;t on enlevait le sombre voile qui couvrait l'image de la M&#232;re de Dieu ; et pour c&#233;l&#233;brer les joies ineffables de Marie dans la visite que daigna lui faire, a cette m&#234;me heure, le m&#234;me J&#233;sus que l'on avait l&#224; pr&#233;sent r&#233;ellement dans l'adorable myst&#232;re, mille voix entonnaient et poursuivaient avec transport l'Antienne Regina c&#339;li, l&#339;tare. Alors les deux processions s'unissaient en une seule, et la pompe sacr&#233;e rentrait triomphante dans l'&#233;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre d&#233;monstration de la joie pascale &#233;tait le baiser fraternel que les fid&#232;les se donnaient dans l'&#233;glise au moment o&#249; l'on annon&#231;ait l'heure de la R&#233;surrection. Cet usage venu de l'Orient s'est conserv&#233; dans nos &#233;glises occidentales jusqu'au XVIe si&#232;cle. En certains lieux, c'&#233;tait au commencement des Matines qu'avait lieu cette d&#233;monstration de joyeuse charit&#233;, que l'on accompagnait de ces paroles : Surrexit Christus ! le Christ est ressuscit&#233; ! En d'autres, l'accolade avait lieu &#224; la suite de la sc&#232;ne religieuse que nous venons de d&#233;crire. Dans la Liturgie grecque, &#224; l'office du matin, les strophes suivantes donnent le signal aux fid&#232;les :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La P&#226;que joyeuse, la P&#226;que du Seigneur, la P&#226;que, la P&#226;que sacr&#233;e, a lui sur nous. P&#226;ques ! Donnons-nous avec joie le saint baiser, O P&#226;que, qui viens r&#233;compenser les saintes tristesses ! Aujourd'hui le Christ sort radieux du tombeau, comme l'&#233;poux de la chambre nuptiale. Il a combl&#233; les saintes femmes d'une douce all&#233;gresse, en leur disant : &#171; Allez porter la nouvelle aux Ap&#244;tres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le jour de la R&#233;surrection ; soyons radieux et faisons f&#234;te ; donnons-nous le baiser. Appelons fr&#232;res ceux m&#234;mes qui nous ha&#239;ssent ; pardonnons tout &#224; cause de la R&#233;surrection ; crions tous : Le Christ est ressuscit&#233; d'entre les morts : par la mort il a bris&#233; la mort ; &#224; ceux qui gisaient dans les tombeaux, il a rendu les droits &#224; la vie.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Sublime et nouvelle fraternit&#233; que nous avons avec J&#233;sus-Christ, premier-n&#233; entre les morts, comme parle l'Ap&#244;tre ! En lui, prenant notre nature dans son incarnation, nous &#233;tions fr&#232;res ; en lui, nous frayant &#224; travers le tombeau le chemin de l'immortalit&#233;, nous le devenons une seconde fois. Il est notre a&#238;n&#233; dans la vie nouvelle qui ne conna&#238;tra plus la mort ; en c&#233;l&#233;brant sa victoire, unissons-nous dans la charit&#233; mutuelle ; c'est son v&#339;u, c'est la P&#226;que, c'est le jour du banquet fraternel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES LAUDES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque jour de l'ann&#233;e, la sainte &#201;glise offre &#224; Dieu un service sp&#233;cial, dont l'heure r&#233;guli&#232;re correspond au lever de l'aurore. Cet Office s'appelle les Laudes, parce qu'il est, en grande partie, compos&#233; de cantiques de louange. Le myst&#232;re que l'&#201;glise honore &#224; cette heure matinale est la R&#233;surrection du Christ ; il est ais&#233; de comprendre, d'apr&#232;s cette donn&#233;e, combien l'Office des Laudes est rempli de myst&#232;res, lorsqu'on le c&#233;l&#232;bre au jour m&#234;me de P&#226;ques. Unissons-nous &#224; la joie de notre M&#232;re, qui tressaille de bonheur en celui qui est son divin Soleil, dont la lumi&#232;re lui est d'autant que depuis trois jours elle avait cess&#233; de briller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier Psaume des Laudes (&lt;tt&gt;&lt;popup871|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;) nous montre le Seigneur qui se l&#232;ve du tombeau comme un roi &#233;clatant de gloire, et comme un guerrier rev&#234;tu de force. Par sa R&#233;surrection, il r&#233;tablit la nature humaine dans ses droits &#224; l'immortalit&#233;. La voix des grandes eaux est imposante ; mais la puissance du Dieu ressuscit&#233; est plus irr&#233;sistible encore. Marchons en sa pr&#233;sence, dans une saintet&#233; digne de sa Maison qu'il est venu nous ouvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Psaume suivant (&lt;tt&gt;&lt;popup872|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;) convoque tous les habitants de la terre &#224; entrer dans la maison du Seigneur, pour c&#233;l&#233;brer la Solennit&#233; des solennit&#233;s, la F&#234;te des f&#234;tes. Il est le souverain Pasteur, et nous sommes ses brebis Bien qu'il soit le Dieu fort et triomphant, il est doux et mis&#233;ricordieux : c&#233;l&#233;brons sa victoire dans l'all&#233;gresse et la reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Psaume suivant (&lt;tt&gt;&lt;popup870|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;) est le cri de l'&#226;me fid&#232;le vers le Seigneur, au moment o&#249; l'aurore para&#238;t au ciel. D&#232;s son r&#233;veil, le chr&#233;tien a soif du grand Dieu qui l'a cr&#233;&#233; et qui l'a d&#233;livr&#233; de ses ennemis. En ce jour, il le contemple dans la gloire qui l'environne, et dont les rayons &#233;clairent le monde entier. Tous les peuples sont unis dans un sentiment commun ; tous f&#234;tent la P&#226;que ; il n'est pas de nation o&#249; elle soit inconnue. Demandons que tous les hommes l'aiment, la comprennent et participent &#224; nos joies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Cantique (&lt;tt&gt;&lt;popup874|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;) dans lequel les trois enfants de la fournaise de Babylone appelaient toutes les cr&#233;atures de Dieu &#224; b&#233;nir son nom, est chant&#233; par l'&#201;glise &#224; l'Office des Laudes dans toutes les solennit&#233;s. Il pr&#234;te une voix &#224; toute la nature, et convie l'&#339;uvre de Dieu tout enti&#232;re &#224; louer son auteur. Aujourd'hui il est bien juste que les cieux et la terre s'unissent pour rendre hommage au grand Dieu qui a daign&#233;, par sa mort et par sa r&#233;surrection, relever son &#339;uvre tomb&#233;e par le p&#233;ch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise r&#233;unissait ici autrefois en un seul les trois derniers Psaumes du Psautier, qui renferment plus sp&#233;cialement la louange du Seigneur, et convoquent toutes les cr&#233;atures &#224; le c&#233;l&#233;brer. Celui qui demeure (&lt;tt&gt;&lt;popup873|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;) est semblable au Cantique des trois enfants ; comme faisaient avec lui les deux autres, il appelle les Saints &#224; chanter le Seigneur, qui les a glorifi&#233;s et associ&#233;s &#224; sa r&#233;surrection ; il invite tout ce qui respire &#224; former, en l'honneur de cet Homme-Dieu, le plus brillant et le plus harmonieux concert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le chant des Psaumes, on entonne imm&#233;diatement l'Antienne pascale : &#171; C'est le jour que le Seigneur a fait : passons-le dans les transports d'une sainte joie. &#187; Vient ensuite le Cantique de Zacharie (&lt;tt&gt;&lt;popup876|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;), par lequel l'&#201;glise salue, chaque matin, le lever du soleil. Il c&#233;l&#232;bre la visite du Seigneur, l'accomplissement des promesses de Dieu, l'apparition du divin Orient au milieu de nos t&#233;n&#232;bres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chant des Laudes &#233;tant termin&#233;, la foule des fid&#232;les s'&#233;coule, pour revenir plus nombreuse encore, &#224; l'heure o&#249; le Sacrifice solennel du divin Agneau pascal la convoquera de nouveau. En nous reportant aux premiers si&#232;cles de notre foi, comme nous l'avons fait tous ces derniers jours, afin de mieux saisir le sens et la port&#233;e des rites de la sainte Liturgie, nous continuerons &#224; nous repr&#233;senter une de ces c&#233;l&#232;bres &#201;glises des IVe et Ve si&#232;cles o&#249; les pompes sacr&#233;es se d&#233;veloppaient dans tout leur &#233;clat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cit&#233; a re&#231;u, en ces jours, un accroissement nouveau et subit de population. Les pr&#234;tres des campagnes sont venus s'unir &#224; leur &#201;v&#234;que pour les solennit&#233;s du Chr&#234;me, du Bapt&#234;me et de la P&#226;que, et ils ont amen&#233; avec eux de nombreux fid&#232;les. Les habitants de la ville ont suspendu tout voyage, pour ne pas manquer &#224; la c&#233;l&#233;bration des myst&#232;res ; les canons des Conciles interdisent m&#234;me aux grands la libert&#233; de sortir des murs, tant que la solennit&#233; pascale n'a pas achev&#233; son cours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conciles d'Agde, d'Orl&#233;ans I et IV, d'Epaone, etc.&#034; id=&#034;nh4-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces prescriptions ne doivent pas &#233;tonner, si l'on se rappelle ce que nous avons rapport&#233;, &#224; propos du Dimanche des Palmes, que les illustres solitaires de l'Orient, qui, sortis du monast&#232;re avec la permission de leur abb&#233;, s'&#233;taient enfonc&#233;s dans le d&#233;sert, au commencement du Car&#234;me, pour vaquer sous l'&#339;il de Dieu seul &#224; la p&#233;nitence et &#224; la contemplation, venaient se r&#233;unir &#224; la communaut&#233; pour c&#233;l&#233;brer la P&#226;que. Saint Pac&#244;me qui, le premier, organisa, dans les d&#233;serts de l'Orient, une sorte de conf&#233;d&#233;ration monastique form&#233;e de toutes les maisons qui &#233;taient issues de son c&#233;l&#232;bre monast&#232;re de Tabenne, exigeait que tous ses disciples se r&#233;unissent, chaque ann&#233;e, au monast&#232;re central pour f&#234;ter la R&#233;surrection du Sauveur ; et plus d'une fois l'on vit camper autour de Tabenne jusqu'&#224; cinquante mille moines, r&#233;unis de toutes ces cit&#233;s spirituelles dont le d&#233;sert &#233;tait parsem&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nos jours encore, au sein de nos villes dont un si grand nombre ont perdu le cachet du christianisme, les &#233;glises sont remplies en cette f&#234;te de P&#226;ques. Les plus vastes ne suffisent pas &#224; contenir la foule qui les assi&#232;ge. Beaucoup d'hommes qui, dans tout le cours de l'ann&#233;e, passent indiff&#233;rents devant le seuil de la maison de Dieu, le franchissent en ce jour. Derni&#232;re trace du christianisme universel qui a surv&#233;cu &#224; tant de faux syst&#232;mes, &#224; tant de calculs mat&#233;riels ; disons aussi, derni&#232;re attraction de cet aimant vainqueur qui r&#233;side en notre divin ressuscit&#233;. Beaucoup, au moment de quitter cette vie, &#233;viteront le naufrage, en criant vers J&#233;sus, que la P&#226;que annuelle, si incompl&#232;tement f&#234;t&#233;e par eux, les avait du moins emp&#234;ch&#233;s d'oublier ; mais beaucoup aussi, h&#233;las ! feront naufrage, parce que n'ayant pas, en ce jour, accompli la justice envers leur lib&#233;rateur, ils ont contraint de se montrer juste celui qui, tant de fois, en cette f&#234;te de P&#226;ques, les convia &#224; sa mis&#233;ricorde. Prions Dieu qu'elle ne s'&#233;teigne pas, &#171; cette m&#232;che qui fume encore &#187; ; qu'il n'ach&#232;ve pas de se rompre, &#171; ce roseau d&#233;j&#224; &#233;clat&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai. XLII, 3.&#034; id=&#034;nh4-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; et reposons nos regards sur les beaux spectacles que nous offre la foi antique, cette foi pr&#233;cieuse qui vit en nous, par la divine mis&#233;ricorde, et qui trouvera des fid&#232;les, et des fid&#232;les nombreux, jusqu'&#224; la fin des temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant de nous r&#233;unir &#224; l'assembl&#233;e sainte, donnons un souvenir aux Martyrs de la P&#226;que. Un jour, la grande solennit&#233; fut consacr&#233;e par le sang des fid&#232;les ; et la sainte &#201;glise en garde la m&#233;moire dans les fastes du Martyrologe. En 459, on c&#233;l&#233;brait la P&#226;que le cinq d'Avril ; c'&#233;tait l'&#233;poque o&#249; les &#201;glises d'Afrique &#233;taient ravag&#233;es par les Vandales, h&#233;r&#233;tiques ariens conduits par leurs rois Gens&#233;ric et Hunn&#233;ric. Les fid&#232;les de la ville de R&#233;gia s'&#233;taient rassembl&#233;s dans l'&#233;glise pour c&#233;l&#233;brer la R&#233;surrection du Christ ; et afin d'&#233;viter le contact des h&#233;r&#233;tiques, ils en avaient ferm&#233; les portes. Les ariens, conduits par un de leurs pr&#234;tres, forcent l'entr&#233;e du saint temple et se pr&#233;cipitent en armes sur la multitude des fid&#232;les. A ce moment, un Lecteur, du haut de l'Ambon, ex&#233;cutait la m&#233;lodie de l'All&#233;luia ; une fl&#232;che meurtri&#232;re, lanc&#233;e sur lui par l'un de ces barbares, l'atteint &#224; la gorge ; il tombe, et va achever au ciel le chant joyeux qu'il avait commenc&#233; sur la terre. Les Vandales font main basse sur les catholiques ; l'&#233;glise est inond&#233;e de leur sang ; un grand nombre sont entra&#238;n&#233;s par les h&#233;r&#233;tiques hors du temple ; mais c'est pour &#234;tre immol&#233;s ensuite par ordre du conqu&#233;rant ; il n'y eut que les enfants d'&#233;pargn&#233;s. Unissons-nous &#224; la sainte &#201;glise qui, chaque ann&#233;e, le cinq Avril, glorifie ces nobles victimes de la P&#226;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA MESSE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure de Tierce a rassembl&#233; dans la Basilique tout le peuple de la cit&#233;. Le soleil, qui s'est lev&#233; joyeux, semble verser une lumi&#232;re plus vive ; le pav&#233; de l'&#233;glise est jonch&#233;, de fleurs. Au-dessous des mosa&#239;ques de l'abside, dont les &#233;maux scintillent d'un &#233;clat nouveau, les murs sont tapiss&#233;s de draperies pr&#233;cieuses ; des guirlandes de feuillage pendant en festons de l'arc triomphal, courent le long des colonnes de la grande nef, et de l&#224; se r&#233;pandent sous les nefs lat&#233;rales. De nombreuses lampes, aliment&#233;es de l'huile la plus pure, br&#251;lent autour de l'autel, suspendues au ciborium. Port&#233; sur son &#233;l&#233;gante colonne, le Cierge pascal, qui n'a pas &#233;t&#233; &#233;teint depuis les premi&#232;res heures de la soir&#233;e d'hier, lance sa flamme toujours vive, et embaume le lieu saint des parfums dont sa m&#232;che est impr&#233;gn&#233;e. Symbole myst&#233;rieux du Christ-Lumi&#232;re, il r&#233;jouit les regards des fid&#232;les, et semble dire &#224; tous : &#171; All&#233;luia ! Le Christ est ressuscit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui, plus que tout le reste, int&#233;resse l'assembl&#233;e sainte, c'est le groupe nombreux des n&#233;ophytes couverts de leurs robes blanches, comme les Anges qui ont apparu au s&#233;pulcre ; c'est en ces jeunes et nobles recrues que se r&#233;fl&#233;chit le plus vivement le myst&#232;re du Christ sortant du tombeau. Hier encore ils &#233;taient morts par le p&#233;ch&#233; ; maintenant ils sont pleins de vie, d'une vie nouvelle qui est le fruit de la victoire du R&#233;dempteur sur la mort. Heureuse pens&#233;e de la sainte &#201;glise, d'avoir choisi pour le jour de leur r&#233;g&#233;n&#233;ration celui-l&#224; m&#234;me o&#249; l'Homme-Dieu a conquis pour nous l'immortalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Rome, la Station &#233;tait autrefois dans la Basilique de Sainte-Marie-Majeure. Cette reine des nombreuses &#233;glises d&#233;di&#233;es &#224; la M&#232;re de Dieu dans la ville sainte, &#233;tait d&#233;sign&#233;e pour la fonction de ce jour par une admirable d&#233;licatesse. Rome faisait hommage de la solennit&#233; pascale &#224; celle qui, plus que toute cr&#233;ature, eut droit d'en ressentir les joies, et pour les angoisses que son c&#339;ur maternel avait endur&#233;es, et pour sa fid&#233;lit&#233; &#224; conserver la foi de la r&#233;surrection durant les longues et cruelles heures que son divin Fils dut passer dans l'humiliation du tombeau. Depuis, la solennit&#233; de la Messe papale a &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;e dans la Basilique de Saint-Pierre, plus vaste et plus en rapport avec l'immense concours de fid&#232;les que le monde chr&#233;tien tout entier d&#233;pute aux solennit&#233;s pascales de Rome. N&#233;anmoins le Missel romain continue d'indiquer Sainte-Marie-Majeure comme l'&#233;glise de la Station d'aujourd'hui ; et les indulgences sont demeur&#233;es les m&#234;mes en faveur de ceux qui prennent part aux fonctions qui s'y c&#233;l&#232;brent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est l'heure de Tierce (neuf heures du matin) ; on commence aussit&#244;t l'Office qui correspond &#224; cet instant de la journ&#233;e, et qui pr&#233;c&#232;de toujours la Messe solennelle. Mais en ce jour, et pendant toute la semaine, la sainte &#201;glise, jalouse de conserver la forme antique &#224; l'Office de P&#226;ques, omet l'Hymne qui pr&#233;c&#232;de ordinairement les Psaumes, et n'admet ni le Capitule, ni le R&#233;pons bref. La psalmodie &#233;tant termin&#233;e, on ajoute sur un mode grave et m&#233;lodieux la triomphante Antienne que l'&#201;glise r&#233;p&#232;te sans cesse durant toute cette solennelle Octave : &#171; C'est le jour que le Seigneur a fait : passons-le dans les transports de l'all&#233;gresse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Office de Tierce se termine par la Collecte de la Messe, ci-apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la diff&#233;rence des autres dimanches de l'ann&#233;e, on ne b&#233;nit pas l'eau aujourd'hui pour l'Aspersion. Il y a quelques heures &#224; peine, le Pontife a sanctifi&#233; cet &#233;l&#233;ment avec les rites les plus sublimes, avant de l'employer &#224; la r&#233;g&#233;n&#233;ration de nos n&#233;ophytes. L'eau qui va servir &#224; purifier l'assembl&#233;e sainte a &#233;t&#233; puis&#233;e dans la fontaine m&#234;me dont ils sont sortis tout &#233;clatants de blancheur. Pendant qu'on la r&#233;pand sur les fid&#232;les, le ch&#339;ur chante l'Antienne Vidi aquam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les &#201;glises des Gaules et des autres contr&#233;es occidentales, on chanta longtemps, &#224; la Procession qui pr&#233;c&#233;dait la Messe, d'admirables strophes de saint Venance Fortunat, &#233;v&#234;que de Poitiers. Nous les donnerons ici, persuad&#233; qu'elles seront agr&#233;ables au pieux lecteur, et qu'elles l'aideront &#224; entrer dans l'esprit de la grande solennit&#233; &#224; laquelle elles servaient &#224; pr&#233;parer nos p&#232;res. On y retrouve l'enthousiasme qui a dict&#233; le Vexilla regis et l'Hymne du saint Chr&#234;me ; c'est la m&#234;me diction, ferme, &#233;nergique, un peu rude ; mais c'est aussi la m&#234;me pi&#233;t&#233;, le m&#234;me enthousiasme et la m&#234;me richesse d'images et de sentiment. Le chant qui accompagnait ces paroles est venu jusqu'&#224; nous sur les manuscrits, et respire la majest&#233; et l'onction.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Salve Festa Dies&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;CHANT PASCAL DES &#201;GLISES DES GAULES.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Salve, festa dies, toto venar&#225;bilis &#230;vo
&lt;p&gt;Qua Deus inf&#233;rnum vincit, et astra tenet.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Salut, jour solennel, v&#233;n&#233;rable dans tous les &#226;ges ! &lt;p&gt;Jour o&#249; un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ecce renasc&#233;ntis test&#225;tur gr&#225;tia m&#250;ndi &lt;p&gt;Omnia cum D&#243;mino dona red&#237;sse suo.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;La terre, qui reprend son &#233;clat et sa beaut&#233;, &lt;p&gt;annonce que toute cr&#233;ature rena&#238;t aujourd'hui avec son auteur.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;On r&#233;p&#232;te : Salve, festa dies.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;On r&#233;p&#232;te : Salut, jour solennel.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Namque triumph&#225;nti post tr&#237;stia t&#225;rtara Chr&#237;sto &lt;p&gt;Undique fr&#243;nde nemus, gr&#225;mina flore favent.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Pour applaudir au triomphe du Christ sortant du tombeau, les for&#234;ts se couvrent de feuillage, les plantes &#233;talent leur floraison.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Legibus inferni oppressis, super astra meantem,
&lt;p&gt;Laudant rite Deum lux, polus, arva, fretum.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;La lumi&#232;re, les cieux, les campagnes, les mers, c&#233;l&#232;brent de concert &lt;p&gt;le Dieu qui s'&#233;l&#232;ve au-dessus des astres, vainqueur de la loi du tr&#233;pas.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Qui crucifixus erat Deus, ecce per omnia regnat ;
&lt;p&gt;Dantque creatori cuncta creata precem.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le Dieu crucifi&#233; nagu&#232;re r&#232;gne maintenant sur l'univers ; &lt;p&gt;la cr&#233;ation enti&#232;re adresse d'humbles v&#339;ux &#224; son auteur.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Christe salus rerum, bone conditor, atque redemptor ;
&lt;p&gt;Unica progenies ex deitate Patris.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O Christ, Sauveur de l'univers, cr&#233;ateur plein de bont&#233;, &lt;p&gt;r&#233;dempteur de ton &#339;uvre, Fils unique d'un P&#232;re qui est Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Qui genus humanum cernens mersum esse profundo,
&lt;p&gt;Ut hominem eriperes, es quoque factus homo.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Toi qui, voyant le triste naufrage du genre humain, &lt;p&gt;daignas te faire homme pour d&#233;livrer l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Nec voluisti etenim tantum te corpore nasci,
&lt;p&gt;Sed caro quae nasci pertulit, atque mori.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Toi qui, non content de na&#238;tre dans un corps, voulus d&#233;vouer &lt;p&gt;&#224; la mort cette chair en laquelle tu pris une humble naissance.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Funeris exequias pateris, vit&#230; auctor et orbis,
&lt;p&gt;Intrans mortis iter,dando salutis opem.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Auteur de la vie artisan du monde, tu t'es abaiss&#233; jusqu'au s&#233;pulcre ; &lt;p&gt;pour nous assurer le salut, tu t'es engag&#233; dans la voie du tombeau.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Tr&#237;stia cess&#233;runt inf&#233;rn&#230; v&#237;ncula legis, Expav&#237;tque ch&#225;os l&#250;minis ore premi.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Mais voici que les cha&#238;nes lugubres des r&#233;gions souterraines se sont rompues ; &lt;p&gt;l'ab&#238;me &#233;pouvant&#233; a senti dans son sein p&#233;n&#233;trer une lumi&#232;re puissante.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Depereunt tenebr&#230; Christi fulgore fugat&#230;,
&lt;p&gt;&#198;tern&#230; noctis pallia crassa cadunt.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;A la pr&#233;sence du Christ rayonnant, les t&#233;n&#232;bres s'effacent ; &lt;p&gt;les ombres &#233;paisses de l'&#233;ternelle nuit ont disparu.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Poll&#237;citam sed redde fidem, precor, alma potestas : &lt;p&gt;Tertia lux rediit, surge sep&#250;lte meus.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Ce n'est pas tout encore, &#244; puissant Roi ! Il est temps de d&#233;gager ta promesse ; &lt;p&gt;le troisi&#232;me jour est venu ; l&#232;ve-toi, mon Dieu enseveli !&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Non decet ut vili tumulo tua membra tegantur,
&lt;p&gt;Nec pretium mundi vilia saxa premant.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Tes membres sacr&#233;s ne doivent pas plus longtemps reposer sous une vile pierre ; &lt;p&gt;la roche grossi&#232;re ne doit plus retenir la ran&#231;on du monde.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Lintea tolle, precor, sudaria linque sepulchro ;
&lt;p&gt;Tu satis es nobis, et sine te nihil est.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&#201;coute ma pri&#232;re, secoue ces linceuls, laisse ce suaire au fond du s&#233;pulcre ; &lt;p&gt;n'es-tu pas notre bien unique, celui sans lequel tout est n&#233;ant ?&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;S&#243;lve caten&#225;tas inf&#233;rni c&#225;rceris umbras, &lt;p&gt;Et r&#233;voca sursum quidquid ad ima ruit.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;D&#233;lie ces g&#233;n&#233;rations captives dans leurs prisons souterraines ; &lt;p&gt;ram&#232;ne dans les hauteurs tout ce qui avait croul&#233; dans les ab&#238;mes.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Redde tuam faciem, v&#237;deant ut s&#509;cula l&#250;men ; &lt;p&gt;Redde diem qui nos, te mori&#233;nte, fugit.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Rends-nous ton visage b&#233;ni, afin que le monde revoie la lumi&#232;re ; &lt;p&gt;rends-nous le jour qui s'est &#233;clips&#233;, au moment o&#249; tu expirais.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sed plane implesti remeans, pie victor, ad orbem ;
&lt;p&gt;Tartara pressa jacent , nec sua jura tenent.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Mais tu as &#233;t&#233; fid&#232;le, &#244; vainqueur plein de bont&#233; ! le monde t'a vu repara&#238;tre ; &lt;p&gt;la mort est &#233;cras&#233;e sous tes pieds ; ils sont abrog&#233;s, les droits dont elle osait se pr&#233;valoir.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Inferus insaturabiliter cava guttura pandens,
&lt;p&gt;Qui rapuit semper, fit tua pr&#230;da, Deus.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Monstre au gosier b&#233;ant et insatiable, elle engloutissait notre race ; &lt;p&gt;la voil&#224; maintenant devenue ta proie, &#244; Dieu !&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Evomit absorptam trepide fera bellua plebem,
&lt;p&gt;Et de fauce lupi subtrahit Agnus oves.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Elle revomit avec terreur ces g&#233;n&#233;rations qu'elle avait englouties dans sa f&#233;rocit&#233; ; &lt;p&gt;et c'est l'Agneau qui arrache les brebis de la gueule loup.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Rex sacer, ecce tui radiat pars magna triumphi,
&lt;p&gt;Cum puras animas sacra lavacra beant.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;En ce jour, &#244; divin Roi, le triomphe que tu remportas alors renouvelle une partie de sa splendeur ; &lt;p&gt;aujourd'hui que le lavoir sacr&#233; comble la f&#233;licit&#233; des &#226;mes qu'il a rendues pures.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Candidus egreditur nitidis exercitus undis, &lt;p&gt;Atque vetus vitium purgat in amne novo.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Une blanche arm&#233;e s'&#233;lance du sein des eaux limpides, &lt;p&gt;et les &#226;mes ont lav&#233; la tache du p&#233;ch&#233; dans les flots renouvel&#233;s par la b&#233;n&#233;diction.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Fulgentes animas vestis quoque candida signat,
&lt;p&gt;Et grege de niveo gaudia pastor habet.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Un v&#234;tement sans souillure exprime l'&#233;clat dont elles brillent ; &lt;p&gt;et le pasteur se r&#233;jouit &#224; la vue de son troupeau plus blanc que la neige.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Salve, festa dies, toto venar&#225;bilis &#230;vo
&lt;p&gt;Qua Deus inf&#233;rnum vincit, et astra tenet.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Salut, jour solennel, v&#233;n&#233;rable dans tous les &#226;ges ! &lt;p&gt;Jour o&#249; un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Tous les pr&#233;ludes au Sacrifice &#233;tant termin&#233;s, la voix des chantres se fait entendre avec &#233;clat et m&#233;lodie. Ils ex&#233;cutent le solennel Intro&#239;t, durant lequel le Pontife, entour&#233; des Pr&#234;tres, des Diacres et des ministres inf&#233;rieurs, se dirige vers l'autel. Ce chant d'entr&#233;e est le cri de l'Homme-Dieu sortant du tombeau, et adressant &#224; son P&#232;re c&#233;leste l'hommage de sa reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Collecte, la sainte &#201;glise c&#233;l&#232;bre le bienfait de l'immortalit&#233; rendue &#224; l'homme par la victoire que le R&#233;dempteur a remport&#233;e sur la mort ; et elle demande que les v&#339;ux de ses enfants s'&#233;l&#232;vent toujours plus haut vers cette sublime destin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;P&#206;TRE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu avait ordonn&#233; aux Isra&#233;lites de manger l'Agneau pascal avec du pain azyme, c'est-&#224;-dire sans levain ; leur enseignant, sous ce symbole, qu'ils devaient, avant de prendre ce repas myst&#233;rieux, renoncer &#224; la vie pass&#233;e, dont les imperfections &#233;taient figur&#233;es par le levain. Nous chr&#233;tiens, qui sommes entra&#238;n&#233;s par le Christ vers cette vie nouvelle dont il nous a ouvert la voie en ressuscitant le premier, il nous faut d&#233;sormais ne plus tendre qu'&#224; des &#339;uvres pures, &#224; des actions saintes, azyme destin&#233; &#224; accompagner notre divin Agneau pascal, qui devient notre nourriture aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Graduel est form&#233; de ces joyeuses paroles que l'&#201;glise a extraites du Psaume CXVII, et qu'elle r&#233;p&#232;te &#224; toutes les heures du jour en cette solennit&#233; de la P&#226;que. Aujourd'hui, l'all&#233;gresse est un devoir pour tout chr&#233;tien ; tout nous y engage, et le triomphe de notre bien-aim&#233; R&#233;dempteur, et les grands biens qu'il a conquis pour nous. La tristesse aujourd'hui serait une protestation coupable contre les bienfaits dont Dieu a daign&#233; nous combler en son Fils, qui non seulement a daign&#233; mourir pour nous, mais encore a voulu pour nous ressusciter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset All&#233;luiatique nous donne un des motifs de la joie qui doit nous faire tressaillir aujourd'hui. Un festin est dress&#233; pour nous ; l'Agneau est pr&#234;t ; cet Agneau est J&#233;sus immol&#233;, et d&#233;sormais vivant : immol&#233;, afin que nous soyons rachet&#233;s dans son sang ; vivant, pour nous communiquer l'immortalit&#233; qu'il a conquise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour accro&#238;tre la joie des fid&#232;les, la sainte &#201;glise ajoute &#224; ses chants ordinaires une &#339;uvre lyrique dans laquelle respire le plus vif enthousiasme envers le R&#233;dempteur sortant du tombeau. Cette composition a re&#231;u le nom de S&#233;quence, parce qu'elle est comme une suite et un prolongement du chant de l' All&#233;luia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;VANGILE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise emprunte aujourd'hui &#224; saint Marc, de pr&#233;f&#233;rence &#224; tout autre &#201;vang&#233;liste, le r&#233;cit de la R&#233;surrection. Saint Marc fut disciple de saint Pierre ; il &#233;crivit son &#201;vangile &#224; Rome, sous les yeux du Prince des Ap&#244;tres. Il est convenable que, dans une telle solennit&#233;, on entende, en quelque sorte, la voix de celui que le divin ressuscit&#233; a proclam&#233; la Pierre fondamentale de son &#201;glise, et le Pasteur supr&#234;me des brebis et des agneaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est ressuscit&#233; ; il n'est plus ici &#187; : un mort que des mains pieuses avaient &#233;tendu l&#224;, sur cette table de pierre, dans cette grotte ; il s'est lev&#233;, et tout &#224; coup, sans m&#234;me d&#233;ranger la pierre qui fermait l'entr&#233;e, il s'est &#233;lanc&#233; dans une vie qui ne doit plus finir. Personne ne lui a port&#233; secours ; nul proph&#232;te, nul envoy&#233; de Dieu ne s'est pench&#233; sur le cadavre pour le rappeler &#224; la vie. C'est lui-m&#234;me qui, par sa propre vertu, s'est ressuscit&#233;. Pour lui la mort n'a pas &#233;t&#233; une n&#233;cessit&#233; ; il l'a subie, parce qu'il l'a voulu ; il l'a bris&#233;e, quand il l'a voulu. O J&#233;sus qui vous jouez de la mort, vous &#234;tes le Seigneur notre Dieu ! Nous fl&#233;chissons le genou devant ce s&#233;pulcre vide, que votre s&#233;jour de quelques heures a rendu sacr&#233; pour jamais. &#171; Voici le lieu o&#249; ils vous avaient mis. &#187; Voici les linceuls, les bandelettes, qui n'ont pu vous retenir, et qui attestent votre passage volontaire sous le joug de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ange dit encore aux femmes : &#171; Vous cherchez J&#233;sus de Nazareth qui a &#233;t&#233; crucifi&#233;. &#187; Souvenir plein de larmes ! Avant-hier, on apporta ici sa d&#233;pouille meurtrie, d&#233;chir&#233;e, sanglante. Cette grotte dont la pierre a &#233;t&#233; arrach&#233;e violemment par la main de l'Ange, et que cet Esprit c&#233;leste illumine d'une &#233;blouissante clart&#233;, couvrit de son ombre s&#233;pulcrale la plus &#233;plor&#233;e des m&#232;res ; elle retentissait des sanglots de Jean et des deux disciples, des lamentations de Madeleine et de ses compagnes. Le soleil disparaissait &#224; l'horizon, et le premier jour de la s&#233;pulture de J&#233;sus allait commencer. Mais le Proph&#232;te avait pr&#233;dit : &#171; Au soir r&#233;gneront les pleurs ; mais au matin &#233;clatera l'all&#233;gresse. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ps. XXIX, 6.&#034; id=&#034;nh4-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Nous sommes &#224; cet heureux matin ; et notre joie est grande, &#244; R&#233;dempteur, de voir que ce m&#234;me tombeau o&#249; nous vous accompagn&#226;mes avec une douleur sinc&#232;re n'est plus que le troph&#233;e de votre victoire. Elles sont donc gu&#233;ries, ces plaies sacr&#233;es que nous baisions avec amour, en nous reprochant de les avoir caus&#233;es. Vous vivez plus glorieux que jamais, immortel ; et parce que nous avons voulu mourir &#224; nos p&#233;ch&#233;s, pendant que vous mouriez pour les expier, vous voulez que nous vivions avec vous &#233;ternellement, que votre victoire soit la n&#244;tre, que la mort, pour nous comme pour vous, ne soit qu'un passage, cl qu'elle nous rende un jour intact et radieux ce corps que la tombe ne recevra plus d&#233;sormais que comme un d&#233;p&#244;t. Gloire soit donc &#224; vous, honneur et amour, &#244; Fils &#233;ternel de Dieu, qui avez daign&#233; non seulement mourir, mais encore ressusciter pour nous ! L'Offertoire reproduit les paroles dans lesquelles David annonce le tremblement de terre qui signala l'instant de la r&#233;surrection de l'Homme-Dieu. Ce globe a &#233;t&#233; t&#233;moin des plus sublimes manifestations de la puissance et de la bont&#233; de Dieu ; et le souverain ma&#238;tre a voulu plus d'une fois qu'il s'associ&#226;t, par des mouvements en dehors des lois communes, aux sc&#232;nes divines dont il &#233;tait le th&#233;&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple saint tout entier va s'asseoir au banquet pascal ; l'Agneau divin convie tous les fid&#232;les &#224; se nourrir de sa chair ; l'autel est tout charg&#233; des hosties qu'ils ont pr&#233;sent&#233;es ; la sainte &#201;glise, dans la Secr&#232;te, implore pour ces heureux convives les gr&#226;ces qui leur assureront l'immortalit&#233; bienheureuse dont ils vont recevoir le gage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la Messe papale, au moyen &#226;ge, pendant que le Pontife r&#233;citait cette oraison secr&#232;te, les deux plus jeunes Cardinaux-diacres se d&#233;tachaient de leurs coll&#232;gues, et, couverts de leurs dalmatiques blanches, venaient se placer chacun &#224; l'une des extr&#233;mit&#233;s de l'autel, la face tourn&#233;e vers le peuple. Ils repr&#233;sentaient les deux Anges qui gardaient le tombeau du Sauveur, et qui apparurent aux saintes femmes et leur annonc&#232;rent la r&#233;surrection de leur ma&#238;tre. Ces deux diacres demeuraient &#224; cette place en silence, jusqu'au moment o&#249; le Pontife quittait l'autel &#224; l'Agnus Dei, pour remonter &#224; son tr&#244;ne, sur lequel il devait accomplir la sainte communion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On observait encore un autre usage non moins touchant, &#224; Sainte-Marie-Majeure. Lorsque le Pape, apr&#232;s la fraction de l'hostie, adressait &#224; l'assistance le souhait de la paix par les paroles accoutum&#233;es : Pax Domini sit semper vobiscum, le ch&#339;ur ne r&#233;pondait pas, comme aux jours ordinaires : Et cum spiritu tuo. La tradition racontait que, dans cette m&#234;me solennit&#233; et dans cette m&#234;me Basilique, saint Gr&#233;goire le Grand c&#233;l&#233;brant un jour le divin sacrifice, et ayant prononc&#233; ces m&#234;mes paroles qui font descendre l'Esprit de paix sur l'assembl&#233;e sainte, un ch&#339;ur d'Anges lui r&#233;pondit avec une si suave m&#233;lodie, que les voix de la terre se turent, n'osant s'unir au concert c&#233;leste. L'ann&#233;e suivante, on attendit, sans oser r&#233;pondre au Pontife, que les voix ang&#233;liques se fissent entendre de nouveau ; cette attente dura plusieurs si&#232;cles ; mais le prodige que Dieu avait fait une fois pour son serviteur Gr&#233;goire ne se renouvela pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin le moment o&#249; la foule des fid&#232;les va participer au divin banquet est arriv&#233;. L'antique &#201;glise des Gaules faisait retentir alors un appel sublime, qu'elle adressait &#224; toute cette multitude d&#233;sireuse du pain de vie. Cette Antienne lyrique se conserva dans nos cath&#233;drales, apr&#232;s m&#234;me l'introduction de la Liturgie romaine par P&#233;pin et Charlemagne ; et elle n'a succomb&#233; totalement que par suite des innovations du si&#232;cle dernier. Le chant qui l'accompagnait respire la majest&#233; des myst&#232;res : nous pla&#231;ons ici les paroles, comme pouvant aider les fid&#232;les &#224; s'approcher avec plus de respect de cette table sacr&#233;e o&#249; le divin Agneau pascal est au moment de se donner &#224; eux.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;APPEL DU PEUPLE A LA COMMUNION.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Venite, populi, ad sacrum et immortale mysterium, et libamen agendum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Peuples, venez ; approchez-vous de l'immortel myst&#232;re : venez go&#251;ter la libation sacr&#233;e.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Cum timore et fide accedamus manibus mundis, p&#339;nitentias munus communicemus, quoniam propter nos Agnus Dei Patris sacrificium propositum est.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Avan&#231;ons avec crainte, avec foi, les mains pures ; venons nous unir &#224; celui qui est le prix de notre p&#233;nitence : l'Agneau offert en sacrifice &#224; Dieu son P&#232;re.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ipsum solum adoremus, ipsum glorificemus : cum Angelis clamantes Alleluia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Adorons-le, glorifions-le, et avec les Anges, chantons All&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Pendant que les ministres du festin pascal distribuent la nourriture sacr&#233;e, l'&#201;glise c&#233;l&#232;bre, dans l'Antienne de la communion, le v&#233;ritable Agneau pascal, dont l'immolation mystique a eu lieu sur l'autel et qui demande &#224; ceux qui se nourrissent de lui la puret&#233; du c&#339;ur, figur&#233;e sous l'apparence de l'azyme qui le d&#233;robe &#224; nos regards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re pri&#232;re de l'&#201;glise en faveur de son peuple qui vient de se nourrir de Dieu, implore pour tous les convives du festin sacr&#233; l'esprit de charit&#233; fraternelle, qui est l'esprit de la P&#226;que. En prenant notre nature par l'incarnation, le Fils de Dieu nous a rendus ses fr&#232;res ; en versant son sang pour nous tous sur la croix, il nous a unis tous ensemble par le lien de la R&#233;demption ; en ressuscitant aujourd'hui, il nous unit encore dans l'immortalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la b&#233;n&#233;diction du Pontife, la foule s'&#233;coule b&#233;nissant Dieu, dans l'attente de la solennit&#233; des V&#234;pres qui, par sa pompe inaccoutum&#233;e, va mettre le comble &#224; toutes les magnificences de cette solennelle journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Rome, le Pape descend les degr&#233;s de son tr&#244;ne ; le front ceint de la triple couronne, il s'assied sur la sedia gestatoria, et, majestueusement port&#233; sur les &#233;paules des serviteurs du palais, il s'avance vers la grande nef. A un endroit marqu&#233;, il descend et s'agenouille humblement. Alors, du haut des tribunes de la coupole, des pr&#234;tres rev&#234;tus de l'&#233;tole montrent au Pontife et au peuple le bois sacr&#233; de la Croix, et le voile appel&#233; la V&#233;ronique, sur lequel sont empreints les traits d&#233;figur&#233;s du Sauveur marchant au Calvaire. Ce souvenir des douleurs et des humiliations de l'Homme-Dieu, &#233;voque au moment m&#234;me o&#249; son triomphe sur la mort vient d'&#234;tre proclam&#233; avec tant d'&#233;clat, rel&#232;ve encore la gloire et la puissance du divin ressuscit&#233;, et rappelle &#224; tous avec quel amour et quelle fid&#233;lit&#233; il a daigne remplir la mission qu'il avait accept&#233;e pour notre salut. Ne dit-il pas lui-m&#234;me, aujourd'hui, aux disciples d'Emma&#252;s : &#171; Il fallait que le Christ souffr&#238;t, et qu'il entr&#226;t dans sa gloire par le chemin de la souffrance ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXIV, 46.&#034; id=&#034;nh4-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; La Chr&#233;tient&#233;, en la personne de son auguste chef, rend hommage en ce moment &#224; ces souffrances et &#224; cette gloire. Apr&#232;s une humble adoration, le Pontife re&#231;oit de nouveau la triple couronne, remonte sur la sedia, et est port&#233; vers la galerie du haut de laquelle il va r&#233;pandre sur le peuple immense qui couvre la place de Saint-Pierre la b&#233;n&#233;diction apostolique, avec le rite imposant que nous avons d&#233;crit au Jeudi saint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au temps o&#249; le Pontife romain avait sa r&#233;sidence au palais de Latran, et c&#233;l&#233;brait la fonction pascale &#224; Sainte-Marie-Majeure, il se rendait &#224; la Basilique mont&#233; sur une haquen&#233;e capara&#231;onn&#233;e de blanc, couvert du pluvial et la tiare en t&#234;te. Au retour de la Messe, il se rendait dans la salle des festins, appel&#233;e le Triclinium leonianum, vaste pi&#232;ce construite et d&#233;cor&#233;e par saint L&#233;on III, et dont les mosa&#239;ques retra&#231;aient les images du Christ et de saint Pierre, de Constantin et de Charlemagne. L&#224; une table &#233;tait dress&#233;e, &#224; laquelle &#233;taient convi&#233;s, pour s'asseoir pr&#232;s du Pontife, cinq Cardinaux, cinq Diacres et le Primicier de la Basilique de Latran. Non loin de la table particuli&#232;re du Pape, il y avait une douzi&#232;me escabelle qui devait &#234;tre occup&#233;e par le prieur appel&#233; Basilicaire. Les serviteurs apportaient alors l'Agneau pascal &#233;tendu sur un plat somptueux. Le Pape b&#233;nissait ce mets, dont la pr&#233;sence annon&#231;ait que la loi s&#233;v&#232;re de l'abstinence avait cess&#233;. C'&#233;tait le Pontife lui-m&#234;me qui servait et envoyait &#224; ses convives les portions de l'animal r&#244;ti ; mais il en d&#233;tachait d'abord un morceau qu'il mettait dans la bouche du prieur Basilicaire, dont la place &#224; part n'&#233;tait pas la plus honorable, en lui disant avec une allusion qui e&#251;t sembl&#233; dure, si elle n'e&#251;t &#233;t&#233; promptement corrig&#233;e : &#171; Ce que vous avez &#224; faire, faites-le vite ; toutefois cette parole qui fut dite pour la condamnation, c'est pour la r&#233;mission que je vous l'adresse. &#187; Une gaiet&#233; grave et douce pr&#233;sidait &#224; ce repas solennel qui commen&#231;ait sans lecture ; mais vers le milieu du festin, l'archidiacre avant fait un signe, un diacre s'avan&#231;ait, et lisait pendant quelque temps. On introduisait ensuite les chantres de la cour, et ils ex&#233;cutaient, avec toutes les traditions de la musique romaine, quelqu'une des belles S&#233;quences dont on se d&#233;lectait alors ; le Pape d&#233;signait lui-m&#234;me celle qu'il voulait entendre. Le concert termin&#233;, les musiciens baisaient les pieds du Pontife, qui daignait verser &#224; chacun une rasade du vin de sa table ; et tous recevaient en gratification un besant par les mains du sacellaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telles &#233;taient les m&#339;urs na&#239;ves du moyen &#226;ge ; mais l'usage de faire b&#233;nir et de manger la chair d'un agneau, le jour de P&#226;ques, s'est conserv&#233; jusqu'&#224; nos jours dans les contr&#233;es o&#249; la loi de l'abstinence a surv&#233;cu au rel&#226;chement que nous voyons s'&#233;tendre d'ann&#233;e en ann&#233;e d'une mani&#232;re si d&#233;plorable. On aurait mauvaise gr&#226;ce, en effet, de ramener en triomphe sur nos tables un mets qui en a &#233;t&#233; banni &#224; peine durant quelques jours. N&#233;anmoins nous donnerons ici, comme compl&#233;ment des rites de la P&#226;que chr&#233;tienne, la pri&#232;re que l'&#201;glise emploie pour la b&#233;n&#233;diction de l'Agneau pascal. Le pieux fid&#232;le verra avec plaisir cette formule antique qui nous reporte &#224; d'autres m&#339;urs, et il demandera &#224; Dieu le retour de cette simplicit&#233; et de cette foi pratique qui donnaient un sens si profond et une si solide grandeur aux moindres circonstances de la vie de nos a&#239;eux.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;B&#201;N&#201;DICTION DE L'AGNEAU PASCAL.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Deus, qui per famulum tuum Moysen in liberatione populi tui de Egypto agnum occidi jussisti in similitudinem Domini nostri Jesu Christi, et utrosque postes domorum de sanguine ejusdem agni perungi pr&#230;cepisti : ita benedicere, et sanctificare digneris hanc creaturam carnis, quam nos famuli tui ad laudem tuam sumere desideramus, per resurrectionem ejusdem Domini nostri Jesu Christi. Qui tecum vivit et regnat in s&#230;cula s&#230;culorum. Amen.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O Dieu, qui, au jour de la d&#233;livrance de votre peuple du joug de l'&#201;gyptien, avez ordonn&#233; par votre serviteur Mo&#239;se que l'on immol&#226;t un agneau en figure de notre Seigneur J&#233;sus-Christ, et qui avez command&#233; que l'on marqu&#226;t du sang de cet agneau les portes des maisons ; daignez b&#233;nir et sanctifier cette cr&#233;ature de chair, dont nous, vos serviteurs, d&#233;sirons faire usage &#224; votre gloire, pour f&#234;ter la r&#233;surrection du m&#234;me J&#233;sus-Christ notre Seigneur, qui vit et r&#232;gne avec vous dans les si&#232;cles des si&#232;cles. Amen.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;La chair des animaux n'est pas le seul mets qu'interdit aux chr&#233;tiens la loi quadrag&#233;simale ; cette loi prohibe &#233;galement les &#339;ufs, en leur qualit&#233; de nourriture animale. Cette prescription est toujours en vigueur ; et il est n&#233;cessaire que, chaque ann&#233;e, une dispense plus ou moins &#233;tendue vienne l&#233;gitimer l'usage d'un aliment qui, de tout temps, a &#233;t&#233; proscrit pendant la sainte quarantaine. Les &#201;glises de l'Orient ont mieux conserv&#233; leur discipline, et ne connaissent pas ces dispenses. Dans leur joie simple de recouvrer un aliment dont la suspension leur avait &#233;t&#233; p&#233;nible, les fid&#232;les ont demand&#233; &#224; l'&#201;glise de b&#233;nir les premiers &#339;ufs qui para&#238;tront sur la table pascale : et voici la pri&#232;re que l'&#201;glise emploie pour r&#233;pondre &#224; leur d&#233;sir :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;B&#201;N&#201;DICTION DES &#338;UFS DE P&#194;QUES.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Subveniat, qu&#230;sumus O Domine, tu&#230; benedictionis gratia huic ovorum creatur&#230; : ut cibus salutaris fiat fidelibus tuis in tuarum gratiarum actione sumentibus, ob resurrectionem Domini nostri Jesu Christi. Qui tecum vivit et regnat in s&#230;cula s&#230;culorum. Amen.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Daignez, Seigneur, r&#233;pandre la gr&#226;ce de votre b&#233;n&#233;diction sur ces &#339;ufs, qui sont vos cr&#233;atures ; afin qu'ils soient une nourriture salubre aux fid&#232;les qui vont s'en nourrir en action de gr&#226;ces de vos bienfaits, en ce jour de la r&#233;surrection de notre Seigneur J&#233;sus-Christ, qui vit et r&#232;gne avec vous dans les si&#232;cles des si&#232;cles. Amen.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Qu'il soit donc joyeux le festin pascal, b&#233;ni par l'&#201;glise notre M&#232;re, et qu'il accroisse, par sa sainte libert&#233;, l'all&#233;gresse de ce grand jour ! Les f&#234;les de la religion doivent &#234;tre des f&#234;tes de famille chez les chr&#233;tiens ; mais, dans tout le Cycle, il n'en est aucune qui soit comparable &#224; celle-ci, que nous avons attendue si longtemps, &#224; travers tant de tristesses, et qui nous a apport&#233; dans un m&#234;me moment les mis&#233;ricordes du Seigneur qui pardonne et les esp&#233;rances de l'immortalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'APR&#200;S-MIDI.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e s'avance dans son cours, et J&#233;sus ne s'est pas montr&#233; encore &#224; ses disciples. Les saintes femmes sont tout enti&#232;res &#224; la joie et &#224; la reconnaissance que leur inspire la faveur dont elles ont &#233;t&#233; l'objet. Elles ont rendu leur t&#233;moignage aux Ap&#244;tres : ce ns sont plus seulement des Anges qui leur ont apparu ; J&#233;sus lui-m&#234;me s'est montr&#233; ; il a daign&#233; leur parler ; elles ont embrass&#233; ses pieds sacr&#233;s ; elles sont fermes dans leurs affirmations, n&#233;anmoins elles ne parviennent pas &#224; vaincre le d&#233;couragement de ces hommes que les sc&#232;nes de la Passion de leur ma&#238;tre ont profond&#233;ment abattus. Quelque r&#233;cit qu'ils entendent, ils sont tristes comme des gens qui ont &#233;prouv&#233; une cruelle d&#233;ception. Ce sont eux cependant que l'on verra bient&#244;t affronter les supplices et la mort, en t&#233;moignage de la r&#233;surrection de ce ma&#238;tre dont le souvenir est en ce moment pour eux comme une humiliation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons nous faire l'id&#233;e des impressions auxquelles ils sont en proie, en &#233;coutant la conversation de deux hommes qui ont pass&#233; avec eux une partie du jour, et qui eux-m&#234;mes avaient des relations avec J&#233;sus. Ce soir m&#234;me, sur le chemin d'Emma&#252;s, ils exprimeront ainsi l'&#233;tat de leur &#226;me d&#233;&#231;ue : &#171; Nous avions esp&#233;r&#233; en lui comme en celui qui devait racheter Isra&#235;l ; et voil&#224; d&#233;j&#224; trois jours que la catastrophe a eu lieu. Il y a bien eu quelques femmes qui sont des n&#244;tres, et qui, &#233;tant all&#233;es au tombeau avant le jour, nous ont caus&#233; par leurs r&#233;cits une certaine &#233;motion. N'ayant pas trouv&#233; son corps, elles sont revenues disant avoir vu des Anges qui leur auraient raconte qu'il vit maintenant. Quelques-uns d'entre nous sont all&#233;s au tombeau, et ils ont constat&#233; ce que les femmes avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont pas trouv&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chose &#233;tonnante ! L'annonce de sa r&#233;surrection que, tant de fois, J&#233;sus avait faite devant eux, m&#234;me en pr&#233;sence des Juifs, ne leur revenait pas en m&#233;moire : tant le spectacle et le souvenir de la mort &#233;touffent, chez les hommes charnels, le sentiment de cette nouvelle naissance que notre corps doit puiser au sein du tombeau !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut cependant que J&#233;sus ressuscit&#233; se manifeste &#224; ceux qui doivent porter jusqu'aux extr&#233;mit&#233;s du monde le t&#233;moignage de sa divinit&#233;. Jusqu'&#224; cette heure, il n'a apparu encore que pour satisfaire sa tendresse filiale pour sa m&#232;re, et son infinie bont&#233; envers les &#226;mes qui avaient r&#233;pondu, selon leur pouvoir, &#224; ses bienfaits. Le moment semble venu pour lui de songer &#224; sa gloire ; du moins serions-nous port&#233;s &#224; le penser. Attendons encore cependant. J&#233;sus a voulu d'abord r&#233;compenser l'amour ; niais, avant de proclamer son triomphe, il &#233;prouve le besoin de signaler sa g&#233;n&#233;rosit&#233;. Le coll&#232;ge apostolique, dont tous les membres ont fui au moment du p&#233;ril, a vu son chef s'oublier jusqu'&#224; renier, &#224; la parole d'une servante, le ma&#238;tre qui l'avait combl&#233; d'honneurs ; mais depuis le regard de reproche et de pardon que lui a lanc&#233; J&#233;sus chez le Grand-Pr&#234;tre. Pierre n'a cess&#233; de d&#233;plorer sa l&#226;chet&#233; avec les larmes les plus am&#232;res. J&#233;sus veut, avant tout, consoler l'humble p&#233;nitent, l'assurer de vive voix qu'il lui pardonne, et confirmer de nouveau, par cette marque de pr&#233;dilection divine, les sublimes pr&#233;rogatives qu'il lui a conf&#233;r&#233;es nagu&#232;re devant tous les autres. Pierre doute encore de la r&#233;surrection ; il ne s'est pas rendu au t&#233;moignage de Madeleine ; mais il ne tardera pas &#224; reconna&#238;tre le divin ressuscit&#233; dans la personne de ce ma&#238;tre offens&#233;, qui s'appr&#234;te &#224; se montrer &#224; lui sous les traits d'un ami qui pardonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, d&#232;s ce matin, par le commandement d'un ma&#238;tre si g&#233;n&#233;reux, l'Ange a dit aux femmes : &#171; Allez, et dites &#224; ses disciples et &#224; Pierre qu'il vous pr&#233;c&#233;dera en Galil&#233;e. &#187; Pourquoi Pierre est-il nomm&#233; ici par son nom, si ce n'est afin qu'il sache que, s'il a eu le malheur de renier J&#233;sus, J&#233;sus ne l'a pas reni&#233; ? Pourquoi n'est il pas nomm&#233;, cette fois, &#224; la t&#234;te des autres, si ce n'est afin de lui &#233;pargner l'humiliation qu'offrirait le contraste de sa haute dignit&#233; avec la faiblesse indigne qu'il a commise ? Mais cette mention sp&#233;ciale indique aussi qu'il n'a cesse d'&#234;tre pr&#233;sent au c&#339;ur de son ma&#238;tre, et que bient&#244;t il sera &#224; port&#233;e d'expier par ses regrets, par son amende honorable aux pieds de ce ma&#238;tre si glorieux et si rempli de bont&#233;, le malheur qu'il a eu de lui &#234;tre infid&#232;le. Pierre est lent &#224; croire ; mais son repentir est sinc&#232;re et m&#233;rite r&#233;compense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tour &#224; coup, &#224; l'une des heures de cette apr&#232;s-midi, l'Ap&#244;tre voit para&#238;tre devant lui ce m&#234;me J&#233;sus qu'il vit, il y a trois jours, garrott&#233; et tra&#238;n&#233; par les valets de Ca&#239;phe, et dont il craignit d'avoir &#224; partager le sort. Mais ce J&#233;sus, alors si humili&#233;, brille maintenant de toutes les splendeurs de sa r&#233;surrection : c'est un vainqueur, un Messie glorieux ; mais ce qui rayonne le plus vivement aux yeux de l'Ap&#244;tre, c'est l'ineffable bont&#233; de ce divin Roi, qui rassure le p&#233;cheur plus encore que son &#233;clat ne l'&#233;blouit. Qui oserait essayer de rendre ce colloque entre le coupable et le divin offens&#233; : les regrets de l'Ap&#244;tre, qu'une telle g&#233;n&#233;rosit&#233; couvre de la plus profonde confusion ; l'assurance du pardon descendant de cette bouche sacr&#233;e et remplissant de la joie pascale ce c&#339;ur si abattu ? Soyez b&#233;ni, &#244; J&#233;sus, qui avez relev&#233; de son abaissement celui que vous nous laisserez pour Chef et pour P&#232;re, lorsque vous remonterez au ciel pour n'en plus redescendre qu'&#224; la fin des temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir rendu hommage &#224; cette infinie mis&#233;ricorde qui r&#233;side dans le C&#339;ur de notre Sauveur ressuscit&#233;, avec non moins de puissance et d'expansion qu'il la daigna manifester dans les jours de sa vie mortelle, admirons la sublime sagesse avec laquelle il continue d'accomplir en saint Pierre le myst&#232;re de l'unit&#233; de l'&#201;glise, myst&#232;re qui doit r&#233;sider en cet Ap&#244;tre et dans ses successeurs. J&#233;sus lui a dit en pr&#233;sence des autres, &#224; la derni&#232;re C&#232;ne : &#171; J'ai pri&#233; pour toi, Pierre, afin que ta foi ne d&#233;faille pas : lorsque tu seras converti, tu confirmeras tes fr&#232;res. &#187; Le moment est venu d'&#233;tablir en Pierre cette foi qui ne doit jamais manquer : J&#233;sus la lui donne &#224; l'heure m&#234;me. C'est lui qu'il instruit d'abord par lui-m&#234;me, afin de poser le fondement. Bient&#244;t il va se montrer aux autres Ap&#244;tres ; mais Pierre y sera pr&#233;sent avec ses fr&#232;res ; en sorte que si cet Ap&#244;tre obtient des faveurs auxquelles les autres ne participent pas, ceux-ci n'en re&#231;oivent jamais qu'il n'y ait sa part. C'est &#224; eux de croire sur la parole de Pierre, comme ils le firent ; par le t&#233;moignage de Pierre, ils re&#231;oivent la foi de la r&#233;surrection et ils la proclament, ainsi que nous le verrons bient&#244;t. J&#233;sus ensuite leur appara&#238;tra &#224; eux-m&#234;mes ; car il les aime, il les appelle ses fr&#232;res, il les destine &#224; pr&#234;cher sa gloire par toute la terre ; mais il trouvera d&#233;j&#224; &#233;tablie en eux la foi de sa r&#233;surrection, parce qu'ils ont cru au t&#233;moignage de Pierre ; et le t&#233;moignage de Pierre a op&#233;r&#233; en eux le myst&#232;re de l'unit&#233;, qu'il op&#233;rera dans l'&#201;glise jusqu'au dernier jour du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparition de J&#233;sus au Prince des Ap&#244;tres est appuy&#233;e sur l'&#201;vangile de saint Luc et sur la premi&#232;re &#201;p&#238;tre de saint Paul aux Corinthiens, et elle est la quatri&#232;me de celles qui eurent lieu le jour de la r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES V&#202;PRES PASCALES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Office du soir, qui, pour cette raison, est appel&#233; les V&#234;pres, a r&#233;uni &#224; l'&#233;glise l'immense concours des fid&#232;les. Nous continuons &#224; exposer les fonctions sacr&#233;es de ce grand jour, dans la forme qu'elles avaient autrefois, afin que le lecteur chr&#233;tien soit plus &#224; m&#234;me de saisir l'esprit de la f&#234;te. L'administration solennelle du bapt&#234;me ayant cess&#233; de faire partie essentielle des pompes pascales, les rites antiques qui s'y rapportaient, surtout &#224; l'Office des V&#234;pres, sont tomb&#233;s successivement en d&#233;su&#233;tude presque partout. Nous essaierons d'en donner une id&#233;e, en mariant les formes antiques avec celles qui sont en usage aujourd'hui, et qui, dans la plupart des lieux, rendent les V&#234;pres pascales fort peu diff&#233;rentes de celles des autres solennit&#233;s de l'ann&#233;e. Il n'en &#233;tait pas ainsi il y a huit si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;v&#234;que, en habits pontificaux, et entour&#233; de tout le clerg&#233;, se rendait d'abord en face du Crucifix qui s'&#233;levait sur une poutre richement orn&#233;e, au-dessous de l'arc triomphal de la Basilique ; et tout aussit&#244;t les chantres entonnaient le Kyrie eleison, qui se r&#233;p&#233;tait neuf fois. La psalmodie des V&#234;pres commen&#231;ait ensuite. Les Antiennes des Psaumes &#233;taient diff&#233;rentes de celles que nous chantons actuellement, et qui sont celles des Laudes ; mais il est juste de nous conformer &#224; l'usage actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois premiers Psaumes (&lt;tt&gt;&lt;popup844|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, &lt;tt&gt;&lt;popup845|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, &lt;tt&gt;&lt;popup846|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;) &#233;tant achev&#233;s, l'Office des V&#234;pres &#233;tait suspendu ; et l'assembl&#233;e des fid&#232;les tressaillait dans l'attente du sublime spectacle qui allait s'offrir &#224; ses regards. Chacun se rappelait les &#233;motions qu'il avait &#233;prouv&#233;es, lorsque, n&#233;ophyte encore, il avait pris part au triomphe qui se pr&#233;parait pour les nouveaux chr&#233;tiens. En attendant, les chantres ex&#233;cutaient la m&#233;lodie de l'All&#233;luia, qui avait tant r&#233;joui l'oreille des fid&#232;les, ce matin m&#234;me, entre l'&#201;p&#238;tre et l'&#201;vangile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On chantait ensuite le Cantique &lt;tt&gt;&lt;popup875|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;, qui &#233;tait suivi de la Collecte solennelle que r&#233;citait le Pontife. Imm&#233;diatement apr&#232;s, une imposante procession se formait ; elle devait conduire les n&#233;ophytes au bord de la fontaine sacr&#233;e o&#249; cette nuit m&#234;me ils &#233;taient descendus charg&#233;s de leurs p&#233;ch&#233;s, et d'o&#249; ils &#233;taient remont&#233;s, comme le Christ du tombeau, tout &#233;clatants de lumi&#232;re et d'immortalit&#233;. L &#201;glise voulait, par cette religieuse visite au th&#233;&#226;tre de leur d&#233;livrance, imprimer en eux plus profond&#233;ment encore le sentiment qu'ils devaient conserver toujours, du bienfait qu'ils avaient re&#231;u dans cette eau purifiante, et de la ressemblance qu'ils avaient contract&#233;e alors avec le Christ ressuscit&#233; qui ne meurt plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Cierge pascal, descendu de la colonne de l'Ambon, &#233;tait port&#233; &#224; la t&#232;te du cort&#232;ge sacr&#233;. Comme hier, dans la marche nocturne vers le Baptist&#232;re, il figurait cette colonne de lumi&#232;re qui frayait la route aux Isra&#233;lites &#224; travers les t&#233;n&#232;bres de l'&#201;gypte. Pr&#232;s du Cierge myst&#233;rieux, un diacre couvert de la dalmatique blanche portait respectueusement l'ampoule d'argent qui contenait le saint Chr&#234;me, dans l'onction duquel, cette nuit m&#234;me, les n&#233;ophytes avaient re&#231;u l'Esprit divin et ses dons merveilleux. Venait ensuite la croix accompagn&#233;e des sept acolytes portant les sept chandeliers d'or que saint Jean a vus dans le ciel. La longue suite des ministres sacr&#233;s, et des pr&#234;tres se d&#233;ployait sous le divin &#233;tendard, et &#233;tait termin&#233;e par l'&#201;v&#234;que, qui exprimait dans ses traits la joie c&#233;leste que lui avaient apport&#233;e le triomphe du Christ et la f&#233;condit&#233; de la sainte &#201;glise. A la suite du Pontife, les n&#233;ophytes s'avan&#231;aient deux &#224; deux, attirant tous les regards par leur modestie et par l'&#233;clatante blancheur de leur v&#234;tement. Le peuple fid&#232;le se pressait respectueusement sur leurs pas ; et la voix des chantres ex&#233;cutait en ch&#339;ur cette Antienne :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;In die resurrectionis meae dicit Dominus, All&#233;luia : congregabo gentes, et colligam regna, et effundam super vos aquam mundam. All&#233;luia, All&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Au jour de ma r&#233;surrection, dit le Seigneur, All&#233;luia : je r&#233;unirai les nations et je rassemblerai les royaumes ; et je r&#233;pandrai sur vous une eau pure. All&#233;luia, All&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;L'Antienne &#233;tant achev&#233;e, on entonnait le quatri&#232;me Psaume des V&#234;pres (&lt;tt&gt;&lt;popup847|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;), qui c&#233;l&#232;bre avec tant de magnificence la grandeur du Nom du Seigneur, et qui exprime les joies de la m&#232;re dont il a daign&#233; remplir les v&#339;ux, en lui donnant des fils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La procession, ayant travers&#233; la grande nef, descendait les marches du portique de la Basilique, et se d&#233;veloppant sur la place, se dirigeait vers le Baptist&#232;re. Elle p&#233;n&#233;trait sous sa vaste coupole, o&#249; le Pontife prenait place avec le clerg&#233;. Au centre, le bassin qu'environnait une balustrade r&#233;fl&#233;chissait, dans ses eaux limpides, les derniers rayons du jour qui p&#233;n&#233;traient par les nombreuses fen&#234;tres, et &#224; travers les colonnes de l'&#233;l&#233;gante rotonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heureux essaim des n&#233;ophytes formait un large cercle autour de la fontaine ; et leurs yeux attendris se reposaient sur cette eau sainte dans laquelle ils avaient laiss&#233; tous leurs p&#233;ch&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Psaume &#233;tant achev&#233;, le Pontife descendait de l'estrade o&#249; il &#233;tait assis, et prenant dans ses mains l'encensoir, faisait le tour du bassin, r&#233;pandant les nuages myst&#233;rieux de l'encens sur cette eau qu'il avait sanctifi&#233;e la nuit derni&#232;re par des rites si augustes, et &#224; laquelle il &#233;tait redevable d'&#234;tre devenu p&#232;re de tant de nouveau-n&#233;s &#224; la gr&#226;ce. Lorsqu'il &#233;tait remont&#233; &#224; son tr&#244;ne, deux voix faisaient entendre ce Verset :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;V/. &lt;/font&gt;Apud te, Domine, est fons vit&#230;, alleluia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;V/. &lt;/font&gt;En vous, Seigneur, est la fontaine de vie, all&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;Et in lumine tuo videbimus lumen. Alleluia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;Et dans votre lumi&#232;re, nous verrons la lumi&#232;re. All&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Alors le Pontife :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Oremus &lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Prions &lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Pr&#230;sta , qu&#230;sumus omnipotens Deus, ut qui resurrectionis Dominic&#230; solemnia colimus, ereptionis nostrae suscipere l&#230;titiam mereamur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Daignez, Dieu tout-puissant, nous accorder, &#224; nous qui c&#233;l&#233;brons la solennit&#233; de la r&#233;surrection du Seigneur, de m&#233;riter la joie de notre d&#233;livrance. Par le m&#234;me J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette Oraison, on entonnait l'Antienne suivante qui c&#233;l&#232;bre le salut donn&#233; &#224; l'homme par les eaux :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;ANT. Vidi aquam egredientem de templo a latere dextro, alleluia : et omnes, ad quos pervenit aqua ista, salvi facti sunt et dicent : Alleluia, alleluia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;ANT. J'ai vu une eau qui sortait du temple au c&#244;t&#233; droit, all&#233;luia ; et tous ceux que cette eau a touch&#233;s ont &#233;t&#233; sauv&#233;s, et ils diront : All&#233;luia, all&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;L'Antienne &#233;tait suivie du cinqui&#232;me Psaume des V&#234;pres du dimanche (&lt;tt&gt;&lt;popup848|width=500|height=250&gt;&lt;/tt&gt;), qui c&#233;l&#232;bre Isra&#235;l sortant de l'&#201;gypte &#224; travers les flots suspendus de la mer Rouge, et se dirigeant vers la Terre promise. La procession repartait alors pour rentrer dans la Basilique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;p&#233;tant les strophes de ce Psaume qui pr&#233;sente tant d'allusions, aux faveurs divines dont les n&#233;ophytes avaient &#233;t&#233; l'objet, la procession &#233;tait arriv&#233;e au portique du temple ; elle en franchissait le seuil et s'avan&#231;ait par la grande nef vers la croix qui s'&#233;levait sur l'arc triomphal. L&#224;, les n&#233;ophytes se tenaient en station, rendant hommage au divin lib&#233;rateur qui les avait sauv&#233;s par sa croix et par son s&#233;pulcre, et deux chantres faisaient entendre ce Verset :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;V/. &lt;/font&gt;Dicite in nationibus, alleluia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;V/. &lt;/font&gt;Allez dire parmi les nations, all&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;Quia Dominus regnavit a ligno. Alleluia.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;Que le Seigneur est roi par le bois. All&#233;luia.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Alors le Pontife adressait &#224; Dieu cette oraison :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Oremus &lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Prions &lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Pr&#230;sta , qu&#230;sumus omnipotens Deus, ut qui gratiam Dominic&#230; resurrectionis agnovimus, ipsi per amorem Sancti Spiritus a morte anim&#230; resurgamus. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Faites, s'il vous pla&#238;t, Dieu tout-puissant, que nous qui avons reconnu la gr&#226;ce de la r&#233;surrection du Seigneur, nous soyons ressuscit&#233;s de la mort de l'&#226;me par l'amour dont le Saint-Esprit est la source. Par le m&#234;me J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Ainsi se terminait, durant les huit premiers si&#232;cles du christianisme, la fonction des V&#234;pres pascales. Il y avait quelques vari&#233;t&#233;s, selon les lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certaines &#201;glises, on chantait deux fois le Magnificat ; en d'autres, trois fois, et m&#234;me jusqu'&#224; quatre. Le rite essentiel de ces V&#234;pres &#233;tait la procession au Baptist&#232;re, accompagn&#233;e des Antiennes que nous avons reproduites et du chant du Laudate, pueri, et de l'in exitu. Dans la plupart des dioc&#232;ses de France, cette procession aux Fonts s'est conserv&#233;e jusqu'&#224; nos jours ; mais il est &#224; regretter que les anciennes formules aient &#233;t&#233; remplac&#233;es, depuis environ deux si&#232;cles, par d'autres qui varient selon les dioc&#232;ses, et qui n'ont plus le m&#234;me parfum d'antiquit&#233;. Nous allons maintenant reprendre l'Office des V&#234;pres &#224; l'endroit o&#249; nous l'avons laiss&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cinq Psaumes ordinaires &#233;tant achev&#233;s, on commence la solennelle Antienne que l'&#201;glise emploie &#224; chaque Heure de l'Office dans tout le cours de cette Octave. &#171; C'est le jour que le Seigneur a fait : passons-le dans les transports de l'all&#233;gresse. &#187; Vient ensuite le Cantique de Marie, qui fait partie essentielle de l'Office du soir, et pendant le chant duquel le c&#233;l&#233;brant encense l'autel avec pompe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE SOIR.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour marqu&#233; par le plus grand des prodiges s'avance rapidement vers son terme ; et bient&#244;t la nuit va descendre avec ses ombres. Quatre fois, dans le cours de cette journ&#233;e, la plus solennelle qui se soit lev&#233;e sur le monde depuis la cr&#233;ation de la lumi&#232;re, J&#233;sus a daign&#233; manifester sa r&#233;surrection. Il lui reste maintenant &#224; se faire voir aux Ap&#244;tres rassembl&#233;s, et &#224; les mettre en mesure de joindre leur exp&#233;rience personnelle au t&#233;moignage qu'ils ont accept&#233; de la bouche de Pierre. Mais telle est la condescendance de notre divin ressuscit&#233; envers ceux qui s'attach&#232;rent &#224; lui dans les jours de sa vie mortelle, que, laissant pour quelques moments encore ceux qu'il nomme ses fr&#232;res et qui maintenant ne doutent plus de son triomphe, il songe d'abord &#224; consoler deux c&#339;urs qui sont afflig&#233;s &#224; son sujet, mais dont l'affliction n'a cependant d'autre cause que leur peu de foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la route de J&#233;rusalem &#224; Emma&#252;s cheminent lentement et tristement deux voyageurs. A leur ext&#233;rieur abattu, on juge ais&#233;ment qu'une cruelle d&#233;ception les a atteints ; qui sait m&#234;me s'ils ne s'&#233;loignent pas de la ville par un sentiment d'inqui&#233;tude ? Ils &#233;taient disciples de J&#233;sus, lorsqu'il vivait ; mais la mort honteuse et violente de ce ma&#238;tre en qui ils avaient cru leur a caus&#233; une d&#233;solation aussi am&#232;re que profonde. Humili&#233;s d'avoir compromis leur honneur en suivant un homme qui n'&#233;tait pas ce qu'ils avaient pens&#233;, ils s'&#233;taient tenus cach&#233;s durant les premi&#232;res heures qui suivirent son supplice ; mais tout &#224; coup on a parl&#233; de s&#233;pulcre ouvert et forc&#233;, de la disparition d'un corps enseveli. Les ennemis de J&#233;sus sont puissants, et sans doute en ce moment ils informent contre les violateurs d'un tombeau dont la pierre &#233;tait scell&#233;e du sceau de l'autorit&#233; publique. Il est &#224; croire que l'enqu&#234;te am&#232;nera devant leur tribunal ceux qui s'&#233;taient attach&#233;s &#224; la suite d'un Messie que la Synagogue a crucifi&#233; entre deux voleurs. Tel &#233;tait sans doute le sujet du dialogue de nos deux voyageurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voici qu'ils sont joints par un troisi&#232;me, et ce troisi&#232;me voyageur est J&#233;sus lui-m&#234;me. La concentration de leurs pens&#233;es sur l'objet lugubre qui les occupe leur a enlev&#233; la libert&#233; de reconna&#238;tre ses traits ; ainsi, lorsque nous nous laissons aller &#224; une douleur trop humaine, nous arrive-t-il de perdre de vue le divin compagnon qui vient se placer pr&#232;s de nous, pour cheminer avec nous et raffermir nos esp&#233;rances. J&#233;sus interroge ces deux hommes sur le sujet de leur tristesse ; ils le lui avouent avec simplicit&#233; ; et ce Roi de gloire, ce vainqueur de la mort en ce jour m&#234;me, daigne balbutier avec eux, et leur expliquer, chemin faisant, toute la s&#233;rie des divins oracles qui annon&#231;aient les humiliations, la mort et le triomphe final du R&#233;dempteur d'Isra&#235;l. Les deux voyageurs sont &#233;mus ; ils sentent, comme ils l'avou&#232;rent plus tard, leur c&#339;ur br&#251;ler d'un feu inconnu, &#224; mesure que cette voix, qu'ils ne savent pas reconna&#238;tre encore, fait retentir &#224; leurs oreilles ces touchantes v&#233;rit&#233;s qu'ils avaient jusqu'alors m&#233;connues. J&#233;sus feint de vouloir les quitter ; ils le retiennent. &#171; Oh ! restez avec nous, lui disent-ils ; le jour baisse, et vous accepterez notre hospitalit&#233;. &#187; Ils introduisent leur ma&#238;tre inconnu dans la maison d'Emma&#252;s ; ils le font asseoir &#224; table avec eux ; et, chose merveilleuse ! ils n'ont pas devin&#233; encore quel est ce c&#233;leste docteur qui vient de r&#233;soudre leurs doutes avec tant de sagesse et d'&#233;loquence. Tels sommes-nous nous-m&#234;mes, lorsque nous laissons les pens&#233;es humaines dominer en nous ; J&#233;sus est pr&#232;s de nous, il nous parle, il nous instruit, il nous console ; et il nous faut souvent beaucoup de temps pour reconna&#238;tre que c'est J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin le moment est venu o&#249; le ma&#238;tre de la lumi&#232;re va se r&#233;v&#233;ler &#224; ces deux disciples si lents &#224; croire. Ils l'ont invit&#233; &#224; pr&#233;sider &#224; leur table ; c'est &#224; lui de rompre le pain. Il le prend entre ses mains sacr&#233;es, comme il fit &#224; la C&#232;ne ; et &#224; l'instant o&#249; il en op&#232;re la fraction pour le leur partager, soudain leurs yeux s'ouvrent, et ils ont reconnu J&#233;sus lui-m&#234;me, J&#233;sus ressuscit&#233;. Ils vont tomber &#224; ses pieds ; mais &#224; peine s'est-il d&#233;voil&#233; &#224; leurs regards qu'il dispara&#238;t, les laissant en proie &#224; la stupeur, mais en m&#234;me temps inond&#233;s d'une joie qui d&#233;passe tout ce qu'ils ont jamais go&#251;t&#233; de bonheur dans toute leur vie. C'est ici la cinqui&#232;me apparition du Sauveur dans la journ&#233;e de P&#226;ques. Saint Luc nous en donne le r&#233;cit ; et elle sera le sujet de la lecture du saint &#201;vangile &#224; la messe de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux disciples ne peuvent plus demeurer davantage &#224; Emma&#252;s ; malgr&#233; l'heure avanc&#233;e, ils ne songent d&#233;sormais qu'&#224; rentrer au plus t&#244;t dans J&#233;rusalem. Il leur tarde d'annoncer aux Ap&#244;tres, dont ils ont partag&#233; ce matin l'abattement, que leur ma&#238;tre est vivant, qu'ils lui ont parl&#233;, qu'ils l'ont vu. Ils franchissent rapidement l'espace qui s&#233;pare le village o&#249; ils comptaient passer la nuit, de la grande cit&#233; dont, il y a peu d'instants, ils fuyaient les p&#233;rils. Bient&#244;t ils sont au milieu des Ap&#244;tres, auxquels ils s'appr&#234;tent &#224; raconter leur bonheur ; mais ils ont &#233;t&#233; pr&#233;venus ; la foi de la R&#233;surrection est vivante dans le coll&#232;ge apostolique. Avant qu'ils aient ouvert la bouche, on leur dit tout d'une voix : &#171; Le Seigneur est vraiment ressuscit&#233;, et il a apparu &#224; Pierre. &#187; Les deux disciples racontent alors aux Ap&#244;tres qu'eux aussi ont &#233;t&#233; favoris&#233;s de l'entretien et de la vue de leur ma&#238;tre commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conversation continuait entre ces hommes simples et droits, ces hommes si obscurs alors, et dont le monde entier devait plus tard conna&#238;tre les noms immortels. Les portes de la maison &#233;taient ferm&#233;es cependant ; car la petite troupe craignait une surprise. Les gardes du tombeau avaient fait leur rapport aux princes des pr&#234;tres dans la matin&#233;e ; ceux-ci avaient cherch&#233; &#224; les suborner, et leur avaient m&#234;me donn&#233; de l'argent pour les engager &#224; dire que, pendant leur sommeil, les disciples de J&#233;sus &#233;taient venus d&#233;rober te corps. Ce syst&#232;me d&#233;loyal des autorit&#233;s juives pouvait amener quelque r&#233;action populaire contre les Ap&#244;tres, et ceux-ci avaient jug&#233; devoir prendre des pr&#233;cautions. A ce moment, ils se trouvaient dix rassembl&#233;s ; car Thomas, qui avait &#233;t&#233; pr&#233;sent au moment de l'entr&#233;e des disciples d'Emma&#252;s, &#233;tait sorti plus tard dans la ville, &#224; la faveur des t&#233;n&#232;bres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; les Ap&#244;tres repassaient entre eux les &#233;motions de cette m&#233;morable journ&#233;e, voici J&#233;sus qui para&#238;t devant eux, et les portes ne se sont pas ouvertes pour lui donner passage. C'est bien lui, ce sont bien ses traits ; c'est sa voix pleine de bont&#233;. &#171; La paix soit avec vous ! &#187; leur dit-il avec tendresse. Toutefois ils demeurent interdits ; cette entr&#233;e myst&#233;rieuse et inattendue les a boulevers&#233;s. Ils ignorent encore les pr&#233;rogatives d'un corps glorieux ; et sans douter de la r&#233;surrection de leur ma&#238;tre, ils ne savent s'ils ne sont point en pr&#233;sence d'un fant&#244;me. J&#233;sus, qui, dans toute cette journ&#233;e, semble avoir plus souci de t&#233;moigner son amour aux siens que de proclamer sa gloire, daigne leur donner &#224; toucher ses membres divins ; il fait plus, et pour leur prouver la r&#233;alit&#233; de son corps, il leur demande &#224; manger et mange devant eux. Qui pourrait dire la joie dont leurs c&#339;urs sont remplis &#224; la vue de cette ineffable familiarit&#233;, les larmes d'attendrissement qui coulent de leurs veux ? Avec quelle all&#233;gresse na&#239;ve ils disent &#224; Thomas, lorsque cet Ap&#244;tre est de retour aupr&#232;s d'eux : &#171; Nous avons vu le Seigneur ! &#187; Ainsi se passa la sixi&#232;me apparition de J&#233;sus ressuscit&#233;, en ce jour de P&#226;ques. Elle nous est rapport&#233;e par saint Luc, dont la sainte &#201;glise nous donnera &#224; lire le r&#233;cit &#224; la Messe de l'un des jours de l'Octave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyez donc b&#233;ni et glorifi&#233;, vainqueur de la mort, qui en ce seul jour avez daign&#233; vous montrer aux hommes jusqu'&#224; six fois, pour satisfaire votre amour et pour appuyer notre foi en votre divine R&#233;surrection. Soyez b&#233;ni et glorifi&#233; d'avoir consol&#233;, par votre ch&#232;re pr&#233;sence et vos douces caresses, le c&#339;ur si oppress&#233; de votre M&#232;re et la n&#244;tre. Soyez b&#233;ni et glorifi&#233; d'avoir calm&#233; la d&#233;solation de la pauvre Madeleine par une seule parole de votre amour. Soyez b&#233;ni et glorifi&#233; d'avoir essuy&#233; en un moment les larmes des saintes femmes par votre vue soudaine, et de leur avoir donn&#233; &#224; baiser vos pieds sacr&#233;s. Soyez b&#233;ni et glorifi&#233; d'avoir donn&#233; &#224; Pierre de votre propre bouche l'assurance de son pardon, et d'avoir confirm&#233; en lui les dons de la Primaut&#233;, en lui r&#233;v&#233;lant, &#224; lui avant tous, le dogme fondamental de notre foi. Soyez b&#233;ni et glorifi&#233; d'avoir rassur&#233; avec tant de douceur le c&#339;ur chancelant des deux disciples, sur la route d'Emma&#252;s, et d'avoir mis le comble &#224; cette faveur, en vous d&#233;voilant &#224; eux. Soyez b&#233;ni et glorifi&#233; de n'avoir pas achev&#233; cette journ&#233;e sans visiter vos Ap&#244;tres, et sans leur avoir donn&#233; de si touchantes preuves de votre adorable condescendance &#224; leur faiblesse. Soyez enfin b&#233;ni et glorifi&#233;, &#244; J&#233;sus, de ce que vous daignez aujourd'hui, par l'organe de votre sainte &#201;glise, nous faire entrer en participation, apr&#232;s tant de si&#232;cles, des joies si pures et si enivrantes que go&#251;t&#232;rent &#224; pareil jour et Marie, votre m&#232;re, et Madeleine avec ses compagnes, et Pierre, et les disciples d'Emma&#252;s, et les Ap&#244;tres rassembl&#233;s. Rien ici n'est effac&#233; ; tout est vivant, tout est renouvel&#233; ; vous &#234;tes le m&#234;me, et notre P&#226;que aujourd'hui est aussi la m&#234;me que celle qui vous vit sortir du tombeau. Tous les temps sont &#224; vous ; et le monde des &#226;mes vit par vos myst&#232;res, comme le monde mat&#233;riel se soutient par votre pouvoir, depuis le moment o&#249;, &#224; pareil jour, il vous plut de commencer votre &#339;uvre, en cr&#233;ant la lumi&#232;re visible qui doit &#233;clairer ce monde, jusqu'&#224; ce qu'elle p&#226;lisse et s'efface devant l'&#233;ternelle clart&#233; que vous nous avez conquise aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;l&#233;brons en ce jour le premier des six jours de la cr&#233;ation, celui qui vit la lumi&#232;re sortir des t&#233;n&#232;bres &#224; l'appel souverain du Verbe de Dieu. Il est la lumi&#232;re incr&#233;&#233;e du P&#232;re, et il a d&#233;but&#233; dans son &#339;uvre en produisant du n&#233;ant cette image mat&#233;rielle de sa propre splendeur ; et il a voulu que les justes fussent appel&#233;s enfants de la lumi&#232;re, et les p&#233;cheurs enfants des t&#233;n&#232;bres. Lorsqu'il s'est montr&#233; aux hommes dans la chair, il leur a dit : &#171; Je suis la Lumi&#232;re du monde : celui qui me suit ne marche point dans les t&#233;n&#232;bres ; mais il aura la lumi&#232;re de vie. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. VIII, 12.)&#034; id=&#034;nh4-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Enfin, pour montrer la parfaite harmonie et le lien sacr&#233; de l'ordre de nature et de l'ordre de gr&#226;ce, il s'est &#233;lanc&#233; des ombres du tombeau le jour m&#234;me o&#249; il fit sortir du chaos la lumi&#232;re visible qui nous &#233;claire, et qui est pour nous le premier des biens dans l'ordre mat&#233;riel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise Gothique d'Espagne exprimait la reconnaissance de l'humanit&#233; r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e pour le double bienfait qui se rattache &#224; ce grand jour, dans cette belle pri&#232;re que nous empruntons &#224; son Br&#233;viaire.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;CAPITULA.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;DEUS, cujus unum hunc ex omnibus diximus diem, in quo creatis rebus omnibus voluisti esse et pr&#230;sentis lucis indicem, et &#230;terni luminis testem, ut in eo exsurgeret illuminatio temporum, atque resurgeret illuminatio animarum : quique Dominic&#230; et operationis primus, et resurrectionis idoneus revolutus in circulo, et redactus in calculo, Paschalis solemnitatis inciperet mysterium, et concluderet sacramentum ; respice in hoc tempore acceptabili, et in hac die salutis super servos tuos, Domine, quos redemisti de captivitate nequiti&#230; spirituali troph&#230;o Dominic&#230; passionis : quos Agni tui sanguine tinctos, ne vastator l&#230;deret, liberasti ; esto nobis pr&#230;vius in solitudine vit&#230; hujus, quo et in die calorem tentationis nostr&#230; quasi nubes protegens obumbres, et in nocte a tenebris peccatorum nos quasi columna ignis inlumines : ut, dum ades ad salutem, perducas ad requiem.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O Dieu, &#224; qui nous devons ce jour, le premier de tous, dans lequel vous avez voulu manifester &#224; tous les &#234;tres cr&#233;&#233;s la lumi&#232;re visible et celui qui est la forme de l'invisible lumi&#232;re, faisant jaillir dans un m&#234;me jour le flambeau qui &#233;claire le monde, et la splendeur divine qui illumine les &#226;mes ; vous qui par un calcul c&#233;leste avez joint ensemble le dimanche, premier jour de votre labeur, et le moment de la r&#233;surrection, afin que le m&#234;me myst&#232;re ouvrit et termin&#226;t la solennit&#233; pascale ; jetez un regard, dans ce temps favorable et dans ces jours de salut, sur vos serviteurs que vous avez rach&#232;tes. Seigneur, de la captivit&#233; des esprits de malice par le troph&#233;e de la passion de votre Fils ; que vous avez d&#233;livr&#233;s en les couvrant du sang de votre Agneau, afin qu'ils ne fussent pas atteints du glaive exterminateur. Dans le d&#233;sert de cette vie, daignez marcher devant nous, comme un nuage qui nous couvre de son ombre durant le jour, et temp&#232;re l'ardeur de nos tentations ; comme une colonne de feu qui, durant la nuit, nous pr&#233;serve par sa lumi&#232;re d&#232;s t&#233;n&#232;bres du p&#233;ch&#233; ainsi vous serez notre Sauveur par votre pr&#233;sence, et vous nous conduirez au lieu de notre repos.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Il serait beau d'entendre retentir, &#224; la fin de cette journ&#233;e, le concert des voix de toutes les &#201;glises dans leurs Liturgies, &#224; la louange du divin &#201;poux ressuscit&#233; ; mais d&#233;j&#224; nous avons d&#233;pass&#233;, dans ce commentaire des saints Offices de P&#226;ques, les limites auxquelles nous avons coutume de nous arr&#234;ter dans les autres solennit&#233;s. Nous r&#233;serverons donc pour les jours de l'Octave ces richesses liturgiques ; et nous nous bornerons &#224; ins&#233;rer ici quelques-unes des strophes que l'&#201;glise grecque emploie &#224; c&#233;l&#233;brer la R&#233;surrection, dans son Office du matin au jour de P&#226;ques.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;IN DOMINICA RESURRECTIONIS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le jour de la R&#233;surrection ! Peuples, rayonnons de joie. C'est la P&#226;que du Seigneur, le Passage : le Christ-Dieu nous a fait passer de la mort &#224; la vie, de la terre au ciel : chantons un cantique de triomphe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Purifions nos sens, et nous verrons le Christ tout brillant de l'ineffable lumi&#232;re de sa r&#233;surrection ; nous l'entendrons aussi nous dire : &#171; Je vous salue ! &#187; Chantons un cantique de triomphe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cieux, soyez dans la joie ; terre, glorifie-toi ; monde visible et invisible, c&#233;l&#232;bre la f&#234;te solennelle ; le Christ est ressuscit&#233;, joie &#233;ternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venez boire le breuvage nouveau qui nous fortifie : il n'a point jailli par un prodige de la roche aride du d&#233;sert : il coule du s&#233;pulcre du Christ, comme la fontaine de l'immortalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'univers tout entier est inond&#233; de lumi&#232;re, le ciel, la terre et le monde inf&#233;rieur ; que toute cr&#233;ature c&#233;l&#232;bre avec empressement la r&#233;surrection du Christ ; car c'est elle qui donne la consistance &#224; tous les &#234;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier, &#244; Christ, j'&#233;tais enseveli avec toi ; aujourd'hui avec toi je ressuscite : hier, j'&#233;tais avec toi attach&#233; &#224; la croix ; fais-moi part de ta gloire, &#244; Sauveur, dans ton royaume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David, l'anc&#234;tre de Dieu, dansait avec transport devant l'arche figurative ; nous, peuple sanctifi&#233; de Dieu, qui voyons l'accomplissement des figures, r&#233;jouissons-nous, anim&#233;s d'un souffle divin ; car le Christ est ressuscit&#233;, et il a montr&#233; qu'il est le Tout-Puissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons d&#232;s le point du jour ; pour myrrhe offrons une hymne au Seigneur, et nous verrons le Christ, soleil de justice, qui r&#233;pand &#224; son lever la vie sur tous les &#234;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils contempl&#232;rent ton infinie mis&#233;ricorde, ceux que leurs liens retenaient dans la r&#233;gion des Limbes ; d'un pied joyeux ils s'&#233;lanc&#232;rent &#224; la lumi&#232;re ; ils applaudissaient &#224; la P&#226;que &#233;ternelle, &#244; Christ !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons avec nos lampes au-devant du Christ qui sort du tombeau comme un &#233;poux ; et que nos groupes joyeux c&#233;l&#232;brent la P&#226;que par laquelle un Dieu nous sauve.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&lt;/h2&gt;&lt;center&gt;Station &#224; Sainte-Marie-Majeure.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Durant cette semaine pascale, la liturgie romaine est toute occup&#233;e de deux grandes pens&#233;es : celle de la r&#233;surrection de J&#233;sus, et celle du bapt&#234;me administr&#233; aux n&#233;ophytes. Ce sont deux myst&#232;res qui se compl&#232;tent et s'&#233;clairent r&#233;ciproquement ; l'un symbolise l'autre ; l'un est le prototype, l'autre est l'image, et on ne les comprend pas si on les s&#233;pare, car la r&#233;g&#233;n&#233;ration des &#226;mes &#224; la gr&#226;ce par le bapt&#234;me, en un sens spirituel mais pourtant plein de r&#233;alit&#233;, est une nouvelle r&#233;surrection du Christ dans ses membres mystiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les f&#234;tes stationnales elles-m&#234;mes de cette semaine ont un caract&#232;re quelque peu diff&#233;rent des solennit&#233;s quadrag&#233;simales. On n'y parle plus de je&#251;nes ni de p&#233;nitences corporelles, et l'on visite en revanche les grandes basiliques romaines, y conduisant comme en triomphe la blanche th&#233;orie des n&#233;ophytes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la vigile pascale c&#233;l&#233;br&#233;e au Latran, la premi&#232;re visite est pour la basilique de l'Esquilin d&#233;di&#233;e &#224; la M&#232;re de Dieu, parce qu'&#224; celle-ci avant tout autre, doivent &#234;tre annonc&#233;es les joies de la r&#233;surrection ; &#224; Marie qui, plus intimement qu'aucune cr&#233;ature ; eut part &#224; la passion de J&#233;sus. En outre, les fatigues de la nuit pr&#233;c&#233;dente et le long office vesp&#233;ral qui devait se c&#233;l&#233;brer de nouveau pr&#232;s des fonts baptismaux du Latran, auraient difficilement permis au Pape de s'&#233;loigner par trop du patriarchium en se rendant en procession &#224; Saint-Pierre, o&#249; aurait d&#251;, r&#233;guli&#232;rement, &#234;tre c&#233;l&#233;br&#233;e la messe stationnale en ce jour solennel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intro&#239;t est tir&#233; du psaume 138 qui c&#233;l&#232;bre en g&#233;n&#233;ral la science et la pr&#233;sence de Dieu p&#233;n&#233;trant jusqu'au plus intime de notre &#234;tre. Toutefois l'antienne a &#233;t&#233; adapt&#233;e &#224; la solennit&#233; pascale. En effet, J&#233;sus s'est endormi sur la croix, confiant au P&#232;re son esprit. Maintenant il se r&#233;veille entre les bras aimants de Dieu, lequel a accept&#233; l'innocente Victime qui s'est offerte spontan&#233;ment &#224; lui. Il l'a serr&#233;e sur son c&#339;ur et l'a r&#233;chauff&#233;e de sa propre chaleur. J&#233;sus est ressuscit&#233;. &#171; Je me l&#232;ve et me retrouve toujours avec toi ; All&#233;luia ; tu tiens sur moi ta main ; All&#233;luia ; trop &#233;lev&#233;e est devenue pour moi ta science ; All&#233;luia, All&#233;luia. &#187; Ps. &#171; Seigneur, tu me scrutes, tu me connais bien ; tu connais mon repos et mon lever. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit la splendide collecte. La r&#233;surrection du Christ est une anticipation de la r&#233;surrection de l'humanit&#233;. Voyant en ce jour leur Chef mystique ressuscit&#233; des morts, les membres sont confirm&#233;s dans l'esp&#233;rance qu'un jour eux aussi obtiendront le m&#234;me sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture est tir&#233;e de la Ire &#201;p&#238;tre aux Corinthiens (V, 7-8). Il faut rejeter l'aigreur de l'antique ferment, pour c&#233;l&#233;brer la P&#226;que avec les azymes de l'innocence et de la sinc&#233;rit&#233;. Le Christ est notre P&#226;que, parce que, par son immolation, Il a mis fin &#224; l'Ancien Testament et a donn&#233; naissance au Nouveau. Nous devons donc, comme Lui-m&#234;me, marcher devant Dieu dans la candeur et la simplicit&#233; des enfants, n'ayant plus rien de commun avec la vieille nature corrompue. Comme le Fils de Dieu refl&#232;te purement la beaut&#233; du P&#232;re, ainsi encore chaque chr&#233;tien est appel&#233; &#224; refl&#233;ter la bont&#233; et la beaut&#233; divine. C'est justement ce que disait l'Ap&#244;tre en une autre circonstance : Estote imitatores Dei, sicut filii charissimi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eph., V, 1 : &#171; Soyez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit le r&#233;pons-graduel, tir&#233; du psaume pascal 117 : &#171; C'est le jour qu'a fait le Seigneur, en lui exultons et r&#233;jouissons-nous. &#187; Si, en effet, nous avons chant&#233; avec tant de joie, le jour de No&#235;l, que J&#233;sus s'&#233;tait incarn&#233; de Spiritu Sancto ex Maria Virgine et &#233;tait n&#233; pour souffrir et pour mourir, combien plus la joie sied-elle &#224; ce jour o&#249;, sans aucune coop&#233;ration humaine, Dieu seul rend la vie &#224; J&#233;sus, et, pour ainsi dire, l'engendre &#224; nouveau &#224; sa propre gloire. Une si grande faveur fait &#233;clater J&#233;sus en vives actions de gr&#226;ces : &#171; All&#233;luia, parce qu'il est bon ; &#233;ternelle est sa mis&#233;ricorde. &#187; Il est particuli&#232;rement bon avec chacun de nous, &#224; ce point qu'il n'a pas &#233;pargn&#233; son Fils, pour ne nous r&#233;server, &#224; nous, que les tr&#233;sors magnifiques de sa bont&#233;. Vis-&#224;-vis de J&#233;sus, il a fait triompher son inexorable justice ; vis-&#224;-vis des hommes, sa mis&#233;ricorde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset all&#233;luiatique s'inspire des paroles de l'Ap&#244;tre : &#171; Notre P&#226;que a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; immol&#233;e : le Christ. &#187; J&#233;sus est dit : Pascha nostrum, parce qu'il s'est donn&#233; enti&#232;rement &#224; nous. Il ne veut pas c&#233;l&#233;brer seul la P&#226;que, mais il veut la faire avec nous, afin que nous aussi nous associions &#224; sa passion, et, par suite, &#224; sa triomphale r&#233;surrection. Il ne s'appelle pas simplement Pascha, mais Pascha nostrum, parce que, si sa mort et sa r&#233;surrection ne deviennent pas intimement n&#244;tres ; si nous ne revivons pas, si nous ne nous approprions pas ses myst&#232;res dans notre vie spirituelle, ses peines et ses gloires ne nous seront pas profitables, tout comme il ne sert de rien au malade d'avoir le rem&#232;de s'il ne le prend pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'origine de la s&#233;quence (acolutia) doit probablement &#234;tre recherch&#233;e &#224; Byzance, d'o&#249;, par l'interm&#233;diaire de moines grecs, elle parvint &#224; l'abbaye de Saint-Gall en Suisse. Les tr&#232;s longs neumes orientaux sur l'All&#233;luia, d'ex&#233;cution difficile, ennuyaient les chantres latins, aussi le moine Notker pensa-t-il &#224; remplacer toutes ces vocalises &#224; la suite de l'All&#233;luia par des textes rythm&#233;s auxquels s'adapteraient les neumes du iubilus all&#233;luiatique. Telle est l'origine de la s&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle de P&#226;ques est attribu&#233;e &#224; Wipon (+ 1050), chapelain &#224; la cour de Conrad II et de Henri III. Le texte donn&#233; par le Missel est mutil&#233;, car on y a supprim&#233; toute la cinqui&#232;me strophe, laissant ainsi en l'air celle qui lui correspond.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ve strophe.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Credendum est magis soli
&lt;p&gt;Mari&#230; veraci&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quam iudeorum&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Turb&#230; fallaci.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il vaut mieux croire &#224; la seule
&lt;p&gt;Marie sinc&#232;re,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'&#224; la foule&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Menteuse d'Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Les mots : pr&#230;cedet suos, du texte primitif, furent chang&#233;s &#224; l'&#233;poque de la r&#233;vision du missel sous saint Pie V, en pr&#230;cedet vos, probablement par suite d'une erreur de transcription. L'Amen et l'All&#233;luia sont des additions post&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence, tout comme l'hymnodie de l'office, introduit dans la liturgie un &#233;l&#233;ment po&#233;tique extra-scripturaire et d'inspiration priv&#233;e, raison pour laquelle Rome ne l'admit que tardivement dans ses livres officiels. Dans le c&#233;r&#233;monial de la cour papale au XIIe si&#232;cle, la place accord&#233;e &#224; la s&#233;quence &#233;tait extra-liturgique ; on l'ex&#233;cutait durant le repas du clerg&#233; dans le triclinium l&#233;onien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence pascale, en particulier, introduite au cours de la messe, en guise d'hymne avant l'&#201;vangile, a perdu beaucoup de son ancien caract&#232;re dramatique qui, en France, la rendait si ch&#232;re au peuple, quand, au matin de ce jour, elle &#233;tait chant&#233;e alternativement par le groupe des Ap&#244;tres, par Marie de Magdala et enfin par le ch&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture de l'&#201;vangile, avec le r&#233;cit du message de l'ange aux saintes Femmes, est prise en saint Marc (XVI, 1-7). La r&#233;surrection de J&#233;sus-Christ est un fait dogmatique solidement prouv&#233;. Il s'est produit dans un milieu en grande partie hostile, &#8212; les juifs, &#8212; en partie se refusant &#224; y croire, et c'&#233;tait non seulement les hommes, les Ap&#244;tres, mais les femmes elles-m&#234;mes. On ne peut donc parler de l'autosuggestion de la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration chr&#233;tienne, qui aurait attribu&#233; au Christ historique ce qui aurait &#233;t&#233;, au contraire, une d&#233;ception de leurs esp&#233;rances. Non, la r&#233;surrection de J&#233;sus fut crue par eux, malgr&#233; eux ; ils n'&#233;taient pas dispos&#233;s &#224; l'admettre, et ils durent s'incliner devant l'&#233;vidence. Ils crurent, mais parce qu'ils virent, parce qu'ils touch&#232;rent sensiblement, parce qu'ils mang&#232;rent et burent avec lui, qui &#233;tait mort et ressuscita.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verset de l'offertoire est tir&#233; du psaume 75. &#171; La terre fr&#233;mit et fut constern&#233;e, quand le Seigneur ressuscita pour venir juger le monde. &#187; Comme la nature a &#233;t&#233; associ&#233;e &#224; la mal&#233;diction de Dieu contre le p&#233;ch&#233; d'Adam, ainsi, au dire de saint Paul, est-elle en attente impatiente du jour qui verra sa revanche et son affranchissement de l'&#233;tat de d&#233;gradant esclavage o&#249; la tient le p&#233;cheur. A la premi&#232;re annonce de la parousie du Christ ressuscit&#233;, la terre s'agite et fr&#233;mit parce que le jugement de Dieu sur le monde infid&#232;le commence d&#233;j&#224; ; puis lorsque, au dernier jour, J&#233;sus viendra juger d&#233;finitivement les vivants et les morts, la cr&#233;ation tout enti&#232;re sentira la pr&#233;sence du Cr&#233;ateur, et s'unira &#224; lui pour combattre les impies, comme le dit la Sagesse : et pugnabit cum illo orbis terrarum contra insensatos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sap., V, 21 : &#171; tout l'univers combattra avec Lui contre les insens&#233;s &#187;.&#034; id=&#034;nh4-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte sur les offrandes et celle pour l'action de gr&#226;ces sont les m&#234;mes que lors de la pr&#233;c&#233;dente vigile, sans doute parce que cette seconde messe n'existait pas primitivement, et que le sacrifice pascal mettait fin &#224; la solennit&#233; du bapt&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'initiation au myst&#232;re pascal, comme le dit l'oraison sur les oblations, ne doit pas se terminer avec le cycle liturgique de P&#226;ques. La P&#226;que du Christ est &#233;ternelle, parce que, une fois entr&#233; dans sa gloire, Il ne peut plus descendre de ce sommet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chr&#233;tien est appel&#233; lui aussi &#224; participer &#224; ce caract&#232;re de perp&#233;tuit&#233; de la r&#233;surrection, puisqu'il doit exprimer &#224; son tour, dans sa vie spirituelle, une P&#226;que stable et continuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le pr&#233;lude &#224; l'anaphore cons&#233;cratoire, et au commencement des diptyques, on fait m&#233;moire de la r&#233;surrection du Seigneur, comme durant la nuit pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour la Communion provient du texte de saint Paul, d&#233;j&#224; lu dans l'&#201;p&#238;tre : le Christ est notre P&#226;que. Il a &#233;t&#233; immol&#233;. Faisons donc festin, mais avec les azymes de la v&#233;rit&#233; et de la sinc&#233;rit&#233; ; nourrissons-nous de Lui. Toute autre nourriture, tout autre assaisonnement profanerait notre P&#226;que. Le Christ immol&#233;, aliment des fid&#232;les, indique que nous devons imprimer la passion de J&#233;sus dans notre esprit ; le pain azyme non ferment&#233; ni gonfl&#233; par le levain signifie l'esprit de mortification qui doit assaisonner la vie chr&#233;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la collecte apr&#232;s la Communion, on rappelle que l'Eucharistie est le gage de la Communion des Saints, qui r&#233;unit en un m&#234;me esprit les c&#339;urs de tous les fid&#232;les. C'est pourquoi dans l'antiquit&#233;, les fid&#232;les, recevant de leur &#233;v&#234;que la sainte Communion, lui donnaient le baiser de paix, dont le dernier souvenir est conserv&#233; dans ce baiser qu'ils impriment maintenant sur son anneau &#233;piscopal. Pour la m&#234;me raison, les pr&#234;tres s'envoyaient r&#233;ciproquement en cadeau la sainte Eucharistie parce que J&#233;sus dans son Sacrement nous communique son propre Esprit, en sorte que la multitude de ceux qui le re&#231;oivent forme vraiment, gr&#226;ce &#224; J&#233;sus dont ils vivent, cor unum et anima una.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement la divine Eucharistie est le m&#233;morial de la mort du Seigneur, mais elle nous le pr&#233;sente &#233;galement glorieux. Elle d&#233;pose donc en nous les germes de mort, pour que nous ayons part &#224; la mort du Christ, et en m&#234;me temps elle nous met en contact avec la r&#233;surrection du Seigneur et nous y fait participer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est le jour qu'a cr&#233;&#233; le Seigneur, r&#233;jouissons-nous et tressaillons en lui &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La montagne est gravie, la victoire est remport&#233;e. Ce que nous avons attendu avec d'ardents d&#233;sirs pendant les quarante jours de Car&#234;me, ce qui depuis l'Avent nous apparaissait comme notre but, est enfin r&#233;alis&#233; : la Lumi&#232;re a triomph&#233; des t&#233;n&#232;bres. Maintenant, le divin soleil brille au-dessus de nous avec toute sa chaleur et tout son &#233;clat. Pendant l'Avent, c'&#233;tait la nuit et nous soupirions vers la lumi&#232;re. A No&#235;l, la Lumi&#232;re est soudain &#171; venue dans ce monde &#187; et a fond&#233; son royaume de lumi&#232;re. La gloire de la Lumi&#232;re s'est &#171; lev&#233;e au-dessus de la ville sainte &#187; (l'&#201;glise). Tel &#233;tait le message du cycle de No&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, &#224; travers les chants qui c&#233;l&#233;braient joyeusement la Lumi&#232;re ; se faisait entendre un accent de tristesse : &#171; Et la Lumi&#232;re a brill&#233; dans les t&#233;n&#232;bres et les t&#233;n&#232;bres ne l'ont pas reconnue &#187;, c'&#233;tait le th&#232;me de la Passion. Cet accent est devenu sans cesse plus fort ; nous l'avons d&#233;j&#224; entendu dans la semaine de No&#235;l et, depuis, il n'a pas cess&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la Septuag&#233;sime, c'est le chant dominant qui surpasse tous les autres ; le premier dimanche du Car&#234;me, nous voyons le divin David partir au combat contre le g&#233;ant Goliath. Tout le temps de Car&#234;me pourrait s'intituler un combat : combat de la Lumi&#232;re contre les t&#233;n&#232;bres, combat historique du Christ contre le juda&#239;sme (th&#232;me de la Passion), combat du Christ dans l'&#226;me de ceux qui doivent venir &#224; la lumi&#232;re (th&#232;me du bapt&#234;me et de la P&#233;nitence). Il fallait, sans doute, que la Lumi&#232;re dispar&#251;t un moment : le Christ meurt sur la Croix. Mais soudain, comme &#224; No&#235;l, la Lumi&#232;re brille dans les t&#233;n&#232;bres. Apr&#232;s les tristesses de la Semaine Sainte, le soleil de la R&#233;surrection se l&#232;ve victorieux pour briller &#233;ternellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est P&#226;ques, c'est la f&#234;te des f&#234;tes, le point culminant de l'ann&#233;e liturgique. Il n'y a plus qu'une pens&#233;e : la joie, l'all&#233;gresse. Autrefois, la f&#234;te &#233;tait c&#233;l&#233;br&#233;e par les fid&#232;les pendant trois jours. Les n&#233;ophytes, rev&#234;tus de leurs v&#234;tements blancs, la c&#233;l&#233;braient pendant toute une semaine (c'est pourquoi il y a chaque jour une messe propre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA SEMAINE DE P&#194;QUES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on se p&#233;n&#232;tre avec amour de l'esprit de la liturgie, on se rend mieux compte, chaque ann&#233;e, que les messes de la semaine de P&#226;ques sont parmi les plus belles et les plus dramatiques du missel. Elles sont domin&#233;es par deux th&#232;mes : les &#233;v&#233;nements de la R&#233;surrection et l'&#233;glise de station. Je serais tent&#233; d'appeler ces messes pascales un myst&#232;re liturgique pascal, dans lequel nous avons notre r&#244;le &#224; jouer. Plus nous entrerons dans ce drame sacr&#233; et mieux nous comprendrons la liturgie. Tant&#244;t l'&#201;glise s'en tient &#224; la succession historique des &#233;v&#233;nements, tant&#244;t elle suit sa propre voie, mais, toujours, les images et les sc&#232;nes sont choisies en vertu d'un motif int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le drame commence aux premi&#232;res heures du jour de P&#226;ques (messe du Samedi Saint). Nous repr&#233;sentons Marie-Madeleine et les saintes femmes et nous nous rendons, au lever du jour (qu&#230; lucescit), au tombeau. Nous entendons le tremblement de terre, nous voyons l'ange rouler la pierre du tombeau, nous voyons les gardes s'enfuir. L'ange nous apporte le message pascal et nous renvoie chez nous annoncer le joyeux message aux disciple du Christ (aux autres fid&#232;les). Le myst&#232;re se continue au matin de P&#226;ques, &#171; quand le soleil est d&#233;j&#224; lev&#233; &#187; (orto jam sole). Nous repr&#233;sentons encore les saintes femmes ; de nouveau, l'ange nous apporte le message pascal et nous donne cette assurance : &#171; Vous le verrez, comme il vous l'a dit &#187;. Nous nous en retournons avec cette promesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous assistons ensuite &#224; six apparitions du Ressuscit&#233;. Le lundi, nous tenons la place des disciples d'Emma&#252;s qui reconnurent le Seigneur &#224; la fraction du pain ; le mardi, nous sommes les Ap&#244;tres et les disciples qui, le soir du premier jour de P&#226;ques, &#171; touchent &#187; le Seigneur et mangent avec lui jusqu'ici les sc&#232;nes &#233;taient dispos&#233;es dans l'ordre chronologique). Le mercredi, nous sommes les sept Ap&#244;tres auxquels le Seigneur apparut sur les bords du lac de G&#233;n&#233;sareth et qu'il invita &#224; un repas (poisson et pain). L'&#201;vangile dit express&#233;ment : &#171; Pour la troisi&#232;me fois, J&#233;sus se montra &#224; ses disciples &#187;. Remarquons que ces trois apparitions (lundi, mardi et mercredi) &#233;taient toujours accompagn&#233;es d'un repas (symboles eucharistiques). Le jeudi, nous sommes Marie-Madeleine qui, dans l'amour et le d&#233;sir, cherche le Seigneur et le trouve. Nous aussi, &#224; la messe, nous pouvons dire : &#171; J'ai vu le Seigneur &#187;. Le vendredi, avec les nombreux disciples, nous voyons le Seigneur sur la montagne (c'est-&#224;-dire l'autel). C'est l'apparition d'adieu pour les n&#233;ophytes v&#234;tus de blanc. La derni&#232;re parole de J&#233;sus est une consolation : &#171; Je suis avec vous tous les jours... &#187; Le samedi ach&#232;ve le myst&#232;re pascal pour les n&#233;ophytes ; il n'y a plus d'apparition, c'est le myst&#232;re de la robe baptismale. La liturgie nous montre la course des deux Ap&#244;tres, Pierre, et Jean, au tombeau. Cet &#233;v&#233;nement appartient sans doute au d&#233;but de la semaine pascale, mais on le place &#224; la fin &#224; cause du symbole de la robe baptismale (les linges au tombeau) et &#224; cause de l'&#233;glise de station (Saint-Jean). &lt;br class='autobr' /&gt;
Le dimanche, nous assistons &#224; une sixi&#232;me apparition : &#171; Apr&#232;s huit jours, les Ap&#244;tres &#233;taient encore dans salle et Thomas &#233;tait avec eux... &#187; Chacun de nous est, en ce moment, Thomas &#224; qui il est permis de lever la main et de toucher le Seigneur. Ainsi s'ach&#232;ve le myst&#232;re de la semaine pascale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous venons de voir le th&#232;me des apparitions ; l'&#233;glise de station a exerc&#233;, elle aussi, son influence sur les textes. Nous devons, de quelque fa&#231;on, nous mettre &#224; la place du titulaire de cette &#233;glise. Nous vivons, dans les saints, la R&#233;surrection du Seigneur. Dans la nuit de P&#226;ques, nous sommes dans 1'&#201;glise du &#171; Tr&#232;s Saint R&#233;dempteur &#187; ; l&#224;, &#171; nous ressuscitons avec le Christ &#187;, et les cat&#233;chum&#232;nes ont, dans saint Jean-Baptiste, leur patron. Au matin de P&#226;ques, nous sommes &#224; Sainte-Marie Majeure. Le texte n'a aucune relation avec la Sainte Vierge (tout au plus le fait que l'&#201;vangile parle de son homonyme Marie-Madeleine). N&#233;anmoins, la liturgie veut que nous c&#233;l&#233;brions P&#226;ques en nous associant aux sentiments et &#224; la joie de Marie. C'est &#224; cette &#233;glise qu'il faut rattacher l'origine du Regina c&#230;li. (D'apr&#232;s une l&#233;gende relativement r&#233;cente, les anges auraient chant&#233; le Regina c&#230;li au moment de la cons&#233;cration de Sainte-Marie-Majeure). Le lundi, nous c&#233;l&#233;brons P&#226;ques avec saint Pierre. Le texte parle quelquefois de lui ou fait allusion &#224; lui. Dans la le&#231;on, &#171; Pierre se tient au milieu du peuple &#187; et nous parle ; l'&#201;vangile nous raconte que le Seigneur &#171; est apparu &#224; Simon &#187;. A la Communion, l'&#201;glise chante que le Seigneur &#171; est apparu &#224; Pierre &#187; (nous participons &#224; son privil&#232;ge). Le mardi, nous nous rendons aupr&#232;s de saint Paul. Quelle impression n'a pas faite sur lui la R&#233;surrection ! Le texte contient quelques allusions &#224; lui. &#171; Paul se leva et parla &#187; (le&#231;on). C'est donc de sa bouche que nous entendons la le&#231;on. L'&#201;vangile ne peut, naturellement, raconter aucune apparition &#224; Paul ; c'est pourquoi on a choisi l'apparition aux Ap&#244;tres, dont Paul fera bient&#244;t partie. D'ailleurs, les derni&#232;res paroles le concernent plus que personne : &#171; annoncer la r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s &#224; tous les pa&#239;ens &#187;. Le mercredi, les n&#233;ophytes se rendent aupr&#232;s de leur parrain, saint Laurent. Sa f&#234;te de P&#226;ques, &#224; lui, fut la mort sur le gril ; d'o&#249; l'&#233;vangile du poisson r&#244;ti sur le feu. Le jeudi, nous allons visiter les douze Ap&#244;tres, les p&#232;res de notre foi. Le vendredi doit &#234;tre un tendre souvenir du Vendredi Saint ; c'est pourquoi l'&#233;glise de station est celle de la Reine des martyrs. Le samedi, nous revenons au lieu de notre bapt&#234;me pour d&#233;poser notre blanche robe baptismale. Les &#233;glises de station de la semaine de P&#226;ques sont les sanctuaires les plus v&#233;n&#233;r&#233;s de Rome et de la chr&#233;tient&#233;. &#8212; Je n'h&#233;site pas &#224; dire que la liturgie des messes pascales est la plus parfaite, la plus suggestive, la plus riche et la plus profonde de toute l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DIMANCHE DE P&#194;QUES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;STATION A SAINTE-MARIE MAJEURE &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;L'Agneau et le Lion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;strong&gt;Les matines de P&#226;ques.&lt;/strong&gt; &#8212; &#171; Le Seigneur est vraiment ressuscit&#233;, All&#233;luia &#187;. C'est ainsi que l'Invitatoire proclame le joyeux message &#224; toute la chr&#233;tient&#233; rachet&#233;e. Les matines de P&#226;ques sont courtes, ce sont les plus courtes de l'ann&#233;e. Au reste, la liturgie de P&#226;ques, dans sa beaut&#233; classique, est d'une concision presque s&#233;v&#232;re. Dans les tr&#232;s grandes &#233;motions, l'homme ne trouve pas d'expression, c'est pourquoi la liturgie renonce &#224; tout moyen artistique. Dans la pri&#232;re des Heures, elle &#233;carte les hymnes et ne choisit pas de psaumes sp&#233;ciaux. Nous sommes presque d&#233;&#231;us de cette simplicit&#233;. Les matines n'ont qu'un nocturne, car la plus grande partie de la nuit a &#233;t&#233; occup&#233;e par l'office de la nuit de P&#226;ques. La liturgie nous fait r&#233;citer les trois premiers psaumes. On est un peu &#233;tonn&#233;, car il nous semble qu'il y a des psaumes adapt&#233;s &#224; la f&#234;te de P&#226;ques. Les raisons de ce choix sont vraisemblablement les suivantes : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1. L'&#201;glise veut nous dire : A P&#226;ques, nous recommen&#231;ons au commencement : nous sommes, pour ainsi dire, des hommes nouveaux qui commen&#231;ons une nouvelle &#339;uvre.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2. La seconde raison est celle qui nous fait laisser de c&#244;t&#233; les hymnes ; en ces jours de la plus grande joie festivale, l'&#201;glise renonce &#224; toute expression ext&#233;rieure de son &#233;motion ; elle prend les trois premiers psaumes &#224; la suite. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 3. Enfin, les trois premiers psaumes repr&#233;sentent tout le psautier ; l'&#201;glise veut nous dire : tous les psaumes louent le Ressuscit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint Gr&#233;goire nous fait entendre &#224; matines un sermon qu'il pronon&#231;a, le dimanche de P&#226;ques, &#171; dans la basilique de la Sainte Vierge Marie &#187; : &#171; Vous avez entendu, tr&#232;s chers fr&#232;res, que les saintes femmes qui avaient suivi le Seigneur vinrent au tombeau avec des aromates, afin d'entourer de soins pieux, m&#234;me apr&#232;s sa mort, celui qu'elles avaient aim&#233; pendant sa vie. Cette action nous indique qu'il doit se faire quelque chose dans la sainte &#201;glise. Nous devons, en effet, entendre l'histoire sainte en nous demandant ce que nous devons en imiter. Nous aussi qui croyons au Mort, nous pouvons, en v&#233;rit&#233;, venir &#224; son tombeau avec des aromates, si, remplis du parfum des vertus, nous cherchons le Seigneur avec la foi des bonnes &#339;uvres. Or, les femmes qui vinrent avec des aromates virent des anges. En effet, les c&#339;urs qui, dans le parfum des vertus, se h&#226;tent par de saints d&#233;sirs vers le Seigneur, arrivent &#224; voir les habitants du ciel. Nous devons maintenant examiner ce que signifie le fait que l'ange est aper&#231;u assis &#224; droite. Que signifie la gauche sinon la vie pr&#233;sente, et que signifie la droite sinon la vie &#233;ternelle ? C'est pourquoi il est dit dans le Cantique des cantiques : &#171; Sa gauche soutient ma t&#234;te et sa droite m'embrasse &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cant., II, 6.&#034; id=&#034;nh4-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, comme notre R&#233;dempteur avait d&#233;j&#224; triomph&#233; de la corruptibilit&#233; de la vie pr&#233;sente, il convenait que l'ange qui &#233;tait venu pour annoncer sa vie &#233;ternelle f&#251;t assis &#224; droite. Il apparut en v&#234;tement blanc, car il annon&#231;ait la joie de notre f&#234;te. La blancheur &#233;clatante du v&#234;tement d&#233;signe, en effet, l'&#233;clat brillant de notre solennit&#233;. Devons-nous dire : la n&#244;tre ou la sienne ? Pour &#234;tre tout &#224; fait exacts, nous devons dire : la sienne et la n&#244;tre, &#224; la fois. La R&#233;surrection de notre R&#233;dempteur est notre f&#234;te, parce qu'il nous a rappel&#233;s &#224; l'immortalit&#233; ; mais c'est aussi la f&#234;te des anges parce que, par le rappel des hommes au ciel, le nombre des anges a &#233;t&#233; compl&#233;t&#233;. Ainsi donc l'ange est paru en v&#234;tement blanc au jour de sa f&#234;te et de notre f&#234;te parce que, par la R&#233;surrection de Notre Seigneur, nous avons &#233;t&#233; rappel&#233;s au ciel et parce que, par cette R&#233;surrection, les pertes de la patrie c&#233;leste ont &#233;t&#233; r&#233;par&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;strong&gt;Les Laudes de P&#226;ques.&lt;/strong&gt; &#8212; L'&#201;glise a, dans son livre de pri&#232;res : le br&#233;viaire, deux pri&#232;res du matin, chaque jour : les laudes et prime. Les laudes sont la joyeuse pri&#232;re du matin de la Cr&#233;ation ; &#224; prime, l'homme p&#233;cheur se pr&#233;pare s&#233;rieusement au jour qui commence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les laudes sont, &#224; proprement parler le cantique de l'&#201;glise en l'honneur de la R&#233;surrection ; dans cette pri&#232;re, l'&#201;glise c&#233;l&#232;bre chaque jour P&#226;ques et la R&#233;surrection. C'est peut-&#234;tre la plus belle Heure de toute la journ&#233;e ; son symbolisme est saisissant. Le jour commence &#224; poindre, l'aurore rougit l'horizon, la nuit est vaincue. C'est l'heure o&#249; la nature c&#233;l&#232;bre sa r&#233;surrection, les fleurs s'ouvrent, les oiseaux font entendre leur chant matinal ; c'est l'heure aussi o&#249; le Seigneur triompha de la mort et ressuscita. L'homme se l&#232;ve de sa couche ; le Seigneur ressuscit&#233; et la nature qui se r&#233;veille lui pr&#234;chent la r&#233;surrection spirituelle. &#171; Si vous &#234;tes ressuscit&#233;s avec le Christ, cherchez ce qui est en haut &#187;. Tel est donc le symbolisme des laudes : r&#233;surrection du Christ, r&#233;veil de la nature, r&#233;surrection spirituelle de l'homme. Nous comprendrons mieux d&#233;sormais les laudes ; nous comprendrons pourquoi on y trouve tant de textes qui chantent la nature et pourquoi, &#224; laudes, on chante si volontiers l'All&#233;luia. C'est la f&#234;te quotidienne de la R&#233;surrection. Chaque dimanche &#233;tant un &#233;cho de la f&#234;te de P&#226;ques, la pens&#233;e de la R&#233;surrection est encore plus accus&#233;e aux laudes du dimanche ; de l&#224;, les nombreux All&#233;luia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dirons-nous, alors, des laudes de P&#226;ques ? La pens&#233;e de la R&#233;surrection est &#224; son plus haut degr&#233;. Aux matines des grandes f&#234;tes, les psaumes sont sp&#233;cialement choisis. Par contre, les psaumes de laudes sont les m&#234;mes pour toutes les f&#234;tes et tous les dimanches. C'est que si les matines sont la m&#233;ditation, le drame de pri&#232;re de la f&#234;te, les laudes sont la pri&#232;re du matin. Les psaumes sont des cantiques de louange qui n'ont aucun rapport particulier avec la f&#234;te ; ils ne servent qu'&#224; la pens&#233;e de l'heure. Le r&#244;le des antiennes est de rappeler sans cesse, &#224; celui qui prie, les pens&#233;es de la f&#234;te. Au reste, aux laudes, les antiennes ont une tout autre importance qu'aux matines. Aux matines, elles sont la clef du psaume ; ce que le psaume doit signifier pour nous dans cette f&#234;te nous est indiqu&#233; par l'antienne. Aux laudes, par contre, les antiennes, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, n'ont aucun rapport avec le psaume qu'elles encadrent. Aux matines, les antiennes sont des bouquets de fleurs qui couronnent les psaumes ; aux laudes, elles ont pour t&#226;che d'unir la pens&#233;e de la f&#234;te &#224; la pens&#233;e de l'heure. Il en r&#233;sulte une merveilleuse mosa&#239;que ; nous c&#233;l&#233;brons joyeusement notre r&#233;surrection spirituelle ; la nature c&#233;l&#232;bre avec nous sa r&#233;surrection. A cette joie de la r&#233;surrection, nous joignons, apr&#232;s chaque psaume, la joie de la f&#234;te du jour. Aux laudes de P&#226;ques, cette union des pens&#233;es de la f&#234;te et des pens&#233;es de l'heure sera d'autant plus facile que c'est toujours la m&#234;me pens&#233;e de r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les antiennes de laudes sont, aujourd'hui, le r&#233;cit dramatique des premiers &#233;v&#233;nements de la R&#233;surrection, qui eurent lieu &#224; l'heure des laudes. Elles constituent donc l'action. Les psaumes sont comme le ch&#339;ur de l'&#201;glise et de la Cr&#233;ation qui chantent leurs impressions. C'est un peu comme les r&#233;pons entre les le&#231;ons. Les laudes de P&#226;ques sont donc le chant de louange de toute la Cr&#233;ation en l'honneur de la R&#233;surrection et, en m&#234;me temps, sa pri&#232;re du matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &lt;strong&gt;La messe de P&#226;ques (Resurrexi).&lt;/strong&gt; &#8212; La grand-messe de P&#226;ques est le point culminant de l'all&#233;gresse pascale. Tous les &#233;v&#233;nements que nous avons vus se d&#233;rouler, toutes les paroles que nous avons entendues pendant le saint triduum doivent &#234;tre maintenant une r&#233;alit&#233; myst&#233;rieuse et pr&#233;sente : Le Christ, notre Agneau pascal, est immol&#233;. La messe pr&#233;sente une grande unit&#233; de pens&#233;es et le m&#234;me th&#232;me revient sans cesse. Le leitmotiv est cette parole de saint Paul que nous venons de citer : Le Christ, notre Agneau pascal, est immol&#233; (&#201;p., Grad., Seq., Comm.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;glise de station est Sainte-Marie Majeure. Dans notre joie pascale, nous nous rendons, tout d'abord, aupr&#232;s de la M&#232;re de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'Intro&#239;t, le Ressuscit&#233; se tient d&#233;j&#224; devant nous et nous adresse lui-m&#234;me la parole : &#171; Resurrexi &#8212; je suis ressuscit&#233; &#187;. C'est le chant du Christ &#224; son entr&#233;e dans le monde, sa pri&#232;re du matin au jour de la R&#233;surrection. Quelles sont ses premi&#232;res pens&#233;es ? L'abandon complet &#224; son P&#232;re, l'union la plus &#233;troite avec lui. Mais, aujourd'hui, il n'est plus seul ; en tant que chef de l'humanit&#233; rachet&#233;e, il offre &#224; son P&#232;re tous les membres de son corps mystique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Gloria est aujourd'hui le cantique pascal au sens propre. Nous c&#233;l&#233;brons l' &#171; Agneau qui enl&#232;ve les p&#233;ch&#233;s du monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oraison exprime les pens&#233;es de la f&#234;te en deux images oppos&#233;es : le vainqueur du Golgotha a triomph&#233; de la mort et a ouvert les portes du paradis ; c'est pourquoi nous demandons la victoire sur le p&#233;ch&#233; et la mort en nous, et l'acc&#232;s au paradis (gr&#226;ce et gloire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#201;p&#238;tre, saint Paul nous pr&#233;sente la f&#234;te de la P&#226;que de l'Ancien Testament comme la figure de notre f&#234;te pascale. Le Christ, notre Agneau pascal, est immol&#233; et pr&#234;t &#224; &#234;tre mang&#233;. C'est pourquoi les chr&#233;tiens doivent rejeter pour toujours le levain du p&#233;ch&#233;. Au Graduel, nous chantons : &#171; C'est le jour que le Seigneur a fait, r&#233;jouissons-nous et tressaillons d'all&#233;gresse en lui &#187;. Ce chant est r&#233;p&#233;t&#233; &#224; toutes les Heures, pendant la semaine de P&#226;ques. Ce chant veut dire : le langage humain est trop pauvre pour c&#233;l&#233;brer la grande f&#234;te de P&#226;ques ; c'est pourquoi nous nous contentons de dire, en ces quelques mots, notre gratitude et nos louanges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'All&#233;luia est tr&#232;s impressionnant. On y entend le leitmotiv de la messe qui est d&#233;velopp&#233; par la s&#233;quence qui suit. La s&#233;quence n'a &#233;t&#233; introduite dans la messe que depuis le Moyen Age. Elle est ce qu'elle doit &#234;tre, une paraphrase du verset de l'All&#233;luia. C'est un dialogue entre l'&#201;glise et Madeleine. Elle a donn&#233; naissance aux &#171; myst&#232;res &#187; de P&#226;ques, si aim&#233;s jadis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#201;vangile, le disciple de Pierre a l'honneur de nous annoncer le message pascal. Dans le drame sacr&#233;, nous tenons la place des saintes femmes qui viennent au tombeau &#171; quand le soleil est d&#233;j&#224; lev&#233; &#187;, nous entendons de la bouche de l'ange (repr&#233;sent&#233; par le diacre) la joyeuse nouvelle, et dans le sacrifice eucharistique, que nous c&#233;l&#233;brons en union avec la M&#232;re de Dieu, nous verrons le Ressuscit&#233; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'Offrande, nous nous rendons avec les saintes femmes, des aromates dans les mains, au tombeau du Christ ; le tremblement de terre (Off.) nous annonce la R&#233;surrection. La liturgie nous peint ce tremblement de terre d'une mani&#232;re concise et &#233;nergique : &#171; Terra tremuit. &#8212; La terre trembla et se tut &#187;. Dans le saint sacrifice, l'Agneau est immol&#233; et pr&#234;t &#224; &#234;tre mang&#233; (Comm.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. L'&#201;vangile de P&#226;ques. &#8212; Cette semaine, l'&#201;glise ne nous offre pas de lecture d'&#201;criture proprement dite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aux Matines, on ne lit pas d'&#201;criture occurrente, mais chaque jour un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'ami de la liturgie s'efforcera, pendant cette semaine, d'approfondir l'&#171; &#201;vangile des 40 jours &#187;, c'est-&#224;-dire les &#233;v&#233;nements qui concernent la R&#233;surrection du Seigneur. Il n est pas facile de ramener les r&#233;cits des quatre &#233;vang&#233;listes, surtout ceux qui ont trait aux apparitions, &#224; une concordance chronologique parfaite. Nous allons, dans l'expos&#233; chronologique suivant, nous en tenir &#224; l'opinion de la majorit&#233; des commentateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;surrection elle-m&#234;me n'eut aucun t&#233;moin mortel. Elle eut, sans doute, lieu de tr&#232;s bonne heure. Pour attester ext&#233;rieurement le fait de la R&#233;surrection, un ange roula la pierre qui fermait le tombeau ; les gardes s'enfuirent. &#8212; Puis, les saintes femmes, avec Madeleine, viennent au tombeau et le trouvent vide. Madeleine, la plus d&#233;cid&#233;e de toutes, retourne en h&#226;te avertir Pierre et Jean. Pendant ce temps, les autres saintes femmes voient l'ange qui les envoie vers les disciples ; mais elles se cachent. Puis, Jean, Pierre et Madeleine viennent au tombeau en courant (Jean, XX, 1 sq.). Ils trouvent le tombeau vide, mais d&#233;couvrent des signes de la R&#233;surrection (les linges pli&#233;s). Les disciples s'en vont, mais Madeleine demeure et est favoris&#233;e de la premi&#232;re apparition du Ressuscit&#233;. Pendant que les autres saintes femmes s'en retournent, J&#233;sus se montre &#224; elles (Math., XXIII, 8 ; seconde apparition) ; dans le cours de la journ&#233;e, J&#233;sus appara&#238;t &#224; Pierre qui, plus que les autres, avait besoin de consolation (troisi&#232;me apparition). Dans l'apr&#232;s-midi, a lieu l'apparition aux disciples d'Emma&#252;s qui est racont&#233;e tout au long (quatri&#232;me apparition ; Luc., XXIV. 13 sq.). Ce r&#233;cit est un des plus touchants de l'&#201;criture. Le soir, le Ressuscit&#233; appara&#238;t &#224; dix Ap&#244;tres et &#224; beaucoup d'autres disciples dans la salle du C&#233;nacle (Luc, XXIV, 36 sq ; Jean, XXI, 19 ; cinqui&#232;me apparition). Huit jours apr&#232;s, a lieu une nouvelle apparition aux disciples, en pr&#233;sence de Thomas (sixi&#232;me apparition). Les disciples s'en vont alors en Galil&#233;e o&#249; le Seigneur appara&#238;t &#224; sept d'entre eux, sur les bords du lac de G&#233;n&#233;sareth, pendant une p&#234;che ; Pierre est institu&#233; pasteur supr&#234;me (Jean, XXI, 1 sq. ; septi&#232;me apparition). Enfin, le Seigneur donne rendez-vous &#224; tous ses disciples (saint Paul parle de 500) sur une montagne en Galil&#233;e ; il leur appara&#238;t et leur donne l'ordre de mission (huiti&#232;me apparition). La derni&#232;re apparition eut lieu au moment de l'Ascension. Nous ne savons pas si le Seigneur apparut d'autres fois &#224; tous ses disciples ou &#224; quelques-uns d'entre eux. Saint Paul signale encore une apparition &#224; Jacques le Mineur. La plupart des commentateurs admettent que le Seigneur apparut tout d'abord &#224; sa sainte M&#232;re. L'&#201;criture n'en dit rien, mais le sentiment naturel semble l'exiger.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Os&#233;e. XIII, 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XII, 39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. X, 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Apoc. I, 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. XV, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 55.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;De divinis Officiis, lib. VII, cap. XXV.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Vie de sainte Th&#233;r&#232;se &#233;crite par elle-m&#234;me, dans les Additions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isaie, LV, 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. 1, 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Exode, XV, 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Conciles d'Agde, d'Orl&#233;ans I et IV, d'Epaone, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai. XLII, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ps. XXIX, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXIV, 46.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. VIII, 12.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eph., V, 1 : &#171; Soyez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aim&#233;s &#187;, &#233;p&#238;tre du 3&#232;me dimanche de Car&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sap., V, 21 : &#171; tout l'univers combattra avec Lui contre les insens&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cant., II, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aux Matines, on ne lit pas d'&#201;criture occurrente, mais chaque jour un commentaire patristique de l'&#201;vangile.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Commentaires liturgiques du Samedi Saint</title>
		<link>https://introibo.fr/spip.php?article18</link>
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		<dc:date>2026-03-22T15:17:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Les commentaires donn&#233;s par Dom Gu&#233;ranger et le Bhx Schuster d&#233;crivent l'ancienne Vigile Pascale (avant 1951) &lt;br class='autobr' /&gt;
Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique A l'OFFICE DE LA NUIT. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les c&#233;r&#233;monies particuli&#232;res que pratique la sainte &#201;glise &#224; l'Office des T&#233;n&#232;bres, ayant &#233;t&#233; expliqu&#233;es ci-dessus, et ne pr&#233;sentant aucune diff&#233;rence dans ces trois jours, il est inutile d'en transcrire ici de nouveau les d&#233;tails et les explications. Le lecteur les trouvera, en t&#234;te de L'Office de la nuit du Jeudi saint. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://introibo.fr/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Commentaires liturgiques pour les grandes f&#234;tes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://introibo.fr/local/cache-vignettes/L15xH15/violetblanc-2-2e270.gif?1774192642' class='spip_logo spip_logo_right' width='15' height='15' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgi&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Dom Pius Parsch, le Guide (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Les commentaires donn&#233;s par Dom Gu&#233;ranger et le Bhx Schuster d&#233;crivent l'ancienne Vigile Pascale (avant 1951)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A l'OFFICE DE LA NUIT.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les c&#233;r&#233;monies particuli&#232;res que pratique la sainte &#201;glise &#224; l'Office des T&#233;n&#232;bres, ayant &#233;t&#233; expliqu&#233;es ci-dessus, et ne pr&#233;sentant aucune diff&#233;rence dans ces trois jours, il est inutile d'en transcrire ici de nouveau les d&#233;tails et les explications. Le lecteur les trouvera, en t&#234;te de L'Office de la nuit du Jeudi saint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;AU PREMIER NOCTURNE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier Psaume (4) est un de ceux que l'&#201;glise emploie chaque jour dans l'Office des Complies, parce qu'il exprime la confiance avec laquelle Le chr&#233;tien se livre au sommeil. Aujourd'hui il est destin&#233; &#224; rappeler le repos du Christ dans le s&#233;pulcre, o&#249; il dort assur&#233; de son prochain r&#233;veil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me Psaume (14) c&#233;l&#232;bre le bonheur r&#233;serv&#233; &#224; l'homme juste, et le repos qui sera sa r&#233;compense, apr&#232;s son labeur. L'&#201;glise en fait l'application au Christ, le Juste par excellence, qui a pass&#233; en faisant le bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me Psaume (15), compos&#233; par David, durant son exil, au temps de Saul, est une proph&#233;tie de la r&#233;surrection du Messie ; et il fut cit&#233;, en cette qualit&#233;, aux Juifs par saint Pierre, le jour de la Pentec&#244;te. Celui qui parle dans ce divin Cantique dit que sa chair reposera dans l'esp&#233;rance, et que le Seigneur ne lui laissera point &#233;prouver la corruption du tombeau. Ces circonstances, qui ne se v&#233;rifient pas en David, n'ont rapport qu'au Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Le&#231;ons du premier Nocturne continuent d'&#234;tre emprunt&#233;es aux Lamentations de J&#233;r&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re a rapport au Christ. Elle exprime sa fid&#233;lit&#233; &#224; Dieu et sa touchante r&#233;signation. Les soufflets qu'il re&#231;ut durant sa Passion, y sont pr&#233;dits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me Le&#231;on reprend le ton de l'&#233;l&#233;gie sur les malheurs de J&#233;rusalem. La gravit&#233; des crimes de cette cit&#233; ingrate y est exprim&#233;e dans les termes les plus &#233;nergiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me Le&#231;on est form&#233;e d'une partie de la pri&#232;re que J&#233;r&#233;mie adresse &#224; Dieu pour le peuple Juif, apr&#232;s l'avoir vu emmener en captivit&#233;. Rien n'&#233;gale la d&#233;solation du tableau qu'elle retrace des infortunes auxquelles est en proie la nation d&#233;icide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;AU DEUXI&#200;ME NOCTURNE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quatri&#232;me Psaume (23) annonce d&#233;j&#224; l'entr&#233;e triomphante que doit faire au ciel le Fils de Dieu, lorsqu'il se sera r&#233;veill&#233; du sommeil de la tombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cinqui&#232;me Psaume (26) que l'&#201;glise a chant&#233; hier pour exprimer le sentiment de confiance qui n'a point abandonn&#233; le Messie, durant les &#233;preuves de sa Passion, revient aujourd'hui pour annoncer sa prochaine d&#233;livrance. L'&#201;glise ne choisit plus pour Antienne le Verset o&#249; le Christ se plaint des faux t&#233;moins qui ont d&#233;pos&#233; contre lui ; elle insiste sur celui o&#249; il montre l'esp&#233;rance d'&#234;tre bient&#244;t arriv&#233; dans la terre des vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sixi&#232;me Psaume (29) annonce que le divin captif de la mort ne tardera pas &#224; sortir des lieux sombres. Le Proph&#232;te nous montre le deuil se prolongeant encore jusqu'au soir, et l'all&#233;gresse qui doit &#233;clater au matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise continue de lire, au deuxi&#232;me Nocturne, les Enarrations de saint Augustin sur les Psaumes proph&#233;tiques de la Passion du Sauveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;AU TROISI&#200;ME NOCTURNE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le septi&#232;me Psaume (53) que l'&#201;glise chantait hier, en songeant aux poursuites des Juifs contre le Messie, revient aujourd'hui pour annoncer que le triomphe du Fils de David ne tardera pas &#224; &#233;clater, parce que Dieu a pris en main sa cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le huiti&#232;me Psaume (75) a &#233;t&#233; employ&#233; par l'&#201;glise le Jeudi saint ; il exprimait la prochaine vengeance de Dieu sur les ennemis de son Fils. Il repara&#238;t aujourd'hui, et nous montre le Messie endormi d'un sommeil de paix en Sion. Tout &#224; l'heure il va sortir du tombeau. A leur r&#233;veil, ses adversaires qui croyaient le tenir en leur puissance, vont se trouver les mains vides. La terre tremblera, et le Seigneur se l&#232;vera pour &#234;tre la terreur de ses adversaires et le salut des humbles, qui reconna&#238;tront sa fid&#233;lit&#233; &#224; ses paroles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le neuvi&#232;me Psaume (87), qui hier faisait partie de l'Office de la nuit, est employ&#233; de nouveau aujourd'hui. On y entend le Christ demander &#224; son P&#232;re qu'il daigne le retirer d'entre les morts. Assez longtemps il a &#233;t&#233; plong&#233; dans les t&#233;n&#232;bres du tombeau ; il est temps qu'il revienne &#224; la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au troisi&#232;me Nocturne, la sainte &#201;glise continue de lire, dans l'&#201;p&#238;tre aux H&#233;breux, la doctrine de saint Paul sur la vertu du sang divin. L'Ap&#244;tre explique comment le Testament du Christ en notre laveur n'a pu avoir d'effet que par sa mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A LAUDES.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier Psaume des Laudes est le Miserere (50).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me Psaume (91), indiqu&#233; par son titre au Psautier comme devant &#234;tre chant&#233; le jour du sabbat, c&#233;l&#232;bre la magnificence du Seigneur en ses ouvrages, la vanit&#233; des desseins des p&#233;cheurs, le triomphe assur&#233; du juste par excellence, la bienheureuse esp&#233;rance de ceux qui le suivent.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant le psautier de saint Pie X : &#171; Le deuxi&#232;me Psaume(42), compos&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me Psaume (63) est celui-l&#224; m&#234;me dont saint Augustin nous donne au nom de l'&#201;glise le commentaire officiel dans les Le&#231;ons du deuxi&#232;me Nocturne, en ces jours du Vendredi et du Samedi saints.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cantique d'&#201;z&#233;chias, que l'&#201;glise emploie le Mardi &#224; Laudes, est substitu&#233; aujourd'hui &#224; celui du Deut&#233;ronome qui est propre au Samedi, mais qui n'aurait aucune relation avec le myst&#232;re de ce jour. &#201;z&#233;chias implorant de Dieu, sur sa couche, le retour &#224; la vie, est le type du Christ dans le tombeau, suppliant son P&#232;re de le rendre promptement &#224; la lumi&#232;re du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier Psaume (150) des Laudes est aussi le dernier du Psautier, r&#233;sumant dans la louange le dernier mot de toutes choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le Verset, on chante le Cantique Benedictus, sous l'Antienne suivante : &#171; Les femmes &#233;taient assises pr&#232;s du tombeau ; elles se lamentaient, elles pleuraient le Seigneur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la r&#233;p&#233;tition de cette Antienne, le ch&#339;ur chante, sur un mode m&#233;lodieux et touchant, les paroles suivantes que l'&#201;glise r&#233;p&#232;te, en ces jours, &#224; la fin de tous ses Offices ; mais aujourd'hui elle ne se borne plus &#224; annoncer la mort du Christ. Elle compl&#232;te le discours de l'Ap&#244;tre, en ajoutant le reste du texte, dans lequel est pr&#233;dite la gloire de l'Homme-Dieu, vainqueur des ombres du tombeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Christ s'est fait ob&#233;issant pour nous jusqu'&#224; la mort, et &#224; la mort de la Croix ;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi Dieu l'a exalt&#233;, et lui a donn&#233; un nom qui est au-dessus de tout nom. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit ensuite &#224; voix basse Pater noster, suivi du Miserere, qui est r&#233;cit&#233; &#224; deux ch&#339;urs. Enfin celui qui pr&#233;side prononce pour conclusion l'Oraison suivante : &#171; Daignez, Seigneur, jeter un regard sur votre famille ici pr&#233;sente, pour laquelle notre Seigneur J&#233;sus-Christ a bien voulu &#234;tre livr&#233; aux mains des m&#233;chants, et souffrir le supplice de la Croix : Lui qui vit et r&#232;gne avec vous, dans les si&#232;cles des si&#232;cles. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AU MATIN.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit a pass&#233; sur le s&#233;pulcre o&#249; repose le corps de l'Homme-Dieu. Mais si la mort triomphe au fond de cette grotte silencieuse, si elle tient dans ses liens celui qui donne la vie &#224; tous les &#234;tres, son triomphe sera court. Les soldats ont beau veiller &#224; l'entr&#233;e du tombeau, ils ne retiendront pas le divin captif, quand il prendra son essor. Les saints Anges adorent, dans un respect profond, le corps inanim&#233; de celui dont le sang va &#171; pacifier le ciel et la terre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Coloss. I, 20. 3.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ce corps s&#233;par&#233; de l'&#226;me pour un court intervalle est demeur&#233; uni au Verbe divin ; l'&#226;me qui a cess&#233; un moment de l'animer, n'a point non plus perdu son union avec la personne du Fils de Dieu. La divinit&#233; reste unie m&#234;me au sang &#233;panch&#233; sur le Calvaire, et qui doit rentrer dans les veines de l'Homme-Dieu, au moment de sa prochaine r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aussi, approchons de ce tombeau, et v&#233;n&#233;rons &#224; notre tour la froide d&#233;pouille du Fils de Dieu. Nous comprenons maintenant les effets du p&#233;ch&#233;. &#171; C'est par le p&#233;ch&#233; que la mort est entr&#233;e dans le monde et qu'elle a pass&#233; dans tous les hommes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rom. V, 12.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; J&#233;sus, &#171; qui n'a point connu le p&#233;ch&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;II Cor. V, 21.&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, a cependant permis &#224; la mort d'&#233;tendre jusque sur lui son empire, afin d'en diminuer pour nous les horreurs et de nous rendre, en ressuscitant, cette immortalit&#233; que le p&#233;ch&#233; nous avait ravie. Adorons dans toute notre reconnaissance ce dernier an&#233;antissement du Fils de Dieu. Il avait daign&#233;, dans son incarnation, prendre &#171; la forme d'esclave&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philipp. II, 7.&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ; en ce moment, il est descendu plus bas encore. Le voil&#224; sans vie et glac&#233; dans un tombeau ! Si ce spectacle nous r&#233;v&#232;le l'affreux pouvoir de la mort, il nous montre bien plus encore l'immense et incompr&#233;hensible amour de Dieu pour l'homme. Cet amour n'a recul&#233; devant aucun exc&#232;s ; et nous pouvons dire que si le Fils de Dieu s'est abaiss&#233; outre mesure, nous avons &#233;t&#233; d'autant plus glorifi&#233;s par ses abaissements. Qu'elle nous soit donc ch&#232;re cette tombe sacr&#233;e qui doit nous enfanter &#224; la vie ; et apr&#232;s avoir rendu gr&#226;ces au Fils de Dieu de ce qu'il a daign&#233; mourir pour nous sur la Croix, remercions-le aussi d'avoir accept&#233; pour nous l'humiliation du s&#233;pulcre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Descendons maintenant dans J&#233;rusalem, et visitons humblement la M&#232;re des douleurs. La nuit aussi a pass&#233; sur son c&#339;ur afflig&#233; ; et les sc&#232;nes lamentables de la journ&#233;e n'ont cess&#233; d'assi&#233;ger sa m&#233;moire. Le fils de sa tendresse a &#233;t&#233; foul&#233; sous les pieds des hommes, elle a vu couler son sang par torrents ; et maintenant il est dans le tombeau, comme le dernier des mortels ! Que de larmes a vers&#233;es d&#233;j&#224; la fille de David durant ces longues heures ; et son fils ne lui est pas rendu encore ! Pr&#232;s d'elle, Madeleine, toute bris&#233;e des secousses qu'elle a ressenties dans les rues de J&#233;rusalem et sur le Calvaire, &#233;clate en sanglots, muette de douleur. Elle aspire au lever du jour suivant pour retourner au tombeau, et revoir les restes de son cher ma&#238;tre. Les autres femmes, moins aim&#233;es que Madeleine, mais cependant ch&#232;res &#224; J&#233;sus, elles qui ont brav&#233; les Juifs et les soldats pour l'assister jusqu'&#224; la fin, entourent avec discr&#233;tion l'inconsolable m&#232;re, et songent aussi &#224; soulager leur propre douleur, en allant avec Madeleine lorsque le Sabbat sera &#233;coul&#233;, de poser dans le s&#233;pulcre le tribut de leur amour et de leurs parfums.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean, le fils d'adoption, le bien-aim&#233; de J&#233;sus, pleure sur le Fils et sur la m&#232;re. D'autres ap&#244;tres, des disciples, Joseph d'Arimathie, Nicod&#232;me, visitent tour &#224; tour cette maison de deuil. Pierre, dans l'humilit&#233; de son repentir, n'a pas craint de repara&#238;tre aux regards de la M&#232;re de mis&#233;ricorde. On s'entretient &#224; voix basse du supplice de J&#233;sus, de l'ingratitude de J&#233;rusalem. La sainte &#201;glise, dans l'Office de cette nuit, nous sugg&#232;re quelques traits des entretiens de ces hommes qu'une si terrible catastrophe a &#233;branl&#233;s jusqu'au fond de l'&#226;me. &#171; C'est donc ainsi, disent-ils, que meurt le juste, et personne ne s'en &#233;meut ! Il a disparu devant l'iniquit&#233; ; semblable &#224; l'agneau, il n'a pas ouvert la bouche ; il a &#233;t&#233; enlev&#233; au milieu des angoisses ; mais son souvenir est un souvenir de paix&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;pons VIe de l'Office de la nuit.&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi parlent ces hommes fid&#232;les, pendant que les femmes, en proie &#224; leur douleur, songent aux soins des fun&#233;railles. La saintet&#233;, la bont&#233;, la puissance, les douleurs et la mort de J&#233;sus, tout est pr&#233;sent &#224; leur pens&#233;e ; mais sa r&#233;surrection qu'il a annonc&#233;e et qui ne doit pas tarder, ne leur revient pas en souvenir. Marie seule vit dans cette attente certaine. L'Esprit-Saint dit de la femme forte : &#171; Durant la nuit, sa lampe ne s'&#233;teint jamais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prov. XXXI, 18.&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ; cette parole s'accomplit aujourd'hui en la M&#232;re de J&#233;sus. Son c&#339;ur ne succombe pas, parce qu'elle sait que bient&#244;t la tombe doit rendre son fils &#224; la vie. La foi de la r&#233;surrection du Sauveur, cette foi sans laquelle, comme dit l'Ap&#244;tre, notre religion serait vaine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. XV, 17.&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, est, pour ainsi dire, concentr&#233;e dans l'&#226;me de Marie. La M&#232;re de la Sagesse conserve ce d&#233;p&#244;t pr&#233;cieux ; et de m&#234;me qu'elle a tenu dans ses chastes flancs celui que le ciel et la terre ne peuvent contenir, ainsi aujourd'hui, par sa croyance ferme et constante aux paroles de son fils, elle r&#233;sume en elle-m&#234;me toute l'&#201;glise. Sublime journ&#233;e du Samedi qui, au milieu de toutes ses tristesses, vient encore ajouter aux grandeurs de Marie ! La sainte &#201;glise en garde &#224; jamais le souvenir ; et c'est pour cela que, d&#233;sirant consacrer &#224; sa grande Reine un jour sp&#233;cial chaque semaine, elle lui a d&#233;die pour toujours le Samedi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'heure est venue de se rendre &#224; la maison de Dieu. Les cloches ne retentiront pas encore ; mais les myst&#232;res de la sainte Liturgie qui doivent remplir cette matin&#233;e n'en appellent pas moins les fid&#232;les aux plus touchantes &#233;motions. Conservons le souvenir de celles que nous venons de ressentir au s&#233;pulcre et aux pieds de la M&#232;re des douleurs, et disposons nos &#226;mes aux saintes jouissances que la foi nous pr&#233;pare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'OFFICE DU MATIN.&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant la r&#233;forme de Pie XII, l'Office de la Vigile Pascale se c&#233;l&#233;brait dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute antiquit&#233;, la journ&#233;e d'aujourd'hui, comme celle d'hier, s'est pass&#233;e sans l'offrande du divin Sacrifice. Hier, l'&#201;glise ne la c&#233;l&#233;brait pas, parce que l'anniversaire de la mort du Christ lui semblait remplir de ses souvenirs le jour tout entier, et qu'une sainte terreur lui interdisait d'appeler sur ses autels la victime du Calvaire. La m&#234;me raison la porte &#224; se priver aujourd'hui encore de la c&#233;l&#233;bration du Sacrifice. La s&#233;pulture du Christ est la suite de sa Passion ; et pendant que son corps repose inanim&#233; dans le tombeau, il ne convient pas de renouveler le divin myst&#232;re dans lequel il est offert glorieux et ressuscit&#233;. L'&#201;glise grecque elle-m&#234;me qui, dans le cours du Car&#234;me, affecte de ne pas je&#251;ner le Samedi, imite l'&#201;glise latine, en &#233;tendant &#224; cette journ&#233;e ses plus aust&#232;res pratiques ; elle s'abstient m&#234;me de c&#233;l&#233;brer aujourd'hui la Messe des Pr&#233;sanctifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis environ huit si&#232;cles, une modification importante s'est introduite, en ce jour, dans les &#201;glises de l'Occident, relativement &#224; la c&#233;l&#233;bration de la Messe. On n'a pas d&#233;rog&#233; &#224; la coutume antique qui omet au Samedi saint l'offrande du Sacrifice ; mais on a cru devoir anticiper &#224; cette journ&#233;e la Messe qui se c&#233;l&#233;brait durant la nuit prochaine, vers l'heure de la r&#233;surrection du Sauveur. L'adoucissement du je&#251;ne a amen&#233; insensiblement ce changement dans la Liturgie. Dans les premiers si&#232;cles, les fid&#232;les veillaient toute la nuit &#224; l'&#201;glise, en attendant le moment o&#249; le Christ triomphant de la mort s'&#233;chappa du s&#233;pulcre. Ils prenaient part en m&#234;me temps, comme t&#233;moins, &#224; l'administration solennelle du Bapt&#234;me conf&#233;r&#233; aux cat&#233;chum&#232;nes ; fonction sublime dans laquelle se manifestait le passage de la mort spirituelle &#224; la vie de la gr&#226;ce. De toutes les Veilles saintes de l'ann&#233;e, aucune n'&#233;tait fr&#233;quent&#233;e avec autant d'affluence et d'enthousiasme ; mais on comprend ais&#233;ment qu'elle dut perdre une grande partie de son int&#233;r&#234;t, lorsque le christianisme ayant triomph&#233; partout o&#249; il avait &#233;t&#233; pr&#234;ch&#233;, il n'y eut plus d'adultes &#224; baptiser. Les Orientaux ont continu&#233; cependant jusqu'&#224; nos jours &#224; suivre l'antique tradition ; mais dans l'Occident, &#224; partir du XIe si&#232;cle, on a peu &#224; peu anticip&#233; l'heure de la Messe nocturne de la R&#233;surrection, jusqu'&#224; ce qu'enfin on l'ait d&#233;finitivement avanc&#233;e jusqu'au matin m&#234;me du Samedi saint. Durand de Mende, qui &#233;crivait son Rational des divins Offices vers la fin du XIIIe si&#232;cle, atteste que, de son temps, quelques &#201;glises &#224; peine &#233;taient rest&#233;es fid&#232;les &#224; la coutume primitive ; et elles ne tard&#232;rent pas &#224; se r&#233;unir &#224; la pratique g&#233;n&#233;rale de l'&#201;glise latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il r&#233;sulte de cette modification une sorte de contradiction entre le myst&#232;re de cette journ&#233;e et le service divin que l'on y c&#233;l&#232;bre. Le Christ est encore dans le tombeau, et l'on c&#233;l&#232;bre sa r&#233;surrection ; les heures qui pr&#233;c&#232;dent la Messe sont encore donn&#233;es &#224; la tristesse, et d&#232;s le milieu du jour l'all&#233;gresse pascale a d&#233;j&#224; rempli les c&#339;urs des fid&#232;les. Nous nous conformerons &#224; ces formes actuelles de la sainte Liturgie, entrant ainsi dans l'esprit de l'&#201;glise, qui a jug&#233; &#224; propos de donner &#224; ses enfants, d&#232;s aujourd'hui, un avant-go&#251;t des joies chr&#233;tiennes qui devront &#233;clater demain. Nous allons d'abord tracer le plan de l'auguste fonction qui va s'accomplir ; nous en exposerons ensuite toutes les parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration du Bapt&#234;me aux cat&#233;chum&#232;nes est le grand objet de cette vaste c&#233;r&#233;monie ; elle est le point central auquel tout aboutit. Les fid&#232;les doivent donc l'avoir sans cesse pr&#233;sente &#224; la pens&#233;e, s'ils veulent suivre avec intelligence et utilit&#233; ce drame aussi sacr&#233; qu'imposant. Il y a d'abord la b&#233;n&#233;diction du feu nouveau et de l'encens ; vient ensuite l'inauguration du Cierge Pascal. Elle est suivie des lectures proph&#233;tiques, qui font corps avec ce qui pr&#233;c&#232;de et ce qui suit. Quand elles sont achev&#233;es, a lieu le d&#233;part pour le Baptist&#232;re, o&#249; se fait la b&#233;n&#233;diction de l'eau. La mati&#232;re du bapt&#234;me &#233;tant pr&#233;par&#233;e, les cat&#233;chum&#232;nes re&#231;oivent le sacrement de la r&#233;g&#233;n&#233;ration. La Confirmation leur est ensuite administr&#233;e par l'&#201;v&#234;que. Aussit&#244;t apr&#232;s, commence le divin Sacrifice en l'honneur de la R&#233;surrection du Christ, et les n&#233;ophytes y participent aux saints Myst&#232;res. Enfin, l'Office joyeux des V&#234;pres vient promptement terminer la plus longue et la plus laborieuse fonction que l'&#201;glise latine ait &#224; accomplir dans tout le cours de son Cycle liturgique. Pour donner au lecteur la clef de ce magnifique ensemble, nous remonterons avec lui mille ans en arri&#232;re ; et nous supposerons qu'il prend part &#224; la Veille solennelle du Samedi saint, dans quelqu'une des antiques &#233;glises de l'Italie ou des Gaules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Rome, la Station est &#224; Saint-Jean-de-Latran, l'&#201;glise m&#232;re et ma&#238;tresse ; et le sacrement de la r&#233;g&#233;n&#233;ration est administr&#233; dans le Baptist&#232;re de Constantin. Les grands souvenirs du IVe si&#232;cle planent encore aujourd'hui sur ces antiques sanctuaires ; chaque ann&#233;e y voit c&#233;l&#233;brer le bapt&#234;me de quelque adulte ; et une nombreuse ordination ajoute encore par ses pompes aux splendeurs de la plus grande journ&#233;e liturgique que Rome ait &#224; c&#233;l&#233;brer dans l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LA B&#201;N&#201;DICTION DU FEU NOUVEAU ET DE L'ENCENS.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi dernier, les cat&#233;chum&#232;nes furent convoqu&#233;s pour aujourd'hui &#224; l'heure de tierce (neuf heures du matin). C'est le dernier Scrutin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#234;tres y pr&#233;sident ; on demande le Symbole &#224; ceux qui ne l'ont pas rendu encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Oraison Dominicale et les attributs bibliques des quatre &#201;vang&#233;listes ayant &#233;t&#233; r&#233;p&#233;t&#233;s aussi, l'un des pr&#234;tres cong&#233;die les aspirants au bapt&#234;me, apr&#232;s leur avoir recommand&#233; de se maintenir dans le recueillement et la pri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure de None (trois heures de l'apr&#232;s-midi), l'&#201;v&#234;que se rend avec tout le clerg&#233; &#224; l'&#201;glise, et c'est &#224; ce moment que commence la Veille du Samedi saint. Le premier rite &#224; accomplir est la b&#233;n&#233;diction du feu nouveau, dont la lumi&#232;re doit &#233;clairer la fonction durant toute la nuit qui va suivre. Dans les premiers si&#232;cles, c'&#233;tait l'usage, chaque jour, de tirer le feu d'un caillou avant les V&#234;pres, pour en allumer les lampes et les cierges, durant cet office ; et cette lumi&#232;re br&#251;lait dans l'&#233;glise jusqu'aux V&#234;pres du jour suivant. L'&#201;glise de Rome pratiquait cet usage avec une plus grande solennit&#233; le Jeudi saint, au matin ; et ce jour-l&#224; le feu nouveau recevait une b&#233;n&#233;diction sp&#233;ciale. D'apr&#232;s un renseignement donn&#233; par le Pape saint Zacharie dans une lettre &#224; saint Boniface, Archev&#234;que de Mayence au VIIIe si&#232;cle, on allumait trois lampes avec ce feu, et on les tenait dans un lieu secret, o&#249; elles &#233;taient entretenues avec soin. C'&#233;tait &#224; ces lampes que l'on empruntait la lumi&#232;re pour la nuit du Samedi saint. D&#232;s le si&#232;cle suivant, sous le Pape saint L&#233;on IV, qui &#233;tait sur le Saint-Si&#232;ge en 847, l'&#201;glise de Rome avait fini par &#233;tendre m&#234;me au Samedi saint l'usage des autres jours de l'ann&#233;e, qui consistait &#224; tirer d'un caillou le feu nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens de cet usage symbolique, qui ne se pratique plus qu'en ce jour dans l'&#201;glise latine, est aussi profond qu'il est facile &#224; saisir. Le Christ a dit : &#171; Je suis la Lumi&#232;re du monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. VIII, 12.&#034; id=&#034;nh5-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ; la lumi&#232;re mat&#233;rielle est donc la figure du Fils de Dieu. La Pierre est aussi l'un des types sous lesquels le Sauveur du monde appara&#238;t dans les &#201;critures. &#171; Le Christ est la Pierre angulaire &#187;, nous disent d'un commun accord saint Pierre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Petr. II, 6.&#034; id=&#034;nh5-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et saint Paul&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ephes. 11, 20.&#034; id=&#034;nh5-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui ne font que lui appliquer les paroles de la proph&#233;tie d'Isa&#239;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai. XXVIII, 16.&#034; id=&#034;nh5-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais en ce moment l'&#233;tincelle vive qui s'&#233;chappe de la pierre pr&#233;sente un symbole plus complet encore. C'est J&#233;sus-Christ s'&#233;lan&#231;ant hors du s&#233;pulcre taill&#233; dans la roche, &#224; travers la pierre qui en ferme l'entr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc juste que ce feu myst&#233;rieux, appel&#233; &#224; fournir la lumi&#232;re au Cierge pascal, et plus tard &#224; l'autel lui-m&#234;me, re&#231;oive une b&#233;n&#233;diction particuli&#232;re, et qu'il soit accueilli avec triomphe par le peuple chr&#233;tien. Dans l'&#233;glise, toutes les lampes ont &#233;t&#233; &#233;teintes ; autrefois m&#234;me, les fid&#232;les &#233;teignaient le feu dans leurs maisons, avant de se rendre &#224; l'&#233;glise ; et il ne se rallumait dans toute la cit&#233; que par la communication de ce feu qui avait re&#231;u la b&#233;n&#233;diction, et qui &#233;tait confi&#233; ensuite aux fid&#232;les comme un gage de la divine R&#233;surrection. N'oublions pas de remarquer ici un nouveau symbole non moins expressif que les autres. L'extinction de toute lumi&#232;re en ce moment figure l'abrogation de la loi ancienne, qui a pris fin au moment o&#249; le voile du Temple s'est d&#233;chir&#233; ; et l'arriv&#233;e du feu nouveau repr&#233;sente la publication mis&#233;ricordieuse de la loi nouvelle que J&#233;sus-Christ, Lumi&#232;re du monde, vient apporter, en dissipant toutes les ombres de la premi&#232;re alliance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance du myst&#232;re du feu nouveau est telle que Dieu a daign&#233;, durant plusieurs si&#232;cles, op&#233;rer chaque ann&#233;e, en ce jour, un prodige dans l'&#201;glise du Saint-S&#233;pulcre, &#224; J&#233;rusalem, pour produire la pr&#233;sence de ce feu sous les yeux du peuple fid&#232;le rassembl&#233;. Le clerg&#233; et le peuple se tenaient en silence devant le saint tombeau, attendant la manifestation de la faveur c&#233;leste. Tout &#224; coup, l'une des lampes &#233;teintes qui &#233;taient suspendues au-dessus de ce monument sacr&#233; de la victoire du Christ, s'allumait d'elle-m&#234;me. Sa lumi&#232;re, apr&#232;s avoir servi &#224; allumer les autres lampes et les flambeaux de l'&#233;glise, &#233;tait communiqu&#233;e aux fid&#232;les, qui s'en servaient avec foi pour renouveler le feu dans leurs habitations. Ce prodige annuel para&#238;t avoir commenc&#233; &#224; se manifester &#224; J&#233;rusalem, apr&#232;s la conqu&#234;te de cette ville par les Sarrasins ; afin qu'il servit aux yeux de ces infid&#232;les comme d'un signe de la divinit&#233; de la religion chr&#233;tienne. Il est attest&#233; unanimement par les historiens contemporains, qui nous ont laiss&#233; le r&#233;cit des &#233;v&#233;nements du royaume latin de J&#233;rusalem ; et lorsque le Pape Urbain II vint en France pour y pr&#234;cher la premi&#232;re croisade, entre autres motifs qui devaient rendre cher aux chr&#233;tiens de l'Occident l'honneur du s&#233;pulcre du Christ, il ne manqua pas d'insister sur ce prodige de chaque ann&#233;e comme attest&#233; par tous les p&#232;lerins de la ville sainte. Lorsque le Seigneur, dans les desseins de son imp&#233;n&#233;trable justice, eut abandonn&#233; de nouveau au pouvoir des infid&#232;les la ville o&#249; se sont accomplis les myst&#232;res de notre salut, le prodige cessa, et ne s'est plus renouvel&#233; depuis. On conna&#238;t les sc&#232;nes grossi&#232;res et sacril&#232;ges qui souillent, tous les ans, L'&#201;glise du Saint-S&#233;pulcre, lorsque, sous les yeux d'un peuple ignorant et enthousiaste, le clerg&#233; grec cherche en ce jour &#224; reproduire, par une supercherie odieuse, le miracle qui a cess&#233; depuis tant de si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre le feu nouveau, la sainte &#201;glise b&#233;nit aussi de l'encens aujourd'hui. Cet encens repr&#233;sente les parfums que Madeleine et les autres saintes femmes ont pr&#233;par&#233;s pour embaumer le corps du R&#233;dempteur. Il est en cinq larmes ou grains ; et nous verrons tout &#224; l'heure l'emploi auquel il est destin&#233;. L'Oraison que l'&#201;v&#234;que prononce sur cet encens nous apprend d&#233;j&#224; les rapports qu'il doit avoir avec la lumi&#232;re ; en m&#234;me temps qu'elle nous instruit sur la puissance de ces divers &#233;l&#233;ments sacr&#233;s contre les emb&#251;ches des esprits de t&#233;n&#232;bres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;v&#234;que et son cort&#232;ge sortent de l'&#201;glise pour se rendre au lieu o&#249; est la cr&#233;dence, sur laquelle sont d&#233;pos&#233;s le feu nouveau et l'encens. Ce feu repr&#233;sente le Christ, ainsi que nous venons de le dire ; or, le tombeau du Christ, le lieu d'o&#249; il doit ressusciter, est situ&#233; hors des portes de J&#233;rusalem. Les saintes femmes et les Ap&#244;tres devront sortir de la ville pour se rendre au s&#233;pulcre et constater la r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pontife, &#233;tant arriv&#233; en pr&#233;sence des symboles, b&#233;nit d'abord le feu. L'&#201;v&#234;que b&#233;nit ensuite l'encens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces Oraisons, un Acolyte met dans l'encensoir quelques charbons du feu b&#233;nit. L'&#201;v&#234;que avant jet&#233; de l'encens sur ces charbons, fait fumer l'encensoir sur le feu et sur l'encens myst&#233;rieux, apr&#232;s les avoir d'abord asperg&#233;s de l'eau sainte. Un autre Acolyte allume un cierge aux charbons du feu nouveau ; c'est ce cierge qui doit introduire dans l'&#201;glise la lumi&#232;re nouvelle. En m&#234;me temps, le Diacre rev&#234;t une dalmatique de couleur blanche qui vient contraster avec le pluvial violet de l'&#201;v&#234;que. Cette parure de joie s'expliquera bient&#244;t par la fonction toute d'all&#233;gresse dont le Diacre est charge. En attendant, il prend dans sa main droite un roseau, au haut duquel est fix&#233; un cierge en trois branches. Ce roseau est un souvenir de la Passion du Sauveur et de la faiblesse de la nature humaine qu'il a daign&#233; s'unir par l'incarnation ; il est surmont&#233; d'un triple cierge qui est appel&#233; &#224; signifier la glorieuse Trinit&#233; &#224; laquelle participe le Verbe incarne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cort&#232;ge sacr&#233; rentre dans l'&#233;glise. Apr&#232;s avoir fait quelques pas, le Diacre incline le roseau, et l'Acolyte qui porte la lumi&#232;re nouvelle allume une des trois branches du cierge. Le Diacre alors se met &#224; genoux, et tous imitent son exemple. &#201;levant dans les airs la lumi&#232;re qu'il vient de recevoir, il chante d'un ton de voix ordinaire : &#171; La lumi&#232;re du Christ ! &#187; Toutes les voix r&#233;pondent : &#171; Rendons gr&#226;ces &#224; Dieu ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette premi&#232;re ostension de la lumi&#232;re proclame la divinit&#233; du P&#232;re qui nous a &#233;t&#233; manifest&#233;e par J&#233;sus- Christ. &#171; Nul ne conna&#238;t le P&#232;re, nous dit-il, sinon le Fils, et celui &#224; qui il aura plu au Fils de le r&#233;v&#233;ler&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XI, 27.&#034; id=&#034;nh5-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; On se rel&#232;ve, et on continue d'avancer dans l'&#233;glise. A l'endroit marqu&#233;, le Diacre incline une seconde fois le roseau, et l'Acolyte allume la seconde branche du cierge. Le Diacre observe les m&#234;mes c&#233;r&#233;monies que la premi&#232;re fois, en chantant d'un ton de voix plus &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette seconde ostension de la lumi&#232;re annonce la divinit&#233; du Fils, qui s'est montr&#233; lui-m&#234;me aux hommes dans l'Incarnation, et leur a r&#233;v&#233;l&#233; son &#233;galit&#233; de nature avec le P&#232;re. On se rel&#232;ve encore, et l'on arrive en face de l'autel. Le Diacre incline encore le roseau, et l'Acolyte allume la troisi&#232;me branche du cierge. Alors le Diacre chante une derni&#232;re fois, mais sur un ton de voix toujours plus &#233;clatant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette troisi&#232;me ostension proclame la divinit&#233; du Saint-Esprit qui nous a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e par J&#233;sus-Christ, lorsqu'il a donne &#224; ses Ap&#244;tres le pr&#233;cepte solennel que l'&#201;glise se dispose &#224; accomplir en cette nuit m&#234;me : &#171; Enseignez toutes les nations et baptisez-les au nom du P&#232;re, et du Fils, et du Saint-Esprit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVIII, 19.&#034; id=&#034;nh5-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; C'est donc par le Fils, qui est &#171; la Lumi&#232;re du monde &#187;, que les hommes ont connu la glorieuse Trinit&#233; dont le Pontife va demander la confession aux cat&#233;chum&#232;nes, avant de les plonger dans la fontaine sacr&#233;e, et dont le cierge &#224; trois branches doit rappeler le myst&#232;re durant toute cette sainte fonction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le premier emploi du feu nouveau : annoncer les splendeurs de la Trinit&#233; divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant il va servir &#224; la gloire du Verbe incarn&#233;, en donnant son compl&#233;ment au magnifique symbole qui doit d&#233;sormais attirer nos regards. L'&#201;v&#234;que est mont&#233; &#224; son tr&#244;ne ; le Diacre, ayant d&#233;pos&#233; le roseau, vient s'agenouiller &#224; ses pieds, demandant la b&#233;n&#233;diction pour le solennel minist&#232;re qu'il va remplir. Le Pontife lui adresse ces paroles : &#171; Que Le Seigneur soit dans votre c&#339;ur et sur vos l&#232;vres ; afin que vous accomplissiez comme il convient la proclamation de la P&#226;que &#187;. Le Diacre se rel&#232;ve et se dirige vers l'ambon. Les clercs qui portent le roseau surmont&#233; du cierge &#224; trois branches et les cinq larmes d'encens, l'accompagnent. Sur l'ambon s'&#233;l&#232;ve une colonne de marbre, et cette colonne est surmont&#233;e d'une colonne de cire : c'est le Cierge pascal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LE CIERGE PASCAL.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soleil descend &#224; l'horizon, et bient&#244;t il aura c&#233;d&#233; la place aux ombres de la nuit. La sainte &#201;glise a pr&#233;par&#233;, pour luire avec &#233;clat durant la longue Veille qui d&#233;j&#224; commence, un flambeau sup&#233;rieur en poids et en grosseur &#224; tous ceux que l'on allume dans les autres solennit&#233;s. Ce flambeau est unique ; il a la forme d'une colonne ; et il est appel&#233; &#224; repr&#233;senter le Christ. Avant qu'il ait &#233;t&#233; allum&#233;, son type est dans la colonne de nu&#233;e qui couvrit le d&#233;part des H&#233;breux, au sortir de L'&#201;gypte ; sous cette premi&#232;re forme, il figure le Christ dans le tombeau, inanim&#233;, sans vie. Lorsqu'il aura re&#231;u la flamme, nous verrons en lui la colonne de feu qui &#233;claire les pas du peuple saint ; et aussi la figure du Christ tout radieux des splendeurs de sa r&#233;surrection. La majest&#233; de ce symbole est si grande, que la sainte &#201;glise emploie toutes les magnificences de son langage inspire, pour exciter &#224; son endroit l'enthousiasme des fid&#232;les. D&#232;s le commencement du Ve si&#232;cle, on voit le Pape saint Zozime &#233;tendre &#224; toutes les &#233;glises de la ville de Rome le privil&#232;ge de b&#233;nir aujourd'hui ce Cierge, bien que le bapt&#234;me ne f&#251;t conf&#233;r&#233; qu'au seul Baptist&#232;re du Latran. Le but de cette concession &#233;tait de mettre tous les fid&#232;les &#224; port&#233;e de jouir des saintes impressions que ce grand rite est appel&#233; &#224; produire. C'est dans la m&#234;me intention que la c&#233;r&#233;monie du Cierge pascal peut s'accomplir aujourd'hui dans toutes les &#233;glises, m&#234;me dans celles qui ne poss&#232;dent pas de fonts baptismaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce de la P&#226;que retentit au milieu des &#233;loges que le Diacre prodigue &#224; ce Cierge glorieux ; et c'est en c&#233;l&#233;brant le divin flambeau dont celui-ci est l'embl&#232;me, qu'il remplit sa noble fonction de h&#233;raut de la R&#233;surrection de l'Homme-Dieu. Seul v&#234;tu de blanc, &#224; cette heure o&#249; le Pontife lui-m&#234;me porte encore les couleurs du deuil quadrag&#233;simal, il fait &#233;clater sa voix dans la b&#233;n&#233;diction du Cierge, avec une libert&#233; qui d'ordinaire n'est pas accord&#233;e au Diacre en pr&#233;sence du Pr&#234;tre, et moins encore de l'&#201;v&#234;que. Les interpr&#232;tes de la sainte Liturgie nous enseignent que le Diacre repr&#233;sente en ce moment Madeleine et les autres saintes femmes qui eurent l'honneur d'&#234;tre initi&#233;es les premi&#232;res par le Christ lui-m&#234;me au myst&#232;re de sa r&#233;surrection, et lurent charg&#233;es par lui, malgr&#233; l'inf&#233;riorit&#233; de leur sexe, d'annoncer aux Ap&#244;tres qu'il &#233;tait sorti du tombeau, et qu'il les pr&#233;c&#233;derait en Galil&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est temps d'examiner les accents torts et m&#233;lodieux de ce chant sacr&#233; qui vient faire battre nos c&#339;urs, et nous donner un avant-go&#251;t des all&#233;gresses que nous r&#233;serve cette nuit merveilleuse. Le Diacre d&#233;bute par un exorde lyrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis le Diacre s'interrompt, et prenant successivement les cinq grains d'encens, il les enfonce dans le Cierge, et les y dispose de mani&#232;re &#224; figurer une croix. Le nombre de ces grains d'encens ainsi ins&#233;r&#233;s dans la masse du Cierge, repr&#233;sente les cinq plaies du Christ sur la croix ; en m&#234;me temps que leur emploi signifie celui des parfums que Madeleine et ses compagnes avaient pr&#233;par&#233;s, pendant que le Christ reposait dans le tombeau. Jusqu'ici, comme nous l'avons dit plus haut, le Cierge pascal est le symbole de l'Homme-Dieu que sa r&#233;surrection n'a pas encore glorifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir repris le chant, le Diacre s'interrompt de nouveau, et prenant des mains de l'Acolyte le roseau qui porte la triple lumi&#232;re, il allume le Cierge pascal &#224; une des branches. Cette action symbolique signifie l'instant de la r&#233;surrection du Christ, lorsque la vertu divine vint tout &#224; coup ranimer son corps, en lui r&#233;unissant l'&#226;me sainte que la mort en avait s&#233;par&#233;e. D&#233;sormais le flambeau sacr&#233;, image du Christ-Lumi&#232;re, est inaugur&#233; ; et la sainte &#201;glise se r&#233;jouit dans la pens&#233;e de revoir bient&#244;t son c&#233;leste &#201;poux, triomphant de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce moment, on allume avec le feu nouveau les lampes qui sont suspendues dans l'&#233;glise. Cette illumination n'a lieu que quelque temps apr&#232;s celle du Cierge pascal, parce que la connaissance de la r&#233;surrection du Sauveur ne s'est r&#233;pandue que successivement, jusqu'&#224; ce qu'enfin elle ait &#233;clair&#233; tous les fid&#232;les. Cette succession nous avertit aussi que notre r&#233;surrection sera la suite et l'imitation de celle de J&#233;sus-Christ, qui nous ouvre la voie par laquelle nous devons rentrer en possession de l'immortalit&#233;, apr&#232;s avoir comme lui travers&#233; le tombeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Diacre ayant termin&#233; cette pri&#232;re, se d&#233;pouille de la dalmatique blanche, et apr&#232;s avoir rev&#234;tu la couleur violette, revient aupr&#232;s du Pontife. Alors commencent les lectures puis&#233;es dans les livres de l'Ancien Testament, et qui doivent occuper l'attention des fid&#232;les durant une partie de cette nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LES LECTURES.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le flambeau de la r&#233;surrection r&#233;pand maintenant sa lumi&#232;re du haut de l'ambon par toute l'&#233;glise, et son &#233;clat r&#233;jouit saintement le c&#339;ur des fid&#232;les. Apr&#232;s cet imposant pr&#233;lude d'une sc&#232;ne qui s'annonce avec tant de grandeur, tout l'int&#233;r&#234;t se r&#233;unit d&#233;sormais sur les heureux cat&#233;chum&#232;nes dont nous suivons, depuis quarante jours, l'instruction et le progr&#232;s dans la foi et les bonnes &#339;uvres. Ils sont en ce moment rassembl&#233;s sous le portique ext&#233;rieur de l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des pr&#234;tres accomplissent sur eux les rites pr&#233;paratoires au bapt&#234;me qui ont &#233;t&#233; institu&#233;s par les Ap&#244;tres, et sont remplis d'un sens si profond. D'abord les pr&#234;tres tracent sur le front de chacun d'eux le signe de la croix ; puis, imposant la main sur sa t&#234;te, ils adjurent Satan de sortir de cette &#226;me et de ce corps, et de c&#233;der la place au Christ. A l'exemple du Sauveur, ils touchent de leur salive les oreilles et les narines du n&#233;ophyte, en disant aux oreilles : &#171; Ouvrez-vous ; &#187; aux narines : &#171; Respirez la douceur des parfums. &#187; Le n&#233;ophyte re&#231;oit ensuite l'onction de l'Huile des Cat&#233;chum&#232;nes sur la poitrine et entre les &#233;paules ; mais avant cette c&#233;r&#233;monie, qui doit le d&#233;signer d&#233;j&#224; comme l'athl&#232;te de Dieu, le pr&#234;tre l'a fait renoncer &#224; Satan, &#224; ses pompes et &#224; ses &#339;uvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces rites s'accomplissent d'abord sur les hommes, ensuite sur les femmes. Les enfants des fid&#232;les, quoique en bas &#226;ge, sont admis &#224; leur rang, selon leur sexe ; et si, parmi les cat&#233;chum&#232;nes, il en est qui soient atteints de maladie, et cependant aient voulu se faire porter &#224; l'&#233;glise pour recevoir, en cette nuit, la gr&#226;ce de la r&#233;g&#233;n&#233;ration, les pr&#234;tres prononcent sur eux une touchante Oraison, dans laquelle on demande &#224; Dieu qu'il daigne les secourir et confondre la malice de Satan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ensemble de rites, qui se nomme la Cat&#233;chisation, exige un long temps, &#224; raison du grand nombre des aspirants au bapt&#234;me. C'est pour cette raison que l'&#201;v&#234;que s'est rendu &#224; l'&#233;glise d&#232;s l'heure de None et que l'on a commenc&#233; si t&#244;t la grande Veille. Afin de tenir attentive toute l'assembl&#233;e, durant les heures n&#233;cessaires &#224; l'accomplissement de tous les rites, on lit du haut de l'ambon les passages des &#201;critures les plus analogues &#224; cette solennelle circonstance. Cet ensemble de lectures compl&#232;te le cours d'instruction dont nous avons suivi le d&#233;veloppement, durant tout le Car&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Le&#231;ons qui doivent &#234;tre lues s'&#233;l&#232;vent jusqu'au nombre de douze ; et dans l'&#201;glise de Rome, o&#249; on les lit successivement en latin et en grec, leur nombre &#233;quivaut &#224; vingt-quatre. Afin de ranimer l'attention et de r&#233;sumer la doctrine et les sentiments des Proph&#232;tes, une Oraison vient apr&#232;s chaque Le&#231;on servir d'expression aux v&#339;ux de la sainte &#201;glise. De temps en temps, des Cantiques emprunt&#233;s &#224; l'Ancien Testament et amen&#233;s par les lectures elles-m&#234;mes, r&#233;unissent toutes les voix sur le mode touchant et m&#233;lodieux des Traits. Les aspirants au bapt&#234;me sur lesquels les rites de la Cat&#233;chisation sont accomplis, ont la libert&#233; d'entrer dans l'&#233;glise, et d'y occuper leur place ordinaire. Ils ach&#232;vent de se pr&#233;parer au bain sacr&#233;, en &#233;coutant les Lectures, et en s'unissant aux Pri&#232;res. Toutefois l'ensemble de la fonction pr&#233;sente encore un aspect de gravit&#233; aust&#232;re : on sent que l'heure d&#233;sir&#233;e n'a pas sonn&#233; encore. De fr&#233;quentes g&#233;nuflexions, la couleur sombre des parements sacr&#233;s continuent de faire contraste avec la splendeur du Cierge myst&#233;rieux, qui r&#233;pand silencieusement sa lumi&#232;re sur l'assembl&#233;e sainte, encore &#233;mue des accents de triomphe que le Diacre a fait retentir, et avide de voir arriver l'heure o&#249; le Christ va ressusciter dans ses n&#233;ophytes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PREMI&#200;RE PROPH&#201;TIE. Gen&#232;se. Chap. I.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette premi&#232;re lecture retrace le r&#233;cit de la cr&#233;ation, l'Esprit de Dieu port&#233; sur les eaux, la lumi&#232;re s&#233;par&#233;e des t&#233;n&#232;bres, l'homme cr&#233;e &#224; l'image de Dieu. L'&#339;uvre de Dieu avait &#233;t&#233; troubl&#233;e et d&#233;form&#233;e par la malice de Satan. Le moment est venu o&#249; elle va revivre dans toute sa beaut&#233;. L'Esprit-Saint se pr&#233;pare &#224; op&#233;rer la r&#233;g&#233;n&#233;ration par les eaux, le Christ-Lumi&#232;re va sortir des ombres du tombeau, et la ressemblance de Dieu repara&#238;tre en l'homme purifi&#233; par le sang de son R&#233;dempteur, nouvel Adam descendu du ciel, pour r&#233;tablir dans ses droits l'ancien qui avait &#233;t&#233; form&#233; de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la lecture, l'&#201;v&#234;que dit : &#171; Prions &#187;. Le Diacre s'adressant &#224; l'assembl&#233;e : &#171; Fl&#233;chissons les genoux. &#187; Puis le Sous-Diacre : &#171; Levez-vous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;v&#234;que dit alors cette Oraison : &#171; O Dieu, qui avez cr&#233;&#233; l'homme d'une mani&#232;re admirable, et l'avez rachet&#233; d'une fa&#231;on plus admirable encore ; donnez-nous, s'il vous pla&#238;t, de r&#233;sister par la vigilance de l'esprit aux attraits du p&#233;ch&#233;, afin que nous m&#233;ritions d'arriver aux joies &#233;ternelles. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DEUXI&#200;ME PROPH&#201;TIE. Gen&#232;se. Chap. V.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit du d&#233;luge fait l'objet de la deuxi&#232;me lecture. Nous y voyons Dieu faisant servir &#224; sa justice les eaux qui, par J&#233;sus-Christ, vont devenir l'instrument de sa mis&#233;ricorde ; l'arche, figure de l'&#201;glise, asile de salut pour ceux qui ne veulent pas p&#233;rir sous les flots vengeurs ; le genre humain se r&#233;g&#233;n&#233;rant par une seule famille qui repr&#233;sentait les disciples du Christ, d'abord faibles en nombre, et bient&#244;t r&#233;pandus par toute la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O Dieu, puissance invariable et lumi&#232;re &#233;ternelle, jetez un regard favorable sur les merveilles de votre &#201;glise, et daignez op&#233;rer le salut du genre humain par l'effet de votre &#233;ternelle r&#233;solution ; en sorte que le monde entier &#233;prouve et voie que ce qui &#233;tait abattu est relev&#233;, que ce qui &#233;tait envieilli est renouvel&#233;, et que tout est r&#233;tabli dans son int&#233;grit&#233; premi&#232;re par celui qui est le commencement de tout : notre Seigneur J&#233;sus-Christ votre Fils. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TROISI&#200;ME PROPH&#201;TIE. Gen&#232;se. Chap. XXII.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foi ferme et courageuse d'Abraham, P&#232;re des croyants, est offerte ici pour mod&#232;le &#224; nos cat&#233;chum&#232;nes. Ils y re&#231;oivent une le&#231;on sur la d&#233;pendance dans laquelle l'homme doit vivre &#224; l'&#233;gard de Dieu, et sur la fid&#233;lit&#233; qu'il doit lui garder. L'ob&#233;issance d'Isaac retrace celle dont le Fils de Dieu vient de nous donner le gage dans le sacrifice du Calvaire. Le bois port&#233; sur les &#233;paules du fils d'Abraham jusque sur la montagne, rappelle le souvenir de la croix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O Dieu, souverain P&#232;re des fid&#232;les, qui, r&#233;pandant par toute fa terre la gr&#226;ce de l'adoption, y multipliez les enfants de la promesse ; et qui, par le sacrement conf&#233;r&#233; dans la P&#226;que, rendez p&#232;re des nations, selon votre serment, Abraham votre serviteur : accordez &#224; vos peuples d'entrer dignement dans la gr&#226;ce de votre appel. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUATRI&#200;ME PROPH&#201;TIE. Exode. Chap. XIV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici le grand symbole du Bapt&#234;me. Le peuple de Dieu, &#233;chapp&#233; au dur esclavage de Pharaon, trouve son salut dans les eaux, tandis que l'&#201;gyptien y est englouti. Les cat&#233;chum&#232;nes, apr&#232;s avoir traverse la fontaine baptismale, vont en sortir affranchis de la servitude de Satan, laissant leurs p&#233;ch&#233;s submerg&#233;s pour jamais dans les eaux qui sont devenues leur salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette lecture, la sainte &#201;glise entonne le Cantique de Mo&#239;se, qui fut chant&#233; sur les bords de la mer Rouge, par sa s&#339;ur Marie, assist&#233;e du ch&#339;ur des jeunes filles d'Isra&#235;l, &#224; la vue des cadavres flottants des &#201;gyptiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O Dieu, qui nous faites revoir de nos jours vos antiques merveilles, en op&#233;rant pour le salut de toutes les nations, par l'eau de la r&#233;g&#233;n&#233;ration, ce que vous op&#233;r&#226;tes autrefois par la puissance de votre bras, en d&#233;livrant un seul peuple de la pers&#233;cution des &#201;gyptiens ; faites que le monde tout entier parvienne &#224; la dignit&#233; des enfants d'Abraham et aux honneurs du peuple d'Isra&#235;l. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CINQUI&#200;ME PROPH&#201;TIE. Isa&#239;e. Chap. LIV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus sublime des Proph&#232;tes, Isa&#239;e, invite nos cat&#233;chum&#232;nes &#224; s'approcher des eaux, pour y &#233;tancher leur soif ; il les engage &#224; venir apaiser leur faim par le mets le plus d&#233;licieux ; il vante l'h&#233;ritage que le Seigneur leur a pr&#233;par&#233;, et rassure leur pauvret&#233;, en promettant que le Dieu souverainement riche les comblera gratuitement de tous ses biens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dieu tout-puissant et &#233;ternel, multipliez, pour la gloire de votre nom, cette post&#233;rit&#233; que vous avez promise &#224; la loi de nos p&#232;res ; et par une adoption sainte, augmentez le nombre des enfants de la promesse ; afin que votre &#201;glise connaisse que vous avez d&#233;j&#224; accompli au milieu d'elle, en grande partie, ce que les premiers saints ont connu devoir arriver. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SIXI&#200;ME PROPH&#201;TIE. Baruch. Chap. III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce beau passage du proph&#232;te Baruch, Dieu rappelle &#224; nos &#233;lus du saint Bapt&#234;me leurs &#233;garements pass&#233;s qui les rendaient indignes du pardon ; mais, dans sa mis&#233;ricorde toute gratuite, il a daign&#233; r&#233;pandre sur eux sa divine Sagesse, et ils sont venus &#224; lui. Le Seigneur leur parle ensuite de tous ces hommes de la gentilit&#233;, riches, puissants et industrieux, qui ont laiss&#233; leur nom dans les annales de la terre. Ils ont p&#233;ri, et leur sagesse mondaine avec eux. Le peuple nouveau que le Seigneur se forme aujourd'hui ne s'&#233;garera pas ainsi. Il aura la vraie Sagesse en partage. Dieu avait autrefois parl&#233; myst&#233;rieusement &#224; Jacob ; mais cette parole ne parvint pas &#224; tous les hommes : aujourd'hui il est venu en personne sur la terre ; il a habit&#233; avec nous ; voil&#224; pourquoi le peuple qu'il se cr&#233;e aujourd'hui lui demeurera fid&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O Dieu, qui multipliez sans cesse votre &#201;glise par la vocation des Gentils, daignez accorder votre continuelle assistance &#224; ceux que vous allez purifier dans l'eau du bapt&#234;me. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SEPTI&#200;ME PROPH&#200;TE. &#201;z&#233;chiel. Chap. XXXVII.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lecture a pour objet de proclamer devant les cat&#233;chum&#232;nes le grand dogme de la r&#233;surrection des corps, pour lequel l'esprit superbe et sensuel de la gentilit&#233; avait tant de r&#233;pugnance. C'est le moment de rappeler la promesse que Dieu a daign&#233; nous faire &#224; ce sujet, quand l'heure est proche o&#249; le Christ, sortant du tombeau, va nous en montrer en sa personne le gage et l'accomplissement. Nos cat&#233;chum&#232;nes sont aussi figur&#233;s par ces ossements arides que le souffle du Seigneur va faire revivre tout &#224; l'heure ; et qui, par toute la terre, vont lui former, cette nuit m&#234;me, un grand peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O Dieu, qui par les pages des deux Testaments, nous mettez en &#233;tat de c&#233;l&#233;brer dignement le Myst&#232;re Pascal, donnez-nous de comprendre les desseins de votre mis&#233;ricorde ; afin que les gr&#226;ces que nous recevons en cette vie nous soient un motif d'esp&#233;rer fermement les biens futurs. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HUITI&#200;ME PROPH&#201;TIE. Isa&#239;e. Chap. IV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sept femmes d&#233;livr&#233;es de l'opprobre et purifi&#233;es de leurs souillures, repr&#233;sentent ici les &#226;mes des cat&#233;chum&#232;nes sur lesquelles la mis&#233;ricorde du Seigneur va descendre. Elles d&#233;sirent porter le nom de leur lib&#233;rateur ; ce d&#233;sir sera exauc&#233;. Tous ceux qui remonteront de la fontaine sacr&#233;e s'appelleront Chr&#233;tiens, nom form&#233; de celui du Christ. Elles se reposeront d&#233;sormais sur la montagne sainte, &#224; l'abri des orages. Ce s&#233;jour de lumi&#232;re et de rafra&#238;chissement que leur promet le proph&#232;te est l'&#201;glise, o&#249; elles habiteront avec l'&#201;poux c&#233;leste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette lecture, on chante un Trait emprunt&#233; aussi &#224; Isa&#239;e, dans lequel le Proph&#232;te c&#233;l&#232;bre les faveurs que le Christ a prodigu&#233;es &#224; son &#201;glise, qui est sa Vigne ch&#233;rie, l'objet de son amour et de tous ses soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O Dieu, qui avez d&#233;clar&#233; par la bouche de vos saints Proph&#232;tes que, dans les enfants de votre &#201;glise, c'est vous qui semez la bonne semence et qui cultivez le plant choisi, en tous lieux de votre empire ; accordez &#224; vos peuples qui sont d&#233;sign&#233;s dans vos &#201;critures sous le nom de Vignes et de Moissons, d'arracher par votre secours les ronces et les &#233;pines, afin de produire des fruits en abondance. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur, Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NEUVI&#200;ME PROPH&#201;TIE. Exode. Chap. XII.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par le sang de l'Agneau figuratif que le peuple d'Isra&#235;l a &#233;t&#233; prot&#233;g&#233; contre le glaive de l'Ange exterminateur, qu'il a pu sortir de l'&#201;gypte et se mettre en marche vers la terre promise ; c'est par le sang de l'Agneau v&#233;ritable dont ils seront marqu&#233;s, que nos cat&#233;chum&#232;nes vont &#234;tre d&#233;livr&#233;s des terreurs de la mort &#233;ternelle et de la servitude de Satan. Bient&#244;t ils prendront part au festin o&#249; l'on mange la chair de cet Agneau divin ; car nous touchons &#249; la P&#226;que du Seigneur, et ils doivent la c&#233;l&#233;brer avec nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dieu tout-puissant et &#233;ternel, qui vous montrez admirable dans la disposition de toutes vos &#339;uvres : faites comprendre &#224; ceux que vous avez rachet&#233;s, que la cr&#233;ation du monde qui a eu lieu au commencement n'est pas une plus grande merveille que l'immolation du Christ, notre P&#226;que, qui a signal&#233; la derni&#232;re partie des temps. Lui qui vit et r&#232;gne avec vous dans les si&#232;cles des si&#232;cles. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DIXI&#200;ME PROPH&#201;TIE. Jonas. Chap. III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ninive est la gentilit&#233; couverte de crimes et aveugl&#233;e par toutes les erreurs. Dieu a eu piti&#233; d'elle et lui a envoy&#233; les Ap&#244;tres au nom de son Fils. A leur voix, elle a abjur&#233; son idol&#226;trie et ses vices, elle a fait p&#233;nitence ; et le Seigneur s'est mis &#224; choisir ses &#233;lus dans le sein m&#234;me de cette cit&#233; abandonn&#233;e. Nos cat&#233;chum&#232;nes &#233;taient enfants de Ninive ; et bient&#244;t ils vont &#234;tre compt&#233;s au nombre des enfants de J&#233;rusalem. La gr&#226;ce du Seigneur et les &#339;uvres de leur p&#233;nitence ont pr&#233;pare cette merveilleuse adoption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O Dieu, qui avez r&#233;uni tant de nations diverses dans la confession de votre nom, donnez-nous la volont&#233; et le pouvoir de faire ce que vous commandez ; afin que, au sein de votre peuple qui est appel&#233; &#224; la gloire &#233;ternelle, tous soient unis par une m&#234;me foi et par la m&#234;me saintet&#233; dans les &#339;uvres. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ONZI&#200;ME PROPH&#201;TIE. Deut&#233;ronome. Chap. XXXI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise, par la lecture de ce passage de Mo&#239;se, avertit les cat&#233;chum&#232;nes de la grandeur des obligations qu'ils sont pr&#232;s de contracter avec Dieu. La gr&#226;ce de r&#233;g&#233;n&#233;ration va leur &#234;tre conf&#233;r&#233;e sur la promesse solennelle qu'ils feront de renoncer &#224; Satan, l'ennemi de Dieu. Qu'ils se montrent fid&#232;les &#224; cette promesse, et qu'ils n'oublient jamais que Dieu est le vengeur de la foi viol&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette lecture, on entonne les premi&#232;res strophes du sublime Cantique que Mo&#239;se r&#233;cita en pr&#233;sence d'Isra&#235;l, avant de quitter la terre ; et dans lequel il exprime avec tant de vigueur les ch&#226;timents que Dieu exerce sur ceux qui ont os&#233; rompre l'alliance qu'il avait daign&#233; contracter avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O Dieu qui &#234;tes la grandeur des humbles et la force des justes ; vous qui, par Mo&#239;se votre saint serviteur, avez voulu instruire votre peuple dans ce sacr&#233; Cantique, qui est tout &#224; la fois une r&#233;p&#233;tition de votre loi et une instruction pour nous : faites &#233;clater votre puissance sur toutes les nations que vous avez sanctifi&#233;es par vos myst&#232;res ; apaisez les craintes, r&#233;pandez la joie : afin que les p&#233;ch&#233;s &#233;tant effac&#233;s par votre mis&#233;ricorde, la menace de vos vengeances se transforme en une assurance de salut. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DOUZI&#200;ME PROPH&#201;TIE. Daniel. Chap. III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une derni&#232;re instruction est offerte &#224; nos cat&#233;chum&#232;nes, avant qu'ils descendent &#224; la fontaine du salut. Il faut qu'ils sachent &#224; quoi ils s'engagent en donnant leurs noms &#224; la milice du Christ. Peut-&#234;tre un jour seront-ils appel&#233;s &#224; confesser leur Dieu devant les puissances de la terre. Sont-ils r&#233;solus &#224; souffrir les tourments, &#224; mourir plut&#244;t que de trahir sa cause ? N'y a-t-il pas eu, plus d'une fois, des apostats dans les rangs de ceux dont le bapt&#234;me avait le plus r&#233;joui l'&#201;glise ? Il leur est donc n&#233;cessaire de conna&#238;tre les &#233;preuves qui peuvent les attendre. La sainte &#201;glise va relire en leur pr&#233;sence l'histoire des trois jeunes Juifs qui, plut&#244;t que d'adorer la statue du roi de Babylone, pr&#233;f&#233;r&#232;rent se laisser jeter dans une fournaise ardente. Depuis la publication de la loi chr&#233;tienne, des millions de martyrs ont imit&#233; leur exemple. A chaque pas, dans les Catacombes romaines, des peintures retracent l'image de ces trois h&#233;ros du vrai Dieu. La paix a &#233;t&#233; rendue &#224; l'&#201;glise ; mais le monde est toujours l'ennemi de J&#233;sus-Christ, et qui sait si Julien l'Apostat ne doit pas succ&#233;der &#224; Constantin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette derni&#232;re lecture, l'&#201;v&#234;que prononce l'Oraison, &#224; l'ordinaire ; mais le Diacre n'avertit point l'assembl&#233;e de se mettre &#224; genoux. L'&#201;glise omet la g&#233;nuflexion &#224; cet endroit, pour apprendre aux cat&#233;chum&#232;nes combien ils doivent d&#233;tester l'idol&#226;trie des Babyloniens, qui fl&#233;chirent le genou devant la statue de Nabuchodonosor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dieu tout-puissant et &#233;ternel, unique esp&#233;rance du monde.qui par la voix de vos Proph&#232;tes avez annonc&#233; les myst&#232;res qui s'accomplissent en notre temps ; daignez accro&#238;tre encore l'ardeur des v&#339;ux de votre peuple : parce que nul de vos fid&#232;les ne peut faire de progr&#232;s dans les vertus, si vous ne l'inspirez vous-m&#234;me. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LA B&#201;N&#201;DICTION DE L'EAU BAPTISMALE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant ces longues lectures, ces pri&#232;res et ces chants, le soleil a d&#232;s longtemps disparu, et la nuit a avanc&#233; dans son cours. Toutes les pr&#233;parations sont achev&#233;es, et le moment est venu de se mettre en marche vers le Baptist&#232;re. D&#233;j&#224; sept Sous-Diacres s'y sont rendus pendant les lectures proph&#233;tiques, et y ont fait entendre la Litanie, r&#233;p&#233;tant ses invocations d'abord sept fois, puis cinq fois, enfin trois fois. Le cort&#232;ge sacr&#233; se dirige vers le lieu o&#249; est l'eau. C'est un &#233;difice d&#233;tach&#233; de l'&#233;glise, construit en rotonde ou de forme octogone. Au centre est un vaste bassin o&#249; l'on descend et d'o&#249; l'on remonte par plusieurs marches. Des canaux y am&#232;nent une eau pure, qu'un cerf en m&#233;tal y verse par sa bouche. Au-dessus de la fontaine s'&#233;l&#232;ve une coupole, au centre de laquelle plane l'image de l'Esprit-Saint, les ailes &#233;tendues, f&#233;condant les eaux. Une balustrade entoure le bassin, afin que l'enceinte demeure libre pour les baptises, et pour leurs parrains et marraines, qui seuls v p&#233;n&#233;treront avec l'&#201;v&#234;que et ses pr&#234;tres. A peu de distance, on a dresse deux tentes, l'une pour les hommes, l'autre pour les femmes ; c'est l&#224; que se retireront un moment les nouveaux baptises, au sortir de la fontaine, pour s'essuyer et changer d'habits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'ordre de la marche vers le Baptist&#232;re. Le Cierge pascal, repr&#233;sentant la colonne lumineuse qui dirigea Isra&#235;l, &#224; travers les ombres de la nuit, vers la mer Rouge, dans les flots de laquelle il devait trouver son salut, s'avance d'abord &#224; la t&#234;te du corps des cat&#233;chum&#232;nes. Ceux-ci viennent &#224; la suite, avant &#224; leur droite, les hommes leur parrain, les femmes leur marraine ; car c'est sur la pr&#233;sentation d'un chr&#233;tien de son sexe que chacun d'eux est admis &#224; la r&#233;g&#233;n&#233;ration. Deux Acolytes portent, l'un le saint Chr&#234;me, l'autre l'Huile des Cat&#233;chum&#232;nes : et &#224; la suite du clerg&#233;, l'&#201;v&#234;que s'avance entour&#233; de ses ministres. Cette marche s'accomplit &#224; la lueur des flambeaux ; les &#233;toiles brillent au ciel de tout leur &#233;clat, et les airs retentissent de chants m&#233;lodieux. On r&#233;p&#232;te les strophes du Psaume dans lequel David, soupirant apr&#232;s son Dieu, compare son ardeur &#224; celle du cerf qui aspire &#224; l'eau de la fontaine. Le cerf, dont l'image a &#233;t&#233; plac&#233;e dans le Baptist&#232;re, est la figure de l'ardent cat&#233;chum&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On arrive bient&#244;t au lieu du bapt&#234;me : et l'&#201;v&#234;que, en pr&#233;sence de la fontaine dont les eaux limpides appellent ses b&#233;n&#233;dictions, prononce d'abord l'Oraison suivante, dans laquelle il emploie, &#224; son tour, la comparaison du cerf alt&#233;r&#233;, pour exprimer devant Dieu l'ardeur de son nouveau peuple vers la vie nouvelle dont le Christ est la source. Il dit : &#171; Dieu tout-puissant et &#233;ternel, regardez favorablement la d&#233;votion de ce peuple qui va prendre une nouvelle naissance, et aspire, comme le cerf, &#224; la fontaine de vos eaux salutaires ; daignez faire que la soif que lui inspire sa foi sanctifie les &#226;mes et les corps, dans le myst&#232;re sacr&#233; du Bapt&#234;me. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La b&#233;n&#233;diction de l'eau pour le bapt&#234;me est d'institution apostolique ; et l'antiquit&#233; de cette pratique nous est attest&#233;e par les plus grands docteurs, entre-autres par saint Cyprien, saint Ambroise, saint Cyrille de J&#233;rusalem, et saint Basile. Il est juste, en effet, que cette eau, instrument de la plus divine des merveilles, soit entour&#233;e de tout ce qui peut, en glorifiant Dieu qui a daign&#233; l'associer &#224; ses desseins de mis&#233;ricorde sur l'humanit&#233;, la glorifier elle-m&#234;me &#224; la face du ciel et de la terre. Les chr&#233;tiens sont sortis de l'eau ; ils sont, comme disaient nos p&#232;res des premiers si&#232;cles, les heureux Poissons du Christ ; rien donc d'&#233;tonnant qu'ils tressaillent de joie, en pr&#233;sence de l'&#233;l&#233;ment auquel ils doivent la vie, et qu'ils rendent &#224; cet &#233;l&#233;ment des honneurs qui se rapportent &#224; l'auteur m&#234;me des prodiges de gr&#226;ce qui vont s'op&#233;rer. La pri&#232;re dont le Pontife va se servir pour b&#233;nir l'eau nous ram&#232;ne au berceau de notre foi, par la noblesse et l'&#233;nergie du style de sa r&#233;daction, par l'autorit&#233; de son langage, et par les rites antiques et primitifs dont elle est accompagn&#233;e. Elle est sur le mode pompeux de la Pr&#233;face, et empreinte d'un lyrisme inspir&#233;. Le Pontife pr&#233;lude par une simple Oraison, a la suite de laquelle &#233;clate l'enthousiasme de la sainte &#201;glise, qui, pour s'assurer de l'attention de tous ses enfants, provoque leurs acclamations, et les avertit de tenir leurs c&#339;urs en haut : Sursum corda !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis le Pontife s'arr&#234;te un moment, et plongeant sa main dans les eaux, il les divise en forme de croix, montrant par ce signe que c'est par la vertu de la Croix qu'elles ont acquis le pouvoir de r&#233;g&#233;n&#233;rer les &#226;mes. Jusqu'&#224; la mort du Christ sur la croix, cette puissance merveilleuse leur &#233;tait seulement promise ; il fallait l'effusion du sang divin pour qu'elle leur f&#251;t conf&#233;r&#233;e c'est ce sang qui op&#232;re dans l'eau sur les &#226;mes, avec la vertu de l'Esprit-Saint que le Pontife rappellera tout &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les paroles, par lesquelles l'&#201;v&#234;que demande &#224; Dieu qu'il daigne &#233;loigner de ces eaux l'influence des esprits mauvais qui cherchent &#224; infecter toute la cr&#233;ation, il &#233;tend la main sur elles et les touche. Le caract&#232;re auguste du Pontife et du Pr&#234;tre est une source de sanctification ; et le contact de leur main sacr&#233;e op&#232;re d&#233;j&#224; &#224; lui seul sur les cr&#233;atures, quand il s'exerce en vertu du sacerdoce de J&#233;sus-Christ qui r&#233;side en eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pronon&#231;ant les paroles suivantes, l'&#201;v&#234;que b&#233;nit par trois fois les eaux de la fontaine, en produisant sur elles le signe de la croix : &#171; Je te b&#233;nis donc, cr&#233;ature d'eau, par le Dieu vivant, par le Dieu v&#233;ritable, parle Dieu saint ; par le Dieu qui, au commencement, te s&#233;para de la terre d'une seule parole, et dont l'Esprit &#233;tait port&#233; sur toi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici l'&#201;v&#234;que, nous montrant les eaux appel&#233;es d&#233;j&#224; &#224; f&#233;conder le Paradis terrestre, qu'elles parcouraient en quatre fleuves, les divise encore avec sa main, et les r&#233;pand vers les quatre parties du monde qui plus tard devaient recevoir la pr&#233;dication du saint bapt&#234;me. Il accomplit ce rite si expressif, en prof&#233;rant les paroles qui suivent : &#171; Par le Dieu qui te fit jaillir de la fontaine du Paradis, et te divisa en quatre fleuves, en te commandant d'arroser toute la terre ; qui dans le d&#233;sert t'enleva ton amertume, et te restituant ta douceur, te rendit potable, et qui plus tard te fit sortir de la pierre pour apaiser la soif de son peuple. Je te b&#233;nis aussi par J&#233;sus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui, &#224; Cana de Galil&#233;e, par un signe admirable de son pouvoir, te changea en vin ; qui marcha sur toi &#224; pied sec ; qui fut baptis&#233; en toi par Jean, dans le Jourdain ; qui te fit sortir, avec le sang, de son c&#244;t&#233; ouvert ; et qui commanda &#224; ses disciples de baptiser en toi ceux qui croiraient, leur disant Allez, enseignez toutes les nations, et baptisez-les au nom du P&#232;re, et du Fils, et du Saint-Esprit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce moment, l'&#201;v&#234;que suspend le mode triomphant de la Pr&#233;face, et prononce les paroles qui vont suivre sur un ton plus simple. Apr&#232;s avoir marqu&#233; les eaux du signe de la croix, il invoque sur elles l'action f&#233;condante de l'Esprit-Saint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Esprit-Saint porte un nom qui signifie Souffle ; il est le souffle divin, ce vent violent qui se lit entendre dans le C&#233;nacle. Le Pontife exprime ce divin caract&#232;re de la troisi&#232;me personne divine, en soufflant trois fois sur les eaux de la fontaine en forme de croix ; puis il continue, sans reprendre encore le mode de la Pr&#233;face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant ensuite le Cierge pascal, il en plonge l'extr&#233;mit&#233; int&#233;rieure dans le bassin. Ce rite exprime le myst&#232;re du bapt&#234;me du Christ dans le Jourdain, au jour o&#249; les eaux re&#231;urent les arrhes de leur divin pouvoir. Le Fils de Dieu &#233;tait descendu dans le fleuve, et l'Esprit-Saint reposait sur sa t&#234;te en forme de colombe. Aujourd'hui, ce ne sont plus seulement les arrhes qui sont donn&#233;es ; l'eau re&#231;oit v&#233;ritablement la vertu promise, par l'action des deux divines personnes. C'est pour cela que l'&#201;v&#234;que, reprenant le ton de la Pr&#233;face, s'&#233;crie en plongeant dans l'eau le Cierge myst&#233;rieux, symbole du Christ, sur lequel plane la c&#233;leste Colombe : &#171; Que la vertu du Saint-Esprit descende sur toute l'eau de cette fontaine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces paroles, le Pontife retire le Cierge de l'eau, puis le replongeant plus avant, il r&#233;p&#232;te d'un ton de voix plus &#233;lev&#233; : &#171; Que la vertu du Saint-Esprit descende sur toute l'eau de cette fontaine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant encore retir&#233; le Cierge, il le plonge une troisi&#232;me fois jusqu'au fond du bassin, chantant d'une voix plus &#233;clatante encore ces m&#234;mes paroles : &#171; Que la vertu du Saint-Esprit descende sur toute l'eau de cette fontaine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, avant de retirer le Cierge de l'eau, l'&#201;v&#234;que se penche sur la fontaine ; et, pour unir dans un symbole visible la puissance de l'Esprit-Saint &#224; la vertu du Christ, il fait une nouvelle insufflation sur les eaux, non plus en forme de croix, mais en tra&#231;ant avec son souffle cette lettre de l'alphabet grec, &#968; qui est la premi&#232;re du mot Esprit en cette langue ; puis il reprend sa solennelle pri&#232;re par ces paroles : &#171; Qu'elle donne la f&#233;condit&#233; &#224; cette eau, et la rende capable de r&#233;g&#233;n&#233;rer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On enl&#232;ve alors le Cierge pascal de la fontaine, et l'&#201;v&#234;que termine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s que le peuple a r&#233;pondu Amen, un des Pr&#234;tres asperge rassembl&#233;e avec l'eau de la fontaine, et un des clercs inf&#233;rieurs vient y plonger un vase qu'il retire plein de cette eau, et qui est destin&#233; pour le service de l'&#233;glise et pour l'aspersion des maisons des fid&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pri&#232;res de la b&#233;n&#233;diction de l'eau sont achev&#233;es ; et cependant la sainte &#201;glise n'a pas accompli encore, en faveur de cet &#233;l&#233;ment, tout ce qu'elle a r&#233;solu de faire. Jeudi dernier, elle a &#233;t&#233; mise de nouveau en possession des gr&#226;ces de l'Esprit-Saint par le don des Huiles sacr&#233;es ; et elle veut aujourd'hui honorer la fontaine du salut, en &#233;panchant dans ses eaux les pr&#233;cieuses liqueurs dont le renouvellement a &#233;t&#233; accueilli avec tant de joie. Le peuple fid&#232;le apprendra &#224; v&#233;n&#233;rer toujours davantage la source purifiante du salut des hommes, dans laquelle se r&#233;unissent tous les symboles de l'adoption divine. L'&#201;v&#234;que, prenant l'ampoule qui contient l'Huile des cat&#233;chum&#232;nes, en r&#233;pand sur les eaux, disant ces paroles : &#171; Que cette fontaine soit sanctifi&#233;e et rendue f&#233;conde par l'infusion de l'huile du salut, pour donner la vie &#233;ternelle &#224; ceux qui rena&#238;tront de son sein. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, prenant le vase du Saint-Chr&#234;me, il en verse aussi dans la fontaine, en disant : &#171; Que l'infusion du Chr&#234;me de notre Seigneur J&#233;sus-Christ et du Saint-Esprit Consolateur s'op&#232;re au nom de la sainte Trinit&#233;. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, tenant dans sa main droite le Chr&#234;me et dans sa main gauche l'Huile des cat&#233;chum&#232;nes, il verse des deux fioles &#224; la fois sur les eaux, et dit en accomplissant cette libation sacr&#233;e qui exprime la surabondance de la gr&#226;ce baptismale : &#171; Que le m&#233;lange du Chr&#234;me de sanctification et de l'Huile d'onction avec l'Eau baptismale s'op&#232;re, au nom du P&#232;re, et du Fils, et du Saint-Esprit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces paroles, l'&#201;v&#234;que &#233;tend avec la main les Huiles saintes sur la surface de l'eau, afin qu'elle participe tout enti&#232;re &#224; ce dernier degr&#233; de sanctification ; et apr&#232;s avoir essuy&#233; ses mains, il se retire un moment &#224; l'&#233;cart, pour d&#233;pouiller ceux des v&#234;tements sacr&#233;s qui pourraient g&#234;ner son action dans l'administration du bapt&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LE BAPT&#202;ME.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pontife repara&#238;t bient&#244;t au bord de la fontaine sacr&#233;e, et l'on appelle successivement les &#233;lus. Ils s'avancent un &#224; un, conduits, les hommes par le parrain, et les femmes par la marraine. L'&#201;v&#234;que se place sur une estrade d'o&#249; il domine la fontaine. Le cat&#233;chum&#232;ne, d&#233;pouill&#233; de ses habits en la partie sup&#233;rieure, descend les degr&#233;s du bassin et p&#233;n&#232;tre dans l'eau, &#224; port&#233;e de la main du Pontife. Alors celui-ci, &#233;levant la voix, l'interroge : &#171; Croyez-vous, lui dit-il, en Dieu P&#232;re tout-puissant, cr&#233;ateur du ciel et de la terre ? &#8212; J'y crois, r&#233;pond le cat&#233;chum&#232;ne. &#8212; Croyez-vous en J&#233;sus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui est n&#233; et a souffert ? &#8212;J'y crois. &#8212; Croyez-vous au Saint-Esprit, la sainte &#201;glise catholique, la communion des saints, la r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s, la r&#233;surrection de la chair et la vie &#233;ternelle ? &#8212; J'y crois. &#187; Apr&#232;s avoir re&#231;u la confession de la foi, le Pontife adresse &#224; l'&#233;lu cette demande : &#171; Voulez-vous &#234;tre baptis&#233; ? &#8212; Je le veux, &#187; r&#233;pond l'&#233;lu. Alors le Pontife, &#233;tendant la main sur la t&#234;te du cat&#233;chum&#232;ne, la plonge par trois fois dans les eaux de la fontaine, en disant : &#171; Je vous baptise, au nom du P&#232;re, et du Fils, et du Saint-Esprit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois fois l'&#233;lu a disparu enti&#232;rement sous les eaux ; elles se sont referm&#233;es au-dessus de lui, et le d&#233;robaient &#224; tous les regards. Le grand Ap&#244;tre nous explique cette partie du myst&#232;re. Les eaux ont &#233;t&#233; pour l'&#233;lu le tombeau o&#249; il s'est trouv&#233; enseveli avec le Christ ; et comme le Christ, il en sort rendu &#224; la vie. La mort qu'il vient de subir est la mort au p&#233;ch&#233; ; la vie qu'il poss&#232;de d&#233;sormais est la vie de la gr&#226;ce&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rom. VI, 4.&#034; id=&#034;nh5-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le myst&#232;re complet de la r&#233;surrection de l'Homme-Dieu se reproduit ainsi dans le chr&#233;tien baptis&#233;. Mais avant que l'&#233;lu sorte de l'eau, un rite profond vient compl&#233;ter en lui la ressemblance avec le Fils de Dieu. J&#233;sus &#233;tait encore dans les eaux du Jourdain, lorsque la divine Colombe descendit sur sa t&#234;te ; avant que le n&#233;ophyte soit sorti de la fontaine, un pr&#234;tre r&#233;pand aussi sur sa t&#234;te le Chr&#234;me, don de l'Esprit-Saint. Cette onction indique dans l'&#233;lu le caract&#232;re royal et sacerdotal du chr&#233;tien qui, par son union avec J&#233;sus-Christ son chef, participe, dans un certain degr&#233;, &#224; la Royaut&#233; et au Sacerdoce de ce divin M&#233;diateur. Combl&#233; ainsi des faveurs du Verbe &#233;ternel et de l'Esprit-Saint, adopt&#233; par le P&#232;re qui voit en lui un membre de son propre Fils, le n&#233;ophyte sort de la fontaine par les degr&#233;s du bord oppos&#233;, semblable &#224; ces brebis du divin Cantique qui remontent du lavoir o&#249; elles ont purifi&#233; leur blanche toison&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cant. IV, 2.&#034; id=&#034;nh5-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le parrain l'attend sur le bord ; il lui donne la main pour remonter, et s'empresse de le couvrir d'un linge et d'essuyer l'eau sainte qui ruisselle de ses membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;v&#234;que continue sa noble fonction ; autant de fois qu'il plonge un p&#233;cheur dans les eaux, autant de fois un juste rena&#238;t de la fontaine. Mais il ne peut continuer longtemps d'op&#233;rer &#224; lui seul un minist&#232;re dans lequel les pr&#234;tres peuvent le suppl&#233;er. Lui seul peut conf&#233;rer aux n&#233;ophytes l'auguste sacrement qui doit les confirmer par le don de l'Esprit-Saint ; et s'il attendait pour exercer ce pouvoir divin le moment o&#249; tous les cat&#233;chum&#232;nes auront &#233;t&#233; r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s, on arriverait au grand jour avant d'avoir accompli tous les myst&#232;res de cette sainte nuit. Il se borne donc &#224; conf&#233;rer par lui-m&#234;me le saint bapt&#234;me &#224; quelques &#233;lus, hommes, femmes et enfants, et laisse aux pr&#234;tres le soin de recueillir le reste de la moisson du P&#232;re de famille. Dans le baptist&#232;re, est un lieu sp&#233;cial appel&#233; Chrismarium, parce que c'est l&#224; que le Pontife doit conf&#233;rer le sacrement du Chr&#234;me ; il s'y rend, et monte sur le tr&#244;ne qui lui a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;. On le rev&#234;t de nouveau des ornements sacr&#233;s qu'il avait d&#233;pos&#233;s pour descendre &#224; la fontaine ; et tout aussit&#244;t on am&#232;ne &#224; ses pieds les n&#233;ophytes qu'il vient de baptiser, et successivement ceux qui sont r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s par le minist&#232;re des pr&#234;tres. Il remet &#224; chacun d'eux une robe blanche qu'ils porteront jusqu'au Samedi suivant, et il leur dit : &#171; Recevez le v&#234;tement blanc, saint et immacul&#233; ; et portez-le au tribunal de notre Seigneur J&#233;sus-Christ pour avoir la vie &#233;ternelle. &#187; Les n&#233;ophytes, ayant re&#231;u cet &#233;loquent symbole, se retirent sous les tentes qui ont &#233;t&#233; dress&#233;es dans le Baptist&#232;re ; ils y d&#233;pouillent leurs v&#234;tements tremp&#233;s d'eau, en prennent d'autres qui leur ont &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s, et avec l'aide de leurs parrains ou de leurs marraines, se rev&#234;tent pardessus de la robe blanche qu'ils ont re&#231;ue de l'&#201;v&#234;que. Ils retournent alors au Chrismarium, o&#249; le sacrement de la Confirmation va leur &#234;tre conf&#233;r&#233; solennellement par le Pontife.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LA CONFIRMATION.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi, au milieu des solennit&#233;s de la cons&#233;cration du Chr&#234;me, le Pontife rappelait &#224; Dieu lui-m&#234;me, dans un langage sublime, que lorsque les eaux eurent accompli leur minist&#232;re, en purifiant la terre, la Colombe parut sur le monde renouvel&#233;, portant en son bec le rameau d'olivier qui annon&#231;ait la paix et le r&#232;gne de celui qui a emprunt&#233; &#224; l'Onction le nom sacr&#233; qu'il porte &#224; jamais. Nos n&#233;ophytes, purifi&#233;s aussi dans l'eau, attendent maintenant aux pieds du Pontife les faveurs de la divine Colombe, et le gage de paix dont l'olive est le symbole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; le Chr&#234;me sacr&#233; a &#233;t&#233; r&#233;pandu sur leur t&#232;te ; mais il n'&#233;tait alors que le signe de la dignit&#233; &#224; laquelle ils venaient d'&#234;tre &#233;lev&#233;s A ce moment, il ne signifie plus seulement la gr&#226;ce, il l'op&#232;re dans les &#226;mes ; mais il n'est pas au pouvoir du Pr&#234;tre de donner cette onction qui confirme le chr&#233;tien ; elle r&#233;clame la main sacr&#233;e du Pontife, de qui seul aussi proc&#232;de la cons&#233;cration du Chr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant lui sont rang&#233;s les n&#233;ophytes : les hommes d'un c&#244;t&#233;, les femmes de l'autre ; les enfants entre les bras de leurs parrains et de leurs marraines. Les adultes appuient leur pied droit sur le pied droit de ceux qui leur ont servi de p&#232;re ou de m&#232;re, marquant par ce signe d'union la filiation de la gr&#226;ce dans l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la vue de ce troupeau tendre et fid&#232;le r&#233;uni autour de lui, le Pasteur se r&#233;jouit dans son c&#339;ur, et se levant bient&#244;t de son tr&#244;ne, il s'&#233;crie : &#171; Que l'Esprit-Saint descende en vous, et que la vertu du Tr&#232;s-Haut vous garde de tout p&#233;ch&#233; ! &#187; Puis imposant les mains, il appelle sur eux l'Esprit aux sept dons, &#224; qui seul appartient de confirmer dans les n&#233;ophytes les gr&#226;ces qu'ils ont re&#231;ues dans les eaux del&#224; divine fontaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conduits parleurs r&#233;pondants, ils s'approchent ensuite du Pontife, les uns apr&#232;s les autres, saintement avides de recevoir la pl&#233;nitude du caract&#232;re de chr&#233;tien. L'&#201;v&#234;que ayant plong&#233; son pouce dans le vase qui contient le Chr&#234;me, marque chacun d'eux au front du sceau ineffa&#231;able, en disant : &#171; Je vous marque du signe de la Croix, et je vous confirme du Chr&#234;me du salut, au nom du P&#232;re, et du Fils, et du Saint-Esprit. &#187; Et donnant sur leur joue un l&#233;ger soufflet, qui &#233;tait chez les anciens le signe de l'affranchissement d'un esclave, il les introduit dans la libert&#233; compl&#232;te des enfants de Dieu, en leur disant : &#171; La paix soit avec vous ! &#187; Les ministres du Pontife entourent la t&#234;te des nouveaux confirm&#233;s d'une bandelette destin&#233;e &#224; garantir de tout contact profane la partie du front qui a re&#231;u l'impression du Chr&#234;me sacr&#233;. Le n&#233;ophyte doit garder durant sept jours ce bandeau, et ne le d&#233;poser qu'avec la robe blanche dont il vient de se rev&#234;tir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant au milieu de tous ces sublimes myst&#232;res, les heures de la nuit se sont succ&#233;d&#233; ; et le moment approche de c&#233;l&#233;brer, par un sacrifice de joie, l'instant supr&#234;me o&#249; le Christ va sortir du tombeau. Il est temps que le Pasteur reconduise au temple saint son heureux troupeau qui vient de prendre un si glorieux accroissement. Il est temps de donnera ces ch&#232;res brebis la nourriture divine &#224; laquelle elles ont droit d&#233;sormais. Les portes du Baptist&#232;re s'ouvrent, et la procession se met en marche vers la Basilique. Le Cierge pascal, colonne de feu, pr&#233;c&#232;de l'essaim des n&#233;ophytes, dont les robes blanches re&#231;oivent les premiers rayons de l'aurore. Le peuple fid&#232;le suit le Pontife et le clerg&#233;, qui rentrent triomphants dans l'&#233;glise. Durant la marche, on chante de nouveau le cantique de Mo&#239;se, apr&#232;s le passage de la mer Rouge. L'&#201;v&#234;que se rend au Secretarium, o&#249; il se rev&#234;t des habits sacr&#233;s, tout resplendissants de la pompe pascale ; et durant cet intervalle, les chantres ex&#233;cutent la derni&#232;re Litanie, dont les invocations se r&#233;p&#232;tent trois fois. Dans la liturgie actuelle, on ne chante plus qu'une seule fois la Litanie, dans tout le cours de cette Fonction ; elle accompagne le retour du clerg&#233; au ch&#339;ur, apr&#232;s la b&#233;n&#233;diction des Fonts, et les invocations ne s'y r&#233;p&#232;tent que deux fois. Dans les &#233;glises qui ne poss&#232;dent pas de Fonts baptismaux, on chante cette Litanie apr&#232;s l'Oraison qui suit la douzi&#232;me Proph&#233;tie ; et jusqu'&#224; l'invocation qui commence par le mot Peccatores, le C&#233;l&#233;brant et ses ministres se tiennent prostern&#233;s sur les marches de l'autel, implorant la b&#233;n&#233;diction c&#233;leste pour les n&#233;ophytes que l'&#201;glise enfante aujourd'hui, sur les divers points de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA MESSE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Litanie solennelle tire &#224; sa fin ; et d&#233;j&#224; le ch&#339;ur des chantres est arriv&#233; au cri d'invocation qui la termine : Kyrie eleison ! Le Pontife s'avance du Secretarium vers l'autel, avec la majest&#233; des plus grands jours. A sa vue, les chantres prolongent la m&#233;lodie sur les paroles de supplication, et les r&#233;p&#232;tent trois fois, trois fois ils y ajoutent la pri&#232;re au Fils de Dieu : Christe eleison ! Et enfin trois fois l'invocation &#224; l'Esprit-Saint : Kyrie eleison ! Pendant qu'ils ex&#233;cutent ces chants, l'&#201;v&#234;que a pr&#233;sent&#233; &#224; Dieu, au pied de l'autel, ses premiers hommages et offert l'encens au Tr&#232;s-Haut ; en sorte que l'Antienne ordinaire, qui porte le nom d'Intro&#239;t, n'a point &#233;t&#233; n&#233;cessaire pour accompagner la marche sacr&#233;e du Secretarium &#224; l'autel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Basilique commence &#224; s'illuminer des premi&#232;res lueurs de l'aurore ; et l'&#233;toile du matin qui, selon les paroles du Diacre, est venue m&#234;ler sa clart&#233; &#224; la flamme du Cierge pascal, p&#226;lit d&#233;j&#224; devant l'astre du jour, figure du divin Soleil de justice. L'assembl&#233;e des fid&#232;les, partag&#233;e en diverses sections, les hommes sous la galerie &#224; droite, les femmes sous la galerie &#224; gauche, a re&#231;u dans ses rangs les nouvelles recrues. Pr&#232;s des portes, la place des cat&#233;chum&#232;nes est vide ; et sous les nefs lat&#233;rales, aux places d'honneur, on distingue les n&#233;ophytes &#224; leur robe blanche, &#224; leur bandeau, au cierge allum&#233; qu'ils tiennent dans leurs mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'encensement de l'autel est termin&#233;. Tout &#224; coup, &#244; triomphe du Fils de Dieu ressuscit&#233; ! La voix du Pontife entonne avec transport l'Hymne Ang&#233;lique : &#171; Gloire &#224; Dieu au plus haut des cieux ; et sur la terre paix aux hommes de bonne volont&#233; ! &#187; A ces accents, les cloches, muettes depuis trois jours, retentissent en vol&#233;e dans le Campanile a&#233;rien de la Basilique ; et l'enthousiasme de notre sainte foi fait palpiter tous les c&#339;urs. Le peuple saint continue avec ardeur le Cantique c&#233;leste ; et lorsqu'il est achev&#233;, l'&#201;v&#234;que r&#233;sume dans l'Oraison suivante les v&#339;ux de toute l'&#201;glise en faveur de ses nouveaux enfants : &#171; Dieu, qui illuminez cette nuit sacr&#233;e des splendeurs de la R&#233;surrection du Seigneur, conservez dans ces nouveaux enfants de votre famille l'Esprit d'adoption que vous leur avez donn&#233; ; afin que, renouvel&#233;s de corps et d'esprit, ils vous servent dans la puret&#233;. Par le m&#234;me J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la Collecte, le Sous-Diacre monte &#224; l'ambon de l'&#201;p&#238;tre, et lit les imposantes paroles que le grand Ap&#244;tre adresse aux n&#233;ophytes en ce moment m&#234;me o&#249; ils viennent de ressusciter avec J&#233;sus-Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lecture si br&#232;ve, mais dont tous les mots sont si profonds, &#233;tant achev&#233;e, le Sous-Diacre descend de l'ambon, et vient s'arr&#234;ter devant le tr&#244;ne de l'&#201;v&#234;que. Apr&#232;s avoir salu&#233; la majest&#233; du Pontife par une profonde inclination, il prononce d'une voix &#233;clatante ces paroles qui retentissent dans toute la Basilique, et vont r&#233;veiller de nouveau l'all&#233;gresse dans toutes les &#226;mes : &#171; V&#233;n&#233;rable P&#232;re, je vous annonce une grande joie : c'est l'All&#233;luia ! &#187; L'Ev&#234;que se l&#232;ve, et plein d'un feu divin, il chante All&#233;luia ! sur un mode joyeux. Le ch&#339;ur r&#233;p&#232;te apr&#232;s lui All&#233;luia ! et deux fois encore l'&#233;change de ce cri c&#233;leste a lieu entre le ch&#339;ur et le Pontife, A ce moment, toutes les tristesses pass&#233;es s'&#233;vanouissent ; on sent que les expiations de la sainte Quarantaine ont &#233;t&#233; agr&#233;&#233;es par la majest&#233; divine, et que le P&#232;re des si&#232;cles, par les m&#233;rites de son Fils ressuscit&#233;, pardonne &#224; la terre, puisqu'il lui rend le droit de faire entendre le cantique de l'&#233;ternit&#233;. Le ch&#339;ur ajoute ce verset du Roi-Proph&#232;te, qui c&#233;l&#232;bre la mis&#233;ricorde de J&#233;hovah : &#171; C&#233;l&#233;brez le Seigneur, parce qu'il est bon ; parce que sa mis&#233;ricorde est &#224; jamais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il manque cependant quelque chose encore aux joies de cette journ&#233;e. J&#233;sus est sorti du tombeau ; mais &#224; l'heure o&#249; nous sommes, il ne s'est pas encore manifest&#233; &#224; tous. Sa sainte M&#232;re, Madeleine et les autres saintes femmes, sont seules &#224; l'avoir vu ; ce soir seulement, il se montrera &#224; ses Ap&#244;tres. Nous sommes donc encore &#224; l'aurore de la R&#233;surrection ; c'est pourquoi l'&#201;glise exprime une derni&#232;re fois la louange du Seigneur, sous la forme quadrag&#233;simale du Trait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que le ch&#339;ur chante ce cantique de David sur un mode qui retient encore quelque accent de tristesse, le Diacre se dirige vers l'ambon, d'o&#249; il doit faire entendre les paroles du saint &#201;vangile. Les Acolytes ne l'accompagnent pas avec leurs flambeaux ; mais le thurif&#233;raire le pr&#233;c&#232;de avec l'encens. C'est encore ici une allusion aux &#233;v&#233;nements de cette grande matin&#233;e. Les femmes soin venues au tombeau avec des parfums ; mais la foi de la r&#233;surrection ne brillait pas dans leurs &#226;mes. L'encens figure leurs parfums ; l'absence des flambeaux signifie que cette foi n'&#233;tait pas encore en elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la lecture de l'&#201;vangile, le Pontife n'entonne point le majestueux Symbole de la foi. La sainte &#201;glise le r&#233;serve pour la Messe solennelle qui r&#233;unira de nouveau le peuple fid&#232;le. Elle suit heure par heure les phases du divin myst&#232;re, et veut rappeler en ce moment l'intervalle qui s'&#233;coula avant que les Ap&#244;tres, qui devaient annoncer partout la foi de la r&#233;surrection, lui eussent eux-m&#234;mes rendu hommage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir donne le salut au peuple, le Pontife se pr&#233;pare &#224; offrir &#224; la majest&#233; divine le pain et le vin qui vont servir au Sacrifice ; et par une d&#233;rogation &#224; l'usage observ&#233; dans toutes les Messes, le ch&#339;ur des chantres n'ex&#233;cute pas la solennelle Antienne connue sous le nom d'Offertoire. Chaque jour, cette Antienne accompagne la marche des fid&#232;les vers l'autel, lorsqu'ils vont pr&#233;senter le pain et le vin qui doivent leur &#234;tre rendus, dans la communion, transform&#233;s au corps et au sang de J&#233;sus-Christ. Mais la fonction s'est d&#233;j&#224; beaucoup prolong&#233;e ; si l'ardeur des &#226;mes est toujours la m&#234;me, la fatigue des corps se fait sentir, et les petits enfants que l'on tient &#224; jeun pour la communion annoncent d&#233;j&#224; par leurs cris la souffrance qu'ils &#233;prouvent. Le pain et le vin, mati&#232;re du divin Sacrifice, seront aujourd'hui fournis par l'&#201;glise ; et les n&#233;ophytes n'en viendront pas moins s'asseoir &#224; la table du Seigneur, bien qu'ils n'aient pas pr&#233;sent&#233; eux-m&#234;mes le pain et le vin &#224; la barri&#232;re sacr&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir fait l'offrande, et encens&#233; le pain et le vin pr&#233;par&#233;s, puis l'autel lui-m&#234;me, le Pontife r&#233;sume les v&#339;ux de l'assistance dans la Secr&#232;te, qui est suivie de la Pr&#233;face pascale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Canon s'ouvre, et le myst&#232;re divin s'op&#232;re. Rien n'est chang&#233; dans l'ordre des c&#233;r&#233;monies sacr&#233;es, jusqu'au moment qui pr&#233;c&#232;de la Communion. C'est un usage qui remonte aux temps apostoliques, que les fid&#232;les, avant de participer au corps et au sang du Seigneur, se donnent mutuellement le baiser fraternel, en pronon&#231;ant ces paroles : &#171; La paix soit avec vous ! &#187; A cette premi&#232;re Messe pascale, on omet cette touchante coutume. Ce n'est qu'au soir du jour de sa r&#233;surrection que J&#233;sus adressa ces m&#234;mes paroles &#224; ses disciples rassembl&#233;s. La sainte &#201;glise, pleine de respect pour les moindres circonstances de la vie de son c&#233;leste &#201;poux, aime &#224; les retracer dans sa conduite. C'est par le m&#234;me motif qu'elle omet aujourd'hui le chant de l'Agnus Dei, qui, du reste, ne date que du VIIe si&#232;cle, et qui pr&#233;sente &#224; sa troisi&#232;me r&#233;p&#233;tition ces paroles : &#171; Donnez-nous la paix &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le moment est venu auquel les n&#233;ophytes vont, pour la premi&#232;re fois, go&#251;ter le pain de vie et boire le breuvage c&#233;leste que le Christ a institues &#224; la derni&#232;re C&#232;ne. Initi&#233;s par l'eau et l'Esprit-Saint, ils ont d&#233;sormais le droit de s'asseoir au banquet sacr&#233; ; et la tunique blanche qui les couvre annonce assez que leur &#226;me a rev&#234;tu la robe nuptiale exig&#233;e des convives au festin de l'Agneau. Ils s'approchent du saint autel avec joie et respect. Le Diacre leur donne le corps du Seigneur, et leur pr&#233;sente ensuite le calice du sang divin. Les petits enfants sont admis aussi ; et le Diacre, plongeant son doigt dans la coupe sacr&#233;e, fait tomber dans leur bouche innocente quelques gouttes de la divine liqueur. Enfin, pour montrer que, dans ces premi&#232;res heures de leur bapt&#234;me, tous sont &#171; semblables &#224; de tendres enfants qui viennent de na&#238;tre, &#187; comme parle le prince des Ap&#244;tres, on donne &#224; tous, apr&#232;s la Communion sainte, un peu de lait et un peu de miel, symboles de l'enfance, et en m&#234;me temps souvenir de la terre promise par le Seigneur &#224; son peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, tout &#233;tant accompli, l'&#201;v&#234;que ach&#232;ve les pri&#232;res du Sacrifice, en demandant au Seigneur l'esprit de concorde entre tous les fr&#232;res qu'une m&#234;me P&#226;que a r&#233;unis dans la participation aux m&#234;mes myst&#232;res. La m&#234;me &#201;glise les a port&#233;s dans son sein maternel, la m&#234;me fontaine les a enfant&#233;s &#224; la vie ; ils sont les membres d'un m&#234;me Chef divin ; le m&#234;me Esprit les a marqu&#233;s de son sceau, le m&#234;me P&#232;re c&#233;leste les r&#233;unit dans son adoption. Le signal ayant &#233;t&#233; donn&#233; par le Diacre au nom du Pontife, l'assembl&#233;e se s&#233;pare, et les fid&#232;les, sortant de l'&#201;glise, se retirent dans leurs maisons, en attendant que l'heure du Sacrifice solennel les rassemble de nouveau, pour c&#233;l&#233;brer avec plus de pompe encore la f&#234;te des f&#234;tes, la P&#226;que de la R&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LES V&#202;PRES.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les si&#232;cles o&#249; l'&#201;glise c&#233;l&#233;brait la grande Veille de P&#226;ques, dont nous venons de donner la description, le Samedi saint n'avait pas l'Office de V&#234;pres. La Veille commen&#231;ait vers l'heure de None, et se poursuivait, comme on l'a vu, jusqu'aux premi&#232;res heures de la matin&#233;e du lendemain. Ce ne fut que plus tard, lorsque la coutume eut autoris&#233; l'anticipation de la Messe de la nuit de P&#226;ques &#224; la matin&#233;e du Samedi saint, que l'on songea &#224; disposer un Office des V&#234;pres pour ce dernier jour de la Semaine sainte. La matin&#233;e &#233;tant enti&#232;rement remplie par les grands rites que nous avons expos&#233;s, l'&#201;glise r&#233;solut d'adopter pour cet Office une forme tr&#232;s br&#232;ve, et empreinte en m&#234;me temps du caract&#232;re joyeux qui convient apr&#232;s le retour de l'All&#233;luia. Ces V&#234;pres furent dispos&#233;es de mani&#232;re &#224; faire corps avec la Messe. On les entonne apr&#232;s la Communion, et la Postcommunion sert pour conclure &#224; la fois la Messe et les V&#234;pres. C'est cette m&#234;me Oraison qui terminait autrefois la grande Veille pascale, et que nous avons rappel&#233;e tout &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le C&#233;l&#233;brant encense l'autel &#224; l'ordinaire pendant le Cantique &#233;vang&#233;lique ; et lorsque l'Antienne a &#233;t&#233; r&#233;p&#233;t&#233;e, il chante &#224; l'autel l'Oraison suivante : &#171; R&#233;pandez sur nous, Seigneur, l'Esprit de votre charit&#233; ; afin que ceux qui ont &#233;t&#233; nourris par vous dans le myst&#232;re pascal conservent d&#233;sormais entre eux, par votre secours, une pareille concorde. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Oraison termin&#233;e, le Diacre, en donnant aux fid&#232;les le signal de se retirer, ajoute &#224; la formule ordinaire deux All&#233;luias ; et cette pratique s'observe &#224; la fin de toutes les Messes, jusqu'&#224; samedi prochain inclusivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Messe se conclut par la b&#233;n&#233;diction du C&#233;l&#233;brant, et par la lecture accoutum&#233;e de l'&#201;vangile de saint Jean.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la fonction de ce grand jour, qui n'a presque rien perdu sous le rapport des pri&#232;res et des c&#233;r&#233;monies, mais qui n&#233;anmoins, avec l'anticipation actuelle des heures et l'absence de la c&#233;l&#233;bration du bapt&#234;me, avait besoin d'&#234;tre rapproch&#233;e, comme nous l'avons fait, des usages de l'antiquit&#233;, pour recouvrer toute sa grandeur et toute sa signification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le courant de l'apr&#232;s-midi, selon l'usage des lieux, le Cur&#233; visite toutes les maisons de sa paroisse, et les asperge avec l'eau baptismale qui a &#233;t&#233; tir&#233;e des Fonts, avant l'infusion de l'Huile sainte. Cette pieuse coutume, qui s'exerce peu dans nos contr&#233;es, rappelle le commandement que Dieu fit &#224; son peuple, en la premi&#232;re P&#226;que, de sanctifier par le sang de l'Agneau leurs maisons pour le passage de l'Ange ; et elle attire sur nos demeures une protection particuli&#232;re de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE SOIR.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La description des pompes baptismales nous a distraits de la pens&#233;e du Christ renferm&#233; dans le tombeau ; cependant l'heure de sa r&#233;surrection n'est pas arriv&#233;e ; et il nous est utile de m&#233;diter quelques instants encore sur le myst&#232;re des trois jours durant lesquels l'&#226;me du R&#233;dempteur demeura s&#233;par&#233;e de son corps. Ce matin nous sommes all&#233;s visiter le s&#233;pulcre au sein duquel repose la d&#233;pouille mortelle du Fils de Dieu ; nous avons ador&#233; ce sacr&#233; corps, auquel Madeleine et ses compagnes se pr&#233;parent &#224; aller rendre demain, d&#232;s le grand matin, de nouveaux devoirs. En ce moment, il convient d'offrir nos hommages &#224; l'&#226;me sainte de J&#233;sus. Elle n'habite point le tombeau o&#249; son corps est &#233;tendu ; suivons-la dans les lieux o&#249; elle r&#233;side, en attendant qu'elle vienne ranimer les membres sacr&#233;s dont la mort l'a s&#233;par&#233;e pour un temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au centre de la terre s'&#233;tendent quatre vastes r&#233;gions o&#249; nul homme vivant ne p&#233;n&#233;trera jamais ; la r&#233;v&#233;lation divine nous a seule renseign&#233;s sur leur existence. La plus &#233;loign&#233;e de nous est l'enfer des damn&#233;s, s&#233;jour &#233;pouvantable o&#249; Satan et ses anges sont vou&#233;s, avec les r&#233;prouv&#233;s de la race humaine, aux flammes vengeresses de l'&#233;ternit&#233;. C'est l'affreuse cour du prince des t&#233;n&#232;bres, au sein de laquelle il ne cesse de former contre Dieu et contre son &#339;uvre des plans pervers et sans cesse d&#233;jou&#233;s. Plus pr&#232;s de nous est le limbe o&#249; sont d&#233;tenues les &#226;mes des enfants qui sortirent de ce monde avant d'avoir &#233;t&#233; r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s. Selon la doctrine la plus autoris&#233;e dans l'&#201;glise, les h&#244;tes de ce s&#233;jour ne souffrent aucun tourment, et quoiqu'ils ne soient point appel&#233;s &#224; voir jamais l'essence divine, ils ne sont pas incapables d'un bonheur naturel et proportionn&#233; &#224; leurs d&#233;sirs. Une troisi&#232;me r&#233;gion au-dessus de celle qu'habitent les &#226;mes de ces enfants, est le lieu des expiations o&#249; les &#226;mes sorties de ce monde avec le don de la gr&#226;ce ach&#232;vent de purifier leurs souillures, pour &#234;tre admises &#224; la r&#233;compense &#233;ternelle. Enfin, plus pr&#232;s de nous encore, est le limbe o&#249; le peuple entier des saints qui sont morts depuis le juste Abel jusqu'au moment o&#249; le Christ a expir&#233; sur la croix, est retenu captif sous les ombres. L&#224; sont nos premiers parents, No&#233;, Abraham, Mo&#239;se, David, les Proph&#232;tes anciens ; Job, le saint Arabe, et les autres justes de la gentilit&#233; ; les saints personnages dont la vie tient d&#233;j&#224; &#224; celle du Christ : Joachim, p&#232;re de Marie, et Anne sa m&#232;re ; Joseph, l'&#201;poux de la Vierge et le P&#232;re nourricier de J&#233;sus ; Jean, son pr&#233;curseur, avec ses vertueux parents Zacharie et &#201;lisabeth.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; ce que la porte du ciel ait &#233;t&#233; ouverte par le sang r&#233;dempteur, aucun juste ne peut monter vers Dieu. Au sortir de ce monde, les &#226;mes les plus saintes ont d&#251; descendre dans les entrailles de la terre. Mille endroits de l'Ancien Testament d&#233;signent les enfers comme le s&#233;jour des justes qui ont le mieux servi et honor&#233; Dieu ; et c'est seulement dans le Nouveau qu'il est parl&#233; du Royaume des Cieux. Cette demeure temporaire ne conna&#238;t cependant pas d'autres peines que celles de l'attente et de la captivit&#233;. Les &#226;mes qui l'habitent sont pour toujours dans la gr&#226;ce, assur&#233;es d'un bonheur sans fin ; elles supportent avec r&#233;signation cette rel&#233;gation s&#233;v&#232;re, suite du p&#233;ch&#233; ; mais elles voient avec une joie toujours croissante approcher le moment de leur d&#233;livrance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fils de Dieu ayant accept&#233; toutes les conditions de l'humanit&#233;, et ne devant triompher que par sa r&#233;surrection, et n'ouvrir les portes du ciel que par son Ascension, son &#226;me, s&#233;par&#233;e du corps par le glaive de la mort, devait descendre aussi dans ces lieux bas de la terre, et partager un moment le s&#233;jour des justes exil&#233;s. &#171; Le Fils de l'homme, avait-il dit, sera trois jours dans le c&#339;ur de la terre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XII. 40.&#034; id=&#034;nh5-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Mais autant son entr&#233;e dans ces lieux sombres devait &#234;tre salu&#233;e par les acclamations du peuple saint, autant devait-elle d&#233;ployer de majest&#233;, et montrer la force et la gloire de l'Emmanuel. Au moment o&#249; J&#233;sus a rendu sur la croix son dernier soupir, le limbe des justes s'est vu tout &#224; coup illumin&#233; des splendeurs du ciel. L'&#226;me du R&#233;dempteur unie &#224; la divinit&#233; du Verbe est descendue en un instant au milieu de ces ombres, et du lieu de l'exil elle a fait un paradis. C'est la promesse du Christ mourant au voleur repentant : &#171; Aujourd'hui tu seras avec moi en Paradis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui pourrait dire le bonheur des justes, &#224; ce moment attendu depuis tant de si&#232;cles ; leur admiration et leur amour &#224; la vue de cette &#226;me divine qui vient &#224; la fois partager et dissiper leur exil ? Quels regards de bont&#233; l'&#226;me de J&#233;sus arr&#234;te sur cet immense troupeau d'&#233;lus que quarante si&#232;cles lui ont fourni, sur cette portion de son &#201;glise qu'il a acquise par son sang, et &#224; qui les m&#233;rites de ce sang divin furent appliqu&#233;s par la mis&#233;ricorde du P&#232;re, avant m&#234;me qu'il f&#251;t verse ! Nous qui, au sortir de ce monde, avons l'espoir de monter vers celui qui est all&#233; nous pr&#233;parer une place dans les cieux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIV, 2.&#034; id=&#034;nh5-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, unissons-nous aux joies de nos p&#232;res, et adorons la condescendance de notre Emmanuel, qui daigne s'arr&#234;ter trois jours dans ces demeures souterraines, pour ne laisser rien dans les destin&#233;es, m&#234;me passag&#232;res, de l'humanit&#233;, qu'il n'ait accept&#233; et sanctifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans cette visite aux lieux infernaux, le Fils de Dieu vient aussi manifester son pouvoir. Sans descendre substantiellement au s&#233;jour de Satan, il y fait sentir sa pr&#233;sence ; et il faut &#224; ce moment que le superbe prince de ce monde fl&#233;chisse le genou et s'humilie. Dans ce J&#233;sus qu'il a fait crucifier par les Juifs, il reconna&#238;t maintenant le propre Fils de Dieu. L'homme est sauv&#233;, la mort est d&#233;truite, le p&#233;ch&#233; est effac&#233; ; d&#233;sormais ce n'est plus au sein d'Abraham que descendront les &#226;mes des justes : c'est au ciel, avec les Anges fid&#232;les, qu'elles s'&#233;l&#232;veront pour y r&#233;gner avec le Christ, leur divin Chef. Le r&#232;gne de l'idol&#226;trie va succomber ; les autels sur lesquels Satan recevait l'encens de la terre sont &#233;branl&#233;s et crouleront partout. La maison du fort arm&#233; est forc&#233;e par son adversaire divin ; ses d&#233;pouilles lui sont enlev&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XII, 29.&#034; id=&#034;nh5-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; la c&#233;dille de notre condamnation est arrach&#233;e au serpent, et la croix qu'il avait vu s'&#233;lever pour le Juste, avec tant de joie, a &#233;t&#233; pour lui, selon l'&#233;nergique expression de saint Antoine, comme un hame&#231;on meurtrier que l'on pr&#233;sente sous un app&#226;t au monstre marin qui meurt en se d&#233;battant, apr&#232;s l'avoir avale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#226;me de J&#233;sus fait sentir aussi sa pr&#233;sence aux justes qui soupirent dans les feux de l'expiation. Sa mis&#233;ricorde all&#232;ge leurs souffrances et abr&#232;ge le temps de leur &#233;preuve. Plusieurs d'entre eux voient finir leurs peines durant ces trois jours, et se joignent &#224; la foule des saints, pour entourer de leurs v&#339;ux et de leur amour celui qui ouvre les portes du ciel. Il n'est pas contraire &#224; la foi chr&#233;tienne de penser, avec de doctes th&#233;ologiens, que le s&#233;jour de l'Homme-Dieu dans la r&#233;gion voisine du limbe des enfants leur apporta aussi quelque consolation ; et qu'ils connurent alors qu'un jour ils reprendront leurs corps, et verront s'ouvrir pour eux une demeure moins sombre et plus riante que celle o&#249; la divine justice les retient captifs jusqu'au jour du grand jugement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous saluons et nous vous adorons, &#226;me de notre R&#233;dempteur, durant ces heures que vous daignez passer avec nos p&#232;res, dans les entrailles de la terre. Nous glorifions votre bont&#233; ; nous admirons votre tendresse envers vos &#233;lus dont vous avez daign&#233; faire vos fr&#232;res. Nous vous rendons gr&#226;ces d'avoir humili&#233; notre redoutable ennemi ; daignez l'abattre toujours sous nos pieds. Mais, &#244; Emmanuel, assez longtemps vous avez habit&#233; la tombe, il est temps de r&#233;unir votre &#226;me &#224; son corps. Le ciel et la terre attendent votre r&#233;surrection, et d&#233;j&#224; votre &#201;glise impatiente de revoir son &#201;poux a prononc&#233; l'All&#233;luia ! Sortez du s&#233;pulcre, auteur de la vie ! Triomphez de la mort et r&#233;gnez &#224; jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Missel ambrosien nous donnera, pour terminer cette journ&#233;e et ce volume, l'une de ses plus belles pi&#232;ces liturgiques. C'est la Pr&#233;face pour la b&#233;n&#233;diction du Cierge pascal, dans laquelle le myst&#232;re de cette derni&#232;re nuit est traite avec une onction touchante et un accent po&#233;tique digne d'un si grand sujet.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;PR&#201;FACE.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Vere, quia dignum et justum est, &#230;quum et salutare, nos tibi semper hic, et ubique gratias agere, Domine sancte, Pater omnipotens, &#230;terne Deus. Qui populorum Pascha cunctorum, non pecudum cruore, nec adipe, sed Unigeniti tui Domini nostri Jesu Christi sanguine, corporeque dedicasti ; ut supploso ritu gentis ingrat&#230;, legi gratia succederet, et una victima, per semetipsam tu&#230; Majestati semel oblata, mundi totius expiaret offensam.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il est digne et juste, &#233;quitable et salutaire que nous vous rendions de continuelles actions de gr&#226;ces, ici et en tout lieu, Seigneur saint, P&#232;re tout-puissant, Dieu &#233;ternel, qui avez consacr&#233; la P&#226;que &#224; laquelle vous conviez tous les peuples, non par le sang et la graisse des agneaux, mais par le sang et par le corps de votre Fils unique J&#233;sus-Christ Notre-Seigneur. En abolissant le rite d'une nation ingrate, vous avez fait succ&#233;der la gr&#226;ce &#224; la loi ; et une victime unique offerte une seule fois et par elle-m&#234;me &#224; votre Majest&#233;, a suffi &#224; la r&#233;paration des offenses du monde entier.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Hic est Agnus lapideis pr&#230;figuratus in tabulis : non abductus e gregibus, sed evectus e c&#339;lo : non pastore indigens, sed Pastor bonus ipse tantummodo : qui animam suam pro suis posuit ovibus, et rursus assumpsit ; ut nobis et humilitatem divina dignatio, et spem resurrectio corporalis ostenderet. Qui coram tondente se non vocem queruli balatus emisit, sed evangelico proclamavit oraculo, dicens : Amodo videbitis Filium hominis sedentem ad dexteram Majestatis. Ipse nobis et te reconciliet, Pater omnipotens, et pari tecum Majestate fultus indulgeat.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;C'est l&#224; cet Agneau figur&#233; sur les tables de pierre ; non tir&#233; d'un troupeau, mais venu du ciel ; non conduit par un pasteur, mais lui-m&#234;me le bon et unique Pasteur qui a donn&#233; sa vie pour ses brebis, et qui l'a reprise de nouveau ; la bont&#233; divine nous donnant en lui la le&#231;on de l'humilit&#233; et l'esp&#233;rance de la r&#233;surrection pour nos corps. Cet agneau ne fit point entendre son b&#234;lement plaintif &#224; celui qui le tondait ; mais il pronon&#231;a alors cet oracle &#233;vang&#233;lique : Un jour vous verrez le Fils de l'homme assis &#224; la droite de la Majest&#233; divine. Qu'il daigne donc nous r&#233;concilier avec vous, P&#232;re tout-puissant ; et qu'il nous soit propice lui-m&#234;me dans sa Majest&#233; &#233;gale &#224; la v&#244;tre.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Nam qu&#230; patribus in figura contingebant, nobis in veritate proveniunt. Ecce jam ignis columna resplendet, qu&#230; plebem Domini beat&#230; noctis tempore ad salutaria fluenta pr&#230;ibat : in quibus persecutor mergitur, et Christi populus liberatus emergit. Nam Sancti Spiritus unda conceptus, per Adam natus ad mortem, per Christum regignitur ad vitam. Solvamus igitur voluntarie celebrata jejunia, quia Pascha nostrum immolatus est Christus ; nec solum corpore epulemur Agni, sed etiam inebriemur et sanguine. Hujus enim tantummodo cruor non creat piaculum bibentibus, sed salutem. Ipso quoque vescamur et Azymo, quoniam non desolo pane vivit homo, sed de omni verbo Dei. Siquidem hic est Panis, qui descendit e c&#339;lo, longe pr&#230;stantior illo quondam mann&#230; imbre frugifluo, quo tunc Israel epulatus interiit. Hoc vero qui vescitur corpore, vitas perennis possessor existit.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Voici maintenant que s'accomplit pour nous en r&#233;alit&#233; ce qui arriva en figure &#224; nos p&#232;res. D&#233;j&#224; resplendit la colonne de feu qui guida, durant la nuit sacr&#233;e, le peuple du Seigneur vers les eaux dans lesquelles il devait trouver son salut ; vers ces eaux qui engloutissent le pers&#233;cuteur, et du sein desquelles le peuple du Christ remonte d&#233;livr&#233;. Con&#231;u de nouveau dans l'eau f&#233;cond&#233;e par le Saint-Esprit, le fils d'Adam, n&#233; pour la mort, rena&#238;t &#224; la vie par le Christ. H&#226;tons-nous donc de rompre notre je&#251;ne solennel ; car le Christ notre P&#226;que a &#233;t&#233; immol&#233;. Non seulement nous sommes convi&#233;s au festin du corps de l'Agneau, mais nous devons encore nous enivrer de son sang. Ce breuvage n'est point imput&#233; &#224; crime pour ceux qui le boivent, mais il est en eux le principe du salut. Nourrissons-nous aussi de celui qui est l'Azyme ; car l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole de Dieu. Le Christ est le pain descendu du ciel, bien sup&#233;rieur &#224; celui qui pleuvait du ciel dans la manne, et dont Isra&#235;l fit son festin pour mourir ensuite. Celui dont ce corps sacr&#233; est l'aliment devient possesseur de l'&#233;ternelle vie.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ecce vetera transierunt : facta sunt omnia nova. Nam Circumcisionis Mosaic&#230; mucro jam scabruit, et Jesu Nave acuta lapidum obsolevit asperitas ; Christi vero populus insignitur in fronte, non inguine : lavacro, non vulnere : Chrismate, non cruore.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Les choses anciennes ont disparu, tout est devenu nouveau : le couteau de la circoncision mosa&#239;que est &#233;mouss&#233;, et le rude tranchant de la pierre employ&#233;e par Josu&#233; est hors d'usage. C'est au front et non en secret, que le peuple du Christ re&#231;oit sa marque glorieuse ; c'est par un bain et non par une blessure, par le Chr&#234;me et non par le sang.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Decet ergo in hoc Domini Salvatoris nostri vespertin&#230; Resurrectionis adventu ceream nos adolere pinguedinem, cui suppetit candor in specie, suavitas in odore, splendor in lumine : qu&#230; nec marcescenti liquore defluit, nec offensam tetri nidoris exhalat. Quid enim magis accommodum, magis festivum, quam ut Jesseico flori floreis excubemus et t&#230;dis ? Pr&#230;sertim cum et Sapientia de semetipsa cecinerit : Ego sum flos agri, et lilium convallium. Ceras igitur nec pinus exusta desudat, nec crebris sauciata bipennibus cedrus illacrymat ; sed est illis arcana de virginitate creatio ; et ips&#230; transfiguratione nivei candoris albescunt. Eamdem vero papyrum liquida fontis unda producit : qu&#230; instar insontis anim&#230; nullis articulatur sinuata compagibus ; sed virginali circumsepta materie fit hospitalis ignibus alumna rivorum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il convient donc, en cette nuit de la r&#233;surrection de notre Seigneur et Sauveur, d'allumer un flambeau dont la blancheur flatte les regards, dont le parfum r&#233;jouisse l'odorat, dont l'&#233;clat illumine, dont la mati&#232;re ne cause pas de d&#233;go&#251;t, dont la flamme n'exhale pas une noire fum&#233;e. Quoi, en effet, de plus convenable, de plus joyeux, que de c&#233;l&#233;brer les veilles de la nuit en l'honneur de celui qui est la fleur de Jess&#233;, avec des torches dont la mati&#232;re est emprunt&#233;e aux fleurs ? La Sagesse a chant&#233;, parlant d'elle-m&#234;me : Je suis la fleur des champs et le lis des vallons. La cire n'est point une sueur arrach&#233;e au pin par le feu ; elle n'est point une larme enlev&#233;e au c&#232;dre par les coups r&#233;p&#233;t&#233;s de la hache ; sa source est myst&#233;rieuse et virginale ; et si elle &#233;prouve une transformation, c'est en prenant la blancheur de la neige. Devenue liquide par la fusion, sa surface est unie comme le papyrus ; pareille &#224; l'&#226;me innocente, aucune division ne vient la briser, et sa substance, toujours pure, descend en ruisseaux pour devenir l'aliment de la flamme.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Decet ergo adventum Sponsi dulcatis Ecclesiam luminaribus opperiri : et largitatem sanctitatis acceptam quanta valet devotionis dote, pensare : nec sanctas interpolare tenebris excubias ; sed t&#230;dam sapienter perpetuis pr&#230;parare luminibus : ne, dum oleum candelis adjungitur, adventum Domini tardo prosequamur obsequio : qui certe in ictu oculi, ut coruscus, adveniet.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il convient que l'&#201;glise attende l'arriv&#233;e de son &#201;poux &#224; la lueur de si doux flambeaux, et qu'elle reconnaisse par ses d&#233;monstrations le don si abondant de saintet&#233; qu'elle en a re&#231;u. Il convient que les t&#233;n&#232;bres n'aient aucune part dans une si sainte veille, et que cette Vierge sage pr&#233;pare son flambeau, pour pr&#233;luder &#224; l'&#233;ternelle lumi&#232;re ; de peur que si nous avions encore &#224; verser l'huile dans nos lampes, nous ne fussions tardifs dans nos hommages, &#224; l'av&#232;nement du Seigneur qui doit arriver en un clin d'&#339;il, et semblable &#224; l'&#233;clair.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Igitur in hujus diei vespere cuncta venerabilis sacramenti plenitudo colligitur : et, qu&#230; diversis sunt pr&#230;figurata, vel gesta temporibus, hujus noctis curriculo devoluta supplentur. Nam primum hoc vespertinum lumen, sicut illa dux Magorum stella, pr&#230;cedit. Deinde mysticas regenerationis unda subsequitur, velut dignante Domino fluenta Jordanis. Tertio resurrectionem Christi vox apostolica Sacerdotis annuntiat. Tum ad totius mysterii supplementum, Christo vescitur turba fidelium. Qu&#230; summi Sacerdotis, et Antistitis tui Ambrosii oratione sanctificata et meritis, resurrectionis Dominic&#230; diem, Christo in omnibus prosperante, suscipiat.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le soir de ce jour recueille &#224; lui seul la pl&#233;nitude des plus augustes myst&#232;res. Tout ce qui fut figur&#233; ou accompli en divers temps est rassembl&#233; dans la solennit&#233; de la nuit qui va suivre. Ce flambeau du soir ouvre d'abord la f&#234;te, semblable &#224; l'&#233;toile qui conduisit les Mages. La fontaine myst&#233;rieuse de r&#233;g&#233;n&#233;ration parait ensuite, semblable au Jourdain, th&#233;&#226;tre de la mis&#233;ricorde du Seigneur. Vient apr&#232;s la voix apostolique du pr&#234;tre, annon&#231;ant la R&#233;surrection du Christ. Enfin, pour compl&#233;ment du myst&#232;re tout entier, la foule des fid&#232;les se nourrit de la chair du Sauveur. Rendue sainte par la pri&#232;re et les m&#233;rites de votre grand Pr&#234;tre et Pontife Ambroise, qu'elle re&#231;oive donc, par le secours du Christ, toutes les faveurs du grand jour de la r&#233;surrection.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DANS LA JOURN&#201;E.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;Collecte au Latran pour les Cat&#233;chum&#232;nes.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le samedi pascal comportait dans l'antiquit&#233; un je&#251;ne si rigoureux qu'il se prolongeait du vendredi soir jusqu'&#224; l'aurore de la r&#233;surrection. A Rome, les enfants eux-m&#234;mes n'en &#233;taient pas dispens&#233;s. C'est pour cette raison qu'on ne c&#233;l&#233;brait pas aujourd'hui le banquet eucharistique, puisque toute l'&#201;glise &#233;tait comme dans la pieuse attente de l'arriv&#233;e de la nuit sacr&#233;e o&#249; l'on solenniserait le myst&#232;re de la r&#233;surrection du Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Samedi saint de grand matin, au Latran, l'archidiacre faisait fondre de la cire ; il y r&#233;pandait du chr&#234;me, la b&#233;nissait et la versait en de petits moules ovales sur lesquels &#233;tait imprim&#233;e l'image du mystique Agneau de Dieu. Ces Agnus Dei &#233;taient ensuite distribu&#233;s aux fid&#232;les &#224; la messe du samedi in Albis, comme eulogies et souvenirs de la solennit&#233; pascale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hors de Rome, l&#224; o&#249; &#233;tait en vigueur l'ancien rite du Lucernaire du soir et de la b&#233;n&#233;diction du cierge pascal, la cire dont se tiraient les Agnus Dei &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment celle qui restait du grand cierge destin&#233; &#224; &#233;clairer l'ambon dans la nuit de P&#226;ques. Toutefois Rome consentit plus tard seulement &#224; adopter ce rite du Lucernaire pascal et pour s'adapter &#224; l'usage r&#233;pandu depuis le Ve si&#232;cle, de distribuer au peuple des Agnus Dei de cire, elle en attribua la confection &#224; l'archidiacre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut remarquer en effet qu'&#224; Rome, &#224; la diff&#233;rence des autres &#201;glises, ces eulogies papales &#233;taient sans relation avec le cierge pascal. Durant le bas moyen &#226;ge, la signification et l'efficacit&#233; de ces Agnus Dei furent d&#233;crites dans les vers l&#233;onins suivants :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Hymnus &lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Hymne &lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Balsamus et munda cera cum chrismatis unda,&lt;br class='manualbr' /&gt;ConficiuntAgnum, quod munus do tibi magnum.&lt;br class='manualbr' /&gt;Fonte velut natum, per mystica sanctificatum.&lt;br class='manualbr' /&gt;Fulgura desursum pellit et omne malignum.&lt;br class='manualbr' /&gt;Peccatum frangit, ut Christi sanguis et angit,&lt;br class='manualbr' /&gt;Pregnans servatur, simul et partus liberatur.&lt;br class='manualbr' /&gt;Munera fert dignis, virtutem destruit ignis,&lt;br class='manualbr' /&gt;Portatus munde, de fluctibus eripit und&#230;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Morte repentina servat, Satan&#230;que ruina,&lt;br class='manualbr' /&gt;Si quis honorat eum retinet super hostem troph&#230;um.	&lt;br class='manualbr' /&gt;Parsque minor tantum, tota valet integra quantum.	&lt;br class='manualbr' /&gt;Agnus Dei, miserere mei ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Qui crimina tollis, miserere nobis.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Le baume et la cire pure joints &#224; la liqueur du chr&#234;me,&lt;br class='manualbr' /&gt;Composent l'Agneau que je t'offre comme un don pr&#233;cieux.&lt;br class='manualbr' /&gt;Comme n&#233; de la fontaine, sanctifi&#233; par des myst&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;Il &#233;loigne la foudre et tout mal.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il brise le p&#233;ch&#233;, et le d&#233;truit, tout comme le fait le sang du Christ,&lt;br class='manualbr' /&gt;Il conserve la m&#232;re, et lui vaut une heureuse d&#233;livrance.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il apporte des dons &#224; ceux qui en sont dignes, il d&#233;truit la force du feu ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Port&#233; dignement, il arrache aux flots de l'onde.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il pr&#233;serve de la mort subite, et des malheurs sataniques ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Si quelqu'un l'honore, il aura la victoire sur l'ennemi.&lt;br class='manualbr' /&gt;Un fragment vaut autant que l'Agnus entier.&lt;br class='manualbr' /&gt;Agneau de Dieu, ayez piti&#233; de moi ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Vous qui effacez les p&#233;ch&#233;s, ayez piti&#233; de nous.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Dans les si&#232;cles plus rapproch&#233;s de nous, la b&#233;n&#233;diction des Agnus Dei fut r&#233;serv&#233;e aux pontifes romains, qui ont l'habitude de l'accomplir solennellement au commencement de leur pontificat, puis tous les cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les Ordines Romani, le Samedi saint, vers l'heure de tierce, les cat&#233;chum&#232;nes se r&#233;unissaient une avant-derni&#232;re fois au Latran dans la basilique du Sauveur. Les gar&#231;ons se rangeaient &#224; droite, et les filles &#224; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#234;tre commen&#231;ait par tracer sur leur front le signe de la r&#233;demption ; puis, imposant les mains sur la t&#234;te de chacun, il r&#233;citait l'exorcisme : Nec te lateat, Satana, qui fait encore partie du rituel baptismal pour les adultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'injonction faite &#224; Satan de se retirer et de faire place &#224; l'Esprit Saint, pour &#233;voquer le souvenir du Sauveur qui, d'un peu de salive et au commandement : Ephpheta gu&#233;rissait les aveugles, les sourds et les muets, le pr&#234;tre touchait, de son doigt humect&#233; de salive, le nez et les oreilles des cat&#233;chum&#232;nes, leur disant encore &#224; chacun : &#171; Ouvre-toi &#224; la gr&#226;ce du Saint-Esprit. Et toi, d&#233;mon, va-t'en, car le jugement de Dieu est imminent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'antiquit&#233;, alors que le monde demeurait en grande partie corrompu et idol&#226;tre, le bapt&#234;me des adultes comportait vraiment une conversion d&#233;cisive &#224; Dieu, et &#233;tait le r&#233;sultat d'une lutte supr&#234;me entre l'&#226;me et le d&#233;mon. L'&#226;me voulait s'affranchir de la servitude honteuse de Satan, qui, par les s&#233;ductions du vice et la force des passions, faisait tout pour ne pas laisser &#233;chapper sa proie. L'instant o&#249; le cat&#233;chum&#232;ne descendait dans la piscine baptismale &#233;tait le moment d&#233;cisif de la lutte ; aussi, &#224; l'imitation de ce qu'avaient coutume de faire les athl&#232;tes dans le stade, o&#249;, avant de commencer &#224; lutter, ils oignaient d'huile leurs membres, la sainte M&#232;re &#201;glise oignait ses athl&#232;tes avec l'huile b&#233;nite des cat&#233;chum&#232;nes, afin de les fortifier pour le combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moment &#233;tait solennel. A la demande du Pontife : &#171; Renonces-tu &#224; Satan ? &#187; chacun des aspirants, l'index tendu vers l'Occident, r&#233;gion des ombres, du couchant et des t&#233;n&#232;bres nocturnes, disait : &#171; Je renonce &#224; toi, &#244; Satan, &#224; ta gloire, &#224; tes &#339;uvres. &#187; Puis, se tournant vers l'Orient, le candidat pronon&#231;ait la formule sainte de sa cons&#233;cration : &#171; Je me d&#233;die &#224; toi, &#244; Lumi&#232;re incr&#233;&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une nouvelle imposition des mains du pr&#234;tre et un nouvel exorcisme, venait la c&#233;r&#233;monie tr&#232;s solennelle de la redditio Symboli, dans laquelle les cat&#233;chum&#232;nes devaient faire leur profession de foi chr&#233;tienne, selon la formule qui leur avait &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;demment expliqu&#233;e par le Pontife, dans la station &lt;a href='https://introibo.fr/spip.php?article204'&gt;in aperitione aurium, le mercredi pr&#233;c&#233;dant le dimanche de la Passion&lt;/a&gt;. Les Ordines Romani qui nous d&#233;crivent les rites de l'initiation chr&#233;tienne en usage au VIIIe si&#232;cle simplifient beaucoup ici la c&#233;r&#233;monie, et font r&#233;citer le Credo &#8212; et c'est l&#224; la premi&#232;re destination liturgique du symbole : une formule pr&#233;baptismale de foi catholique &#8212; par le pr&#234;tre seul ; pendant qu'il imposait les mains sur les aspirants. Mais saint Augustin, nous d&#233;crivant dans ses Confessions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Confess., lib. VII, 11.&#034; id=&#034;nh5-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; la conversion du rh&#233;teur Victorin, nous dit qu'&#224; Rome il &#233;tait d'usage que les cat&#233;chum&#232;nes eux-m&#234;mes, chacun &#224; son tour, r&#233;citassent le symbole &#224; l'ambon, en pr&#233;sence du peuple, d&#233;clarant ainsi publiquement leur foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand arriva le tour de Victorin, ajoute le saint, les pr&#234;tres par &#233;gard &#224; la c&#233;l&#233;brit&#233; de sa r&#233;putation, lui offrirent de recevoir en particulier sa profession de foi, lui &#233;pargnant ainsi cette comparution en public ; mais le pieux converti ne voulut pas accepter cette exception faite en sa faveur, observant que, de m&#234;me qu'autrefois il n'avait pas &#233;prouv&#233; de difficult&#233; &#224; tenir publiquement &#233;cole d'&#233;loquence, ainsi ne pouvait-il se dispenser maintenant d'annoncer devant la multitude du peuple sa foi chr&#233;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il monta donc &#224; l'ambon. En le voyant, la foule poussa un cri de joie et d'admiration tout ensemble : Victorin ! Victorin ! Et Victorin, intr&#233;pide &#224; l'ambon, r&#233;cita au milieu de l'&#233;motion de l'assembl&#233;e son Credo, ce Credo qui, sur ses l&#232;vres et en ce moment, rev&#234;tait une signification sp&#233;ciale, puisqu'il repr&#233;sentait une nouvelle victoire de la folie de la Croix sur tout l'orgueil de la sagesse charnelle. C'&#233;tait une nouvelle apologie du christianisme, un triomphe de la Foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une derni&#232;re pri&#232;re, les cat&#233;chum&#232;nes &#233;taient cong&#233;di&#233;s : Catechumeni recedant. Filii charissimi, revertimini in locis vestris, expectantes horam qua possit circa vos Dei gratia baptismum operari&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Que les cat&#233;chum&#232;nes se retirent. Fils tr&#232;s chers, retournez chez vous, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que le Christ, durant toute la journ&#233;e du sabbat, avait repos&#233; dans le s&#233;pulcre, ainsi, en ce m&#234;me jour, les fid&#232;les, je&#251;nant et priant, avaient coutume d'attendre que l'astre des nuits appar&#251;t au ciel, pour se rendre alors au baptist&#232;re apostolique de la via Salaria ou du Vatican, o&#249;, primitivement, l'on administrait le bapt&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les anciens Ordines on ne parle pas d'Office divin le Samedi saint. Outre un mobile de sage discr&#233;tion, eu &#233;gard au je&#251;ne et aux fatigues de la vigile pascale qui allait commencer, il semblait, tant que le Christ &#233;tait retenu dans le s&#233;pulcre, que la pri&#232;re priv&#233;e s'adaptait mieux au pieux symbolisme de cette attente. Le psautier nous apprend tr&#232;s heureusement &#224; p&#233;n&#233;trer ce myst&#232;re, puisqu'un grand nombre de psaumes d&#233;crivent pr&#233;cis&#233;ment les sentiments de J&#233;sus qui, dans l'obscurit&#233; de la tombe, supplie le P&#232;re de lui accorder le triomphe de sa r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au soir de la parasc&#232;ve, le terrible artisan, qui avait accompli son &#339;uvre r&#233;paratrice pour trente deniers, &#8212; et qui, par la bouche de J&#233;r&#233;mie avait m&#234;me d&#233;fi&#233; Isra&#235;l de trouver quelque chose &#224; reprendre &#224; son travail et &#224; l'&#233;quit&#233; du salaire, &#8212; cet artisan inflexible s'&#233;tait pourtant &#233;tendu sur son lit de repos, et les disciples, portant son cadavre au tombeau, avaient chant&#233;, selon le rituel fun&#233;raire des H&#233;breux, le beau psaume : Qui habitat in adiutorio Altissimi, avec le verset fatidique : In pace, in idipsum dormiam et requiescam&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ps. 9 : &#171; Qui demeure &#224; l'abri du Tr&#232;s-Haut &#187; et Ps. 4 : &#171; En paix, je me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant l'humiliation et le sacrifice devaient &#234;tre complets, et tandis que l'&#226;me de J&#233;sus annon&#231;ait la R&#233;demption d&#233;j&#224; accomplie aux tr&#233;pass&#233;s se trouvant dans les Limbes, son corps, &#224; l'&#233;gal d'un grain de bl&#233; d&#233;pos&#233; dans le sein de la terre, devait subir l'humiliation du tombeau ; personne ne pourrait, de la sorte, douter de la v&#233;rit&#233; de sa mort, et, par suite, de sa r&#233;surrection future. Bien plus, pour exclure toute possibilit&#233; de doute, tous les amis de J&#233;sus sont &#233;loign&#233;s de sa tombe, et les Juifs sont eux-m&#234;mes charg&#233;s par la sagesse de Dieu d'ex&#233;cuter la reconnaissance juridique des faits qui se d&#233;roulent &#224; l'int&#233;rieur de la caverne s&#233;pulcrale. Le Sanh&#233;drin y appose donc ses sceaux, et place ses gardes en faction afin que personne n'ose toucher, d'aucune fa&#231;on, &#224; ce tombeau... Mais quoi ?... A l'aube du troisi&#232;me jour, le Christ ressuscite triomphant de la mort ; les ap&#244;tres, et, durant plus de dix-neuf si&#232;cles l'&#201;glise, le pr&#234;chent vraiment vivant &#224; toutes les nations croyantes, qui, gr&#226;ce &#224; la foi, ont part, elles aussi, &#224; sa r&#233;surrection. Et Isra&#235;l ? Tandis que l'humanit&#233; tout enti&#232;re, en une P&#226;que sans fin, c&#233;l&#232;bre son propre triomphe sur la mort et sur l'enfer, la Synagogue se tient encore, en armes, au s&#233;pulcre du Crucifi&#233;, pr&#234;te &#224; mettre la main &#224; l'&#233;p&#233;e si le Christ osait briser les sceaux du Sanh&#233;drin et sortir libre de sa tombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps o&#249; J&#233;sus demeure au tombeau d&#233;signe fort bien celui de notre vie pr&#233;sente, qui n'est qu'une attente de notre future et compl&#232;te r&#233;surrection. Maintenant, nous commen&#231;ons &#224; ressusciter &#224; la gr&#226;ce, et c'est pourquoi cette nuit, c&#233;l&#233;brant la solennit&#233; pascale, nous ne disons pas la P&#226;que du Christ, mais bien Pascha nostrum immolatus est, notre P&#226;que a &#233;t&#233; immol&#233;e. Toutefois la f&#234;te n'est pas compl&#232;te ; trop de choses demeurent en nous inertes dans le s&#233;pulcre de la nature corrompue, ou sont encore envelopp&#233;es dans les ombres de l'ignorance. La Foi cependant nous soutient, et l'esp&#233;rance se porte garante pour nous aussi. Mais, en attendant, nous devons nous r&#233;signer &#224; passer, dans une pieuse attente, notre mystique Samedi saint. Cette r&#233;surrection partielle de l'&#226;me nous est accord&#233;e comme par anticipation &#8212; de m&#234;me que la discipline eccl&#233;siastique actuelle anticipe la c&#233;l&#233;bration de la r&#233;surrection de J&#233;sus au dernier jour du Car&#234;me. Mais il s'agit d'un simple acompte. Il demeure toujours vrai qu'aujourd'hui c'est le temps de la passion et du car&#234;me. Elle viendra, elle viendra, la P&#226;que v&#233;ritable et compl&#232;te dans sa plus vaste signification. Et quand ? Lorsque le Christ, lui aussi, cessera d'offrir quotidiennement, par la main de ses pr&#234;tres, les myst&#232;res eucharistiques comm&#233;morant sa mort, et inaugurera sur l'autel du ciel une liturgie nouvelle, celle de l'universelle et &#233;ternelle P&#226;que de r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA VEILL&#201;E SACR&#201;E&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;Station au Latran &lt;br class='manualbr' /&gt;(primitivement &#224; Saint-Pierre).&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Avant-hier, le Christ crucifi&#233; s'est rev&#234;tu pour nous de mal&#233;diction ; il est mort sur un gibet d'infamie, abandonn&#233; comme un coupable &#224; l'inexorable justice de Dieu, non moins qu'&#224; la rage de l'enfer et &#224; la haine de ses ennemis. Il est mort, et avec lui est morte toute l'humanit&#233; ; comme elle mourut une premi&#232;re fois &#224; la saintet&#233; et &#224; l'innocence originelle &#224; cause du p&#233;ch&#233; d'Adam, ainsi, dans le Christ et par le Christ, elle meurt maintenant au p&#233;ch&#233; et &#224; l'ancienne Loi, se rendant, par le moyen de la foi, solidaire de l'expiation et du sacrifice de J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant le moment est enfin arriv&#233; o&#249; cette pauvre humanit&#233; bris&#233;e, meurtrie, d&#233;chir&#233;e dans le divin Crucifi&#233;, mais qui a toutefois donn&#233; &#224; Dieu une satisfaction proportionn&#233;e &#224; son erreur, va &#234;tre r&#233;int&#233;gr&#233;e dans son ancien honneur. Sur la croix, J&#233;sus s'abandonne et se livre au P&#232;re. Le P&#232;re agr&#233;e cette offrande et, recevant dans son c&#339;ur ce don, &#8212; un froid cadavre, tout couvert de crachats et de blessures, &#8212; il le r&#233;chauffe et lui communique sa vie. J&#233;sus ressuscite &#224; l'aube du troisi&#232;me jour, mais comme il avait associ&#233; &#224; son expiation toute l'humanit&#233;, ainsi unit-il &#224; son triomphe son corps mystique tout entier, sur lequel il r&#233;pand, en qualit&#233; de Chef, la gloire de sa r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc mort comme l'enseigne l'Ap&#244;tre, &#224; cause de nos p&#233;ch&#233;s, et il est ressuscit&#233; pour en d&#233;truire les effets, nous restituant, avec la gr&#226;ce et la justice, le droit &#224; la gloire. La P&#226;que de J&#233;sus est donc notre P&#226;que, puisque, si au soir de la Parasc&#232;ve nous sommes tous morts en lui sur la Croix, cette nuit, en lui encore, nous ressuscitons &#224; une vie nouvelle selon Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; le motif pour lequel l'&#201;glise, sp&#233;cialement en Occident, a r&#233;serv&#233; &#224; la f&#234;te pascale, d&#232;s l'antiquit&#233; la plus recul&#233;e, l'administration solennelle du bapt&#234;me, par lequel, comme l'explique saint Paul, nous descendons dans la piscine comme pour y &#234;tre ensevelis avec le Christ, et de l&#224;, ressusciter &#224; l'image de sa saintet&#233;, &#224; une vie nouvelle de gr&#226;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un lien intime entre le bapt&#234;me et la f&#234;te de P&#226;ques ; aussi l'&#201;glise, dans la solennelle liturgie de cette semaine, entrelace-t-elle et fond ensemble ces deux concepts, ces deux r&#233;surrections, pour chanter les gloires d'une unique P&#226;que, celle de J&#233;sus Chef et de son corps mystique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une ancienne tradition orientale rapportait que la venue finale du Christ &#8212; laquelle, gr&#226;ce &#224; la r&#233;surrection universelle des corps, peut vraiment &#234;tre regard&#233;e comme l'ach&#232;vement et la pl&#233;nitude de la P&#226;que chr&#233;tienne &#8212; devait arriver durant la nuit anniversaire de la r&#233;surrection du Seigneur. C'est pourquoi le peuple se r&#233;unissait dans l'&#233;glise et veillait en attente de la Parousie ; apr&#232;s minuit, rien n'&#233;tant apparu du ciel, on en concluait que cette ann&#233;e encore le monde ne finirait pas, et l'on c&#233;l&#233;brait la P&#226;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, l'usage de passer en pri&#232;re la nuit du samedi au dimanche pascal est fort ancien. Tertullien en parle comme d'une loi dont on ignore l'institution, et de laquelle personne ne pouvait s'exempter. Ce ne fut que dans le bas moyen &#226;ge que la c&#233;r&#233;monie fut anticip&#233;e d&#233;finitivement et c&#233;l&#233;br&#233;e l'apr&#232;s-midi, et plus tard, avanc&#233;e m&#234;me jusqu'&#224; la matin&#233;e du samedi saint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus ancienne description de la veill&#233;e pascale nous est fournie par le martyr Justin dans son Apologie ; le bapt&#234;me suivi de la messe doit, d'apr&#232;s son texte, repr&#233;senter pr&#233;cis&#233;ment les rites que nous retra&#231;ons, puisqu'ils succ&#233;daient &#224; un je&#251;ne solennel et public, non seulement des cat&#233;chum&#232;nes, mais de toute la communaut&#233; chr&#233;tienne ; je&#251;ne qui, &#224; cette &#233;poque, ne pourrait &#234;tre identifi&#233; qu'avec le je&#251;ne pr&#233;c&#233;dant la solennit&#233; de la r&#233;surrection du Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque classique de la sainte liturgie &#224; Rome, c'est-&#224;-dire apr&#232;s le temps de saint Gr&#233;goire, toute la c&#233;r&#233;monie de la vigile de P&#226;ques se d&#233;roulait magnifiquement au Latran, ainsi que nous la d&#233;crivent les plus anciens Ordines Romani. A l'origine pourtant, le bapt&#234;me &#224; Rome &#233;tait mis en relation avec Pierre, puisqu'on l'administrait dans le cimeti&#232;re ad Nymphas ubi Petrus baptizabat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ad Nymphas l&#224; o&#249; Pierre baptisait.&#034; id=&#034;nh5-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, entre la voie Nomentane et la voie Salaria, ou dans le sanctuaire apostolique ad Catacumbas, et plus particuli&#232;rement dans le baptist&#232;re damasien &#224; Saint-Pierre. C'est en effet &#224; ce dernier que, selon toute probabilit&#233;, l'on doit rapporter l'inscription lue et recopi&#233;e dans les anciens recueils romains, et que nous avons d&#233;j&#224; cit&#233;e ailleurs : Auxit Apostolic&#230; geminatum Sedis honorem&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Christ a accru le double honneur du Si&#232;ge Apostolique. Cf. Liber (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'importance de ces vers r&#233;side dans le lien qu'ils &#233;tablissent entre le bapt&#234;me romain et les Princes des ap&#244;tres Pierre et Paul. Ce si&#232;ge, dit le po&#232;te anonyme, est d&#233;j&#224; c&#233;l&#232;bre parce que fond&#233; par les deux Chefs du Coll&#232;ge apostolique ; mais le Christ a voulu l'exalter encore plus, car celui &#224; qui Il confia la porte du royaume c&#233;leste, jouit aussi dans ce temple de la seconde clef, qui ouvre les vestibules du ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La c&#233;r&#233;monie qui va se d&#233;rouler sous nos yeux, et qui exprime en des couleurs si suggestives et si vives une sainte et terrible r&#233;alit&#233;, nous voulons dire la r&#233;surrection du Christ et de l'&#201;glise, se compose de trois parties distinctes : d'abord l'office de la vigile, auquel sert de pr&#233;lude le rite de la b&#233;n&#233;diction du lucernaire, puis le bapt&#234;me et enfin la messe. A l'origine, sauf le bapt&#234;me, l'habituelle pannuchis qui, au IIIe si&#232;cle, sanctifiait, chaque semaine, la nuit du samedi au dimanche, ne devait pas comprendre des rites bien diff&#233;rents de ce que le Missel romain actuel prescrit pour la vigile pascale. Bien plus, avant que la pi&#233;t&#233; monastique e&#251;t cr&#233;&#233;, vers le Ve si&#232;cle, le type de l'office nocturne contenu dans nos Br&#233;viaires, l'antiquit&#233; chr&#233;tienne la plus recul&#233;e, en ses ordinaires veill&#233;es dominicales et aux anniversaires des martyrs dans les cryptes des cimeti&#232;res et les Titres urbains, ne connaissait d'autre forme d'office vigilial que celle qui a servi de mod&#232;le pour la r&#233;daction de la solennelle pr&#233;paration liturgique &#224; la f&#234;te de P&#226;ques ; il se trouve ainsi que la c&#233;r&#233;monie actuelle du Missel in Vigiliis Pasch&#230; repr&#233;sente et conserve intact le type de l'office nocturne primitif selon l'usage romain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re partie de la c&#233;r&#233;monie actuelle a pour objet la b&#233;n&#233;diction du feu et du cierge pascal. Elle constitue une alt&#233;ration de la primitive Eucharistia lucernaris, et, comme telle, elle est tout &#224; fait &#233;trang&#232;re &#224; l'antique tradition liturgique du Si&#232;ge apostolique, au point d'&#234;tre absente des plus anciens Ordines Romani. Le m&#233;rite de l'avoir introduite &#224; Rome revient &#224; cette esp&#232;ce de compromis entre les usages gallicans et la liturgie romaine qui fut conclu durant la premi&#232;re p&#233;riode carolingienne ; en sorte que le r&#233;sultat de cette fusion, gr&#226;ce aux nouveaux dominateurs francs, finit par obtenir droit de cit&#233; m&#234;me dans la Ville aux sept collines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'Eucharistia lucernaris, en tant qu'elle se rapporte en particulier &#224; cette premi&#232;re partie de la liturgie romaine de la vigile pascale, il faut observer que toute la b&#233;n&#233;diction actuelle du feu, avec ses quatre collectes de rechange, quelque inspir&#233;es et &#233;mouvantes qu'elles soient vraiment, repr&#233;sente une curieuse &#233;quivoque dans l'interpr&#233;tation de la rubrique et de la terminologie m&#233;di&#233;vale. Il n'y &#233;tait, en effet, question ni de feu ni de brasier, et moins encore de larmes d'encens, l'objet du rite sacr&#233; &#233;tait le Lucernaire ou le fait d'allumer, au d&#233;but de la sainte veill&#233;e, le cierge qui devait br&#251;ler &#224; c&#244;t&#233; du lutrin, comme une sorte de po&#233;tique sacrifice de lumi&#232;re, la cire se d&#233;truisant comme pour rendre hommage &#224; Celui qui est lumi&#232;re de lumi&#232;re, et qui, venu dissiper les t&#233;n&#232;bres du monde, entend &#234;tre pr&#233;cis&#233;ment ce claritatis tu&#230; ignem&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le feu de votre splendeur.&#034; id=&#034;nh5-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dont parle la premi&#232;re oraison, c'est-&#224;-dire ce lumen quod a te sanctificatum atque benedictum est&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette lumi&#232;re que vous avez sanctifi&#233;e et b&#233;nite&#034; id=&#034;nh5-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bien plus, la collecte elle-m&#234;me que maintenant la rubrique du Missel attribue &#224; la b&#233;n&#233;diction des grains d'encens, se rapporte en r&#233;alit&#233; au nocturnum splendorem&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Splendeur nocturne&#034; id=&#034;nh5-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui doit briller, afin que arcana luminis tui admixtione refulgeat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qu'il brille par ses rayons myst&#233;rieux de votre lumi&#232;re&#034; id=&#034;nh5-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En un mot, il s'agit du cierge pascal, dont les fid&#232;les des premiers temps, comme nous l'apprend Ennodius et comme l'atteste encore la pri&#232;re elle-m&#234;me du Missel, avaient coutume d'emporter chez eux de petits fragments &#224; titre d'eulogies : In quocumque loco ex huius sanctificationis mysterio aliquid fuerit deportatum, expulsa diabolica fraudis nequitia, virtus tu&#230; maiestatis assistat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;qu'en tout lieu o&#249; le myst&#232;re de cette b&#233;n&#233;diction sera apport&#233;, les ruses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il subsiste encore quelque chose de cet usage. De nos jours en de nombreux endroits de l'Italie, le peuple conserve une grande d&#233;votion pour les fragments, non plus du cierge pascal, mais de la cire du Lumen Christi que l'on enferme dans de petits sachets de soie pour &#234;tre suspendus au cou des enfants. Nous ne savons comment la pens&#233;e s'est &#224; ce point &#233;cart&#233;e du cierge de la vigile, qu'elle a fini par aboutir aux larmes r&#233;sineuses de l'encens, alors que les mots incensum, incensi sacrificium, incensum lucern&#230; exprimaient sans aucun doute, d&#232;s le Ve si&#232;cle, et visaient le rite de l'allumage du cierge qui, plac&#233; aupr&#232;s de l'ambon, devait &#233;clairer l'&#233;glise durant ces saintes veilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le triple cierge que le diacre allume au chant des mots : Lumen Christi, para&#238;t &#234;tre un autre rite de rechange pour le Lucernaire. Peut-&#234;tre, de la lointaine liturgie hispanique, est-il venu &#224; Rome par l'interm&#233;diaire des rits gallicans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit une troisi&#232;me formule de l'Eucharistia lucernaris, mais cette fois elle est classique, et on l'a attribu&#233;e &#224; saint Augustin. En tout cas, elle date au moins du IVe si&#232;cle, alors que commen&#231;a toute cette floraison de compositions liturgiques en forme d'anaphores, dont le Sacramentaire l&#233;onien nous conserve &#231;a et l&#224; de curieux exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint J&#233;r&#244;me d&#233;plore l'inspiration presque profane que plusieurs diacres de son temps donnaient au pr&#230;conium pascal, citant Virgile &#224; propos des abeilles laborieuses et chastes. De tels th&#232;mes furent d&#233;velopp&#233;s durant plusieurs si&#232;cles encore, &#224; l'occasion de la vigile de P&#226;ques ; le rouleau de l'Exsultet de Bari, du XIIIe si&#232;cle, en est la preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formule romaine se distingue par sa sobri&#233;t&#233; et son onction. Elle n'est pas d&#233;pourvue d'&#233;lan lyrique, et parfois l'inspiration en est si v&#233;h&#233;mente qu'elle semble transporter l'auteur dans les r&#233;gions les plus sublimes de la mystique chr&#233;tienne, par exemple quand il veut &#233;tablir les avantages qui ont r&#233;sult&#233;, pour l'humanit&#233;, de la pr&#233;sente &#233;conomie de la r&#233;demption du monde, perdu jadis par le p&#233;ch&#233;. Sans doute, le plan actuel choisi par Dieu pour atteindre sa glorification gr&#226;ce &#224; J&#233;sus, Sauveur du genre humain, est, entre tous, le plus digne de la Divinit&#233;, le plus glorieux pour le Christ, le plus utile pour nous. En ce sens, l'on peut dire avec l'&#201;glise : O felix culpa, o certe necessarium Ad&#230; peccatum&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;O bienheureuse faute, &#244; vraiment n&#233;cessaire p&#233;ch&#233; d'Adam.&#034; id=&#034;nh5-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, puisque, dans la sagesse de Dieu, ces maux ont &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment les causes occasionnelles d'un si grand bien. Partant, un esprit &#233;troit, qui s'arr&#234;te au simple concept du p&#233;ch&#233; et de l'offense de Dieu, et n'&#233;tend pas ses consid&#233;rations &#224; tout le plan grandiose de la r&#233;paration du monde &#8212; Dieu sachant tirer du mal le plus grand bien &#8212; peut seul trouver &#224; redire &#224; cette formule. Prise en dehors de son contexte, elle surprendrait sans doute une &#226;me pieuse &#8212; et c'est ainsi qu'&#224; Cluny on la supprima &#8212; mais entendue au sens qui ressort de toute la composition, elle exprime avec v&#233;rit&#233; le cri d'enthousiasme et de gratitude qui jaillit de l'&#226;me croyante, quand elle contemple le myst&#232;re de sa r&#233;demption. De m&#234;me, en face du Jugement dernier de Michel-Ange, dans la chapelle Sixtine, un esprit sentant moins fortement que le grand artiste le fr&#233;missement du Dies ir&#230;, dies illa, pourra-t-il trouver exag&#233;r&#233;e et &#233;trange toute cette sc&#232;ne, o&#249;, devant le Juge redoutable, il semble que tremble m&#234;me sa Divine M&#232;re ! Pour comprendre certains puissants effets du g&#233;nie, il faut d'abord les ressentir et cela est vrai par-dessus tout pour la sainte liturgie ; pour bien la go&#251;ter, il est n&#233;cessaire de la vivre en son &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VIGILE DE P&#194;QUES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; I. L' &#171; Eucharistia lucernaris &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#234;tre salue le peuple et r&#233;cite plusieurs formules euchologiques de rechange, qui, primitivement, se rapportaient au cierge allum&#233; au d&#233;but de la vigile et, plus tard seulement, ont &#233;t&#233; appliqu&#233;es &#224; la b&#233;n&#233;diction du feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re pri&#232;re s'inspire du fameux hymne lucernaire de Prudence, o&#249; l'&#233;tincelle jaillie de la pierre s'&#233;l&#232;ve jusqu'&#224; symboliser notre &#226;me, qui tire du Christ, pierre mystique, le feu de la charit&#233; et la vie de la gr&#226;ce : &#171; O Dieu qui par votre Fils, pierre angulaire, avez accord&#233; &#224; vos fid&#232;les le feu de votre splendeur, sanctifiez pour nos usages cette flamme nouvellement tir&#233;e du silex, et faites que cette solennit&#233; pascale nous enflamme &#224; ce point de c&#233;lestes d&#233;sirs, que nous puissions arriver avec un c&#339;ur pur &#224; la f&#234;te &#233;ternelle de votre lumi&#232;re. Par le m&#234;me Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pri&#232;re suivante elle aussi, plut&#244;t qu'au feu, s'applique &#224; la b&#233;n&#233;diction de la lumi&#232;re du soir, selon le rite primitif : &#171; O Seigneur Dieu, P&#232;re tout-puissant, lumi&#232;re ind&#233;fectible, qui &#234;tes l'auteur de toute autre lumi&#232;re ; Vous qui avez illumin&#233; le monde entier, b&#233;nissez aussi cette lumi&#232;re d&#233;j&#224; consacr&#233;e et sanctifi&#233;e par Vous, afin que sa flamme nous r&#233;chauffe et que nous m&#233;ritions d'&#234;tre &#233;clair&#233;s par les rayons de votre splendeur. Et comme vous &#233;clair&#226;tes (la route de) Mo&#239;se sortant d'&#201;gypte, ainsi illuminez nos sens et notre c&#339;ur, pour que nous m&#233;ritions d'arriver &#224; la vie et &#224; la lumi&#232;re &#233;ternelle. Par le Christ, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quivoque liturgique et le d&#233;sordre que nous trouvons dans ces collectes de rechange prouvent une fois de plus qu'elles n'appartiennent pas &#224; la primitive tradition liturgique romaine, et repr&#233;sentent des interpolations &#233;trang&#232;res qui, toutes v&#233;n&#233;rables qu'elles soient, d&#233;figurent n&#233;anmoins la solennelle simplicit&#233; de cette sorte d'&#233;difice que constitue la liturgie de l'&#201;glise de Rome : &#171; Seigneur saint, P&#232;re tout-puissant, Dieu &#233;ternel, daignez coop&#233;rer avec nous, tandis qu'en votre nom, en celui de votre Fils unique, notre Seigneur J&#233;sus-Christ, et du Saint-Esprit, nous b&#233;nissons cette flamme. Aidez-nous contre les traits embras&#233;s de l'adversaire et &#233;clairez-nous par votre c&#233;leste gr&#226;ce. Vous qui vivez, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re pri&#232;re, qui maintenant se r&#233;cite pour la b&#233;n&#233;diction des grains d'encens que l'on fixe ensuite en forme de croix dans le cierge pascal, repr&#233;sentait primitivement elle aussi une autre formule de rechange pour la b&#233;n&#233;diction de la lumi&#232;re du soir. L'&#233;quivoque s'est introduite tr&#232;s tardivement, caus&#233;e par le mot incensum, qui, &#224; l'origine, signifiait la lumi&#232;re du cierge, et, par la suite, d&#233;signa la r&#233;sine parfum&#233;e : &#171; Que votre abondante b&#233;n&#233;diction, Seigneur tout-puissant, descende sur ce cierge ; Vous, invisible r&#233;g&#233;n&#233;rateur, allumez ce flambeau nocturne, afin que ses rayons symboliques &#233;clairent le sacrifice qui est offert en cette nuit, et qu'en outre, partout o&#249; sera introduite une parcelle de ce cierge sacr&#233;, soient &#233;loign&#233;es toute fraude et malice de Satan, et qu'on ressente la puissance de votre majest&#233;. Par le Christ, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pri&#232;re fait allusion &#224; l'ancien usage de partager parmi le peuple les restes du cierge pascal, en guise d'eulogie ou d'objet b&#233;nit. A Rome, au VIIe si&#232;cle, comme nous l'avons dit, l'archidiacre, le matin du samedi saint, faisait un m&#233;lange de cire fondue et d'huile b&#233;nite, et, au moyen d'un moule, y d&#233;coupait de petits disques portant grav&#233;e l'image de l'Agnus Dei. Ces objets &#233;taient distribu&#233;s aux fid&#232;les durant l'octave de P&#226;ques, pour qu'ils les fissent br&#251;ler dans leurs demeures en cas de maladie ou de temp&#234;te. C'est l&#224; l'origine de ce qu'on appelle les Agnus Dei, que b&#233;nit maintenant, &#224; des &#233;poques d&#233;termin&#233;es, le Souverain Pontife lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la lecture des quatre premi&#232;res formules de cette Eucharistia lucernaris, qui actuellement sont r&#233;cit&#233;es par le pr&#234;tre sur le seuil de l'&#233;glise, devant un brasier allum&#233; et un plateau contenant les grains d'encens, le diacre se rev&#234;t de la blanche dalmatique pascale, et le cort&#232;ge s'avance processionnellement vers l'autel. Pour &#233;clairer la route, &#8212; car tel est le sens primitif de la c&#233;r&#233;monie, &#8212; le diacre allume successivement, les trois cierges plac&#233;s &#224; l'extr&#233;mit&#233; d'un roseau, disant chaque fois, comme dans le rit mozarabe du Lucernaire quotidien : &#171; La lumi&#232;re du Christ. &#187; R/. : &#171; Rendons gr&#226;ces &#224; Dieu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Rome, au VIIIe si&#232;cle, avant que le clerg&#233; entr&#226;t dans l'&#233;glise pour la c&#233;l&#233;bration de la vigile, on allumait le cierge sur l'ambon, et l'on commen&#231;ait la lecture des Proph&#232;tes. A une &#233;poque post&#233;rieure, le diacre, apr&#232;s avoir demand&#233; la b&#233;n&#233;diction du pr&#234;tre, saluait le peuple et chantait lui-m&#234;me la collecte qui servait comme de pr&#233;ambule &#224; la b&#233;n&#233;diction du cierge ou, ainsi que l'on disait, sa sanctificatio. Apr&#232;s la collecte, venait le chant de la splendide pri&#232;re eucharistique, d&#233;sign&#233;e aussi sous le nom g&#233;n&#233;ral de pr&#233;face. Les Sacramentaires en contiennent diff&#233;rentes formules, mais roulant toutes, depuis le temps de saint J&#233;r&#244;me, sur le m&#234;me th&#232;me oblig&#233;, car le concept en est toujours identique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au diacre qu'il appartient d'allumer le cierge pour la veill&#233;e. Par suite le chant qui, &#224; l'occasion de la vigile pascale, accompagne le rite symbolique de cette soir&#233;e du sabbat lui est &#233;galement r&#233;serv&#233;. Il est inutile de dire que ce rite du lucernaire provient lui aussi des traditions de la Synagogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Diacre : &#171; De gr&#226;ce, Seigneur, b&#233;nissez-moi. &#187; Le Pr&#234;tre : &#171; Que le Seigneur soit dans votre c&#339;ur et sur vos l&#232;vres, afin que vous accomplissiez dignement et comme il convient, la proclamation de sa P&#226;que. Au nom du P&#232;re, et du Fils, et du Saint-Esprit. &#187; Suit la fameuse formule d'Eucharistia lucernaris. Cette composition diaconale a un caract&#232;re tout particulier et la tradition liturgique voulait que le texte en f&#251;t lu sur un rouleau de parchemin, que le diacre d&#233;roulait peu &#224; peu du haut de l'ambon. Il &#233;tait g&#233;n&#233;ralement histori&#233;, mais les sc&#232;nes &#233;taient peintes &#224; l'envers du texte pour &#234;tre vues du peuple &#224; mesure que le lecteur d&#233;roulait le volumen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A un moment, le diacre fixe dans le cierge, en forme de croix, les cinq grains d'encens. Puis il poursuit : &#171; A l'occasion de cette nuit, accueillez, &#244; P&#232;re saint, le sacrifice nocturne de cette lumi&#232;re que vous offre la sainte &#201;glise, vous pr&#233;sentant solennellement, par la main des l&#233;vites, le cierge provenant du travail des abeilles... Et maintenant que nous connaissons les significations de cette colonne, voici qu'&#224; l'honneur de Dieu elle s'allume au moyen de l'&#233;tincelle enflamm&#233;e. &#187; Il est &#233;vident qu'il y a ici une lacune, puisque le sens pr&#233;sente une coupure. On a en effet supprim&#233; tout ce qui &#233;tait dit ici de la chastet&#233; des abeilles et de leur amour du travail, passage que nous trouvons dans d'autres Exsultet, hors de Rome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;II. Les saintes Vigiles.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand a pris fin l'Eucharistia lucernaris (qui correspondait en partie, comme heure canonique et comme signification, au pr&#233;lude des v&#234;pres), commencent imm&#233;diatement les Vigiles, lesquelles, durant les trois premiers si&#232;cles &#224; Rome, consistaient exclusivement en une s&#233;rie de lectures scripturaires, s&#233;par&#233;es par des collectes et par le chant responsorial des psaumes. Plus tard seulement l'influence monastique a donn&#233; &#224; l'Office divin un plan et un type tout diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une tr&#232;s ancienne tradition r&#233;servait aussi &#224; l'office du matin le chant d'une s&#233;rie d'odes proph&#233;tiques, pass&#233;es de la Synagogue &#224; l'&#201;glise. C'est la raison pour laquelle aujourd'hui, dans la veill&#233;e pascale, apr&#232;s les lectures, les chants responsoriaux ne sont pas emprunt&#233;s au Psautier mais &#224; l'antique recueil des Odes matutinales. En somme, la vigile pascale d&#233;crite dans le Missel Romain a une importance capitale, puisqu'elle conserve encore, presque intact, le type primitif de la vigile dominicale romaine, suivie du sacrifice eucharistique, selon l'usage en vigueur aux premiers si&#232;cles de l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint Gr&#233;goire r&#233;duisit &#224; six le nombre des lectures ; mais quelque temps apr&#232;s, l'antique tradition duod&#233;naire du Sacramentaire G&#233;lasien, si r&#233;pandu en Italie et en France, pr&#233;valut &#224; Rome &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les collectes qui suivent les lectures sont remarquables : avec la bri&#232;vet&#233; du style lapidaire, elles font ressortir leur signification mystique, en les mettant en relation avec le bapt&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re le&#231;on est tir&#233;e de la Gen&#232;se (I, 1-31 et II, 1-2) ; l'&#339;uvre de la cr&#233;ation y est d&#233;crite. Le monde est le chef-d'&#339;uvre de la sagesse de Dieu, et tout ce qui a l'&#234;tre est beau, parce qu'il est sorti de ses mains. Par suite le monde est comme un temple immense que Dieu lui-m&#234;me a &#233;lev&#233; &#224; sa propre gloire ; et nous qui nous servons, par concession de Dieu, des cr&#233;atures inf&#233;rieures, nous le devons faire avec de grands &#233;gards et avec respect, usant d'elles toujours pour la fin que Dieu s'est propos&#233;e en nous les conc&#233;dant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Saints aimaient toutes les cr&#233;atures, parce qu'ils reconnaissaient en elles une certaine fraternit&#233; &#8212; rappelons-nous &#171; le fr&#232;re feu, le fr&#232;re loup, le fr&#232;re soleil &#187;, de saint Fran&#231;ois &#8212; par rapport &#224; Dieu qui est notre commun P&#232;re. Quand, d'autre part, l'&#201;criture met dans la bouche du Seigneur les paroles : &#171; Faisons l'homme &#224; notre image et &#224; notre ressemblance &#187;, les saints P&#232;res expliquent que cette image et cette ressemblance ont une signification tr&#232;s profonde et tr&#232;s exacte, puisqu'on les peut entendre de l'&#233;l&#233;vation de la cr&#233;ature raisonnable &#224; l'&#233;tat surnaturel au moyen de la gr&#226;ce. Celle-ci &#233;l&#232;ve intrins&#232;quement la nature cr&#233;&#233;e et lui conf&#232;re, autant qu'il est possible &#224; une cr&#233;ature, une sublime conformit&#233; avec la nature divine. C'est en ce sens que l'ap&#244;tre saint Pierre nous d&#233;clare Divin&#230; natur&#230; consortes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Participants de la nature divine.&#034; id=&#034;nh5-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la lecture, toute l'assembl&#233;e, &#224; l'invitation du diacre, ployait les genoux et se recueillait pour m&#233;diter quelques instants ; puis le pr&#234;tre prenait la parole et r&#233;citait la collecte. Le Diacre : &#171; Fl&#233;chissons les genoux. &#187; R/. : &#171; Levez-vous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O Dieu qui avez merveilleusement cr&#233;&#233; l'homme, et plus merveilleusement encore l'avez rachet&#233; ; faites qu'&#224; l'attrait sensible du p&#233;ch&#233; nous opposions le refus de l'esprit, afin d'arriver aux joies &#233;ternelles. Par notre Seigneur, etc. &#187; On peut comparer la r&#233;demption &#224; une seconde cr&#233;ation, puisque par elle l'homme, qui s'&#233;tait livr&#233; comme esclave au d&#233;mon, est rendu &#224; sa premi&#232;re dignit&#233; de fils de Dieu. Les app&#226;ts dont Satan se sert pour nous attirer au p&#233;ch&#233; sont sp&#233;cialement les sens ; mais la raison, illumin&#233;e par la foi, dissipe le charme et la fascination de cette fantasmagorie sensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde lecture (Gen., V, VI, VII et VIII) est en intime relation avec la premi&#232;re, et, par suite, avec l'&#339;uvre de la R&#233;demption. Comme au d&#233;but Dieu avait tir&#233; du n&#233;ant l'univers, ainsi maintenant, au moyen de l'arche de No&#233; qui abrite les r&#233;serves de la cr&#233;ation, il le renouvelle. Saint Pierre donne une explication profonde de ce symbolisme de l'arche qui flotte sur les eaux du d&#233;luge universel : elle figure l'&#201;glise, c'est-&#224;-dire la soci&#233;t&#233; de tous ceux qui, gr&#226;ce &#224; l'eau du bapt&#234;me, sont &#233;lus pour constituer le temple spirituel du vrai Dieu. De m&#234;me que l'arche de No&#233; renouvela la vie du monde entier, ainsi maintenant le saint bapt&#234;me submerge un &#233;tat de choses d&#233;sormais intol&#233;rable et y met fin, en inaugurant le Testament Nouveau de paix et d'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la lecture vient la collecte suivante, qui est d'une profondeur de doctrine asc&#233;tique vraiment digne de l'&#226;ge d'or de la liturgie romaine. En g&#233;n&#233;ral, et il faut le dire une fois pour toutes, les collectes qui, en cette veill&#233;e pascale, servent de conclusion aux lectures, sont parmi les plus admirables de la liturgie et pourraient servir de th&#232;me &#224; tout un trait&#233; d'asc&#232;se sur l'&#339;uvre de la R&#233;demption humaine. &#171; O Dieu, force immuable et lumi&#232;re &#233;ternelle, regardez avec bont&#233; le myst&#232;re sacr&#233; de votre &#201;glise, et par votre action continuelle et paisible, conduisez &#224; bonne fin l'&#339;uvre du salut humain. Que le monde entier voie et exp&#233;rimente en lui-m&#234;me que vous le relevez de toute la profondeur de son abaissement, que vous le rajeunissez de toute sa vieillesse, et que vous le rendez &#224; son int&#233;grit&#233; premi&#232;re par Celui qui est principe de tout, J&#233;sus-Christ, notre Seigneur, qui vit et r&#232;gne, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas en Dieu succession de plans. Artiste g&#233;nial, il a con&#231;u le monde d'un seul jet, &#224; ce point que saint Augustin lui dit : mutans opera, sed non mutans consilium&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Changeant toute chose, mais au dessein immuable. Cf. Confession, Lib. I, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;... Tout l'ensemble des choses entre donc dans un plan unique et magnifique, o&#249; se manifeste la gloire de la bont&#233; de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me lecture (Gen., XXII, 1-19) traite d'Abraham sacrifiant Isaac, et, par sa foi, m&#233;ritant la gr&#226;ce de devenir le prototype et le patriarche d'un peuple innombrable de croyants, auquel il transmettra en h&#233;ritage sa propre b&#233;n&#233;diction. Ce peuple descendra d'Abraham, non par une g&#233;n&#233;ration charnelle, comme la nation juive, mais par les m&#233;rites de la foi en Celui auquel le patriarche chald&#233;en avait cru, adorant de loin le Christ qui devait venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sacrifice d'Isaac, fils premier-n&#233; d'Abraham, symbolise aussi celui de J&#233;sus, que l'&#201;ternel livre &#224; la mort pour l'amour de nous. J&#233;sus, comme Isaac, accepte par ob&#233;issance volontaire ; il se laisse donc charger sur les &#233;paules le bois du sacrifice, et il gravit la montagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte suivante explique le lien symbolique qui existe entre la lecture et la r&#233;g&#233;n&#233;ration pascale du monde au moyen de la foi et du bapt&#234;me sacramentel : &#171; O Dieu, souverain P&#232;re des fid&#232;les, vous qui, r&#233;pandant largement la gr&#226;ce de votre adoption, multipliez sur toute la terre les enfants de votre promesse ; vous qui, au moyen du Sacrement pascal, avez fait que votre serviteur Abraham dev&#238;nt p&#232;re de tous les peuples, selon ce que vous lui prom&#238;tes avec serment ; ah ! faites que ces m&#234;mes peuples puissent maintenant arriver dignement &#224; la gr&#226;ce d'&#234;tre appel&#233;s par vous (&#224; faire partie de la famille chr&#233;tienne). Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quatri&#232;me lecture, tir&#233;e de l'Exode (XIV, 24-31 et XV, 1) a &#233;t&#233; plac&#233;e ici, soit pour servir de pr&#233;ambule au Cantique de Mo&#239;se, qui autrefois faisait partie de la collection des Odes &#224; chanter dans l'Office matutinal, soit parce que le passage prodigieux des Isra&#233;lites &#224; travers la mer Rouge est l'un des symboles du saint bapt&#234;me. Cet &#233;pisode faisait partie de tout ce cycle scripturaire &#233;voqu&#233; dans les pri&#232;res juda&#239;ques, qui a fourni leur premi&#232;re inspiration tant au r&#233;dacteur de notre Commendatio anim&#230;, qu'aux artistes des catacombes. La mer Rouge symbolise le bapt&#234;me chr&#233;tien dans la mort sanglante de J&#233;sus. En ces eaux sont submerg&#233;s le d&#233;mon et le p&#233;ch&#233;, tandis qu'au contraire le nouveau peuple croyant en sort sain et sauf et rajeuni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit le fameux cantique compos&#233; par Mo&#239;se lorsque le peuple h&#233;breu fut sorti de la mer Rouge. La main de Dieu s'est montr&#233;e terrible avec les &#201;gyptiens idol&#226;tres et obstin&#233;s, tandis qu'elle a &#233;t&#233; d'une tendresse vraiment maternelle vis-&#224;-vis du peuple qui s'abandonnait &#224; elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte qui suit met en &#233;vidence le contenu symbolique de la narration pr&#233;c&#233;dente, laquelle, gr&#226;ce &#224; cette signification spirituelle, rev&#234;t un caract&#232;re d'&#233;ternelle actualit&#233;. Nous voulons dire que les sc&#232;nes scripturaires qu'on lit ici ne sont pas seulement le r&#233;cit historique de faits pass&#233;s, mais symbolisent ce qui, dans un sens bien plus &#233;lev&#233; et plus r&#233;el, se v&#233;rifie encore de nos jours, en faveur du peuple chr&#233;tien : &#171; O Dieu, dont les miracles resplendissent de nos temps comme autrefois, car ce que votre droite op&#233;ra alors en faveur d'un seul peuple qui devait &#234;tre d&#233;livr&#233; de la pers&#233;cution &#233;gyptienne, vous l'accomplissez aujourd'hui en faveur de toutes les nations au moyen de l'eau r&#233;g&#233;n&#233;ratrice ; ah ! faites que l'humanit&#233; tout enti&#232;re puisse arriver &#224; la gr&#226;ce de la filiation d'Abraham et &#224; la dignit&#233; d'appartenir &#224; la race d'Isra&#235;l. Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cinqui&#232;me lecture est tir&#233;e d'Isa&#239;e (LIV, 17 et LV, 1-11) et se rapporte &#224; la vocation des Gentils, gr&#226;ce &#224; la foi et au bain baptismal. Pour arriver &#224; un si grand bien, la justice l&#233;gale et la parent&#233; charnelle avec Isra&#235;l ne sont pas n&#233;cessaires, comme dans l'Ancien Testament ; il suffit d'une foi vive dans le Christ R&#233;dempteur, guide et ma&#238;tre universel de tous les peuples. La mission du Saint-Esprit, m&#233;rit&#233;e par le Divin Crucifi&#233;, sera d&#233;cisive et fructueuse, &#224; l'&#233;gal de la pluie et de la ros&#233;e qui descend pour rafra&#238;chir et f&#233;conder les champs. J&#233;sus &#233;lev&#233; de terre sur la croix attirera tout le monde &#224; Lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la collecte on insiste sur les relations existant entre l'Ancien et le Nouveau Testament. L'Ancien &#233;tait une consolante promesse. Le Nouveau, par l'universalit&#233; de la filiation messianique, en est le splendide accomplissement : &#171; Dieu tout-puissant et &#233;ternel, multipliez pour l'honneur de votre Nom ce que vous avez promis &#224; la foi de nos P&#232;res ; et par votre sainte adoption, augmentez les fils de la promesse, afin que tout ce que les saints d'autrefois esp&#233;r&#232;rent fermement devoir arriver, votre &#201;glise maintenant le reconnaisse comme d&#233;j&#224; en grande partie accompli. Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sixi&#232;me lecture est tir&#233;e de Baruch (III, 9-38) et elle est parmi les pages les plus profondes de la Bible. C'est comme un examen de conscience fait avec soin. Qu'a gagn&#233; Isra&#235;l &#224; marcher &#224; la suite de la puissance, de la gloire, de la civilisation pa&#239;enne ? Celle-ci s'est &#233;croul&#233;e ; ses repr&#233;sentants ont donn&#233; la preuve de leur impuissance &#224; r&#233;soudre les probl&#232;mes les plus pressants pour l'esprit humain, tandis qu'Isra&#235;l est appel&#233; &#224; tirer sa sagesse spirituelle de Celui-l&#224; m&#234;me &#224; qui la cr&#233;ation ob&#233;it en tremblant. Il est descendu pour converser parmi les hommes, et il a confi&#233; &#224; l'&#201;glise, symbolis&#233;e par la race d'Isra&#235;l, le d&#233;p&#244;t de la r&#233;v&#233;lation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte insiste sur le caract&#232;re cosmopolite de la famille d'Isra&#235;l selon l'esprit. Ce caract&#232;re &#233;tait mis en &#233;vidence par le fait qu'&#224; Rome, au moment o&#249; toutes ces formules &#233;taient r&#233;dig&#233;es, les cat&#233;chum&#232;nes qui descendaient dans la vasque baptismale &#233;taient r&#233;ellement les repr&#233;sentants des nations les plus vari&#233;es de la terre : &#171; O Dieu qui multipliez votre &#201;glise en appelant sans cesse &#224; elle de nouveaux peuples ; faites que tous ceux que vous purifiez maintenant dans les eaux du bapt&#234;me, soient aussi toujours d&#233;fendus par votre protection. Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La septi&#232;me lecture d&#233;crit la tragique vision d'&#201;z&#233;chiel (XXXVII, 1-14). Isra&#235;l est mort, et ses ossements sont diss&#233;min&#233;s sur un vaste champ. Il se lamente sur sa condition actuelle, mais le Seigneur est fid&#232;le dans l'accomplissement de ses promesses. Par l'entremise du Proph&#232;te, il donnera mouvement, esprit et vie &#224; ces squelettes, et en suscitera une arm&#233;e immense qui formera le nouveau peuple de sa pr&#233;dilection, le peuple de Dieu. Cette transformation a un sens enti&#232;rement spirituel. Dieu r&#233;parera les ruines de Sion au moyen des Gentils, qui, au bapt&#234;me, recevront la gr&#226;ce du Saint-Esprit et formeront la race spirituelle d'Abraham. Cette r&#233;surrection mystique des peuples par l'effusion du don du Paraclet figure &#224; son tour le miracle de la finale r&#233;surrection des morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte exprime l'accord des deux Testaments pour faire du myst&#232;re de la r&#233;demption pascale comme le point central de toute la pr&#233;sente &#233;conomie divine en vue du salut du monde. C'est pourquoi P&#226;ques est la plus grande de toutes les solennit&#233;s de l'ann&#233;e et le point de d&#233;part qui engage le d&#233;veloppement du cycle de la liturgie chr&#233;tienne tout entier. &#171; O Dieu qui, au moyen des Livres des deux Testaments, nous enseignez &#224; c&#233;l&#233;brer le Sacrement Pascal ; faites que nous p&#233;n&#233;trions dans les secrets de votre mis&#233;ricorde, afin que les dons pr&#233;sents dont nous jouissons fortifient notre esp&#233;rance d'obtenir aussi la r&#233;compense future. Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la huiti&#232;me lecture, emprunt&#233;e &#224; Isa&#239;e (IV, 1-6) et qui sert d'introduction &#224; la c&#233;l&#232;bre Ode matutinale tir&#233;e des chants du m&#234;me proph&#232;te, il est question du rejet de l'Ancien Pacte et de la promulgation du Nouveau. Le Seigneur punira Isra&#235;l pr&#233;varicateur &#224; ce point que les hommes venant &#224; manquer, sept femmes proposeront &#224; un seul homme de les prendre pour &#233;pouses, sans s'obliger pour autant &#224; assurer leur subsistance. Quand le royaume d'Isra&#235;l sera d&#233;truit et que les nations commenceront &#224; se fiancer &#224; un unique &#233;poux, J&#233;sus-Christ, Dieu restaurera, au sens spirituel, les ruines de l'ancien empire de Juda. Il effacera les souillures de ceux qui croiront en lui, et les purifiera dans le feu du Saint-Esprit. Ainsi sont annonc&#233;s en termes expr&#232;s le Bapt&#234;me et la Confirmation chr&#233;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit le cantique d'Isa&#239;e (V, 1, 2, 7), apostrophe &#224; la vigne du Seigneur, vigne st&#233;rile et ingrate, qui, aux soins du vigneron qui la cultivait, a r&#233;pondu en produisant des &#233;pines et des fruits d'amertume. Cette vigne de r&#233;probation est la maison d'Isra&#235;l. &#171; O Dieu qui, par la bouche de vos saints proph&#232;tes, avez annonc&#233; que dans le c&#339;ur de chacun des fils de votre &#201;glise, r&#233;pandus dans le monde entier, vous jetteriez la semence de la gr&#226;ce divine, les cultivant comme autant de palmiers choisis ; accordez au peuple que vous avez vous-m&#234;me compar&#233; &#224; la vigne et &#224; la moisson, qu'ayant extirp&#233; la d&#233;solation des ronces et des &#233;pines, il puisse produire une abondante r&#233;colte. Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la neuvi&#232;me lecture (Ex. XII, 1-11) sont d&#233;crits les rites mosa&#239;ques de l'immolation de l'agneau et du repas pascal. L'agneau symbolise J&#233;sus lavant dans son sang les p&#233;ch&#233;s du monde. L'agneau est immol&#233; puis servi au cours d'un banquet religieux, pour signifier notre incorporation et notre union au R&#233;dempteur par le moyen du Sacrement. La posture des H&#233;breux, tandis qu'ils mangeaient l'agneau, &#233;tait celle de gens pr&#234;ts &#224; entreprendre un long voyage, parce que l'Eucharistie est le viatique de notre p&#232;lerinage mortel, pour traverser la terre et arriver au ciel. &#171; Dieu tout-puissant et &#233;ternel qui vous montrez admirable dans la disposition de toutes vos &#339;uvres, faites que les &#226;mes rachet&#233;es par vous comprennent que l'ordre &#233;tabli au d&#233;but de la cr&#233;ation n'est point plus merveilleux que notre P&#226;que, laquelle fut immol&#233;e au terme des si&#232;cles, c'est-&#224;-dire J&#233;sus-Christ, notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dixi&#232;me lecture, du livre de Jonas (III, 1-10) est identique &#224; celle de la messe du &lt;a href='https://introibo.fr/spip.php?article211'&gt;lundi apr&#232;s le dimanche de la Passion&lt;/a&gt;. Comme J&#233;sus lui-m&#234;me eut &#224; le faire remarquer dans l'&#201;vangile, Jonas est le symbole du Sauveur enseveli dans les entrailles de la terre et revenu ensuite &#224; la vie et &#224; la lumi&#232;re. Jonas pr&#234;che la p&#233;nitence aux Ninivites, et ceux-ci pr&#234;tant foi &#224; la parole du Proph&#232;te, s'imposent un je&#251;ne collectif auquel devront participer non seulement la population, mais m&#234;me les b&#234;tes de somme. Cette forme paradoxale est propre &#224; l'esprit s&#233;mite ; toutefois elle nous r&#233;v&#232;le que non seulement l'individu mais aussi la soci&#233;t&#233;, comme telle, et en corps, doit exprimer sa d&#233;votion &#224; Dieu. La sainte liturgie accomplit admirablement ce devoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chr&#233;tien ne doit jamais oublier les relations qui l'unissent au Christ et &#224; son corps mystique qui est l'&#201;glise. L'exag&#233;ration de l'individualisme dans la pi&#233;t&#233; appartient aux protestants. Le catholique, tout en ne n&#233;gligeant rien pour sa pr&#233;paration personnelle &#224; la gr&#226;ce de Dieu, se sanctifie dans l'&#201;glise, par l'&#201;glise et avec l'&#201;glise, et cela surtout au moyen du culte liturgique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit la collecte, o&#249; est mise en relief l'unit&#233; mystique de l'&#201;glise, dans une foi identique et dans un m&#234;me amour, sans barri&#232;re de nationalit&#233;s ni division de castes. Pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle est catholique, l'&#201;glise ne peut &#234;tre nationale. &#171; O Dieu, qui avez uni les diverses nations dans l'unique confession de votre Nom, donnez-nous la gr&#226;ce de vouloir et de pouvoir tout ce que vous nous commandez, afin que le peuple choisi par vous pour obtenir l'&#233;ternit&#233; bienheureuse nourrisse en son c&#339;ur une unique foi, et, dans ses &#339;uvres, s'inspire d'une identique pi&#233;t&#233;. Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La onzi&#232;me lecture (Deut., XXXI, 22-30) contient comme le testament de Mo&#239;se, dans lequel il renie le peuple juif &#224; cause de ses infid&#233;lit&#233;s envers le Seigneur. Il fait cette protestation dans une forme tr&#232;s solennelle, en pr&#233;sence des anciens et les menace de toutes sortes de maux. Mais de quel horrible crime s'&#233;tait donc rendu coupable le peuple juif ? Toute cette sc&#232;ne est symbolique. Mo&#239;se d&#233;clare savoir que l'infid&#233;lit&#233; arrivera apr&#232;s sa mort, bien plus : in extremo tempore, c'est-&#224;-dire aux derniers &#226;ges du monde, quand les H&#233;breux renieront J&#233;sus-Christ, le Proph&#232;te par excellence, annonc&#233; par Mo&#239;se en personne, qui avait ordonn&#233; &#224; Isra&#235;l de l'&#233;couter comme il l'avait &#233;cout&#233; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit le c&#233;l&#232;bre cantique de Mo&#239;se (Deut., XXXII) qui, dans la liturgie h&#233;bra&#239;que, &#233;tait justement destin&#233; &#224; la solennit&#233; sabbatique. Mo&#239;se prend le ciel et la terre &#224; t&#233;moin de ses mal&#233;dictions, pour n'&#234;tre pas solidaire d'un peuple qui va consommer un d&#233;icide. &#171; O Dieu qui &#233;levez les humbles et soutenez les bons, vous qui, au moyen des m&#233;lodies du Cantique sacr&#233; de votre fid&#232;le serviteur Mo&#239;se avez voulu instruire votre peuple, en sorte que cette seconde promulgation de la loi nous serv&#238;t aussi de r&#232;gle ; exercez votre puissance en faveur de tous les peuples appel&#233;s par vous &#224; la gr&#226;ce ; accordez-leur la joie, calmez leurs terreurs, afin que, dans votre mis&#233;ricorde, pardonnant &#224; tous leurs p&#233;ch&#233;s, ce qui fut annonc&#233; comme un ch&#226;timent devienne une occasion de salut. Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient la douzi&#232;me lecture, avec l'histoire des trois jeunes gens jet&#233;s dans la fournaise de Babylone en punition de leur refus d'adorer la statue d'or de Nabuchodonosor (Dan., III, 1-24). Cette sc&#232;ne &#233;tait tr&#232;s famili&#232;re aux artistes des catacombes qui la reproduisaient sur les arcosolia et sur les sarcophages. Elle symbolisait la force h&#233;ro&#239;que des martyrs chr&#233;tiens. &#171; Dieu &#233;ternel et tout-puissant, unique esp&#233;rance de l'humanit&#233;, qui, par les pr&#233;dictions de vos proph&#232;tes, avez annonc&#233; les myst&#232;res s'accomplissant de nos jours ; augmentez dans votre bont&#233; la d&#233;votion de votre peuple, puisque tout accroissement de la vertu de vos fid&#232;les ne peut venir que de votre inspiration. Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que l'on descend au baptist&#232;re &#8212; c'est le mot consacr&#233; par la tradition romaine repr&#233;sent&#233;e par le Missel : le baptist&#232;re papal de la voie Salaria, et sans doute aussi celui du Vatican se trouvaient &#224; un niveau assez bas &#8212; on chante le psaume suivant (XLI, 2-4) : &#171; Comme le cerf aspire &#224; la source d'eau, ainsi mon &#226;me a soif de vous, Seigneur. V/. Mon &#226;me est assoiff&#233;e du Dieu vivant. Quand viendrai-je et para&#238;trai-je devant Dieu ? V/. Les larmes furent ma nourriture jour et nuit, tandis qu'on me r&#233;p&#233;tait continuellement : O&#249; est ton Dieu ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le symbolisme de l'eau, qui figure la gr&#226;ce int&#233;rieure, est fort commun dans l'antiquit&#233;. De m&#234;me que l'eau lave, rafra&#238;chit, f&#233;conde la terre, ainsi la gr&#226;ce du Saint-Esprit produit spirituellement tous ces effets dans l'&#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le psaume, suivant un usage de l'antiquit&#233;, le pr&#234;tre chante une collecte o&#249; est expliqu&#233;e la signification spirituelle du psaume lui-m&#234;me. Dans les anciens psautiers, on trouve tr&#232;s souvent cette sorte d'oraisons, mais dans le Missel il ne subsiste que celle qui suit ici le psaume XLI : &#171; Dieu &#233;ternel et tout-puissant, regardez favorablement la d&#233;votion du peuple qui attend sa renaissance, &#224; l'&#233;gal d'un cerf aspirant &#224; la source d'eau ; accordez-lui que la m&#234;me soif de la sainte Foi, gr&#226;ce au Sacrement du bapt&#234;me, sanctifie les &#226;mes et les corps. Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici se termine le rite de la vigile. L'aurore, heure de la r&#233;surrection du Christ, s'est lev&#233;e. Il est donc temps d'administrer aux cat&#233;chum&#232;nes le saint Bapt&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;III. B&#233;n&#233;diction de la fontaine baptismale.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une collecte d'introduction, l'anaphore cons&#233;cratoire des saintes eaux baptismales commence aussit&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la pri&#232;re, le pr&#234;tre divise l'eau en forme de croix, comme pour la f&#233;conder par le contact de ses mains consacr&#233;es, ainsi qu'autre fois l'Esprit de Dieu se posait sur les eaux du chaos primitif. Puis il &#233;tend &#224; nouveau sa main sur les eaux, comme pour les exorciser. Il trace trois signes de croix sur l'eau et la divise l'eau en forme de croix, pour rappeler le fleuve qui, jailli de l'&#201;den, se divisait en quatre branches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#234;tre souffle trois fois en forme de croix sur les eaux, comme autrefois l'Esprit Saint soufflait sur les eaux primitives et plonge trois fois le cierge pascal dans l'eau, selon un rite qui appara&#238;t &#224; Rome vers le VIIIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'eau b&#233;nite de la fontaine baptismale, les pr&#234;tres aspergent le peuple et les habitations des fid&#232;les. Pendant ce temps on verse dans la fontaine l'huile des cat&#233;chum&#232;nes, rite qui n'a rien d'antique ni de primitif dans la liturgie romaine et qui s'introduisit peu &#224; peu lorsque les cat&#233;chum&#232;nes adultes ne se pr&#233;sentant plus, la notion exacte de la signification sp&#233;ciale de l'huile qui porte leur nom vint &#224; s'effacer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On verse dans l'eau baptismale le saint Chr&#234;me, pour exprimer la gr&#226;ce de l'Esprit Saint qui la f&#233;conde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une troisi&#232;me fois, on verse ensemble le chr&#234;me et l'huile des cat&#233;chum&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bapt&#234;me est alors administr&#233; selon le rite habituel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine, sans doute parce que le bapt&#234;me &#233;tait ordinairement conf&#233;r&#233; aux adultes, la confirmation (dont le nom m&#234;me indique l'&#233;troite relation qu'elle a avec le bapt&#234;me) et la premi&#232;re Communion suivaient imm&#233;diatement le sacrement de la R&#233;g&#233;n&#233;ration spirituelle. Par la suite, &#224; mesure que la soci&#233;t&#233; devint chr&#233;tienne, et que l'on pr&#233;senta au bapt&#234;me presque exclusivement des nouveau-n&#233;s, l'administration des sacrements qui marquent la virilit&#233; chr&#233;tienne fut retard&#233;e jusqu'&#224; un &#226;ge plus m&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les Ordines Romani du VIIIe si&#232;cle, il est prescrit que le Pape, apr&#232;s avoir baptis&#233; lui-m&#234;me quelques cat&#233;chum&#232;nes, remette les autres au clerg&#233;, et se retire dans l'oratoire contigu d&#233;di&#233; &#224; la sainte Croix, pour y consignare avec le saint Chr&#234;me, les n&#233;ophytes, &#224; mesure qu'ils remontent de la fontaine. On sait que, selon l'ancien usage romain, il faut distinguer une double onction de chr&#234;me : la premi&#232;re (chrismatio) &#233;tait faite par un pr&#234;tre sur la t&#234;te du n&#233;ophyte &#224; peine sorti des fonts baptismaux ; la seconde, au contraire (consignatio chrismalis), &#233;tait accomplie par le Pape lui-m&#234;me sur le front du n&#233;ophyte et &#233;tait proprement le Sacrement de la Confirmation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant toute cette longue c&#233;r&#233;monie, la grande masse du peuple demeurait dans l'&#233;glise avec les clercs inf&#233;rieurs et la schola des chantres. Elle ne s'&#233;tait pas transport&#233;e au baptist&#232;re o&#249; elle n'aurait pu trouver place ; et d'ailleurs les convenances ne l'auraient pas permis, le bapt&#234;me &#233;tant administr&#233; alors par immersion. Pour ce motif on tendait voiles et rideaux, usant d'une souveraine r&#233;serve pour que la pudeur chr&#233;tienne ne puisse &#234;tre offens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour employer saintement le temps, la foule des fid&#232;les chantait trois fois les litanies, de mani&#232;re cependant que chaque invocation f&#251;t r&#233;p&#233;t&#233;e d'abord sept fois, puis cinq fois, et enfin trois fois. C'est la raison pour laquelle, aujourd'hui encore, lorsque la procession revient du baptist&#232;re, on chante les litanies en r&#233;p&#233;tant deux fois chaque invocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte de ces litanies, ins&#233;r&#233; dans le Missel, est un peu plus bref que celui fix&#233; pour les Rogations. Outre la grande libert&#233; liturgique qui, en fait de litanies, r&#233;gna dans l'&#201;glise jusqu'au XIIIe si&#232;cle, la raison en est que les litanies des Rogations sont un vrai chant populaire processionnel &#224; refrains, et qui, pour cette raison, peut &#234;tre allong&#233; en proportion du trajet &#224; parcourir ; tandis qu'au contraire ces litanies du samedi saint, qu'aujourd'hui encore les ministres sacr&#233;s r&#233;citent, prostern&#233;s devant l'autel, sont une vraie et propre supplicatio litanica et donc, normalement, pas trop longue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;IV. Le Sacrifice dans la Nuit Pascale.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le samedi saint nous conserve encore sans trop d'alt&#233;rations le type primitif de la messe matinale qui, dans les trois premiers si&#232;cles, mettait fin &#224; la vigile dominicale. L'on peut m&#234;me dire que l'office vigilial du dimanche per annum a pris naissance de la solennelle vigile pascale, la seule qui f&#251;t de caract&#232;re vraiment g&#233;n&#233;ral et obligatoire pour tous les fid&#232;les sans distinction au temps de Tertullien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La messe n'a pas d'intro&#239;t comme non plus, d'ailleurs, les autres messes de vigiles, du moins &#224; l'origine, car l'intro&#239;t est, &#224; Rome, d'introduction tr&#232;s post&#233;rieure et remonte seulement au temps de C&#233;lestin Ier environ, quand la messe eut cess&#233; d'&#234;tre ordinairement pr&#233;c&#233;d&#233;e par l'office de la Vigile. Ceci explique qu'aujourd'hui, apr&#232;s la pri&#232;re litanique, le pr&#234;tre chante imm&#233;diatement la collecte, qui est comme la conclusion naturelle de tout le pr&#233;c&#233;dent rite vigilial. Ce qui suit n'a plus un caract&#232;re cat&#233;ch&#233;tique, mais formellement eucharistique. Comme d'autre part, depuis le VIe si&#232;cle au moins, on oublia les relations d'origine qui existent entre les douze le&#231;ons de la vigile et les deux petites lectures tir&#233;es des &#233;p&#238;tres et de l'&#201;vangile (celles-ci repr&#233;sentant la derni&#232;re forme des pri&#232;res vigiliales qui, dans l'antiquit&#233;, pr&#233;c&#233;daient la messe), &#224; une &#233;poque post&#233;rieure, mais en tout cas, ant&#233;rieurement au VIIe si&#232;cle, on voulut ajouter &#224; la collecte les deux lectures habituelles de l'Ap&#244;tre et de l'&#201;vangile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'hymne matutinal Gloria in excelsis qui avait, &#224; Rome, un sens pascal caract&#233;ris&#233;, on chante la collecte, qui devrait, conform&#233;ment &#224; sa signification primitive, servir de conclusion &#224; la pri&#232;re litanique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Rome, toute la liturgie pascale a un caract&#232;re &#233;minemment baptismal. Ce sont les n&#233;ophytes qui, gr&#226;ce au bain sacr&#233;, sont admis &#224; ressusciter avec le Christ. Aussi, pour bien comprendre l'esprit de la liturgie durant cette semaine, il faut avoir toujours pr&#233;sent &#224; l'esprit ce lien qui unit la P&#226;que du Christ se levant du s&#233;pulcre, avec la P&#226;que de l'&#201;glise qui sort de la fontaine baptismale, ressuscit&#233;e spirituellement &#224; une nouvelle vie : &#171; O Dieu qui faites resplendir cette nuit tr&#232;s sainte de l'&#233;clat de la r&#233;surrection de notre Seigneur, conservez dans les nouveaux enfants de votre famille cet Esprit d'adoption que vous leur avez conf&#233;r&#233; ; afin que, renouvel&#233;s dans le corps et dans l'esprit, ils puissent vous servir en toute puret&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture est emprunt&#233;e &#224; la lettre de saint Paul aux Colossiens (III, 1-4). La vie chr&#233;tienne est &#224; la fois mort, et vie en J&#233;sus-Christ : Mort &#224; la nature corrompue, r&#233;surrection &#224; la gr&#226;ce, en sorte que le fid&#232;le, ressuscit&#233; avec le Christ, doit nourrir des go&#251;ts et des d&#233;sirs c&#233;lestes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant de longs si&#232;cles, l'All&#233;luia fut tellement propre &#224; la solennit&#233; pascale, qu'&#224; Rome, au temps de Sozom&#232;ne, c'&#233;tait une formule de mal&#233;diction que de souhaiter &#224; quelqu'un de ne pas arriver &#224; entendre le chant all&#233;luiatique de la future f&#234;te de P&#226;ques. Saint Augustin atteste que de son temps on r&#233;p&#233;tait l'All&#233;luia durant les cinquante jours qui aboutissent &#224; la Pentec&#244;te. A Rome, ce fut probablement saint Gr&#233;goire le Grand qui &#233;tendit ce chant &#224; tous les dimanches hors du Car&#234;me. Il est toutefois possible qu'au IVe si&#232;cle, m&#234;me &#224; Rome, l'All&#233;luia suiv&#238;t le chant de l'&#201;vangile, comme chez les Grecs, et que saint Gr&#233;goire l'ait fait ex&#233;cuter apr&#232;s l'&#201;p&#238;tre, &#224; cause de ses hom&#233;lies &#233;vang&#233;liques. Quoi qu'il en soit, il est certain que l'All&#233;luia que le pr&#234;tre entonne aujourd'hui si solennellement, aurait sa place logique et naturelle, plut&#244;t qu'apr&#232;s l'&#201;p&#238;tre, &#224; la suite du r&#233;cit &#233;vang&#233;lique de la r&#233;surrection du Sauveur. C'&#233;tait l&#224; sans doute sa place primitive et sp&#233;ciale durant la solennelle vigile pascale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; All&#233;luia, louez Le Seigneur &#187; (trois fois). &#171; C&#233;l&#233;brez le Seigneur qui est bon, parce que sa mis&#233;ricorde est &#233;ternelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit le psaume all&#233;luiatique 116, qui, &#224; Rome, se chante toujours, en toutes les pannuchis dominicales.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Louez le Seigneur, tous autant que vous &#234;tes, &#244; Gentils ; toutes les nations, louez-le ensemble. Parce que sa bont&#233; pr&#233;vaut sur nous, et la v&#233;rit&#233; du Seigneur est &#233;ternelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#201;vangile, on ne porte pas de lumi&#232;res ; les liturgistes du moyen &#226;ge ont attribu&#233; &#224; ce rite un sens symbolique. Quelle que soit son origine, le cierge pascal, qui se dresse &#224; c&#244;t&#233; de l'ambon, dispensait cette nuit d'autres lumi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;ricope &#233;vang&#233;lique est tir&#233;e de saint Matthieu (XXVIII, 1-7). Au lever de l'aurore du dimanche apr&#232;s le sabbat pascal, les pieuses femmes, disciples du Sauveur, vont &#224; son s&#233;pulcre pour accomplir avec plus de soin l'embaumement du cadavre de J&#233;sus, qu'on avait d&#251; h&#226;ter dans la soir&#233;e de la Parasc&#232;ve, &#224; cause de la proximit&#233; du repos sabbatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles trouvent renvers&#233;e la pierre qui fermait l'ouverture de la grotte s&#233;pulcrale, et entr&#233;es &#224; l'int&#233;rieur, elles apprennent d'un ange que le Crucifi&#233; est ressuscit&#233;. Ce ne sont point les ap&#244;tres, mais de simples femmes qui, sans tenir compte ni de la col&#232;re du sanh&#233;drin, ni des soldats qui gardent la tombe, ni de la pierre qui fermait la caverne, rendues hardies par leur foi et leur amour, forment le dessein courageux de parachever l'embaumement de J&#233;sus. Souvent J&#233;sus, pour confondre nos jugements humains, se sert des instruments les moins adapt&#233;s et fait trouver au milieu du peuple, en des &#226;mes simples, des vertus que l'on chercherait &#224; grand-peine parmi ceux qui occupent les places les plus &#233;lev&#233;es dans la hi&#233;rarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les Ap&#244;tres re&#231;urent-ils des femmes la premi&#232;re annonce de la r&#233;surrection du Seigneur. D'ailleurs, cette pr&#233;f&#233;rence, donn&#233;e &#224; la fid&#233;lit&#233; aimante de la femme, &#233;tait juste. Elle avait &#233;t&#233; la premi&#232;re &#224; pleurer, elle devait &#234;tre la premi&#232;re &#224; recouvrer la joie. Elle avait port&#233; &#224; Adam l'annonce de la mort, elle devait &#234;tre pour l'&#201;glise le premier h&#233;raut de la r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne chante pas d'offertoire, parce que la messe de la vigile pascale est beaucoup plus ancienne que l'introduction de ce chant &#224; Rome ; mais on pr&#233;pare sur le corporal l'hostie et le calice, et l'on accomplit les rites et les encensements habituels sur les oblations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la collecte de pr&#233;paration &#224; l'anaphore cons&#233;cratoire, on supplie le Seigneur d'accueillir favorablement les pri&#232;res de son peuple avec l'offrande des hosties, en sorte que, initi&#233; au Sacrement pascal par le Bapt&#234;me et par la Communion, il trouve dans celle-ci un rem&#232;de efficace pour l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le texte de l'anaphore, avant les diptyques o&#249; se lisent les noms des ap&#244;tres et des &#233;v&#234;ques de Rome, on ins&#232;re la mention suivante : &#171; ... c&#233;l&#233;brant la nuit tr&#232;s sacr&#233;e de la r&#233;surrection de notre Seigneur J&#233;sus-Christ selon son humanit&#233;, et v&#233;n&#233;rant avant tout la m&#233;moire de la glorieuse et toujours Vierge Marie, M&#232;re du m&#234;me J&#233;sus-Christ, notre Dieu et Seigneur ; v&#233;n&#233;rant en outre, etc. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Sacrifice eucharistique qui aujourd'hui vient comme parfaire le rite de l'initiation chr&#233;tienne, est offert d'une fa&#231;on sp&#233;ciale pour les n&#233;ophytes. C'est pourquoi, dans la pri&#232;re que le Pape Innocent Ier aurait appel&#233;e Commendatio oblationum, on comm&#233;more en ce jour les nouveaux baptis&#233;s. Tenant les mains ouvertes sur les oblations, le pr&#234;tre dit : &#171; Nous vous prions donc, Seigneur, d'accueillir favorablement cette offrande de notre coll&#232;ge sacerdotal, et de toute votre famille ; nous vous la pr&#233;sentons aussi au nom de ceux que vous avez daign&#233; r&#233;g&#233;n&#233;rer au moyen de l'eau et du Saint-Esprit, leur accordant la r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s ; afin que, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne r&#233;cite ni l'Agnus Dei, ni le psaume de la Communion, qui sont d'origine post&#233;rieure. L'absence du verset : Dona nobis pacem doit avoir contribu&#233;, durant le bas moyen &#226;ge, &#224; faire supprimer avant la Communion le baiser de paix que, selon le rit romain, on &#233;changeait toujours avant de s'approcher de la sainte Table.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, quand toute cette messe vigiliale fut anticip&#233;e &#224; l'apr&#232;s-midi du samedi saint, on lui joignit &#233;trangement les v&#234;pres, en sorte que, apr&#232;s avoir c&#233;l&#233;br&#233; durant plusieurs heures cons&#233;cutives, la nuit de la R&#233;surrection du Seigneur, le rite actuel nous ram&#232;ne tout d'un coup en arri&#232;re d'au moins douze heures. Le fait est devenu encore plus sensible depuis que, &#224; force d'avancer la vigile pascale, on en est arriv&#233; &#224; l'anticiper jusqu'au matin du jour pr&#233;c&#233;dent. Toutes ces stratifications successives sont relev&#233;es ici, faut-il le dire, simplement pour leur int&#233;r&#234;t historique, sans que cela implique la moindre critique contre le rite actuel de l'&#201;glise : aucun de ses enfants, en effet, ne pourrait oser bl&#226;mer la prudente condescendance de cette tendre m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la Communion, on chante en guise de v&#234;pres : Ant. &#171; All&#233;luia, all&#233;luia, all&#233;luia. &#187; Ps. &#171; Louez le Seigneur, vous tous &#244; Gentils, etc. &#187; Ant. &#171; All&#233;luia, etc. &#187; Le capitule, l'hymne et le verset &#233;tant omis, le pr&#234;tre entonne imm&#233;diatement l'Antienne suivante : &#171; Dans la nuit du samedi *, &#224; l'aube du jour suivant, Marie de Magdala et l'autre Marie all&#232;rent voir le tombeau. All&#233;luia. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit le cantique &#233;vang&#233;lique : Magnificat, durant lequel s'accomplit comme &#224; l'ordinaire, l'encensement de l'autel et du ch&#339;ur. Puis on r&#233;p&#232;te le chant de l'antienne ; pour finir, en guise de collecte vesp&#233;rale, le pr&#234;tre r&#233;cite l'antique pri&#232;re eucharistique : &#171; R&#233;pandez en nous, Seigneur, l'Esprit de votre amour, afin que, rassasi&#233;s par le Sacrement pascal, nous soyons aussi &#233;tablis par votre bont&#233; dans une concorde mutuelle. Par notre Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Esprit de dilection est un des fruits de la sainte Communion. Il nous pousse &#224; nous unir intimement tant au Christ personnel qu'au Christ mystique qui est l'&#201;glise, de fa&#231;on &#224; &#233;touffer en nous tous les germes d'&#233;go&#239;sme d&#233;sordonn&#233; qui nous font rechercher qu&#230; sua sunt, et &#224; ne plus vivre que de l'esprit de l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Vigile pascale est le symbole de l'attente du divin Juge. Celui-ci nous a avertis qu'il viendra, tel un voleur, la nuit. Et comme l'affaire qui est en jeu, le salut de notre &#226;me, importe plus pour nous que quoi que ce soit au monde, aucune pr&#233;caution n'est de trop quand il s'agit de nous bien disposer &#224; ce redoutable moment d'o&#249; d&#233;pend notre &#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anciens, durant la vigile pascale, s'attendaient &#224; l'accomplissement de la parousie tant d&#233;sir&#233;e du R&#233;dempteur. Nous ne savons pas quand elle arrivera ; nous savons seulement que ce sera au moment o&#249; le monde y pensera le moins. Mais ce n'est pas la seule parousie qui sera soudaine et pour laquelle il nous faut &#234;tre toujours en attente. Durant la journ&#233;e chr&#233;tienne, J&#233;sus vient &#224; nous si souvent, &#224; l'improviste, avec ses gr&#226;ces ! Prenons garde &#224; ne pas les laisser &#233;chapper. Elles ne reviennent plus, si nous avons manqu&#233; d'y correspondre. Une bonne occasion que Dieu nous offre et que nous laissons fuir est comme un pr&#233;cieux tr&#233;sor, flottant tout pr&#232;s de notre barque. Si nous ne le saisissons pas imm&#233;diatement, le courant l'emportera au loin, et nous ne le retrouverons que dans l'oc&#233;an de l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les matines du Samedi Saint.&lt;/strong&gt; &#8212; C'est la troisi&#232;me partie de la grande trilogie. Voici quelle est l'action : Le Christ est couch&#233; dans son tombeau ; l'&#201;glise s'assied pr&#232;s de ce tombeau et fait entendre sa plainte fun&#232;bre. Il repose dans la paix apr&#232;s son dur combat ; nous voyons sur son corps les traces de ses grandes souffrances. Alors qu'hier les r&#233;pons &#233;taient des plaintes sorties de la bouche de J&#233;sus, ce sont d'ordinaire, aujourd'hui, des plaintes de l'&#201;glise. Les Lamentations respirent d&#233;j&#224; l'esp&#233;rance ; tout est, aujourd'hui, plus calme, plus clair. Vers la fin, cependant, les matines reviennent &#224; une impression de tristesse profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne doit pas nous &#233;tonner : les matines, en effet, doivent exprimer le deuil de l'&#201;glise priv&#233;e de son &#201;poux. Les blessures mortelles sont encore visibles sur le divin cadavre et crient continuellement vengeance contre Isra&#235;l infid&#232;le ; les ennemis de J&#233;sus sont encore pleins de rage ; par le mensonge et la calomnie, ils essaient d'effacer jusqu'au souvenir du Seigneur ; Marie et les disciples sont encore plong&#233;s dans le deuil, et l'&#201;glise doit avouer douloureusement que beaucoup de ses enfants quittent le Golgotha, le c&#339;ur froid et sec, pour s'en retourner chez eux. Quand on pense &#224; tout cela, il semble que les blessures du grand Mort recommencent &#224; saigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Matines, &#224; la diff&#233;rence des deux jours pr&#233;c&#233;dents, on remarque un progr&#232;s dans l'action. Ce progr&#232;s est marqu&#233;, surtout, par les antiennes et les psaumes correspondants. Les r&#233;pons ne suivent pas l'action. On pourrait peut-&#234;tre distinguer six actes dans ce drame. Pendant que l'&#201;glise est assise pr&#232;s du tombeau, six tableaux passent devant ses yeux : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1er Tableau : Le repos du tombeau (Ier Nocturne) : &#171; Dans la paix je m'endors et me repose &#187;. &#171; Il se reposera sur la montagne sainte &#187;. &#171; Mon corps repose dans l'esp&#233;rance &#187; (Psaumes). &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2e Tableau : L'entr&#233;e de l'&#226;me de J&#233;sus dans les Limbes (IIe Nocturne) : &#171; Levez-vous, portes &#233;ternelles, que le Roi de gloire fasse son entr&#233;e !!) (Ps. 23). &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 3e Tableau : L'esp&#233;rance de la R&#233;surrection : &#171; Je crois que je verrai le Seigneur dans la terre des vivants &#187;. &#171; Tu as tir&#233; mon &#226;me des enfers &#187; (Ps. 26, 29). &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 4e Tableau : Le sceau appos&#233; sur le tombeau : Les le&#231;ons du second nocturne. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 5e Tableau : J&#233;sus vainqueur de ses ennemis (me Nocturne, Ps. 53, 75). &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 6e Tableau (retour &#224; l'impression fondamentale) : Tristesse profonde et plainte : &#171; Comme un homme sans secours livr&#233; aux morts &#187; (Ps. 87) ; en outre, les r&#233;pons l, 2, 3,4, 5, 6, 7 ; le dernier r&#233;pons nous donne l'image finale du Samedi Saint : J&#233;sus au tombeau et les gardes autour de sa tombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons encore que, dans ces matines, les antiennes jouent un grand r&#244;le, et que certains psaumes ont &#233;t&#233; choisis non pas &#224; cause de leur contenu complet, mais &#224; cause d'un seul verset, comme, par exemple, les psaumes 4, 14, 23. L'action se poursuit sans arr&#234;t jusqu'au seuil de la R&#233;surrection. Et au moment o&#249; nous attendrions le joyeux all&#233;luia, elle revient &#224; la plainte fun&#232;bre, comme si l'&#201;glise voulait nous dire : Arr&#234;tez, revenez en arri&#232;re, le Seigneur est encore au tombeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans ces matines un charme tout particulier que l'on peut &#233;prouver quand on vit vraiment ces matines. Ce charme tient peut-&#234;tre en partie &#224; ce m&#233;lange de tristesse, d'esp&#233;rance et de joie contenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les c&#233;r&#233;monies du Samedi Saint.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;STATION A SAINT-JEAN DE LATRAN&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le Samedi Saint est le Jour sacr&#233; du repos du Seigneur ; on pourrait l'appeler le second sabbat apr&#232;s la cr&#233;ation. La liturgie l'appelle Sabbatum sanctum &#8212; le saint Sabbat. Ce jour est et devrait &#234;tre le jour le plus silencieux de l'ann&#233;e liturgique. On ne devrait y c&#233;l&#233;brer aucune fonction liturgique. R&#233;jouissons-nous que cela soit aujourd'hui possible de nouveau. Le Souverain Pontife Pie XII, par son d&#233;cret du 8 f&#233;vrier 1951, a r&#233;tabli l'ancienne c&#233;l&#233;bration de la nuit de P&#226;ques et r&#233;gl&#233; le rite de cette c&#233;l&#233;bration. Il a fait de nouveau de ce jour le plus silencieux de l'ann&#233;e. Nous pouvons consid&#233;rer cette nouveaut&#233; en partie comme le fruit de nos efforts durant bien des ann&#233;es. Il y a vingt-cinq ans que nous frappions &#224; la porte du P&#232;re de la chr&#233;tient&#233; et aujourd'hui nous sommes exauc&#233;s. Dans la pr&#233;c&#233;dente &#233;dition de notre ouvrage, nous &#233;crivions encore : &#171; La grande t&#226;che du renouveau liturgique sera de rendre au monde catholique sa seconde nuit sainte, la nuit de P&#226;ques, la &#171; m&#232;re de toutes les vigiles &#187; comme l'appelle saint Augustin. L'absence d'esprit et de sens liturgiques des quatre derniers si&#232;cles nous a ravi la plus sainte de toutes les nuits, l'esprit liturgique de notre si&#232;cle r&#233;parera ce d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons maintenant exposer et d&#233;crire la liturgie du Samedi Saint d'apr&#232;s le nouveau rite. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avant de d&#233;crire la c&#233;l&#233;bration de la nuit pascale elle-m&#234;me, il nous faut parler des modifications apport&#233;es &#224; l'office des heures du Samedi Saint. Le premier changement r&#233;side dans le fait que les matines qui &#233;taient habituellement chant&#233;es le soir du Vendredi Saint en grande solennit&#233; doivent &#234;tre r&#233;cit&#233;es non plus la veille, mais le matin du Samedi Saint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Office des heures, le seul office de la journ&#233;e, doit &#234;tre r&#233;parti &#224; l'heure convenable (hora competenti) au cours de la journ&#233;e, sans solennit&#233;. Donc d&#232;s le matin on r&#233;citera matines et laudes. Aux laudes il y a d&#233;j&#224; une modification. Apr&#232;s l'antienne &#171; Christus factus est obediens &#187; on ne r&#233;cite plus comme les jours pr&#233;c&#233;dents le psaume Miserere, mais on ajoute imm&#233;diatement une nouvelle Oraison : &#171; Accordez-nous, Dieu Tout-Puissant, &#224; nous qui c&#233;l&#233;brons &#224; l'avance, par une pieuse attente, la r&#233;surrection de votre Fils que nous obtenions la gloire de sa r&#233;surrection &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette Oraison termine aujourd'hui toutes les, heures qui doivent &#234;tre r&#233;cit&#233;es &#233;galement &#224; l'heure fix&#233;e (sans le psaume 50). Les V&#234;pres sont dites l'apr&#232;s-midi. (Ce sont les V&#234;pres du Jeudi Saint) avec une Ire antienne ainsi modifi&#233;e : &#171; Aujourd'hui je suis tr&#232;s opprim&#233;, mais demain je me d&#233;barrasserai de mes liens &#187; et avec une nouvelle antienne de Magnificat : &#171; Les princes des pr&#234;tres et les pharisiens firent garder le s&#233;pulcre par des gardes et scell&#232;rent la pierre &#187;. Jadis les V&#234;pres &#233;taient jointes &#224; la Communion de la messe de la vigile, &#224; pr&#233;sent elles sont c&#233;l&#233;br&#233;es l'apr&#232;s-midi. Les Complies aussi sont r&#233;cit&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la journ&#233;e est donc un jour silencieux qui n'est interrompu que par l'office des heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nouvelle Vigile Pascale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit du samedi au dimanche de P&#226;ques, on c&#233;l&#232;bre la nuit pascale. On commence vers dix heures de sorte que la messe solennelle de la vigile puisse commencer &#224; minuit. L'autel qui, depuis le Jeudi Saint, &#233;tait d&#233;nud&#233;, est recouvert de nappes, mais les cierges ne seront allum&#233;s que plus tard avec le feu nouveau. Entre-temps, &#224; la porte de l'&#233;glise, on a tir&#233; du feu de la pierre et allum&#233; les charbons. Le pr&#234;tre, rev&#234;tu des ornements violets, b&#233;nit le feu nouveau, en disant : &#171; Dieu, qui par votre Fils, v&#233;ritable pierre angulaire, avez allum&#233; en vos fid&#232;les le feu de votre lumi&#232;re, sanctifiez ce feu nouveau tir&#233; de la pierre et qui doit servir &#224; notre usage, et faites-nous la gr&#226;ce d'&#234;tre tellement enflamm&#233;s de c&#233;lestes d&#233;sirs, durant ces f&#234;tes de P&#226;ques, que nous puissions par la puret&#233; de nos c&#339;urs, arriver &#224; ces f&#234;tes &#233;ternelles o&#249; nous jouirons d'une lumi&#232;re sans fin. &#187; Le feu est asperg&#233; trois fois avec de l'eau b&#233;nite. L'acolyte prend des charbons b&#233;nits et les met dans l'encensoir. Le pr&#234;tre y d&#233;pose de l'encens et encense le feu. Un cierge est allum&#233; au feu nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le clerg&#233; se pr&#233;sente ensuite &#224; la porte de l'&#233;glise ; l'acolyte porte le cierge pascal devant le pr&#234;tre. Ce cierge est b&#233;nit avec de solennelles c&#233;r&#233;monies. Le pr&#234;tre trace sur le cierge pascal des signes symboliques qui doivent signifier que le cierge repr&#233;sente le Sauveur ressuscit&#233;. Le pr&#234;tre trace avec un stylet une croix sur le cierge pascal et dit en tra&#231;ant la barre verticale : &#171; Le Christ hier et aujourd'hui &#187;, puis en tra&#231;ant la barre horizontale &#171; le commencement et la fin &#187;. Il trace ensuite au-dessus et au-dessous de la croix les lettres grecques alpha et omega. Dans les quatre angles de la croix il &#233;crit les chiffres de l'ann&#233;e (par exemple 1952) et dit &#224; chacun de ces chiffres : &#171; A Lui les temps &#187;, &#171; et l'&#233;ternit&#233; &#187;, &#171; &#224; Lui la gloire et l'empire &#187;, &#171; pour tous les si&#232;cles, &#233;ternellement Amen &#187;. Ensuite le diacre pr&#233;sente au pr&#234;tre les cinq grains d'encens qui sont asperg&#233;s &#224; trois reprises avec de l'eau b&#233;nite puis encens&#233;s. Ces grains d'encens repr&#233;sentent les plaies transfigur&#233;es du Ressuscit&#233;, c'est ce qu'expriment clairement les paroles du pr&#234;tre, lorsqu'il les enfonce dans le cierge pascal : &#171; Que par ses saintes plaies glorieuses, le Christ Notre-Seigneur nous garde et nous conserve. Amen. &#187; Puis le diacre pr&#233;sente le cierge b&#233;nit au pr&#234;tre qui allume le cierge pascal, en disant : &#171; Que la lumi&#232;re du Christ ressuscitant glorieusement dissipe les t&#233;n&#232;bres du c&#339;ur et de l'esprit &#187;. Le pr&#234;tre b&#233;nit ensuite le cierge pascal allum&#233; en disant cette Oraison : &#171; qu'une effusion abondante de votre b&#233;n&#233;diction se r&#233;pande sur ce cierge allum&#233;, nous vous en prions, Dieu tout-puissant, et r&#233;g&#233;n&#233;rateur invisible, allumez vous-m&#234;me ce feu qui doit nous &#233;clairer pendant cette nuit, afin que le sacrifice offert cette nuit re&#231;oive les impressions secr&#232;tes de votre lumi&#232;re et qu'en tout lieu o&#249; l'on portera l'une des choses que nous b&#233;nissons ici, les artifices et la malice du d&#233;mon soient expuls&#233;s et la puissance de votre majest&#233; y r&#233;side.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors on &#233;teint toutes les lumi&#232;res de l'&#233;glise, afin qu'elle soit &#233;clair&#233;e par le cierge pascal. A pr&#233;sent a lieu avec le cierge pascal, &#224; travers l'&#233;glise, une procession solennelle qui constitue un des moments les plus impressionnants de toute la c&#233;r&#233;monie. A l'entr&#233;e de l'&#233;glise le diacre, portant la dalmatique blanche, h&#233;raut pascal, re&#231;oit le cierge pascal allum&#233;. La procession se compose ainsi : le thurif&#233;raire, le sous-diacre portant la croix et les deux acolytes, le diacre avec le cierge pascal, le pr&#234;tre, le clerg&#233; et les servants, ensuite des d&#233;l&#233;gations des fid&#232;les. Le diacre s'arr&#234;te &#224; trois reprises dans l'&#233;glise, &#233;l&#232;ve le cierge pascal, reste debout et chante chaque fois Lumen Christi. La premi&#232;re fois, le pr&#234;tre allume son cierge au cierge pascal, la seconde fois le clerg&#233; fait de m&#234;me et la troisi&#232;me fois c'est le tour des fid&#232;les. A chaque fois, tous s'agenouillent et chantent Deo gratias. Finalement, tous les assistants ont allum&#233; leurs cierges au cierge pascal. Toute l'&#233;glise est illumin&#233;e de centaines de cierges. Le diacre pose alors le cierge pascal devant l'autel sur un petit chandelier. Tous gagnent leurs places et &#233;coutent debout (comme pour l'&#233;vangile) leur cierge allum&#233; &#224; la main, l'hymne pascal, premier hommage au Ressuscit&#233;. Le diacre demande la b&#233;n&#233;diction du pr&#234;tre qui dit : &#171; Que le Seigneur soit dans ton c&#339;ur et sur tes l&#232;vres, pour que tu annonces dignement et comme il convient la proclamation pascale &#187;. Le diacre encense le livre et le cierge pascal, en en faisant le tour. Alors, le diacre chante le c&#233;l&#232;bre Exultet que nous ne cessons pas d'admirer. Vers la fin de l'Exultet il faut noter un petit changement. Autrefois on y nommait l'empereur romain et on priait pour lui, &#224; pr&#233;sent cette oraison est &#233;tendue &#224; tous les chefs d'&#233;tat : &#171; Jetez &#233;galement un regard sur ceux qui ont autorit&#233; pour nous gouverner, et par l'inexprimable vertu de votre mis&#233;ricorde paternelle, orientez leurs pens&#233;es vers la justice et la paix, afin que leurs efforts d'ici-bas les fassent parvenir &#224; la patrie c&#233;leste avec tout votre peuple &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'Exultet, le diacre &#244;te la dalmatique blanche, les cierges des fid&#232;les sont &#233;teints, tous s'assoient et l'ancienne vigile se c&#233;l&#232;bre devant le cierge pascal. Autrefois il y avait douze le&#231;ons ; elles sont maintenant r&#233;duites &#224; quatre, on a choisi, en plus de la premi&#232;re, celles qui sont suivies d'un Trait. I&#232;re Le&#231;on : Gen&#232;se 1,1-2,2 (l'&#339;uvre des six jours) ; 2e Le&#231;on, Exode 14,24-15,1 (Passage de la mer Rouge) avec le cantique de Mo&#239;se. 3e Le&#231;on, Isa&#239;e 4,1-6 (Splendeur du royaume messianique) avec le cantique de la vigne. 4e Le&#231;on, Deut&#233;ronome 31,22-3 (derni&#232;re exhortation de Mo&#239;se &#224; garder la fid&#233;lit&#233; envers Dieu avec le c&#233;l&#232;bre cantique de Mo&#239;se. A la fin de chaque Le&#231;on, tous se l&#232;vent pour l'Oraison. Le pr&#234;tre dit : &#171; Prions ! &#187; Le diacre ajoute : &#171; Fl&#233;chissons les genoux ! &#187; (Il invite &#224; prier en silence). Au bout d'un instant, le diacre dit : &#171; Levez-vous ! &#187; A pr&#233;sent seulement le pr&#234;tre r&#233;cite &#224; haute voix l'oraison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les Le&#231;ons a lieu la b&#233;n&#233;diction de l'eau baptismale qui, d'apr&#232;s les nouvelles rubriques, est encadr&#233;e par les litanies des saints. On commence par l'invocation des Saints, puis a lieu la b&#233;n&#233;diction de l'eau, non pas aux fonts baptismaux, mais au milieu de l'&#233;glise, sous les yeux des fid&#232;les ; ensuite a lieu la c&#233;r&#233;monie nouvelle, la r&#233;novation des promesses baptismales, en langue vulgaire. Les fid&#232;les pendant ce temps portent leur cierge allum&#233; ; puis &#224; la fin ils peuvent recevoir l'aspersion de l'eau b&#233;nite. Songeons &#224; la profonde impression que produirait cette c&#233;r&#233;monie, si des adultes recevaient le bapt&#234;me et faisaient leur premi&#232;re communion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On chante ensuite la seconde partie des litanies des Saints tandis que le clerg&#233; se rend &#224; la sacristie pour rev&#234;tir les ornements blancs. Le cierge pascal est plac&#233; sur le grand chandelier de l'ambon &#8212; pour y br&#251;ler durant quarante jours comme image du Ressuscit&#233;. La messe n'a que quelques modifications, mais tr&#232;s significatives. Il n'y a ni pri&#232;res au bas de l'autel ni dernier &#233;vangile, donc disparaissent les parties de la messe qui n'ont &#233;t&#233; introduites que dans le bas moyen &#226;ge et ne sont pas essentielles. Apr&#232;s la Communion sont supprim&#233;es les V&#234;pres en abr&#233;g&#233; comme nous l'avons remarqu&#233; plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le nouvel office de la nuit pascale dont les chr&#233;tiens amis de la liturgie ont le droit de se r&#233;jouir de tout c&#339;ur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Avant le psautier de saint Pie X : &#171; Le deuxi&#232;me Psaume(42), compos&#233; par David en exil, exprime son ardent d&#233;sir de revoir sa patrie, et l'esp&#233;rance qu'il a du retour ; c'est la figure du Christ au tombeau, aspirant &#224; la lumi&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Coloss. I, 20. 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rom. V, 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;II Cor. V, 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Philipp. II, 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;R&#233;pons VIe de l'Office de la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Prov. XXXI, 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. XV, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Avant la r&#233;forme de Pie XII, l'Office de la Vigile Pascale se c&#233;l&#233;brait dans la matin&#233;e du Samedi Saint.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. VIII, 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Petr. II, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ephes. 11, 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai. XXVIII, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XI, 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVIII, 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rom. VI, 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cant. IV, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XII. 40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIV, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XII, 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Confess., lib. VII, 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Que les cat&#233;chum&#232;nes se retirent. Fils tr&#232;s chers, retournez chez vous, attendant l'heure o&#249; la gr&#226;ce de Dieu pourra op&#233;rer en vous le bapt&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ps. 9 : &#171; Qui demeure &#224; l'abri du Tr&#232;s-Haut &#187; et Ps. 4 : &#171; En paix, je me couche et je m'endors. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;ad Nymphas l&#224; o&#249; Pierre baptisait.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Christ a accru le double honneur du Si&#232;ge Apostolique. Cf. Liber Sacramentorum, t. Ier, p. 32, et t. II, ch. Ier, p. 18 :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sumite perpetuam sancto de gurgite vitam ;&lt;br class='manualbr' /&gt;Cursus hic fidei, mors ubi sola perit. &lt;br class='manualbr' /&gt;Roborat hic animos divino fonte lavacrum,&lt;br class='manualbr' /&gt;et dum membra madent, mens solidatur aquis. &lt;br class='manualbr' /&gt;Auxit apostolic&#230; geminatum sedis honorem&lt;br class='manualbr' /&gt;Christus, et ad c&#339;los hanc dedit esse viam ; &lt;br class='manualbr' /&gt;Nam cui siderei commisit limina regni,&lt;br class='manualbr' /&gt;Hic habet in templis altera claustra poli.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Puisez dans l'eau sainte la vie &#233;ternelle :&lt;br class='manualbr' /&gt;Ici la foi prend son cours, o&#249; seule p&#233;rit la mort ; &lt;br class='manualbr' /&gt;Ici le bain jaillissant d'une source divine fortifie les &#226;mes,&lt;br class='manualbr' /&gt;Et l'onde qui baigne les membres affermit l'esprit. &lt;br class='manualbr' /&gt;Le Christ a accru le double honneur du Si&#232;ge apostolique&lt;br class='manualbr' /&gt;Et Il lui a donn&#233; d'&#234;tre la voie menant aux cieux ; &lt;br class='manualbr' /&gt;Ainsi celui &#224; qui Il confia l'entr&#233;e du royaume divin,&lt;br class='manualbr' /&gt;Garde dans ce temple une autre porte du ciel.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Le sens de l'&#233;pigraphe n'est pas parfaitement clair. Le double honneur conf&#233;r&#233; au Si&#232;ge apostolique est &#233;videmment l'&#233;vang&#233;lisation, le martyre et le s&#233;pulcre des deux Princes des Ap&#244;tres. Le privil&#232;ge, par suite, conc&#233;d&#233; en plus &#224; l'&#201;glise romaine, serait cette circonstance, que le Porte-Clefs du ciel gard&#226;t une seconde porte du paradis dans son propre baptist&#232;re. Pourtant, afin que ce dernier privil&#232;ge puisse constituer un honneur sp&#233;cial pour le Si&#232;ge apostolique, il ne suffit pas que le Bapt&#234;me ouvre d'une fa&#231;on quelconque la porte du Paradis &#8212; toutes les &#233;glises du monde avaient aussi leur baptist&#232;re, &#8212; mais il est requis que ce Bapt&#234;me soit en relation historique sp&#233;ciale avec l'ap&#244;tre Pierre, lequel aurait, ou inaugur&#233; lui-m&#234;me le baptist&#232;re, &#8212; si l'&#233;pigraphe se rapporte au cimeti&#232;re ad nymphas beati Petri ubi baptizabat, &#8212; ou bien il l'aurait consacr&#233; soit par son martyre, soit encore parce que les Pontifes, ses successeurs, l'administrent en son nom ; toutes circonstances qui se v&#233;rifient au Vatican, dans le baptist&#232;re damasien.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le feu de votre splendeur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cette lumi&#232;re que vous avez sanctifi&#233;e et b&#233;nite&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Splendeur nocturne&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Qu'il brille par ses rayons myst&#233;rieux de votre lumi&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;qu'en tout lieu o&#249; le myst&#232;re de cette b&#233;n&#233;diction sera apport&#233;, les ruses de la malice diabolique soient d&#233;jou&#233;es et que l&#224; aussi la puissance de votre majest&#233; &#233;clate.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;O bienheureuse faute, &#244; vraiment n&#233;cessaire p&#233;ch&#233; d'Adam.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Participants de la nature divine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Changeant toute chose, mais au dessein immuable. Cf. Confession, Lib. I, cap. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Commentaires liturgiques du Vendredi Saint</title>
		<link>https://introibo.fr/spip.php?article17</link>
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		<dc:date>2026-03-22T15:11:09Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique A L'OFFICE DE LA NUIT. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les c&#233;r&#233;monies particuli&#232;res que pratique la sainte &#201;glise &#224; l'Office des T&#233;n&#232;bres ayant &#233;t&#233; expliqu&#233;es ci-dessus, et ne pr&#233;sentant aucune diff&#233;rence dans ces trois jours, il est inutile d'en transcrire ici de nouveau les d&#233;tails et les explications. Le lecteur les trouvera en t&#234;te de l'Office de la nuit du Jeudi saint. &lt;br class='autobr' /&gt;
AU PREMIER NOCTURNE. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier Psaume (2) annonce proph&#233;tiquement la g&#233;n&#233;ration &#233;ternelle du Fils de Dieu, sa (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://introibo.fr/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Commentaires liturgiques pour les grandes f&#234;tes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://introibo.fr/local/cache-vignettes/L15xH15/arton220-4ca21.gif?1774192296' class='spip_logo spip_logo_right' width='15' height='15' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgi&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Dom Pius Parsch, le Guide (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A L'OFFICE DE LA NUIT.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les c&#233;r&#233;monies particuli&#232;res que pratique la sainte &#201;glise &#224; l'Office des T&#233;n&#232;bres ayant &#233;t&#233; expliqu&#233;es ci-dessus, et ne pr&#233;sentant aucune diff&#233;rence dans ces trois jours, il est inutile d'en transcrire ici de nouveau les d&#233;tails et les explications. Le lecteur les trouvera en t&#234;te de l'Office de la nuit du Jeudi saint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;AU PREMIER NOCTURNE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier Psaume (2) annonce proph&#233;tiquement la g&#233;n&#233;ration &#233;ternelle du Fils de Dieu, sa royaut&#233; sur les nations, et la vengeance qu'il exercera, au dernier jour, contre ses ennemis. Comme ce magnifique Cantique parle aussi de la r&#233;volte des puissants du monde contre le Christ, l'&#201;glise l'emploie en ce jour o&#249; les complots de la Synagogue ont produit la mort du R&#233;dempteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me Psaume (21) est, &#224; proprement parler, le Psaume de la Passion. Le premier verset contient une des derni&#232;res paroles de J&#233;sus-Christ sur la croix. Ses pieds et ses mains perc&#233;es, l'extension violente de ses membres, ses v&#234;tements partag&#233;s, sa robe jou&#233;e au sort, les langueurs de son agonie, les insultes de ceux qui l'ont crucifi&#233;, sont autant de traits qui font de ce divin Cantique comme un r&#233;cit anticip&#233; des faits &#233;vang&#233;liques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me Psaume (26) fut compos&#233; par David, lorsqu'il fuyait la pers&#233;cution de Saul. Il offre un contraste frappant entre les p&#233;rils qui environnent le serviteur de Dieu, et la confiance inalt&#233;rable qu'il conserve dans le Seigneur. David est ici la figure du Christ au milieu des &#233;preuves de sa Passion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Le&#231;ons du premier Nocturne continuent d'&#234;tre emprunt&#233;es aux Lamentations de J&#233;r&#233;mie. Nous avons expliqu&#233; le Jeudi Saint, les motifs qui ont port&#233; l'&#201;glise &#224; lire, en ces trois jours, cette triste &#233;l&#233;gie. Les deux premi&#232;res Le&#231;ons ont rapport &#224; la ruine de J&#233;rusalem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la troisi&#232;me Le&#231;on, J&#233;r&#233;mie change de sujet. Selon l'usage de tous les Proph&#232;tes, il s'interrompt pour parler du Messie, la grande pr&#233;occupation d'Isra&#235;l. Mais ce n'est pas le Messie triomphant qu'il offre &#224; nos regards : c'est le Fils de l'homme, objet du courroux de Dieu, parce qu'il porte sur lui les p&#233;ch&#233;s du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;AU DEUXI&#200;ME NOCTURNE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le quatri&#232;me Psaume (37) , David, apr&#232;s son p&#233;ch&#233;, en butte &#224; la r&#233;volte d'Absalon, se livre au regret des fautes qui ont d&#233;cha&#238;n&#233; sur lui les vengeances c&#233;lestes. Il est la figure du Messie qui, dans son agonie, confesse aussi que les iniquit&#233;s dont il s'est charg&#233; l'accablent, que son c&#339;ur est dans le trouble que ses forces l'ont abandonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David pers&#233;cut&#233; est encore, dans ce cinqui&#232;me Psaume (39), la figure du Messie ; mais ce divin Cantique renferme un trait qui n'est applicable qu'au Christ : c'est l'endroit o&#249; celui qui parle dit &#224; Dieu : &#171; Vous n'avez pas agr&#233;&#233; les victimes, ni les offrandes ; alors j'ai dit : &#171; Voici que je viens pour &#171; faire votre volont&#233;. &#171; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le sixi&#232;me Psaume (53), David, poursuivi par les emb&#251;ches de Sa&#252;l, repr&#233;sente le Christ en butte &#224; la Synagogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise continue de lire, au deuxi&#232;me Nocturne, les Enarrations de saint Augustin sur les Psaumes proph&#233;tiques de la Passion du Sauveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;AU TROISI&#200;ME NOCTURNE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le septi&#232;me Psaume (58) fut aussi compos&#233; par David, dans le temps o&#249; il &#233;tait l'objet des poursuites de Sa&#252;l. Le Proph&#232;te d&#233;crit la rage de ses pers&#233;cuteurs, et trace en m&#234;me temps le portrait des ennemis du Messie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le huiti&#232;me Psaume (87), le Messie est en face de la mort qui va le d&#233;vorer ; il fait entendre ses plaintes, et se lamente sur l'abandon de ses disciples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le neuvi&#232;me Psaume (93) appelle la vengeance de Dieu sur ces juges pervers qui versent le sang innocent, comme si le juste n'avait pas au ciel un t&#233;moin de son immolation. Les princes des pr&#234;tres, les docteurs de la loi, le l&#226;che Ponce-Pilate, y sont d&#233;sign&#233;s sous les traits des juges iniques que le Psalmiste voue &#224; la col&#232;re c&#233;leste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au troisi&#232;me Nocturne, la sainte &#201;glise lit un passage de l'&#201;p&#238;tre aux H&#233;breux, dans lequel saint Paul nous montre le Fils de Dieu devenu Pontife et intercesseur pour les hommes aupr&#232;s de son P&#232;re, au moyen de l'effusion de son sang, par lequel il efface nos p&#233;ch&#233;s, et nous ouvre le ciel que la pr&#233;varication d'Adam nous avait ferm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A LAUDES.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dom Gu&#233;ranger d&#233;crivait les Laudes selon l'ancien Psautier, avant la R&#233;forme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier Psaume des Laudes est le Miserere (Ps. 50).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me Psaume (142) est aussi du nombre de ceux que David composa au temps de la r&#233;volte d'Absalon. Il est affect&#233; &#224; l'Office des Laudes du Vendredi pendant l'ann&#233;e, et convient au myst&#232;re d'aujourd'hui, en ce qu'il exprime l'abandon de la part des hommes et la confiance en Dieu, sentiments qu'&#233;prouva le Messie sur la croix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me Psaume (84) ordinaire des Laudes du Vendredi c&#233;l&#232;bre le grand myst&#232;re de la R&#233;demption accompli en ce jour, la fin du p&#233;ch&#233;, la col&#232;re divine apais&#233;e. On le chante sous l'Antienne suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Cantique du Proph&#232;te Habacuc fait partie chaque semaine, de l'Office du Vendredi &#224; Laudes. Il c&#233;l&#232;bre avec magnificence la victoire du Christ sur ses ennemis, au jour o&#249; il viendra juger le monde, et forme un contraste sublime avec les humiliations auxquelles l'Homme-Dieu est en proie aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier Psaume (147) est le psaume habituel des Laudes au Vendredi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le Verset, on chante la Cantique Benedictus, sous l'Antienne suivante : &#171; Ils plac&#232;rent au-dessus de sa t&#234;te cette inscription pour expliquer sa condamnation : J&#233;sus de Nazareth, Roi des Juifs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la r&#233;p&#233;tition de cette Antienne, le ch&#339;ur chante sur un mode m&#233;lodieux et touchant les paroles suivantes que l'&#201;glise r&#233;p&#232;te, en ces jours, &#224; la fin de tous ses Offices ; mais elle ajoute aujourd'hui que la mort &#224; laquelle le Fils de Dieu a daign&#233; se soumettre a &#233;t&#233; la mort de la Croix, c'est-&#224;-dire la plus honteuse et la plus cruelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Christ s'est fait ob&#233;issant pour nous jusqu'&#224; la mort, et &#224; la mort de la Croix. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit ensuite &#224; voix basse Pater noster, suivi du Miserere, qui est r&#233;cit&#233; &#224; deux ch&#339;urs, sans chanter. Enfin, celui qui pr&#233;side prononce pour conclusion l'Oraison suivante : &#171; Daignez Seigneur, jeter un regard sur votre famille ici pr&#233;sente, pour laquelle notre Seigneur J&#233;sus-Christ a bien voulu &#234;tre livr&#233; aux mains des m&#233;chants, et souffrir le supplice de la Croix : Lui qui vit et r&#232;gne avec vous, dans les si&#232;cles des si&#232;cles. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AU MATIN.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soleil s'est lev&#233; sur J&#233;rusalem ; mais les pontifes et les docteurs de la loi n'ont pas attendu sa lumi&#232;re pour satisfaire leur haine contre J&#233;sus. Anne, qui avait d'abord re&#231;u l'auguste prisonnier, l'a fait conduire chez son gendre Ca&#239;phe. L'indigne pontife a os&#233; faire subir un interrogatoire au Fils de Dieu. J&#233;sus, d&#233;daignant de r&#233;pondre, a re&#231;u un soufflet d'un des valets. De faux t&#233;moins avaient &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s ; ils viennent d&#233;poser leurs mensonges &#224; la face de celui qui est la V&#233;rit&#233; ; mais leurs t&#233;moignages ne s'accordent pas. Alors le grand-pr&#234;tre, voyant que le syst&#232;me qu'il a adopt&#233; pour convaincre J&#233;sus de blasph&#232;me n'aboutit qu'&#224; d&#233;masquer les complices de sa fraude, veut tirer de la bouche m&#234;me du Sauveur le d&#233;lit qui doit le rendre justiciable de la Synagogue. &#171; Je vous adjure, parle Dieu vivant, de r&#233;pondre. &#202;tes-vous le Christ Fils de Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVI, 63.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187; Telle est l'interpellation que le pontife adresse au Messie. J&#233;sus, voulant nous apprendre les &#233;gards qui sont dus &#224; l'autorit&#233;, aussi longtemps qu'elle en conserve les titres, sort de son silence, et r&#233;pond avec fermet&#233; : &#171; Vous l'avez dit : je le suis ; au reste, je vous d&#233;clare qu'un jour vous verrez le Fils de l'homme assis &#224; la droite de la Vertu de Dieu, et venant sur les nu&#233;es du ciel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVI, 64 ; Marc. XIV, 62.&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; A ces mots, le pontife sacril&#232;ge se l&#232;ve, il d&#233;chire ses v&#234;tements, et s'&#233;crie : &#171; Il a blasph&#233;m&#233; ! Qu'avons-nous besoin de t&#233;moins ? Vous venez d'entendre le blasph&#232;me, que vous en semble ? &#187; De toutes parts, dans la salle, on crie : &#171; Il m&#233;rite la mort&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVI, 65, 66.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le propre Fils de Dieu est descendu sur la terre pour rappeler &#224; la vie l'homme qui s'&#233;tait pr&#233;cipit&#233; dans la mort ; et par le plus affreux renversement, c'est l'homme qui, en retour d'un tel bienfait, ose traduire &#224; son tribunal ce Verbe &#233;ternel, et le juge digne de mort. Et J&#233;sus garde le silence, et il n'an&#233;antit pas dans sa col&#232;re ces hommes aussi audacieux qu'ils sont ingrats ! R&#233;p&#233;tons en ce moment ces touchantes paroles par lesquelles l'&#201;glise Grecque interrompt souvent aujourd'hui la lecture du r&#233;cit de la Passion : &#171; Gloire &#224; votre patience, Seigneur ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine ce cri &#233;pouvantable : &#171; Il m&#233;rite la mort ! &#187; s'est-il fait entendre, que les valets du grand-pr&#234;tre se jettent sur J&#233;sus. Ils lui crachent au visage, et lui ayant ensuite band&#233; les yeux, ils lui donnent des soufflets, en lui disant : &#171; Proph&#232;te, devine qui t'a frapp&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXII, 64.&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Tels sont les hommages de la Synagogue au Messie dont l'attente la rend si fi&#232;re. La plume h&#233;site &#224; r&#233;p&#233;ter le r&#233;cit de tels outrages faits au Fils de Dieu ; et cependant ceci n'est que le commencement des indignit&#233;s qu'a d&#251; subir le R&#233;dempteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, une sc&#232;ne plus affligeante encore pour le c&#339;ur de J&#233;sus se passe hors de la salle, dans la cour du grand-pr&#234;tre. Pierre, qui s'y est introduit, se trouve aux prises avec les gardes et les gens de service, qui l'ont reconnu pour un Galil&#233;en de la suite de J&#233;sus. L'Ap&#244;tre, d&#233;concert&#233; et craignant pour sa vie, abandonne l&#226;chement son ma&#238;tre, et va jusqu'&#224; affirmer par serment qu'il ne le conna&#238;t m&#234;me pas. Triste exemple du ch&#226;timent r&#233;serv&#233; &#224; la pr&#233;somption ! Mais, o mis&#233;ricorde de J&#233;sus ! Les valets du grand-pr&#234;tre l'entra&#238;nent vers le lieu o&#249; se tenait l'Ap&#244;tre ; il lance sur cet infid&#232;le un regard de reproche et de pardon ; Pierre s'humilie et pleure. Il sort &#224; ce moment de ce palais maudit ; et d&#233;sormais tout entier &#224; ses regrets, il ne se consolera plus qu'il n'ait revu son ma&#238;tre ressuscit&#233; et triomphant. Qu'il soit donc notre mod&#232;le, ce disciple p&#233;cheur et converti, en ces heures de compassion o&#249; la sainte &#201;glise veut que nous soyons t&#233;moins des douleurs toujours croissantes de notre Sauveur ! Pierre se retire ; car il craint sa faiblesse ; restons, nous, jusqu'&#224; la fin ; nous n'avons rien &#224; redouter ; et daigne le regard de J&#233;sus, qui fond les c&#339;urs les plus durs, se diriger vers nous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant les princes des pr&#234;tres, voyant que le jour commence &#224; luire, se disposent &#224; traduire J&#233;sus devant le gouverneur romain. Ils ont instruit sa cause comme celle d'un blasph&#233;mateur, mais il n'est pas en leur pouvoir de lui appliquer la loi de Mo&#239;se, selon laquelle il devrait &#234;tre lapid&#233;. J&#233;rusalem n'est plus libre, et ses propres lois ne la r&#233;gissent plus. Le droit de vie et de mort n'est plus exerc&#233; que par les vainqueurs, et toujours au nom de C&#233;sar. Comment ces pontifes et ces docteurs ne se rappellent-ils pas en ce moment l'oracle de Jacob mourant, qui d&#233;clara que le Messie viendrait, lorsque le sceptre serait enlev&#233; &#224; Juda ? Mais une noire jalousie les a &#233;gar&#233;s ; et ils ne sentent pas non plus que le traitement qu'ils vont faire subir &#224; ce Messie se trouve d&#233;crit par avance dans les proph&#233;ties qu'ils lisent et dont ils sont les gardiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bruit qui se r&#233;pand dans la ville que J&#233;sus a &#233;t&#233; saisi cette nuit, et qu'on se dispose &#224; le traduire devant le gouverneur, arrive aux oreilles du tra&#238;tre Judas. Ce mis&#233;rable aimait l'argent ; mais il n'avait aucun motif de d&#233;sirer la mort de son ma&#238;tre. Il connaissait le pouvoir surnaturel de J&#233;sus, et se flattait peut-&#234;tre que les suites de sa trahison seraient promptement arr&#234;t&#233;es par celui &#224; qui la nature et les &#233;l&#233;ments ne r&#233;sistaient jamais. Maintenant qu'il voit J&#233;sus aux mains de ses plus cruels ennemis, et que tout annonce un d&#233;nouement tragique, un remords violent s'empare de lui ; il court au Temple, et va jeter aux pieds des princes des pr&#234;tres ce fatal argent qui a &#233;t&#233; le prix du sang. On dirait que cet homme est converti, et qu'il va implorer son pardon. H&#233;las ! Il n'en est rien. Le d&#233;sespoir est le seul sentiment qui lui reste, et il a h&#226;te d'aller mettre fin &#224; ses jours. Le souvenir de tous les appels que J&#233;sus fit &#224; son c&#339;ur, hier encore, durant la C&#232;ne et jusque dans le jardin, loin de lui donner confiance, ne sert qu'&#224; l'accabler ; et pour avoir dout&#233; d'une mis&#233;ricorde qu'il devrait cependant conna&#238;tre, il se pr&#233;cipite dans l'&#233;ternelle damnation, au moment m&#234;me o&#249; le sang qui lave tous les crimes a d&#233;j&#224; commenc&#233; d&#233;couler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or les princes des pr&#234;tres, conduisant avec eux J&#233;sus encha&#238;n&#233;, se pr&#233;sentent au gouverneur Pilate, demandant d'&#234;tre entendus sur une cause criminelle. Le gouverneur para&#238;t, et leur dit avec une sorte d'ennui : &#171; Quelle accusation apportez-vous contre cet homme ? &#8212; Si ce n'&#233;tait pas un malfaiteur, r&#233;pondent-ils, nous ne vous l'aurions pas livr&#233;. &#187; Le m&#233;pris et le d&#233;go&#251;t se trahissent d&#233;j&#224; dans les paroles du gouverneur, et l'impatience dans la r&#233;ponse que lui adressent les princes des pr&#234;tres. On voit que Pilate se soucie peu d'&#234;tre le ministre de leurs vengeances : &#171; Prenez-le, leur dit-il, et jugez-le selon votre loi. &#8212; Mais, r&#233;pondent ces hommes de sang, il ne nous est pas permis de faire mourir personne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XVIII, 20-32.&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pilate, qui &#233;tait sorti du Pr&#233;toire pour parler aux ennemis du Sauveur, y rentre et fait introduire J&#233;sus. Le Fils de Dieu et le repr&#233;sentant du monde pa&#239;en sont en pr&#233;sence. &#171; &#202;tes-vous donc le roi des Juifs ? demande Pilate. &#8212; Mon royaume n'est pas de ce monde, r&#233;pond J&#233;sus ; il n'a rien de commun avec ces royaumes form&#233;s par la violence ; sa source est d'en haut. Si mon royaume &#233;tait de ce monde, j'aurais des soldats qui ne m'eussent pas laiss&#233; tomber au pouvoir des Juifs. Bient&#244;t, &#224; mon tour, j'exercerai l'empire terrestre ; mais &#224; cette heure mon royaume n'est pas d'ici bas. &#8212; Vous &#234;tes donc roi, enfin ? reprend Pilate. &#8212; Oui, je suis roi, &#187; dit le Sauveur. Apr&#232;s avoir confess&#233; sa dignit&#233; auguste, l'Homme-Dieu fait un effort pour &#233;lever ce Romain au-dessus des int&#233;r&#234;ts vulgaires de sa fortune ; il lui propose un but plus digne de l'homme que la recherche des honneurs de la terre. &#171; Je suis venu en ce monde, lui dit-il, pour rendre t&#233;moignage &#224; la V&#233;rit&#233; ; quiconque est de la V&#233;rit&#233; &#233;coute ma voix. &#8212; Et qu'est-ce que la V&#233;rit&#233; ? &#187; reprend Pilate ; et sans attendre la r&#233;ponse &#224; sa question, press&#233; d'en finir, il laisse J&#233;sus, et va retrouver les accusateurs. &#171; Je ne reconnais en cet homme aucun crime&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XVIII, 33-38.&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#187; leur dit-il. Ce pa&#239;en avait cru rencontrer en J&#233;sus un docteur de quelque secte juive dont les enseignements ne valaient pas la peine d'&#234;tre &#233;cout&#233;s, mais en m&#234;me temps un homme inoffensif dans lequel on ne pouvait, sans injustice, chercher un homme dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine Pilate a-t-il exprim&#233; son avis favorable sur J&#233;sus, qu'un amas d'accusations est produit contre ce Roi des Juifs par les princes des pr&#234;tres. Le silence de J&#233;sus, au milieu de tant d'atroces mensonges, &#233;meut le gouverneur : &#171; Mais n'entendez-vous pas, lui dit-il, tout ce qu'ils disent contre vous ? &#187; Cette parole, d'un int&#233;r&#234;t visible, n'enl&#232;ve point J&#233;sus &#224; son noble silence ; mais elle provoque de la part de ses ennemis une nouvelle explosion de fureur. &#171; Il agite le peuple, s'&#233;crient les princes des pr&#234;tres ; il va pr&#234;chant dans toute la Jud&#233;e, depuis la Galil&#233;e jusqu'ici&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVII, 13-14 ; Luc. XXIII, 5.&#034; id=&#034;nh6-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Dans ce mot de Galil&#233;e, Pilate croit voir un trait de lumi&#232;re. H&#233;rode, t&#233;trarque de Galil&#233;e, est en ce moment &#224; J&#233;rusalem. Il faut lui remettre J&#233;sus ; il est son sujet ; et cette cession d'une cause criminelle d&#233;barrassera le gouverneur, en m&#234;me temps qu'elle r&#233;tablira la bonne harmonie entre H&#233;rode et lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Sauveur est donc tra&#238;n&#233; dans les rues de J&#233;rusalem, du Pr&#233;toire au palais d'H&#233;rode. Ses ennemis l'y poursuivent avec la m&#234;me rage, et J&#233;sus garde le m&#234;me silence. Il ne recueille l&#224; que le m&#233;pris du mis&#233;rable H&#233;rode, du meurtrier de Jean-Baptiste ; et bient&#244;t les habitants de J&#233;rusalem le voient repara&#238;tre sous la livr&#233;e d'un insens&#233;, entra&#238;n&#233; de nouveau vers le Pr&#233;toire. Ce retour inattendu de l'accus&#233; contrarie Pilate ; cependant il croit avoir trouv&#233; un nouveau moyen de se d&#233;barrasser de cette cause qui lui est odieuse. La f&#234;te de P&#226;que lui fournit occasion de gracier un coupable ; il va essayer de faire tomber cette faveur sur J&#233;sus. Le peuple est ameut&#233; aux portes du Pr&#233;toire ; il n'y a qu'&#224; mettre en parall&#232;le J&#233;sus, ce m&#234;me J&#233;sus que la ville a vu conduire en triomphe il y a quelques jours, avec Barabbas, ce malfaiteur qui est un objet d'horreur pour J&#233;rusalem ; le choix du peuple ne peut manquer d'&#234;tre favorable &#224; J&#233;sus. &#171; Qui voulez-vous que je vous d&#233;livre, leur dit-il, de J&#233;sus ou de Barabbas ? &#187; La r&#233;ponse ne se fait pas attendre ; des voix tumultueuses s'&#233;crient : &#171; Non J&#233;sus, mais Barabbas ! &#8212; Que faire donc de J&#233;sus ? reprend le gouverneur interdit. &#8212; Crucifiez-le ! &#8212; Mais quel mal a-t-il fait ? Je vais le ch&#226;tier, et je le renverrai ensuite. &#8212; Non, non ; crucifiez-le&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVII ; Luc. XXIII.&#034; id=&#034;nh6-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;preuve n'a pas r&#233;ussi ; et la situation du l&#226;che gouverneur est devenue plus critique qu'auparavant. En vain il a cherch&#233;e ravaler l'innocent au niveau d'un malfaiteur ; la passion d'un peuple ingrat et soulev&#233; n'en a tenu aucun compte. Pilate est r&#233;duit &#224; promettre qu'il va faire ch&#226;tier J&#233;sus d'une mani&#232;re assez barbare pour &#233;tancher un peu la soif de sang qui d&#233;vore cette populace ; mais il n'a fait que provoquer un nouveau cri de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'allons pas plus loin sans offrir au Fils de Dieu une r&#233;paration pour l'indigne outrage dont il vient d'&#234;tre l'objet. Mis en balance avec un homme inf&#226;me, c'est ce dernier qu'on lui pr&#233;f&#232;re. Si Pilate essaie par piti&#233; de lui sauver la vie, c'est &#224; condition de lui faire subir cette ignoble comparaison, et c'est en pure perte. Les voix qui chantaient Hosannah au fils de David, il y a quelques jours, ne font plus entendre que des hurlements f&#233;roces ; et le gouverneur, qui craint une s&#233;dition, a os&#233; promettre de punir celui dont il a tout &#224; l'heure confess&#233; l'innocence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus est livr&#233; aux soldats pour &#234;tre flagell&#233; par eux. On le d&#233;pouille avec violence de ses v&#234;tements, et on l'attache &#224; la colonne qui servait pour ces ex&#233;cutions. Les fouets les plus cruels sillonnent son corps tout entier, et le sang coule par ruisseaux le long de ses membres divins. Recueillons cette seconde effusion du sang de notre R&#233;dempteur, par laquelle J&#233;sus expie pour l'humanit&#233; tout enti&#232;re les complaisances et les crimes de la chair. C'est par la main des Gentils que ce traitement lui est inflige ; les Juifs l'ont livr&#233;, et les Romains sont les ex&#233;cuteurs ; tous nous avons tremp&#233; dans l'affreux d&#233;icide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette soldatesque est lasse enfin de frapper ; les bourreaux d&#233;tachent leur victime, en auront-ils enfin piti&#233; ? Non, ils vont faire succ&#233;der &#224; tant de cruaut&#233; une d&#233;rision sacril&#232;ge. J&#233;sus a &#233;t&#233; appel&#233; le Roi des Juifs ; les soldats prennent occasion de ce titre pour donner une forme nouvelle &#224; leurs outrages. Un roi porte la couronne ; les soldats vont en imposer une au fils de David. Tressant &#224; la h&#226;te un horrible diad&#232;me avec des branches d'arbrisseaux &#233;pineux, ils la lui enfoncent sur la t&#234;te, et pour la troisi&#232;me fois, le sang de J&#233;sus coule avec abondance. Puis, afin de compl&#233;ter l'ignominie, les soldats lui jettent sur les &#233;paules un manteau de pourpre, et placent dans sa main un roseau, en guise de sceptre. Alors ils se mettent a genoux devant lui, et disent : &#171; Roi des Juifs, salut ! &#187; Et cet hommage insultant est accompagn&#233; de soufflets sur le visage de l'Homme-Dieu, et d'inf&#226;mes crachats ; et de temps en temps on lui arrache le roseau des mains pour l'en frapper sur la t&#234;te, afin d'enfoncer toujours davantage les cruelles &#233;pines dont elle est ceinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce spectacle, le chr&#233;tien se prosterne dans un douloureux respect, et dit &#224; son tour. &#171; Roi des Juifs, salut ! Oui, vous &#234;tes le fils de David, et &#224; ce titre, notre Messie et notre R&#233;dempteur. Isra&#235;l renie votre royaut&#233; qu'il proclamait nagu&#232;re ; la gentilit&#233; n'y trouve qu'une occasion de plus pour vous outrager ; mais vous n'en r&#233;gnerez pas moins par la justice sur J&#233;rusalem, qui ne tardera pas &#224; sentir le poids de votre sceptre vengeur ; par la mis&#233;ricorde sur les Gentils, que bient&#244;t vos Ap&#244;tres am&#232;neront &#224; vos pieds. En attendant, recevez notre hommage et notre soumission. R&#233;gnez d&#232;s aujourd'hui sur nos c&#339;urs et sur notre vie tout enti&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conduit J&#233;sus &#224; Pilate dans l'affreux &#233;tat o&#249; l'a mis la cruaut&#233; des soldats. Le gouverneur ne doute pas qu'une victime r&#233;duite aux abois n'obtienne gr&#226;ce devant le peuple ; et faisant monter avec lui le Sauveur &#224; une galerie du palais, il le montre &#224; la multitude, en disant : &#171; Voil&#224; l'homme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIX, 5.&#034; id=&#034;nh6-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187; Cette parole &#233;tait plus profonde que ne le croyait Pilate. Il ne disait pas : Voil&#224; J&#233;sus, ni voil&#224; le Roi des Juifs ; il se servait d'une expression g&#233;n&#233;rale dont il n'avait pas la clef, mais dont le chr&#233;tien poss&#232;de l'intelligence. Le premier homme, dans sa r&#233;volte contre Dieu, avait boulevers&#233;, par son p&#233;ch&#233;, l'&#339;uvre enti&#232;re du Cr&#233;ateur ; en punition de son orgueil et de sa convoitise, la chair avait asservi l'esprit ; et la terre elle-m&#234;me, en signe de mal&#233;diction, ne produisait plus que des &#233;pines. Le nouvel homme qui porte, non la r&#233;alit&#233;, mais la ressemblance du p&#233;ch&#233;, para&#238;t ; et l'&#339;uvre du Cr&#233;ateur reprend en lui son harmonie premi&#232;re ; mais c'est par la violence. Pour montrer que la chair doit &#234;tre asservie &#224; l'esprit, la chair en lui est bris&#233;e sous les fouets ; pour montrer que l'orgueil doit c&#233;der la place &#224; l'humilit&#233;, s'il porte une couronne, ce sont les &#233;pines de la terre maudite qui la forment sur sa t&#234;te. Triomphe de l'esprit sur les sens, abaissement de la volont&#233; superbe sous le joug de la sentence : voil&#224; l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isra&#235;l est comme le tigre ; la vue du sang irrite sa soif ; il n'est heureux qu'autant qu'il s'y baigne. A peine a-t-il aper&#231;u sa victime ensanglant&#233;e, qu'il s'&#233;crie avec une nouvelle fureur : &#171; Crucifiez-le ! crucifiez-le ! &#8212;Eh bien ! dit Pilate, prenez-le vous-m&#234;mes, et crucifiez-le ; pour moi, je ne trouve aucun crime en lui. &#187; Et cependant on l'a mis, par son ordre, dans un &#233;tat qui, &#224; lui seul, peut lui causer la mort. Sa l&#226;chet&#233; sera encore d&#233;jou&#233;e. Les Juifs r&#233;pliquent en invoquant le droit que les Romains laissaient aux peuples conquis : &#171; Nous avons une loi, et selon cette loi il doit mourir ; car il s'est dit le Fils de Dieu. &#187; A cette r&#233;clamation. Pilate se trouble ; il rentre dans la salle avec J&#233;sus, et lui dit : &#171; D'o&#249; &#234;tes-vous ? &#187; J&#233;sus se tait ; Pilate n'&#233;tait pas digne d'entendre le Fils de Dieu lui rendre raison de sa divine origine. Il s'irrite cependant : &#171; Vous ne me r&#233;pondez pas ? dit-il ; ne savez-vous pas que j'ai le pouvoir de vous crucifier, et le pouvoir de vous absoudre ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus daigne parler ; et c'est pour nous apprendre que tome puissance de gouvernement, m&#234;me chez les infid&#232;les, vient de Dieu, et non de ce qu'on appelle le pacte social : &#171; Vous n'auriez pas ce pouvoir, r&#233;pondit-il, s'il ne vous avait &#233;t&#233; donn&#233; d'en haut : c'est pour cela que le p&#233;ch&#233; de celui qui m'a livr&#233; &#224; vous est d'autant plus grand&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIX.&#034; id=&#034;nh6-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La noblesse et la dignit&#233; de ces paroles subjuguent le gouverneur ; et il veut encore essayer de sauver J&#233;sus. Mais les cris du peuple p&#233;n&#232;trent de nouveau jusqu'&#224; lui : &#171; Si vous le laissez aller, lui dit-on, vous n'&#234;tes pas l'ami de C&#233;sar. Quiconque se fait roi, se d&#233;clare contre C&#233;sar. &#187; A ces paroles, Pilate, essayant une derni&#232;re fois de ramener &#224; la piti&#233; ce peuple furieux, sort de nouveau, et monte sur un si&#232;ge en plein air ; il s'assied et fait amener J&#233;sus : &#171; Le voil&#224;, dit-il, votre roi ; voyez si C&#233;sar a quelque chose &#224; craindre de lui. &#187; Mais les cris redoublent : &#171; &#212;tez-le ! &#212;tez-le ! Crucifiez-le ! &#8212; Mais, dit le gouverneur, qui affecte de ne pas voir la gravite du p&#233;ril, crucifierai-je donc votre roi ? &#187; Les Pontifes r&#233;pondent : &#171; Nous n'avons point d'autre roi que C&#233;sar&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh6-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Parole indigne qui, lorsqu'elle sort du sanctuaire, annonce aux peuples que la foi est en p&#233;ril : eu m&#234;me temps parole de r&#233;probation pour J&#233;rusalem ; car si elle n'a pas d'autre roi que C&#233;sar, le sceptre n'est plus dans Juda, et l'heure du Messie est arriv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pilate, voyant que la s&#233;dition est au comble, et que sa responsabilit&#233; de gouverneur est menac&#233;e, se r&#233;sout &#224; abandonner J&#233;sus &#224; ses ennemis. Il porte enfin quoique &#224; contrec&#339;ur, cette sentence qui doit produire en sa conscience un affreux remords dont bient&#244;t il cherchera la d&#233;livrance dans le suicide. Il trace lui-m&#234;me sur une tablette, avec un pinceau, l'inscription qui doit &#234;tre plac&#233;e au-dessus de la t&#234;te de J&#233;sus. Il accorde m&#234;me &#224; la haine des ennemis du Sauveur que, pour une plus grande ignominie, deux voleurs seront crucifies avec lui. Ce trait &#233;tait n&#233;cessaire &#224; l'accomplissement de l'oracle proph&#233;tique : il sera mis au rang des sc&#233;l&#233;rats&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai. LIII, 12.&#034; id=&#034;nh6-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Puis, lavant ses mains publiquement, &#224; ce moment o&#249; il souille son &#226;me du plus odieux forfait, il s'&#233;crie en pr&#233;sence du peuple : &#171; Je suis innocent du sang de ce juste : cela vous regarde. &#187; Et tout le peuple r&#233;pond par ce souhait &#233;pouvantable : &#171; Que son sang soit sur nous et sur nos enfants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVII, 24-25.&#034; id=&#034;nh6-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Ce fut le moment o&#249; le signe du parricide vint s'empreindre sur le front du peuple ingrat et sacril&#232;ge, comme autrefois sur celui de Ca&#239;n ; dix-huit si&#232;cles de servitude, de mis&#232;re et de m&#233;pris ne l'ont pas effac&#233;. Pour nous, enfants de la gentilit&#233;, sur lesquels ce sang divin est descendu comme une ros&#233;e mis&#233;ricordieuse, rendons gr&#226;ce &#224; la bont&#233; du P&#232;re c&#233;leste, qui &#171; a tant aim&#233; le monde qu'il lui a donn&#233; son Fils unique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. III, 16.&#034; id=&#034;nh6-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ; rendons gr&#226;ces &#224; l'amour de ce Fils unique de Dieu, qui, voyant que nos souillures ne pouvaient &#234;tre lav&#233;es que dans son sang, nous le donne aujourd'hui jusqu'&#224; la derni&#232;re goutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici commence la Voie douloureuse, et le Pr&#233;toire de Pilate, o&#249; fut prononc&#233;e la sentence de J&#233;sus, en est la premi&#232;re Station. Le R&#233;dempteur est abandonn&#233; aux Juifs par l'autorit&#233; du gouvernent. Les soldais s,'empare m de lui et l'emm&#232;nent hors de la cour du Pr&#233;toire. Ils lui enl&#232;vent le manteau de pourpre, et le rev&#234;tent de ses v&#234;tements qu'ils lui avaient &#244;t&#233;s pour le flageller ; enfin ils chargent la croix sur ses &#233;paules d&#233;chir&#233;es. Le lieu o&#249; le nouvel Isaac re&#231;ut ainsi le bois de son sacrifice est d&#233;sign&#233; comme la seconde Station. La troupe des soldats, renforc&#233;e des ex&#233;cuteurs, des princes des pr&#234;tres, des docteurs de la loi, d'un peuple immense, se met en marche. J&#233;sus s'avance sous le fardeau de sa croix ; mais bient&#244;t, &#233;puis&#233; par le sang qu'il a perdu et par les souffrances de tout genre, il ne peut plus se soutenir, et tombant sous le faix, il marque par sa chute la troisi&#232;me Station.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soldats rel&#232;vent avec brutalit&#233; le divin captif qui succombait plus encore sous le poids de nos p&#233;ch&#233;s que sous celui de l'instrument de son supplice. Il vient de reprendre sa marche chancelante, lorsque tout &#224; coup sa m&#232;re &#233;plor&#233;e se pr&#233;sente &#224; ses regards. La femme forte, dont l'amour maternel est invincible, s'est rendue sur le passage de son fils ; elle veut le voir, le suivre, s'attacher &#224; lui, jusqu'&#224; ce qu'il expire. Sa douleur est au-dessus de toute parole humaine ; les inqui&#233;tudes de ces derniers jours ont d&#233;j&#224; &#233;puis&#233; ses forces ; toutes les souffrances de son fils lui ont &#233;t&#233; divinement manifest&#233;es ; elle s'y est associ&#233;e, et elle les a toutes endur&#233;es une &#224; une. Mais elle ne peut plus demeurer loin du regard des hommes ; le sacrifice avance dans son cours, la consommation est proche ; il lui faut &#234;tre avec son fils, et rien ne la pourrait retenir en ce moment. La fid&#232;le Madeleine est pr&#232;s d'elle, noy&#233;e dans ses pleurs ; Jean. Marie m&#232;re de Jacques avec Salom&#233;, l'accompagnent aussi ; ils pleurent sur leur ma&#238;tre ; mais elle, c'est sur son fils qu'elle pleure. J&#233;sus la voit, et il n'est pas en son pouvoir de la consoler, car tout ceci n'est encore que le commencement des douleurs. Le sentiment des angoisses qu'&#233;prouve en ce moment le c&#339;ur de la plus tendre des m&#232;res vient oppresser d'un nouveau poids le c&#339;ur du plus aimant des fils. Les bourreaux n'accorderont pas un moment de retard dans la marche, en faveur de cette m&#232;re d'un condamn&#233; ; elle peut se tra&#238;ner, si elle le veut, &#224; la suite du funeste convoi : c'est beaucoup pour eux qu'ils ne la repoussent pas ; mais la rencontre de J&#233;sus et de Marie sur le chemin du Calvaire d&#233;signera pour jamais la quatri&#232;me Station.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La route est longue encore ; car, selon la loi, les criminels devaient subir leur supplice hors des portes de la ville. Les Juifs en sont &#224; craindre que la victime n'expire avant d'&#234;tre arriv&#233;e au lieu du sacrifice. Un homme qui revenait de la campagne, nomm&#233; Simon de Cyr&#232;ne, rencontre le douloureux cort&#232;ge ; on l'arr&#234;te, et, par un sentiment cruellement humain envers J&#233;sus, on oblige cet homme &#224; partager avec lui l'honneur et la fatigue de porter l'instrument du salut du monde. Cette rencontre de J&#233;sus avec Simon de Cyr&#232;ne consacre la cinqui&#232;me Station.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quelques pas de l&#224;, un incident inattendu vient frapper d'&#233;tonnement et de stupeur jusqu'aux bourreaux eux-m&#234;mes. Une femme fend la foule, &#233;carte les soldats et se pr&#233;cipite jusqu'aupr&#232;s du Sauveur Elle tient entre ses mains son voile qu'elle a d&#233;tache, et elle en essuie d'une main tremblante le visage de J&#233;sus, que le sang, la sueur et les crachats avaient rendu m&#233;connaissable. Elle l'a reconnu cependant, parce qu'elle l'a aim&#233; ; et elle n'a pas craint d'exposer sa vie pour lui offrir ce l&#233;ger soulagement. Son amour sera r&#233;compens&#233; : la face du R&#233;dempteur, empreinte par miracle sur ce voile, en fera d&#233;sormais son plus cher tr&#233;sor ; et elle aura eu la gloire de d&#233;signer, par son acte courageux, la sixi&#232;me Station de la Voie douloureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant les forces de J&#233;sus s'&#233;puisent de plus en plus, &#224; mesure que l'on approche du terme fatal. Une subite d&#233;faillance abat une seconde fois la victime, et marque la septi&#232;me Station. J&#233;sus est bient&#244;t relev&#233; avec violence par les soldats, et se tra&#238;ne de nouveau sur le sentier qu'il arrose de son sang. Tant d'indignes traitements excitent des cris et des lamentations dans un groupe de femmes qui, &#233;mues de compassion pour le Sauveur, s'&#233;taient mises &#224; la suite des soldats et avaient brav&#233; leurs insultes. J&#233;sus, touch&#233; de l'int&#233;r&#234;t courageux de ces femmes qui, dans la faiblesse de leur sexe, montraient plus de grandeur d'&#226;me que le peuple entier de J&#233;rusalem, leur adresse un regard de bont&#233;, et reprenant toute la dignit&#233; de son langage de proph&#232;te, il leur annonce, en pr&#233;sence des princes des pr&#234;tres et des docteurs de la loi, l'&#233;pouvantable ch&#226;timent qui suivra bient&#244;t l'attentat dont elles sont t&#233;moins, et qu'elles d&#233;plorent avec tant de larmes. &#171; Filles de J&#233;rusalem, leur dit-il, &#224; cet endroit m&#234;me qui est compt&#233; pour la huiti&#232;me Station ; filles de J&#233;rusalem ! Ce n'est pas sur moi qu'il faut pleurer ; c'est sur vous et sur vos enfants ; car il viendra des jours o&#249; l'on dira : Heureuses les st&#233;riles, et les entrailles qui n'ont point port&#233;, et les mamelles qui n'ont point allait&#233; ! Alors ils diront aux montagnes : Tombez sur nous ; et aux collines : Couvrez-nous ; mais si l'on traite ainsi le bois vert aujourd'hui, comment alors sera trait&#233; le bois sec&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXIII, 27-31.&#034; id=&#034;nh6-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin on est arriv&#233; au pied de la colline du Calvaire, et J&#233;sus doit encore la gravir avant d'arriver au lieu de son sacrifice. Une troisi&#232;me fois son extr&#234;me fatigue le renverse sur la terre, et sanctifie la place o&#249; les fid&#232;les v&#233;n&#233;reront la neuvi&#232;me Station. La soldatesque barbare intervient encore pour faire reprendre &#224; J&#233;sus sa marche p&#233;nible, et apr&#232;s bien des coups il parvient enfin au sommet de ce monticule qui doit servir d'autel au plus sacr&#233; et au plus puissant de tous les holocaustes. Les bourreaux s'emparent de la croix et vont l'&#233;tendre sur la terre, en attendant qu'ils y attachent la victime. Auparavant, selon l'usage des Romains, qui &#233;tait aussi pratiqu&#233; par les Juifs, on offre &#224; J&#233;sus une coupe qui contenait du vin m&#234;l&#233; de myrrhe. Ce breuvage, qui avait l'amertume du fiel, &#233;tait un narcotique destin&#233; &#224; engourdir jusqu'&#224; un certain point les sens du patient, et &#224; diminuer les douleurs de son supplice. J&#233;sus touche un moment de ses l&#232;vres cette potion que la coutume, plut&#244;t que l'humanit&#233;, lui faisait offrir ; mais il refuse d'en boire, voulant rester tout entier aux souffrances qu'il a daign&#233; accepter pour le salut des hommes. Alors les bourreaux lui arrachent avec violence ses v&#234;tements colles &#224; ses plaies, et s'appr&#234;tent &#224; le conduire au lieu o&#249; la croix l'attend. L'endroit du Calvaire o&#249; J&#233;sus fut ainsi d&#233;pouill&#233;, et o&#249; on lui pr&#233;senta le breuvage amer, est d&#233;sign&#233; comme la dixi&#232;me Station de la Voie douloureuse. Les neuf premi&#232;res sont encore visibles dans les rues de J&#233;rusalem, de l'emplacement du Pr&#233;toire jusqu'au pied du Calvaire ; mais cette derni&#232;re, ainsi que les quatre suivantes, sont dans l'int&#233;rieur de l'&#201;glise du Saint-S&#233;pulcre, qui renferme dans sa vaste enceinte le th&#233;&#226;tre des derni&#232;res sc&#232;nes de la Passion du Sauveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il nous faut suspendre ce r&#233;cit ; d&#233;j&#224; m&#234;me nous avons devance un peu les heures de cette grande journ&#233;e, et nous avons &#224; revenir plus tard sur le Calvaire. Il est temps de nous unir &#224; la sainte &#201;glise dans la lugubre fonction par laquelle elle s'appr&#234;te &#224; c&#233;l&#233;brer le tr&#233;pas de son divin &#201;poux. L'airain sacr&#233; ne convoquera pas aujourd'hui les fid&#232;les &#224; la maison de Dieu ; la foi et la componction seules les invitent &#224; franchir au plus t&#244;t les degr&#233;s du temple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'OFFICE DU MATIN.&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant la r&#233;forme de Pie XII, l'Office de la Passion se c&#233;l&#233;brait dans la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le service divin de cette matin&#233;e se divise en quatre parties, dont nous allons expliquer successivement les myst&#232;res. Il va d'abord les Lectures ; elles sont suivies des Pri&#232;res : vient ensuite l'adoration de la Croix, et enfin la Messe des Pr&#233;sanctifi&#233;s. Ces rites solennels et inaccoutum&#233;s annoncent au peuple fid&#232;le la grandeur de cette journ&#233;e, en m&#234;me temps qu'ils font sentir la suspension du Sacrifice quotidien dont ils occupent la place. L'autel est nu ; la croix voil&#233;e de noir s'&#233;l&#232;ve entre les chandeliers qui ne portent plus que des flambeaux d'une cire grossi&#232;re ; le pupitre de l'&#201;vangile est sans tapis ; tout annonce la d&#233;solation. L'Heure de None ayant &#233;t&#233; r&#233;cit&#233;e, le C&#233;l&#233;brant s'avance avec ses ministres ; leurs ornements noirs expriment le deuil de la sainte &#201;glise. Arriv&#233;s au pied de l'autel, ils se prosternent sur les degr&#233;s et prient quelque temps en silence. En m&#234;me temps, les acolytes &#233;tendent sur la table de l'autel une seule nappe, en place de trois qui sont n&#233;cessaires pour offrir le Sacrifice. Le C&#233;l&#233;brant s'&#233;tant relev&#233; de sa prostration, on commence aussit&#244;t les Lectures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LES LECTURES.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re partie de cet Office est employ&#233;e &#224; lire d'abord deux passages des Proph&#233;ties, et ensuite le r&#233;cit de la Passion. On commence par un fragment du proph&#232;te Os&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Os&#233;e, Chap. VI.&#034; id=&#034;nh6-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dans lequel le Seigneur annonce ses vues de mis&#233;ricorde envers son peuple nouveau, le peuple de la gentilit&#233;, qui &#233;tait mort, et qui doit, dans trois jours, ressusciter avec ce Christ qu'il ne conna&#238;t pas encore. &#201;phra&#239;m et Juda ne seront pas trait&#233;s ainsi ; leurs sacrifices mat&#233;riels n'ont point apais&#233; un Dieu qui n'aime que la mis&#233;ricorde, et qui rejette ceux qui n'ont que la duret&#233; du c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Trait emprunt&#233; au Cantique du Proph&#232;te Hahacuc, que nous avons chant&#233; &#224; Laudes, pr&#233;dit le second av&#232;nement du Christ, quand il viendra entour&#233; de gloire et d'&#233;pouvante faire justice de ceux qui l'ont crucifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise recueille les v&#339;ux de ses enfants dans la Collecte qui suit, o&#249; rappelant au P&#232;re c&#233;leste sa terrible justice envers Judas et son ineffable mis&#233;ricorde envers le larron, elle demande que les derni&#232;res traces du vieil homme soient enlev&#233;es de nos &#226;mes, et que nous m&#233;ritions de ressusciter avec J&#233;sus-Christ. &#171; O Dieu, de qui Judas a re&#231;u la punition de son crime, et le larron la r&#233;compense de sa confession, faites-nous ressentir l'effet de votre mis&#233;ricorde ; afin que, comme notre Seigneur J&#233;sus-Christ, dans sa Passion, a trait&#233; l'un et l'autre selon son m&#233;rite, de m&#234;me il d&#233;truise en nous le mal qui proc&#232;de du vieil homme, et nous accorde d'avoir part &#224; sa r&#233;surrection ; Lui qui, &#233;tant Dieu, vit et r&#232;gne avec vous dans les si&#232;cles des si&#232;cles. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette Oraison succ&#232;de la deuxi&#232;me lecture proph&#233;tique. Elle est emprunt&#233;e au livre de l'Exode&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Exod. Chap. XII.&#034; id=&#034;nh6-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et remet sous les yeux le touchant symbole de l'Agneau pascal, en ce moment o&#249; la figure s'&#233;vanouit devant la r&#233;alit&#233;. Cet agneau est sans tache comme notre Emmanuel ; son sang pr&#233;serve de la mort ceux dont les demeures en sont marqu&#233;es. Il ne doit pas seulement &#234;tre immol&#233; ; il faut qu'il soit la nourriture de ceux qui sont sauv&#233;s par lui. Il est le mets du voyageur, qui le mange debout, comme n'ayant pas le loisir de s'arr&#234;ter dans la course rapide de cette vie. L'immolation de l'Agneau ancien, comme celle du nouveau, est le signal de la P&#226;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la suite de cette admirable page de l'Ancien Testament, l'&#201;glise chante le Trait, qui est form&#233; du Psaume CXXXIX. C'est le cri de d&#233;tresse du Messie tomb&#233;, par la trahison, entre les mains de ses ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Proph&#232;tes nous ont pr&#233;par&#233;s &#224; entendre l'accomplissement de leurs divins oracles. La sainte &#201;glise va nous faire entendre le r&#233;cit m&#234;me de la Passion du R&#233;dempteur. C'est le quatri&#232;me &#201;vang&#233;liste, saint Jean, le t&#233;moin des sc&#232;nes du Calvaire, qui doit nous raconter les derni&#232;res heures de la vie mortelle de l'Homme-Dieu, et faire passer dans nos &#226;mes l'&#233;motion dont la sienne fut p&#233;n&#233;tr&#233;e lorsque, en ce jour, la victime du genre humain expira sur la croix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On fait y une pause comme au Dimanche des Rameaux. Toute l'assistance se met &#224; genoux ; et, selon l'usage des lieux, on se prosterne et on baise humblement la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin le Diacre vient prier en silence au pied de l'autel pour implorer sur lui-m&#234;me la b&#233;n&#233;diction de Dieu ; mais il ne demande point celle du Pr&#234;tre, et ne fait point b&#233;nir l'encens. Les Acolytes ne l'accompagnent point non plus &#224; l'ambon avec des flambeaux. Quand il a termin&#233; la lecture de l'&#201;vangile, le Sous-Diacre ne porte point le livre &#224; baiser au C&#233;l&#233;brant. La suppression de toutes les c&#233;r&#233;monies ordinaires atteste la profonde tristesse &#224; laquelle l'&#201;glise est livr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LES PRI&#200;RES.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise vient de repasser avec ses enfants l'histoire des derniers moments de son &#201;poux ; que lui reste-t-il &#224; faire, sinon d'imiter ce divin M&#233;diateur qui, sur la Croix, comme nous l'apprend saint Paul, a offert pour tous les hommes &#224; son P&#232;re &#171; des pri&#232;res et des supplications m&#234;l&#233;es de larmes et accompagn&#233;es d'un grand cri&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hebr. V, 7.&#034; id=&#034;nh6-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187; C'est pourquoi, d&#232;s les premiers si&#232;cles, elle a pr&#233;sent&#233; elle-m&#234;me, en ce jour, &#224; la majest&#233; divine, un ensemble de pri&#232;res qui, se dirigeant sur les besoins du genre humain tout entier, montrent qu'elle est v&#233;ritablement la m&#232;re des hommes et l'&#233;pouse charitable du Fils de Dieu. Tous, m&#234;me les Juifs, ont part &#224; cette solennelle intercession que la sainte &#201;glise, au milieu de son deuil, pr&#233;sente au P&#232;re des si&#232;cles, du pied de la croix de J&#233;sus-Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacune de ces pri&#232;res est pr&#233;c&#233;d&#233;e d'une annonce qui en explique l'objet. Le Diacre avertit ensuite les fid&#232;les de se mettre &#224; genoux ; ils se rel&#232;vent un moment apr&#232;s, au signal du Sous-Diacre, et s'unissent &#224; la demande du Pr&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise Romaine, dans la quatri&#232;me pri&#232;re, avait en vue l'Empereur d'Allemagne, autrefois chef du corps germanique, et charg&#233; par l'&#201;glise, au moyen &#226;ge, de propager la foi chez les nations du Nord. On omet maintenant cette pri&#232;re dans les pays qui ne sont pas soumis &#224; la domination autrichienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'annonce de la pri&#232;re pour les Juifs, le Diacre ne donne point l'avertissement ordinaire de fl&#233;chir les genoux. La sainte &#201;glise prie aujourd'hui m&#234;me pour les fils des bourreaux de son divin &#201;poux, mais la g&#233;nuflexion ayant &#233;t&#233; tourn&#233;e en outrage contre lui par leurs p&#232;res, &#224; l'heure m&#234;me o&#249; nous sommes, elle craint de rappeler le souvenir de cette indignit&#233;, en renouvelant le geste de l'adoration &#224; propos des Juifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'ADORATION DE LA CROIX.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pri&#232;res g&#233;n&#233;rales sont termin&#233;es ; et apr&#232;s avoir implor&#233; Dieu pour la conversion des pa&#239;ens, l'&#201;glise se trouve avoir visit&#233;, dans sa charit&#233;, tous les habitants de la terre, et sollicit&#233; sur eux tous l'effusion du sang divin qui coule, en ce moment, des veines de l'Homme-Dieu. Maintenant elle se tourne vers les chr&#233;tiens ses fils, et, tout &#233;mue des humiliations auxquelles est en proie son c&#233;leste &#201;poux, elle va les convier &#224; en diminuer le poids, en dirigeant leurs hommages vers cette Croix, jusqu'alors inf&#226;me et d&#233;sormais sacr&#233;e, sous laquelle J&#233;sus marche au Calvaire, et dont les bras vont le porter aujourd'hui. Pour Isra&#235;l, la croix est un objet de scandale ; pour le gentil, un monument de folie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. I, 23.&#034; id=&#034;nh6-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; nous chr&#233;tiens, nous v&#233;n&#233;rons en elle le troph&#233;e de la victoire du Fils de Dieu, et l'instrument auguste du salut des hommes. L'instant donc est arriv&#233; o&#249; elle doit recevoir nos adorations, &#224; cause de l'honneur que lui a daign&#233; faire le Fils de Dieu en l'arrosant de son sang, et en l'associant ainsi &#224; l'&#339;uvre de notre r&#233;paration. Nul jour, nulle heure dans l'ann&#233;e ne conviennent mieux pour lui rendre nos humbles devoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce touchant hommage offert, en ce jour, au bois sacre qui nous sauve, a commenc&#233;, d&#232;s le IVe si&#232;cle, &#224; J&#233;rusalem. On venait de d&#233;couvrir la vraie Croix par les soins de la pieuse imp&#233;ratrice sainte H&#233;l&#232;ne ; et le peuple fid&#232;le aspirait &#224; contempler de temps en temps cet arbre de vie, dont la miraculeuse Invention avait combl&#233; de joie l'&#201;glise tout enti&#232;re. Il fut r&#233;gl&#233; qu'on l'exposerait &#224; l'adoration des chr&#233;tiens une fois l'ann&#233;e, le Vendredi saint. Le d&#233;sir de prendre part au bonheur de le contempler amenait chaque ann&#233;e un concours immense de p&#232;lerins &#224; J&#233;rusalem, pour la Semaine sainte. La renomm&#233;e r&#233;pandit partout les r&#233;cits de cette imposante c&#233;r&#233;monie ; mais tous ne pouvaient esp&#233;rer d'en &#234;tre t&#233;moins, m&#234;me une seule fois dans leur vie. La pi&#233;t&#233; catholique voulut du moins jouir par imitation d'une c&#233;r&#233;monie dont la vue r&#233;elle &#233;tait refus&#233;e au grand nombre ; et, vers le vue si&#232;cle, on songea &#224; r&#233;p&#233;ter dans toutes les &#233;glises, au Vendredi saint, l'ostension et l'adoration de la Croix qui avaient lieu &#224; J&#233;rusalem. On ne poss&#233;dait, il est vrai, que la figure de la Croix v&#233;ritable ; mais les hommages rendus &#224; ce bois sacr&#233; se rapportant au Christ lui-m&#234;me, les fid&#232;les pouvaient lui en offrir de semblables, lors m&#234;me qu'ils n'avaient pas sous les yeux le propre bois lui-m&#234;me que le R&#233;dempteur a arros&#233; de son sang. Tel a &#233;t&#233; le motif de l'institution de ce rite imposant que la sainte &#201;glise va accomplir sous nos yeux, et auquel elle nous invite &#224; prendre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'autel, le C&#233;l&#233;brant se d&#233;pouille de la chasuble, qui est le v&#234;tement sacerdotal, afin de para&#238;tre avec plus d'humilit&#233; dans l'amende honorable qu'il doit offrir le premier au Fils de Dieu outrag&#233; par ses cr&#233;atures. Il se rend ensuite sur le degr&#233; qui c&#244;toie l'autel, au c&#244;t&#233; de l'&#201;p&#238;tre, et s'y tient la face tourn&#233;e vers le peuple. Le Diacre prend alors la croix voil&#233;e de noir qui est entre les chandeliers de l'autel, et vient la d&#233;poser entre les mains du C&#233;l&#233;brant. Celui-ci, aid&#233; du Diacre et du Sous-Diacre, d&#233;tache la partie du voile qui enveloppait le haut de cette croix, et la d&#233;couvre jusqu'&#224; la traverse. Il l'&#233;l&#232;ve alors un peu, et chante sur un ton de voix m&#233;diocre ces paroles : &#171; Voici le bois de la Croix ; &#187; puis il continue, aid&#233; de ses ministres, qui chantent avec lui : &#171; auquel le salut du monde a &#233;t&#233; suspendu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors toute l'assistance se met &#224; genoux et adore, pendant que le ch&#339;ur chante : &#171; Venez, adorons-le. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette premi&#232;re ostension, qui a lieu comme &#224; l'&#233;cart, et &#224; voix mod&#233;r&#233;e, repr&#233;sente la premi&#232;re pr&#233;dication de la Croix, celle que les Ap&#244;tres se firent entre eux, lorsque, n'ayant pas encore re&#231;u le Saint-Esprit, ils ne pouvaient s'entretenir du divin myst&#232;re de la R&#233;demption qu'avec les disciples de J&#233;sus, et craignaient d'exciter l'attention des Juifs. C'est pour cela aussi que le Pr&#234;tre n'&#233;l&#232;ve que m&#233;diocrement la Croix. Ce premier hommage qu'elle re&#231;oit est offert en r&#233;paration des outrages que le Sauveur re&#231;ut dans la maison de Ca&#239;phe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#234;tre s'avance alors sur le devant du degr&#233;, toujours au c&#244;te de l'&#201;p&#238;tre, et se trouve plus en vue du peuple Ses ministres l'aident a d&#233;voiler le bras droit de la croix, et apr&#232;s avoir d&#233;couvert cette partie de l'instrument sacr&#233;, il montre de nouveau le signe du salut, l'&#233;levant plus haut que la premi&#232;re fois, et chante avec plus de force : &#171; Voici le bois de la Croix ; &#187; le Diacre et le Sous-Diacre continuent avec lui : &#171; auquel le salut du monde a &#233;t&#233; suspendu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assistance se met &#224; genoux et adore, pendant que le ch&#339;ur chante : &#171; Venez, adorons-le. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette seconde extension, qui a lieu avec plus d'&#233;clat que la premi&#232;re, repr&#233;sente la pr&#233;dication du myst&#232;re de la Croix aux Juifs, lorsque les Ap&#244;tres, apr&#232;s la venue de l'Esprit-Saint, jettent les fondements de l'&#201;glise au sein de la Synagogue, et am&#232;nent les pr&#233;mices d'Isra&#235;l aux pieds du R&#233;dempteur. Cette seconde adoration rendue &#224; la Croix est offerte par la sainte &#201;glise en r&#233;paration des outrages que le Sauveur re&#231;ut dans le Pr&#233;toire de Pilate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#234;tre vient se placer ensuite au milieu du degr&#233;, ayant toujours la face tourn&#233;e vers le peuple. Il ach&#232;ve alors le d&#233;voilement de la Croix, en d&#233;gageant le bras gauche avec l'aide du Diacre et du Sous-Diacre. Prenant ensuite cette Croix, qui para&#238;tra d&#233;sormais sans voile, il l'&#233;lev&#233; plus haut que les deux autres fois, et chante avec triomphe sur un ton plus &#233;clatant : &#171; Voici le bois de la Croix ; &#187; les ministres continuent avec lui : &#171; auquel le salut du monde a &#233;t&#233; suspendu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assistance se met &#224; genoux et adore, pendant que le ch&#339;ur chante : &#171; Venez, adorons-le. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re ostension si solennelle repr&#233;sente la pr&#233;dication du myst&#232;re de la Croix dans le monde entier, lorsque les Ap&#244;tres, repouss&#233;s par la masse de la nation juive, se tournent vers les Gentils, et vont annoncer le Dieu crucifi&#233; jusqu'au del&#224; des limites de l'Empire romain. Ce troisi&#232;me hommage offerte la Croix est une r&#233;paration des outrages que le Sauveur re&#231;ut sur le Calvaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise, en nous pr&#233;sentant d'abord la Croix couverte d'un voile qui dispara&#238;t ensuite, pour laisser arriver nos regards jusqu'&#224; ce divin troph&#233;e de notre r&#233;demption, veut aussi exprimer tour &#224; tour l'aveuglement du peuple juif qui ne voit qu'un instrument d'ignominie dans ce bois adorable, et l'&#233;clatante lumi&#232;re dont jouit le peuple chr&#233;tien, auquel la foi r&#233;v&#232;le que le Fils de Dieu crucifi&#233;, loin d'&#234;tre un objet de scandale, est, au contraire, comme parle l'Ap&#244;tre, le monument &#233;ternel de &#171; la puissance et de la sagesse de Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. 1, 24.&#034; id=&#034;nh6-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; D&#233;sormais la Croix, qui vient d'&#234;tre si solennellement arbor&#233;e, ne sera plus couverte ; elle va attendre sans voile, sur l'autel, l'heure de la glorieuse r&#233;surrection du Messie. Toutes les autres images de la Croix, plac&#233;es sur les divers autels, seront aussi d&#233;couvertes, &#224; l'imitation de celle qui va bient&#244;t reprendre sa place d'honneur sur l'autel majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la sainte &#201;glise ne se borne pas &#224; exposer, en ce moment, aux regards de ses fid&#232;les la Croix qui les a sauv&#233;s ; elle les convie &#224; venir tous imprimer leurs l&#232;vres respectueuses sur ce bois sacr&#233;. Le C&#233;l&#233;brant doit les pr&#233;c&#233;der, et ils viendront apr&#232;s lui. Non content d'avoir d&#233;pouill&#233; la chasuble, il quitte encore sa chaussure, et ce n'est qu'apr&#232;s avoir fait trois g&#233;nuflexions qu'il approche de la Croix que ses mains ont d'abord plac&#233;e sur les degr&#233;s de l'autel. Le Diacre et le Sous-Diacre se pr&#233;sentent ensuite, puis le Clerg&#233; tout entier, enfin les la&#239;ques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chants qui accompagnent l'adoration de la Croix sont de la plus grande beaut&#233;. Il y a d'abord les Improp&#232;res, ou reproches que le Messie adresse aux Juifs. Les trois premi&#232;res strophes de cette Hymne plaintive sont entrecoup&#233;es par le chant du Trisagion, ou pri&#232;re au Dieu trois fois Saint, dont il est juste de glorifier l'immortalit&#233;, en ce moment o&#249; il daigne, comme homme, souffrir la mort pour nous. Cette triple glorification, qui &#233;tait en usage &#224; Constantinople d&#232;s le Ve si&#232;cle, a pass&#233; dans l'&#201;glise Romaine qui l'a maintenue dans la langue primitive, se contentant d'alterner la traduction latine des paroles. Le reste de ce beau chant est du plus haut int&#233;r&#234;t dramatique. Le Christ rappelle toutes les indignit&#233;s dont il a &#233;t&#233; l'objet de la part du peuple juif, et met en regard les bienfaits qu'il a r&#233;pandus sur cette ingrate nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les improp&#232;res sont suivis de cette solennelle Antienne, dans laquelle le souvenir de la Croix vient s'unir &#224; celui de la R&#233;surrection pour la gloire de notre divin R&#233;dempteur : &#171; Nous adorons votre Croix, Seigneur ; nous c&#233;l&#233;brons et glorifions votre sainte R&#233;surrection ; car c'est par la Croix que vous avez rempli de joie le monde entier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'adoration de la Croix n'est pas encore termin&#233;e, on entonne l'Hymne c&#233;l&#232;bre &lt;i&gt;Crux Fidelis&lt;/i&gt; que Mamert Claudien composa au VIe si&#232;cle, en l'honneur de l'arbre sacre de notre r&#233;demption. Une des strophes, divis&#233;e en deux, sert de refrain pendant la dur&#233;e de ce beau cantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin de l'adoration de la Croix, on allume les cierges de l'autel, et le Diacre vient y &#233;tendre un corporal, pour recevoir l'Hostie sainte qui va bient&#244;t y &#234;tre d&#233;pos&#233;e. Tous les fid&#232;les ayant rendu leur hommage &#224; la Croix, le C&#233;l&#233;brant la rapporte &#224; l'autel, sur lequel elle est plac&#233;e d&#233;couverte au lieu qu'elle occupait auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LA MESSE DES PR&#201;SANCTIFI&#201;S.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le souvenir du grand sacrifice accompli aujourd'hui sur le Calvaire occupe tellement la pens&#233;e de l'&#201;glise en ce douloureux anniversaire, qu'elle renonce &#224; renouveler sur l'autel l'immolation de la divine victime ; elle se borne &#224; participer au myst&#232;re sacr&#233; par la communion. Autrefois, tout le clerg&#233; et les fid&#232;les m&#234;me &#233;taient admis &#224; cette faveur ; dans la discipline actuelle, le Pr&#234;tre c&#233;l&#233;brant est le seul &#224; qui elle soit accord&#233;e. Apr&#232;s qu'il a repris le v&#234;tement sacerdotal, une procession form&#233;e de tout le cierge se dirige en silence vers le reposoir o&#249;, la veille, a &#233;t&#233; plac&#233;e myst&#233;rieusement l'Hostie sainte. Le Diacre extrait d'un asile secret le calice qui la contient : et lorsque le Pr&#234;tre a offert l'hommage de l'encens au R&#233;dempteur des hommes, il prend entre ses mains le calice qui renferme celui que le ciel et la terre ne peuvent contenir. La procession se met en marche vers l'autel, portant des cierges allum&#233;s, et chantant l'Hymne de la Croix &lt;i&gt;Vexilla Regis&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pieux cort&#232;ge &#233;tant de retour dans le sanctuaire, le Diacre re&#231;oit &#224; l'autel, sur la pat&#232;ne, l'Hostie sainte que le Pr&#234;tre retire du calice, et il verse du vin et de l'eau dans ce m&#234;me calice. Tous les regards sont tourn&#233;s respectueusement vers le divin myst&#232;re. Le Pr&#234;tre encense l'offrande et ensuite l'autel, selon le rite accoutum&#233; ; mais, afin de marquer le deuil de l'&#201;glise, il n'est pas encens&#233; lui-m&#234;me par le Diacre. Apr&#232;s s'&#234;tre lav&#233; les mains, il revient au milieu de l'autel, et adresse &#224; Dieu une oraison secr&#232;te ; puis, se tournant un peu vers le peuple fid&#232;le, il r&#233;clame ses pri&#232;res ; apr&#232;s quoi il fait entendre, sur le ton le plus simple, l'Oraison dominicale. Unissons-nous avec confiance et empressement aux sept demandes qu'elle renferme, &#224; cette heure o&#249; notre divin intercesseur, les bras &#233;tendus sur la Croix, les pr&#233;sente pour nous &#224; son P&#232;re. C'est dans ce moment m&#234;me qu'il obtient de lui que toute pri&#232;re adress&#233;e au ciel, par sa m&#233;diation, sera exauc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le Pater, le Pr&#234;tre ajoute &#224; haute voix une oraison qui se r&#233;cite secr&#232;tement &#224; toutes les Messes. Il y demande que nous soyons d&#233;livr&#233;s des maux, affranchis du p&#233;ch&#233;, &#233;tablis dans la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, avant de consommer l'Hostie sainte, le Pr&#234;tre veut la pr&#233;senter &#224; notre adoration. Prenant donc de la main droite le Corps sacr&#233; du R&#233;dempteur, il l'&#233;l&#232;ve &#224; nos regards comme le Sauveur fut &#233;lev&#233; sur la Croix. Toute l'assistance, qui se tient &#224; genoux durant cette sc&#232;ne touchante, s'incline profond&#233;ment, et rend au Fils de Dieu crucifie l'hommage de son adoration et de son amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors le Pr&#234;tre rompt l'Hostie en trois parts, et en fait tomber une dans le calice, afin de sanctifier le vin et l'eau qu'il doit prendre apr&#232;s avoir communi&#233;. Le m&#233;lange de la parcelle sacr&#233;e avec ce breuvage ne le change point dans le sang du Seigneur ; mais il lui conf&#232;re une b&#233;n&#233;diction particuli&#232;re, comme celle qui s'attachait aux v&#234;tements de l'Homme-Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#234;tre r&#233;cite ensuite &#224; voix basse la troisi&#232;me des Oraisons qui pr&#233;c&#232;dent la communion aux Messes ordinaires : et avant pris dans sa main gauche, avec la pat&#232;ne, les deux grands fragments de l'Hostie, il frappe trois fois sa poitrine avec la main droite, en disant : &#171; Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez en moi ; mais dites seulement une parole, et mon &#226;me sera gu&#233;rie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se communie ensuite ; puis il prend le vin et l'eau avec la particule sacr&#233;e qu'il avait mise dans le calice ; et ayant lav&#233; ses doigts, il revient au milieu de l'autel, o&#249; il r&#233;cite &#224; voix basse la pri&#232;re de conclusion. Ainsi se termine la Messe des Pr&#233;sanctifi&#233;s. Lorsque tous ces rites sont accomplis, le C&#233;l&#233;brant accompagn&#233; de ses ministres, toujours en silence, fait une g&#233;nuflexion &#224; la Croix et se retire. Aussit&#244;t qu'il a disparu, le Ch&#339;ur commence les V&#234;pres, qui sont simplement r&#233;cit&#233;es comme le jour pr&#233;c&#232;dent, sans aucun chant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'APR&#200;S-MIDI.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bient&#244;t la sainte &#201;glise nous invitera de nouveau &#224; venir prendre part &#224; ses divins Offices ; en attendant, il convient que, durant ces heures qui furent celles de notre salut, nous suivions du c&#339;ur et de la pens&#233;e notre mis&#233;ricordieux R&#233;dempteur. Nous l'avons laiss&#233; sur le Calvaire au moment o&#249; on le d&#233;pouillait de ses v&#234;tements, apr&#232;s lui avoir pr&#233;sent&#233; l'amer breuvage. Assistons avec recueillement et componction &#224; la consommation du sacrifice qu'il offre pour nous &#224; la justice divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus est conduit &#224; quelques pas de l&#224; par ses bourreaux, &#224; l'endroit o&#249; la Croix &#233;tendue par terre marque la onzi&#232;me Station de la Voie douloureuse. Il se couche, comme un agneau destine &#224; l'holocauste, sur le bois qui doit servir d'autel. On &#233;tend ses membres avec violence, et des clous qui p&#233;n&#232;trent entre les nerfs et les os, fixent au gibet ses mains et ses pieds. Le sang jaillit en ruisseaux de ces quatre sources vivifiantes o&#249; nos &#226;mes viendront se purifier. C'est la quatri&#232;me fois qu'il s'&#233;chappe des veines du R&#233;dempteur. Marie entend le bruit sinistre du marteau, et son c&#339;ur de m&#232;re en est d&#233;chir&#233;. Madeleine est en proie &#224; une d&#233;solation d'autant plus am&#232;re, qu'elle sent son impuissance &#224; soulager le Ma&#238;tre tant aim&#233; que les hommes lui ont ravi. Cependant J&#233;sus &#233;l&#232;ve la voix ; il prof&#232;re sa premi&#232;re parole du Calvaire : &#171; P&#232;re, dit-il, pardonnez-leur ; car ils ne savent ce qu'ils font&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXIII, 34.&#034; id=&#034;nh6-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; O bont&#233; infinie du Cr&#233;ateur ! Il est venu sur cette terre, ouvrage de ses mains, et les hommes l'ont crucifie ; jusque sur la Croix, il a pri&#233; pour eux, et dans sa pri&#232;re il semble vouloir les excuser !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Victime est attach&#233;e au bois sur lequel il faut qu'elle expire ; mais elle ne doit pas rester ainsi &#233;tendue &#224; terre. Isa&#239;e a pr&#233;dit que &#171; le royal rejeton de Jess&#233; serait arbor&#233; comme un &#233;tendard &#224; la vue de toutes les nations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isai. XI, 10.&#034; id=&#034;nh6-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il faut que le divin crucifi&#233; sanctifie les airs infest&#233;s de la pr&#233;sence des esprits de malice ; il faut que le M&#233;diateur de Dieu et des hommes, le souverain Pr&#234;tre et intercesseur, soit &#233;tabli entre le ciel et la terre, pour traiter la r&#233;conciliation de l'un et de l'autre. A peu de distance de l'endroit o&#249; la Croix est &#233;tendue, on a pratiqu&#233; un trou dans la roche ; il faut que la Croix y soit enfonc&#233;e, afin qu'elle domine toute la colline du Calvaire. C'est le lieu de la douzi&#232;me Station. Les soldats op&#232;rent avec de grands efforts la plantation de l'arbre du salut. La violence du contre-coup vient encore accro&#238;tre les douleurs de J&#233;sus dont le corps tout entier est d&#233;chir&#233;, et qui n'est soutenu que sur les plaies de ses pieds et de ses mains. Le voila expos&#233; nu aux yeux de tout un peuple, lui qui est venu en ce monde pour couvrir la nudit&#233; que le p&#233;ch&#233; avait caus&#233;e en nous. Au pied de la Croix, les soldats se partagent ses v&#234;tements ; ils les d&#233;chirent et en font quatre parts ; mais un sentiment de terreur les porte &#224; respecter la tunique. Selon une pieuse tradition, Marie l'avait tissue de ses mains virginales. Ils la jettent au sort, sans l'avoir rompue ; et elle devient ainsi le symbole de l'unit&#233; de l'&#201;glise que l'on ne doit jamais rompre sous aucun pr&#233;texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-dessus de la t&#234;te du R&#233;dempteur est &#233;crit en h&#233;breu, en grec et en latin : J&#233;sus de Nazareth, Roi des Juifs. Tout le peuple lit et r&#233;p&#232;te cette inscription ; il proclame ainsi de nouveau, sans le vouloir, la royaut&#233; du fils de David. Les ennemis de J&#233;sus l'ont compris ; ils courent demander &#224; Pilate que cet &#233;criteau soit chang&#233; ; mais ils n'en re&#231;oivent d'autre r&#233;ponse que celle-ci : &#171; Ce que j'ai &#233;crit, je l'ai &#233;crit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIX. 22.&#034; id=&#034;nh6-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Une circonstance que la tradition des P&#232;res nous a transmise, annonce que ce Roi des Juifs, repouss&#233; par son peuple, n'en r&#233;gnera qu'avec plus de gloire sur les nations de la terre qu'il a re&#231;ues de son P&#232;re en h&#233;ritage. Les soldats, en plantant la Croix dans le sol, l'ont dispos&#233;e de sorte que le divin crucifi&#233; tourne le dos &#224; J&#233;rusalem, et &#233;tend ses bras vers les r&#233;gions de l'occident. Le Soleil de la v&#233;rit&#233; se couche sur la ville d&#233;icide et se l&#232;ve en m&#234;me temps sur la nouvelle J&#233;rusalem, sur Rome, cette fi&#232;re cit&#233;, qui a la conscience de son &#233;ternit&#233;, mais qui ignore encore qu'elle ne sera &#233;ternelle que par la Croix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arbre de salut, en plongeant dans la terre, a rencontr&#233; une tombe ; et cette tombe est celle du premier homme. Le sang r&#233;dempteur coulant le long du bois sacr&#233; descend sur un cr&#226;ne dess&#233;ch&#233; ; et ce cr&#226;ne est celui d'Adam, le grand coupable dont le crime a rendu n&#233;cessaire une telle expiation. La mis&#233;ricorde du Fils de Dieu vient planter sur ces ossements endormis depuis tant de si&#232;cles le troph&#233;e du pardon, pour la honte de Satan, qui voulut un jour faire tourner la cr&#233;ation de l'homme &#224; la confusion du Cr&#233;ateur. La colline sur laquelle s'&#233;l&#232;ve l'&#233;tendard de notre salut s'appelait le Calvaire, nom qui signifie un Cr&#226;ne humain ; et la tradition de J&#233;rusalem porte que c'est en ce lieu que fut enseveli le p&#232;re des hommes et le premier p&#233;cheur. Les saints Docteurs des premiers si&#232;cles ont conserv&#233; &#224; l'&#201;glise la m&#233;moire d'un fait si frappant ; saint Basile, saint Ambroise, saint Jean Chrysostome, saint &#201;piphane, saint J&#233;r&#244;me, joignent leur t&#233;moignage a celui d'Orig&#232;ne. si voisin des lieux ; et les traditions de l'iconographie chr&#233;tienne s'unissant &#224; celles de la pi&#233;t&#233;, on a de bonne heure adopt&#233; la coutume de placer, en m&#233;moire de ce grand fait, un cr&#226;ne humain au pied de l'image du Sauveur en croix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais levons nos regards vers cet Homme-Dieu, dont la vie s'&#233;coule si rapidement sur l'instrument de son supplice. Le voil&#224; suspendu dans les airs, &#224; la vue de tout Isra&#235;l, &#171; comme le serpent d'airain que Mo&#239;se avait offert aux regards du peuple dans le d&#233;sert&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. III, 14.&#034; id=&#034;nh6-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ; mais ce peuple n'a pour lui que des outrages. Leurs voix insolentes et sans piti&#233; montent jusqu'&#224; lui : &#171; Toi qui d&#233;truis le temple de Dieu, et le reb&#226;tis en trois jours, d&#233;livre-toi maintenant ; si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix, si tu peux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XVII, 40.&#034; id=&#034;nh6-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Puis les indignes pontifes du juda&#239;sme ench&#233;rissent encore sur ces blasph&#232;mes : &#171; Il est le sauveur des autres, et il ne peut se sauver lui-m&#234;me ! Allons ! Roi d'Isra&#235;l, descends de la croix, et nous croirons en toi ! Tu as mis ta confiance en Dieu ; c'est &#224; lui de te d&#233;livrer. N'as-tu pas dit : Je suis le Fils de Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVII, 42-43.&#034; id=&#034;nh6-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187; Et les deux voleurs crucifi&#233;s avec lui s'unissaient &#224; ce concert d'outrages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais la terre, depuis quatre mille ans, n'avait re&#231;u de Dieu un bienfait comparable &#224; celui qu'il daignait lui accorder a cette heure ; et jamais non plus l'insulte &#224; la majest&#233; divine n'&#233;tait mont&#233;e vers elle avec tant d'audace. Nous chr&#233;tiens, qui adorons celui que les Juifs blasph&#232;ment, offrons-lui en ce moment la r&#233;paration &#224; laquelle il a tant de droits. Ces impies lui reprochent ses divines paroles, et les tournent contre lui : rappelons-lui &#224; notre tour celle-ci qu'il a dite aussi, et qui doit remplir nos c&#339;urs d'esp&#233;rance : &#171; Lorsque je serai &#233;lev&#233; de terre, j'attirerai tout &#224; moi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XII, 32.&#034; id=&#034;nh6-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Le moment est venu. Seigneur J&#233;sus, de remplir votre promesse ; attirez-nous &#224; vous. Nous tenons encore &#224; la terre ; nous y sommes encha&#238;nes par mille int&#233;r&#234;ts et par mille attraits ; nous y sommes captifs de l'amour de nous-m&#234;mes, et sans cesse notre essor vers vous en est arr&#234;t&#233; ; soyez l'aimant qui nous attire et qui rompe nos liens, afin que nous montions jusqu'&#224; vous, et que la conqu&#234;te de nos &#226;mes vienne enfin consoler votre c&#339;ur oppress&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant on est arriv&#233; au milieu du jour ; il est la sixi&#232;me heure, celle que nous appelons midi. Le soleil qui brillait au ciel, comme un t&#233;moin insensible, refuse tout &#224; coup sa lumi&#232;re ; et une nuit &#233;paisse &#233;tend ses t&#233;n&#232;bres sur la terre enti&#232;re. Les &#233;toiles paraissent au ciel, les mille voix de la nature s'&#233;teignent et le monde semble pr&#234;ta retomber dans le chaos. On dit que le c&#233;l&#232;bre Denys de l'Ar&#233;opage d'Ath&#232;nes, qui fut plus tard l'heureux disciple du Docteur des Gentils, s'&#233;cria, au moment de cette affreuse &#233;clipse : &#171; Ou le Dieu de la nature est dans la souffrance, ou la machine de ce monde est au moment de se dissoudre &#187;. Phl&#233;gon, auteur pa&#239;en, qui &#233;crivait un si&#232;cle apr&#232;s, rappelle encore l'&#233;pouvante que r&#233;pandirent dans l'empire romain ces t&#233;n&#232;bres inattendues, dont l'invasion vint tromper tous les calculs des astronomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne si imposant, t&#233;moignage trop visible du courroux c&#233;leste, glace de crainte les plus audacieux blasph&#233;mateurs. Le silence succ&#232;de &#224; tant de clameurs. C'est alors que celui des deux voleurs, dont la croix &#233;tait &#224; la droite de celle de J&#233;sus, sent le remords et l'esp&#233;rance na&#238;tre &#224; la fois dans son c&#339;ur. Il ose reprendre son compagnon avec lequel tout &#224; l'heure il insultait l'innocent : &#171; Ne crains-tu point Dieu, lui dit-il, toi non plus qui subis la m&#234;me condamnation ? Pour nous, c'est justice ; car nous recevons ce que nos actions m&#233;ritent ; mais celui-ci, il n'a rien tait de mal. &#187; J&#233;sus d&#233;fendu par un voleur, en ce moment o&#249; les docteurs de la loi juive, ceux qui sont assis dans la chaire de Mo&#239;se, n'ont pour lui que des outrages ! Rien ne fait mieux sentir le degr&#233; d'aveuglement auquel la Synagogue est arriv&#233;e. Dimas, ce larron, cet abandonn&#233;, figure en ce moment la gentilit&#233; qui succombe sous le poids de ses crimes, mais qui bient&#244;t se purifiera en confessant la divinit&#233; du crucifi&#233;. Il tourne p&#233;niblement sa t&#232;te vers la Croix de J&#233;sus, et s'adressant au Sauveur : &#171; Seigneur, dit-il, souvenez-vous de moi quand vous serez entr&#233; dans votre royaume &#187;. Il croit &#224; la royaut&#233; de J&#233;sus, &#224; cette royaut&#233; que les pr&#234;tres et les magistrats de sa nation tournaient tout &#224; l'heure en d&#233;rision. Le calme divin, la dignit&#233; de l'auguste victime sur le gibet, lui ont r&#233;v&#233;l&#233; toute sa grandeur ; il lui donne sa foi, il implore d'elle avec confiance un simple souvenir, lorsque la gloire aura succ&#233;d&#233; &#224; l'humiliation. Quel chr&#233;tien la gr&#226;ce vient de faire de ce larron ! Et cette gr&#226;ce, qui oserait dire qu'elle n'a pas &#233;t&#233; demand&#233;e et obtenue par la M&#232;re de mis&#233;ricorde, en ce moment solennel o&#249; elle s'offre dans un m&#234;me sacrifice avec son fils ? J&#233;sus est &#233;mu de rencontrer dans un voleur supplici&#233; pour ses crimes cette foi qu'il a cherch&#233;e en vain dans Isra&#235;l ; il r&#233;pond &#224; son humble pri&#232;re : &#171; En v&#233;rit&#233;, je te le dis, aujourd'hui m&#234;me tu seras avec moi dans le Paradis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXIII, 43.&#034; id=&#034;nh6-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; C'est la deuxi&#232;me parole de J&#233;sus sur la Croix. L'heureux p&#233;nitent la recueille dans la joie de son c&#339;ur ; il garde d&#233;sormais le silence, et attend dans l'expiation l'heure fortun&#233;e qui doit le d&#233;livrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant Marie s'est approch&#233;e de la Croix sur laquelle J&#233;sus est attach&#233;. Il n'est point de t&#233;n&#232;bres pour le c&#339;ur d'une m&#232;re qui l'emp&#234;chent de reconna&#238;tre son fils. Le tumulte s'est apais&#233; depuis que le soleil a d&#233;rob&#233; sa lumi&#232;re, et les soldats ne mettent pas obstacle &#224; ce douloureux rapprochement. J&#233;sus regarde tendrement Marie, il voit sa d&#233;solation ; et la souffrance de son c&#339;ur, qui semblait arriv&#233;e au plus haut degr&#233;, s'en accro&#238;t encore. Il va quitter la vie ; et sa m&#232;re ne peut monter jusqu'&#224; lui, le serrer dans ses bras, lui prodiguer ses derni&#232;res caresses ! Madeleine est l&#224; aussi, &#233;plor&#233;e, hors d'elle-m&#234;me. Les pieds de son Sauveur qu'elle aimait tant, qu'elle arrosait encore de ses parfums il y a quelques jours, ils sont blesses, noy&#233;s dans le sang qui en a jailli et qui d&#233;j&#224; se tige sur les plaies. Elle peut encore les baigner de ses larmes ; mais ses larmes ne les gu&#233;riront pas. Elle est venue pourvoir mourir celui qui r&#233;compensa son amour par le pardon. Jean le bien-aim&#233;, le seul Ap&#244;tre qui ait suivi son ma&#238;tre jusqu'au Calvaire, est ab&#238;m&#233; dans sa douleur ; il se rappelle la pr&#233;dilection que J&#233;sus daigna lui t&#233;moigner, hier encore, au festin myst&#233;rieux ; il souffre pour le fils, il souffre pour la m&#232;re ; mais son c&#339;ur ne s'attend pas au prix inestimable dont J&#233;sus a r&#233;solu de payer son amour. Marie de Cl&#233;ophas a accompagn&#233; Marie pr&#232;s de la Croix ; les autres femmes forment un groupe &#224; quelque distance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVII, 55.&#034; id=&#034;nh6-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; coup, au milieu d'un silence qui n'&#233;tait interrompu que par des sanglots, la voix de J&#233;sus mourant a retenti pour la troisi&#232;me fois. C'est &#224; sa m&#232;re qu'il s'adresse : &#171; Femme, lui dit-il &#187; ; car il n'ose l'appeler sa m&#232;re, afin de ne pas retourner le glaive dans la plaie de son c&#339;ur ; &#171; Femme, voil&#224; votre fils &#187;. Il d&#233;signait Jean par cette parole. Puis il ajoute, en s'adressant &#224; Jean lui-m&#234;me : &#171; Fils, voil&#224; votre m&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIX, 26.&#034; id=&#034;nh6-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. &#201;change douloureux au c&#339;ur de Marie, mais substitution fortun&#233;e qui assure pour jamais &#224; Jean, et en lui &#224; la race humaine, le bienfait d'une m&#232;re. Nous avons expos&#233; cette sc&#232;ne avec plus de d&#233;tail, au Vendredi de la semaine de la Passion. Aujourd'hui, en cet anniversaire, acceptons ce g&#233;n&#233;reux testament de notre Sauveur, qui par son incarnation nous avait procure l'adoption de son P&#232;re c&#233;leste, et dans ce moment nous fait don de sa propre m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; la neuvi&#232;me heure, trois heures de l'apr&#232;s-midi, approche ; c'est celle que les d&#233;crets &#233;ternels ont fix&#233;e pour le tr&#233;pas de l'Homme-Dieu. J&#233;sus &#233;prouve en son &#226;me un nouvel acc&#232;s de ce cruel abandon qu'il a ressenti dans le jardin. Il sent tout le poids de la disgr&#226;ce de Dieu qu'il a encourue en se faisant caution pour les p&#233;cheurs. L'amertume du calice de la col&#232;re de Dieu, qu'il lui faut boire jusqu'&#224; la lie, lui cause une d&#233;faillance qui s'exprime par ce cri plaintif : &#171; Mon Dieu ! Mon Dieu ! Pourquoi m'avez-vous abandonn&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVII, 46.&#034; id=&#034;nh6-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187; C'est la quatri&#232;me parole ; mais cette parole ne ram&#232;ne pas la s&#233;r&#233;nit&#233; au ciel. J&#233;sus n'ose plus dire : &#171; Mon P&#232;re ! &#187; on dirait qu'il n'est plus qu'un homme p&#233;cheur, au pied du tribunal inflexible de Dieu. Cependant une ardeur d&#233;vorante consume ses entrailles, et de sa bouche haletante s'&#233;chappe &#224; grand'peine cette parole qui est la cinqui&#232;me : &#171; J'ai soif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIX, 28.&#034; id=&#034;nh6-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Un des soldats vient pr&#233;senter &#224; ses l&#232;vres mourantes une &#233;ponge imbib&#233;e de vinaigre ; c'est tout le soulagement que lui offre dans sa soif br&#251;lante cette terre qu'il rafra&#238;chit chaque jour de sa ros&#233;e, et dont il a fait jaillir les fontaines et les fleuves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moment est enfin venu o&#249; J&#233;sus doit rendre son &#226;me &#224; son P&#232;re. Il parcourt d'un regard les oracles divins qui ont annonc&#233; jusqu'aux moindres circonstances de sa mission ; il voit qu'il n'en est pas un seul qui n'ait re&#231;u son accomplissement, jusqu'&#224; cette soif qu'il &#233;prouve, jusqu'&#224; ce vinaigre dont on l'abreuve. Prof&#233;rant alors la sixi&#232;me parole, il dit : &#171; Tout est consomm&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIX, 30.&#034; id=&#034;nh6-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il n'a donc plus qu'&#224; mourir, pour mettre le dernier sceau aux proph&#233;ties qui ont annonc&#233; sa mort comme le moyen final de notre r&#233;demption. Mais il faut qu'il meure en Dieu. Cet homme &#233;puis&#233;, agonisant, qui tout &#224; l'heure murmurait &#224; peine quelques paroles, pousse un cri &#233;clatant qui retentit au loin, et saisit &#224; la fois de crainte et d'admiration le centurion romain qui commandait les gardes au pied de la Croix. &#171; Mon P&#232;re ! s'&#233;crie-t-il, je remets mon esprit entre vos mains&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXIII, 46.&#034; id=&#034;nh6-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Apr&#232;s cette septi&#232;me et derni&#232;re parole, sa t&#234;te s'incline sur sa poitrine, d'o&#249; s'&#233;chappe son dernier soupir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce moment terrible et solennel, les t&#233;n&#232;bres cessent, le soleil repara&#238;t au ciel ; mais la terre tremble, les pierres &#233;clatent, la roche m&#234;me du Calvaire se fend entre la Croix de J&#233;sus et celle du mauvais larron ; la crevasse violente est encore visible aujourd'hui. Dans le Temple de J&#233;rusalem, un ph&#233;nom&#232;ne effrayant vient &#233;pouvanter les pr&#234;tres juifs. Le voile du Temple qui cachait le Saint des Saints se d&#233;chire de haut en bas, annon&#231;ant la fin du r&#232;gne des figures. Plusieurs tombeaux o&#249; reposaient de saints personnages s'ouvrent d'eux-m&#234;mes, et les morts qu'ils contenaient vont revenir &#224; la vie. Mais c'est surtout au fond des enfers que le contre-coup de cette mort qui sauve le genre humain se fait sentir. Satan comprend enfin la puissance et la divinit&#233; de ce Juste contre lequel il a imprudemment ameut&#233; les passions de la Synagogue, C'est son aveuglement qui a fait r&#233;pandre ce sang dont la vertu d&#233;livre le genre humain, et lui rouvre les portes du ciel. Il sait maintenant &#224; quoi s'en tenir sur J&#233;sus de Nazareth, dont il osa approcher au d&#233;sert pour le tenter. Il reconna&#238;t avec d&#233;sespoir que ce J&#233;sus est le propre Fils de l'Eternel, et que la r&#233;demption refus&#233;e aux anges rebelles vient d'&#234;tre accord&#233;e surabondante &#224; l'homme, par les m&#233;rites du sang que lui-m&#234;me Satan a fait verser sur le Calvaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fils adorable du P&#232;re, nous vous adorons expir&#233; sur le bois de votre sacrifice. Votre mort si am&#232;re nous a rendu la vie. Nous frappons nos poitrines, &#224; l'exemple de ces Juifs qui avaient attendu votre dernier soupir, et qui rentrent dans la ville &#233;mus de componction. Nous confessons que ce sont nos p&#233;ch&#233;s qui vous ont arrach&#233; violemment la vie ; daignez recevoir nos humbles actions de gr&#226;ces pour l'amour que vous nous avez t&#233;moign&#233; jusqu'&#224; la fin. Vous nous avez aim&#233;s en Dieu ; d&#233;sormais c'est &#224; nous de vous servir comme rachet&#233;s par votre sang. Nous sommes en votre possession, et vous &#234;tes notre Seigneur. Voici que votre sainte &#201;glise nous convoque au service divin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Allusion &#224; l'Office des T&#233;n&#232;bres du Samedi Saint, chant&#233; le vendredi soir.&#034; id=&#034;nh6-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; il nous faut descendre du Calvaire, pour nous joindre &#224; elle et c&#233;l&#233;brer vos louanges. Bient&#244;t nous reviendrons pr&#232;s de votre corps inanim&#233; ; nous assisterons &#224; vos fun&#233;railles, et nous les accompagnerons de nos regrets et de nos larmes. Marie, votre m&#232;re, demeure au pied de la Croix ; rien ne la peut s&#233;parer de votre d&#233;pouille mortelle. Madeleine est encha&#238;n&#233;e &#224; vos pieds glac&#233;s par la mort ; Jean et les saintes femmes forment autour de vous un cort&#232;ge de d&#233;solation. Nous adorons encore une fois votre corps sacr&#233;, votre sang pr&#233;cieux, votre Croix qui nous a sauv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE SOIR.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retournons sur le Calvaire achever cette journ&#233;e du deuil universel. Nous y avons laiss&#233; Marie, en la compagnie de Madeleine, de Jean et des autres saintes femmes. Une heure s'est &#224; peine &#233;coul&#233;e depuis le moment o&#249; J&#233;sus a rendu le dernier soupir, et voici que des soldats, conduits par un centurion, viennent troubler du bruit de leurs pas et de leurs voix le silence qui r&#233;gnait sur la colline. Ils sont charg&#233;s d'un commandement de Pilate. Sur la demande des princes des pr&#234;tres, le gouverneur a ordonn&#233; que l'on ach&#232;ve les trois crucifi&#233;s, en leur brisant les jambes, qu'on les d&#233;tache de la croix, et qu'ils soient ensevelis avant la nuit. Les Juifs comptaient les jours &#224; partir du coucher du soleil : bient&#244;t donc va commencer le grand Samedi. Les soldats s'avancent vers les croix ; ils vont d'abord aux deux larrons, auxquels ils brisent les jambes. Ce dernier tourment ach&#232;ve leur existence ; Dimas expire avec r&#233;signation, confiant dans la promesse de J&#233;sus ; son compagnon, obstin&#233; dans le blasph&#232;me, meurt sans consolation. C'est maintenant vers la Croix du R&#233;dempteur que se dirigent les soldats ; le c&#339;ur de Marie fr&#233;mit &#224; leur approche ; quel nouvel outrage ces hommes barbares r&#233;servent-ils au corps ensanglant&#233; de son fils ? Ils inspectent le divin supplici&#233;, et constatent que la vie a d&#233;j&#224; cesse en lui ; cependant, pour s'assurer de la mort, l'un d'eux brandit sa lance et l'enfonce dans le flanc droit de la victime. Le fer p&#233;n&#232;tre jusqu'au c&#339;ur ; et quand le soldat le retire, du sang et de l'eau coulent de cette derni&#232;re plaie. C'est la cinqui&#232;me effusion du sang r&#233;dempteur ; et c'est aussi la cinqui&#232;me des plaies que J&#233;sus re&#231;ut sur la Croix. Mais r&#233;servons le touchant myst&#232;re du C&#339;ur ouvert de notre Sauveur, pour le jour o&#249; l'&#201;glise le proposera sp&#233;cialement &#224; notre adoration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie a senti jusqu'au fond de son &#226;me la pointe de cette lance cruelle ; les pleurs et les sanglots redoublent autour d'elle. Comment donc finira cette lamentable journ&#233;e ? Quelles mains descendront de la Croix l'innocent Agneau qui y demeure suspendu ? Qui le rendra enfin &#224; sa m&#232;re ? Les soldats se retirent, et parmi eux Longin, celui qui a os&#233; porter le coup de lance, et qui sent d&#233;j&#224; en lui-m&#234;me un mouvement inconnu, pr&#233;sage de la foi dont il doit &#234;tre un jour le martyr. Mais voici d'autres hommes qui s'avancent. Un noble juif, Joseph d'Arimathie, un v&#233;n&#233;rable docteur, Nicod&#232;me, gravissent respectueusement la colline, et s'arr&#234;tent avec &#233;motion au pied de la Croix de J&#233;sus. Marie fixe sur eux un regard de reconnaissance. Ils sont venus pour remettre en ses bras maternels le corps de son fils, et pour rendre ensuite &#224; leur ma&#238;tre les honneurs de la s&#233;pulture. Ces fid&#232;les disciples sont munis de l'autorisation du gouverneur ; Pilate a accord&#233; &#224; Joseph le corps de J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se h&#226;te de d&#233;tacher de la Croix les membres du Juste ; car le temps est court, le soleil est sur son d&#233;clin, et la premi&#232;re heure du Sabbat est proche. Pr&#232;s du lieu o&#249; est plant&#233;e la Croix, au bas du monticule, se trouve un jardin, et dans ce jardin une chambre s&#233;pulcrale taill&#233;e dans le roc. Aucun corps n'a &#233;t&#233; plac&#233; jusqu'ici dans ce tombeau. C'est l&#224; que J&#233;sus va reposer. Joseph et Nicod&#232;me, charg&#233;s du pr&#233;cieux fardeau, descendent de la colline et d&#233;posent le corps sacr&#233; sur un quartier de roche, &#224; peu de distance du s&#233;pulcre. C'est l&#224; que la m&#232;re de J&#233;sus re&#231;oit de leurs mains le fils de sa tendresse ; c'est l&#224; qu'elle arrose de ses larmes, qu'elle parcourt de ses baisers tant de plaies cruelles dont son corps est couvert. Jean, Madeleine et les autres saintes femmes compatissent &#224; la M&#232;re des douleurs ; mais l'heure presse d'embaumer ces restes inanim&#233;s. Sur cette pierre qui s'appelle aujourd'hui encore la Pierre de l'onction, et qui marque la treizi&#232;me Station de la Voie douloureuse, Joseph d&#233;ploie le linceul qu'il a apport&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marc. XV, 46.&#034; id=&#034;nh6-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; Nicod&#232;me, dont les serviteurs ont pris avec eux, par ses ordres, jusqu'&#224; cent livres de myrrhe et d'alo&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIX, 39.&#034; id=&#034;nh6-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dispose les parfums. On lave le sang des blessures ; on enl&#232;ve doucement la couronne d'&#233;pines de la t&#234;te du divin roi ; enfin le moment est venu d'envelopper le corps du linceul fun&#232;bre. Marie serre une derni&#232;re fois dans ses bras la d&#233;pouille insensible de son bien-aim&#233;, qui bient&#244;t dispara&#238;t &#224; ses regards sous les plis des voiles et sous les bandelettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joseph et Nicod&#232;me se l&#232;vent, et reprenant leur noble fardeau, ils le portent dans le s&#233;pulcre. C'est la quatorzi&#232;me Station de la Voie douloureuse. Il y avait deux chambres taill&#233;es dans la roche et se communiquant l'une &#224; l'autre ; c'est dans la seconde, sur la main droite, dans une niche pratiqu&#233;e au ciseau, qu'ils &#233;tendent le corps du Sauveur. Ils sortent promptement ; et r&#233;unissant leurs efforts, ils roulent &#224; l'entr&#233;e du monument une grande pierre carr&#233;e qui doit servir de porte, et que bient&#244;t, &#224; la demande des ennemis de J&#233;sus, l'autorit&#233; publique viendra sceller de son sceau et prot&#233;ger par un poste de soldats romains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant le soleil est sur le point de dispara&#238;tre au couchant, et le grand Samedi va s'ouvrir avec ses s&#233;v&#232;res prescriptions. Madeleine et les autres femmes ont observ&#233; les lieux et la disposition du corps dans le s&#233;pulcre. Elles suspendent leurs plaintives lamentations, et descendent en h&#226;te &#224; J&#233;rusalem. Leur dessein est d'acheter des parfums et de les pr&#233;parer ; afin que, lorsque le Sabbat sera pass&#233;, elles puissent revenir au tombeau, d&#232;s le dimanche, au grand matin, et compl&#233;ter l'embaumement trop pr&#233;cipit&#233; du corps de leur ma&#238;tre. Marie, apr&#232;s avoir salu&#233; une derni&#232;re fois le tombeau qui renferme le cher objet de sa tendresse, suit le cort&#232;ge de deuil qui se dirige vers la ville Jean, son fils d'adoption, est pr&#232;s d'elle. D&#232;s cette heure, cet heureux mortel est devenu le gardien de celle qui, sans cesser d'&#234;tre la M&#232;re de Dieu, devient en lui la M&#232;re des hommes. Mais au prix de quelles angoisses elle a obtenu ce nouveau titre ! Quelle blessure son c&#339;ur a re&#231;ue au moment o&#249; nous lui avons &#233;t&#233; confi&#233;s ! Tenons-lui, nous aussi, fid&#232;le compagnie durant ces cruelles heures qui doivent s'&#233;couler jusqu'au moment o&#249; la r&#233;surrection de J&#233;sus viendra consoler son immense douleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous ne quitterons pas votre s&#233;pulcre, &#244; R&#233;dempteur, sans y d&#233;poser le tribut de nos adorations et l'amende honorable de notre repentir. Vous voil&#224; donc, &#244; J&#233;sus, le captif de la mort ! Cette fille du p&#233;ch&#233; a donc &#233;tendu sur vous son empire. Vous vous &#234;tes soumis &#224; la sentence port&#233;e contre nous, et vous avez daign&#233; nous devenir semblable jusqu'au tombeau. Quelle r&#233;paration pourrait &#233;galer l'humiliation que vous subissez en cet &#233;tat qui nous &#233;tait d&#251;, mais qui n'est devenu le v&#244;tre, &#244; souverain auteur de la vie, que par l'amour que vous nous avez port&#233; ? Les saints Anges qui font la garde autour de cette pierre sur laquelle sont &#233;tendus vos membres glaces, s'&#233;tonnent que vous ayez pu aimer &#224; un tel exc&#232;s l'homme, cette ch&#233;tive et ingrate cr&#233;ature. Jusqu'alors ils n'avaient pas compris l'infinie bont&#233; de celui qui les a tir&#233;s comme nous du n&#233;ant. Ce n'est pas pour leurs fr&#232;res tomb&#233;s que vous avez subi la mort ; c'est pour nous, les derniers de la cr&#233;ation. Mais quel indissoluble lien forme d&#233;sormais entre vous et nous ce sacrifice que vous venez d'offrir ? C'est pour nous que vous mourez ; c'est donc pour vous maintenant que nous devons vivre. Nous vous le promettons, &#244; J&#233;sus, sur ce tombeau que nos p&#233;ch&#233;s avaient creus&#233; pour vous. Nous aussi, nous voulons mourir, mourir au p&#233;ch&#233; et vivre &#224; votre gr&#226;ce. Nous suivrons d&#233;sormais vos pr&#233;ceptes et vos exemples ; nous nous &#233;loignerons du p&#233;ch&#233;, qui nous a rendus responsables de votre mort si am&#232;re et si douloureuse. Nous recevons, en union de votre Croix, toutes les croix, si l&#233;g&#232;res en comparaison, dont la vie humaine est sem&#233;e. Enfin, nous acceptons de mourir &#224; notre tour, lorsque le moment sera venu de subir la sentence si m&#233;rit&#233;e que la justice de votre P&#232;re a prononc&#233;e contre nous. Vous avez adouci par votre mort ce moment si redoutable &#224; la nature. Par vous, la mort n'est plus qu'un passage &#224; la vie ; et de m&#234;me qu'en ce moment nous nous s&#233;parons de votre s&#233;pulcre avec l'espoir prochain de saluer bient&#244;t votre glorieuse r&#233;surrection ; de m&#234;me, en laissant &#224; la terre sa d&#233;pouille mortelle, notre &#226;me, pleine de confiance, montera vers vous, avec l'espoir de se r&#233;unir un jour &#224; cette poussi&#232;re coupable que la tombe doit rendre apr&#232;s l'avoir purifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pla&#231;ons &#224; la fin de cette journ&#233;e quelques strophes emprunt&#233;es &#224; la Liturgie de l'&#201;glise Grecque, en l'Office du grand Vendredi.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;In Parasceve.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui est attache &#224; la Croix celui qui a suspendu la terre au-dessus des eaux. On met une couronne d'&#233;pines &#224; celui qui est le roi des Anges ; on rev&#234;t d'une pourpre d&#233;risoire celui qui a &#233;tendu les nuages sur le ciel. On donne un soufflet &#224; celui qui, dans le Jourdain, a rendu la libert&#233; &#224; Adam. L'&#201;poux de l'&#201;glise est perce de clous ; le fils de la Vierge est traverse d'une lance ; nous adorons vos souffrances, &#244; Christ ! Manifestez-nous aussi votre glorieuse r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La brebis voyait tra&#238;ner son agneau &#224; la mort ; Marie afflig&#233;e suivait avec les autres femmes ; elle s'&#233;criait : Mon fils, o&#249; allez-vous ? Pourquoi cette marche si rapide ? Y a-t-il encore des noces &#224; Cana, et vous y rendez-vous en h&#226;te pour y changer de nouveau l'eau en vin ? Irai-je avec vous, mon fils, ou vous attendrai-je ? O Verbe, dites-moi une parole ; ne passez pas sans me r&#233;pondre, vous qui, dans votre naissance, m'avez conserv&#233;e chaste, &#244; mon fils et mon Dieu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun des membres de votre corps sacr&#233; a souffert son outrage &#224; cause de nous, &#244; Christ ! La t&#234;te a endur&#233; les &#233;pines ; le visage, les crachats ; les joues, les soufflets ; la bouche, le vinaigre m&#234;l&#233; de fiel ; les oreilles, d'impies blasph&#232;mes ; le dos, des coups de fouet ; la main, le roseau ; le corps tout entier, l'extension violente sur la Croix ; les membres, les clous ; et le c&#244;t&#233;, la lance. Vous qui avez souffert pour nous, qui par votre souffrance nous avez rendus &#224; la libert&#233;, qui par vos travaux pour les hommes nous avez &#233;lev&#233;s en vous abaissant, Sauveur tout-puissant, ayez piti&#233; de nous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui la Vierge sans tache vous consid&#233;rant sur la Croix, &#244; Verbe, &#233;tait &#233;mue de douleur dans ses entrailles maternelles. Une blessure am&#232;re transper&#231;ait son c&#339;ur, et du fond de son &#226;me d&#233;sol&#233;e elle s'&#233;criait d'un ton plaintif : Divin Fils, h&#233;las ! Lumi&#232;re du monde, h&#233;las ! Pourquoi avez-vous disparu de mes regards, Agneau de Dieu ? L'arm&#233;e des Esprits bienheureux &#233;tait saisie de terreur. Seigneur que nul ne peut comprendre, gloire a vous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque vous mont&#226;tes sur la Croix, Seigneur, la crainte et le tremblement se r&#233;pandirent sur toute cr&#233;ature. Vous d&#233;fend&#238;tes &#224; la terre d'engloutir ceux qui vous crucifiaient, et vous perm&#238;tes &#224; la tombe de rendre ses captifs. O Juge des vivants et des morts, vous &#234;tes venu pour donner la vie et non la mort. Ami des hommes, gloire &#224; vous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Liturgie de l'antique &#201;glise Gallicane nous fournit, dans son Office d'aujourd'hui, cette &#233;loquente et touchante pri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Oratio ad Nonam.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Pri&#232;re &#224; la neuvi&#232;me heure.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;O salutaris hora Passionis, o magna maximarum gratiarum Nona hodierna, maxima horarum hora. Hac nunc tu, noster dilecte Sponse, osculare de Cruce, licet post Crucis troph&#230;um. Osculare, precamur ; salutare tuum impertire nobis, triumphator mirabilis, auriga supreme, Deus pie, gloriosissime propugnator. Avete, valete, invalescite et viriliter agite, confortamini dicito, loquere cordibus nostris inspector Christe. An qui olim h&#230;c fecisti, nunc eadem non potes facere ? potes utique, potes ; quia omnipotens es : potes, amantissime, potes facere quod nos non possumus cogitare : quia nihil tibi impossibile est, Deus omnipotens Jesu, osculare, qu&#230;so, dilectissime, qui triumphans regressus es ad Patrem, cum quo semper eras et permanes unus ; quia osculum tuum dulce est, et ubera tua vino dulciora, fragrantia optimis unguentis ; et nomen tuum super oleum ; quem adolescentul&#230; dilexerunt : quem recti diligunt, quos trahis post te : cujus lectus floridus, cujus troph&#230;um Crux. Qui hac hora rubens de Edom, de Cruce, tinctis vestibus de Bosra, solus quasi calcator magni illius torcularis ad c&#339;los ascendisti:cui occurrunt Angeli, Archangeli dicentes : Quis est iste qui ascendit tinctis vestibus de Bosra ? Quibus te interrogantibus : Quare ergo rubrum est vestimentum tuum ? respondisti : Torcular calcavi solus, et vir de gentibus non fuit mecum. Vere, Salvator, vere rubrum est tuum propter nos corpus : rubrum est sanguine uv&#230; ; lavasti enim in vino stolam tuam, et pallium tuum in sanguine uv&#230; : qui es Deus solus, crucifixus pro nobis, quos antiqua pr&#230;varicatio morti tradidit : cujus vulnere omnium innumera peccatorum vulnera sanata sunt. Et nos, pie crucifixe Christe, cum tuis redime ; salva, pia bonitas Deus. Qui regnas cum Patre et Spiritu Sancto, unus in &#230;ternum et in s&#230;cula S&#230;culorum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O heure salutaire de la Passion ! Heure de None, signal&#233;e par la plus grande des gr&#226;ces, &#244; la plus c&#233;l&#232;bre des heures ! A ce moment, &#244; notre &#201;poux aim&#233;, donnez-nous le baiser du haut de votre Croix, apr&#232;s avoir triomph&#233; par elle. Nous l'implorons, ce baiser ; accordez-nous le salut qui vient de vous seul, admirable triomphateur, qui conduisez votre char avec tant de noblesse, Dieu cl&#233;ment, notre glorieux champion ! Dites-nous : Hommes, je vous envoie le salut ; reprenez vos forces et combattez vaillamment ; soyez fermes et robustes. O Christ qui p&#233;n&#233;trez nos c&#339;urs, daignez leur parler. Vous qui aujourd'hui accompl&#238;tes une telle &#339;uvre, ne pouvez-vous la renouveler &#224; ce moment ? Oui, vous le pouvez ; car vous &#234;tes tout-puissant. Vous le pouvez ; car vous &#234;tes plein d'amour ; et votre puissance s'&#233;l&#232;ve au-dessus de nos pens&#233;es. Rien ne vous est impossible, &#244; Dieu tout-puissant ! Vous qui &#234;tes remont&#233; triomphant vers le P&#232;re, avec lequel vous demeur&#226;tes toujours, et qui est avec vous une m&#234;me chose, J&#233;sus tr&#232;s aim&#233;, donnez-nous votre baiser ; car votre baiser est doux, et vos caresses plus d&#233;licieuses que le vin, plus suaves que les meilleurs parfums. Votre nom est une essence odorante ; les jeunes filles qui repr&#233;sentent les &#226;mes vous ont donn&#233; leur amour ; les c&#339;urs droits vous aiment, et vous les entra&#238;nez apr&#232;s vous. Votre lit est couvert de fleurs ; son pavillon est la Croix. C'est &#224; cette heure que vous arrivez d'&#201;dom, c'est-&#224;-dire de votre Croix, vos v&#234;tements ayant chang&#233; de couleur &#224; Bosra. Apr&#232;s avoir foul&#233; seul le grand pressoir, vous monterez au ciel ; les Anges et les Archanges diront : Quel est celui qui arrive de Bosra, avec ses v&#234;tements dont la couleur est chang&#233;e ? A cette demande : Pourquoi votre v&#234;tement est-il empourpr&#233; ? Vous r&#233;pondrez : A moi seul j'ai foul&#233; le pressoir, et, de toutes les nations, nul homme n'a partag&#233; mon travail. Oui, votre corps, &#244; Sauveur, a &#233;t&#233; pour nous empourpr&#233; ; vous avez lav&#233; votre tunique dans le vin, et votre manteau dans le sang de la grappe. Vous qui &#234;tes le seul Dieu, vous avez &#233;t&#233; crucifi&#233; pour nous, que l'antique pr&#233;varication avait livr&#233;s &#224; la mort ; vos blessures ont gu&#233;ri les blessures innombrables que nous avaient faites nos p&#233;ch&#233;s. O Christ crucifi&#233;, dans votre bont&#233; faites-nous part de votre r&#233;demption, avec ceux qui vous sont le plus chers. Dieu plein de mis&#233;ricorde, sauvez-nous ; vous qui r&#233;gnez avec le P&#232;re et le Saint-Esprit, en l'unit&#233;, &#224; jamais, dans les si&#232;cles des si&#232;cles.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&lt;/h2&gt;&lt;center&gt;Collecte au Latran. &lt;br class='manualbr' /&gt;Station &#224; Sainte-Croix en J&#233;rusalem.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus avait dit : non capit prophetam perire extra Hierusalem, il n'est pas admis qu'un proph&#232;te soit mis &#224; mort hors de J&#233;rusalem ; c'est pourquoi la station se c&#233;l&#232;bre aujourd'hui dans la basilique dite Sancta Hierusalem, o&#249; autrefois le Pape se rendait les pieds nus, en venant processionnellement du Latran. Durant le chemin, il balan&#231;ait un encensoir fumant o&#249; br&#251;laient des parfums pr&#233;cieux, devant le bois de la sainte Croix soutenu par un diacre, tandis que le ch&#339;ur chantait le psaume 118 : Beati immaculati in via. En signe de profonde tristesse, ce jour &#233;tait primitivement aliturgique, comme en g&#233;n&#233;ral &#224; Rome tous les vendredis et samedis de l'ann&#233;e. Aussi quand, vers le VIe si&#232;cle, se rel&#226;cha quelque peu la rigueur de l'antique discipline, et que l'on institua les stations des vendredis de Car&#234;me, les Papes maintinrent inviol&#233;, durant plusieurs si&#232;cles, le primitif usage romain qui excluait en ce jour jusqu'&#224; la messe des Pr&#233;sanctifi&#233;s. Le rite actuel ne remonte donc qu'au moyen &#226;ge, et repr&#233;sente pr&#233;cis&#233;ment celui qui &#233;tait adopt&#233; dans les &#233;glises titulaires de Rome o&#249; n'intervenait pas le Pontife.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adoration du bois de la sainte Croix le vendredi saint vient, comme nous l'avons d&#233;j&#224; dit, de la liturgie de J&#233;rusalem, o&#249; elle &#233;tait d&#233;j&#224; en usage vers la fin du IVe si&#232;cle. Bien plus, pendant longtemps, et en Occident &#233;galement, cette adoration constitua pour ainsi dire la c&#233;r&#233;monie la plus importante et la plus caract&#233;ristique, le point central vers lequel convergeait toute la liturgie de la sainte Parasc&#232;ve. Ecce lignum Crucis, voici le bois de la croix : c'est le commencement de la parousie du divin Juge, et &#224; l'apparition de l'&#233;tendard triomphal de la r&#233;demption, tandis que l'&#201;glise se prosterne dans l'acte d'une adoration reconnaissante, les puissances infernales saisies d'horreur s'enfuient dans les profondeurs de l'ab&#238;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Rome, au moyen &#226;ge, le reliquaire papal de la sainte Croix &#233;tait asperg&#233; de parfums, pour indiquer la suavit&#233; de la gr&#226;ce qui transpire du bois triomphal, comme aussi l'onction int&#233;rieure et la douceur spirituelle que le Seigneur r&#233;pand dans le c&#339;ur de ceux qui portent la croix pour son amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les Ordines Romani du VIIIe si&#232;cle, la c&#233;r&#233;monie de ce jour se d&#233;roulait en partie dans la basilique Sessorienne, en partie au Latran. Vers 2 heures de l'apr&#232;s-midi, le Pape et le clerg&#233; palatin se rendaient en procession et les pieds nus, du patriarchium &#224; la basilique stationnale, o&#249; avait lieu d'abord l'adoration de la sainte Croix, puis la lecture de la Passion selon saint Jean et la grande pri&#232;re litanique pour les divers ordres eccl&#233;siastiques et pour les besoins de l'&#201;glise. Puis l'on retournait au Latran, chantant le long de la route le psaume Beati immaculati in via. En ce jour de deuil, ni le Pape ni les diacres ne communiaient : le peuple &#233;tait libre toutefois de s'approcher de la Table sainte, soit au Latran, o&#249; l'un des &#233;v&#234;ques suburbicaires c&#233;l&#233;brait, soit dans les autres titres de la Ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers le IXe si&#232;cle le rite fut quelque peu modifi&#233;. L'adoration de la Croix fut retard&#233;e jusqu'apr&#232;s la pri&#232;re litanique, qui &#233;tait suivie du Pater Noster et de la communion des assistants. La procession des saintes Esp&#232;ces n'avait pas encore lieu en ce temps-l&#224;, et la fonction s'achevait par la b&#233;n&#233;diction du Pape : In nomine Patris, et Filii et Spiritus Sancti. L'assembl&#233;e r&#233;pondait : Et cum spiritu tuo. Chacun r&#233;citait ensuite priv&#233;ment les psaumes de l'office des v&#234;pres, apr&#232;s quoi l'on se mettait &#224; table.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XIIe si&#232;cle, dans la basilique du Latran, c'&#233;tait encore chacun des sept &#233;v&#234;ques suburbicaires qui accomplissait, &#224; tour de r&#244;le, les divins offices de la parasc&#232;ve ; le Pape n'intervenait pas, puisqu'il continuait &#224; se rendre &#224; la basilique Sessorienne. On portait processionnellement, depuis le patriarchium, le bois de la sainte Croix et les saintes Esp&#232;ces eucharistiques pour la messe des Pr&#233;sanctifi&#233;s ; mais il ne semble pas que le peuple e&#251;t encore l'habitude de communier, comme aux premiers si&#232;cles du moyen &#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au temps d'Honorius III, le Pape, au lever de l'aurore, avait l'habitude de chanter le psautier dans son entier avec ses chapelains. Vers midi il se rendait avec les cardinaux &#224; l'oratoire de Saint-Laurent, et, ayant ouvert la grille de fer sous l'autel de L&#233;on III, il en retirait les deux reliquaires avec le bois de la sainte Croix et les chefs des ap&#244;tres Pierre et Paul, lesquels, selon une tradition tardive qui ne remonte pas plus loin que l'an mille, on croyait &#234;tre conserv&#233;s en ce lieu. Les cardinaux s'approchaient pour baiser les reliques, puis le cort&#232;ge se mettait en ordre de procession pour se rendre &#224; la basilique Sessorienne. Avant de commencer la messe, le Pontife se retirait dans le monast&#232;re contigu, pour se laver les pieds et reprendre ses sandales ordinaires. Quand l'office &#233;tait termin&#233;, la procession retournait au Latran o&#249; toutefois n'avait pas lieu le banquet habituel dans le triclinium, puisque en ce jour de deuil et de p&#233;nitence, on ne servait aux ministres du palais que du pain et des herbes, le vin lui-m&#234;me &#233;tant exclu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce c&#233;r&#233;monial dura &#224; Rome &#224; peu pr&#232;s jusqu'au XVe si&#232;cle, &#233;poque o&#249; les rituels commenc&#232;rent &#224; prescrire que le Pape r&#233;cit&#226;t d'abord le psautier avec ses chapelains dans sa chambre &#224; coucher puis se pr&#233;sent&#226;t &#224; un balcon pour accorder l'indulgence au peuple. A une heure d&#233;termin&#233;e, le Pontife se rendait au ch&#339;ur pour r&#233;citer l'Office, et apr&#232;s midi, c'est-&#224;-dire avant de commencer la procession stationnale &#224; Sainte-Croix, il paraissait de nouveau au balcon, rev&#234;tu cette fois du pluvial rouge et mitre en t&#234;te, pour conc&#233;der encore l'indulgence &#224; la foule qui se pressait sur la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette c&#233;r&#233;monie termin&#233;e, le Pape et les cardinaux d&#233;posaient leurs chaussures, et tous partaient processionnellement, les pieds nus, pour la basilique Sessorienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y c&#233;l&#233;brait la messe des Pr&#233;sanctifi&#233;s avec les rites d&#233;j&#224; d&#233;crits ; sauf que, durant la p&#233;riode de l'exil &#224; Avignon, l'usage pr&#233;valut de faire porter les saintes Esp&#232;ces sur l'autel, non point par un des cardinaux qui pr&#233;c&#233;daient le Pape quand, du secretarium, il faisait son entr&#233;e dans l'&#233;glise, mais par le Pontife lui-m&#234;me, et apr&#232;s l'adoration de la Croix. C'est justement le rite d&#233;crit dans le missel romain actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tout cet ensemble compliqu&#233; de cort&#232;ges et de c&#233;r&#233;monies durant le moyen &#226;ge, il n'est pas difficile pourtant de reconna&#238;tre que la messe actuelle des Pr&#233;sanctifi&#233;s, telle que nous l'ont transmise les Ordines Romani du XVIe si&#232;cle, et telle que nous la c&#233;l&#233;brons encore, se compose de trois parties distinctes, qui se superposent comme trois stratifications successives : ce qu'on appelle la messe des Cat&#233;chum&#232;nes, l'adoration de la sainte Croix et la sainte Communion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re partie conserve presque intact le type des anciennes synaxes aliturgiques, et de ce qu'on appelle la messe des Cat&#233;chum&#232;nes. Il n'y a ni Intro&#239;t ni Kyrie, mais on lit seulement trois le&#231;ons de l'&#201;criture dont deux de l'Ancien Testament et une de l'&#201;vangile. Les deux premi&#232;res sont suivies du chant d'un psaume sous forme de R&#233;pons suivi par une collecte du pr&#233;sident ; apr&#232;s la troisi&#232;me lecture, qui est la Passion selon saint Jean, vient la grande pri&#232;re litanique pour les divers besoins de l'&#201;glise (Oremus, dilectissimi nobis, etc.), qui marquait primitivement le terme de l'Office de la vigile dominicale et servait comme d'introduction &#224; la liturgie eucharistique. Aujourd'hui encore, &#224; la messe, apr&#232;s l'&#233;vangile, le pr&#234;tre salue le peuple (Dominus vobiscum) et l'invite &#224; la pri&#232;re collective (Oremus) ; toutefois l'ancienne litanie &#233;tant tomb&#233;e en d&#233;su&#233;tude, au moins comme rite ordinaire de la messe, il se trouve que ni le pr&#234;tre, ni le peuple, &#224; ce moment de l'action eucharistique, ne prient, et le ch&#339;ur des chantres ex&#233;cute les m&#233;lodies de l'offertoire. Le vendredi saint seulement conserve encore intact le rit romain primitif, aussi ne peut-on pas dire que la tr&#232;s ancienne pri&#232;re litanique apr&#232;s l'&#233;vangile, qui nous est attest&#233;e d&#232;s le IIe si&#232;cle par Justin, soit enti&#232;rement bannie de la liturgie du Si&#232;ge apostolique, puisqu'elle est demeur&#233;e &#224; sa place au moins en ce jour solennel de la Parasc&#232;ve pascale. Apr&#232;s la litanie dont nous avons parl&#233;, venaient r&#233;guli&#232;rement, dans les messes ordinaires, le canon eucharistique et la communion. Toutefois comme aucune cons&#233;cration n'a lieu en ce jour, le Pape au IXe si&#232;cle omettait le canon et passait tout de suite au chant du Pater qui pr&#233;c&#233;dait imm&#233;diatement la communion. C'&#233;tait l&#224; le mode le plus r&#233;gulier. Pourtant quelques si&#232;cles apr&#232;s, nous trouvons au contraire que l'adoration de la Croix, qui, au d&#233;but, avait lieu avant la messe, &#233;tait venue, on ne sait comment, se placer arbitrairement entre la litanie et la communion. Aussi le rythme primitif de la c&#233;r&#233;monie en &#233;tant demeur&#233; quelque peu troubl&#233;, il s'ensuivit une complication de rites. Certains papes, retournant &#224; l'autel apr&#232;s l'adoration de la sainte Croix, estimaient qu'alors commen&#231;ait proprement la messe, et voulaient qu'on r&#233;cit&#226;t le psaume 42 avec la confession, conform&#233;ment &#224; l'usage des autres messes. Plus tard, apr&#232;s que les Papes d'Avignon eurent introduit pour leur d&#233;votion particuli&#232;re la procession des saintes Esp&#232;ces, peu &#224; peu survinrent aussi l'encensement des oblations et de l'autel, le lavement des mains, les pri&#232;res secr&#232;tes et l'&#233;l&#233;vation. Au XVe si&#232;cle, cette derni&#232;re c&#233;r&#233;monie s'accomplissait quand le Pape r&#233;citait le Pater, c'est-&#224;-dire aux paroles sicut in c&#339;lo... ; par la suite, l'ostention de la sainte Hostie fut diff&#233;r&#233;e jusqu'apr&#232;s l'oraison dominicale, et imm&#233;diatement avant sa fraction, pr&#233;cis&#233;ment comme on le faisait &#224; l'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La synaxe de vendredi saint n'a pas d'intro&#239;t, conform&#233;ment &#224; l'usage antique, c'est-&#224;-dire avant que le pape C&#233;lestin institu&#226;t les chants antiphoniques de la messe. C'est pourquoi apr&#232;s une pri&#232;re priv&#233;e que les ministres sacr&#233;s font, chacun pour son compte, prostern&#233;s &#224; terre devant l'autel, le lecteur monte &#224; l'ambon et commence imm&#233;diatement le chant d'un passage d'Os&#233;e (VI, 1-6). Le Seigneur, dit le Proph&#232;te, pr&#233;f&#232;re &#224; tous les rites et aux purifications l&#233;gales de l'Ancien Testament, le culte du c&#339;ur qui consiste essentiellement dans l'intelligence des v&#233;rit&#233;s divines au moyen de la foi, et dans l'accomplissement de sa sainte volont&#233;. Pour inaugurer la Nouvelle Alliance d'amour, il d&#233;truira l'Ancienne : mais Isra&#235;l n'a pas de motif de craindre : flagell&#233; et ch&#226;ti&#233; pendant deux jours par la justice sainte de Dieu, en punition de ses d&#233;lits, il ressuscitera &#224; une vie nouvelle le troisi&#232;me jour et servira Yahweh dans l'assembl&#233;e des rachet&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cela vient le r&#233;pons, tir&#233; du cantique d'Habacuc. Jamais Dieu n'appara&#238;t plus saint, plus terrible et plus glorieux que sur le Calvaire. C'est l&#224; que l'auguste Trinit&#233; accueille l'holocauste parfait que J&#233;sus lui offre au nom de l'humanit&#233;. C'est l&#224; qu'est bris&#233;e la puissance du diable. &#171; J'ai entendu, Seigneur, ce que vous m'avez fait comprendre, et j'en suis demeur&#233; effray&#233; ; j'ai m&#233;dit&#233; sur vos &#339;uvres, et elles m'ont rempli de terreur. V/. Vous vous r&#233;v&#233;lerez entre deux animaux, un jour vous serez reconnu, et quand le moment sera arriv&#233; vous vous manifesterez. V/. Quand mon esprit sera troubl&#233;, alors m&#234;me dans votre indignation vous n'oublierez pas la mis&#233;ricorde. V/. Le Seigneur arrivera du Liban, et le Saint viendra de la montagne ombrag&#233;e et couverte d'arbustes. V/. Sa gloire couvre tout le ciel, et la terre retentit de sa louange. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pri&#232;re sacerdotale met fin &#224; la psalmodie responsoriale. Le diacre, comme &#224; l'ordinaire, la fait pr&#233;c&#233;der de l'invitation : &#171; Plions les genoux. &#187; Et apr&#232;s une br&#232;ve oraison priv&#233;e, le sous-diacre ajoute : &#171; Levez-vous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident de l'assembl&#233;e prend la parole au nom de tous et dit : &#171; Seigneur qui avez donn&#233; &#224; Judas le ch&#226;timent de son crime, et au larron la r&#233;compense de sa confession, accordez-nous la gr&#226;ce d'exp&#233;rimenter les effets de votre mis&#233;ricorde, afin que, de m&#234;me qu'en sa passion, notre Seigneur J&#233;sus-Christ donna &#224; chacun la r&#233;tribution m&#233;rit&#233;e, ainsi, l'ancienne erreur ayant disparu, Il nous accorde &#224; nous aussi la gr&#226;ce de participer &#224; sa r&#233;surrection. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture du livre de l'Exode vient ensuite (XII, 1-11) : L'agneau pascal &#233;tendu en forme de croix sur deux b&#226;tons et r&#244;ti, symbolisait J&#233;sus crucifi&#233;. L'agneau, plut&#244;t que mang&#233;, &#233;tait d&#233;vor&#233; en h&#226;te par les H&#233;breux ayant la tunique relev&#233;e et le b&#226;ton &#224; la main, &#224; la fa&#231;on d'un voyageur qui va partir. Cela signifie que le ciel est tr&#232;s &#233;lev&#233; au-dessus de la terre, la vie est courte et on n'a pas le temps de s'arr&#234;ter dans le chemin qui aboutit &#224; l'&#233;ternit&#233;. On assaisonnait l'agneau avec des laitues am&#232;res et on mangeait le pain sans levain, pour indiquer que dans la divine Eucharistie nous comm&#233;morons la mort de J&#233;sus, et que la p&#233;nitence et la mortification de l'esprit sont au nombre des meilleures dispositions pour bien communier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la lecture, on chante le psaume 139 (tractus) dans lequel sont d&#233;crits les sentiments de J&#233;sus sur la croix. Toute l'humanit&#233; a conspir&#233; contre J&#233;sus, puisque en p&#233;chant nous cri&#226;mes tous : Reus est mortis. Il se sent seul en pr&#233;sence d'une haine et d'une col&#232;re universelle, aussi se tourne-t-il vers son P&#232;re, pour en &#234;tre secouru. Sa pri&#232;re est humble, mais elle est p&#233;n&#233;tr&#233;e par un sentiment d'in&#233;branlable esp&#233;rance, en sorte que J&#233;sus expirant sur la Croix entonne d&#233;j&#224; le cantique de sa r&#233;surrection : &#171; Sauve-moi, &#244; Seigneur, de l'impie ; prot&#232;ge-moi contre le violent. V/. Ceux-l&#224;, en leur c&#339;ur, complotent mon malheur ; chaque jour ils s'excitent &#224; m'attaquer. V/. Ils ont la langue aigu&#235; comme les serpents, un venin d'aspic est sur leurs l&#232;vres. V/. Toi, Seigneur, garde-moi des mains de l'impie, prot&#232;ge-moi contre le violent. V/. Ils trament un complot pour me faire tomber ; les superbes, en cachette, m'ont tendu un lacs. V/. Avec un lacs ils ont tendu un pi&#232;ge sous mes pas ; le long de la route ils m'ont pr&#233;par&#233; des obstacles. V/. Je dis au Seigneur : Tu es mon Dieu, &#233;coute, Seigneur, le cri de ma pri&#232;re. V/. Seigneur, Seigneur et force de mon salut, prot&#232;ge ma t&#234;te &#224; l'ombre dans le jour du combat. V/. Ne contente pas &#224; mes d&#233;pens les mauvais d&#233;sirs de l'impie ; ils ont complot&#233; contre moi ; ne m'abandonne pas, pour qu'ils ne triomphent pas. V/. Qu'ils n'&#233;l&#232;vent pas leur t&#234;te autour de moi ; que les enveloppe le malheur qu'ils m'ont souhait&#233; de leurs l&#232;vres. V/. Les justes, au contraire, c&#233;l&#233;breront ton nom, et les hommes droits demeureront devant toi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec quel respect et quelle &#233;motion ne devons-nous pas r&#233;citer cette pri&#232;re de J&#233;sus mourant, nous adaptant &#224; ses sentiments, de fa&#231;on que ce psaume ne soit pas simplement la pri&#232;re historique du divin Crucifi&#233;, mais l'&#233;l&#233;vation &#224; Dieu de chaque &#226;me chr&#233;tienne, laquelle revit en soi tous les myst&#232;res de notre r&#233;demption !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me lecture est la Passion du Seigneur selon l'&#233;vangile de saint Jean (XVIII, 1-40 ; XIX, 1-42) qui, de pr&#233;f&#233;rence aux autres &#233;vang&#233;listes, met en relief l'enseignement de J&#233;sus dans ses colloques avec le gouverneur romain. Selon l'oracle du psalmiste, et vincas cum iudicaris, la divinit&#233; de J&#233;sus ressort &#233;clatante des r&#233;ponses m&#234;mes qu'il donne &#224; Pilate. Ce n'est pas un accus&#233; qui r&#233;pond &#224; un juge, mais un ma&#238;tre qui, jusque dans le pr&#233;toire du gouverneur romain, pr&#234;che et enseigne. Il est la v&#233;rit&#233;, Il est venu au monde pour rendre t&#233;moignage &#224; cette v&#233;rit&#233; ; aussi ne laisse-t-il passer aucune occasion de se r&#233;v&#233;ler aux hommes et de les attirer &#224; Lui par la simple manifestation de sa splendeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La messe de vendredi saint nous a conserv&#233; intacte, comme nous l'avons dit, l'antique pri&#232;re litanique dont parle d&#233;j&#224; saint Justin martyr, et qui, primitivement, suivait tous les jours la lecture de l'&#233;vangile, l&#224; pr&#233;cis&#233;ment o&#249; aujourd'hui encore le pr&#234;tre, avant l'offertoire, invite le peuple &#224; la pri&#232;re : Oremus. Cette pri&#232;re &#224; forme litanique, c'est-&#224;-dire dans laquelle tout le peuple intercalait une acclamation en guise de refrain (par exemple : Domine, miserere ; Kyrie, eleison, etc.), se trouve encore &#224; sa place dans les liturgies orientales, mais elle a disparu du sacramentaire romain peut-&#234;tre d&#232;s le temps de saint Gr&#233;goire le Grand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve le premier fond de cette pri&#232;re dans la liturgie des Synagogues o&#249;, apr&#232;s les lectures scripturaires, on priait pour les divers membres de la communaut&#233; isra&#233;lite, et pour les diff&#233;rents besoins de ceux qui la composaient. Mais le texte, tel qu'il nous est conserv&#233; dans le missel, r&#233;v&#232;le l'&#233;poque de saint L&#233;on le Grand par sa terminologie toute sp&#233;ciale. En effet, il y est encore question des portiers, dont l'office fut par la suite attribu&#233; aux mansionnaires ; les moines sont appel&#233;s Confessores, comme dans le sacramentaire l&#233;onien ; les religieuses Virgines et non sanctimoniales ; on prie pour que l'empereur romain soumette tous les barbares, et l'on consid&#232;re le Romanum Imperium, conform&#233;ment aux vues de saint L&#233;on, comme l'unique d&#233;positaire l&#233;gitime du pouvoir. La discipline du cat&#233;chum&#233;nat est encore en vigueur ; le monde est parsem&#233; d'h&#233;r&#233;sies, afflig&#233; d'&#233;pid&#233;mies et de famines ; les prisons retiennent encore de nombreux innocents ; l'esclavage constitue toujours l'opprobre de l'antique civilisation romaine ; toutes circonstances qui &#233;voquent imm&#233;diatement &#224; notre esprit le Ve si&#232;cle, et nous font attribuer pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'&#226;ge d'or de la liturgie romaine la r&#233;daction d&#233;finitive de cette pri&#232;re si solennelle, et que nous pourrions sans aucune h&#233;sitation consid&#233;rer comme d'origine apostolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Primitivement, on la r&#233;citait aussi en dehors des synaxes eucharistiques, et rien n'emp&#234;che les fid&#232;les de nos jours de la redire en leur particulier pour les diff&#233;rents besoins spirituels et temporels de la famille catholique. Recourant &#224; une pri&#232;re si v&#233;n&#233;rable et si archa&#239;que, il nous semble, en la formulant, &#234;tre en plus intime relation spirituelle avec l'&#226;me de ces premi&#232;res g&#233;n&#233;rations de martyrs et de h&#233;ros de la foi, qui la r&#233;cit&#232;rent avant nous, et obtinrent de la sorte les gr&#226;ces n&#233;cessaires pour bien correspondre &#224; leur magnifique vocation de rendre t&#233;moignage &#224; la foi par leur propre sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme, dans les messes ordinaires, venaient tout de suite apr&#232;s la litanie le baiser de paix et la pr&#233;sentation des offrandes sur l'autel, ainsi, d'une fa&#231;on analogue, dans la c&#233;r&#233;monie de ce jour, la pri&#232;re devrait &#234;tre suivie de la pr&#233;sentation des saintes offrandes (= Pr&#233;sanctifi&#233;s) et de la communion. Ainsi en &#233;tait-il effectivement &#224; l'origine. Cependant l'ordre primitif de la c&#233;r&#233;monie fut alt&#233;r&#233;, nous l'avons d&#233;j&#224; dit, quand, vers le XIe si&#232;cle, l'on commen&#231;a &#224; reporter &#224; ce moment l'adoration de la sainte Croix, qui, au d&#233;but, nous l'avons vu, &#233;tait un rite tout &#224; fait &#233;tranger &#224; l'action eucharistique. On ne pourrait nier toutefois que cette glorification supr&#234;me de la sainte Croix, au milieu de la fonction de ce jour, ne soit fort &#224; propos, puisque c'est pr&#233;cis&#233;ment aujourd'hui que commen&#231;a le triomphe du R&#233;dempteur, alors que sa Croix fut &#233;lev&#233;e de terre et dress&#233;e sur le sommet du Calvaire. C'est de ce tr&#244;ne de douleur et d'amour que J&#233;sus, les bras ouverts, attire &#224; Lui toute l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adoration de la sainte Croix commen&#231;a &#224; J&#233;rusalem, et vers 385 elle nous est longuement d&#233;crite par &#201;th&#233;rie dans sa Peregrinatio. De l&#224;, ce rite passa probablement &#224; Constantinople et dans les diff&#233;rentes cit&#233;s de l'empire byzantin, partout o&#249; l'on conservait des fragments plus ou moins consid&#233;rables du Bois sacr&#233;. L'adoration fut introduite &#224; Rome vers la fin du VIIe si&#232;cle, par un pape oriental, Serge Ier, qui dut en emprunter le rite aux usages de ses compatriotes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi s'explique en effet qu'en ce jour le Pape, dans la procession qui allait du Latran &#224; la basilique Sessorienne, balan&#231;ait l'encensoir devant le reliquaire de la sainte Croix port&#233; par un diacre, usage qui n'a pas d'exemple dans les liturgies latines, tandis qu'au contraire il est commun dans les liturgies orientales, o&#249; les encensements sont souvent accomplis par l'&#233;v&#234;que en personne. De m&#234;me, le trisagion grec, qu'on chante aujourd'hui durant l'adoration de la Croix, accuse nettement sa provenance du rit byzantin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, la c&#233;r&#233;monie s'est beaucoup d&#233;velopp&#233;e, empruntant des &#233;l&#233;ments aux liturgies franques, au moyen desquelles p&#233;n&#233;tr&#232;rent &#224; leur tour dans le rituel de Rome des usages primitivement propres aux &#201;glises d'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rite que nous allons d&#233;crire a pour objet l'adoration du bois triomphal de la Croix, dont sainte H&#233;l&#232;ne avait fait g&#233;n&#233;reusement don &#224; Rome. N&#233;anmoins, quand la liturgie romaine, sortie des murs de la Ville &#233;ternelle, fut adopt&#233;e par la suite dans l'&#201;glise latine, toutes les &#233;glises ou chapelles ne poss&#233;dant pas semblable relique, on substitua &#224; la vraie Croix l'effigie du Crucifix, sans attacher d'importance &#224; ce que celle-ci f&#251;t de bois, de fer ou d'autre m&#233;tal. Le pr&#234;tre, en d&#233;couvrant ce Crucifix, continua toujours &#224; dire, comme le Pape &#224; Sainte-Croix-en-J&#233;rusalem : Ecce lignum Crucis, adaptation qui para&#238;tra peut-&#234;tre peu heureuse &#224; quelques-uns, quand il s'agit d'un crucifix de m&#233;tal. Le fait est qu'&#224; Rome, la c&#233;r&#233;monie concernait &#224; l'origine la relique de la vraie Croix donn&#233;e par sainte H&#233;l&#232;ne, et ce rite est encore en vigueur actuellement, au moins dans les grandes basiliques patriarcales de la Ville &#233;ternelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tandis que le pr&#234;tre montre par trois fois au peuple la sainte Croix, l'on chante : le pr&#234;tre : &#171; Voici le bois de la Croix, auquel fut suspendu le salut du monde. &#187; Le ch&#339;ur : &#171; Venez, adorons-le. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le clerg&#233; proc&#232;de pieds nus &#224; l'adoration de la sainte Croix, ce qui rappelle l'ancien rite prescrivant en ce jour au Pape et aux cardinaux de prendre part, sans chaussures, &#224; la procession stationnale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant l'adoration on ex&#233;cute le chant fort ancien du trisagion altern&#233; avec les versets des Improperia. On appelle ainsi une s&#233;rie de reproches que Dieu adresse au peuple juif, pour l'ingratitude avec laquelle il a re&#231;u les bienfaits du Seigneur. Le concept en est certainement d'inspiration scripturaire, mais le texte semble emprunt&#233; &#224; l'apocryphe d'Esdras (I, 13-24).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Trisagion, durant l'adoration de la Croix, a une signification tr&#232;s profonde, puisque la mort de J&#233;sus est l'acte parfait d'adoration de l'auguste Trinit&#233;, accompli par le Pontife du Nouveau Testament. En effet, l'infinie saintet&#233; de Dieu, sa toute-puissance, son &#234;tre &#233;ternel, re&#231;urent une supr&#234;me, glorification dans le caract&#232;re expiatoire du sacrifice du Calvaire, dans la divine victime bris&#233;e et an&#233;antie pour les p&#233;ch&#233;s du monde. Les h&#233;r&#233;tiques monophysites tent&#232;rent jadis de d&#233;former la signification trinitaire de ce Trisagion, en y ajoutant l'invocation tendancieuse : &#171; Vous qui avez &#233;t&#233; crucifi&#233; pour nous &#187; ; mais cette interpr&#233;tation fut condamn&#233;e comme h&#233;r&#233;tique, parce que les trois Personnes divines n'ont pas &#233;t&#233; crucifi&#233;es, mais seulement la seconde, dans sa nature humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant les outrages de la Croix, nous ne devons pas oublier la divinit&#233; de la tr&#232;s sainte Victime. Autour du gibet, des myriades d'anges se tiennent et s'&#233;crient : &#171; Saint, Saint, Saint est le Seigneur. &#187; Unissons-nous &#224; leurs adorations, et entonnons l'hymne du triomphe et de la r&#233;surrection bienheureuse : &#171; V/. Nous, Seigneur, nous adorons votre Croix, et nous chantons louanges et gloire &#224; votre sainte r&#233;surrection. Voici, en effet, qu'un arbre a rempli de joie tout l'univers. Ps. 66. Que Dieu ait compassion de nous et nous b&#233;nisse. V/. qu'il fasse briller sur nous son visage et qu'il ait piti&#233; de nous. V/. Nous, Seigneur, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite l'hymne magnifique compos&#233;e par Venance Fortunat en l'honneur de la sainte Croix, quand la reine Radegonde en re&#231;ut, de Constantinople, une parcelle, qu'elle d&#233;posa dans son monast&#232;re de Poitiers, d&#233;di&#233; pour cette raison &#224; la sainte Croix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'adoration de la sainte Croix est termin&#233;e, le diacre la replace sur l'autel ; puis, avec le sous-diacre, il &#233;tend sur la table du sacrifice la nappe pour la sainte Communion. A ce moment, dans l'ancien rit romain, les l&#233;vites portaient au Pape le coffret contenant la sainte Eucharistie consacr&#233;e la veille au Latran ; toutefois, quand, au XIVe si&#232;cle, les fonctions pontificales commenc&#232;rent &#224; se d&#233;rouler, non plus &#224; Rome dans les basiliques stationn&#226;tes, mais dans les &#233;troites limites du palais papal d'Avignon, les Pontifes de cette p&#233;riode pr&#233;f&#233;r&#232;rent aller eux-m&#234;mes chercher la sainte Eucharistie pour la transporter processionnellement de l'autel o&#249; elle &#233;tait gard&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au retour de cette procession on chante cette autre hymne de Venance Fortunat qui n'a pourtant rien &#224; voir avec la procession eucharistique, le Vexilla Regis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les Ordines Romani, quand le divin Sacrement avait &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; sur l'autel, on disait le Pater et on communiait ; plus tard on y ajouta, par plus grand respect, d'autres pri&#232;res, qui donn&#232;rent &#224; ce rite des Sanctifi&#233;s une certaine apparence de messe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#234;tre, en effet, m&#233;lange dans le calice le vin et l'eau et le pose sur le corporal ; puis, encensant les oblations, il dit : &#171; Que cet encens b&#233;nit par vous s'&#233;l&#232;ve, Seigneur, jusqu'&#224; vous, et que votre mis&#233;ricorde descende sur nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'encens symbolise la pri&#232;re et l'adoration que nous rendons &#224; Dieu. C'est pourquoi Jean, dans l'Apocalypse, vit l'ange pr&#232;s de l'autel du temple, &#233;levant en pr&#233;sence de Dieu l'encensoir fumant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'encens, il l'explique lui-m&#234;me, repr&#233;sente les &#339;uvres m&#233;ritoires des saints ; dans le ciel, les anges exercent l'office de m&#233;diateurs entre Dieu et nous. Ils pr&#233;sentent &#224; la majest&#233; divine nos besoins et nos pri&#232;res, et nous rapportent les mis&#233;ricordes du Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En encensant l'autel, le pr&#234;tre dit, conform&#233;ment au rite habituel : &#171; Que ma pri&#232;re monte vers Vous, Seigneur, comme l'encens ; que l'&#233;l&#233;vation de mes bras tienne lieu de sacrifice du soir. Mettez, &#244; Seigneur, un sceau &#224; ma bouche, gardez la porte de mes l&#232;vres ; n'inclinez pas mon c&#339;ur &#224; des actions mauvaises, ni &#224; tramer des complots avec m&#233;chancet&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antique sacrifice vesp&#233;ral de l'encens, dont parle ici le psaume 140, a &#233;t&#233; remplac&#233; dans le Nouveau Testament par celui de la Croix, sur laquelle J&#233;sus &#233;tendit les bras, s'offrant pour nous au P&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, en signe de deuil, on omet l'offrande proprement dite du Sacrifice eucharistique. En compensation, l'on pr&#233;sente au Seigneur le m&#233;rite du sacrifice sanglant du Calvaire, auquel nous nous associons moyennant l'humiliation et la contrition du c&#339;ur. Tourn&#233; vers le peuple, le pr&#234;tre dit : &#171; Priez, &#244; fr&#232;res, pour que ce sacrifice, qui est le mien et le v&#244;tre, soit accept&#233; de Dieu le P&#232;re tout-puissant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On omet enti&#232;rement l'anaphore cons&#233;cratoire, et l'on passe tout de suite &#224; l'oraison dominicale, qui, dans l'antiquit&#233;, &#233;tait par excellence la pri&#232;re de pr&#233;paration imm&#233;diate &#224; la sainte Communion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la liturgie romaine, toutes les anaphores cons&#233;cratoires et l'oraison dominicale sont pr&#233;c&#233;d&#233;es, par respect, d'une br&#232;ve formule (= pr&#233;face) de pr&#233;paration : Pri&#232;re. &#171; Nous souvenant des pr&#233;ceptes salutaires, &#8212; c'est-&#224;-dire de participer &#224; vos Myst&#232;res sacr&#233;s, &#8212; et instruits &#224; l'&#233;cole du saint &#201;vangile, nous osons enfin dire : &#171; Notre P&#232;re, qui &#234;tes aux cieux, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la fractio panis, le c&#233;l&#233;brant &#233;l&#232;ve &#224; la vue du peuple la sainte Hostie, afin que les fid&#232;les contemplent et adorent le divin Sacrement. Puis il rompt les saintes Esp&#232;ces, et en met une parcelle dans le calice, pour sanctifier ainsi le vin et l'eau qui, en ce jour, ne se consacrent pas, puisqu'ils symbolisent seulement le sang et l'eau jaillis du c&#244;t&#233; transperc&#233; de J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les plus anciens Ordines Romani, m&#234;me en ce jour le peuple s'approchait de la sainte Communion. Cette participation aux divins Myst&#232;res aujourd'hui assumait une signification tout &#224; fait sp&#233;ciale, celle qui nous est indiqu&#233;e par saint Paul. Participer &#224; la chair de la victime, c'est se proclamer solidaire de son sacrifice ; ainsi, en communiant, avons-nous part aux m&#233;rites de la mort du Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Messe des Pr&#233;sanctifi&#233;s &#233;tant termin&#233;e, on &#244;te de l'autel la nappe et les chandeliers, comme cela se faisait dans l'antiquit&#233; chaque fois que le divin Sacrifice &#233;tait achev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce jour, au moyen &#226;ge, le Pape, outre l'habituel cursus de l'Office &#8212;qui, encore aujourd'hui, aux trois derniers jours de la Semaine sainte, conserve intact le type primitif de l'Office romain, sans Deus in adiutorium, sans hymnes, sans doxologies responsoriales &#8212; le Pape r&#233;citait priv&#233;ment le psautier tout entier. Cet usage &#233;tait suivi aussi par de nombreux la&#239;ques et subsiste encore dans quelques familles religieuses. Les Ordines Romani prescrivent que, dans le palais pontifical, on ne serve aujourd'hui aucun mets cuit, mais seulement du pain, de l'eau et des herbes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus est mort pour moi. Il m'a tant aim&#233; qu'il a sacrifi&#233; sa vie pour moi. Bien plus, pour que je ne perdisse pas le souvenir de son amour, il a voulu instituer le Sacrifice eucharistique, qui, comm&#233;morant celui du Calvaire m'en applique tous les m&#233;rites. Pour cette raison, l'&#201;glise c&#233;l&#232;bre tous les jours la mort de J&#233;sus, car, &#224; l'&#233;gal d'&#200;ve qui sortit du c&#244;t&#233; d'Adam endormi, elle jaillit aujourd'hui du C&#339;ur adorable de J&#233;sus en croix. Quel profond myst&#232;re cache la liturgie de ce jour ! J&#233;sus meurt et l'&#201;glise na&#238;t. Il expire, d&#233;pouill&#233; et exsangue, pour rev&#234;tir l'&#201;glise du v&#234;tement de l'immortalit&#233; et pour r&#233;pandre en elle la joie d'une jeunesse imp&#233;rissable. Pour correspondre &#224; l'exc&#232;s d'amour de J&#233;sus, &#8212; c'est le mot qu'emploie le saint &#201;vangile, &#8212; nous devons professer une tendre d&#233;votion pour le sacrifice eucharistique et pour l'image du divin Crucifi&#233;, que nous ne devrions jamais regarder sans nous attendrir et sans fondre en larmes de reconnaissance pour un si grand bienfait. Chaque fois que nous pr&#233;sentons au P&#232;re &#233;ternel l'image de la Croix, il s'attendrit, comme cela fut r&#233;v&#233;l&#233; jadis &#224; sainte Gertrude, et il s'&#233;meut d'une grande piti&#233; pour nous p&#233;cheurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous empruntons &#224; la liturgie byzantine l'antienne suivante : Ton C&#339;ur vital, comme la source jaillissant de l'&#201;den, arrose, &#244; Christ, ton &#201;glise, semblable &#224; un jardin spirituel. De l&#224;, comme d'une source principale, il se divise en quatre &#233;vangiles : arrosant le monde, r&#233;jouissant la cr&#233;ature, apprenant fid&#232;lement aux nations &#224; v&#233;n&#233;rer ton r&#232;gne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les matines du Vendredi Saint.&lt;/strong&gt; &#8212; Les matines du Vendredi Saint sont la seconde partie de la trilogie et son point culminant. Nous pouvons les intituler : La mort du Christ sur la Croix. Sans doute, ici non plus, l'action ne suit pas l'ordre historique ; nous pouvons cependant dire qu'elle a son centre dans cette sc&#232;ne : J&#233;sus est suspendu &#224; la Croix. Quand d'autres sc&#232;nes de ce jour se pr&#233;sentent &#224; nous, nous pouvons les interpr&#233;ter comme des images et des souvenirs qui passent devant les regards du Sauveur crucifi&#233;. L'impression des matines est donc profond&#233;ment triste ; on a choisi les psaumes les plus douloureux et les plus m&#233;lancoliques du psautier ; dans les Lamentations, nous trouvons m&#234;me, si l'on peut dire, un accroissement de tristesse. Les r&#233;pons, d'une grande beaut&#233;, sont &#233;galement profond&#233;ment tristes. Ils ne suivent pas l'ordre des &#233;v&#233;nements. Le mieux sera de nous repr&#233;senter le Seigneur sur la Croix et d'&#233;couter, dans les r&#233;pons, l'expression de ses sentiments et de ses souffrances : tant&#244;t c'est un d&#233;laissement sans nom, tant&#244;t une plainte douloureuse ; J&#233;sus pense &#224; quelques sc&#232;nes du jour et du soir pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donnons une br&#232;ve esquisse de ces matines et signalons les plus beaux passages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier nocturne nous voyons commencer imm&#233;diatement le combat des Juifs et des pa&#239;ens contre Dieu et son Christ (Ps. 2) ; puis, la divine Victime nous appara&#238;t sur la Croix : &#171; Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonn&#233; ? &#187; Puis nous chantons le psaume messianique de la Passion (21) : &#171; Ils se sont partag&#233; mes v&#234;tements et ils ont tir&#233; ma robe au sort &#187;. Ce psaume appartient au point culminant des matines. Vient ensuite un psaume de confiance calme qui exprime les sentiments du Seigneur au milieu de son agonie mortelle : &#171; Le Seigneur est ma lumi&#232;re et mon salut, qui craindrai-je ? &#187; Dans les le&#231;ons, nous voyons l'&#233;pouse d&#233;shonor&#233;e : &#171; A qui te comparerai-je, &#224; qui t'assimilerai-je, fille de J&#233;rusalem ?&#8230; Car grande comme la mer est ton affliction &#187;. La liturgie met ensuite devant nos yeux une image du Golgotha :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le voile du temple se d&#233;chira, &lt;br class='manualbr' /&gt;La terre trembla et le larron sur la croix cria : &lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Seigneur, souviens-toi de moi quand tu seras dans ton royaume &#187;. &lt;br class='manualbr' /&gt;Les rochers se fendirent, les tombes s'ouvrirent, &lt;br class='manualbr' /&gt;Et les corps de plusieurs saints qui &#233;taient endormis ressuscit&#232;rent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans la troisi&#232;me le&#231;on, le Christ, l'Homme des douleurs, se pr&#233;sente lui-m&#234;me &#224; nous : &#171; Je suis l'homme qui voit la mis&#232;re sous la verge de son courroux. Il m'a opprim&#233; et m'a conduit dans les t&#233;n&#232;bres et non &#224; la lumi&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au second nocturne, nous chantons le psaume de la flagellation (37) : &#171; Il n'y a rien de sain dans ma chair &#224; cause de ta col&#232;re, il n'y a rien de sauf dans mes os &#224; cause de mes p&#233;ch&#233;s &#187;. Rien n'est &#233;mouvant comme la pri&#232;re du soir du Christ sur la Croix (Ps. 39). Dans les le&#231;ons, nous entendons de nouveau saint Augustin : Il applique le psaume 63 &#224; la Passion du Christ. Le cinqui&#232;me r&#233;pons, qui constitue pr&#233;cis&#233;ment le milieu des matines, d&#233;crit la mort du Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au troisi&#232;me nocturne le psaume 87, d'une si profonde tristesse, nous fait de nouveau atteindre le point culminant du drame : &#171; Mon &#226;me est rassasi&#233;e de maux et ma vie touche au royaume des morts &#187;. Les le&#231;ons apportent une pens&#233;e enti&#232;rement nouvelle : Le Christ est notre grand pr&#234;tre &#233;ternel qui a offert une seule fois, sur l'autel de la Croix, le sacrifice parfait ; il est Pr&#234;tre et Victime &#224; la fois. &#8212; Le dernier r&#233;pons nous montre l'image finale, le Christ au paroxysme de sa douleur.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mes yeux sont voil&#233;s de larmes, &lt;br class='manualbr' /&gt;Car celui qui me consolait s'est &#233;loign&#233; de moi ! &lt;br class='manualbr' /&gt;Peuples, regardez tous et voyez &lt;br class='manualbr' /&gt;S'il est une douleur semblable &#224; ma douleur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les c&#233;r&#233;monies du Vendredi Saint.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;CENTER&gt;STATION &#192; SAINTE-CROIX DE J&#201;RUSALEM&lt;/CENTER&gt;
&lt;p&gt;Par le bois est venue la joie dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le missel romain appelle ce jour : Parasceve = jour des pr&#233;paratifs. Nous l'appelons le Vendredi Saint, le grand vendredi. C'est le grand jour de deuil de la chr&#233;tient&#233;. C'est le seul jour, dans la liturgie romaine, o&#249; l'on ne c&#233;l&#232;bre pas le Saint-Sacrifice, parce que notre divin grand Pr&#234;tre offrit en ce jour sur l'autel de la Croix son sacrifice sanglant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux antiennes directrices du jour nous transportent sur le calvaire : &#171; Ils plac&#232;rent au-dessus de sa t&#234;te une inscription avec le motif de sa condamnation : J&#233;sus de Nazareth, Roi des Juifs &#187; (Ant. Bened). &#171; Quand il eut pris du vinaigre, il dit : Tout est consomm&#233; ; il inclina la t&#234;te et rendit l'esprit &#187; (Ant. Magn.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;strong&gt;Office du matin.&lt;/strong&gt; &#8212; L'&#233;glise de station est l'antique sanctuaire de &#171; Sainte-Croix de J&#233;rusalem) qui repr&#233;sente pour nous le calvaire. C'est dans cette &#233;glise que l'on conserve les reliques de la vraie Croix. Nous entrons dans l'&#233;glise : elle est nue, d&#233;pouill&#233;e de tout ornement ; le tabernacle est ouvert et vide ; une croix voil&#233;e de noir surmonte l'autel &#8212; tout cela est expression de la douleur silencieuse de notre &#226;me. L'office commence. Il n'y a pas d'intro&#239;t, mais un profond silence : les cierges ne sont pas allum&#233;s &#224; l'autel (c'est aujourd'hui, surtout, que l'&#201;glise emploie le langage de ses symboles et de ses signes) ; le pr&#234;tre et ses ministres entrent, v&#234;tus de noir, et se prosternent sur les marches de l'autel. Cette prostration, qui marque l'impuissance, symbolise la d&#233;solation de l'humanit&#233; avant la R&#233;demption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'office qui suit est tr&#232;s ancien et se divise en trois parties. A y regarder de pr&#232;s, il ressemble &#224; une messe. Toute messe est compos&#233;e de l'avant-messe, de l'action du sacrifice, et de la communion ; nous trouvons aujourd'hui une c&#233;l&#233;bration tripartite, semblable &#224; celle de la messe. A la place de la cons&#233;cration, a lieu l'&#201;l&#233;vation et l'adoration de la Croix. La premi&#232;re partie est une avant-messe, c'est m&#234;me un monument v&#233;n&#233;rable de la messe des cat&#233;chum&#232;nes dans l'antique liturgie ; la seconde partie est l'adoration de la Croix, le point culminant de la journ&#233;e ; la troisi&#232;me partie est une communion. La liturgie appelle cet office la messe des pr&#233;sanctifi&#233;s &#8212; car l'hostie a &#233;t&#233; consacr&#233;e la veille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) L'avant-messe. L'office du matin commence par une avant-messe antique, telle qu'on les c&#233;l&#233;brait pendant les quatre premiers si&#232;cles. Il n'y avait pas d'intro&#239;t, les pr&#234;tres se prosternaient silencieusement sur les degr&#233;s de l'autel. Il y avait trois lectures entre lesquelles on chantait, comme chants interm&#233;diaires, des psaumes entiers. Il y avait ensuite une pr&#233;dication suivie de l'office de pri&#232;res : la pri&#232;re pour les besoins g&#233;n&#233;raux des chr&#233;tiens. La premi&#232;re partie de l'office du Vendredi Saint nous a conserv&#233; cette antique pratique. Nous devons prendre part &#224; ces pri&#232;res avec respect, car c'est exactement ainsi qu'on priait dans les catacombes. La premi&#232;re le&#231;on (du Proph&#232;te Os&#233;e) doit nous mettre dans les sentiments de tristesse et de repentir qui conviennent &#224; ce jour. Elle nous fait aussi entendre, d&#233;j&#224;, l'annonce de la f&#234;te de P&#226;ques : &#171; Il nous donnera une vie nouvelle dans deux jours ; le troisi&#232;me jour, il nous ressuscitera &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous chantons ensuite un Trait emprunt&#233; &#224; Habacuc : &#171; Seigneur, j'ai entendu ton message et je crains ; j'ai consid&#233;r&#233; tes &#339;uvres et j'ai trembl&#233;. On te trouvera au milieu de deux cr&#233;atures &#187;. Le Proph&#232;te voit avec horreur l'effroyable spectacle du crucifiement : &#171; le Seigneur &#187; entre deux malfaiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde le&#231;on nous montre le touchant symbole de l'agneau pascal. Ce symbole se r&#233;alise aujourd'hui. Le v&#233;ritable Agneau pascal, le Christ, est immol&#233;. Ce n'est pas par hasard que J&#233;sus a offert son sacrifice au jour m&#234;me de la f&#234;te pascale des Juifs ; &#224; trois heures, juste au moment o&#249; les agneaux pascaux &#233;taient immol&#233;s dans le temple, le Seigneur expirait. Le chant psalmodique qui suit d&#233;crit la trahison de Judas et la Passion de J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, apr&#232;s le symbole, nous allons entendre la r&#233;alit&#233; et l'accomplissement : on chante la Passion. Cette fois, la Passion nous est racont&#233;e par le disciple pr&#233;f&#233;r&#233; de J&#233;sus, l'Ap&#244;tre saint Jean, qui, avec la Sainte Vierge, se tint aupr&#232;s de la Croix et fut t&#233;moin oculaire de ces grands &#233;v&#233;nements. Alors que les autres &#233;vang&#233;listes d&#233;crivent surtout le c&#244;t&#233; humain de la Passion, saint Jean nous montre le Sauveur souffrant comme Dieu, comme Roi. Sa peinture de la Passion a un caract&#232;re de grandeur et de puissance : le Roi sur le tr&#244;ne de la Croix. Cette fois encore &#8212; quand la chose est possible &#8212; la Passion est chant&#233;e alternativement par trois pr&#234;tres ou trois diacres. Que tous les fid&#232;les suivent respectueusement ce chant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois interpr&#232;tes nous ont parl&#233; jusqu'ici : le Proph&#232;te, la Loi, l'&#201;vang&#233;liste. Nous passons, maintenant, aux antiques intercessions pour tous les &#233;tats de l'humanit&#233;. C'est aujourd'hui particuli&#232;rement que conviennent ces pri&#232;res : J&#233;sus, le Roi du royaume de Dieu, a &#233;t&#233; &#171; &#233;lev&#233; &#187; et, d&#233;sormais, &#171; il tire tout &#224; lui &#187;. J&#233;sus, le second Adam, dort du sommeil de la mort, et de son c&#244;t&#233; sort la seconde &#200;ve, l'&#201;glise. Dans les intercessions, nous prions d'abord pour l'&#201;glise, l'&#201;pouse du Christ ; nous prions pour tous les &#233;tats, m&#234;me pour les schismatiques et les h&#233;r&#233;tiques. A chaque fois, le pr&#234;tre et le peuple s'agenouillent &#224; l'appel du diacre : Flectamus genua (fl&#233;chissons les genoux). Nous nous relevons ensuite sur l'invitation du sous-diacre : Levate (Levez-vous). On n'omet la g&#233;nuflexion qu'au moment de la pri&#232;re pour les Juifs &#171; infid&#232;les &#187; parce que, dans ce jour, ils s'agenouill&#232;rent par d&#233;rision devant le Christ. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voici l'ordre de ces pri&#232;res : on prie pour la sainte &#201;glise, pour les Ordres eccl&#233;siastiques et les diverses classes de la&#239;cs chr&#233;tiens, pour les cat&#233;chum&#232;nes, pour les besoins spirituels et temporels du monde entier, pour les schismatiques et les h&#233;r&#233;tiques, pour les Juifs et enfin pour les pa&#239;ens. Ainsi se termine la premi&#232;re partie de l'office du matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) L'adoration de la Croix. Le point culminant du jour est l'adoration de la Croix, signe de notre salut. Cette c&#233;r&#233;monie, elle aussi, est tr&#232;s ancienne et prit son origine &#224; J&#233;rusalem, o&#249; l'on honorait et baisait le bois de la vraie Croix. Le pr&#234;tre d&#233;pose ses ornements, se place du c&#244;t&#233; de l'&#201;p&#238;tre et l'on commence &#224; d&#233;voiler solennellement la croix. Si la Croix a &#233;t&#233; voil&#233;e depuis le dimanche de la Passion, c'est afin que l'&#201;glise puisse la d&#233;voiler solennellement, aujourd'hui, dans une c&#233;r&#233;monie impressionnante. Le diacre d&#233;couvre en trois fois l'image du Crucifi&#233;, et, &#224; chaque fois, le pr&#234;tre entonne sur un ton toujours plus &#233;lev&#233; : &#171; Voici le bois de la Croix, sur laquelle a &#233;t&#233; suspendu le salut du monde &#187;. Le chant est continu&#233; par le ch&#339;ur, et le peuple tombe &#224; genoux en chantant : &#171; Venez, adorons &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On d&#233;pose alors sur les degr&#233;s de l'autel la croix plac&#233;e sur un coussin. Le c&#233;l&#233;brant et les eccl&#233;siastiques quittent leurs chaussures, s'approchent de la croix apr&#232;s trois g&#233;nuflexions, et baisent les pieds du Christ pour honorer le Sauveur et le signe de notre r&#233;demption. Le peuple aussi s'approche et vient baiser la croix. Chr&#233;tiens, adorons l'&#201;poux ensanglant&#233;, et dans notre baiser mettons toute notre &#226;me. Pendant l'adoration de la Croix, le ch&#339;ur chante un chant impressionnant. Ce sont les &#171; Improp&#232;res &#187;, les plaintes et les reproches de J&#233;sus &#224; son peuple infid&#232;le. Dans ses plaintes, &#224; la fois douces et fortes, il rappelle &#224; son peuple les bienfaits qu'il lui a accord&#233;s dans l'Ancien Testament et les ingratitudes qu'il a re&#231;ues en retour. Ces plaintes s'adressent aussi &#224; nous et nous exhortent, en face de la mort du Christ, &#224; une conversion s&#233;rieuse. Nous entendons sans cesse ce leitmotiv : &#171; Mon peuple, que t'ai-je fait, et en quoi t'ai-je contrist&#233; ? r&#233;ponds-moi &#187;. Il est difficile de trouver un chant plus saisissant que celui-l&#224;, une sc&#232;ne plus touchante. Il y a encore un autre chant beaucoup plus ancien qui c&#233;l&#232;bre le Christ-Dieu. On le chante en deux langues, en grec et en latin : &#171; Agios o Theos &#8212; Sanctus Deus &#187; &#8212; Dieu saint, saint et fort, saint et immortel, aie piti&#233; de nous. C'est un magnifique hommage &#224; Dieu, en pr&#233;sence du signe triomphal de la R&#233;demption. A la fin, on chante m&#234;me un cantique de joie &#224; la Croix et &#224; la R&#233;demption. &#171; Ta Croix, Seigneur, nous l'adorons, nous louons et glorifions ta sainte R&#233;surrection ; voici qu'&#224; cause du bois de la Croix, la joie est venue dans le monde entier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) La messe des pr&#233;sanctifi&#233;s. La troisi&#232;me partie de la liturgie du Vendredi Saint est une communion. Le saint sacrifice est omis, aujourd'hui, depuis les temps les plus anciens, mais les premiers chr&#233;tiens ne voulaient pas renoncer &#224; la communion. C'est pourquoi, &#224; la messe d'hier, on consacrait plusieurs pains que l'on conservait pour le lendemain. Cette communion sans sacrifice pr&#233;alable &#8212; qui, d'ailleurs, a souvent lieu chez les Grecs pendant le Car&#234;me &#8212; s'appelle la messe des pr&#233;sanctifi&#233;s. Jadis, comme on vient de le dire, tous les fid&#232;les communiaient ; aujourd'hui, seul, le c&#233;l&#233;brant communie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En procession solennelle, on va chercher, dans la chapelle o&#249; on l'a port&#233; hier, le calice avec l'hostie consacr&#233;e, et on le rapporte &#224; l'autel majeur, en chantant le &#171; Vexilla Regis &#187; que nous connaissons d&#233;j&#224; &#171; La banni&#232;re du Roi s'avance &#187;. On veut marquer aujourd'hui, en chantant cette hymne, que l'on porte le corps immol&#233; du Christ, le m&#234;me qui fut suspendu &#224; la Croix. Le c&#233;l&#233;brant d&#233;pose l'hostie sur le corporal. Le diacre verse du vin et le sous-diacre de l'eau dans le calice. Ce vin, aujourd'hui, ne sera pas consacr&#233; et ne servira qu'aux ablutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, le pr&#234;tre encense l'hostie et l'autel, comme &#224; toutes les messes solennelles. Il se lave les mains en silence. Il r&#233;cite la pri&#232;re de l'offrande personnelle (In spiritu) et l'Orate fratres auquel on ne r&#233;pond pas. C'est une partie de l'Offertoire. On passe tout le Canon, et le pr&#234;tre commence imm&#233;diatement le Pater et r&#233;cite tout haut le Libera. Il &#233;l&#232;ve ensuite l'hostie de la main droite pour la montrer au peuple, il fait la fraction habituelle de t'hostie, r&#233;cite ta derni&#232;re des oraisons pr&#233;paratoires &#224; la communion (car, dans cette derni&#232;re, il n'est question que de la r&#233;ception du corps) et, apr&#232;s les trois &#171; Domine, non sum dignus &#187;, il communie. Il boit ensuite le vin et purifie le calice. Ainsi se termine la c&#233;r&#233;monie de communion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jetons un bref regard d'ensemble sur l'office du Vendredi Saint. Aux matines, nous avons consid&#233;r&#233; le Christ dans son abaissement humain, &#171; comme un ver de terre, le m&#233;pris des hommes &#187;. A la messe des pr&#233;sanctifi&#233;s, il se pr&#233;sente &#224; nous comme R&#233;dempteur et m&#234;me comme Roi sur le tr&#244;ne de la Croix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet aspect se trouve dans les trois parties : dans la premi&#232;re partie, avec la Passion de saint Jean et les intercessions ; dans la seconde partie, avec le d&#233;voilement et l'adoration de la Croix ; dans la troisi&#232;me partie, avec la c&#233;r&#233;monie de communion o&#249; le Christ est l'Agneau immol&#233;, mais glorifi&#233;. Il y a dans ces trois parties une progression : la mort du Seigneur sur la Croix est repr&#233;sent&#233;e dans la premi&#232;re partie par la parole (le Proph&#232;te, la Loi, l'&#201;vangile) ; dans la seconde partie, par l'action et le symbole, dans la troisi&#232;me partie par le sacrement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dom Gu&#233;ranger d&#233;crivait les Laudes selon l'ancien Psautier, avant la R&#233;forme de saint Pie X. Les &#233;ditions ult&#233;rieures de l'Ann&#233;e Liturgique ont donc modifi&#233; les commentaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVI, 63.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVI, 64 ; Marc. XIV, 62.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVI, 65, 66.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXII, 64.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XVIII, 20-32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XVIII, 33-38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVII, 13-14 ; Luc. XXIII, 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVII ; Luc. XXIII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIX, 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIX.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai. LIII, 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVII, 24-25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. III, 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXIII, 27-31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Avant la r&#233;forme de Pie XII, l'Office de la Passion se c&#233;l&#233;brait dans la matin&#233;e du Vendredi Saint.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Os&#233;e, Chap. VI.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Exod. Chap. XII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Hebr. V, 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. I, 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. 1, 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXIII, 34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isai. XI, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIX. 22.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. III, 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XVII, 40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVII, 42-43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XII, 32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXIII, 43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVII, 55.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIX, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVII, 46.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIX, 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIX, 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXIII, 46.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Allusion &#224; l'Office des T&#233;n&#232;bres du Samedi Saint, chant&#233; le vendredi soir.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Marc. XV, 46.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIX, 39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<item xml:lang="fr">
		<title>Commentaires liturgiques du Jeudi Saint</title>
		<link>https://introibo.fr/spip.php?article16</link>
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		<dc:date>2026-03-22T15:07:54Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique A L'OFFICE DE LA NUIT. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Office des Matines et des Laudes des trois derniers jours de la Semaine sainte diff&#232;re en beaucoup de choses de celui des autres jours de l'ann&#233;e. Tout y est triste et sombre, comme &#224; des fun&#233;railles ; et rien n'est plus propre &#224; nous donner une id&#233;e de la tristesse &#224; laquelle l'&#201;glise est en proie, en ces jours de deuil. Elle s'interdit, &#224; tous les Offices du Jeudi, du Vendredi et du Samedi, ces cris de joie et d'esp&#233;rance par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://introibo.fr/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Commentaires liturgiques pour les grandes f&#234;tes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://introibo.fr/local/cache-vignettes/L15xH15/violetblanc-97337.gif?1774192098' class='spip_logo spip_logo_right' width='15' height='15' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgi&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Dom Pius Parsch, le Guide (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A L'OFFICE DE LA NUIT.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Office des Matines et des Laudes des trois derniers jours de la Semaine sainte diff&#232;re en beaucoup de choses de celui des autres jours de l'ann&#233;e. Tout y est triste et sombre, comme &#224; des fun&#233;railles ; et rien n'est plus propre &#224; nous donner une id&#233;e de la tristesse &#224; laquelle l'&#201;glise est en proie, en ces jours de deuil. Elle s'interdit, &#224; tous les Offices du Jeudi, du Vendredi et du Samedi, ces cris de joie et d'esp&#233;rance par lesquels elle commence la louange de Dieu. On n'entend plus retentir : &lt;i&gt;Domine, labia mea aperies&lt;/i&gt; : Seigneur, ouvrez mes l&#232;vres pour votre louange ; ni &lt;i&gt;Deus, in adjutorium meum intende&lt;/i&gt; : O Dieu, venez &#224; mon aide ; ni &lt;i&gt;Gloria Patri&lt;/i&gt;, &#224; la fin des Psaumes, des Cantiques et des R&#233;pons. Les Offices divins ne conservent plus que ce qui leur est essentiel dans la forme, et ils ont perdu toutes ces aspirations vives que les si&#232;cles y avaient ajout&#233;es. Une psalmodie s&#233;v&#232;re, des lectures lamentables, des chants lugubres : voil&#224; ce qui leur reste. Chacune des Heures Canoniales se termine par le Psaume &lt;i&gt;Miserere&lt;/i&gt;, et par une mention de la Mort et de la Croix du R&#233;dempteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On donne vulgairement le nom de T&#233;n&#232;bres &#224; l'Office des Matines et des Laudes des trois derniers jours de la Semaine sainte, parce que cet Office se c&#233;l&#233;brait autrefois la nuit, comme dans les autres jours de l'ann&#233;e. Ce nom lui appartient encore pour une autre raison ; c'est qu'on le commence &#224; la lumi&#232;re du jour, et qu'il ne se termine qu'apr&#232;s le coucher du soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rite imposant et myst&#233;rieux, propre seulement &#224; ces Offices, vient aussi confirmer cette appellation. On place dans le sanctuaire, pr&#232;s de l'autel, un vaste chandelier triangulaire, sur lequel sont dispos&#233;s quinze cierges. Ces cierges, ainsi que les six de l'autel, sont en cire jaune, comme &#224; l'Office des D&#233;funts. A la fin de chaque Psaume ou Cantique, on &#233;teint successivement un des cierges du grand chandelier ; un seul, celui qui est plac&#233; &#224; l'extr&#233;mit&#233; sup&#233;rieure du triangle, reste allum&#233;. Pendant le Cantique Benedictus, &#224; Laudes, les six cierges qui br&#251;laient sur l'autel sont pareillement &#233;teints. Alors le C&#233;r&#233;moniaire prend l'unique cierge qui &#233;tait demeur&#233; allum&#233; sur le chandelier, et il le tient appuy&#233; sur l'autel durant le chant de l'Antienne qui se r&#233;p&#232;te apr&#232;s le Cantique. Puis il part et va cacher ce cierge, sans l'&#233;teindre, derri&#232;re l'autel. Il le maintient ainsi loin de tous les regards pendant la r&#233;citation du Miserere et de l'Oraison de conclusion qui suit ce Psaume. Cette Oraison &#233;tant achev&#233;e, on frappe avec bruit sur les si&#232;ges du ch&#339;ur, jusqu'&#224; ce que le cierge qui avait &#233;t&#233; cach&#233; derri&#232;re l'autel reparaisse et annonce par sa lumi&#232;re toujours conserv&#233;e que l'Office des T&#233;n&#232;bres est termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expliquons maintenant le sens de ces diverses c&#233;r&#233;monies. Nous sommes dans les jours o&#249; la gloire du Fils de Dieu est &#233;clips&#233;e sous les ignominies de sa Passion. Il &#233;tait &#171; la lumi&#232;re du monde &#187;, puissant en &#339;uvres et en paroles, accueilli nagu&#232;re par les acclamations de tout un peuple ; maintenant le voil&#224; d&#233;chu de toutes ses grandeurs, &#171; l'homme de douleurs, un l&#233;preux &#187;, dit Isa&#239;e ; &#171; un ver de terre, et non un homme &#187;, dit le Roi-Proph&#232;te ; &#171; un sujet de scandale pour ses disciples &#187;, dit-il lui-m&#234;me. Chacun s'&#233;loigne de lui : Pierre m&#234;me nie l'avoir connu. Cet abandon, cette d&#233;fection presque g&#233;n&#233;rale sont figur&#233;s par l'extinction successive des cierges sur le chandelier triangulaire, m&#234;me jusque sur l'autel. Cependant la lumi&#232;re m&#233;connue de notre Christ n'est pas &#233;teinte, quoiqu'elle ne lance plus ses feux, et que les ombres se soient &#233;paissies autour d'elle. On pose un moment le cierge myst&#233;rieux sur l'autel. Il est l&#224; comme le R&#233;dempteur sur le Calvaire, o&#249; il souffre et meurt. Pour exprimer la s&#233;pulture de J&#233;sus, on cache le cierge derri&#232;re l'autel ; sa lumi&#232;re ne parait plus. Alors un bruit confus se fait entendre dans le sanctuaire, que l'absence de ce dernier flambeau a plong&#233; dans l'obscurit&#233;. Ce bruit, joint aux t&#233;n&#232;bres, exprime les convulsions de la nature, au moment o&#249; le Sauveur ayant expir&#233; sur la croix, la terre trembla, les rochers se fendirent, les s&#233;pulcres furent ouverts. Mais tout &#224; coup le cierge repara&#238;t sans avoir rien perdu de sa lumi&#232;re ; le bruit cesse, et chacun rend hommage au vainqueur de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces explications g&#233;n&#233;rales, nous allons donner maintenant le texte de la sainte Liturgie, en l'accompagnant de nos gloses, selon que le besoin s'en fera sentir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;AU PREMIER NOCTURNE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier Psaume (68) fut inspir&#233; &#224; David lorsqu'il fuyait devant les poursuites parricides de son fils Absalon. Il se rapporte au Christ, dont il d&#233;crit les douleurs et l'abandon aux jours de sa Passion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fiel pour nourriture et le vinaigre pour breuvage offerts &#224; celui qui se plaint dans ce Psaume montrent suffisamment qu'il est proph&#233;tique, puisque l'on sait que David n'a jamais &#233;prouv&#233; ce traitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me Psaume (69) fut compos&#233; par David dans les m&#234;mes circonstances. Il y implore le secours de Dieu contre ses ennemis qui le cherchent pour le faire mourir. Ce Psaume est une annonce proph&#233;tique du sort r&#233;serv&#233; au Messie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me Psaume (70) se rapporte &#224; la m&#234;me &#233;poque de la vie de David ; mais s'il exprime les p&#233;rils au milieu desquels se trouvait ce saint roi, il est remarquable aussi par les sentiments d'une confiance invincible en Dieu qui lui donnera &#224; la fin la victoire. Dans son sens proph&#233;tique, ce Psaume nous montre l'esp&#233;rance que l'Homme-Dieu conserva dans le secours de son P&#232;re, au fort m&#234;me de ses angoisses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Le&#231;ons du premier Nocturne de chacun de ces trois jours sont emprunt&#233;es aux Lamentations de J&#233;r&#233;mie. Nous y voyons le d&#233;solant spectacle qu'offrit la ville de J&#233;rusalem, lorsque son peuple eut &#233;t&#233; emmen&#233; captif &#224; Babylone, en punition de son idol&#226;trie. La col&#232;re de Dieu est empreinte sur ces ruines que J&#233;r&#233;mie d&#233;plore avec des paroles si vraies et si terribles. Cependant ce d&#233;sastre n'&#233;tait que la figure d'un autre d&#233;sastre plus &#233;pouvantable encore. J&#233;rusalem prise et r&#233;duite en solitude par les Assyriens conserve du moins son nom ; et le Proph&#232;te qui se lamente aujourd'hui sur elle avait annonc&#233; lui-m&#234;me que la d&#233;solation ne durerait pas au del&#224; de soixante-dix ans. Mais, dans sa seconde ruine, la ville infid&#232;le perdit jusqu'&#224; son nom. Reb&#226;tie par ses vainqueurs, elle porta pendant plus de deux si&#232;cles le nom d'Aelia Capitolina ; et si, &#224; la paix de l'&#201;glise, on l'appela de nouveau J&#233;rusalem, ce n'&#233;tait point un hommage rendu &#224; Juda, mais un souvenir au Dieu de l'&#201;vangile que Juda avait crucifi&#233; dans cette ville. Ni la pi&#233;t&#233; de sainte H&#233;l&#232;ne et de Constantin, ni les vaillants efforts des crois&#233;s, n'ont pu rendre d'une mani&#232;re durable &#224; J&#233;rusalem l'ombre m&#234;me d'une ville d'ordre secondaire ; son sort est d'&#234;tre esclave, et esclave des infid&#232;les, jusque vers la fin des temps. Cette affreuse mal&#233;diction, c'est en ces jours qu'elle l'a attir&#233;e sur elle : voil&#224; pourquoi la sainte &#201;glise, pour nous faire comprendre la grandeur du crime commis, fait retentir &#224; nos oreilles les plaintes navrantes du Proph&#232;te qui seul a pu &#233;galer les lamentations aux douleurs. Cette touchante &#233;l&#233;gie se chante sur un mode plein de m&#233;lancolie, qui remonte peut-&#234;tre &#224; l'antiquit&#233; juda&#239;que. Les noms des lettres de l'alphabet h&#233;breu, qui divisent chaque strophe, indiquent la forme acrostiche que ce po&#232;me retient dans l'original. On les chante, parce que les Juifs les chantaient eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;AU DEUXI&#200;ME NOCTURNE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quatri&#232;me Psaume (71), qui c&#233;l&#232;bre avec tant de pompe les grandeurs du fils de David, semble, au premier abord, d&#233;plac&#233; dans cet Office, o&#249; il ne s'agit que de ses humiliations. Nous avons chant&#233; ce beau cantique avec triomphe dans la nuit de la naissance de l'Emmanuel, et nous le retrouvons aujourd'hui m&#234;l&#233; &#224; des chants de deuil. La sainte &#201;glise l'a choisi parce que, au milieu des splendeurs qu'il proph&#233;tise notre lib&#233;rateur, il annonce que ce Fils du Roi &#171; arrachera le pauvre des mains du puissant, le pauvre qui n'avait point d'appui &#187;. Le genre humain est ce pauvre ; le puissant est Satan ; J&#233;sus va nous soustraire &#224; son pouvoir, en souffrant en notre place la peine que nous avions m&#233;rit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cinqui&#232;me Psaume (72) renferme une le&#231;on morale destin&#233;e &#224; r&#233;former les id&#233;es du monde. Souvent il arrive que les hommes se scandalisent en voyant le triomphe des p&#233;cheurs et l'humiliation des justes. Ce fut en ces jours l'&#233;cueil des Ap&#244;tres, qui d&#233;sesp&#233;r&#232;rent de la mission de leur ma&#238;tre, lorsqu'ils le virent aux mains de ses ennemis. Le Psalmiste confesse que cette tentation l'a aussi &#233;branl&#233; ; mais il n'a pas tard&#233; &#224; reconna&#238;tre que si Dieu laisse pour un temps dominer l'iniquit&#233;, il vient au jour marqu&#233;, pour punir les m&#233;chants, et venger le juste qu'ils avaient abreuv&#233; d'amertumes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sixi&#232;me Psaume (73) s'&#233;l&#232;ve contre un peuple ennemi du culte de Dieu. Isra&#235;l le chanta longtemps contre les Gentils ; le peuple chr&#233;tien l'applique &#224; la Synagogue qui, apr&#232;s avoir crucifi&#233; le Messie, employa tous ses efforts pour renverser son &#201;glise, immola les premiers martyrs, et voulut contraindre les Ap&#244;tres &#224; ne plus prononcer le nom de J&#233;sus-Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise lit, au second Nocturne, un passage des Enarrations de saint Augustin sur les Psaumes proph&#233;tiques de la Passion du Sauveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;AU TROISI&#200;ME NOCTURNE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le septi&#232;me Psaume (74) d&#233;nonce les vengeances de Dieu &#224; ceux qui ont allum&#233; sa col&#232;re. On y voit le sort de la Synagogue qui, apr&#232;s avoir contraint le juste par excellence &#224; boire le calice amer de sa Passion, &#233;puisera &#224; son tour, et jusqu'&#224; la lie, celui que la col&#232;re du Seigneur lui tient en r&#233;serve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le huiti&#232;me Psaume (75) fut compos&#233; apr&#232;s les nombreuses victoires de David. Il c&#233;l&#232;bre la paix rendue &#224; Sion, et la vengeance de Dieu &#233;clatant tout a coup contre les m&#233;chants. Ils dormaient, les ennemis du Messie ; mais tout &#224; coup la terre a trembl&#233;, et le Seigneur a paru devant eux comme un juge inexorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le neuvi&#232;me Psaume (76) se rapporte aux tribulations de David, lorsque Absalon, son fils parricide, figure du peuple juif, leva l'&#233;tendard contre lui. Le Roi-Proph&#232;te, ligure du Christ, se laisse aller &#224; la confiance au milieu de ses douleurs ; et le souvenir des &#339;uvres que Dieu a op&#233;r&#233;es en faveur de son peuple rassure son courage, et lui fait esp&#233;rer la d&#233;livrance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Le&#231;ons du troisi&#232;me Nocturne sont emprunt&#233;es &#224;. saint Paul. Apr&#232;s avoir repris les fid&#232;les de Corinthe des abus qui s'&#233;taient introduits dans leurs assembl&#233;es, il raconte l'institution de la sainte Eucharistie, qui a eu lieu aujourd'hui ; et, apr&#232;s avoir expliqu&#233; les dispositions avec lesquelles on doit se pr&#233;senter &#224; la table sainte, il nous montre la grandeur du crime que commet celui qui s'en approche indignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A LAUDES.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dom Gu&#233;ranger d&#233;crivait les Laudes selon l'ancien Psautier, avant la R&#233;forme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier Psaume (50) est celui que David composa apr&#232;s son p&#233;ch&#233;, et dans lequel il &#233;panche d'une mani&#232;re si vive et si humble les sentiments de sa p&#233;nitence. L'&#201;glise l'emploie toutes les fois qu'elle veut implorer la mis&#233;ricorde de Dieu ; et de tous les Cantiques du Roi-Proph&#232;te il n'en est aucun qui soit plus familier aux &#226;mes chr&#233;tiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me Psaume (89) est particulier au jeudi de chaque semaine ; c'est un Cantique du matin. Le Psalmiste y confesse le n&#233;ant de l'homme et la bri&#232;vet&#233; de sa vie, et il demande &#224; Dieu qu'il daigne r&#233;pandre sa b&#233;n&#233;diction sur les &#339;uvres de la journ&#233;e. Le fid&#232;le doit se rappeler que l'Office des Laudes est le service du matin, et qu'on ne l'anticipe, en ces trois jours, que par exception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attribu&#233; comme le pr&#233;c&#233;dent aux Laudes du Jeudi de chaque semaine, le troisi&#232;me Psaume (35) montre l'injuste se levant de sa couche plein des projets mauvais r&#233;solus dans la nuit ; il implore contre lui la protection de Dieu pour les bons et chante la vie, la vraie lumi&#232;re, l'abondance de biens que r&#233;serve &#224; ceux-ci le ciel.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant le psautier de saint Pie X : &#171; Le troisi&#232;me Psaume (62) revient chaque (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sublime Cantique de Mo&#239;se apr&#232;s le passage de la mer Rouge fait partie, chaque semaine, de l'Office du Jeudi &#224; Laudes. Il emprunte un &#224;-propos tout particulier aux approches du grand jour o&#249; nos cat&#233;chum&#232;nes obtiendront la r&#233;g&#233;n&#233;ration. La fontaine baptismale sera pour eux la mer Rouge, dans laquelle seront submerg&#233;es toutes leurs iniquit&#233;s, qui sont figur&#233;es par les &#201;gyptiens. Les Isra&#233;lites s'avanc&#232;rent &#224; travers les flots suspendus pour leur laisser passage, apr&#232;s avoir offert le sacrifice de l'agneau pascal ; nos cat&#233;chum&#232;nes se pr&#233;senteront au bain sacr&#233; dans la confiance que leur inspirera le sacrifice de l'Agneau v&#233;ritable, dont le sang divin a donn&#233; &#224; l'&#233;l&#233;ment de l'eau la vertu de produire la purification des &#226;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que variant au cours de la semaine, le dernier Psaume (146) de l'Office du matin ne cesse point d'avoir pour objet la louange divine, exprim&#233;e d&#232;s la premi&#232;re parole du Psaume ; et c'est ainsi que cet Office continue chaque jour de justifier, jusque dans les mots, son beau nom de Laudes.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant le psautier de saint Pie X : &#171; Le dernier Psaume des Laudes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise chante ensuite le beau Cantique de Zacharie qu'elle r&#233;p&#232;te chaque matin. Il contraste en ces jours par son accent de jubilation avec les tristes ombres qui couvrent notre divin Soleil. Nous sommes au moment o&#249; la r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s s'op&#232;re par les entrailles de la mis&#233;ricorde de notre Dieu ; mais le divin Orient ne se l&#232;ve plus sur nous du haut du ciel ; l'astre de notre salut va s'&#233;teindre dans la mort. Pleurons sur nous, en pleurant sur lui ; mais attendons avec confiance sa r&#233;surrection et la n&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette Antienne, le ch&#339;ur chante sur un mode touchant les paroles suivantes que l'&#201;glise, en ces trois jours, a sans cesse &#224; la bouche : &#171; Le Christ s'est fait ob&#233;issant pour nous jusqu'&#224; la mort. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce chant ayant cess&#233; de retentir, on dit &#224; voix basse Pater noster suivi du Miserere, qui est r&#233;cit&#233; &#224; deux ch&#339;urs, sans chanter. Enfin, celui qui pr&#233;side prononce pour conclusion l'Oraison qui suit : &#171; Daignez, Seigneur, jeter un regard sur votre famille ici pr&#233;sente, pour laquelle notre Seigneur J&#233;sus-Christ a bien voulu &#234;tre livr&#233; aux mains des m&#233;chants, et souffrir le supplice de la Croix ; Lui qui, &#233;tant Dieu, vit et r&#232;gne avec vous dans les si&#232;cles des si&#232;cles. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extinction successive des cierges, la r&#233;serve que l'on fait de l'un d'eux, sa disparition et son retour, le bruit qui se fait entendre &#224; la fin : tous ces rites, qui sont propres &#224; ces trois jours, sont expliqu&#233;s ci-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AU MATIN.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour est le premier des Azymes. Au coucher du soleil, les Juifs doivent manger la P&#226;que dans J&#233;rusalem. J&#233;sus est encore &#224; B&#233;thanie ; mais il rentrera dans la ville avant l'heure du repas pascal : ainsi le demande la Loi ; et jusqu'&#224; ce qu'il l'ait abrog&#233;e par l'effusion de son sang, il veut l'observer. Il envoie donc &#224; J&#233;rusalem deux de ses disciples pour pr&#233;parer le festin l&#233;gal, sans rien leur faire conna&#238;tre de la mani&#232;re merveilleuse dont doit se terminer ce festin. Nous qui connaissons le divin myst&#232;re dont l'institution remonte &#224; cette derni&#232;re C&#232;ne, nous comprenons pourquoi le Sauveur choisit de pr&#233;f&#233;rence, en cette occasion, Pierre et Jean pour remplir ses intentions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXII, 8.&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pierre, qui confessa le premier la divinit&#233; de J&#233;sus, repr&#233;sente la foi ; et Jean, qui se reposa sur la poitrine de l'Homme-Dieu, repr&#233;sente l'amour. Le myst&#232;re qui va &#234;tre d&#233;clar&#233; dans la C&#232;ne mystique de ce soir, se r&#233;v&#232;le &#224; l'amour par la foi ; telle est l'instruction que le Christ nous donne par le choix des deux Ap&#244;tres ; mais ceux-ci ne p&#233;n&#233;traient pas la pens&#233;e de leur Ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus, qui savait toutes choses, leur indique le signe auquel ils reconna&#238;tront la maison &#224; laquelle il veut accorder aujourd'hui l'honneur de sa pr&#233;sence. Ils n'auront qu'&#224; suivre un homme qu'ils rencontreront portant une cruche d'eau. La maison o&#249; se rend cet homme est habit&#233;e par un Juif opulent qui reconna&#238;t la mission c&#233;leste de J&#233;sus. Les deux Ap&#244;tres transmirent &#224; ce personnage les intentions de leur ma&#238;tre ; et aussit&#244;t on mit &#224; leur disposition une salle vaste et orn&#233;e. Il convenait, en effet, que le lieu o&#249; devait s'accomplir le plus auguste des myst&#232;res ne f&#251;t pas un lieu vulgaire. Cette salle, au sein de laquelle la r&#233;alit&#233; allait enfin succ&#233;der &#224; toutes les figures, &#233;tait bien au-dessus du temple de J&#233;rusalem. Dans son enceinte allait s'&#233;lever le premier autel sur lequel serait offerte &#171; l'oblation pure &#187; annonc&#233;e par le Proph&#232;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Malach. I, II.&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L&#224; devait commencer dans peu d'heures le sacerdoce chr&#233;tien ; l&#224; enfin, dans cinquante jours, l'&#201;glise de J&#233;sus-Christ, rassembl&#233;e et visit&#233;e par l'Esprit-Saint, devait se d&#233;clarer au monde, et promulguer la nouvelle et universelle alliance de Dieu avec les hommes. Ce sublime sanctuaire de notre foi n'est pas effac&#233; de la terre ; son emplacement est toujours marqu&#233; sur la montagne de Sion. Les infid&#232;les l'ont profan&#233; par leur culte, car eux-m&#234;mes le regardent comme un lieu sacr&#233; ; mais comme si la divine Providence, qui conserve sur la terre les traces du R&#233;dempteur, voulait nous annoncer des temps plus prosp&#232;res, les portes de ce lieu &#224; jamais b&#233;ni se sont ouvertes, dans notre si&#232;cle, &#224; plusieurs pr&#234;tres de J&#233;sus-Christ ; et, par l'effet d'une tol&#233;rance toute nouvelle, le divin Sacrifice a &#233;t&#233; c&#233;l&#233;br&#233; dans le lieu m&#234;me de son institution. J&#233;sus s'est rendu dans la journ&#233;e &#224; J&#233;rusalem avec ses autres disciples. Il a trouv&#233; toutes choses pr&#233;par&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agneau pascal, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; au temple, en a &#233;t&#233; rapport&#233; ; on l'appr&#234;te pour le repas l&#233;gal ; les pains azymes, avec les laitues am&#232;res, vont &#234;tre servis aux convives. Bient&#244;t, autour d'une m&#234;me table, debout, la ceinture aux reins, le b&#226;ton &#224; la main, le Ma&#238;tre et les disciples accompliront pour la derni&#232;re fois le rite solennel que J&#233;hovah prescrivit a son peuple au moment de la sortie d'&#201;gypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais attendons l'heure de la sainte Messe pour reprendre la suite de ce r&#233;cit, et parcourons en d&#233;tail les nombreuses c&#233;r&#233;monies qui signaleront cette grande journ&#233;e. Nous avons d'abord la r&#233;conciliation des P&#233;nitents, qui de nos jours n'est plus qu'un souvenir ; mais qu'il importe cependant de d&#233;crire, pour donner, sous ce point de vue, un compl&#233;ment n&#233;cessaire &#224; la Liturgie quadrag&#233;simale. Vient ensuite la cons&#233;cration des saintes Huiles, qui n'a lieu que dans les &#233;glises cath&#233;drales, mais qui int&#233;resse tous les fid&#232;les. Apr&#232;s l'exposition abr&#233;g&#233;e de cette fonction, nous avons &#224; traiter de la Messe de ce jour, anniversaire de l'institution du Sacrifice de la loi nouvelle. Il nous faut parler ensuite de la pr&#233;paration de la Messe des Pr&#233;sanctifi&#233;s pour la Fonction de demain, du d&#233;pouillement des Autels, et du Mandatum, ou lavement des pieds. Nous allons donc d&#233;velopper successivement ces divers rites, qui font du Jeudi saint l'un des jours les plus sacr&#233;s de l'Ann&#233;e liturgique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA R&#201;CONCILIATION DES P&#201;NITENTS.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'antiquit&#233;, on c&#233;l&#233;brait aujourd'hui trois messes solennelles, dont la premi&#232;re &#233;tait pr&#233;c&#233;d&#233;e de l'absolution solennelle des P&#233;nitents publics et de leur r&#233;int&#233;gration dans l'&#201;glise. La r&#233;conciliation avait lieu en cette mani&#232;re. Ils se pr&#233;sentaient aux portes de l'&#233;glise, en habits n&#233;glig&#233;s, nu-pieds, et ayant laiss&#233; cro&#238;tre leurs cheveux et leur barbe depuis le Mercredi des Cendres, jour o&#249; ils avaient re&#231;u l'imposition de la p&#233;nitence. L'&#201;v&#234;que r&#233;citait dans le sanctuaire les sept Psaumes dans lesquels David &#233;panche son regret d'avoir offens&#233; la majest&#233; divine ; on ajoutait ensuite les Litanies des Saints.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant ces pri&#232;res, les p&#233;nitents se tenaient prostern&#233;s sous le portique, sans oser franchir le seuil de l'&#233;glise. Trois fois dans le cours des Litanies, l'&#201;v&#234;que leur d&#233;putait plusieurs clercs qui venaient leur apporter en son nom des paroles d'esp&#233;rance et de consolation. La premi&#232;re fois, deux Sous-Diacres venaient leur dire : &#171; Je vis, dit le Seigneur ; je ne veux pas la mort du p&#233;cheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive. &#187; La seconde fois, deux autres Sous-Diacres leur portaient cet avertissement : &#171; Le Seigneur dit : Faites p&#233;nitence ; car le royaume des cieux approche. &#187; Enfin, un troisi&#232;me message leur &#233;tait port&#233; par le Diacre, qui leur disait : &#171; Levez vos t&#234;tes ; votre r&#233;demption est proche. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces avertissements qui annon&#231;aient les approches du pardon, l'&#201;v&#234;que sortait du sanctuaire, et descendait vers les p&#233;nitents jusqu'au milieu de la grande nef ; en cet endroit, on lui avait pr&#233;par&#233; un si&#232;ge tourn&#233; vers le seuil de la porte de l'&#233;glise, o&#249; les p&#233;nitents demeuraient toujours prostern&#233;s. Le Pontife &#233;tant assis, l'Archidiacre lui adressait ce discours :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Pontife v&#233;n&#233;rable, voici le temps favorable, les jours o&#249; Dieu s'apaise, o&#249; l'homme est sauv&#233;, o&#249; la mort est d&#233;truite, o&#249; la vie &#233;ternelle commence. C'est le temps o&#249;, dans la vigne du Seigneur des arm&#233;es, on fait de nouveaux plants pour remplacer ceux qui &#233;taient mauvais. Sans doute il n'est aucun jour sur lequel ne se r&#233;pandent les largesses de la bont&#233; et de la mis&#233;ricorde de Dieu ; n&#233;anmoins le temps o&#249; nous sommes est marque plus sp&#233;cialement par l'abondante r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s, et par la f&#233;condit&#233; del&#224; gr&#226;ce en ceux qui re&#231;oivent une nouvelle naissance. Notre nombre s'accro&#238;t, et par ces nouveau-n&#233;s, et par le retour de ceux qui s'&#233;taient &#233;loign&#233;s de nous. S'il y a le bain d'eau purifiante, il y a aussi le bain des larmes. De la double joie pour l'&#201;glise : l'enr&#244;lement de ceux qui sont appel&#233;s, l'absolution de ceux qu'a ramen&#233;s le repentir. Voici donc vos serviteurs qui, ayant oubli&#233; les commandements c&#233;lestes et transgress&#233; la loi des saintes m&#339;urs, &#233;taient tomb&#233;s dans divers crimes ; les voici maintenant humili&#233;s et prostern&#233;s. Ils crient au Seigneur avec le Proph&#232;te : &#171; Nous avons p&#233;ch&#233;, nous avons commis l'iniquit&#233; ; ayez piti&#233; de nous, Seigneur ! &#187; Ils ont compt&#233; avec une enti&#232;re confiance sur cette parole de l'&#201;vangile : &#171; Heureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consol&#233;s. &#187; Ils ont, comme il est &#233;crit, mang&#233; le pain de la douleur ; leur couche a &#233;t&#233; arros&#233;e de leurs larmes ; ils ont afflig&#233; leur c&#339;ur par la douleur et leur corps par le je&#251;ne, afin de recouvrer la sant&#233; de l'&#226;me qu'ils avaient perdue. La p&#233;nitence est une ; mais elle est &#224; la disposition de tous ceux qui veulent y recourir.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;v&#234;que se levait alors et se rendait aupr&#232;s des p&#233;nitents. Il leur adressait une exhortation sur la mis&#233;ricorde divine, et leur enseignait la mani&#232;re dont ils devaient vivre d&#233;sormais ; puis il leur disait : &#171; Venez, mes enfants, venez ; &#233;coutez-moi : je vous enseignerai la crainte du Seigneur. &#187; Le Ch&#339;ur chantait ensuite cette Antienne tir&#233;e du Psaume XXXIIIe : &#171; Approchez du Seigneur, et soyez illumin&#233;s ; et vos visages ne seront plus dans la confusion. &#187; Alors les p&#233;nitents, se levant de terre, venaient se jeter aux pieds de l'&#201;v&#234;que ; et l'Archipr&#234;tre, prenant la parole, lui disait :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;R&#233;tablissez en eux. Pontife apostolique, tout ce que les suggestions du diable avaient d&#233;truit ; par l'entremise de vos pri&#232;res, par la gr&#226;ce de la divine r&#233;conciliation, faites que ces hommes soient rapproch&#233;s de Dieu. Jusqu'&#224; cette heure, le mal leur &#233;tait &#224; charge ; maintenant qu'ils triomphent de l'auteur de leur mort, ils jouiront du bonheur de plaire au Seigneur dans la terre des vivants.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;v&#234;que r&#233;pondait : &#171; Mais savez-vous s'ils sont dignes d'&#234;tre r&#233;concili&#233;s ? &#187; Et l'Archipr&#234;tre ayant dit : &#171; Je sais et j'atteste qu'ils en sont dignes &#187;, un Diacre leur ordonnait de se lever. Alors l'&#201;v&#234;que prenait l'un d'entre eux par la main ; celui-ci donnait son autre main au suivant, et successivement tous les autres p&#233;nitents se tenant de la m&#234;me mani&#232;re, on arrivait au si&#232;ge dress&#233; pour l'&#201;v&#234;que au milieu de la nef. On chantait pendant ce temps-l&#224; cette Antienne : &#171; Je vous le dis, il y a de la joie parmi les Anges de Dieu, m&#234;me pour un seul p&#233;cheur qui fait p&#233;nitence &#187; ; et cette autre : &#171; Il vous faut vous r&#233;jouir, mon fils ; car votre fr&#232;re qui &#233;tait mort est ressuscit&#233; ; il &#233;tait perdu, et il est retrouv&#233;. &#187; L'&#201;v&#234;que ensuite, prenant la parole sur le ton solennel de la Pr&#233;face, s'adressait ainsi &#224; Dieu :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il est juste de vous rendre gr&#226;ces, Seigneur saint. P&#232;re tout-puissant, Dieu &#233;ternel, par J&#233;sus-Christ notre Seigneur, &#224; qui vous avez donn&#233; dans le temps une naissance ineffable, afin qu'il vint acquitter la dette d'Adam envers vous, d&#233;truire notre mort par la sienne, recevoir sur son corps nos blessures, effacer nos taches par son sang ; en sorte que nous qui &#233;tions tomb&#233;s par la jalousie de l'antique ennemi, nous revinssions a la vie par la mis&#233;ricorde de ce Sauveur. C'est par lui. Seigneur, que nous vous supplions de nous exaucer au sujet des p&#233;ch&#233;s d'autrui, nous qui sommes hors d'&#233;tat de vous implorer suffisamment pour les n&#244;tres. Rappelez donc. Seigneur tr&#232;s cl&#233;ment, ces hommes que leurs p&#233;ch&#233;s avaient s&#233;par&#233;s de vous. Vous n'avez pas repouss&#233; l'humiliation d'Achab ; mais vous avez suspendu, &#224; cause de son amende honorable, la vengeance que m&#233;ritaient ses crimes. Vous avez exauc&#233; les larmes de Pierre, et vous lui avez ensuite confi&#233; les clefs du royaume des cieux. Daignez donc. Seigneur mis&#233;ricordieux, accueillir ceux-ci qui sont l'objet de nos pri&#232;res ; restituez-les au giron de votre &#201;glise, afin que l'ennemi ne triomphe plus &#224; leur sujet ; mais que votre Fils, qui vous est semblable, les purifie de tous leurs p&#233;ch&#233;s ; qu'il daigne les admettre au festin de cette tr&#232;s sainte C&#232;ne ; qu'il les nourrisse de sa chair et de son sang, et qu'apr&#232;s le cours de cette vie il les conduise au royaume c&#233;leste.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette Pri&#232;re, toute l'assistance, clercs et la&#239;ques, se prosternait avec les p&#233;nitents devant la majest&#233; divine ; et l'on r&#233;citait les trois Psaumes qui commencent par le mot Miserere. L'&#201;v&#234;que se levait ensuite et pronon&#231;ait sur les p&#233;nitents, toujours prostern&#233;s, ainsi que l'assistance tout enti&#232;re, six Oraisons solennelles dont nous donnerons ici les principaux traits :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#201;coutez nos supplications, Seigneur, et quoique j'aie besoin plus que tous de votre mis&#233;ricorde, daignez m'exaucer. Vous m'avez &#233;tabli, non &#224; cause de mes m&#233;rites, mais par le don de votre gr&#226;ce, votre ministre dans cette &#339;uvre de r&#233;conciliation ; donnez-moi la confiance n&#233;cessaire pour l'accomplir, et op&#233;rez vous-m&#234;me dans mon minist&#232;re qui est celui de votre bont&#233;. C'est vous qui avez rapport&#233; au bercail, sur vos &#233;paules, la brebis &#233;gar&#233;e ; vous qui avez exauc&#233; la pri&#232;re du publicain. Rendez donc la vie &#224; ces hommes, vos serviteurs, dont vous ne voulez pas la mort. Vous, dont la bont&#233; nous poursuit quand nous errons loin de vous, reprenez &#224; votre service ceux-ci qui sont corrig&#233;s. Laissez-vous toucher de leurs soupirs et de leurs larmes ; gu&#233;rissez leurs blessures, tendez-leur une main salutaire. Ne permettez pas que votre &#201;glise &#233;prouve une perte dans la moindre partie de ses membres, que votre troupeau souffre un d&#233;triment, que l'ennemi triomphe d'un d&#233;sastre dans votre famille, que la seconde mort d&#233;vore ceux qui avaient pris une nouvelle naissance dans le bain sacr&#233;. Pardonnez, Seigneur, &#224; ces hommes qui confessent leur iniquit&#233; ; qu'ils &#233;chappent aux peines que d&#233;cr&#232;te la sentence du jugement &#224; venir ; qu'ils ignorent l'horreur des t&#233;n&#232;bres, et le p&#233;tillement de la flamme. Ramen&#233;s du sentier de l'erreur et rentr&#233;s dans la voie de la justice, qu'ils ne re&#231;oivent plus d&#233;sormais de blessures ; mais que l'int&#233;grit&#233; d'&#226;me qu'ils avaient d'abord re&#231;ue de votre gr&#226;ce, et que votre mis&#233;ricorde va r&#233;parer, demeure en eux &#224; jamais. Ils ont mac&#233;r&#233; leurs corps sous les livr&#233;es de la p&#233;nitence ; rendez-leur maintenant la robe nuptiale, et permettez-leur de s'asseoir de nouveau au festin royal dont ils &#233;taient exclus.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;A la suite de ces Oraisons, l'&#201;v&#234;que, &#233;tendant la main sur les p&#233;nitents, les r&#233;int&#233;grait par cette formule imposante :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Que le Seigneur J&#233;sus-Christ, qui a daign&#233; effacer tous les p&#233;ch&#233;s du monde en se livrant pour nous, et en r&#233;pandant son sang tr&#232;s pur ; qui a dit &#224; ses disciples : &#171; Tout ce que vous lierez sur la terre sera li&#233; dans le ciel, et tout ce que vous d&#233;lierez sur la terre sera d&#233;li&#233; dans le ciel &#187; ; qui a bien voulu m'admettre, quoique indigne, parmi les d&#233;positaires de ce pouvoir : qu'il daigne, par l'intercession de Marie, M&#232;re de Dieu, du bienheureux Archange Michel, de l'Ap&#244;tre saint Pierre &#224; qui a &#233;t&#233; donne le pouvoir de lier et de d&#233;lier, de tous les Saints, et par mon minist&#232;re, vous absoudre, par les m&#233;rites de son sang r&#233;pandu pour la r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s, de tout ce que vous avez commis en pens&#233;es, en paroles et en &#339;uvres ; et qu'ayant d&#233;li&#233; les liens de vos p&#233;ch&#233;s, il vous conduise &#224; la vie &#233;ternelle ; lui qui vit et qui r&#232;gne avec le P&#232;re et le Saint-Esprit, dans les si&#232;cles des si&#232;cles. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;v&#234;que s'approchait ensuite des p&#233;nitents toujours prostern&#233;s ; il r&#233;pandait l'eau sainte, et faisait fumer l'encens sur eux. Enfin il leur adressait pour adieu ces paroles de l'Ap&#244;tre : &#171; Levez-vous, vous qui dormez ; levez-vous d'entre les morts ; et le Christ sera votre lumi&#232;re &#187;. Les p&#233;nitents se levaient alors, et en signe de la joie qu'ils &#233;prouvaient d'&#234;tre r&#233;concili&#233;s avec Dieu, ils allaient promptement d&#233;poser leur ext&#233;rieur n&#233;glig&#233;, et se rev&#234;tir d'habits convenables pour s'asseoir &#224; la table du Seigneur, avec les autres fid&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un vestige de cette imposante c&#233;r&#233;monie s'est conserv&#233; dans plusieurs &#201;glises de France, o&#249; l'on r&#233;cite sur les fid&#232;les, le Jeudi saint, des pri&#232;res expiatoires que l'on appelle l'Absoute. A Rome, l'antique absolution des p&#233;nitents, en ce jour, a donn&#233; origine &#224; la magnifique c&#233;r&#233;monie connue sous le nom de B&#233;n&#233;diction papale. Apr&#232;s la Messe du Jeudi saint, le Souverain Pontife, en pluvial et la tiare en t&#234;te, virait &#224; la loggia qui s'ouvre au-dessus de la porte principale de la Basilique Vaticane. Un peuple immense couvre la vaste place Saint-Pierre ; d'innombrables fid&#232;les, venus de toutes les r&#233;gions du monde, attendent le moment o&#249; les mains du Vicaire de J&#233;sus-Christ vont faire descendre sur eux la r&#233;mission des peines dues &#224; leurs p&#233;ch&#233;s. Cependant, aux pieds du Pontife assis sur son tr&#244;ne, un des Pr&#233;lats r&#233;cite la formule g&#233;n&#233;rale de la Confession des p&#233;ch&#233;s, au nom de l'immense famille que la foi a rassembl&#233;e sous les yeux du P&#232;re commun de la chr&#233;tient&#233;. Apr&#232;s un moment de silence, le Pontife implore la mis&#233;ricorde divine pour les p&#233;cheurs qui ont purifi&#233; leurs consciences dans le tribunal de la r&#233;conciliation ; il invoque sur eux le secours des saints Ap&#244;tres Pierre et Paul ; puis, se levant, il &#233;tend ses bras vers le ciel comme pour y puiser les tr&#233;sors de l'&#233;ternelle indulgence, et les abaissant ensuite, il b&#233;nit ce peuple compos&#233; en ce moment de tous les peuples de la terre. Cette b&#233;n&#233;diction, qui porte avec elle la gr&#226;ce de l'indulgence pl&#233;ni&#232;re, pour tous ceux qui ont rempli les conditions requises, et que l'on appelle si improprement B&#233;n&#233;diction Urbi et orbi, puisqu'elle ne s'adresse qu'aux fid&#232;les pr&#233;sents, fut d'abord particuli&#232;re au Jeudi saint ; elle s'est &#233;tendue ensuite au jour de P&#226;ques ; enfin, le Pontife Romain la donne encore le jour de l'Ascension, &#224; Saint-Jean-de-Latran, et le jour de l'Assomption, &#224; Sainte-Marie-Majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA B&#201;N&#201;DICTION DES SAINTES HUILES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde Messe que l'on c&#233;l&#233;brait le Jeudi saint, dans l'antiquit&#233;, &#233;tait accompagn&#233;e de la cons&#233;cration des Huiles saintes, rite annuel et qui requiert toujours le minist&#232;re de l'&#201;v&#234;que comme cons&#233;crateur. Depuis un grand nombre de si&#232;cles, cette importante c&#233;r&#233;monie s'accomplit &#224; l'unique Messe qui se c&#233;l&#232;bre aujourd'hui en comm&#233;moration de la C&#232;ne du Seigneur. Cette b&#233;n&#233;diction n'ayant lieu que dans les &#233;glises cath&#233;drales, nous n'en donnerons point ici tous les d&#233;tails ; nous ne voulons pas cependant priver nos lecteurs chr&#233;tiens de l'instruction qui peut leur &#234;tre utile sur le myst&#232;re des Huiles saintes. La foi nous enseigne que si nous sommes r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s dans l'eau, nous sommes confirm&#233;s et fortifi&#233;s par l'huile consacr&#233;e : enfin l'huile est un des principaux &#233;l&#233;ments que le divin auteur des Sacrements a choisis pour signifier &#224; la fois et op&#233;rer la gr&#226;ce dans nos &#226;mes. L'&#201;glise a fix&#233; de bonne heure ce jour, en chaque ann&#233;e, pour renouveler cette liqueur mystique dont la vertu est si grande, sous ses diff&#233;rentes formes, parce que le moment approche o&#249; elle en doit faire un abondant usage sur les n&#233;ophytes qu'elle enfantera dans la nuit pascale. Mais il importe aux fid&#232;les de conna&#238;tre en d&#233;tail la doctrine sacr&#233;e sur un si haut sujet ; et nous l'expliquerons ici, quoique bri&#232;vement, afin d'exciter leur reconnaissance envers le divin R&#233;dempteur, qui a appel&#233; les cr&#233;atures visibles &#224; servir dans les &#339;uvres de sa gr&#226;ce, et leur a donn&#233; par son sang la vertu sacramentelle qui d&#233;sormais r&#233;side en elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re des Huiles saintes qui re&#231;oit la b&#233;n&#233;diction de l'&#201;v&#234;que, est celle qui est appel&#233;e l'Huile des Malades, et qui est la mati&#232;re du sacrement de l'Extr&#234;me-Onction. C'est elle qui efface dans le chr&#233;tien mourant les restes du p&#233;ch&#233;, qui le fortifie dans le dernier combat, et qui, par la vertu surnaturelle qu'elle poss&#232;de, lui rend m&#234;me quelquefois la sant&#233; du corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'antiquit&#233;, la b&#233;n&#233;diction de cette Huile n'&#233;tait pas plus affect&#233;e au Jeudi saint qu'&#224; tout autre jour, parce que son usage est, pour ainsi dire, continuel. Plus tard, on a plac&#233; cette b&#233;n&#233;diction au jour o&#249; sont consacr&#233;es les deux autres Huiles, &#224; cause de la similitude de l'&#233;l&#233;ment qui leur est commun. Les fid&#232;les doivent assister avec recueillement &#224; la sanctification de cette liqueur qui coulera un jour sur leurs membres d&#233;faillants, et parcourra leurs sens pour les purifier. Qu'ils pensent &#224; leur derni&#232;re heure, et qu'ils b&#233;nissent l'in&#233;puisable bont&#233; du Sauveur, &#171; dont le sang coule si abondamment avec cette pr&#233;cieuse liqueur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bossuet, Oraison fun&#232;bre d'Henriette d'Angleterre.&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus noble des Huiles saintes est le Chr&#234;me ; c'est aussi celle dont la cons&#233;cration s'op&#232;re avec plus de pompe et avec des circonstances plus myst&#233;rieuses. C'est par le Chr&#234;me que l'Esprit-Saint imprime son sceau ineffa&#231;able sur le chr&#233;tien d&#233;j&#224; membre de J&#233;sus-Christ par le Bapt&#234;me. L'Eau nous donne la naissance ; l'Huile du Chr&#234;me nous conf&#232;re la force, et tant que nous n'en avons pas re&#231;u l'onction, nous ne poss&#233;dons pas encore la perfection du caract&#232;re de chr&#233;tien. Oint de cette huile sacr&#233;e, le fid&#232;le devient visiblement un membre de l'Homme-Dieu, dont le nom de Christ signifie l'onction qu'il a re&#231;ue comme Roi et comme Pontife. Cette cons&#233;cration du chr&#233;tien par le Chr&#234;me est tellement dans l'esprit de nos myst&#232;res, qu'au sortir de la fontaine baptismale, avant m&#234;me d'&#234;tre admis &#224; la Confirmation, le n&#233;ophyte re&#231;oit sur la t&#232;te une premi&#232;re onction, quoique non sacramentelle, de cette Huile royale, pour montrer qu'il participe d&#233;j&#224; &#224; la royaut&#233; de J&#233;sus-Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'exprimer par un signe sensible la haute dignit&#233; du Chr&#234;me, la tradition apostolique veut que l'&#201;v&#234;que y m&#234;le du baume, qui repr&#233;sente ce que l'Ap&#244;tre appelle &#171; la bonne odeur du Christ&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;II Cor. II, 15.&#034; id=&#034;nh7-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, dont il est &#233;crit aussi &#171; que nous courrons &#224; l'odeur de ses parfums&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cant, I, 3.&#034; id=&#034;nh7-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. La raret&#233; et le haut prix des parfums dans l'Occident a oblig&#233; l'&#201;glise Latine d'employer le baume seul dans la confection du saint Chr&#234;me ; l'&#201;glise Orientale, plus favoris&#233;e par le climat et les produits des r&#233;gions qu'elle habite, y fait entrer jusqu'&#224; trente-trois sortes de parfums qui, condens&#233;s avec l'Huile sainte, en forment une sorte d'onguent d'une odeur d&#233;licieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le saint Chr&#234;me, outre son usage sacramentel dans la Confirmation, et l'emploi que l'&#201;glise en fait sur les nouveaux baptis&#233;s, est encore employ&#233; par elle dans le sacre des &#201;v&#234;ques, pour l'onction de la t&#234;te et des mains ; dans la cons&#233;cration des calices et des autels, dans la b&#233;n&#233;diction des cloches ; enfin dans la d&#233;dicace des &#201;glises, o&#249; l'&#201;v&#234;que en marque les douze croix qui doivent attester aux &#226;ges futurs la gloire de la maison de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me des Huiles saintes est celle qui est appel&#233;e l'Huile des Cat&#233;chum&#232;nes. Sans &#234;tre la mati&#232;re d'aucun sacrement, elle n'en est pas moins d'institution apostolique. La b&#233;n&#233;diction que l'&#201;glise en fait aujourd'hui, quoique moins pompeuse que celle du Chr&#234;me, est cependant plus solennelle que celle de l'Huile des malades. L'Huile des Cat&#233;chum&#232;nes sert dans les c&#233;r&#233;monies du Bapt&#234;me, pour les onctions que l'on fait au cat&#233;chum&#232;ne sur la poitrine et entre les &#233;paules, avant l'immersion ou l'infusion de l'eau. On l'emploie aussi &#224; l'ordination des Pr&#234;tres, pour l'onction des mains, et au sacre des Rois et des Reines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telles sont les notions que le fid&#232;le doit poss&#233;der, pour avoir une id&#233;e de la solennelle fonction que remplit l'&#201;v&#234;que &#224; la Messe d'aujourd'hui, o&#249;, comme le chante saint Fortunat dans la belle Hymne que nous donnerons tout &#224; l'heure, il acquitte sa dette en op&#233;rant cette triple b&#233;n&#233;diction qui ne peut venir que de lui seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise d&#233;ploie en cette circonstance un appareil inaccoutum&#233;. Douze Pr&#234;tres en chasuble, sept Diacres et sept Sous-Diacres, tous rev&#234;tus des habits de leurs ordres, assistent &#224; la fonction. Le Pontifical romain nous apprend que les douze Pr&#234;tres sont l&#224; pour &#234;tre les t&#233;moins et les coop&#233;rateurs du saint Chr&#234;me. La Messe commence et se continue avec les rites propres &#224; ce jour ; mais, avant de faire entendre l'Oraison Dominicale, l'&#201;v&#234;que laisse inachev&#233;e la pri&#232;re du Canon qui la pr&#233;c&#232;de, et descend de l'autel. Il se rend au si&#232;ge qui lui a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;, pr&#232;s de la table sur laquelle on apporte l'ampoule remplie de l'huile qu'il doit b&#233;nir pour le service des mourants. Il pr&#233;lude &#224; cette b&#233;n&#233;diction en pronon&#231;ant les paroles de l'exorcisme sur cette huile, afin d'&#233;loigner d'elle toute influence des esprits de malice, qui, dans leur haine pour l'homme, cherchent sans cesse &#224; infecter les &#233;l&#233;ments de la nature ; puis il la b&#233;nit par ces paroles :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Envoyez, Seigneur, du haut des cieux, votre Esprit-Saint Paraclet sur cette huile que vous avez daign&#233; produire d'un arbre f&#233;cond, et qu'elle devienne propre &#224; soulager l'&#226;me et le corps. Que votre b&#233;n&#233;diction en fasse un m&#233;dicament c&#233;leste qui nous prot&#232;ge, qui chasse nos douleurs, nos infirmit&#233;s, nos maladies de L'&#226;me et du corps ; car vous vous &#234;tes servi de l'huile pour consacrer vos Pr&#234;tres, vos Rois, vos Proph&#232;tes et vos Martyrs. Que celle-ci devienne une onction parfaite que vous aurez b&#233;nie pour nous, Seigneur, et dont les effets nous p&#233;n&#233;treront tout entiers. Au nom de notre Seigneur J&#233;sus-Christ.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette b&#233;n&#233;diction, l'un des sept Sous-Diacres qui avait apport&#233; l'ampoule la remporte avec respect ; et le Pontife retourne &#224; l'autel pour achever le Sacrifice. Lorsqu'il a distribu&#233; la sainte communion au clerg&#233;, il revient au si&#232;ge pr&#233;pare pr&#232;s de la table. Alors les douze Pr&#234;tres, les sept Diacres et les sept Sous-Diacres se rendent au lieu o&#249; sont d&#233;pos&#233;es les deux autres ampoules. L'une contient l'huile qui doit devenir le Chr&#234;me du salut, et l'autre la liqueur qui doit &#234;tre sanctifi&#233;e comme Huile des Cat&#233;chum&#232;nes. Bient&#244;t le cort&#232;ge sacr&#233; repara&#238;t, et s'avance solennellement vers le Pontife. Les deux ampoules sont port&#233;es chacune par un des Diacres ; un Sous-Diacre tient le vase qui renferme le baume. L'&#201;v&#234;que b&#233;nit d'abord le baume, qu'il appelle dans sa pri&#232;re &#171; une larme odorante sortie de l'&#233;corce d'une heureuse branche, pour devenir le parfum sacerdotal &#187;. Puis il pr&#233;lude &#224; la b&#233;n&#233;diction de l'Huile du Chr&#234;me en soufflant sur elle trois fois en forme de croix. Les douze Pr&#234;tres viennent tour &#224; tour faire cette m&#234;me insufflation, dont nous voyons le premier exemple dans l'&#201;vangile. Elle signifie la vertu du Saint-Esprit, qui est figur&#233; par le souffle, &#224; cause de son nom, Spiritus, et qui va bient&#244;t faire de cette huile un instrument de son divin pouvoir. Mais auparavant l'&#201;v&#234;que prononce sur elle l'exorcisme ; et, apr&#232;s avoir ainsi pr&#233;par&#233; cette substance &#224; recevoir l'action de la gr&#226;ce d'en haut, il c&#233;l&#232;bre la dignit&#233; du Chr&#234;me par cette magnifique Pr&#233;face qui remonte aux premiers si&#232;cles de notre foi :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il est juste et raisonnable que nous vous rendions gr&#226;ces partout et toujours, Dieu tout-puissant, par J&#233;sus-Christ notre Seigneur ; &#224; vous qui, au commencement de toutes choses, entre autres dons de votre bont&#233;, avez fait produire &#224; la terre les arbres, et parmi eux l'olivier qui nous donne cette onctueuse liqueur qui devait servir au Chr&#234;me sacr&#233;. David, dans un esprit proph&#233;tique, pr&#233;voyant l'institution des Sacrements de votre gr&#226;ce, chanta dans ses vers l'huile qui doit rendre la joie &#224; notre visage ; et lorsque les crimes du monde eurent &#233;t&#233; expi&#233;s par le d&#233;luge, la colombe vint annoncer la paix rendue &#224; la terre par le rameau d'olivier qu'elle portait, symbole des faveurs que nous r&#233;servait l'avenir. Cette figure se r&#233;alise aujourd'hui, dans ces derniers temps, lorsque, les eaux du bapt&#234;me avant effac&#233; tous nos p&#233;ch&#233;s, l'onction de l'huile vient donner &#224; nos visages beaut&#233; et s&#233;r&#233;nit&#233;. C'est aussi en pr&#233;sage de cette gr&#226;ce que vous ordonn&#226;tes &#224; Mo&#239;se votre serviteur, apr&#232;s qu'il aurait purifi&#233; dans l'eau son fr&#232;re Aaron, de l'&#233;tablir pr&#234;tre par une onction. Mais le plus grand honneur d&#233;f&#233;r&#233; &#224; l'huile fut lorsque, votre Fils J&#233;sus-Christ notre Seigneur ayant exig&#233; de Jean qu'il le baptis&#226;t dans les eaux du Jourdain, vous envoy&#226;tes sur lui l'Esprit-Saint en forme de colombe, d&#233;signant ainsi votre Fils unique, en qui vous d&#233;clariez, par une voix qui se fit entendre, avoir mis vos complaisances, et faisant conna&#238;tre qu'il &#233;tait celui que le proph&#232;te David a c&#233;l&#233;br&#233; comme devant recevoir l'onction de l'huile de l'all&#233;gresse, au-dessus de tous ceux qui doivent y participer avec lui. Nous vous supplions donc, Dieu &#233;ternel, par le m&#234;me J&#233;sus-Christ votre Fils notre Seigneur, de sanctifier par votre b&#233;n&#233;diction cette huile votre cr&#233;ature, et de la remplir de la vertu du Saint-Esprit, par la puissance du Christ votre Fils, dont le Chr&#234;me sacr&#233; a emprunt&#233; son nom, ce Chr&#234;me par lequel vous avez consacr&#233; les Pr&#234;tres, les Rois, les Proph&#232;tes et les Martyrs. Faites que la sanctification &#233;tant r&#233;pandue dans l'homme par l'onction, la corruption de la premi&#232;re nature soit an&#233;antie, et que le temple de chacun exhale la suave odeur que produit l'innocence de la vie ; que, selon les conditions &#233;tablies par vous dans ce myst&#232;re, ils y re&#231;oivent la dignit&#233; de rois, de pr&#234;tres et de proph&#232;tes, avec l'honneur d'un v&#234;tement d'immortalit&#233; ; que cette huile enfin soit pour ceux qui rena&#238;tront de l'eau et du Saint-Esprit un Chr&#234;me e salut qui les rende participants de la vie &#233;ternelle, et les mette en possession de la gloire du ciel.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le Pontife, apr&#232;s ces paroles, prend le baume qu'il a d'abord m&#234;l&#233; avec de l'huile sur une pat&#232;ne, et versant ce m&#233;lange dans l'ampoule, il consomme ainsi la cons&#233;cration du Chr&#234;me. Ensuite, pour rendre honneur &#224; l'Esprit-Saint qui doit op&#233;rer par cette huile sacramentelle, il salue l'ampoule qui la contient, en disant : &#171; Chr&#234;me saint, je te salue ! &#187; Les douze Pr&#234;tres imm&#233;diatement suivent l'exemple du Pontife, qui proc&#232;de ensuite &#224; la b&#233;n&#233;diction de l'Huile des Cat&#233;chum&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les insufflations et l'exorcisme, qui ont lieu comme pour le saint Chr&#234;me, l'&#201;v&#234;que s'adresse &#224; Dieu par cette pri&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;O Dieu, qui r&#233;compensez les progr&#232;s dans les &#226;mes, et qui, par la vertu du Saint-Esprit, confirmez l'&#233;bauche d&#233;j&#224; commenc&#233;e en elles, daignez envoyer votre b&#233;n&#233;diction sur cette huile, et accorder par l'onction qui en sera faite, &#224; ceux qui se pr&#233;sentent au bain de l'heureuse r&#233;g&#233;n&#233;ration, la purification de l'&#226;me et du corps. Que les taches qu'auraient imprim&#233;es sur eux les esprits ennemis de l'homme disparaissent au contact de cette huile sanctifi&#233;e ; qu'il ne reste plus &#224; ces esprits pervers aucune place pour leur malice, aucun refuge pour leur pouvoir, aucune libert&#233; pour leurs perfides emb&#251;ches ; mais que l'onction de cette huile soit utile &#224; vos serviteurs qui arrivent &#224; la foi et qui doivent &#234;tre purifi&#233;s par l'op&#233;ration de votre Esprit ; qu'elle les dispose au salut qu'ils obtiendront en naissant &#224; la r&#233;g&#233;n&#233;ration c&#233;leste dans le sacrement du Bapt&#234;me : par J&#233;sus-Christ notre Seigneur, qui doit venir pour juger les vivants et les morts et d&#233;truire le monde par le feu.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;v&#234;que salue ensuite l'ampoule qui contient l'huile &#224; laquelle il vient de conf&#233;rer de si hautes pr&#233;rogatives, en disant : &#171; Huile sainte, jet&#233; salue ! &#187; Il est imite dans cet acte de respect parles douze Pr&#234;tres ; apr&#232;s quoi deux des Diacres ayant pris, l'un le saint Chr&#234;me et l'autre l'Huile des Cat&#233;chum&#232;nes, le cort&#232;ge se met en marche pour reconduire les deux ampoules au lieu d'honneur o&#249; elles doivent &#234;tre conserv&#233;es. Elles sont l'une et l'autre couvertes d'une enveloppe d'&#233;toffe de soie : blanche pour le saint Chr&#234;me, et violette pour l'huile des Cat&#233;chum&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons donn&#233; qu'en les abr&#233;geant les d&#233;tails de cette grande c&#233;r&#233;monie ; mais nous ne voulons pas priver le lecteur catholique de la belle Hymne compos&#233;e par saint Venance Fortunat, &#201;v&#234;que de Poitiers, au VIe si&#232;cle, et dont les strophes majestueuses, emprunt&#233;es par l'&#201;glise romaine &#224; l'antique &#201;glise des Gaules, accompagnent si noblement l'arriv&#233;e et le retour des saintes ampoules.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Hymnus&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;Hymne&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;O Redemptor, sume carmen temet concinentium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;O R&#233;dempteur, agr&#233;ez les cantiques de ce ch&#339;ur qui vous c&#233;l&#232;bre.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;O Redemptor.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;O R&#233;dempteur.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Audi, judex mortuorum,&lt;br class='manualbr' /&gt;Una spes mortalium,&lt;br class='manualbr' /&gt;Audi voces proferentum&lt;br class='manualbr' /&gt;Donum pacis pr&#230;vium.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Juge des morts,&lt;br class='manualbr' /&gt;espoir unique des mortels,&lt;br class='manualbr' /&gt;&#233;coutez les voix de ceux qui s'avancent&lt;br class='manualbr' /&gt;portant le suc de l'olive, symbole de paix.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;O Redemptor.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;O R&#233;dempteur.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Arbor f&#339;ta alma luce&lt;br class='manualbr' /&gt;Hoc sacrandum protulit :&lt;br class='manualbr' /&gt;Fert hoc prona pr&#230;sens turba&lt;br class='manualbr' /&gt;Salvatori s&#230;culi.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Un arbre fertile, sous un soleil f&#233;cond,&lt;br class='manualbr' /&gt;l'a produit pour qu'il dev&#238;nt sacr&#233; ;&lt;br class='manualbr' /&gt;ce cort&#232;ge vient humblement&lt;br class='manualbr' /&gt;l'offrir au Sauveur du monde.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;O Redemptor.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;O R&#233;dempteur.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Stans ad aram immo supplex&lt;br class='manualbr' /&gt;Infulatus Pontifex,&lt;br class='manualbr' /&gt;Debitum persolvit omne,&lt;br class='manualbr' /&gt;Consecrato Chrismate.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Debout &#224; l'autel,&lt;br class='manualbr' /&gt;o&#249; il offre ses pri&#232;res,&lt;br class='manualbr' /&gt;le Pontife paie sa dette annuelle&lt;br class='manualbr' /&gt;en consacrant le Chr&#234;me.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;O Redemptor.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;O R&#233;dempteur.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Consecrare tu dignare,&lt;br class='manualbr' /&gt;Rex perennis patri&#230;,&lt;br class='manualbr' /&gt;Hoc olivum, signum vivum,&lt;br class='manualbr' /&gt;Jura contra d&#230;monum.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Roi de l'&#233;ternelle patrie,&lt;br class='manualbr' /&gt;daignez b&#233;nir cette huile,&lt;br class='manualbr' /&gt;symbole de vie,&lt;br class='manualbr' /&gt;instrument de victoire contre les d&#233;mons.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;O Redemptor.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;O R&#233;dempteur.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Ut novetur sexus omnis&lt;br class='manualbr' /&gt;Unctione Chrismatis,&lt;br class='manualbr' /&gt;Ut sanetur sauciata&lt;br class='manualbr' /&gt;Dignitatis gloria.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;L'Onction du Chr&#234;me&lt;br class='manualbr' /&gt;renouvelle l'un et l'autre sexe ;&lt;br class='manualbr' /&gt;elle r&#233;tablit dans l'homme&lt;br class='manualbr' /&gt;sa dignit&#233; viol&#233;e.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;O Redemptor.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;O R&#233;dempteur.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Lota mente sacro fonte&lt;br class='manualbr' /&gt;Aufugantur crimina :&lt;br class='manualbr' /&gt;Uncta fronte,sacro sancta&lt;br class='manualbr' /&gt;Influunt charismata.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Quand l'&#226;me est lav&#233;e dans la fontaine sacr&#233;e,&lt;br class='manualbr' /&gt;le p&#233;ch&#233; la quitte ;&lt;br class='manualbr' /&gt;quand le front est marqu&#233; de l'huile sainte,&lt;br class='manualbr' /&gt;les dons divins descendent en elle.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;O Redemptor.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;O R&#233;dempteur.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Corde natus ex Parentis&lt;br class='manualbr' /&gt;Alvum implens Virginis,&lt;br class='manualbr' /&gt;Pr&#230;sta lucem, claude mortem&lt;br class='manualbr' /&gt;Chrismatis consortibus.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Vous qui, sorti du sein du P&#232;re,&lt;br class='manualbr' /&gt;avez habit&#233; le sein d'une Vierge,&lt;br class='manualbr' /&gt;maintenez dans la lumi&#232;re et pr&#233;servez de la mort&lt;br class='manualbr' /&gt;ceux qu'un m&#234;me Chr&#234;me a unis.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;O Redemptor.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;O R&#233;dempteur.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Sit h&#230;c dies festa nobis&lt;br class='manualbr' /&gt;S&#230;culorum s&#230;culis :&lt;br class='manualbr' /&gt;Sit sacrata, digna laude,&lt;br class='manualbr' /&gt;Nec senescat tempore.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Que cette journ&#233;e demeure pour nous&lt;br class='manualbr' /&gt;&#224; jamais une journ&#233;e de f&#234;te ;&lt;br class='manualbr' /&gt;qu'elle soit sainte et glorieuse,&lt;br class='manualbr' /&gt;et que son souvenir r&#233;siste au temps.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;O Redemptor.&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;R/. &lt;/font&gt;O R&#233;dempteur.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA MESSE DU JEUDI-SAINT.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise se proposant aujourd'hui de renouveler, avec une solennit&#233; toute particuli&#232;re, l'action qui fut accomplie par le Sauveur dans la derni&#232;re C&#232;ne, selon le pr&#233;cepte qu'il en fit &#224; ses Ap&#244;tres, lorsqu'il leur dit : &#171; Faites ceci en m&#233;moire de moi &#187;, nous allons reprendre le r&#233;cit &#233;vang&#233;lique que nous avons interrompu au moment o&#249; J&#233;sus entrait dans la salle du festin pascal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est arriv&#233; de B&#233;thanie ; tous les Ap&#244;tres sont pr&#233;sents, m&#234;me le perfide Judas, qui garde son affreux secret. J&#233;sus s'approche de la table sur laquelle l'agneau est servi ; ses disciples y prennent place avec lui ; et l'on observe fid&#232;lement les rites que le Seigneur prescrivit &#224; Mo&#239;se pour &#234;tre suivis par son peuple. Au commencement du repas, J&#233;sus prend la parole, et il dit &#224; ses Ap&#244;tres : &#171; J'ai d&#233;sir&#233; ardemment de manger avec vous cette P&#226;que, avant de souffrir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXII, 15.&#034; id=&#034;nh7-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Il parlait ainsi, non que cette P&#226;que e&#251;t en elle-m&#234;me quelque chose de sup&#233;rieur &#224; celles des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, mais parce qu'elle allait donner occasion &#224; l'institution de la P&#226;que nouvelle qu'il avait pr&#233;par&#233;e dans son amour pour les hommes ; car &#171; ayant aim&#233; les siens qui &#233;taient dans le monde, dit saint Jean, il les aima jusqu'&#224; la fin &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIII, I.&#034; id=&#034;nh7-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant le repas, J&#233;sus, pour qui les c&#339;urs n'avaient rien de cach&#233;, prof&#233;ra cette parole qui &#233;mut les disciples : &#171; En v&#233;rit&#233;, je vous le dis, l'un de vous me trahira ; oui, l'un de ceux qui mettent en ce moment la main au plat avec moi est un tra&#238;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVI, 21, 23.&#034; id=&#034;nh7-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Que de tristesse dans cette plainte ! que de mis&#233;ricorde pour le coupable qui connaissait la bont&#233; de son Ma&#238;tre ! J&#233;sus lui ouvrait la porte du pardon ; mais il n'en profite pas : tant la passion qu'il avait voulu satisfaire par son inf&#226;me march&#233; avait pris d'empire sur lui ! Il ose m&#234;me dire comme les autres : &#171; Est-ce moi, Seigneur ? &#187; J&#233;sus lui r&#233;pond &#224; voix basse, pour ne pas le compromettre devant ses fr&#232;res : &#171; Oui, c'est toi ; tu l'as dit &#187;. Judas ne se rend pas ; il reste, et va souiller de sa pr&#233;sence les augustes myst&#232;res qui se pr&#233;parent. Il attend l'heure de la trahison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le repas l&#233;gal est termin&#233;. Un festin qui lui succ&#232;de r&#233;unit encore &#224; une m&#234;me table J&#233;sus et ses disciples. Les convives, selon l'usage de l'Orient, se placent deux par deux sur des lits qu'a pr&#233;par&#233;s la munificence du disciple qui pr&#234;te sa maison et ses meubles au Sauveur pour cette derni&#232;re C&#232;ne. Jean le bien-aim&#233; est &#224; c&#244;t&#233; de J&#233;sus, en sorte qu'il peut, dans sa tendre familiarit&#233;, appuyer sa t&#234;te sur la poitrine de son Ma&#238;tre. Pierre est plac&#233; sur le lit voisin, pr&#232;s du Seigneur, qui se trouve ainsi entre les deux disciples qu'il avait envoy&#233;s le matin disposer toutes choses, et qui repr&#233;sentent l'un la foi, l'autre l'amour. Ce second repas fut triste ; les disciples &#233;taient inquiets par suite de la confidence que leur avait faite J&#233;sus ; et l'on comprend que l'&#226;me tendre et na&#239;ve de Jean e&#251;t besoin de s'&#233;pancher avec le Sauveur, sur le lit duquel il &#233;tait &#233;tendu, par les touchantes d&#233;monstrations de son amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les Ap&#244;tres ne s'attendaient pas qu'une troisi&#232;me C&#232;ne allait succ&#233;der aux deux premi&#232;res. J&#233;sus avait gard&#233; son secret ; mais, avant de souffrir, il devait remplir une promesse. Il avait dit en pr&#233;sence de tout un peuple : &#171; Je suis le pain vivant descendu du ciel ; si quelqu'un mange de ce pain, il vivra &#233;ternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, pour la vie du monde. Ma chair est vraiment nourriture, et mon sang est vraiment breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. VI, 41-59.&#034; id=&#034;nh7-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Le moment &#233;tait venu o&#249; le Sauveur allait r&#233;aliser cette merveille de sa charit&#233; pour nous. Mais comme il avait promis de nous donner sa chair et son sang, il avait d&#251; attendre l'heure de son immolation. Voici maintenant que sa Passion est commenc&#233;e ; d&#233;j&#224; il est vendu &#224; ses ennemis ; sa vie est d&#233;sormais entre leurs mains ; il peut donc maintenant s'offrir en sacrifice, et distribuer &#224; ses disciples la propre chair et le propre sang de la victime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second repas finissait, lorsque J&#233;sus se levant tout &#224; coup, aux yeux des Ap&#244;tres &#233;tonn&#233;s, se d&#233;pouille de ses v&#234;tements ext&#233;rieurs, prend un linge, s'en ceint comme un serviteur, met de l'eau dans un bassin, et annonce par ces indices qu'il s'appr&#234;te &#224; laver les pieds &#224; des convives. L'usage de l'Orient &#233;tait qu'on se lav&#226;t les pieds avant de prendre part &#224; un festin ; mais le plus haut degr&#233; de l'hospitalit&#233; &#233;tait lorsque le ma&#238;tre de la maison remplissait lui-m&#234;me ce soin &#224; l'&#233;gard de ses h&#244;tes. C'est J&#233;sus qui invite en ce moment ses Ap&#244;tres au divin repas qu'il leur destine, et il daigne agir avec eux comme l'h&#244;te le plus empress&#233;. Mais comme ses actions renferment toujours un fonds in&#233;puisable d'enseignement, il veut, par celle-ci, nous donner un avertissement sur la puret&#233; qu'il requiert dans ceux qui devront s'asseoir &#224; sa table. &#171; Celui qui est d&#233;j&#224; lav&#233;, dit-il, n'a plus besoin que de se laver les pieds &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIII, 10.&#034; id=&#034;nh7-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; comme s'il disait : Telle est la saintet&#233; de cette divine table, que pour en approcher, non seulement il faut que l'&#226;me soit purifi&#233;e de ses plus graves souillures ; mais elle doit encore chercher &#224; effacer les moindres, celles que le contact du monde nous fait contracter, et qui sont comme cette poussi&#232;re l&#233;g&#232;re qui s'attache aux pieds. Nous expliquerons plus loin les autres myst&#232;res signifi&#233;s dans le lavement des pieds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus se dirige d'abord vers Pierre, le futur Chef de son &#201;glise. L'Ap&#244;tre se refuse &#224; permettre une telle humiliation &#224; son Ma&#238;tre ; J&#233;sus insiste, et Pierre est contraint de c&#233;der. Les autres Ap&#244;tres qui, ainsi que Pierre, &#233;taient rest&#233;s sur les lits, voient successivement leur Ma&#238;tre s'approcher d'eux et laver leurs pieds. Judas m&#234;me n'est pas except&#233;. Il avait re&#231;u un second et mis&#233;ricordieux avertissement quelques instants auparavant, lorsque J&#233;sus, parlant &#224; tous, avait dit : &#171; Pour vous, vous &#234;tes purs, mais non pas tous cependant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIII, 10.&#034; id=&#034;nh7-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Ce reproche l'avait laiss&#233; insensible. J&#233;sus, ayant achev&#233; de laver les pieds des douze, vient se replacer sur le lit pr&#232;s de la table, &#224; c&#244;t&#233; de Jean.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Alors, prenant du pain azyme qui &#233;tait rest&#233; du repas, il &#233;l&#232;ve les yeux au ciel, b&#233;nit ce pain, le rompt et le distribue &#224; ses disciples, en leur disant : &#171; Prenez et mangez ; ceci est mon corps &#187;. Les Ap&#244;tres re&#231;oivent ce pain devenu le corps de leur Ma&#238;tre ; ils s'en nourrissent ; et J&#233;sus n'est plus seulement avec eux &#224; la table, il est en eux. Ensuite, comme ce divin myst&#232;re n'est pas seulement le plus auguste des Sacrements, mais qu'il est encore un Sacrifice v&#233;ritable, qui demande l'effusion du sang, J&#233;sus prend la coupe ; et, transformant en son propre sang le vin dont elle est remplie, il la passe &#224; ses disciples, et leur dit : &#171; Buvez-en tous ; car c'est le sang de la Nouvelle Alliance, qui sera r&#233;pandu pour vous. &#187; Les Ap&#244;tres participent les uns apr&#232;s les autres &#224; ce divin breuvage, et Judas &#224; son tour ; mais il boit sa condamnation, comme tout &#224; l'heure, dans le pain sacr&#233;, il a mang&#233; son propre jugement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Cor. XI, 29.&#034; id=&#034;nh7-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'in&#233;puisable bont&#233; du Sauveur cherche cependant encore &#224; faire rentrer le tra&#238;tre en lui-m&#234;me. En donnant la coupe aux disciples, il a ajout&#233; ces terribles paroles : &#171; La main de celui qui me trahit est avec moi &#224; cette table&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXII, 21.&#034; id=&#034;nh7-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre a &#233;t&#233; frapp&#233; de cette insistance de son Ma&#238;tre. Il veut conna&#238;tre enfin le tra&#238;tre qui d&#233;shonore le coll&#232;ge apostolique ; mais n'osant interroger J&#233;sus, &#224; la droite duquel il est place, il fait signe &#224; Jean, qui est &#224; la gauche du Sauveur, pour t&#226;cher d'obtenir un &#233;claircissement. Jean se penche sur la poitrine de J&#233;sus et lui dit &#224; voix basse : &#171; Ma&#238;tre, quel est-il ? &#187; J&#233;sus lui r&#233;pond avec la m&#234;me familiarit&#233; : &#171; Celui &#224; qui je vais envoyer un morceau de pain tremp&#233;. &#187; Il restait sur la table quelques d&#233;bris du repas ; J&#233;sus prend un peu de pain, et l'ayant tremp&#233;, il l'adresse &#224; Judas. C'&#233;tait encore une invitation inutile &#224; cette &#226;me endurcie &#224; tous les traits de la gr&#226;ce ; aussi l'&#201;vang&#233;liste ajoute : &#171; Apr&#232;s qu'il eut re&#231;u ce morceau, Satan entra en lui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIII, 27.&#034; id=&#034;nh7-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; J&#233;sus lui dit encore ces deux mots : &#171; Ce que tu as &#224; faire, fais-le vite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh7-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Et le mis&#233;rable sort de la salle pour l'ex&#233;cution de son forfait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telles sont les augustes circonstances de la C&#232;ne du Seigneur, dont l'anniversaire nous r&#233;unit aujourd'hui ; mais nous ne l'aurions point suffisamment racont&#233;e aux &#226;mes pieuses, si nous n'ajoutions un trait essentiel. Ce qui se passe aujourd'hui dans le C&#233;nacle n'est point un &#233;v&#233;nement arriv&#233; une fois dans la vie mortelle du Fils de Dieu, et les Ap&#244;tres ne sont pas seulement les convives privil&#233;gi&#233;s de la table du Seigneur. Dans le C&#233;nacle, de m&#234;me qu'il y a plus qu'un repas, il y a autre chose qu'un sacrifice, si divine que soit la victime offerte par le souverain Pr&#234;tre. Il y a ici l'institution d'un nouveau Sacerdoce. Comment J&#233;sus aurait-il dit aux hommes : &#171; Si vous ne mangez ma chair et ne buvez mon sang, vous n'aurez point la vie en vous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. VI, 54.&#034; id=&#034;nh7-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, s'il n'e&#251;t song&#233; &#224; &#233;tablir sur la terre un minist&#232;re par lequel il renouvellerait, jusqu'&#224; la fin des temps, ce qu'il vient d'accomplir en pr&#233;sence de ces douze hommes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or voici ce qu'il dit &#224; ces hommes qu'il a choisis : &#171; Vous ferez ceci en m&#233;moire de moi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXII, 19.&#034; id=&#034;nh7-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Il leur donne par ces paroles le pouvoir de changer, eux aussi, le pain en son corps et le vin en son sang ; et ce pouvoir sublime se transmettra dans l'&#201;glise, par la sainte ordination, jusqu'&#224; la fin des si&#232;cles. J&#233;sus continuera d'op&#233;rer, par le minist&#232;re d'hommes mortels et p&#233;cheurs, la merveille qu'il accomplit dans le C&#233;nacle ; et en m&#234;me temps qu'il dote son &#201;glise de l'unique et immortel Sacrifice, il nous donne, selon sa promesse, par le Pain du ciel, le moyen de &#171; demeurer en lui, et lui en nous &#187;. Nous avons donc &#224; c&#233;l&#233;brer aujourd'hui un autre anniversaire non moins merveilleux que le premier : l'institution du Sacerdoce chr&#233;tien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'exprimer d'une mani&#232;re sensible aux yeux du peuple fid&#232;le la majest&#233; et l'unit&#233; de cette C&#232;ne que le Sauveur donna &#224; ses disciples, et &#224; nous tous en leur personne, la sainte &#201;glise interdit aujourd'hui aux Pr&#234;tres la c&#233;l&#233;bration des Messes priv&#233;es, hors le cas de n&#233;cessit&#233;. Elle veut qu'il ne soit offert dans chaque &#233;glise qu'un seul Sacrifice, auquel tous les Pr&#234;tres assistent ; et au moment de la communion, on les voit tous s'avancer vers l'autel, rev&#234;tus de l'&#233;tole, insigne de leur sacerdoce, et recevoir le corps du Seigneur des mains du c&#233;l&#233;brant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Messe du Jeudi saint est une des plus solennelles de l'ann&#233;e ; et quoique l'institution de la f&#234;te du Tr&#232;s-Saint-Sacrement ait pour objet d'honorer avec plus de pompe le m&#234;me myst&#232;re, l'&#201;glise, en l'&#233;tablissant, n'a pas voulu que l'anniversaire de la C&#232;ne du Seigneur perd&#238;t rien des honneurs auxquels il a droit. La couleur adopt&#233;e &#224; cette Messe pour les v&#234;tements sacr&#233;s est le blanc, comme aux jours m&#234;mes de No&#235;l et de P&#226;ques ; tout l'appareil du deuil a disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant plusieurs rites extraordinaires annoncent que l'&#201;glise craint encore pour son &#201;poux, et qu'elle ne fait que suspendre un moment les douleurs qui l'oppressent. A l'autel, le Pr&#234;tre a entonn&#233; avec transport l'Hymne ang&#233;lique : &#171; Gloire &#224; Dieu au plus haut des cieux ! &#187; Tout &#224; coup les cloches ont retenti en joyeuse vol&#233;e, accompagnant jusqu'&#224; la fin le c&#233;leste cantique ; mais &#224; partir de ce moment elles vont demeurer muettes, et leur silence durant de longues heures va faire planer sur la cit&#233; une impression de terreur et d'abandon. La sainte &#201;glise, en nous sevrant ainsi du grave et m&#233;lodieux accent de ces voix a&#233;riennes, qui chaque jour parcourent les airs et vont jusqu'&#224; notre c&#339;ur, veut nous faire sentir que ce monde, t&#233;moin des souffrances et de la mort de son divin Auteur, a perdu toute m&#233;lodie, qu'il est devenu morne et d&#233;sert ; et joignant un souvenir plus pr&#233;cis &#224; cette impression g&#233;n&#233;rale, elle nous rappelle que les Ap&#244;tres, qui sont la voix &#233;clatante du Christ, et sont figur&#233;s par les cloches dont le son appelle les fid&#232;les &#224; la maison de Dieu, se sont enfuis et ont laiss&#233; leur Ma&#238;tre en proie &#224; ses ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Sacrifice poursuit son cours ; mais au moment o&#249; le Pr&#234;tre &#233;l&#232;ve l'Hostie sainte et le Calice du salut, la cloche reste d&#233;j&#224; dans son silence, et rien n'annonce plus au dehors du temple l'arriv&#233;e du Fils de Dieu. La communion g&#233;n&#233;rale est proche, et le Pr&#234;tre ne donne pas le baiser de paix au Diacre, qui, selon la tradition apostolique, doit le transmettre aux communiants par le Sous-Diacre. La pens&#233;e se reporte alors sur l'inf&#226;me Judas, qui, aujourd'hui m&#234;me, a profan&#233; le signe de l'amiti&#233;, et en a fait l'instrument du meurtre. C'est pour cela que l'&#201;glise, en ex&#233;cration du tra&#238;tre, et comme si elle craignait de renouveler un si fatal souvenir en un tel moment, s'abstient aujourd'hui de ce t&#233;moignage de la fraternit&#233; chr&#233;tienne qui fait partie essentielle des rites del&#224; Messe solennelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un rite non moins insolite s'est accompli &#224; l'autel, dans l'action m&#234;me du Sacrifice. Le Pr&#234;tre a consacr&#233; deux hosties, et, apr&#232;s en avoir consomm&#233; une, il a r&#233;serv&#233; l'autre, et l'a plac&#233;e dans un calice qu'il a soigneusement envelopp&#233;. C'est que l'&#201;glise a r&#233;solu d'interrompre demain le cours du Sacrifice perp&#233;tuel dont l'offrande sanctifie chaque journ&#233;e. Telle est l'impression que lui fait &#233;prouver ce cruel anniversaire, qu'elle n'osera renouveler sur l'autel, en ce jour terrible, l'immolation qui eut lieu sur le Calvaire. Elle restera sous le coup de ses souvenirs, et se contentera de participer au Sacrifice d'aujourd'hui, dont elle aura r&#233;serv&#233; une seconde hostie. Ce rite s'appelle la Messe des Pr&#233;sanctifi&#233;s, parce que le Pr&#234;tre n'y consacre pas, mais consomme seulement l'hostie consacr&#233;e le jour pr&#233;c&#233;dent. Autrefois, comme nous le dirons plus tard, la journ&#233;e du Samedi saint se passait aussi sans qu'on offr&#238;t le saint Sacrifice ; mais on n'y c&#233;l&#233;brait pas, comme le Vendredi, la Messe des Pr&#233;sanctifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, si l'&#201;glise suspend durant quelques heures l'offrande du Sacrifice &#233;ternel, elle ne veut pas cependant que son divin &#201;poux y perde quelque chose des hommages qui lui sont dus dans le Sacrement de son amour. La pi&#233;t&#233; catholique a trouv&#233; le moyen de transformer en un triomphe pour l'auguste Eucharistie ces instants o&#249; l'Hostie sainte semble devenue inaccessible &#224; notre indignit&#233;. Elle pr&#233;pare dans chaque temple un reposoir pompeux. C'est l&#224; qu'apr&#232;s la Messe d'aujourd'hui l'&#201;glise transportera le corps de son &#201;poux ; et bien qu'il y doive reposer sous des voiles, ses fid&#232;les l'assi&#233;geront de leurs v&#339;ux et de leurs adorations. Tous viendront honorer le repos de l'Homme-Dieu ; &#171; l&#224; o&#249; sera le corps, les aigles s'assembleront&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXIV, 28.&#034; id=&#034;nh7-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ; et de tous les points du monde catholique un concert de pri&#232;res vives et plus affectueuses qu'en tout autre temps de l'ann&#233;e, se dirigera vers J&#233;sus, comme une heureuse compensation des outrages qu'il re&#231;ut en ces m&#234;mes heures de la part des Juifs. Pr&#232;s de ce tombeau anticip&#233; se r&#233;uniront et les &#226;mes ferventes en qui J&#233;sus vit d&#233;j&#224;, et les p&#233;cheurs convertis par la gr&#226;ce et d&#233;j&#224; en voie de r&#233;conciliation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Rome, la Station est dans la Basilique de Latran. La grandeur de ce jour, la r&#233;conciliation des P&#233;nitents, la cons&#233;cration du Chr&#234;me, ne demandaient pas moins que cette m&#233;tropole de la ville et du monde. De nos jours cependant, la fonction papale a lieu au palais du Vatican, et ainsi que nous l'avons dit plus haut, la b&#233;n&#233;diction apostolique est donn&#233;e par le Pontife Romain, &#224; la loggia de la Basilique de Saint-Pierre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Intro&#239;t, l'&#201;glise se sert des paroles de saint Paul pour glorifier la Croix de J&#233;sus-Christ ; elle c&#233;l&#232;bre avec effusion ce divin R&#233;dempteur qui, en mourant pour nous, a &#233;t&#233; notre salut ; qui, par son Pain c&#233;leste, est la vie de nos &#226;mes, et, par sa R&#233;surrection, l'auteur de la n&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Collecte, l'&#201;glise nous remet sous les yeux le sort si diff&#233;rent de Judas et du bon larron : tous deux coupables, mais l'un condamn&#233;, tandis que l'autre est pardonn&#233;. Elle demande pour nous au Seigneur que la Passion de son Fils, dans le cours de laquelle s'accomplissent cette justice et cette mis&#233;ricorde, soit pour nous la r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s et la source de la gr&#226;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;P&#206;TRE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand Ap&#244;tre, apr&#232;s avoir repris les chr&#233;tiens de Corinthe des abus auxquels donnaient lieu ces repas nomm&#233;s Agapes, que l'esprit de fraternit&#233; avait fait instituer, et qui ne tard&#232;rent pas &#224; &#234;tre abolis, raconte la derni&#232;re C&#232;ne du Sauveur. Il appuie son r&#233;cit, conforme en tout &#224; celui des &#201;vang&#233;listes, sur le propre t&#233;moignage du Sauveur lui-m&#234;me, qui daigna lui appara&#238;tre et l'instruire en personne apr&#232;s sa conversion. L'Ap&#244;tre insiste sur le pouvoir que le Sauveur donna &#224; ses disciples de renouveler l'action qu'il venait de faire, et il nous enseigne en particulier que chaque fois que le Pr&#234;tre consacre le corps et le sang de J&#233;sus-Christ, &#171; il annonce la mort du Seigneur &#187;, exprimant par ces paroles l'unit&#233; de sacrifice sur la croix et sur l'autel. Nous avons expliqu&#233; cette doctrine fondamentale de la sainte Eucharistie au chapitre VI, en t&#234;te de ce volume. La cons&#233;quence d'un tel enseignement est facile &#224; d&#233;duire. L'Ap&#244;tre nous la propose lui-m&#234;me : &#171; Que l'homme donc s'&#233;prouve, dit-il, et qu'ensuite il mange de ce pain et boive de ce calice. &#187; En effet, pour &#234;tre initi&#233; d'une mani&#232;re si intime au sublime myst&#232;re de la R&#233;demption, pour contracter une telle union avec la divine Victime, nous devons bannir de nous tout ce qui est du p&#233;ch&#233; et de l'affection au p&#233;ch&#233;. &#171; Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui &#187;, dit le Sauveur. Se peut-il rien de plus intime ? Dieu devient l'homme, et l'homme devient Dieu, dans cet heureux moment. Avec quel soin devons-nous purifier notre &#226;me, unir notre volont&#233; &#224; celle de J&#233;sus, avant de nous asseoir &#224; cette table qu'il a dress&#233;e pour nous, &#224; laquelle il nous convie ! Demandons-lui de nous pr&#233;parer lui-m&#234;me, comme il pr&#233;para ses Ap&#244;tres, en leur lavant les pieds. Il le fera aujourd'hui et toujours, si nous savons nous pr&#234;ter &#224; sa gr&#226;ce et &#224; son amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Graduel est form&#233; de ces belles paroles que l'&#201;glise r&#233;p&#232;te &#224; chaque instant durant ces trois jours, et dans lesquelles saint Paul ranime notre reconnaissance envers le Fils de Dieu qui s'est livr&#233; pour nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;VANGILE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action du Sauveur lavant les pieds &#224; ses disciples avant de les admettre &#224; la participation de son divin myst&#232;re, renferme une le&#231;on pour nous. Tout &#224; l'heure l'Ap&#244;tre nous disait : &#171; Que l'homme s'&#233;prouve lui-m&#234;me &#187; ; J&#233;sus dit &#224; ses disciples : &#171; Pour vous, vous &#234;tes purs &#187;. Il est vrai qu'il ajoute : &#171; mais non pas tous &#187;. De m&#234;me l'Ap&#244;tre nous dit &#171; qu'il en est qui se rendent coupables du corps et du sang du Seigneur &#187;. Craignons le sort de ceux-l&#224;, et &#233;prouvons-nous nous-m&#234;mes ; sondons notre conscience avant d'approcher de la table sacr&#233;e. Le p&#233;ch&#233; mortel, l'affection au p&#233;ch&#233; mortel, transformeraient pour nous en poison l'aliment qui donne la vie &#224; l'&#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si nous devons respecter assez la table du Seigneur, pour ne pas nous y pr&#233;senter avec la souillure qui fait perdre &#224; l'&#226;me la ressemblance de Dieu et lui donne les traits hideux de Satan, nous devons aussi, par respect pour la saintet&#233; divine qui va descendre en nous, purifier les taches l&#233;g&#232;res qui la blesseraient. &#171; Celui qui est d&#233;j&#224; lav&#233;, dit le Seigneur, n'a besoin que de laver ses pieds. &#187; Les pieds sont les attaches terrestres dans lesquelles nous sommes si souvent expos&#233;s &#224; p&#233;cher. Veillons sur nos sens, sur les mouvements de notre &#226;me. Purifions ces taches par une confession sinc&#232;re, par la p&#233;nitence, par le regret et l'humiliation ; afin que le divin Sacrement, entrant en nous, soit re&#231;u dignement, et qu'il op&#232;re dans toute la pl&#233;nitude de sa vertu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Antienne de l'Offertoire, le chr&#233;tien fid&#232;le, appuy&#233; sur la parole du Christ qui lui a promis le Pain de vie, se livre &#224; la joie. Il rend gr&#226;ces pour cet aliment divin qui sauve de la mort ceux qui s'en nourrissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise, dans la Secr&#232;te, rappelle au P&#232;re c&#233;leste que c'est aujourd'hui m&#234;me qu'a &#233;t&#233; institue l'auguste Sacrifice qu'elle c&#233;l&#232;bre en ce moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#234;tre, apr&#232;s avoir communi&#233; sous les deux esp&#232;ces, et plac&#233; dans un calice l'Hostie r&#233;serv&#233;e pour le lendemain, distribue au clerg&#233; la sainte Eucharistie ; et lorsque les fid&#232;les l'ont re&#231;ue &#224; leur tour, le ch&#339;ur chante l'Antienne suivante qui rappelle le myst&#232;re du lavement des pieds :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise demande pour nous, dans la Postcommunion, que nous conservions jusque dans l'&#233;ternit&#233; le don qui vient de nous &#234;tre conf&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Messe &#233;tant termin&#233;e, une Procession solennelle se dirige vers le lieu o&#249; doit reposer l'Hostie sainte, qui sera consomm&#233;e demain. Le c&#233;l&#233;brant la porte sous le dais, comme &#224; la f&#234;te du tr&#232;s saint Sacrement ; mais aujourd'hui le corps sacr&#233; du R&#233;dempteur contenu dans le calice est voil&#233;, et non entour&#233; de rayons comme au jour de ses triomphes. Adorons ce divin Soleil de justice, dont nous salu&#226;mes le lever avec tant d'all&#233;gresse ; il d&#233;cline vers son couchant ; encore quelques heures, et sa lumi&#232;re va s'&#233;teindre. Les ombres alors couvriront la terre ; et ce ne sera que le troisi&#232;me jour que nous le verrons repara&#238;tre tout brillant d'un &#233;clat nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la marche vers le reposoir, le ch&#339;ur chante le &lt;i&gt;Pange, Lingua&lt;/i&gt;, l'Hymne du Saint-Sacrement si connue des fid&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; au lieu o&#249; doit &#234;tre d&#233;pos&#233;e l'Hostie sainte, le c&#233;l&#233;brant l'ayant encens&#233;e, le diacre prend le calice qui la contient et le renferme pour le soustraire &#224; tous les regards. On prie quelques instants, et bient&#244;t le cort&#232;ge retourne au ch&#339;ur en silence. Tout aussit&#244;t commencent les V&#234;pres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui et demain, cet Office si solennel aux jours de f&#234;tes a perdu sa pompe accoutum&#233;e. Les Psaumes y sont r&#233;cit&#233;s sans chant, sans m&#234;me une inflexion. C'est l'&#201;glise veuve de son &#201;poux s'enveloppant de son deuil comme d'un v&#234;tement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A V&#202;PRES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier Psaume (115) renferme une allusion au Calice du salut que le R&#233;dempteur a pr&#233;par&#233; pour son &#201;glise, en r&#233;pandant son propre sang, qu'il lui donne aujourd'hui pour breuvage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me Psaume (119) exprime la patience du Sauveur en butte aux calomnies de ses ennemis, et les angoisses de son exil sur la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le troisi&#232;me Psaume (139), le Messie se plaint de la perfidie de Judas et des pers&#233;cutions de la Synagogue ; il pr&#233;dit la juste vengeance qui doit &#233;clater&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quatri&#232;me Psaume (140) nous montre le Sauveur &#233;levant sa pri&#232;re vers Dieu comme l'encens du soir, les bras &#233;tendus sur la croix. Ses os sont disloqu&#233;s, il penche vers le tombeau ; mais il esp&#232;re dans le secours promis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cinqui&#232;me Psaume (141), le Christ se plaint d'&#234;tre abandonn&#233; de tous. Personne ne se d&#233;clare pour lui ; ses ennemis le tiennent, et ne le laisseront pas fuir. Il se tourne vers son P&#232;re, et lui demande de le tirer de la prison du tombeau o&#249; bient&#244;t il va descendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE D&#201;POUILLEMENT DES AUTELS.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les V&#234;pres &#233;tant termin&#233;es, le C&#233;l&#233;brant repara&#238;t assist&#233; du Diacre et du Sous-Diacre, et se dirige vers l'autel majeur. Il y monte avec eux, et aid&#233; de leur secours, il enl&#232;ve les nappes qui couvrent et ornent la table sainte. Ce rite lugubre annonce que le Sacrifice est suspendu. L'autel doit demeurer nu et d&#233;pouill&#233;, jusqu'&#224; ce que l'offrande journali&#232;re puisse &#234;tre de nouveau pr&#233;sent&#233;e &#224; la Majest&#233; divine ; mais il faut pour cela que l'&#201;poux de la sainte &#201;glise, vainqueur de la mort, s'&#233;lance vivant du sein de la tombe. En ce moment, il est aux mains des Juifs qui vont le d&#233;pouiller de ses v&#234;lements, comme nous d&#233;pouillons son autel. Il va &#234;tre expos&#233; nu aux outrages de tout un peuple : c'est pourquoi l'&#201;glise a choisi pour accompagner cette triste c&#233;r&#233;monie le Psaume XXIe, dans lequel le Messie expose d'une mani&#232;re si frappante l'action des soldats romains qui, au pied de sa croix, partagent ses d&#233;pouilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir d&#233;pouill&#233; l'autel majeur, le C&#233;l&#233;brant se rend aux autres autels de l'&#233;glise, et enl&#232;ve pareillement les nappes qui les couvraient. L'image de la d&#233;solation est partout. Le saint tabernacle lui-m&#234;me a perdu son h&#244;te divin. Le ciboire, dans lequel est r&#233;serv&#233;e la divine hostie pour le viatique des mourants, a &#233;t&#233; transport&#233; au reposoir, pr&#232;s du calice qui contient le corps du Seigneur. Tout est muet, tout est glac&#233; dans le saint temple. La majest&#233; de notre Dieu s'est retir&#233;e dans le sanctuaire &#233;cart&#233; o&#249; repose la Victime universelle ; et on n'approche de cet asile myst&#233;rieux qu'avec le silence du respect et de la componction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apr&#232;s-midi, en quelques &#233;glises, selon un usage antique, le Pr&#234;tre vient laver les autels d&#233;pouill&#233;s avec du vin et de l'eau, qu'il &#233;tend au moyen de quelques branches d'hysope r&#233;unies en faisceau. Cette coutume, qui s'observe encore dans la Basilique de Saint-Pierre, au Vatican, et qui a cess&#233; presque partout, est, selon le t&#233;moignage de saint Isidore de S&#233;ville&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De Ecclesiasticis Officiis, l. I, c. XXVIII.&#034; id=&#034;nh7-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et de saint Eloi, &#233;v&#234;que de Noyon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Homil. VIII. de C&#339;na Domini.&#034; id=&#034;nh7-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un hommage rendu au Christ, en retour de l'humilit&#233; qu'il a daign&#233; faire para&#238;tre en lavant aujourd'hui les pieds de ses disciples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE LAVEMENT DES PIEDS.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Sauveur, aujourd'hui, apr&#232;s avoir lav&#233; les pieds &#224; ses disciples, leur a dit : &#171; Savez-vous &#171; ce que je vous ai fait ? Vous m'appelez Ma&#238;tre et &#171; Seigneur, et vous dites bien ; car je le suis. Si donc je vous ai lav&#233; les pieds, moi Ma&#238;tre et Seigneur, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres ; car je vous ai donn&#233; l'exemple, afin que, comme je vous ai fait, vous fassiez &#171; aussi. &#187; L' &#201;glise a recueilli et mis en pratique cette parole ; et quoique le pr&#233;cepte qu'elle contient n'ait pas d'autre port&#233;e obligatoire que de nous astreindre, par l'exemple m&#234;me de l'Homme-Dieu, aux proc&#233;d&#233;s de la charit&#233; fraternelle, dans tous les si&#232;cles on a vu les chr&#233;tiens suivre cet exemple &#224; la lettre, et se laver les pieds les uns aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine du christianisme, cette action d'humble charit&#233; &#233;tait fr&#233;quente ; saint Paul, &#233;num&#233;rant les qualit&#233;s de la veuve chr&#233;tienne, recommande &#224; Timoth&#233;e d'observer si elle a &#233;t&#233; empress&#233;e &#171; &#224; laver les pieds des saints&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I Tim. V, 10.&#034; id=&#034;nh7-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire des fid&#232;les. Nous voyons, en effet, cette pieuse pratique en usage au temps des martyrs, et m&#234;me plus tard, dans les si&#232;cles de la paix. Les Actes des Saints des six premiers si&#232;cles, les Hom&#233;lies et les trait&#233;s des P&#232;res y font mille allusions Dans la suite, la charit&#233; se refroidit, et le lavement des pieds tendit &#224; n'&#234;tre plus qu'une pratique pour les monast&#232;res. Toutefois de grands exemples &#233;taient donn&#233;s de temps en temps, et jusque sur le tr&#244;ne, comme pour emp&#234;cher la prescription que l'orgueil humain cherchait &#224; &#233;tablir contre l'exemple du R&#233;dempteur. La France vit son pieux roi Robert, et plus tard son incomparable saint Louis, laver avec d&#233;lices les pieds des pauvres. De saintes princesses, une Marguerite d'&#201;cosse, une &#201;lisabeth de Hongrie et tant d'autres, tinrent &#224; honneur d'imiter &#224; la lettre l'action du Christ. Enfin l'&#201;glise, qui ne peut rien laisser perdre des traditions que lui a recommand&#233;es celui qui est son Chef et son &#201;poux, a voulu que du moins une fois dans l'ann&#233;e la repr&#233;sentation de l'humilit&#233; sublime du Sauveur envers ses serviteurs f&#251;t mise sous les yeux des fid&#232;les. Elle veut que, dans chaque &#233;glise importante, le Pr&#233;lat, ou le sup&#233;rieur, honore les abaissements du Fils de Dieu, en accomplissant le rite touchant du lavement des pieds. Le Pontife supr&#234;me donne aujourd'hui, comme il convient, l'exemple &#224; toute l'&#201;glise, dans le palais du Vatican ; et son action est r&#233;p&#233;t&#233;e, par ses fr&#232;res les &#201;v&#234;ques, dans le monde entier ; bien plus, dans les cours catholiques, on voit les rois et les reines s'agenouiller aux pieds de leurs sujets, leur laver humblement les pieds, et les combler de pieuses largesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Douze pauvres sont ordinairement choisis pour repr&#233;senter, en cette occasion, les douze Ap&#244;tres ; mais le Pontife Romain lave les pieds &#224; treize pr&#234;tres de treize nations diff&#233;rentes : ce qui a port&#233; la sainte &#201;glise, dans son C&#233;r&#233;monial, &#224; exiger ce nombre pour la fonction du lavement des pieds dans les &#201;glises cath&#233;drales. Cet usage a &#233;t&#233; diversement interpr&#233;t&#233;. Les uns y ont vu l'intention de repr&#233;senter le nombre parfait du Coll&#232;ge Apostolique, qui est de treize : le tra&#238;tre Judas ayant &#233;t&#233; remplac&#233; par saint Mathias, et une disposition extraordinaire du Christ ayant adjoint saint Paul aux Ap&#244;tres ant&#233;rieurement choisis. D'autres sont plus fond&#233;s &#224; dire, avec le savant pape Benoit XIV&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De Festis D. N. J. Lib. I, cap. VI, ne 57.&#034; id=&#034;nh7-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qu'il faut aller chercher la raison de ce nombre dans un fait de la vie de saint Gr&#233;goire le Grand, dont Rome a voulu conserver le touchant souvenir. Cet illustre Pontife lavait chaque jour les pieds &#224; douze pauvres qu'il admettait ensuite &#224; sa table. Un jour, un treizi&#232;me pauvre se trouva m&#234;l&#233; avec les autres, sans que personne l'e&#251;t vu entrer ; ce personnage &#233;tait un Ange que Dieu avait envoy&#233; afin qu'il t&#233;moign&#226;t, par sa miraculeuse pr&#233;sence, combien &#233;tait agr&#233;able au ciel la charit&#233; de Gr&#233;goire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La c&#233;r&#233;monie du lavement des pieds, qui est aussi appel&#233;e le Mandatum, &#224; cause du premier mot de l'Antienne que l'on chante &#224; cette fonction, commence par la lecture de l'&#201;vangile de la Messe du Jeudi saint. Apr&#232;s cet &#201;vangile, o&#249; est racont&#233;e l'action du Sauveur, le C&#233;l&#233;brant se d&#233;pouille du pluvial ; on le ceint ensuite d'un linge, et il se dirige vers ceux dont il doit laver les pieds. Il s'agenouille devant chacun d'eux, et baise le pied apr&#232;s l'avoir lav&#233; Pendant ce temps-l&#224;, le Ch&#339;ur chante les Antiennes pr&#233;vues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces Antiennes, on chante le Cantique &lt;i&gt;Ubi Caritas&lt;/i&gt;, qui est une exhortation touchante &#224; la charit&#233; fraternelle dont le lavement des pieds est le symbole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le C&#233;l&#233;brant, s'&#233;tant rev&#234;tu de nouveau du pluvial, conclut la fonction par la pri&#232;re suivante : &#171; Recevez favorablement, Seigneur, les humbles devoirs que nous vous rendons ; et puisque vous n'a pas d&#233;daign&#233; d&#233;laver vous-m&#234;me les pieds de vos disciples, ne m&#233;prisez pas cette &#339;uvre de vos mains dont vous nous avez impos&#233; l'imitation ; afin qu'apr&#232;s avoir lav&#233; nous-m&#234;mes les taches ext&#233;rieures de nos corps, nous ayons le bonheur d'&#234;tre purifies par vous des souillures int&#233;rieures de nos p&#233;ch&#233;s. Accordez-nous cette gr&#226;ce, vous qui, &#233;tant Dieu, vivez et r&#233;gnez dans les si&#232;cles des si&#232;cles. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE SOIR.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Judas est sorti de la salle, et il s'est dirig&#233;, &#224; la faveur des t&#233;n&#232;bres, vers les ennemis du Sauveur. J&#233;sus, s'adressant alors &#224; ses Ap&#244;tres fid&#232;les, a dit : &#171; C'est maintenant que le Fils de l'homme va &#234;tre glorifi&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIII, 31.&#034; id=&#034;nh7-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il parlait de la gloire qui devait suivre sa Passion ; mais cette douloureuse Passion commen&#231;ait d&#233;j&#224;, et la trahison de Judas en &#233;tait le premier acte. Cependant les Ap&#244;tres, oubliant trop la tristesse dont ils avaient &#233;t&#233; saisis, lorsque J&#233;sus leur avait annonc&#233; que l'un d'eux devait le trahir, se laiss&#232;rent aller &#224; une contestation. Ils disputaient pour savoir qui d'entre eux &#233;tait le plus grand. Ils se souvenaient des paroles que J&#233;sus avait adress&#233;es &#224; Pierre, lorsqu'il le cr&#233;a fondement de son &#201;glise ; ils venaient devoir leur Ma&#238;tre lui laver les pieds avant tous les autres ; mais la familiarit&#233; de Jean avec J&#233;sus, durant la C&#232;ne, les avait frapp&#233;s ; et ils se demandaient si enfin le supr&#234;me honneur ne serait pas pour celui qui semblait &#234;tre le plus aim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus met fin &#224; ce d&#233;bat en donnant &#224; ces futurs Pasteurs des peuples une le&#231;on d'humilit&#233;. Il y aura parmi eux un Chef ; mais &#171; celui de vous, dit-il, qui est le plus grand, doit &#234;tre comme le moindre, et celui qui gouverne, comme celui qui sert. Ne suis-je pas moi-m&#234;me au milieu de vous comme celui qui sert&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXII. 26, 27.&#034; id=&#034;nh7-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187; Puis, s'adressant &#224; Pierre : &#171; Simon, Simon, lui dit-il, Satan vous a demand&#233;s pour vous cribler comme le froment ; mais j'ai pri&#233; pour toi, afin que ta foi ne d&#233;faille pas ; et toi, quand tu seras converti, confirme tes fr&#232;res&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. 31. 32.&#034; id=&#034;nh7-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Ce dernier entretien est comme le testament du Sauveur ; il pourvoit au sort de son &#201;glise, avant del&#224; quitter. Les Ap&#244;tres seront les fr&#232;res de Pierre ; mais Pierre sera leur Chef. Cette qualit&#233; sublime sera relev&#233;e en lui par l'humilit&#233; ; il sera le &#171; serviteur des serviteurs de Dieu &#187;. Le coll&#232;ge apostolique aurait tout &#224; craindre de la fureur de l'enfer ; mais Pierre seul suffira &#224; confirmer dans la foi ses fr&#232;res. Son enseignement sera toujours conforme &#224; la v&#233;rit&#233; divine, toujours infaillible ; J&#233;sus a pri&#233; pour qu'il en soit ainsi. Cette pri&#232;re est toute-puissante, et par elle l'&#201;glise, toujours docile &#224; la voix de Pierre, gardera &#224; jamais la doctrine du Fils de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus, apr&#232;s avoir ainsi assur&#233; l'avenir de son &#201;glise par ces paroles qu'il adressait &#224; Pierre, leur dit &#224; tous avec une incomparable tendresse : &#171; Mes petits enfants, je suis encore avec vous un peu de temps. Aimez-vous les uns les autres. On conna&#238;tra que vous &#234;tes mes disciples &#224; l'amour que vous vous porterez mutuellement. &#187; Pierre lui dit : &#171; Seigneur, o&#249; allez-vous ? &#8212; Tu ne peux maintenant me suivre o&#249; je vais, r&#233;pondit J&#233;sus ; mais tu me suivras plus tard. &#8212; Et pourquoi, dit Pierre, ne vous suivrais-je pas d&#232;s cette heure ? Je donnerais ma vie pour vous. &#8212;Tu donnerais ta vie pour moi ! r&#233;pondit J&#233;sus. En v&#233;rit&#233;, en v&#233;rit&#233; ; je te le dis : le coq ne chantera pas que tu ne m'aies reni&#233; trois fois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIII, 33-38.&#034; id=&#034;nh7-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; L'amour de Pierre pour J&#233;sus &#233;tait trop humain ; car il n'&#233;tait pas fond&#233; sur l'humilit&#233;. La pr&#233;somption vient de l'orgueil ; elle ne sert qu'&#224; pr&#233;parer nos chutes. Afin de disposer Pierre &#224; son minist&#232;re d'indulgence, et aussi pour nous donner &#224; tous une le&#231;on utile, Dieu permit que celui qui devait bient&#244;t devenir le prince des Ap&#244;tres tomb&#226;t dans une faute aussi honteuse qu'elle &#233;tait grave. Mais recueillons encore quelques traits dans les paroles si p&#233;n&#233;trantes de notre Sauveur, &#224; ce moment d'adieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis, dit-il encore, la Voie, la V&#233;rit&#233; et la Vie. Si vous m'aimez, gardez mes commandements. Je prierai mon P&#232;re, et il vous enverra un autre consolateur qui restera avec vous toujours. Je ne vous laisserai point orphelins, je reviendrai vers vous. Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix ; je ne vous donne pas une paix comme celle que donne le monde. Que votre c&#339;ur ne se trouble donc pas ; qu'il ne craigne rien. Si vous m'aimez, vous vous r&#233;jouirez de ce que je vais &#224; mon P&#232;re. Je n'ai plus que peu de temps &#224; vous parler ; car voici le prince de ce monde qui approche ; il n'a rien pour lui en moi. Mais afin que le monde sache que j'aime mon P&#232;re, et que je fais ce qu'il me commande, levez-vous ; sortons d'ici&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XIV.&#034; id=&#034;nh7-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Les disciples &#233;mus se lev&#232;rent ; on r&#233;cita l'hymne d'action de gr&#226;ces, et J&#233;sus, toujours accompagn&#233; de ses Ap&#244;tres, se dirigea vers le mont des Oliviers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant le trajet, le Sauveur continue ses divins &#233;panchements, et la rencontre d'une vigne lui fournit occasion d'en tirer une pr&#233;cieuse comparaison qui nous apprend la relation que la gr&#226;ce divine &#233;tablit entre lui et nos &#226;mes. &#171; Je suis, dit-il, la vraie vigne, et mon P&#232;re est le vigneron. Toute branche qui ne porte point de fruit en moi, il la retranchera ; et toute branche qui en portera, il la taillera, afin qu'elle en porte davantage. Demeurez en moi, et moi en vous. Comme la branche ne peut porter de fruit qu'autant qu'elle adh&#232;re au cep, ainsi vous n'en pouvez n'en porter qu'autant que vous demeurez en moi. Je suis le cep, et vous &#234;tes les branches ; celui qui demeure en moi et moi en lui, porte beaucoup de fruit ; car sans moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il sera retranch&#233; comme une branche, et se dess&#233;chera ; on le ramassera, on le jettera au feu, et il br&#251;lera. Ce n'est pas vous qui m'avez choisi : c'est moi qui vous ai choisis, et je vous ai &#233;tablis afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XV.&#034; id=&#034;nh7-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il leur parla ensuite des pers&#233;cutions qui les attendaient, et de la haine que le monde aurait pour eux. Il renouvela la promesse qu'il leur avait faite de leur envoyer son Esprit consolateur, et leur dit qu'il &#233;tait avantageux pour eux qu'il les quitt&#226;t ; mais qu'ils obtiendraient tout en le demandant au P&#232;re en son nom. &#171; Le P&#232;re, ajouta-t-il, vous aime, parce que vous m'aimez et que vous croyez que je suis sorti de Dieu. Je suis sorti du P&#232;re, et je suis venu dans le monde ; maintenant je quitte le monde, et je m'en retourne &#224; mon P&#232;re. &#187; Les disciples lui dirent : &#171; Nous connaissons maintenant que vous savez toutes choses, et que vous n'avez pas besoin que l'on vous interroge ; c'est pour cela que nous croyons que vous &#234;tes sorti de Dieu. &#8212; Vous croyez maintenant ? leur r&#233;pondit J&#233;sus ; voici l'heure cependant o&#249; vous allez vous disperser tous, et vous me laisserez seul&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. XVI.&#034; id=&#034;nh7-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Vous serez tous scandalis&#233;s cette nuit &#224; mon sujet ; car il est &#233;crit : Je frapperai le pasteur, et les brebis seront dispers&#233;es ; mais lorsque je serai ressuscit&#233;, j'irai devant vous en Galil&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVI, 31, 32.&#034; id=&#034;nh7-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre essaya de protester de sa fid&#233;lit&#233; qui, disait-il, serait plus grande encore que celle des autres. Il en e&#251;t d&#251; &#234;tre ainsi, puisqu'il &#233;tait de la part de son Ma&#238;tre l'objet d'une distinction particuli&#232;re ; mais J&#233;sus r&#233;p&#233;ta l'humiliante pr&#233;diction qu'il avait faite &#224; cet Ap&#244;tre ; puis &#233;levant les yeux au ciel avec un calme tout divin, il dit : &#171; Mon P&#232;re, l'heure est venue ; glorifiez votre Fils, afin qu'il vous glorifie. J'ai consomm&#233; l'ouvrage que vous m'aviez donn&#233; &#224; faire ; j'ai manifest&#233; votre nom aux hommes que vous m'avez donn&#233;s. Ils savent maintenant que je suis sorti de vous ; maintenant ils croient v&#233;ritablement que c'est vous qui m'avez envoy&#233;. Je prie pour eux ; mais je ne prie pas pour le monde. D&#233;j&#224; je ne suis plus dans le monde ; je viens &#224; vous ; mais eux, ils restent dans le monde. P&#232;re saint, conservez en votre nom ceux que vous m'avez donn&#233;s, afin qu'ils soient un, comme nous sommes un. Pendant que j'&#233;tais avec eux, je les conservais en votre nom ; j'ai conserve ceux que vous m'aviez donn&#233;s, et aucun d'eux n'a p&#233;ri, si ce n'est le fils de perdition, afin que l'&#201;criture f&#251;t accomplie. Je leur ai donn&#233; votre parole ; et le monde les a ha&#239;s, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme moi aussi je ne lui appartiens pas. Je ne vous prie pas cependant de les &#244;ter du monde, mais de les garder du mal. Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui doivent croire en moi par leur parole : afin que tous ils soient un, comme vous, mon P&#232;re, &#234;tes en moi, et moi en vous ; afin que le monde croie que vous m'avez envoy&#233;. O P&#232;re, je veux que l&#224; o&#249; je suis, ceux que vous m'avez donn&#233;s y soient aussi avec moi ; et qu'ils voient la gloire que vous m'avez donn&#233;e, parce que vous m'aimiez d&#233;j&#224; avant que le monde f&#251;t cr&#233;&#233;. P&#232;re juste, le monde ne vous a point connu ; mais moi je vous ai connu ; et ceux-ci savent que vous m'avez envoy&#233;. Et je leur ai manifest&#233; votre nom, et je le leur manifesterai encore, afin que l'amour dont vous m'avez aim&#233; soit en eux, et moi en eux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XVII.&#034; id=&#034;nh7-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tels &#233;taient les &#233;lans d'amour qui s'&#233;chappaient du c&#339;ur de J&#233;sus, lorsqu'il traversait le torrent de C&#233;dron, et gravissait avec ses disciples la montagne des Oliviers. Arriv&#233; au lieu nomm&#233; Geths&#233;mani, il entre dans un jardin, o&#249; souvent il avait conduit ses Ap&#244;tres pour s'y reposer avec eux. A ce moment, un saisissement douloureux s'empare de son &#226;me ; sa nature humaine &#233;prouve comme une suspension de cette b&#233;atitude que lui procurait l'union avec la divinit&#233;. Elle sera soutenue int&#233;rieurement jusqu'&#224; l'entier accomplissement du sacrifice, mais elle portera tout le fardeau qu'elle peut porter. J&#233;sus se sent press&#233; de se retirer &#224; l'&#233;cart ; dans son abattement, il veut fuir les regards de ses disciples. Il ne prend avec lui que Pierre, Jacques et Jean, t&#233;moins nagu&#232;re de sa glorieuse transfiguration. Seront-ils plus fermes que les autres en face de l'humiliation de leur Ma&#238;tre ? Les paroles qu'il leur adresse montrent assez quelle r&#233;volution subite vient de s'accomplir dans son &#226;me. Lui dont le langage &#233;tait si calme tout &#224; l'heure, dont les traits &#233;taient si sereins, la voix si affectueuse, voici maintenant qu'il leur dit : &#171; Mon &#226;me est triste jusqu'&#224; la mort ; restez ici et veillez avec moi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVI. 38.&#034; id=&#034;nh7-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il les quitte, et se dirige vers une grotte situ&#233;e &#224; un jet de pierre, et qui conserve encore aujourd'hui la m&#233;moire de la terrible sc&#232;ne dont elle fut t&#233;moin. L&#224; J&#233;sus se prosterne la face contre terre, et s'&#233;crie : &#171; Mon P&#232;re, tout vous est possible ; &#233;loignez de moi ce calice ; n&#233;anmoins que votre volont&#233; se fasse, et non la mienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marc. XIV, 36.&#034; id=&#034;nh7-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; En m&#234;me temps une sueur de sang s'&#233;chappait de ses membres et baignait la terre. Ce n'&#233;tait plus un abattement, un saisissement : c'&#233;tait une agonie. Alors Dieu envoie un secours &#224; cette nature expirante, et c'est un Ange qu'il charge de la soutenir. J&#233;sus est trait&#233; comme un homme ; et son humanit&#233;, toute bris&#233;e qu'elle est, doit, sans autre aide sensible que celle qu'il re&#231;oit de cet Ange que la tradition nous dit avoir &#233;t&#233; Gabriel, se relever et accepter de nouveau le calice qui lui est pr&#233;par&#233;. Et pourtant, quel calice que celui qu'il va boire ! Toutes les douleurs de l'&#226;me et du corps, avec tous les brisements du c&#339;ur ; les p&#233;ch&#233;s de l'humanit&#233; tout enti&#232;re devenus les siens et criant vengeance contre lui ; l'ingratitude des hommes qui rendra inutile pour beaucoup le sacrifice qu'il va offrir. Il faut que J&#233;sus accepte toutes ces amertumes, en ce moment o&#249; il semble, pour ainsi dire, r&#233;duit a la nature humaine ; mais la vertu de la divinit&#233; qui est en lui le soutient, sans lui &#233;pargner aucune angoisse. Il commence sa pri&#232;re en demandant de ne pas boire le calice ; il la termine en assurant son P&#232;re qu'il n'a point d'autre volont&#233; que la sienne. J&#233;sus se l&#232;ve donc, laissant sur la terre les traces sanglantes de la sueur que la violence de son agonie a fait couler de ses membres ; ce ne sont l&#224; cependant que les pr&#233;mices de ce sang r&#233;dempteur qui est notre ran&#231;on. Il va vers ses trois disciples et les trouve endormis. &#171; Quoi ! leur dit-il, vous n'avez pu veiller une heure avec moi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVI, 40.&#034; id=&#034;nh7-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'abandon des siens commence d&#233;j&#224; pour lui. Il retourne deux fois encore &#224; la grotte, o&#249; il fait la m&#234;me pri&#232;re d&#233;sol&#233;e et soumise ; deux fois il en revient, et c'est pour rencontrer toujours la m&#234;me insensibilit&#233; dans ces hommes qu'il avait choisis pour veiller pr&#232;s de lui. &#171; Dormez donc, leur dit-il, et reposez-vous ; voil&#224; l'heure o&#249; le Fils de l'homme va &#234;tre livr&#233; aux mains des p&#233;cheurs. &#187; Puis, ranimant toutes ses forces avec un courage sublime : &#171; Levez-vous, dit-il ; marchons, celui qui me trahit est pr&#232;s d'ici&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXVI, 46.&#034; id=&#034;nh7-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il parlait encore, et tout &#224; coup le jardin est envahi par une troupe de gens arm&#233;s, portant des flambeaux et conduits par Judas. La trahison se consomme par la profanation du signe de l'amiti&#233;. &#171; Judas ! Tu trahis le Fils de l'homme par un baiser&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XXII, 48.&#034; id=&#034;nh7-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187; Paroles si vives et si touchantes qu'elles auraient d&#251; abattre ce malheureux aux pieds de son Ma&#238;tre ; mais il n'&#233;tait plus temps. Le l&#226;che n'e&#251;t pas ose braver la soldatesque qu'il avait amen&#233;e. Mais les gens du grand-pr&#234;tre ne mettront pas la main sur J&#233;sus qu'il ne l'ait permis. D&#233;j&#224; une seule parole sortie de sa bouche les a renvers&#233;s par terre ; J&#233;sus permet qu'ils se rel&#232;vent ; puis il leur dit avec la majest&#233; d'un roi : &#171; Si c'est moi que vous cherchez, laissez ceux-ci se retirer. Vous &#234;tes venus avec des armes pour me saisir, moi qui tous ces jours me tenais dans le Temple sans que vous ayez tent&#233; de m'arr&#234;ter ; mais c'est maintenant votre heure et le r&#232;gne des t&#233;n&#232;bres. &#187; Et se tournant vers Pierre qui avait tir&#233; l'&#233;p&#233;e : &#171; Est-ce que je ne pourrais pas, si je le voulais, prier mon P&#232;re qui m'enverrait aussit&#244;t plus de douze l&#233;gions d'Anges ? Mais alors comment s'accompliraient les &#201;critures&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XVIII, 8. Luc. XXI, 52,53. Matth. XXVI, 53.&#034; id=&#034;nh7-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces paroles, J&#233;sus se laisse emmener. C'est alors que les Ap&#244;tres, d&#233;courag&#233;s et saisis de frayeur, se dispersent ; et pas un ne s'attache aux pas de son Ma&#238;tre, si ce n'est Pierre qui suivait de loin, avec un autre disciple. La vile soldatesque qui entra&#238;nait J&#233;sus lui faisait parcourir cette m&#234;me route qu'il avait suivie le dimanche pr&#233;c&#233;dent, lorsque le peuple vint au-devant de lui avec des palmes et des branches d'olivier. On traversa le torrent de C&#233;dron ; et la tradition de l'&#201;glise de J&#233;rusalem porte que les soldats y pr&#233;cipit&#232;rent le Sauveur qu'ils tra&#238;naient avec brutalit&#233;. Ainsi s'accomplissait la pr&#233;diction de David sur le Messie : &#171; Il boira en passant de l'eau du torrent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psalm. CIX.&#034; id=&#034;nh7-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant on est arriv&#233; sous les remparts de J&#233;rusalem. La porte s'ouvre devant le divin prisonnier ; mais la ville, envelopp&#233;e des ombres de la nuit, ignore encore l'attentat qui vient de s'accomplir. C'est demain seulement qu'elle apprendra, au lever du jour, que J&#233;sus de Nazareth, le grand Proph&#232;te, est tomb&#233; entre les mains des princes des pr&#234;tres et des pharisiens. La nuit est avanc&#233;e ; cependant le soleil tardera longtemps encore &#224; para&#238;tre. Les ennemis de J&#233;sus ont projet&#233; de le livrer dans la matin&#233;e au gouverneur Ponce-Pilate, comme un perturbateur de la tranquillit&#233; publique ; mais en attendant ils veulent le juger et le condamner comme un coupable en mati&#232;re religieuse. Leur tribunal a le droit de conna&#238;tre des causes de cette nature, bien que ses sentences ne puissent pas s'&#233;lever jusqu'&#224; la peine capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conduit donc J&#233;sus chez Anne, beau-p&#232;re du grand-pr&#234;tre Ca&#239;phe, o&#249;, selon les dispositions qui avaient &#233;t&#233; prises, devait avoir lieu un premier interrogatoire. Ces hommes de sang avaient pass&#233; la nuit sans prendre aucun repos. Depuis le d&#233;part de leurs gardes pour le jardin des Oliviers, ils avaient compt&#233; les moments, incertains qu'ils &#233;taient de l'issue du complot ; on leur am&#232;ne enfin leur proie ; leurs d&#233;sirs cruels vont &#234;tre satisfaits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suspendons ce r&#233;cit douloureux, pour le reprendre demain, lorsque la marche du temps aura ramen&#233; les heures auxquelles s'op&#233;r&#232;rent les augustes myst&#232;res qui sont pour nous instruction et salut. Cette journ&#233;e est assez remplie des bienfaits de notre Sauveur : il nous a donn&#233; sa chair pour nourriture ; il a institu&#233; le sacerdoce nouveau ; son c&#339;ur s'est ouvert pour nous dans les plus tendres &#233;panchements. Nous l'avons vu aux prises avec la faiblesse humaine, en face du calice de sa Passion, triompher de lui-m&#234;me pour nous sauver. Maintenant le voil&#224; trahi, encha&#238;n&#233;, conduit captif dans la ville sainte, pour y consommer son sacrifice. Adorons et aimons ce Fils de Dieu, qui pouvait, par la moindre de ces humiliations, nous sauver tous, et qui n'est encore qu'au d&#233;but du grand acte de d&#233;vouement que son amour pour nous lui a fait accepter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pla&#231;ons ici cette belle Pr&#233;face du Missel gothique des &#201;glises d'Espagne, qui a pour objet l'un des myst&#232;res de cette sainte journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;font color=&#034;#FF0000&#034;&gt;ILLATION.&lt;/font&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;Dignum et justum est : nos tibi, Domine sancte, Pater omnipotens, gratias agere : et Jesu Christo Filio tuo. Cujus nos humanitas colligit : humilitas erigit : traditio solvit : p&#339;na redimit : crux salvificat : sanguis emaculat : caro saginat. Qui seipsum pro nobis hodie tradidit ; et culp&#230; nostr&#230; vincula relaxavit. Qui ad commendandam fidelibus bonitatis suas, humilitatisque magnificentiam, etiam traditoris sui non dedignatus est pedes abluere : cujus jam manus pr&#230;videbat in scelere. Sed quid mirum si, dum ministerium formas servilis voluntari&#230; morti vicinus adimplet, posuit vestimenta sua : qui cum in forma Dei esset, semetipsum exinanivit ? Quid mirum, si pr&#230;cinxit se linteo : qui formam servi accipiens, habitu est inventus ut homo ? Quid mirum si misit aquam in pelvim, unde lavaret pedes discipulorum : qui in terra sanguinem suum fudit, quo immunditias dilueret peccatorum ? Quid mirum, si linteo quo erat pr&#230;cinctus, pedes quos laverat tersit : qui carne qua erat indutus evangehstarum vestigia confirmavit ? Et linteo quidem ut se pr&#230;cingeret, posuit vestimenta qu&#230; habebat : ut autem formam servi acciperet, quando semetipsum exinanivit, non quod habebat deposuit, sed quod non habebat accepit. Crucifigendus sane suis expoliatus est vestimentis : et mortuus involutus est linteis : et tota illa ejus passio credentium est facta purgatio. Passurus igitur exitia, pr&#230;misit obsequia : non solum eis pro quibus subiturus venerat mortem ; sed etiam illi qui fuerat traditurus illum ad mortem. Tanta quippe est human&#230; humilitatis utilitas, ut eam suo commendaret exemplo divina sublimitas : Quia homo superbus in &#230;ternum periret, nisi illum Deus humilis inveniret. Ut qui periret superbia deceptoris, salvaretur humilitate piissimi redemptoris. Cui merito omnes Angeli et Archangeli non cessant clamare quotidie, una voce dicentes : Sanctus ! Sanctus ! Sanctus !&lt;/td&gt;&lt;td&gt;Il est digne et juste, Seigneur saint, P&#232;re tout-puissant, que nous vous rendions gr&#226;ces, &#224; vous et &#224; J&#233;sus-Christ votre Fils, dont la bont&#233; a recueilli notre mis&#232;re, dont l'humilit&#233; a rel&#232;ve notre bassesse ; qui &#233;tant livr&#233; nous a d&#233;gag&#233;s, &#233;tant condamn&#233; nous a rachet&#233;s, &#233;tant crucifi&#233; nous a sauv&#233;s ! Son sang nous purifie, sa chair nous nourrit. C'est aujourd'hui qu'il s'est livr&#233; pour nous, aujourd'hui qu'il a d&#233;li&#233; les liens de nos p&#233;ch&#233;s. Pour signaler sa bont&#233; et son humilit&#233; sublime aux yeux de ses fid&#232;les, il n'a pas d&#233;daign&#233; de laver les pieds du tra&#238;tre, dont il voyait d&#233;j&#224; la main engag&#233;e dans le crime. Mais quoi d'&#233;tonnant si, la veille de sa mort, remplissant l'office d'un serviteur, il d&#233;pose ses v&#234;tements, lui qui, &#233;tant dans la nature m&#234;me de Dieu, avait daign&#233; s'an&#233;antir lui-m&#234;me ? Quoi d'&#233;tonnant, si nous le voyons ceint d'un linge, lui qui, prenant la forme d'esclave, a paru dans la nature humaine ? Quoi d'&#233;tonnant s'il verse de l'eau dans un bassin pour laver les pieds de ses disciples, lui qui a r&#233;pandu son sang sur la terre pour enlever les souillures des p&#233;cheurs ? Quoi d'&#233;tonnant si, avec le linge dont il &#233;tait ceint, il essuya les pieds qu'il avait lav&#233;s, lui qui, rev&#234;tu de la chair, a affermi les pas de ceux qui devaient annoncer son &#201;vangile ? Avant de s'entourer de ce linge, il d&#233;posa les v&#234;tements qu'il avait ; lorsqu'il s'an&#233;antit en prenant la nature d'esclave, il ne d&#233;posa pas ce qui &#233;tait en lui, mais il prit ce qu'il n'avait pas. Quand on le crucifia, il fut d&#233;pouill&#233; de ses v&#234;tements ; mort, il fut envelopp&#233; de linceuls ; et sa Passion tout enti&#232;re a &#233;t&#233; la purification des croyants. Avant de souffrir la mort, il donna des marques de sa bont&#233;, non seulement &#224; ceux auxquels sa mort devait &#234;tre utile, mais &#224; celui m&#234;me qui devait le livrer &#224; la mort. Certes, l'humilit&#233; est utile &#224; l'homme, puisque la majest&#233; divine daigne la recommander par un tel exemple. L'homme superbe &#233;tait perdu &#224; jamais, si un Dieu humble ne se f&#251;t mis &#224; sa recherche ; si celui qui avait p&#233;ri en partageant l'orgueil de son s&#233;ducteur, n'e&#251;t &#233;t&#233; sauv&#233; par l'abaissement de son mis&#233;ricordieux R&#233;dempteur, &#224; qui les Anges et les Archanges ne cessent de chanter tout d'une m&#234;me voix : Saint ! Saint ! Saint !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&lt;/h2&gt;&lt;center&gt;Station au Latran.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;La basilique du Sauveur, pr&#232;s de laquelle, depuis le Ve si&#232;cle, les Souverains Pontifes &#233;tablirent leur r&#233;sidence ordinaire, r&#233;clame aujourd'hui l'honneur des rites par lesquels l'&#201;glise commence pr&#233;cis&#233;ment en ce jour la solennit&#233; pascale. Autrefois, il y avait trois messes ; une le matin, pour la r&#233;conciliation des p&#233;nitents publics ; une autre pour la cons&#233;cration des saintes Huiles destin&#233;es &#224; l'onction des infirmes et au Bapt&#234;me ; la troisi&#232;me enfin, vers le soir, pour la comm&#233;moration de la C&#232;ne du Seigneur et la communion pascale. On comprend donc pourquoi au lieu de c&#233;l&#233;brer la station &#224; Saint-Pierre, qui &#233;tait alors en dehors de l'enceinte de la Ville, on la tenait, plus commod&#233;ment, au Latran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, le rite est moins complexe, et la discipline de la p&#233;nitence publique &#233;tant tomb&#233;e en d&#233;su&#233;tude, l'on consacre les saintes Huiles &#224; la messe m&#234;me de la communion pascale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La triple synaxe que c&#233;l&#233;braient nos p&#232;res leur avait toutefois sugg&#233;r&#233; &#224; eux-m&#234;mes un prudent raccourcissement de la c&#233;r&#233;monie, et nous apprenons par les documents du VIIIe si&#232;cle que la troisi&#232;me messe commen&#231;ait directement par la pr&#233;face, les lectures, les psaumes et tout ce qui pr&#233;c&#232;de habituellement l'anaphore cons&#233;cratoire &#233;tant omis. C'est pourquoi, dans notre missel, toute la premi&#232;re partie de la messe du jeudi saint manque d'&#233;l&#233;ments propres, et glane dans d'autres messes les morceaux qui la composent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intro&#239;t est celui du mardi pr&#233;c&#233;dent. Nous ne devons pas nous laisser effrayer par la seule appr&#233;hension de la croix. Elle est comme un rem&#232;de, un peu amer au go&#251;t, mais qui donne &#224; coup s&#251;r la sant&#233;. L'Ap&#244;tre dit qu'en J&#233;sus crucifi&#233; est salus, vita et resurrectio nostra. Il est la r&#233;surrection, parce que sa mort nous m&#233;rite la gr&#226;ce de ressusciter du tombeau de nos p&#233;ch&#233;s ; il est la vie, parce que c'est par &#233;gard pour lui que le P&#232;re &#233;ternel nous accorde l'Esprit Saint, qui est le principe vital de toute notre vie spirituelle ; il est le salut, parce que, au dire d'Isa&#239;e, le sang de ses plaies et les meurtrissures de ses membres sillonn&#233;s par les fouets sont comme un baume contre les vices et les passions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte est la m&#234;me que celle qui sera assign&#233;e demain apr&#232;s la premi&#232;re lecture. Elle touche de loin au myst&#232;re de la pr&#233;destination, rappelant qu'&#224; l'occasion de la passion du Sauveur le larron obtint le salut, tandis que Judas d&#233;sesp&#233;r&#233; courut au-devant de sa damnation. Le sort diff&#233;rent de ces deux personnages nous remplit d'une salutaire terreur et nous apprend que, pour arriver au salut, il ne suffit pas d'&#234;tre simple spectateur ou d'avoir part, d'une mani&#232;re quelconque, au rite de la passion du Sauveur, mais qu'il faut aussi renoncer au p&#233;ch&#233; et &#224; la vie pass&#233;e nagu&#232;re loin de Dieu, afin de ressusciter avec J&#233;sus-Christ &#224; une vie toute sainte et conforme &#224; sa volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la collecte vient la lecture d'un passage de la lettre de saint Paul aux Corinthiens (I, II, 20-32) sur l'institution du sacrement de l'Autel et sur les dispositions d'&#226;me et de corps requises pour y participer dignement. Cette lecture a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; faite &#224; l'office nocturne mais il convient de la r&#233;p&#233;ter, car sa place naturelle est pr&#233;cis&#233;ment &#224; la messe du jeudi saint. A Corinthe, &#224; l'occasion du banquet commun o&#249;, selon l'exemple du Sauveur et la toute premi&#232;re discipline apostolique, se consacrait alors l'Eucharistie, cet abus s'&#233;tait introduit que les riches ne pensaient qu'&#224; eux-m&#234;mes et laissaient par derri&#232;re les pauvres et les retardataires. Cela, observe l'Ap&#244;tre, n'est plus la C&#232;ne du Seigneur, mais ressemble par trop &#224; ces banquets en usage dans les confr&#233;ries religieuses pa&#239;ennes qui avaient aussi des repas collectifs. Il s'agit moins de satisfaire aux besoins du corps que de conserver intacte la signification sacramentelle de la C&#232;ne o&#249; l'on c&#233;l&#232;bre en commun le sacrifice comm&#233;moratif de la mort du Seigneur et o&#249; l'on y participe ensemble. Que chacun donc scrute sa conscience, afin que le pain de vie, mang&#233; indignement, ne devienne pas une cause de mort et de condamnation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La messe est donc, selon l'enseignement de l'Ap&#244;tre, un v&#233;ritable et propre sacrifice comm&#233;moratif de celui du Calvaire, c'est-&#224;-dire de la mort du Seigneur. Nous devons par cons&#233;quent y prendre part avec une foi vive et avec reconnaissance, dans la mesure o&#249; nous voulons b&#233;n&#233;ficier des effets de la r&#233;demption. Il appartient au rite du sacrifice qu'on y participe moyennant la manducation de la victime. Chez les anciens peuples, on entendait signifier par ce banquet final la relation intime existant entre la victime sacrifi&#233;e et les fid&#232;les, au nom de qui elle &#233;tait offerte &#224; la divinit&#233;. La victime se substitue &#224; celui qui l'offre, et, en cons&#233;quence, celui-ci mange une part de cette victime pour s'incorporer &#224; elle qui, l&#233;galement, le repr&#233;sente. De plus, le banquet du sacrifice a un caract&#232;re sacr&#233;, et symbolise la r&#233;conciliation de la divinit&#233; avec l'homme, &#224; ce point que l'un et l'autre s'assoient amicalement ensemble &#224; table.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la sainte messe, le pr&#234;tre doit n&#233;cessairement participer &#224; la sainte victime moyennant la communion sacramentelle. Aux simples fid&#232;les il suffit de s'y associer par la communion spirituelle ; mais il est dans l'esprit et dans les d&#233;sirs ardents de l'&#201;glise qu'eux aussi, s'ils le peuvent, prennent part au Sacrifice, en recevant r&#233;ellement la sainte communion &#171; en m&#233;moire de la mort du Seigneur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;pons est tir&#233; de saint Paul (Philip., II, 8-9) : &#171; Pour nous le Christ s'est fait ob&#233;issant jusqu'&#224; la mort et &#224; la mort de la croix. C'est pourquoi Dieu l'a exalt&#233;, et lui a donn&#233; un nom qui est au-dessus de tout autre nom. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nom conf&#233;r&#233; par Dieu &#224; J&#233;sus est celui de Sauveur. A la diff&#233;rence des autres noms des cr&#233;atures, celui de J&#233;sus n'&#233;nonce pas simplement un v&#339;u, mais r&#233;alise effectivement un programme de salut. Le R&#233;dempteur appara&#238;t J&#233;sus dans toute la pl&#233;nitude et l'extension de la signification du mot, quand, sur la croix, il verse son sang pour le rachat du genre humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture de saint Jean rapporte le lavement des pieds, et n'&#233;tant gu&#232;re en relation avec le myst&#232;re eucharistique, elle accuse son caract&#232;re d'addition post&#233;rieure. Primitivement cet &#233;pisode se lisait le mardi saint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus voulut laver les pieds de ses disciples, soit pour nous donner un exemple, et m&#234;me un commandement, d'humilit&#233; r&#233;ciproque, soit pour nous apprendre avec quelle souveraine puret&#233; nous devons nous approcher de lui : &#171; Qui sort du bain n'a besoin que de se laver les pieds. &#187; Pour &#234;tre digne de son amiti&#233;, il ne suffit pas d'avoir l'&#226;me pure du p&#233;ch&#233; mortel, mais il convient aussi de le d&#233;tester en arrachant du c&#339;ur tout ce qui n'est pas Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte d'introduction &#224; l'anaphore a une saveur toute classique, et m&#233;rite d'&#234;tre rapport&#233;e int&#233;gralement : &#171; Nous vous prions, Seigneur tr&#232;s saint, P&#232;re tout-puissant, Dieu &#233;ternel, afin que vous soit rendu agr&#233;able notre sacrifice par J&#233;sus votre Fils et notre Seigneur, qui, l'instituant lui-m&#234;me aujourd'hui, prescrivit &#224; ses disciples de l'offrir en sa m&#233;moire. Lui qui vit et r&#232;gne, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'anaphore cons&#233;cratoire, selon ce que le pape Vigile &#233;crivait &#224; Profuturus de Braga, on ins&#232;re en ce jour une phrase o&#249; l'on comm&#233;more la solennit&#233; de la C&#232;ne du Seigneur : &#171; C&#233;l&#233;brant le jour tr&#232;s saint o&#249; fut livr&#233; pour nous J&#233;sus-Christ notre Seigneur ; &#233;tant unis en esprit et v&#233;n&#233;rant en premier lieu la m&#233;moire de la glorieuse et toujours Vierge Marie, m&#232;re du m&#234;me Dieu et notre Seigneur J&#233;sus-Christ, ainsi que des bienheureux ap&#244;tres Pierre et Paul, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pri&#232;re qu'Innocent Ier, &#233;crivant &#224; Decentius de Gubbio, appelait commendatio oblationis, on fait aussi m&#233;moire, en ce jour, de la C&#232;ne du Seigneur : &#171; ... Nous vous offrons cet hommage de notre d&#233;votion, et aussi de celle de votre famille tout enti&#232;re, au jour m&#234;me o&#249; notre Seigneur confia &#224; ses disciples la c&#233;l&#233;bration du sacrement de son Corps et de son Sang ; aussi nous vous prions de l'accueillir avec mis&#233;ricorde, d'&#233;tablir nos temps dans votre paix, ordonnant que nous &#233;chappions &#224; la damnation &#233;ternelle et que nous puissions faire partie du troupeau de vos &#233;lus. Par le m&#234;me... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette oblation, nous vous en prions, &#244; Dieu, daignez la rendre en tout b&#233;nie, l&#233;gitime, agr&#233;able, spirituelle et acceptable, afin qu'elle se change pour nous dans le Corps et dans le Sang de votre Fils bien-aim&#233; notre Seigneur J&#233;sus-Christ, qui, la veille du jour o&#249; il devait souffrir pour notre salut et celui de tous, c'est-&#224;-dire aujourd'hui, prit le pain, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la doxologie finale du canon (Per quem haec omnia), selon un tr&#232;s ancien rite d&#233;j&#224; mentionn&#233; par les canons d'Hippolyte &#8212; qui toutefois nous le d&#233;crivent comme une c&#233;r&#233;monie pouvant se r&#233;p&#233;ter &#224; chaque messe &#8212; l'&#233;v&#234;que b&#233;nit l'huile pour les infirmes, renvoyant jusqu'apr&#232;s la communion la cons&#233;cration du saint Chr&#234;me et de l'huile des cat&#233;chum&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour la communion est tir&#233;e du texte &#233;vang&#233;lique : &#171; Seigneur, Seigneur, vous, me laver les pieds ? &#187; etc. Non seulement le Seigneur veut nous laver les pieds, mais Il pr&#233;pare le bain de la r&#233;g&#233;n&#233;ration dans son propre sang. Il nous y plongera tout entiers, et nous serons purifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la communion on r&#233;cite la pri&#232;re suivante : &#171; Maintenant que nous sommes restaur&#233;s par le pain de vie, nous vous demandons, &#244; Seigneur notre Dieu, que ce que nous c&#233;l&#233;brons moyennant la foi durant cette vie mortelle, nous puissions un jour en atteindre la r&#233;alit&#233; par le don de votre immortalit&#233; bienheureuse. Par notre Seigneur... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la messe, on transporte &#224; un autel, pr&#233;par&#233; dans ce but, les saintes Esp&#232;ces eucharistiques pour la fonction de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moyen &#226;ge, le Pape, ayant termin&#233; le saint Sacrifice, se rendait dans la basilique de Saint-Laurent, appel&#233;e plus tard Sancta Sanctorum, o&#249;, ayant d&#233;pos&#233; la p&#230;nula, il lavait les pieds &#224; douze sous-diacres ; pendant ce temps, les cardinaux, les diacres et la Schola chantaient les v&#234;pres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On faisait suivre cette c&#233;r&#233;monie de larges distributions d'argent au haut et bas clerg&#233; de la Ville, comme cela se faisait alors &#224; chaque solennit&#233; ; apr&#232;s quoi, le soir &#233;tant d&#233;j&#224; venu, tout le monde allait d&#238;ner dans la basilique ou triclinium du pape Th&#233;odore, qui s'&#233;levait non loin de l'oratoire de Saint-Sylvestre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pardon aux p&#233;nitents, le chr&#234;me du Paraclet sur le front des baptis&#233;s, l'huile de consolation sur les membres des moribonds, la divine Eucharistie dans le c&#339;ur de tous les fid&#232;les : que de myst&#232;res ineffables de mis&#233;ricorde en ce jour de la C&#232;ne de J&#233;sus, o&#249; Il &#233;panche le trop-plein de son C&#339;ur, et, quoique nous ayant toujours aim&#233;s, in finem dilexit, Il nous aima &#233;perdument, jusqu'&#224; la croix, jusqu'&#224; la mort !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous empruntons &#224; la liturgie grecque le texte suivant, relatif &#224; la f&#234;te de ce jour : &#171; Approchant tous avec crainte de la Table mystique, recevons le pain avec une &#226;me pure et ne nous s&#233;parons pas du Seigneur, afin que nous voyions comment il lave les pieds des disciples et que nous fassions ainsi que nous aurons vu, soumis les uns aux autres, lavant les pieds les uns des autres. Car le Christ l'a ainsi command&#233; &#224; ses disciples, mais Judas, le serviteur perfide, ne l'a pas entendu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les matines du Jeudi Saint.&lt;/strong&gt; &#8212; Ce soir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Matines sont anticip&#233;es le Mercredi Saint au soir.&#034; id=&#034;nh7-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, nous c&#233;l&#233;brons le premier office de T&#233;n&#232;bres. Les matines du Jeudi Saint sont la premi&#232;re partie de la trilogie, le prologue du grand drame. La pens&#233;e dominante est : la Passion du Christ dans l'&#226;me du Sauveur, dans ses causes et dans ses cons&#233;quences : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; a) Chez les Juifs, la mort de J&#233;sus est d&#233;sormais r&#233;solue ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; b) Judas trahit son Ma&#238;tre ; on parle justement beaucoup de Judas, aujourd'hui ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; c) L'agonie du jardin des Oliviers est la Passion compl&#232;te de J&#233;sus dans son &#226;me et dans sa volont&#233; ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d) L'institution de l'Eucharistie rend pr&#233;sente la Passion du Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action se passe au soir du premier Jeudi-Saint. Cependant, il ne faut pas consid&#233;rer cette action comme celle d'un drame ordinaire o&#249; l'on suit l'ordre du temps. Ici, les pens&#233;es jaillissent avec une libert&#233; spontan&#233;e pour revenir toujours au m&#234;me point. Les images de la Passion du Seigneur, m&#234;me celles des jours suivants, apparaissent sans se pr&#233;occuper de l'ordre chronologique. C'est comme une mosa&#239;que de pri&#232;res dont l'unit&#233; est constitu&#233;e par la Passion du Christ en g&#233;n&#233;ral et les &#233;v&#233;nements du soir du Jeudi Saint en particulier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les psaumes. &#8212; D'ordinaire, pour les matines festivales, comme d'ailleurs pour les matines des deux jours suivants, on choisit les psaumes, c'est-&#224;-dire que, dans le tr&#233;sor des 150 psaumes, on prend ceux qui sont le plus adapt&#233;s aux pens&#233;es et aux sentiments de la f&#234;te. Ce n'est pas le cas dans les matines d'aujourd'hui ; mais on r&#233;cite, &#224; la suite, les psaumes 68 &#224; 76 (les anciennes matines f&#233;riales allaient jusqu'au psaume 67 ; c'est pourquoi on commen&#231;ait celles du jeudi par le psaume 68). Tous ces psaumes ne se rapportent pas aux pens&#233;es de la Passion. Cela donne &#224; ces matines une faiblesse qui est peut-&#234;tre voulue, car ces matines sont l'introduction de la trilogie. Mais cela fait qu'elles sont un peu moins int&#233;ressantes et, quand on n'est pas tr&#232;s habitu&#233; &#224; la liturgie, on a de la peine &#224; ramener les psaumes aux pens&#233;es du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Lamentations ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; examin&#233;es. Nous y entendons, sous la figure de J&#233;rusalem, l'&#233;pouse infid&#232;le, les plaintes de l'humanit&#233; coupable qui d&#233;plore la souillure du p&#233;ch&#233; et le ch&#226;timent m&#233;rit&#233;. C'est ainsi que nous comprenons aujourd'hui le premier nocturne de ces trois jours. Dans l'office de pri&#232;re, nous entendons les plaintes du Seigneur souffrant ; dans l'office de lecture, l'humanit&#233; se frappe la poitrine et dit : Voil&#224; ce qu'il souffre pour moi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les R&#233;pons de l'Office de T&#233;n&#232;bres sont, dans leur simplicit&#233;, d'une beaut&#233; et d'une po&#233;sie incomparables. Ce sont eux qui donnent aux matines leur caract&#232;re dramatique et assurent l'unit&#233; de l'action. Aux matines du Jeudi Saint, ils pr&#233;sentent m&#234;me un certain ordre et une certaine gradation. Au premier nocturne, il s'agit de l'agonie du Christ au jardin des Oliviers ; au second nocturne, il est question de Judas ; au troisi&#232;me nocturne, on parle du sommeil des Ap&#244;tres et des plans meurtriers des Juifs. Le dernier r&#233;pons, aux matines des trois jours, donne la situation au moment o&#249; l'action atteint son paroxysme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les trois jours, J&#233;r&#233;mie prend la parole au premier nocturne, saint Augustin au second, saint Paul au troisi&#232;me. Y a-t-il l&#224; une intention ? J&#233;r&#233;mie est la figure du Messie souffrant et personne n'a &#233;prouv&#233; aussi fortement que saint Paul et saint Augustin l'effet de la Passion du Christ dans la gr&#226;ce de la conversion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous consid&#233;rons tout l'ensemble des matines, nous d&#233;couvrons une assez grande unit&#233;. &lt;br class='manualbr' /&gt;La veille du Jeudi Saint. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; I. Le plus grand espace est occup&#233; par l'agonie au jardin des Oliviers. La plupart des psaumes : 63, 69, 70, 76 peuvent s'y rapporter. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2. La derni&#232;re C&#232;ne est repr&#233;sent&#233;e dans la Neuvi&#232;me le&#231;on ; de m&#234;me, dans le psaume 71. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 3. Quelques sc&#232;nes du soir : &lt;br /&gt;&#8212; a) Judas : les r&#233;pons 4, 5, 6, 8. &lt;br /&gt;&#8212; b) Le sommeil des Ap&#244;tres : r&#233;p. 8. &lt;br /&gt;&#8212; c) Les ennemis : r&#233;p. 9. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 4. Enfin, la Passion de J&#233;sus en g&#233;n&#233;ral : Psaumes 72,73, 74, 75. Sixi&#232;me le&#231;on. &lt;br class='autobr' /&gt;
Passages classiques : avant tout, les r&#233;pons. Le psaume 68 et la huiti&#232;me le&#231;on sont d'une grande beaut&#233;. Les lamentations sont sublimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les c&#233;r&#233;monies du Jeudi Saint.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;STATION A SAINT-JEAN DE LATRAN&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;La Passion de J&#233;sus, le corps de J&#233;sus, l'amour de J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour s'appelle dans la liturgie romaine : &#171; In Cena Domini &#187;, la C&#232;ne du Seigneur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que les matines chantent surtout l'agonie de J&#233;sus, qui est le commencement de la Passion, la C&#232;ne est le point central des c&#233;r&#233;monies du jour. Aussi, rappelons bri&#232;vement les &#233;v&#233;nements de la C&#232;ne : Dans la matin&#233;e, J&#233;sus envoya ses Ap&#244;tres pr&#233;f&#233;r&#233;s, Pierre et Jean, de B&#233;thanie &#224; J&#233;rusalem, pour se procurer l'agneau pascal et pr&#233;parer la table pour le premier sacrifice de la messe. Voici quelle fut la suite des &#233;v&#233;nements : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1. Repas pascal (l'agneau pascal) ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2. Le lavement des pieds ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 3. Le tra&#238;tre d&#233;masqu&#233; ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 4. Institution de la sainte Eucharistie ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 5. Le discours d'adieu et la pri&#232;re sacerdotale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les c&#233;r&#233;monies comprennent quatre parties : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1. La messe ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2. La b&#233;n&#233;diction des saintes huiles ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 3. Le d&#233;pouillement des autels ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 4. Le lavement des pieds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;strong&gt;R&#233;conciliation des p&#233;nitents.&lt;/strong&gt; &#8212; Aujourd'hui encore, cette c&#233;r&#233;monie &#233;mouvante se trouve dans le pontifical romain. Sans doute, elle n'est plus en usage aujourd'hui ; elle peut, cependant, nous enseigner l'esprit de p&#233;nitence et la joie de la p&#233;nitence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;n&#233;rable c&#233;r&#233;monie le d&#233;roulait ainsi. L'&#233;v&#234;que rev&#234;tu des ornements violets de la p&#233;nitence, s'agenouille, avec son clerg&#233;, devant l'autel majeur, et tous r&#233;citent ensemble les sept psaumes de la p&#233;nitence et les litanies des saints. Pendant ce temps, les p&#233;nitents sont devant la porte de l'&#233;glise, pieds nus et prostern&#233;s &#224; terre, tenant &#224; la main un cierge non allum&#233;. Apr&#232;s les premi&#232;res invocations des litanies, l'&#233;v&#234;que envoie vers les p&#233;nitents deux sous-diacres portant un cierge allum&#233;. Ces deux sous-diacres entrent sous le porche, montrent aux p&#233;nitents, en levant les mains, leur cierge allum&#233;, et chantent devant eux, comme premier message de paix, cette antienne : &#171; Aussi vrai que le Seigneur vit, je ne veux pas la mort du p&#233;cheur, mais sa conversion et sa vie &#187;. Imm&#233;diatement apr&#232;s, ils &#233;teignent leur cierge et retournent aupr&#232;s de l'&#233;v&#234;que. L'&#233;v&#234;que envoie une seconde fois deux sous-diacres. Ces sous-diacres apportent aux p&#233;nitents, sur le seuil de l'&#233;glise, un second message de paix en chantant cette antienne : &#171; Le Seigneur dit : Faites p&#233;nitence, car le royaume des cieux est proche &#187;. Eux aussi &#233;teignent leur cierge et retournent aupr&#232;s de l'&#233;v&#234;que, &#224; l'int&#233;rieur de l'&#233;glise. Cette fois, l'attente des p&#233;nitents a assez dur&#233;. A l'Agnus Dei des litanies, l'&#233;v&#234;que leur envoie un des diacres les plus anciens. Quand ce diacre, portant un grand cierge allum&#233;, arrive sur le seuil de l'&#233;glise, il chante l'antienne &#171; Relevez vos t&#234;tes, votre r&#233;demption est proche &#187;, puis il allume &#224; son cierge les cierges des p&#233;nitents. Il n'&#233;teint pas le sien ; il va rejoindre le clerg&#233; avec son grand cierge allum&#233;. Comme ces messages symbolisent bien l'effet des litanies des saints pour les p&#233;nitents !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les litanies, l'&#233;v&#234;que proc&#232;de lui-m&#234;me &#224; la r&#233;conciliation. Il quitte l'autel et se rend avec tout le clerg&#233; au milieu de la nef. L&#224;, il s'assied sur son si&#232;ge sans dossier, et le clerg&#233; se dispose sur deux rangs dans la direction de la porte de l'&#233;glise. L'archidiacre, rev&#234;tu de ses ornements, s'avance vers la porte et crie aux p&#233;nitents qui sont debout dehors : &#171; Gardez le silence et &#233;coutez attentivement &#187;. Il se tourne ensuite vers l'&#233;v&#234;que et lui adresse, sur le ton de la lecture, un discours assez long dans lequel il parle du jour de gr&#226;ce qui se l&#232;ve. &#171; Il est d&#233;j&#224; venu, r&#233;v&#233;rendissime P&#232;re, le temps de gr&#226;ce, le jour de la faveur divine et du salut des hommes, le jour o&#249; la mort a &#233;t&#233; vaincue et o&#249; la vie a commenc&#233;. Dans la vigne du Seigneur des arm&#233;es, la plantation des nouveaux ceps doit &#234;tre taill&#233;e pour que la racine souill&#233;e soit purifi&#233;e &#187;. A ces mots, l'&#233;v&#234;que se l&#232;ve, s'avance entre la double haie du clerg&#233; et va se placer sous le portail de l'&#233;glise. Il adresse &#224; son tour une courte exhortation aux p&#233;nitents, leur rappelle la bont&#233; de Dieu et la concession du pardon, leur annonce qu'ils vont bient&#244;t &#234;tre r&#233;int&#233;gr&#233;s dans l'&#201;glise et leur indique comment ils devront vivre d&#233;sormais. Puis, il chante cette paternelle invitation : &#171; Venez, venez, venez, mes fils ; &#233;coutez-moi, je vous enseignerai la crainte du Seigneur &#187;. Le diacre qui est aupr&#232;s des p&#233;nitents chante alors : &#171; Fl&#233;chissons les genoux &#187;, et tous les p&#233;nitents s'agenouillent. Le diacre qui est aupr&#232;s de l'&#233;v&#234;que chante &#224; son tour : &#171; Levez-vous &#187;. Deux fois encore, l'&#233;v&#234;que chante la paternelle invitation : &#171; Venez, venez, venez, mes fils &#187; et deux fois encore, &#224; l'appel des diacres, les p&#233;nitents s'agenouillent et se l&#232;vent. L'entr&#233;e commune dans l'&#233;glise est imminente. Lentement, l'&#233;v&#234;que franchit le porche et prend sa place dans l'int&#233;rieur, non loin de l'entr&#233;e. On entonne imm&#233;diatement une antienne : &#171; Allez vers lui et vous serez illumin&#233;s et votre visage ne sera pas couvert de honte &#187;. Cette antienne est emprunt&#233;e au psaume 33, qui d&#233;crit le bonheur de ceux qui craignent Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le psaume est chant&#233; en entier. Pendant le psaume, les p&#233;nitents suivent l'&#233;v&#234;que. Ils se jettent &#224; terre en versant des larmes et restent prostern&#233;s jusqu'&#224; la fin du psaume. Alors, l'archidiacre demande &#224; l'&#233;v&#234;que de les r&#233;concilier. Il dit sur le ton de la lecture : &#171; R&#233;tablissez, pasteur apostolique, ce qui a &#233;t&#233; perdu &#224; l'instigation du diable. En vertu de vos pri&#232;res et de vos m&#233;rites, conduisez, par la gr&#226;ce du divin pardon, ces hommes &#224; Dieu. Ils ont eu assez de d&#233;plaisir dans leurs p&#233;ch&#233;s ; ils plaisent maintenant au Seigneur dans la terre des vivants ; puissent-ils aspirer au bonheur maintenant que l'auteur de leur mort est vaincu &#187;. L'&#233;v&#234;que interroge encore l'archidiacre pour lui demander si les p&#233;nitents sont dignes. Celui-ci r&#233;pond affirmativement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que s'accomplit l'entr&#233;e solennelle dans l'&#233;glise. Un diacre chante : &#171; Levez-vous &#187;. Les p&#233;nitents se l&#232;vent, l'&#233;v&#234;que prend l'un d'entre eux par la main, le suivant prend la main de son voisin et ainsi de suite jusqu'&#224; la fin. Tous, chacun tenant ainsi la main de son voisin, p&#233;n&#232;trent sur deux rangs &#224; la suite de l'&#233;v&#234;que &#224; l'int&#233;rieur de l'&#233;glise. Cette entr&#233;e singuli&#232;re est un spectacle liturgique impressionnant. De sa main libre, l'&#233;v&#234;que tient la crosse, et les p&#233;nitents ont dans leur main libre un cierge allum&#233;. En t&#234;te, l'&#233;v&#234;que porte les ornements violets de p&#233;nitence ; les p&#233;nitents qui le suivent portent leurs longs v&#234;tements de p&#233;nitence. C'est un passage impressionnant de la s&#233;v&#233;rit&#233; &#224; la joie de la p&#233;nitence. Pendant ce temps, les chantres font entendre une joyeuse antienne : &#171; Je vous le dis : il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul p&#233;cheur qui fait p&#233;nitence &#187;. Apr&#232;s cette antienne, l'&#233;v&#234;que se tourne vers les p&#233;nitents agenouill&#233;s autour de lui. Il est le p&#232;re de famille qui se r&#233;jouit du retour de l'enfant prodigue. Il chante : &#171; Tu dois te r&#233;jouir, mon fils, car ton fr&#232;re &#233;tait mort et il est ressuscit&#233; ; il &#233;tait perdu et il est retrouv&#233; &#187;. Puis, se fait la r&#233;conciliation proprement dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;v&#234;que chante une pri&#232;re sur le ton de la pr&#233;face. Il rappelle au P&#232;re c&#233;leste la mort r&#233;demptrice du Christ pour la gu&#233;rison de toutes les blessures &#171; afin que, par sa bont&#233;, nous ressuscitions &#187;. Il supplie le P&#232;re c&#233;leste de pardonner les p&#233;ch&#233;s des autres. Alors, l'action change ; nous passons &#224; la grave sentence d'une r&#233;conciliation compl&#232;te. L'&#233;v&#234;que s'agenouille sur un coussin, le clerg&#233; et le peuple s'agenouillent par terre. On entonne l'antienne : Cor mundum : &#171; Cr&#233;e en moi un c&#339;ur pur, Seigneur, et renouvelle en moi un esprit ferme &#187;, et l'on chante le psaume 50 (le grand miserere), le psaume 55 (confiance en Dieu dans la d&#233;tresse) et le psaume 56 (victoire de la confiance). A la fin, l'&#233;v&#234;que se l&#232;ve et chante six longues oraisons pour demander la r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s et termine par l'absolution proprement dite : &#171; Que Notre-Seigneur J&#233;sus-Christ vous absolve, par moi, son serviteur, de tous vos p&#233;ch&#233;s, et qu'apr&#232;s vous avoir absous, il vous conduise par sa mis&#233;ricorde au royaume c&#233;leste ! &#187; Apr&#232;s cette absolution, l'&#201;v&#234;que, en personne, rend pour la premi&#232;re fois aux p&#233;nitents les honneurs liturgiques perdus, de l'eau b&#233;nite et l'encens... Il dit pendant ce temps : &#171; Levez-vous, vous qui dormez, ressuscitez des morts et le Christ vous illuminera &#187;. Il leur accorde enfin une indulgence &#224; son gr&#233; et leur donne la b&#233;n&#233;diction pontificale solennelle. Les p&#233;nitents sont enti&#232;rement r&#233;int&#233;gr&#233;s dans la communaut&#233; de gr&#226;ce et de vie liturgique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;strong&gt;La messe de la C&#232;ne.&lt;/strong&gt; &#8212; La messe du Jeudi Saint a une importance particuli&#232;re, c'est la solennit&#233; comm&#233;morative de la derni&#232;re C&#232;ne. Cette messe est tout &#224; fait saisissante et touchante. Dans l'esprit de la liturgie, nous ne devons pas nous contenter d'&#234;tre des spectateurs, nous devons participer au drame. Nous devons nous sentir les disciples de J&#233;sus. Nous sommes rassembl&#233;s au C&#233;nacle, autour du Ma&#238;tre qui nous lave les pieds et nous donne, de sa propre main, son corps et son sang en nourriture. La messe pr&#233;sente une double impression, une impression de joie et une impression de tristesse. C'est d'abord une impression de joie. L'autel est orn&#233; ; la croix du ma&#238;tre-autel est voil&#233;e de blanc ; le pr&#234;tre monte &#224; l'autel en ornements blancs ; on chante le joyeux Gloria qu'on n'a pas entendu depuis si longtemps ; pendant le Gloria, on sonne, pour la derni&#232;re fois, les cloches. Ensuite, les cloches se taisent. Il est peu de jours dans l'ann&#233;e qui touchent notre c&#339;ur autant que celui-l&#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, sur cette f&#234;te joyeuse, qui est consacr&#233;e &#224; l'institution du Sacrement de l'autel, s'&#233;tend un voile de profonde tristesse. Aujourd'hui, dans toutes les &#233;glises, une seule messe est permise. Le pr&#234;tre le plus digne remplace le Christ ; les autres sont, pour ainsi dire, les Ap&#244;tres et re&#231;oivent de ses mains la sainte Communion ; la messe est, en effet, la c&#233;l&#233;bration de la C&#232;ne. Mais la messe devrait &#234;tre une v&#233;ritable f&#234;te de famille et de communaut&#233;. Le cur&#233;, ses auxiliaires et toute la paroisse autour de la table du Seigneur ou, pour mieux dire, le Christ avec ses disciples ! L'&#233;glise de station est Saint-Jean de Latran, l'&#233;glise paroissiale du p&#232;re de la chr&#233;tient&#233;. Ainsi, dans l'esprit de la liturgie, toute la famille de l'&#201;glise romaine est rassembl&#233;e pour c&#233;l&#233;brer la C&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'Intro&#239;t, nous chantons la fi&#232;re parole de saint Paul : &#171; Nous devons nous glorifier dans la Croix de Notre-Seigneur J&#233;sus-Christ... &#187; Nous voyons devant nous tout le bonheur de la R&#233;demption. Nous oublions presque l'amertume de la Passion pour voir d&#233;j&#224; la R&#233;surrection. La pens&#233;e de la R&#233;surrection, que nous entendons d&#233;j&#224; dans l'Intro&#239;t, se poursuit dans l'Oraison et le Graduel (&#171; c'est pourquoi Dieu l'a exalt&#233; &#187;). La messe appartient donc d&#233;j&#224; &#224; la solennit&#233; pascale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Oraison fait ressortir deux pens&#233;es nouvelles qui se rattachent &#224; deux personnes, le bon larron et Judas. Le bon larron repr&#233;sente les p&#233;nitents qui sont r&#233;concili&#233;s aujourd'hui. C'est pourquoi l'Offertoire chante en leur nom : &#171; Je ne mourrai point, mais je vivrai et raconterai les &#339;uvres du Seigneur &#187;. La pens&#233;e de Judas et de sa r&#233;probation occupe aujourd'hui la liturgie en quelques passages ; dans l'&#201;p&#238;tre (tout au moins, par allusion, quand elle parle de la communion indigne) ; dans l'&#201;vangile (&#171; alors que le diable avait d&#233;j&#224; inspir&#233; &#224; Judas Iscariote la pens&#233;e... &#187;) ; au Canon, remarquons le contraste : &#171; le jour o&#249; Notre-Seigneur J&#233;sus-Christ fut livr&#233; pour nous (traditus) &#187; : &#8212; &#171; &#224; cause du jour o&#249; Notre-Seigneur J&#233;sus-Christ livra &#224; ses disciples la c&#233;l&#233;bration des myst&#232;res de son corps et de son sang (tradidit) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;vangile nous rapporte l'acte d'humilit&#233; de J&#233;sus dans le lavement des pieds et le pr&#233;cepte de charit&#233; fraternelle qu'il nous donne. Les deux lectures sont un testament du Ma&#238;tre au moment de son d&#233;part. Il nous donne son corps et son amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, on omet le baiser de paix. Les liturgistes donnent comme raison le baiser de Judas. Ce ne doit pas &#234;tre le vrai motif, car on omet &#233;galement le baiser de paix le Samedi Saint. C'est donc une r&#232;gle pour tout le triduum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Communion unit le souvenir des deux grandes preuves d'amour donn&#233;es par le Seigneur en ce jour : l'Eucharistie et le lavement des pieds. C'est le lavement des pieds qui fait l'objet de l'antienne. Il y a l&#224; un sens profond. Nous ne pouvons pas imiter le don eucharistique, mais nous pouvons et devons imiter l'exemple donn&#233; dans le lavement des pieds : la charit&#233; et le service de nos fr&#232;res. Cette charit&#233; est l'expression et la cons&#233;quence de notre union avec le Christ fond&#233;e dans l'Eucharistie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la messe, on emporte l'hostie consacr&#233;e pour le lendemain, ainsi que la sainte r&#233;serve, dans une chapelle lat&#233;rale &#233;loign&#233;e. D'apr&#232;s la conception religieuse actuelle, cela signifie : l'&#201;poux est enlev&#233;, l'&#233;glise reste vide. L'ancienne &#201;glise, il est vrai, pensait autrement. La procession accompagnant la r&#233;serve eucharistique avait lieu apr&#232;s chaque messe. Les saintes Esp&#232;ces n'&#233;taient pas conserv&#233;es dans l'&#233;glise. On ne peut pas dire cependant que l'&#233;glise est vide. Le Christ est repr&#233;sent&#233; par l'autel, et la maison de Dieu est le s&#233;jour de pr&#233;dilection de la Sainte Trinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &lt;strong&gt;B&#233;n&#233;diction des saintes Huiles.&lt;/strong&gt; &#8212; Tr&#232;s peu de personnes pourront assister &#224; cette partie de la c&#233;r&#233;monie, car la b&#233;n&#233;diction des saintes Huiles n'a lieu que dans les &#233;glises cath&#233;drales. &lt;br class='autobr' /&gt;
On doit, pour P&#226;ques, renouveler la mati&#232;re de tous les sacrements. Comme on a besoin, le Samedi-Saint, des saintes Huiles pour la b&#233;n&#233;diction des fonts baptismaux, ces saintes Huiles sont b&#233;nites aujourd'hui par l'&#233;v&#234;que. Il y a, comme on sait, dans l'&#201;glise, trois sortes de saintes Huiles : l'huile des infirmes, l'huile des cat&#233;chum&#232;nes et le saint chr&#234;me. L'huile des infirmes sert &#224; l'administration du sacrement de l'Extr&#234;me-Onction. L'huile des cat&#233;chum&#232;nes est employ&#233;e pour la b&#233;n&#233;diction de l'eau baptismale, pour l'administration du bapt&#234;me, pour la cons&#233;cration des pr&#234;tres, pour la cons&#233;cration de l'autel. Le saint chr&#234;me est la plus sainte de toutes les huiles ; il porte en quelque sorte le Saint-Esprit. On l'emploie pour le bapt&#234;me, pour la Confirmation, pour la cons&#233;cration des &#233;v&#234;ques, pour la cons&#233;cration des &#233;glises, des calices, des pat&#232;nes et des cloches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La b&#233;n&#233;diction des saintes Huiles se fait avec une grande solennit&#233;. Y participent, d'apr&#232;s un antique usage, douze pr&#234;tres, sept diacres et sept sous-diacres, c'est-&#224;-dire les repr&#233;sentants de tous les Ordres majeurs. L'huile des infirmes est b&#233;nite la premi&#232;re, &#224; la fin du Canon, avant le Pater Noster, au moment o&#249;, dans l'antiquit&#233;, on b&#233;nissait les oblats non consacr&#233;s. Apr&#232;s la Communion, on b&#233;nit les deux autres huiles. Les pri&#232;res de b&#233;n&#233;diction expriment l'efficacit&#233; de ces huiles. L'huile des cat&#233;chum&#232;nes doit servir &#224; la &#171; purification de l'&#226;me et du corps &#187; et combattre l'influence des puissances diaboliques. Si l'huile des cat&#233;chum&#232;nes n'a qu'un effet n&#233;gatif, le saint chr&#234;me doit produire positivement la gr&#226;ce et la sanctification. Il tient son nom du Christ, de l'Oint. On le consid&#232;re comme l'huile des &#171; pr&#234;tres, des rois, des proph&#232;tes et des martyrs &#187;. Les fid&#232;les re&#231;oivent, par le saint chr&#234;me, &#171; l'infusion de la dignit&#233; royale, sacerdotale et proph&#233;tique, et sont rev&#234;tus de la gr&#226;ce imp&#233;rissable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. &lt;strong&gt;Le d&#233;pouillement des autels.&lt;/strong&gt; &#8212; Apr&#232;s la messe, les autels sont d&#233;pouill&#233;s ; on enl&#232;ve toutes les nappes, ainsi que les reliques. Dans l'antiquit&#233;, c'&#233;tait un usage constant de d&#233;couvrir l'autel apr&#232;s chaque messe. On se rendait mieux compte, &#224; cette &#233;poque, que l'autel est une table. On ne la couvrait que pour le banquet divin, comme on le fait pour les repas ordinaires. Cet antique usage s'est maintenu dans la Semaine Sainte. Au reste, nous pouvons remarquer, pendant ce saint temps, la survivance de beaucoup d'usages antiques qu'on a interpr&#233;t&#233;e plus tard comme un souvenir de la Passion du Christ. L'autel est le symbole du Christ ; le d&#233;pouillement de l'autel signifie donc le d&#233;pouillement du Christ avant le crucifiement. C'est pourquoi, aussi, pendant cette c&#233;r&#233;monie, on chante le psaume 21 avec cette antienne : &#171; Ils se sont partag&#233; mes v&#234;tements et ils ont tir&#233; ma robe au sort &#187; (le psaume 21 est le psaume messianique de la Passion dans lequel David contemple le d&#233;laissement de J&#233;sus sur la Croix). L'&#233;glise, d&#233;pourvue de tout ornement, nous pr&#233;sente l'image de la solitude et de la d&#233;solation. Le saint sacrifice est interrompu jusqu'&#224; ce que le Seigneur sorte du tombeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. &lt;strong&gt;Le lavement des pieds.&lt;/strong&gt; &#8212; Dans les &#233;glises cath&#233;drales et claustrales, on conserve encore le v&#233;n&#233;rable usage du lavement des pieds qui, dans l'antiquit&#233;, n'&#233;tait pas limit&#233; au Jeudi Saint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On appelle cette c&#233;r&#233;monie, le &#171; mandatum &#187;, le commandement du Seigneur. Pendant que l'&#233;v&#234;que ou l'abb&#233; lave les pieds de douze vieillards (ou de douze enfants), le ch&#339;ur entonne un chant en l'honneur de la charit&#233; fraternelle :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; se trouvent la charit&#233; et l'amour, Dieu est pr&#233;sent. &lt;br class='manualbr' /&gt;R&#233;jouissons-nous et tressaillons en lui ! &lt;br class='manualbr' /&gt;Craignons et aimons le Dieu vivant &lt;br class='manualbr' /&gt;Et aimons-nous les uns les autres d'un c&#339;ur pur.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;Il y a, dans ces chants, du charme, de la paix, de la fra&#238;cheur et une joie presque enfantine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vraiment le cantique des enfants de Dieu, de la famille de Dieu r&#233;unie dans la charit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le lavement des pieds ne doit pas &#234;tre seulement un spectacle pour les enfants, mais nous devrions y chercher nous-m&#234;mes des le&#231;ons de vie. Comme nous l'avons dit plus haut, il serait possible, dans les paroisses, d'inviter douze vieillards qui seraient servis &#224; table par le cur&#233; ou par les principaux paroissiens. On pourrait r&#233;sumer l'office du Jeudi Saint dans ces trois mots : le corps de J&#233;sus, la Passion de J&#233;sus, l'amour de J&#233;sus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dom Gu&#233;ranger d&#233;crivait les Laudes selon l'ancien Psautier, avant la R&#233;forme de saint Pie X. Les &#233;ditions ult&#233;rieures de l'Ann&#233;e Liturgique ont donc modifi&#233; les commentaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Avant le psautier de saint Pie X : &#171; Le troisi&#232;me Psaume (62) revient chaque jour &#224; l'Office des Laudes, et l'&#201;glise n'a pas jug&#233; &#224; propos de le remplacer en ces trois jours. C'est le cri du chr&#233;tien qui &#233;l&#232;ve son c&#339;ur vers Dieu au lever de la lumi&#232;re, et lui t&#233;moigne son amour et sa confiance. Ce Psaume est toujours accompagn&#233; du LXVIe, dans lequel le Psalmiste, au lever du soleil mat&#233;riel, implore sur le monde le regard de la mis&#233;ricorde divine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Avant le psautier de saint Pie X : &#171; Le dernier Psaume des Laudes (148-149-150), qui se r&#233;p&#232;te chaque jour &#224; cet Office, est form&#233; par la r&#233;union des trois derniers cantiques qui terminent le Psautier de David. Ils ont tous pour objet la louange divine ; et c'est d'eux que l'Office du matin emprunte son nom de Laudes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXII, 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Malach. I, II.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Bossuet, Oraison fun&#232;bre d'Henriette d'Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;II Cor. II, 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cant, I, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXII, 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIII, I.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVI, 21, 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. VI, 41-59.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIII, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIII, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Cor. XI, 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXII, 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIII, 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. VI, 54.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXII, 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXIV, 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;De Ecclesiasticis Officiis, l. I, c. XXVIII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Homil. VIII. de C&#339;na Domini.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I Tim. V, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;De Festis D. N. J. Lib. I, cap. VI, ne 57.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIII, 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXII. 26, 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. 31. 32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIII, 33-38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XIV.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XV.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. XVI.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVI, 31, 32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XVII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVI. 38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Marc. XIV, 36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVI, 40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXVI, 46.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XXII, 48.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XVIII, 8. Luc. XXI, 52,53. Matth. XXVI, 53.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Psalm. CIX.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les Matines sont anticip&#233;es le Mercredi Saint au soir.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<item xml:lang="fr">
		<title>Commentaires liturgiques du Dimanche des Rameaux</title>
		<link>https://introibo.fr/spip.php?article12</link>
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		<dc:date>2026-03-22T14:50:13Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique D&#232;s le matin de cette journ&#233;e, J&#233;sus laissant &#224; B&#233;thanie Marie sa m&#232;re, les deux s&#339;urs Marthe et Marie-Madeleine avec Lazare, se dirige vers J&#233;rusalem, dans la compagnie de ses disciples. La m&#232;re des douleurs fr&#233;mit en voyant son fils se rapprocher ainsi de ses ennemis, qui ne songent qu'&#224; r&#233;pandre son sang ; cependant ce n'est pas la mort que J&#233;sus va chercher aujourd'hui &#224; J&#233;rusalem : c'est le triomphe. Il faut que le Messie, avant d'&#234;tre attach&#233; &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://introibo.fr/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Commentaires liturgiques pour les grandes f&#234;tes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://introibo.fr/local/cache-vignettes/L15xH15/arton34-12-19ef3.gif?1774191016' class='spip_logo spip_logo_right' width='15' height='15' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgi&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Dom Pius Parsch, le Guide (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Gu&#233;ranger, l'Ann&#233;e Liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le matin de cette journ&#233;e, J&#233;sus laissant &#224; B&#233;thanie Marie sa m&#232;re, les deux s&#339;urs Marthe et Marie-Madeleine avec Lazare, se dirige vers J&#233;rusalem, dans la compagnie de ses disciples. La m&#232;re des douleurs fr&#233;mit en voyant son fils se rapprocher ainsi de ses ennemis, qui ne songent qu'&#224; r&#233;pandre son sang ; cependant ce n'est pas la mort que J&#233;sus va chercher aujourd'hui &#224; J&#233;rusalem : c'est le triomphe. Il faut que le Messie, avant d'&#234;tre attach&#233; &#224; la croix, ait &#233;t&#233; proclam&#233; Roi dans J&#233;rusalem par le peuple ; qu'en face des aigles romaines, sous les yeux des Pontifes et des Pharisiens muets de rage et de stupeur, la voix des enfants, se m&#234;lant aux acclamations de la cite, fasse retentir la louange au Fils de David.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proph&#232;te Zacharie avait pr&#233;dit cette ovation pr&#233;par&#233;e de toute &#233;ternit&#233; pour le Fils de l'homme, &#224; la veille de ses humiliations : &#171; Tressaille d'all&#233;gresse, fille de Sion, avait-il dit ; livre-toi aux transports de la joie, fille de J&#233;rusalem : voici ton Roi qui vient vers toi ; il est le Juste et le Sauveur. Il est pauvre, et il s'avance mont&#233; sur l'&#226;nesse et sur le petit de l'&#226;nesse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zachar. IX 9.&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; J&#233;sus, voyant que l'heure de l'accomplissement de cet oracle &#233;tait venue, d&#233;tache deux de ses disciples, et leur ordonne de lui amener une &#226;nesse et un &#226;non qu'ils trouveront &#224; quelque distance. Le Sauveur &#233;tait d&#233;j&#224; arriv&#233; &#224; Bethphag&#233;, sur le mont des Oliviers. Les deux disciples s'empressent de remplir la commission de leur ma&#238;tre ; et bient&#244;t l'&#226;nesse et l'&#226;non sont amen&#233;s aux pieds du Sauveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les saints P&#232;res nous ont donn&#233; la clef du myst&#232;re de ces deux animaux. L'&#226;nesse figure le peuple juif qui, d&#232;s longtemps, avait &#233;t&#233; plac&#233; sous le joug de la Loi ; &#171; l'&#226;non sur lequel, dit l'&#201;vangile, aucun homme n'&#233;tait encore mont&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marc. XI, 2.&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, repr&#233;sente la gentilit&#233;, que nul n'avait dompt&#233;e jusqu'alors. Le sort de ces deux peuples se d&#233;cidera d'ici &#224; quelques jours. Pour avoir repouss&#233; le Messie, le peuple juif sera d&#233;laiss&#233; ; en sa place Dieu adoptera les nations qui, de sauvages qu'elles &#233;taient, deviendront dociles et fid&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les disciples &#233;tendent leurs v&#234;tements sur l'&#226;non ; alors J&#233;sus, pour accomplir la figure proph&#233;tique, monte sur cet animal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. XI, 7.&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et se pr&#233;pare &#224; faire ainsi son entr&#233;e dans la ville. En m&#234;me temps le bruit se r&#233;pand dans J&#233;rusalem que J&#233;sus approche. Par un mouvement de l'Esprit divin, la multitude de Juifs qui s'&#233;tait r&#233;unie de toutes parts dans la cit&#233; sainte pour y c&#233;l&#233;brer la f&#234;te de P&#226;ques, sort &#224; sa rencontre, portant des palmes et faisant retentir l'air d'acclamations. Le cort&#232;ge qui accompagnait J&#233;sus depuis B&#233;thanie se confond avec cette foule que l'enthousiasme transporte ; les uns &#233;tendent leurs v&#234;tements sur la terre qu'il doit fouler, d'autres jettent des branches de palmier sur son passage. Le cri d'Hosannah retentit ; et la grande nouvelle dans la cite, c'est que J&#233;sus, fils de David, vient d'y faire son entr&#233;e comme Roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que Dieu, dans sa puissance sur les c&#339;urs, m&#233;nagea un triomphe &#224; son Fils au sein m&#234;me de cette ville qui devait, si peu de temps apr&#232;s, demandera grands cris le sang de ce divin Messie. Cette journ&#233;e fut un moment de gloire pour J&#233;sus, et la sainte &#201;glise, comme nous l'allons voir tout &#224; l'heure, veut que nous renouvelions chaque ann&#233;e la m&#233;moire de ce triomphe de l'Homme-Dieu. Dans les temps de la naissance de l'Emmanuel, nous v&#238;mes les Mages arriver du fond de l'Orient, cherchant et demandant &#224; J&#233;rusalem le Roi des Juifs, afin de lui rendre leurs hommages et de lui offrir leurs pr&#233;sents ; aujourd'hui c'est J&#233;rusalem elle-m&#234;me qui se lev&#233; comme un seul homme pour aller au-devant de lui. Ces deux faits se rapportent au m&#234;me but ; ils sont une reconnaissance de la royaut&#233; de J&#233;sus-Christ : le premier de la part des Gentils, le second de la part des Juifs. Il fallait que le Fils de Dieu, avant de souffrir sa Passion, e&#251;t recueilli l'un et l'autre hommage. L'inscription que bient&#244;t Pilate placera au-dessus de la t&#234;te du R&#233;dempteur : J&#233;sus de Nazareth, Roi des Juifs, exprimera l'indispensable caract&#232;re du Messie. En vain les ennemis de J&#233;sus feront tous leurs efforts pour faire changer les termes de cet &#233;criteau : ils n'y r&#233;ussiront pas. &#171; Ce que j'ai &#233;crit est &#233;crit &#187;, r&#233;pondra le gouverneur romain, dont la main pa&#239;enne et l&#226;che a d&#233;clar&#233;, sans le savoir, l'accomplissement des Proph&#233;ties. Isra&#235;l aujourd'hui proclame J&#233;sus son Roi ; Isra&#235;l bient&#244;t sera dispers&#233;, en punition de sa r&#233;volte contre le fils de David ; mais J&#233;sus, qu'il a proclam&#233;, demeure Roi &#224; jamais. Ainsi s'accomplissait &#224; la lettre l'oracle de l'Ange parlant &#224; Marie, et lui annon&#231;ant les grandeurs du fils qui devait na&#238;tre d'elle : &#171; Le Seigneur lui donnera le tr&#244;ne de David son a&#239;eul, et il r&#233;gnera sur la maison de Jacob &#224; jamais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. I, 32.&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. J&#233;sus commence aujourd'hui son r&#232;gne sur la terre ; et si le premier Isra&#235;l ne doit pas tardera se soustraire &#224; son sceptre, un nouvel Isra&#235;l, issu de la portion fid&#232;le de l'ancien, va s'&#233;lever, form&#233; de tous les peuples de la terre, et offrir au Christ un empire plus vaste que jamais conqu&#233;rant ne l'a ambitionn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est, au milieu du deuil de la Semaine des douleurs, le glorieux myst&#232;re de ce jour. La sainte &#201;glise veut que nos c&#339;urs se soulagent par un moment d'all&#233;gresse, et que J&#233;sus aujourd'hui soit salu&#233; par nous comme notre Roi. Elle a donc dispose le service divin de cette journ&#233;e de mani&#232;re &#224; exprimer &#224; la fois la joie et la tristesse : la joie, en s'unissant aux acclamations dont retentit la cit&#233; de David ; la tristesse, en reprenant bient&#244;t le cours de ses g&#233;missements sur les douleurs de son &#201;poux divin. Toute la fonction est partag&#233;e comme en trois actes distincts, dont nous allons successivement expliquer les myst&#232;res et les intentions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La b&#233;n&#233;diction des Palmes, ou des Rameaux, comme nous disons en France, est le premier rite qui s'accomplit sous nos yeux ; et l'on peut juger de son importance par la solennit&#233; que l'&#201;glise y d&#233;ploie. On dirait d'abord que le Sacrifice va s'offrir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dom Gu&#233;ranger commente bien s&#251;r ici la c&#233;r&#233;monie traditionnelle des Rameaux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sans autre intention que de c&#233;l&#233;brer l'anniversaire de rentr&#233;e de J&#233;sus &#224; J&#233;rusalem. Intro&#239;t, Collecte, &#201;p&#238;tre, Graduel, &#201;vangile, Pr&#233;face m&#234;me, se succ&#232;dent comme pour pr&#233;parer l'immolation de l'Agneau sans tache ; mais apr&#232;s le Trisagion : Sanctus ! Sanctus ! Sanctus ! L'&#201;glise suspend ces solennelles formules, et son ministre proc&#232;de &#224; la sanctification de ces mystiques rameaux qui sont devant lui. Les pri&#232;res employ&#233;es &#224; leur b&#233;n&#233;diction sont &#233;loquentes et remplies d'enseignements. Ces branches d'arbres, objet de la premi&#232;re partie de la fonction, re&#231;oivent par ces oraisons, accompagn&#233;es de l'encens et de l'aspersion de l'eau sainte, une vertu qui les &#233;l&#232;ve &#224; l'ordre surnaturel, et les rend propres &#224; aider &#224; la sanctification de nos &#226;mes, et &#224; la protection de nos corps et de dos demeures. Les fid&#232;les doivent tenir respectueusement ces rameaux dans leurs mains durant la procession, et &#224; la Messe durant le chant de la Passion, et les placer avec honneur dans leurs maisons, comme un signe de leur foi, et une esp&#233;rance dans le secours divin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas besoin d'expliquer au lecteur que les palmes et les branches d'olivier, qui re&#231;oivent en ce moment la b&#233;n&#233;diction de l'&#201;glise, sont port&#233;es en m&#233;moire de celles dont le peuple de J&#233;rusalem honora la marche triomphale du Sauveur ; mais il est &#224; propos de dire quelques mots sur l'antiquit&#233; de cette coutume. Elle commen&#231;a de bonne heure en Orient, et probablement, d&#232;s la paix de l'&#201;glise, &#224; J&#233;rusalem. D&#233;j&#224; au IVe si&#232;cle, saint Cyrille, &#201;v&#234;que de cette ville, atteste que le palmier qui avait fourni ses branches au peuple qui vint au-devant du Christ, existait encore dans la vall&#233;e de C&#233;dron&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cateches. X.&#034; id=&#034;nh8-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; rien n'&#233;tait plus naturel que d'en tirer occasion pour instituer une comm&#233;moration anniversaire de ce grand &#233;v&#233;nement. Au si&#232;cle suivant, on voit cette c&#233;r&#233;monie &#233;tablie, non plus seulement dans les &#201;glises de l'Orient, mais jusque dans les monast&#232;res dont les solitudes de l'&#201;gypte et de la Syrie &#233;taient peupl&#233;es. A l'entr&#233;e du Car&#234;me, beaucoup de saints moines obtenaient de leur abb&#233; la permission de s'enfoncer dans le d&#233;sert, afin d'y passer ce temps dans une profonde retraite ; mais ils devaient rentrer au monast&#232;re pour le Dimanche des Palmes, comme nous l'apprenons de la Vie de saint Euthymius, &#233;crite par son disciple Cyrille&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Act. SS. XX Januarii.&#034; id=&#034;nh8-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En Occident, ce rite ne s'&#233;tablit pas aussi promptement ; la premi&#232;re trace que l'on en trouve est dans le Sacramentaire de saint Gr&#233;goire : ce qui donne la fin du VIe si&#232;cle, ou le commencement du vue. A mesure que la foi p&#233;n&#233;trait dans le Nord, il n'&#233;tait m&#234;me plus possible de solenniser cette c&#233;r&#233;monie dans toute son int&#233;grit&#233;, le palmier et l'olivier ne croissant pas dans nos climats. On fut oblig&#233; de les remplacer par des branches d'autres arbres ; mais l'&#201;glise ne permet pas de rien changer aux oraisons prescrites pour la b&#233;n&#233;diction de ces humbles rameaux, parce que les myst&#232;res qui sont expos&#233;s dans ces belles pri&#232;res sont fond&#233;s sur l'olivier et la palme du r&#233;cit &#233;vang&#233;lique, figur&#233;s par nos branches de buis ou de laurier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second rite de cette journ&#233;e est la Procession c&#233;l&#232;bre qui fait suite &#224; la b&#233;n&#233;diction solennelle des Rameaux. Elle a pour objet de repr&#233;senter la marche du Sauveur vers J&#233;rusalem et son entr&#233;e dans cette ville ; et c'est afin que rien ne manque &#224; l'imitation du fait racont&#233; dans le saint &#201;vangile., que les rameaux qui viennent d'&#234;tre b&#233;nits sont port&#233;s par tous ceux qui prennent part &#224; cette Procession. Chez les Juifs, tenir en main des branches d'arbres &#233;tait un signe d'all&#233;gresse ; et la loi divine sanctionnait pour eux cet usage. Dieu avait dit au livre du L&#233;vitique, en &#233;tablissant la f&#234;te des Tabernacles : &#171; Le premier jour de la f&#234;te, vous tiendrez dans vos mains des fruits pris sur les plus beaux arbres ; vous porterez des rameaux de palmier, des branches avec leur feuillage, vous en d&#233;tacherez des saules du torrent, et vous vous livrerez &#224; la joie, en pr&#233;sence du Seigneur votre Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Levit. XXIII, 40.&#034; id=&#034;nh8-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; C'est donc dans l'intention de t&#233;moigner leur enthousiasme pour l'arriv&#233;e de J&#233;sus dans leurs murs que les habitants de J&#233;rusalem, et jusqu'aux enfants, eurent recours &#224; cette joyeuse d&#233;monstration. Nous aussi allons au-devant de notre Roi, et chantons Hosannah &#224; ce vainqueur de la mort, &#224; ce lib&#233;rateur de son peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moyen &#226;ge, en beaucoup d'&#233;glises, on portait avec pompe, &#224; cette Procession, le livre des saints &#201;vangiles qui repr&#233;sentait J&#233;sus-Christ dont il contient les paroles. A un lieu marqu&#233; et pr&#233;par&#233; pour une station, la Procession s'arr&#234;tait : le diacre ouvrait alors le livre sacr&#233;, et chantait le passage o&#249; l'entr&#233;e de J&#233;sus dans J&#233;rusalem est racont&#233;e. On d&#233;couvrait ensuite la croix, qui jusqu'alors &#233;tait demeur&#233;e voil&#233;e ; tout le clerg&#233; venait solennellement lui rendre ses adorations, et chacun d&#233;posait &#224; ses pieds un fragment du rameau qu'il tenait &#224; la main. La Procession repartait ensuite pr&#233;c&#233;d&#233;e de la croix, qui demeurait alors sans voile, jusqu'&#224; ce que le cort&#232;ge f&#251;t rentr&#233; &#224; l'&#233;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Angleterre et en Normandie, d&#232;s le XIe si&#232;cle, on pratiquait un rite qui repr&#233;sentait plus vivement encore la sc&#232;ne qui eut lieu, en ce jour, &#224; J&#233;rusalem. La sainte Eucharistie &#233;tait port&#233;e en triomphe &#224; la Procession. L'h&#233;r&#233;sie de B&#233;renger contre la pr&#233;sence r&#233;elle de J&#233;sus-Christ dans l'Eucharistie venait d'&#233;clater &#224; cette &#233;poque ; et ce triomphe de l'Hostie sacr&#233;e &#233;tait un pr&#233;lude lointain &#224; l'institution de la F&#234;te et de la Procession du tr&#232;s saint Sacrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un usage touchant avait lieu aussi &#224; J&#233;rusalem, dans la Procession des Palmes, toujours dans la m&#234;me intention de renouveler la sc&#232;ne &#233;vang&#233;lique qui se rapporte &#224; ce jour. Toute la communaut&#233; des Franciscains qui veille &#224; la garde des saints lieux se rendait d&#232;s le matin &#224; Bethphag&#233;. L&#224;, le P&#232;re Gardien de Terre Sainte, en habits pontificaux, montait sur un &#226;non qu'on avait couvert de v&#234;tements ; et accompagn&#233; des religieux et des catholiques de J&#233;rusalem, tous portant des palmes, il faisait son entr&#233;e dans la ville et descendait &#224; la porte de l'&#201;glise du Saint-S&#233;pulcre, o&#249; la Messe &#233;tait c&#233;l&#233;br&#233;e avec la plus grande solennit&#233;. Depuis deux si&#232;cles environ, les autorit&#233;s turques de J&#233;rusalem ont interdit cette belle c&#233;r&#233;monie, qui remontait aux temps du royaume latin de J&#233;rusalem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons r&#233;uni ici, selon notre usage, les diff&#233;rents faits qui peuvent servir &#224; &#233;lever la pens&#233;e des fid&#232;les aux divers myst&#232;res de la Liturgie ; ces manifestations de la foi les aideront &#224; comprendre que, dans la Procession des Palmes, l'&#201;glise veut qu'ils honorent J&#233;sus-Christ comme pr&#233;sent au triomphe qu'elle lui d&#233;cerne aujourd'hui. Cherchons donc par l'amour &#171; cet humble et doux Sauveur qui vient visiter la fille de Sion &#187;, comme parle le Proph&#232;te. Il est l&#224; au milieu de nous ; c'est &#224; lui que s'adresse l'hommage de nos palmes ; joignons-y celui de nos c&#339;urs. Il se pr&#233;sente pour &#234;tre notre Roi ; accueillons-le, et disons &#224; notre tour : Hosannah au fils de David !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de la Procession est marqu&#233;e par une c&#233;r&#233;monie empreinte du plus haut et du plus profond symbolisme. Au moment de rentrer dans l'&#233;glise, le pieux cort&#232;ge en trouve les portes ferm&#233;es. La marche triomphale est arr&#234;t&#233;e ; mais les chants d'all&#233;gresse ne sont pas suspendus. Une hymne sp&#233;ciale au Christ-Roi retentit dans les airs avec son joyeux refrain, jusqu'&#224; ce qu'enfin le sous-diacre ayant frapp&#233; la porte avec le b&#226;ton de la croix, cette porte s'ouvre, et la foule, pr&#233;c&#233;d&#233;e du clerg&#233;, rentre dans l'&#233;glise en c&#233;l&#233;brant celui qui seul est la R&#233;surrection et la Vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sc&#232;ne myst&#233;rieuse a pour but de retracer l'entr&#233;e du Sauveur dans une autre J&#233;rusalem, dont celle de la terre n'&#233;tait que la figure. Cette J&#233;rusalem est la patrie c&#233;leste dont J&#233;sus nous a procur&#233; l'entr&#233;e. Le p&#233;ch&#233; du premier homme en avait ferm&#233; les portes ; mais J&#233;sus, le Roi de gloire, les a rouvertes par la vertu de sa Croix, a laquelle elles n'ont pu r&#233;sister. Continuons donc de suivre les pas du fils de David ; car il est aussi le Fils de Dieu, et il nous convie &#224; venir prendre part &#224; son royaume. C'est ainsi que la sainte &#201;glise, dans la Procession des Palmes, qui n'est d'abord que la comm&#233;moration de l'&#233;v&#233;nement accompli en ce jour, &#233;l&#232;ve notre pens&#233;e jusqu'au glorieux myst&#232;re de l'Ascension, par lequel se termine au ciel la mission du Fils de Dieu sur la terre. Mais, h&#233;las ! Les jours qui s&#233;parent l'un de l'autre ces deux triomphes du R&#233;dempteur ne sont pas tous des jours d'all&#233;gresse, et la Procession ne sera pas plut&#244;t termin&#233;e, que la sainte &#201;glise, qui a soulev&#233; un moment le poids de ses tristesses, n'aura plus &#224; faire entendre que des g&#233;missements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me partie de la fonction de ce jour est l'offrande du saint Sacrifice. Tous les chants qui l'accompagnent sont empreints de d&#233;solation ; et pour mettre le comble au deuil qui signale d&#233;sormais le reste de cette journ&#233;e, le r&#233;cit de la Passion du R&#233;dempteur va &#234;tre lu par avance dans l'assembl&#233;e des fid&#232;les. Depuis cinq &#224; six si&#232;cles. L'&#201;glise a adopt&#233; un r&#233;citatif particulier pour cette narration du saint &#201;vangile, qui devient ainsi un v&#233;ritable drame. On entend d'abord l'historien qui raconte les faits sur un mode grave et path&#233;tique ; les paroles de J&#233;sus ont un accent noble et doux, qui contraste d'une mani&#232;re saisissante avec le ton &#233;lev&#233; des autres interlocuteurs, et avec les clameurs de la populace juive. Durant le chant de la Passion, tous les assistants doivent tenir leur rameau &#224; la main, afin de protester par cet embl&#232;me de triomphe contre les humiliations dont le R&#233;dempteur est l'objet de la part de ses ennemis. C'est au moment o&#249;, dans son amour pour nous, il se laisse fouler sous les pieds des p&#233;cheurs, que nous devons le proclamer plus haut notre Dieu et notre souverain Roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tels sont les rites g&#233;n&#233;raux de cette grande journ&#233;e ; nous ins&#233;rerons dans le cours des pri&#232;res et des lectures sacr&#233;es, selon notre coutume, les d&#233;tails qui seront n&#233;cessaires pour en compl&#233;ter l'intelligence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Dimanche, outre son nom liturgique et populaire de Dimanche des Rameaux, ou des Palmes, est appel&#233; aussi Dimanche d'Hosannah, &#224; cause du cri de triomphe dont les Juifs salu&#232;rent l'arriv&#233;e de J&#233;sus. Nos p&#232;res l'ont nomm&#233; longtemps Dimanche de P&#226;que fleurie, parce que la P&#226;que, qui n'est plus qu'&#224; huit jours d'intervalle, est aujourd'hui comme en floraison, et que les fid&#232;les peuvent remplir d&#232;s maintenant le devoir de la communion annuelle. C est en souvenir de cette appellation, que les Espagnols ayant d&#233;couvert, le Dimanche des Rameaux de l'an 1513, la vaste contr&#233;e qui avoisine le Mexique, lui donn&#232;rent le nom de Floride. On trouve ce Dimanche appel&#233; aussi Capitilavium, c'est-&#224;-dire lave-t&#234;te, parce que, dans les si&#232;cles de la moyenne antiquit&#233;, o&#249; l'on renvoyait au Samedi-Saint le bapt&#234;me des enfants n&#233;s dans les mois pr&#233;c&#233;dents, et qui pouvaient attendre cette &#233;poque sans danger, les parents lavaient aujourd'hui la t&#234;te de ces enfants, afin que le samedi suivant on p&#251;t avec d&#233;cence y faire l'onction du Saint-Chr&#234;me. A une &#233;poque plus recul&#233;e, ce Dimanche, dans certaines &#201;glises, &#233;tait nomm&#233; la P&#226;que des Comp&#233;tents. On appelait Comp&#233;tents les cat&#233;chum&#232;nes admis au bapt&#234;me. Ils se rassemblaient en ce jour &#224; l'&#233;glise, et on leur faisait une explication particuli&#232;re du Symbole qu'ils avaient re&#231;u au scrutin pr&#233;c&#233;dent. Dans l'&#201;glise gothique d'Espagne, on ne le donnait m&#232;re qu'aujourd'hui. Enfin, chez les Grecs, ce Dimanche est d&#233;sign&#233; sous le nom de Ba&#239;phore, c'est-&#224;-dire Porte-Palmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA B&#201;N&#201;DICTION DES RAMEAUX.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fonction commence par le chant de l'Hosannah, dans cette Antienne qui sert comme d'Intro&#239;t : Hosannah au fils de David ! B&#233;ni celui qui vient au nom du Seigneur. O roi d'Isra&#235;l ! Hosannah au plus haut des cieux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#234;tre prend ensuite la parole, et recueillant les v&#339;ux de toute l'assembl&#233;e, il demande &#224; Dieu, pour son peuple, la gr&#226;ce d'arriver, apr&#232;s ce monde passager, au terme heureux que la mort et la r&#233;surrection de J&#233;sus-Christ nous ont pr&#233;par&#233; : &#171; O Dieu que nous devons aimer pour &#234;tre justes, multipliez en nous les dons de votre gr&#226;ce ineffable : par la mort de votre Fils, vous nous avez donn&#233; droit d'esp&#233;rer ce qui est l'objet de notre foi ; faites-nous arriver, par sa r&#233;surrection, au terme vers lequel nous aspirons. Par J&#233;sus-Christ notre Seigneur, qui, &#233;tant Dieu, vit et r&#232;gne avec vous, en l'unit&#233; du Saint-Esprit, dans tous les si&#232;cles des si&#232;cles. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette Oraison, le sous-diacre lit un passage du livre des Nombres, dans lequel on voit le peuple de Dieu sortant de l'&#201;gypte, et venant camper &#224; &#201;lim, &#224; l'ombre de soixante-dix palmiers, et aupr&#232;s de douze fontaines. C'est l&#224; qu'il re&#231;oit avis de la part de Mo&#239;se que la manne ne tardera pas &#224; descendre du ciel pour le nourrir, et que d&#232;s le jour suivant, au matin, il en pourra apaiser sa faim. Toutes ces figures s'accomplissent dans le peuple chr&#233;tien. Par une sinc&#232;re conversion, les fid&#232;les ont rompu avec l'&#201;gypte qui repr&#233;sente le monde. Les voici qui empruntent au palmier ses branches pour faire honneur &#224; J&#233;sus leur Roi. Les fontaines figurent le bapt&#234;me qui sera conf&#232;re bient&#244;t &#224; nos cat&#233;chum&#232;nes ; elles sont au nombre de douze, parce que les douze articles du Symbole ont &#233;t&#233; annonc&#233;s au monde par les douze Ap&#244;tres Enfin, le jour de P&#226;ques, au matin, J&#233;sus, Pain de vie, Manne c&#233;leste, sortira du tombeau et manifestera sa gloire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette lecture, le ch&#339;ur chante l'un des dR&#233;pons suivants, qui rappellent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le diacre monte ensuite &#224; l'Ambon, et lit le r&#233;cit de saint Matthieu sur l'entr&#233;e triomphante de J&#233;sus-Christ dans J&#233;rusalem. Les palmes du Nouveau Testament s'unissent &#224; celles de l'Ancien pour glorifier l'Homme-Dieu, qui est le n&#339;ud de l'un et de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moment approche o&#249; les palmes myst&#233;rieuses vont recevoir la b&#233;n&#233;diction de l'&#201;glise. Le Pr&#234;tre invoque d'abord les souvenirs de No&#233;, &#224; qui la branche d'olivier annon&#231;a la fin du d&#233;luge, et de Mo&#239;se, dont le peuple, &#224; sa sortie d'&#201;gypte, vint camper &#224; l'ombre de soixante-dix palmiers ; ensuite, empruntant le mode solennel de la Pr&#233;face, il adjure tous les &#234;tres de confesser en ce moment le grand nom du Fils de Dieu, auquel va &#234;tre rendu un si &#233;clatant hommage. L'assistance r&#233;pond par l'acclamation au Dieu trois fois Saint, et crie, &#224; sa gloire : Hosannah au plus haut des cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Oraisons qui suivent expliquent le myst&#232;re des rameaux, et attirent sur ceux que l'on pr&#233;sente &#224; la b&#233;n&#233;diction du Pr&#234;tre, et sur les fid&#232;les qui les porteront et les conserveront avec foi, les faveurs c&#233;lestes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#234;tre consomme la sanctification des rameaux, en les arrosant de l'eau sainte et en les parfumant avec l'encens qu'il vient de b&#233;nir. Puis il conclut ce rite imposant par l'Oraison suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette Oraison, le Pr&#234;tre proc&#232;de &#224; la distribution des rameaux ; et pendant qu'elle dure, le ch&#339;ur rappelle, dans les deux Antiennes suivantes, l'enthousiasme des enfants h&#233;breux portant des palmes, et chantant Hosannah au fils de David.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA PROCESSION DES RAMEAUX.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#234;tre ayant b&#233;ni l'encens qui, selon l'usage de l'&#201;glise, doit toujours purifier et parfumer la voie que parcourt une Procession, le Diacre se tourne vers le peuple et donne le signal du d&#233;part, en disant : Mettons-nous en marche dans la paix. Le Ch&#339;ur r&#233;pond : Au nom du Christ. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Procession commence &#224; d&#233;filer, chacun tenant en main son rameau. Le Ch&#339;ur chante les Antiennes qui suivent, &#224; l'honneur de J&#233;sus, Roi d'Isra&#235;l :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Procession a achev&#233; son cours, et se dispose &#224; rentrer dans l'&#233;glise. Elle en trouve les portes ferm&#233;es. Nous avons expliqu&#233; plus haut le sens de ce myst&#232;re. Tout &#224; coup des voix retentissent dans l'int&#233;rieur du temple : elles saluent le Roi-Christ et R&#233;dempteur. Ces voix repr&#233;sentent celles des saints Anges, qui, au plus haut des cieux, c&#233;l&#233;br&#232;rent l'arriv&#233;e de J&#233;sus dans l'&#233;ternelle J&#233;rusalem. Au dehors de l'&#233;glise, le Ch&#339;ur r&#233;p&#232;te ces accents de triomphe ; mais ces voix sont celles de la terre, qui ne c&#233;l&#232;brent encore que l'entr&#233;e du fils de David dans la J&#233;rusalem terrestre. Un dialogue chant&#233; s'&#233;tablit entre les deux ch&#339;urs, &#224; travers les portes du temple qui demeurent toujours ferm&#233;es, jusqu'au moment o&#249; la Croix victorieuse, faisant violence &#224; ces portes qui figurent celles du ciel, ouvre &#224; l'&#201;glise militante un passage pour se r&#233;unir &#224; l'&#201;glise triomphante. L'Hymne qui se chante ainsi &#224; deux ch&#339;urs fut compos&#233;e par Th&#233;odulphe, &#201;v&#234;que d'Orl&#233;ans, lorsqu'il &#233;tait prisonnier &#224; Angers, par ordre de Louis le D&#233;bonnaire. L'&#201;glise romaine, en adoptant les six premi&#232;res strophes de ce petit po&#232;me pour servir en celte rencontre, l'a rendu c&#233;l&#232;bre dans le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chantres qui sont au dedans de l'&#233;glise font entendre, comme on vient de le dire, la premi&#232;re strophe ; au dehors, le ch&#339;ur chante le refrain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand le dernier refrain a cess&#233; de retentir, le Sous-Diacre frappe la porte avec le b&#226;ton de la croix, et elle s'ouvre aussit&#244;t. En plusieurs lieux, c'est le c&#233;l&#233;brant lui-m&#234;me qui accomplit cet acte myst&#233;rieux, en pronon&#231;ant les paroles du Psaume XXIII, par lequel David c&#233;l&#232;bre l'entr&#233;e du R&#233;dempteur dans le ciel, au moment de sa glorieuse Ascension.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Procession rentre dans l'&#233;glise, en chantant le R&#233;pons Ingredi&#233;nte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A LA MESSE.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Rome, la Station est dans la Basilique de Latran. Une si auguste fonction ne demandait pas moins que l'&#201;glise M&#232;re et Ma&#238;tresse de toutes les autres. De nos jours, cependant, la Fonction papale a lieu &#224; Saint-Pierre ; mais cette d&#233;rogation est sans pr&#233;judice des droits de l'Archibasilique qui, dans l'antiquit&#233;, avait en ce jour l'honneur del&#224; pr&#233;sence du Souverain Pontife, et a conserv&#233; les indulgences accord&#233;es &#224; ceux qui la visitent aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Messe de ce Dimanche ne retient plus aucune trace de la joie qui &#233;clatait dans la c&#233;r&#233;monie des Palmes. L'Intro&#239;t est extrait du Psaume XXI, dans lequel David exprime les angoisses du Christ sur la croix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Collecte, l'&#201;glise demande pour nous la gr&#226;ce d'imiter la patience et l'humilit&#233; du Sauveur. C'est pour l'homme p&#233;cheur que J&#233;sus-Christ souffre et qu'il s'abaisse ; il est juste que l'homme profite de l'exemple, et op&#232;re son salut par les moyens que lui r&#233;v&#232;le la conduite de son R&#233;dempteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;P&#206;TRE.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise nous prescrit de fl&#233;chir le genou &#224; l'endroit de cette &#201;p&#238;tre o&#249; l'Ap&#244;tre dit que tout doit s'abaisser quand le nom de J&#233;sus est prononc&#233;. Nous venons d'accomplir ce commandement. Comprenons que, s'il est une &#233;poque dans l'ann&#233;e o&#249; le Fils de Dieu ait droit &#224; nos plus profondes adorations, c'est surtout en cette Semaine, o&#249; sa divine majest&#233; est viol&#233;e, o&#249; nous le voyons foul&#233; sous les pieds des p&#233;cheurs. Sans doute nos c&#339;urs doivent &#234;tre anim&#233;s de tendresse et de compassion &#224; la vue des douleurs qu'il endure pour nous ; mais nous devons ressentir avec non moins de vivacit&#233; les outrages et les indignit&#233;s dont il est abreuv&#233;, lui qui est l'&#233;gal du P&#232;re, et Dieu comme lui. Rendons-lui par nos abaissements, autant du moins qu'il est en nous, la gloire dont il se prive pour r&#233;parer notre orgueil et nos r&#233;voltes, et unissons-nous aux saints Anges qui, t&#233;moins de tout ce que lui a fait accepter son amour pour l'homme, s'an&#233;antissent plus profond&#233;ment encore, en voyant l'ignominie &#224; laquelle il est r&#233;duit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Graduel, l'&#201;glise se sert des paroles du Roi-Proph&#232;te qui pr&#233;dit les grandeurs futures de la victime du Calvaire, mais qui, en m&#234;me temps, confesse que l'affreuse s&#233;curit&#233; avec laquelle les Juifs devaient commettre le d&#233;icide avait &#233;branl&#233; son &#226;me tout enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Trait est form&#233; d'une partie consid&#233;rable du Psaume XXI, dont J&#233;sus-Christ r&#233;p&#233;ta les premi&#232;res paroles sur la Croix, et qui est autant une histoire de la Passion du Sauveur qu'une proph&#233;tie : tant les paroles en sont claires et &#233;videntes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps d'&#233;couter le r&#233;cit de la Passion de notre Sauveur ; mais afin de montrer au ciel et &#224; la terre que nous ne sommes pas scandalis&#233;s, comme le furent les disciples, par le spectacle de son apparente faiblesse et du triomphe de ses ennemis, tenons en mains&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis la r&#233;formation de Pie XII, on ne tient plus en mains les Rameaux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; les rameaux avec lesquels tout &#224; l'heure nous l'avons proclam&#233; notre Roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise lit, &#224; quatre jours diff&#233;rents de cette Semaine, la narration des quatre &#201;vangiles. Elle commence aujourd'hui parcelle de saint Matthieu, qui le premier a &#233;crit son r&#233;cit sur la vie et la mort du R&#233;dempteur. En signe de tristesse, les Acolytes ne viennent pas &#224; l'ambon avec leurs cierges, et le livre n'est pas encens&#233;. Sans saluer le peuple fid&#232;le par le souhait ordinaire, le Diacre qui remplit le r&#244;le de l'historien commence imm&#233;diatement son lamentable r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Apr&#232;s la mort de Notre-Seigneur) l'historien fait une pause dans sa lecture, pour honorer par un acte solennel de deuil la mort du Sauveur des hommes. Toute l'assistance se met &#224; genoux, et demeure quelque temps dans le silence. En beaucoup de lieux, on se prosterne et on baise humblement la terre. Le Diacre reprend ensuite son r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin que la Messe de ce jour ne soit pas priv&#233;e d'un rite essentiel, qui consiste dans la lecture solennelle de l'&#201;vangile, le Diacre r&#233;serve une derni&#232;re partie du r&#233;cit lugubre qu'il a fait entendre, et s'approchant de l'autel, il vient y faire b&#233;nir l'encens par le Pr&#234;tre et recevoir la b&#233;n&#233;diction. Il se rend ensuite &#224; l'Ambon ; mais les Acolytes ne l'accompagnent pas avec leurs flambeaux. Apr&#232;s avoir encens&#233; le livre, il termine la narration &#233;vang&#233;lique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Offertoire est une nouvelle proph&#233;tie de David. Elle annonce l'abandon o&#249; le Messie se verra r&#233;duit au milieu de ses angoisses, et la f&#233;rocit&#233; de ses ennemis qui dans sa faim lui pr&#233;senteront le fiel, et dans sa soif l'abreuveront de vinaigre. Ainsi a &#233;t&#233; trait&#233; celui qui s'appr&#234;te &#224; nous donner son corps pour nourriture et son sang pour breuvage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Secr&#232;te demande &#224; Dieu pour ses serviteurs le double fruit de la Passion du Christ : la gr&#226;ce dans le temps et la gloire pour l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Antienne de la Communion, l'&#201;glise, qui vient d'aspirer la vie du Christ dans le calice du salut, rappelle cet autre calice que le Christ a d&#251; boire pour nous m&#233;riter le breuvage de l'immortalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte &#201;glise conclut les demandes du Sacrifice qu'elle vient d'offrir, en implorant la r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s pour tous ses enfants, et l'accomplissement du d&#233;sir qu'ils ont d'avoir part &#224; la r&#233;surrection glorieuse de l'Homme-Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Achevons cette journ&#233;e du R&#233;dempteur &#224; J&#233;rusalem, en repassant dans notre m&#233;moire les autres faits qui la signal&#232;rent. Saint Luc nous apprend que ce fut pendant sa marche triomphale vers celle ville que J&#233;sus, pr&#232;s d'y entrer, pleura sur elle, et exprima sa douleur par ces lugubres paroles : &#171; Oh ! Si tu connaissais, aujourd'hui surtout, ce qui pourrait te donner la paix ! Mais tout cela est maintenant cach&#233; &#224; tes yeux. Il viendra des jours o&#249; tes ennemis t'environneront, te renverseront par terre, et ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas connu le temps de ta visite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc. XIX, 41-44.&#034; id=&#034;nh8-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a peu de jours, le saint &#201;vangile nous montrait J&#233;sus pleurant sur le tombeau de Lazare ; aujourd'hui nous le voyons r&#233;pandre de nouvelles larmes sur J&#233;rusalem. A B&#233;thanie, il pleurait en songeant &#224; la mort du corps, suite et ch&#226;timent du p&#233;ch&#233; ; mais cette mort n'est pas sans rem&#232;de. J&#233;sus est &#171; la r&#233;surrection et la vie ; et celui qui croit en lui ne demeurera pas dans la mort toujours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johan. XI, 2.&#034; id=&#034;nh8-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Mais l'&#233;tat de l'infid&#232;le J&#233;rusalem figure la mort de l'&#226;me, et cette mort est sans r&#233;surrection, si l'&#226;me ne revient pas &#224; temps vers l'auteur de la vie. Voil&#224; pourquoi les larmes que J&#233;sus r&#233;pand aujourd'hui sont si am&#232;res. Au milieu des acclamations qui accueillent son entr&#233;e dans la cit&#233; de David, son c&#339;ur est triste ; car il sait que beaucoup &#171; ne conna&#238;tront pas le temps de leur visite &#187;. Consolons le c&#339;ur de notre R&#233;dempteur, et soyons-lui une J&#233;rusalem fid&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le divin r&#233;cit nous apprend que J&#233;sus, aussit&#244;t apr&#232;s son entr&#233;e dans la ville, se rendit au Temple, et qu'il en chassa les vendeurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXI, 12.&#034; id=&#034;nh8-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'&#233;tait la seconde fois qu'il accomplissait cet acte d'autorit&#233; dans la maison de son P&#232;re, et nul n'osa lui r&#233;sister. Les princes des pr&#234;tres et les Pharisiens murmur&#232;rent, ils se plaignirent &#224; lui du tumulte qu'avait caus&#233; son entr&#233;e ; mais leur audace &#233;tait d&#233;concert&#233;e. C'est ainsi que, dans la suite des si&#232;cles, quand il pla&#238;t &#224; Dieu de glorifier, &#224; certaines &#233;poques, son Fils et l'&#201;glise de son Fils, les ennemis de l'un et de l'autre protestent dans la rage de leur c&#339;ur ; le char triomphal n'en poursuit pas moins sa marche. Mais sit&#244;t que Dieu, dans sa haute sagesse, a r&#233;solu de faire succ&#233;der des jours de pers&#233;cution et d'&#233;preuves &#224; ces heures de gloire, ces l&#226;ches ennemis se retrouvent, et, plus irrit&#233;s que jamais, ils ne se donnent point de repos qu'ils n'aient entra&#238;n&#233; une partie de ce peuple, qui criait Hosannah au fils de David, &#224; demander qu'on le lui livre et qu'il soit crucifie. Mais J&#233;sus et son &#201;glise n'en ont pas moins r&#233;gn&#233; ; et si leur r&#232;gne visible semble interrompu, c'est pour repara&#238;tre plus tard, jusqu'&#224; ce que, apr&#232;s une succession de gloire et d'ignominies, la royaut&#233; de l'&#201;poux et de l'&#201;pouse soit proclam&#233;e &#233;ternelle sur les ruines du monde &#171; qui n'aura pas connu le temps de sa visite &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous apprenons de saint Matthieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Matth. XXI, 17.&#034; id=&#034;nh8-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que le Sauveur alla terminer cette journ&#233;e &#224; B&#233;thanie. Sa pr&#233;sence dut suspendre les maternelles inqui&#233;tudes de Marie et rassurer la pieuse famille de Lazare. Mais dans J&#233;rusalem nul ne se pr&#233;senta pour offrir l'hospitalit&#233; &#224; J&#233;sus ; du moins l'&#201;vangile ne fait aucune mention &#224; ce sujet. Les &#226;mes pieuses qui ont m&#233;dit&#233; la vie de notre Seigneur ont appuy&#233; sur cette consid&#233;ration : J&#233;sus honor&#233; le matin d'un triomphe solennel, et r&#233;duit, le soir, &#224; aller chercher la nourriture et le repos hors de la ville qui l'avait accueilli avec tant d'acclamations. Dans les monast&#232;res de Carm&#233;lites de la r&#233;forme de sainte Th&#233;r&#232;se, il existe un usage touchant qui a pour but d'offrir au Sauveur une r&#233;paration pour l'abandon dont il fut l'objet de la part des habitants de J&#233;rusalem. On dresse une table au milieu du r&#233;fectoire, et on y sert un repas, apr&#232;s le d&#238;ner de la communaut&#233;, ce repas offert au Sauveur du monde est distribu&#233; aux pauvres qui sont ses membres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous terminerons cette journ&#233;e en ins&#233;rant ici quelques strophes d'une Hymne de la Liturgie Grecque, en ce Dimanche des Palmes. Elle a pour auteur le c&#233;l&#232;bre hymnographe C&#244;me de J&#233;rusalem.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;In Dominica Palmarum.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Dieu qui est assis sur les Ch&#233;rubins, au plus haut des cieux, et qui abaisse ses regards sur ce qu'il y a de plus humble, vient aujourd'hui dans la gloire et la puissance ; tout est rempli de sa divine grandeur. Paix sur Isra&#235;l, et salut pour les gentils !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#226;mes des justes s'&#233;cri&#232;rent dans l'all&#233;gresse : Une nouvelle alliance se pr&#233;pare aujourd'hui pour le monde ; les peuples vont &#234;tre renouvel&#233;s par l'aspersion du sang divin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple et les disciples fl&#233;chissent les genoux avec joie, et portant des palmes chantent : Hosannah au fils de David : vous &#234;tes digne de toute louange, Seigneur, Dieu de nos p&#232;res ; vous &#234;tes b&#233;ni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La multitude au c&#339;ur simple, l'enfance na&#239;ve vous ont c&#233;l&#233;br&#233; comme il convient &#224; un Dieu, vous, roi d'Isra&#235;l et souverain des Anges : Vous &#234;tes digne de toute louange, Seigneur, Dieu de nos p&#232;res ; vous &#234;tes b&#233;ni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ton roi s'est pr&#233;sent&#233;, &#244; Sion ! Le Christ monte sur le petit de l'&#226;nesse. Il vient d&#233;lier le joug de l'erreur grossi&#232;re qui poussait l'homme &#224; adorer les idoles ; il vient arr&#234;ter le cours des passions aveugles qui r&#232;gnent sur toutes les nations ; tous chanteront maintenant : &#338;uvres du Seigneur, b&#233;nissez-le, et exaltez son nom dans tous les si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Livre-toi &#224; la joie, &#244; Sion ! Le Christ ton Dieu r&#232;gne &#224; jamais. Il est doux, et il vient pour sauver, comme il est &#233;crit de lui ; il est le juste, notre r&#233;dempteur qui s'avance mont&#233; sur le petit de l'&#226;nesse. Il brisera l'audace de ceux qui ne veulent pas chanter en ce jour ; &#338;uvres du Seigneur, b&#233;nissez-le, et exaltez son nom dans tous les si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inique et obstin&#233; Sanh&#233;drin, qui usurpait le Temple sacr&#233;, est chass&#233; aujourd'hui ; il avait fait de la maison de pri&#232;re, de la maison de Dieu, une caverne de voleurs, et refusait son amour au R&#233;dempteur &#224; qui nous chantons : &#338;uvres du Seigneur, b&#233;nissez-le, et exaltez son nom dans tous les si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Seigneur Dieu parait devant nous ; faites-lui f&#234;te solennelle ; accourez pleins de joie ; chantons le Christ, et portant des palmes, crions &#224; sa louange : B&#233;ni celui qui vient au nom de Dieu, notre Sauveur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peuple, pourquoi as-tu fr&#233;mi contre les &#201;critures ? Pr&#234;tres, pourquoi m&#233;ditez-vous de vains projets ? Pourquoi dites-vous : Quel est celui devant qui les enfants portant des palmes s'&#233;crient : B&#233;ni celui qui vient au nom de Dieu, notre Sauveur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hommes sans frein, pourquoi semez-vous le scandale sur la voie ? Vos pieds sont rapides pour r&#233;pandre le sang du Seigneur ; mais il ressuscitera pour sauver tous ceux qui crieront : B&#233;ni celui qui vient au nom de Dieu notre Sauveur !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum&lt;/h2&gt;&lt;center&gt;Station au Latran &#224; la basilique du Sauveur. &lt;br class='manualbr' /&gt;(&lt;i&gt;Station &#224; Saint-Pierre, collecte &#224; Sainte-Marie &#171; in Turri &#187;&lt;/i&gt;)&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait de r&#232;gle, au moyen &#226;ge, que les grandes c&#233;r&#233;monies de la semaine pascale, comme les anciens appelaient ce solennel sept&#233;naire que nous allons commencer, se c&#233;l&#233;brassent aupr&#232;s de la r&#233;sidence pontificale, dans le palais des Laterani. C'est pourquoi aussi la procession des rameaux et la messe stationnale se c&#233;l&#232;brent aujourd'hui dans la v&#233;n&#233;rable basilique du Sauveur, troph&#233;e permanent des victoires du Pontificat romain sur l'idol&#226;trie, sur les h&#233;r&#233;sies et sur toutes les puissances infernales qui, depuis plus de dix-neuf si&#232;cles, conspirent contre l'&#201;glise et sont toujours repouss&#233;es et vaincues. Non praevalebunt adversus eam, a dit J&#233;sus, et le ciel et la terre passeront avant que vienne &#224; manquer une syllabe sortie des l&#232;vres du Sauveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le bas moyen &#226;ge, la station de ce jour, suivant le bon plaisir du Pape, se c&#233;l&#233;brait parfois au Vatican, et alors la b&#233;n&#233;diction des palmes se faisait dans l'&#233;glise de Sainte-Marie in Turri qui s'&#233;levait dans l'atrium de la basilique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La b&#233;n&#233;diction des rameaux nous conserve l'ancien type des synaxes aliturgiques, c'est-&#224;-dire des r&#233;unions tenues pour la r&#233;citation de l'office divin, l'instruction des fid&#232;les, etc., sans l'offrande du saint Sacrifice. Ce type de synaxes provient des coutumes juives dans les synagogues de la Diaspora, et entra dans le rituel chr&#233;tien d&#232;s l'&#226;ge apostolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La procession avec les branches d'olivier provient du rite hi&#233;rosolymitain, tel que nous le d&#233;crit la p&#232;lerine &#201;th&#233;rie vers la fin du Ve si&#232;cle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. pour information : &#201;th&#233;rie, Journal de voyage, Sources Chr&#233;tiennes 21, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En Occident, &#224; l'origine, on tenait les rameaux en main durant la lecture de l'&#233;vangile ; dans les Gaules, on commen&#231;a par donner une b&#233;n&#233;diction sp&#233;ciale, non point aux rameaux, mais &#224; ceux qui rendaient cet hommage &#224; la parole &#233;vang&#233;lique. La procession avant la messe s'y ajouta et vint conf&#233;rer une pompe et une importance sp&#233;ciale aux rameaux, lesquels finirent par &#234;tre, &#224; leur tour, sanctifi&#233;s par la b&#233;n&#233;diction sacerdotale.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;B&#233;n&#233;diction des Palmes.&lt;/strong&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;Collecte &#224; Saint-Sylvestre au Latran.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Selon les Ordines Romani du XIVe si&#232;cle, les palmes &#233;taient d'abord b&#233;nites par le cardinal de Saint-Laurent, puis transport&#233;es, par le minist&#232;re des clercs, &#224; l'int&#233;rieur du Patriarchium, en l'oratoire de Saint-Sylvestre, o&#249; les acolytes de la basilique Vaticane avaient mission d'en faire la distribution au peuple. Quant &#224; la distribution des palmes au clerg&#233;, elle &#233;tait accomplie par le Pontife en personne, dans la salle du triclinium de L&#233;on IV, d'o&#249; partait aujourd'hui la procession qui se dirigeait vers l'&#233;glise stationnale du Sauveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le Pape &#233;tait arriv&#233; sous le portique, il s'asseyait au tr&#244;ne, et tandis que les portes de l'&#233;glise demeuraient encore ferm&#233;es, le primicier des chantres et le prieur de la basilique, &#224; la t&#234;te de leur personnel de service, entonnaient l'hymne Gloria, laus, etc. prescrite encore aujourd'hui dans le missel. Enfin s'ouvraient les portes, et le cort&#232;ge faisait son entr&#233;e triomphale dans la basilique du Sauveur, pour commencer par la messe le grand drame de la R&#233;demption des hommes. Le Pape prenait les v&#234;tements sacr&#233;s dans le secretarium, mais, pour indiquer la tristesse fun&#232;bre qui remplit toute la liturgie de cette semaine, les basilicarii omettaient en ce jour de tendre sur la t&#234;te du Pontife la mappula traditionnelle, ou baldaquin, qui &#233;tait l'un des signes du respect et de la v&#233;n&#233;ration chez les anciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; collecte &#187; pour la b&#233;n&#233;diction des palmes commence par l'intro&#239;t : &#171; Salut, &#244; fils de David ; b&#233;ni soit Celui qui vient au nom du Seigneur ; &#244; Roi d'Isra&#235;l, salut, vivat ! &#187; Voil&#224; le salut messianique que le Christ, acclam&#233; aujourd'hui par les Gentils, par les enfants, par le bas peuple et par les simples, attendit en vain de la Synagogue. La cons&#233;quence en est que J&#233;sus r&#233;pudie le Sanh&#233;drin obstin&#233;, et se tourne au contraire vers les nations des Gentils, qui l'accueillent comme leur Dieu et leur R&#233;dempteur. La mis&#233;ricorde du Seigneur est pourtant infinie et Isra&#235;l lui-m&#234;me peut esp&#233;rer le salut, &#224; la condition toutefois qu'il se dirige lui aussi au-devant du Christ, chantant avec le psalmiste et avec les enfants : &#171; B&#233;ni soit celui qui vient au nom du Seigneur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons professer une grande d&#233;votion pour cet acte de foi messianique, tant d&#233;sir&#233; par J&#233;sus-Christ. L'&#201;glise le renouvelle au moment le plus solennel du sacrifice, quand J&#233;sus est sur le point de descendre, &#224; l'appel du pr&#234;tre, sur nos autels, &#224; l'&#233;tat de victime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici la collecte de b&#233;n&#233;diction sur l'assembl&#233;e : &#171; O Dieu, qu'il est juste d'aimer par-dessus tout, multipliez sur nous les dons de votre gr&#226;ce, et, tandis que par les m&#233;rites de la mort de votre Fils, vous nous faites esp&#233;rer cette &#233;ternit&#233; glorieuse qui forme pr&#233;cis&#233;ment l'objet de notre foi, accordez-nous, &#224; cause de votre r&#233;surrection, d'arriver l&#224; o&#249; nous tendons. &#187; La forme est vraiment solennelle, et le concept est clair et pr&#233;cis : la mort de J&#233;sus est la cause m&#233;ritoire de notre salut, mais sa r&#233;surrection en est la cause exemplaire ; car J&#233;sus glorieux r&#233;pand dans son corps et dans ses membres mystiques cette saintet&#233; et cette b&#233;atitude qui inondent le Chef au jour de son solennel triomphe sur la mort et sur le p&#233;ch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage de l'Exode qui suit (XV, 27 et XVI, 1-7) avec le r&#233;cit de la r&#233;volte des Isra&#233;lites contre Mo&#239;se, n'a vraiment pas grand'chose &#224; voir avec le myst&#232;re de ce dimanche ; les liturgistes gallicans du moyen &#226;ge le choisirent cependant &#224; cause des sources d'eau et des soixante-dix palmiers &#224; l'ombre desquels campa le peuple du Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Isra&#233;lites, tir&#233;s de la servitude d'&#201;gypte d'une fa&#231;on si prodigieuse, murmurent n&#233;anmoins contre le Seigneur et regrettent les oignons et les viandes de l'&#201;gypte. Ils pr&#233;ludaient &#224; ce que leurs descendants devaient faire un jour contre le v&#233;ritable Mo&#239;se, le vrai lib&#233;rateur de l'esclavage de l'enfer, qui serait maudit et tu&#233; au moment m&#234;me o&#249;, pour les racheter, il donnerait sa vie pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux r&#233;pons de rechange qui suivent n'ont aucune relation avec la c&#233;r&#233;monie de la b&#233;n&#233;diction des palmes, et ont &#233;t&#233; assign&#233;s ici seulement pour combler les lacunes et s&#233;parer les deux lectures scripturaires. Comme l'on voit, toute l'ordonnance de la fonction de ce jour est un peu factice, malgr&#233; son aspect archa&#239;que ; il s'agit d'&#233;l&#233;ments d'origine et d'inspiration tr&#232;s diverses, qui furent fondus ensemble tant bien que mal, sans une r&#233;elle unit&#233; de concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier r&#233;pons est emprunt&#233; &#224; saint Jean (XI, 47-53) et a trait &#224; l'assembl&#233;e tenue dans la maison de Ca&#239;phe. A ceux qui lui faisaient observer que J&#233;sus attirait &#224; lui les foules et exposait le Sanh&#233;drin au p&#233;ril de voir t&#244;t ou tard les Romains, tr&#232;s jaloux, &#233;touffer ces mouvements d'insurrection nationale, Ca&#239;phe r&#233;pondit qu'il &#233;tait pr&#233;f&#233;rable d'envoyer un seul homme, c'est-&#224;-dire J&#233;sus, &#224; la mort, pour sauver tous les autres. L'&#233;crivain sacr&#233; fait remarquer avec insistance que les paroles du rus&#233; pontife ont une port&#233;e bien sup&#233;rieure &#224; ses intentions, et que, en raison de ses fonctions, elles furent mises sur ses l&#232;vres par le Saint-Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second r&#233;pons est une pi&#232;ce de rechange ; il a &#233;t&#233; emprunt&#233; au 1er Nocturne du Jeudi saint. Il est tir&#233; de l'&#233;vangile selon saint Matthieu (XXVI, 39-41) et nous montre J&#233;sus qui, dans son agonie au jardin des Oliviers, supplie le P&#232;re, se conforme &#224; sa sainte volont&#233; et exhorte ses disciples assoupis &#224; chercher dans l'oraison un abri contre la tentation et l'&#233;preuve qui va commencer. Il ne suffit pas que les dispositions habituelles de la volont&#233; soient droites ; la nature mortelle est fragile, et, sans l'aide de la gr&#226;ce, elle d&#233;faille en pr&#233;sence du bien &#224; faire. Il faut donc prier et ne jamais se lasser d'implorer ce secours si n&#233;cessaire. Les saints, et en particulier saint Alphonse, r&#233;sumaient en ces termes l'enseignement chr&#233;tien relativement &#224; la n&#233;cessit&#233; de la pri&#232;re : &#171; Qui prie se sauve, et qui ne prie pas se damne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture de saint Matthieu faite en ce jour, racontant l'entr&#233;e solennelle de J&#233;sus dans la Cit&#233; sainte (XXI, 1-9) &#233;tait d&#233;j&#224; d&#233;sign&#233;e par la liturgie de J&#233;rusalem d&#232;s la seconde moiti&#233; du IVe si&#232;cle. Selon la proph&#233;tie de Zacharie, le R&#233;dempteur entre dans la Cit&#233; sainte assis sur l'&#226;non, pour symboliser le caract&#232;re doux et b&#233;nin de sa premi&#232;re apparition messianique. Il ne veut pas effrayer par les &#233;clairs et la foudre, mais il d&#233;sire ardemment amener tous les hommes &#224; son C&#339;ur par la douceur de ses attraits. L'&#226;nesse et l'&#226;non qui, selon le saint &#201;vangile, se trouvaient li&#233;s aux murs du village voisin du mont des Oliviers, d'o&#249; ils furent d&#233;tach&#233;s par les ap&#244;tres et conduits &#224; J&#233;sus, repr&#233;sentent le peuple Gentil exil&#233; de la patrie d'Abraham, d&#233;sh&#233;rit&#233; du patrimoine d'Isra&#235;l, ab&#234;ti sous la hart de l'idol&#226;trie. Aux ap&#244;tres est confi&#233;e la mission de le d&#233;gager de ses erreurs et de le ramener au Sauveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'usage de la liturgie romaine, quand il s'agit de pri&#232;res d'une importance sp&#233;ciale, la collecte suivante vient pr&#233;luder &#224; l'anaphore cons&#233;cratoire des rameaux. Elle est donc parall&#232;le &#224; la secreta qui pr&#233;c&#232;de la pr&#233;face de la messe : &#171; Accroissez, &#244; Dieu, la foi de ceux qui esp&#232;rent en vous, et exaucez avec cl&#233;mence les pri&#232;res de ceux qui vous supplient. Que votre mis&#233;ricorde descende avec abondance sur nous ; et que soient &#233;galement b&#233;nits ces rejets de palmier et d'olivier ; et de m&#234;me que pour pr&#233;figurer l'&#201;glise, vous conc&#233;d&#226;tes une race nombreuse &#224; No&#233; sorti de l'arche, et &#224; Mo&#239;se sorti de l'&#201;gypte avec les fils d'Isra&#235;l, que nous aussi, portant dans nos mains des palmes et des rameaux d'olivier, nous puissions, au moyen d'une vie sainte, aller &#224; la rencontre du Christ, et que, par ses m&#233;rites, nous soyons dignes d'entrer dans la joie &#233;ternelle. Lui qui, Dieu avec vous et dans l'unit&#233; du Saint-Esprit, vit et r&#232;gne dans tous les si&#232;cles. Amen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pri&#232;re, d'un go&#251;t si exquis et d'une pi&#233;t&#233; si profonde, explique tr&#232;s bien le symbolisme de la procession qui va s'accomplir, et d&#233;termine la raison pour laquelle on a lu la p&#233;ricope de l'Exode o&#249; il est question des soixante-dix palmiers. La palme se donne au vainqueur, et celui qui sort indemne de l'&#201;gypte peut bien m&#233;riter la gloire du triomphe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quoi vient l'anaphore, qui, selon sa signification primitive, est aujourd'hui un v&#233;ritable chant eucharistique, un hymne de louange et d'action de gr&#226;ces &#224; Dieu pour son infinie saintet&#233; et la d&#233;licatesse de sa mis&#233;ricorde envers les hommes : &#171; Il est vraiment convenable et juste, droit et profitable, que toujours et partout nous vous rendions gr&#226;ces, &#244; Seigneur saint, P&#232;re tout-puissant, Dieu &#233;ternel ; vous qui &#234;tes glorifi&#233; dans la multitude de vos saints, et &#224; qui toutes les cr&#233;atures ob&#233;issent. En effet, c'est vous seul qu'elles reconnaissent pour leur auteur et leur Dieu, en sorte que non seulement toute chose cr&#233;&#233;e proclame votre louange, mais vos saints vous b&#233;nissent d'une mani&#232;re sp&#233;ciale, quand ils confessent librement le grand nom de votre Fils unique devant les rois et les puissants de ce monde. Les Anges et les Archanges l'assistent, avec les Tr&#244;nes et les Dominations, qui, avec toutes les milices de l'arm&#233;e c&#233;leste, chantent sans cesse un hymne &#224; votre gloire, disant : Saint, saint, saint est le Seigneur des arm&#233;es. Votre gloire remplit le ciel et la terre. Salut, vivat jusqu'aux &#233;toiles. B&#233;ni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Salut, vivat ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cela vient une s&#233;rie de collectes de saveur assez antique et d'inspiration tr&#232;s &#233;lev&#233;e, o&#249; il semble que l'&#201;glise veuille &#233;pancher tout son amour envers le R&#233;dempteur, tout pr&#232;s de s'immoler pour elle. Ces diff&#233;rentes pri&#232;res constituaient primitivement une s&#233;rie de collectes de rechange ; aujourd'hui, au contraire, la c&#233;r&#233;monie est devenue tr&#232;s prolixe puisque toutes ces diverses formules de b&#233;n&#233;diction, pr&#233;face, collecte, etc. qui, au d&#233;but, se substituaient l'une &#224; l'autre, ou plut&#244;t, s'excluaient l'une l'autre, font partie int&#233;grante, dans le missel actuel, de la c&#233;r&#233;monie de la b&#233;n&#233;diction des palmes. Il en est sorti une fonction pieuse, &#224; la v&#233;rit&#233;, mais peut-&#234;tre sans proportion ni harmonie, ce qui r&#233;v&#232;le sa tardive introduction dans la liturgie romaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re collecte se rapporte exclusivement aux rameaux d'olivier, sans aucune allusion aux palmes, qui, au moyen &#226;ge, &#233;taient devenues extr&#234;mement rares en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu se pla&#238;t &#224; humilier l'orgueil de Satan en l'emp&#234;chant de nuire aux chr&#233;tiens gr&#226;ce aux sacramentaux, lesquels consistent le plus souvent en petits objets de d&#233;votion b&#233;nits par le pr&#234;tre et conserv&#233;s avec foi par les fid&#232;les. A cette esp&#232;ce de sacramentaux appartiennent pr&#233;cis&#233;ment les rameaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la troisi&#232;me pri&#232;re est expliqu&#233; tout le symbolisme de la c&#233;r&#233;monie de ce jour. De m&#234;me que les foules, avec des palmes, all&#232;rent &#224; la rencontre du triomphateur de la mort et de l'enfer, ainsi aujourd'hui Dieu nous donne par anticipation la palme, pour nous stimuler &#224; lutter courageusement, afin d'obtenir, au seuil de l'&#233;ternit&#233;, une autre palme, non plus sujette &#224; se fl&#233;trir et &#224; se dess&#233;cher, mais &#224; jamais fra&#238;che et verdoyante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la quatri&#232;me collecte on ne parle plus de palmiers, mais de l'olivier sont rapproch&#233;s d'autres arbres, puisque, dans les pays du Nord, o&#249; se d&#233;veloppa principalement le rite de ce jour, ni le palmier ni l'olivier ne poussent, &#224; cause du froid : &#171; Seigneur, qui avez voulu que la colombe apport&#226;t &#224; la terre l'annonce de la paix au moyen d'un rameau d'olivier, sanctifiez par votre b&#233;n&#233;diction ces branches d'olivier et d'autres arbres, afin qu'elles servent au salut de tout votre peuple. Par le Christ, etc. &#187;. Le rite ext&#233;rieur est vain, si &#224; la bouche qui prie ne s'unit le c&#339;ur qui adore : &#171; Nous vous en prions, Seigneur, b&#233;nissez ces rameaux de palmier et d'olivier, et faites que ce que le peuple ex&#233;cute aujourd'hui en votre honneur d'une mani&#232;re sensible, il l'accomplisse aussi int&#233;rieurement avec une ardente d&#233;votion, remportant la victoire sur l'ennemi spirituel, et se vouant avec le plus grand &#233;lan aux &#339;uvres de mis&#233;ricorde. Par notre Seigneur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici le pr&#234;tre asperge les rameaux avec l'eau sainte et les encense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la distribution des palmes ou de rameaux d'olivier b&#233;nits, le ch&#339;ur des chantres ex&#233;cute les antiennes suivantes, tir&#233;es de l'&#233;vangile r&#233;cit&#233; auparavant : &#171; Les enfants h&#233;breux all&#232;rent au-devant du Seigneur avec des branches d'olivier, et ils disaient : &#171; Salut, jusqu'aux &#233;toiles ! &#187; Aujourd'hui les enfants font les honneurs de la f&#234;te, parce que Dieu se compla&#238;t dans les &#226;mes simples et innocentes, et c'est &#224; elles qu'il r&#233;v&#232;le ses secrets. &#171; Les enfants h&#233;breux &#233;tendaient leurs v&#234;tements le long de la route, et criaient : &#171; Salut au Fils de David ; b&#233;ni soit Celui qui vient au nom du Seigneur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la distribution des rameaux b&#233;nits, on r&#233;cite la collecte suivante, avant de commencer la procession : &#171; O Dieu &#233;ternel et tout-puissant qui avez d&#233;cr&#233;t&#233; que notre Seigneur J&#233;sus-Christ s'assi&#233;rait sur le petit d'une &#226;nesse, et qui avez, vous-m&#234;me, inspir&#233; &#224; la foule du peuple d'&#233;tendre sur la route des v&#234;tements et des branches d'arbres, et de chanter Salut en son honneur ; ah ! faites que nous imitions leur innocence, afin que nous m&#233;ritions d'en obtenir aussi le prix. Par le m&#234;me notre Seigneur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La procession a lieu alors ; et bien qu'aujourd'hui elle ait une signification sp&#233;ciale et veuille rappeler l'entr&#233;e triomphale de J&#233;sus &#224; J&#233;rusalem, elle est n&#233;anmoins un vestige de l'antique procession stationnale et dominicale, qui au moyen &#226;ge, dans les abbayes b&#233;n&#233;dictines en particulier, pr&#233;c&#233;dait r&#233;guli&#232;rement la messe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant le parcours, le ch&#339;ur des chantres ex&#233;cute les antiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cela vient l'hymne Gloria, laus, etc., avec la c&#233;r&#233;monie par laquelle le sous-diacre frappe aux portes du temple pour les faire ouvrir au cort&#232;ge. Quant au rite, Rome ne connut que fort tard cette c&#233;r&#233;monie ; quant au symbole, les deux ch&#339;urs qui se r&#233;pondent, au dedans et au dehors du temple, figureraient la louange divine que font alterner l'&#201;glise triomphante et l'&#201;glise militante.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;A la Messe.&lt;/strong&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;Station &#224; Saint-Jean de Latran.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la procession commence la messe ; celle-ci a toutefois un caract&#232;re tout diff&#233;rent de celui de la b&#233;n&#233;diction des palmes, et elle est en relation plus intime avec la liturgie des jours pr&#233;c&#233;dents. En effet, tandis que les pri&#232;res et les antiennes rapport&#233;es plus haut acclament le R&#233;dempteur comme triomphateur de la mort et du p&#233;ch&#233;, la messe stationnale, d'inspiration enti&#232;rement romaine, consid&#232;re plut&#244;t ses intimes sentiments de profond an&#233;antissement, d'humiliation et de douleur, en tant que victime d'expiation pour les p&#233;ch&#233;s du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sainte liturgie de ces jours-ci ne s&#233;pare point le souvenir de la passion du Sauveur de celui des triomphes de sa r&#233;surrection &#8212; et c'est la raison du titre antique de Hebdomada paschalis donn&#233; jadis &#224; cette semaine et des mentions fr&#233;quentes de la sainte r&#233;surrection qui se pr&#233;sentent dans la messe et l'Office divin, tant aujourd'hui que le vendredi saint. En effet, si le Pascha nostrum immolatus Christus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Christ, notre P&#226;que, a &#233;t&#233; immol&#233; : I Cor. 5, 7.&#034; id=&#034;nh8-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, commence le soir du jeudi saint et se poursuit dans la parasc&#232;ve, il a toutefois son v&#233;ritable accomplissement au matin de la r&#233;surrection, alors que Celui qui &#233;tait mortuus propter delicta nostra, resurrexit propter iustificationem nostram&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Christ est mort pour nos p&#233;ch&#233;s, il est ressuscit&#233; pour notre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour les anciens, le Paschale Sacramentum comprenait ce triple myst&#232;re, en sorte que, m&#234;me le vendredi saint, en pr&#233;sence du Bois adorable de la Croix, ils annon&#231;aient d&#233;j&#224; les gloires du Sauveur ressuscit&#233; : Crucem Tuam adoramus... et sanctam resurrectionem tuam laudamus et glorificamus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intro&#239;t est tir&#233; de ce psaume 21 que J&#233;sus-Christ entonna sur la Croix, et qui d&#233;peint si admirablement ses souffrances, les ignominies qu'il endura, les battements de son C&#339;ur et ses esp&#233;rances pour son heureuse et prochaine r&#233;surrection : &#171; Seigneur, n'&#233;loignez pas de moi votre secours ; soyez attentif &#224; ma d&#233;fense. Sauvez-moi des dents du lion et d&#233;livrez ma faiblesse de la corne des licornes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte est d'une d&#233;licatesse de composition qui r&#233;v&#232;le l'&#226;ge d'or de la liturgie romaine : &#171; O Dieu tout-puissant et &#233;ternel, qui, pour donner au genre humain un exemple d'humilit&#233; &#224; imiter, avez dispos&#233; que notre Sauveur s'incarnerait et subirait le supplice de la Croix, accordez-nous de recevoir avec fruit l'enseignement de sa patience, afin d'avoir part &#224; sa r&#233;surrection. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela explique toute la signification du rite sacr&#233; qui devra s'accomplir durant cette semaine. J&#233;sus crucifi&#233; est comme un livre, dans lequel l'&#226;me lit tout ce que Dieu d&#233;sire d'elle pour la rendre sainte. La phrase de la collecte : patienti&#230; ipsius habere documenta perd beaucoup de son &#233;nergie quand elle est traduite en langue vulgaire. Elle signifie que nous devons r&#233;aliser dans notre vie ces le&#231;ons de souffrance et d'expiation que J&#233;sus nous donne du haut de la chaire qu'est sa Croix. Puis vient l'esp&#233;rance de la r&#233;surrection, que l'&#201;glise ne veut jamais s&#233;parer des souffrances du Golgotha.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture est tir&#233;e de la lettre aux Philippiens (II, 5-11) o&#249; saint Paul nous d&#233;crit le Christ qui, pour notre amour, voile la gloire de sa consubstantialit&#233; avec le P&#232;re, prend les livr&#233;es du serviteur et ob&#233;it &#224; Dieu jusqu'&#224; la mort la plus cruelle et la plus infamante. Jusqu'ici c'est l'expiation mais voici imm&#233;diatement le triomphe et le commencement de l'empire messianique. Par le feu de sa divinit&#233;, Dieu r&#233;chauffe ces membres glac&#233;s que J&#233;sus lui avait offerts sur la Croix. Il r&#233;pand en eux sa propre vie, et, au nom du Sauveur trac&#233; par Pilate sur l'&#233;criteau plac&#233; par d&#233;rision sur la branche verticale de la croix, il attribue tant de gloire et tant de puissance, que ce nom devient &#224; jamais le caract&#232;re et le sceau de tous les pr&#233;destin&#233;s &#224; la gloire du Ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;pons-graduel est emprunt&#233; au psaume 72 et pr&#233;lude d&#233;j&#224; au triomphe de dimanche prochain : &#171; Il s'en est fallu de peu que je chancelle, puisque j'&#233;tais &#233;mu &#224; la vue des m&#233;chants, indign&#233; de la torpeur mortelle o&#249; gisaient, abattus, les p&#233;cheurs. Toi pourtant, &#244; mon P&#232;re, tu m'as pris par la main, tu m'as conduit selon ton vouloir, et tu m'as accueilli en triomphe. &#187; Le z&#232;le de J&#233;sus voyant la ruine de tant et tant d'&#226;mes, br&#251;la d'une sainte ardeur durant sa passion ; Il affronta, intr&#233;pide, les ennemis de l'humanit&#233;, les d&#233;mons et leurs alli&#233;s, c'est-&#224;-dire les impies. Il &#233;tait m&#234;me sur le point de succomber sous leurs coups, car sur la Croix, en raison de la violence des tourments, son &#226;me b&#233;nie fut s&#233;par&#233;e du corps, lequel subit jusqu'&#224; l'humiliation du s&#233;pulcre. Mais en tout cela, la main du Tout-Puissant a toujours guid&#233; son Fils unique, elle l'a conduit sur le sentier de la vie, et l'a couronn&#233; dans la gloire triomphale de sa r&#233;surrection et de son ascension au Ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trait, ou psaume in directum, est le 21e, dans lequel sont d'abord d&#233;crits l'agonie d&#233;chirante du Christ et ses sentiments d'humilit&#233;, de d&#233;solation int&#233;rieure et de confiant abandon en Dieu ; puis on y exalte le triomphe de la r&#233;demption messianique, et l'on annonce la nouvelle g&#233;n&#233;ration, c'est-&#224;-dire l'&#201;glise, &#224; laquelle sera adress&#233; le message &#233;vang&#233;lique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture de l'&#201;vangile selon saint Matthieu contient tout le r&#233;cit de la passion du Seigneur (XXVI-XXVII), depuis la derni&#232;re C&#232;ne avec les ap&#244;tres jusqu'&#224; l'apposition des sceaux &#224; son s&#233;pulcre. Le choix de cette lecture &#233;vang&#233;lique est fort ancien pour Rome, puisqu'il nous est attest&#233; par les Ordines du IXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le souvenir des peines support&#233;es pour notre amour par J&#233;sus-Christ doit se conserver toujours plus vif dans notre c&#339;ur, y produisant ces sentiments d'amour et de gratitude qu'il causait en saint Paul quand il &#233;crivait : &#171; Le Christ m'a aim&#233; et s'est donn&#233; Lui-m&#234;me pour moi ; je vis, mais ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi. Moi je vis dans sa foi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le crucifix doit nous enseigner par-dessus tout trois choses : D'abord, combien grand a &#233;t&#233; l'amour que toute l'auguste Trinit&#233; nous a port&#233;, jusqu'&#224; sacrifier pour nous J&#233;sus, le Fils unique de Dieu ; en second lieu, quelle horrible chose est le p&#233;ch&#233;, qui n'a pu &#234;tre expi&#233; que par la mort tr&#232;s atroce du Sauveur ; troisi&#232;mement, combien vaut notre &#226;me, qui n'a pu &#234;tre rachet&#233;e &#224; un prix moindre que le sang de J&#233;sus. Saint Paul concluait ainsi sa m&#233;ditation sur la passion de J&#233;sus : Empti enim estis pretio magno ; glorificate et portate Deum in corpore vestro&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vous avez &#233;t&#233; achet&#233;s &#224; grand prix. Glorifiez et portez Dieu dans votre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour l'offertoire est prise au psaume 68, qui pr&#233;lude aussi &#224; la passion du Sauveur : &#171; Venant au milieu des hommes, mon c&#339;ur n'a attendu d'eux qu'ignominies et ingratitude. J'ai guett&#233; quelqu'un qui pr&#238;t part &#224; ma peine, mais en vain. Je cherchai un consolateur, mais n'en trouvai aucun. Ils me donn&#232;rent du fiel pour nourriture, et, dans l'ardeur de ma soif, ils m'abreuv&#232;rent de vinaigre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus r&#233;p&#233;ta ces m&#234;mes accents de d&#233;solation &#224; sainte Gertrude et &#224; sainte Marguerite-Marie, manifestant son vif d&#233;sir que les &#226;mes qui lui sont particuli&#232;rement consacr&#233;es, comme les pr&#234;tres et les personnes religieuses, prennent part &#224; ses sentiments, r&#233;parent, expient avec lui et le consolent par leur amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pri&#232;re sur les oblations, de m&#234;me que celle apr&#232;s la communion, sont emprunt&#233;es au dimanche dans l'octave de No&#235;l. Elles sont de caract&#232;re g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antienne pour la communion a &#233;t&#233; prise dans saint Matthieu (XXVI, 42) : &#171; P&#232;re, s'il ne peut se faire que je ne boive pas ce calice, que ta volont&#233; s'accomplisse. &#187; Quand, durant le chant de ces paroles, les fid&#232;les s'approchaient pour boire r&#233;ellement au calice soutenu par le diacre le sang du Christ, ils comprenaient parfaitement que le fait de communier nous rend solidaires de la Passion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, ce n'est pas seulement J&#233;sus-Christ, qui, &#224; la messe, renouvelle myst&#233;rieusement son sacrifice, mais c'est nous aussi qui, gr&#226;ce surtout &#224; la sainte communion, nous unissons &#224; lui comme les membres au Chef, pour nous humilier, pour nous immoler, pour nous offrir avec Lui, pour mourir dans sa mort afin d'avoir part &#224; sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce calice de la Passion ne peut s'&#233;loigner de nous ; il est n&#233;cessaire que nous le buvions, si nous voulons vivre et accomplir la volont&#233; de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://introibo.fr/spip.php?id_rubrique=6&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Dom Pius Parsch, le Guide dans l'ann&#233;e liturgique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous entrons maintenant dans le saint des saints de l'ann&#233;e liturgique. Comme l'&#201;glise nous a pr&#233;par&#233;s progressivement avant de nous laisser entrer ! N'avons-nous pas, depuis la Septuag&#233;sime, remarqu&#233; un crescendo perp&#233;tuel ? Chaque semaine nous a fait monter et nous a rapproch&#233;s. L'&#201;glise, sans doute, nous a parl&#233; souvent de la Croix et de la R&#233;surrection du Seigneur, mais elle le faisait toujours sous le voile des signes et des symboles, comme si elle craignait d'exposer ce qu'elle a de plus cher aux regards profanes. Aujourd'hui, enfin, elle soul&#232;ve le voile et nous pouvons contempler le saint des saints. Bien plus, nous prenons part au plus sublime myst&#232;re de l'histoire du salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous commen&#231;ons la grande et sainte semaine. Nous pensons &#224; la Croix et &#224; la R&#233;surrection qui sont ins&#233;parables. L'&#339;uvre r&#233;demptrice du Christ ne se termine pas &#224; sa mort, mais se prolonge dans la victoire de sa R&#233;surrection. Nous n'avons donc pas le droit de s&#233;parer la Passion du Christ de sa R&#233;surrection. La liturgie ne veut pas seulement &#234;tre une lamentation sur la mort du Christ et une compassion pour ses souffrances. Ce serait une conception m&#233;di&#233;vale et moderne de ce temps. Non, dans toute cette semaine nous entendons des accents de victoire et de joie. Nous voyons, dans la Passion du Christ, une transition qui nous m&#232;ne &#224; la gloire de la R&#233;surrection. Nous ne comprendrions pas l'ancienne liturgie si nous ne soulignions pas pr&#233;cis&#233;ment cette pens&#233;e. Il n'est pas de jour, pendant toute cette semaine, o&#249; nous n'entendions, d'une mani&#232;re distincte et claire, des th&#232;mes de P&#226;ques et des chants de victoire. Songeons seulement au dimanche des Rameaux avec les hommages royaux rendus au Seigneur, au Jeudi Saint avec la messe solennelle de la C&#232;ne et la b&#233;n&#233;diction des Saintes-Huiles, au Vendredi Saint avec l'&#233;l&#233;vation de la Croix comme signe de victoire, au Samedi Saint qui est le commencement de la solennit&#233; pascale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ext&#233;rieurement, quatre jours ressortent particuli&#232;rement dans cette semaine : le dimanche des Rameaux et les trois derniers jours. Les trois autres jours, le lundi, le mardi et le mercredi, ne se distinguent gu&#232;re des jours pr&#233;c&#233;dents du temps de la Passion. Le dimanche des Rameaux est la porte d'entr&#233;e monumentale qui nous introduit dans les saints myst&#232;res de P&#226;ques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE DIMANCHE DES RAMEAUX.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;STATION A SAINT-JEAN DE LATRAN&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le Roi conduit les siens au combat et &#224; la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La f&#234;te du jour. &#8212; Le sens de ce jour n'est pas seulement la comm&#233;moration de l'entr&#233;e de J&#233;sus &#224; J&#233;rusalem. Le sens est plut&#244;t celui-ci : nous voulons accompagner solennellement le Seigneur dans sa Passion. Mais nous ne pouvons le faire que si nous sommes d'abord consacr&#233;s comme combattants et martyrs. C'est ce que signifie la c&#233;r&#233;monie des Rameaux. Nous ne l'entendrons et nous ne la c&#233;l&#233;brerons comme il faut que si nous nous repr&#233;sentons vivement que le Christ est au milieu de nous, que nous sommes ses disciples et que nous lui pr&#233;parons un triomphe. Nous accompagnons le Seigneur du Mont des Oliviers dans la ville sainte o&#249; il va souffrir. C'est donc un drame sacr&#233; dans lequel nous ne sommes pas seulement spectateurs, mais acteurs. Consid&#233;rons les personnages et les lieux. Le drame a trois actes qui se passent en trois lieux diff&#233;rents : le premier acte se passe au Mont des Oliviers (c'est la b&#233;n&#233;diction des palmes dans l'&#233;glise de rassemblement) ; le second se passe sur le chemin qui m&#232;ne du Mont des Oliviers aux portes de la ville de J&#233;rusalem (c'est la procession des Rameaux) ; le troisi&#232;me se d&#233;roule dans la ville sainte elle-m&#234;me (c'est la messe dans l'&#233;glise de station). Les personnages sont : le Christ, les disciples, les enfants. Nous devons nous repr&#233;senter le Christ comme pr&#233;sent et le voir soit dans le symbole de la croix qui marche devant nous, soit dans la personne du pr&#234;tre ; autrefois, m&#234;me, on introduisait dans la procession un &#226;ne tra&#238;nant un petit char dans lequel se trouvait une statue du Christ ; on appelait cet &#226;ne l'&#226;ne des Rameaux. Les disciples, ce sont tous les fid&#232;les. Aujourd'hui, les enfants jouent un r&#244;le important ; ils repr&#233;sentent les enfants Juifs qui criaient : hosannah. Maintenant, prenons r&#233;ellement part au drame sacr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1er Acte : La b&#233;n&#233;diction des Rameaux.&lt;/strong&gt; &#8212; Nous nous rassemblons aujourd'hui dans une &#233;glise plus petite ; elle repr&#233;sente le Mont des Oliviers. C'est l&#224; que, de fait ; la b&#233;n&#233;diction des rameaux a lieu ; ces rameaux ne sont pas apport&#233;s par les fid&#232;les individuellement, ils sont rassembl&#233;s sur une table pr&#232;s de l'autel. La b&#233;n&#233;diction des rameaux se fait sous la forme d'une messe qui n'a pas de cons&#233;cration ni de communion. La cons&#233;cration est remplac&#233;e par la b&#233;n&#233;diction m&#234;me des rameaux ; et la communion, par la distribution de ces rameaux. La c&#233;r&#233;monie commence quand le pr&#234;tre fait son entr&#233;e, nous le saluons comme le Christ, qu'il repr&#233;sente, par le chant des disciples : &#171; Hosannah au Fils de David. B&#233;ni soit celui qui vient au nom du Seigneur ; &#244; Roi d'Isra&#235;l, hosannah dans les hauteurs &#187;. C'est l'Intro&#239;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient, imm&#233;diatement apr&#232;s, l'Oraison. Cette oraison envisage les grands &#233;v&#233;nements de la semaine, la mort et la r&#233;surrection du Seigneur, et demande la gr&#226;ce sur la terre et la gloire dans le ciel. On dirait que l'entr&#233;e solennelle du pr&#234;tre qui s'avance vers l'autel nous fait songer &#224; notre entr&#233;e un jour au ciel. Cette pens&#233;e nous sera, d'ailleurs, pr&#233;sent&#233;e une seconde fois, aujourd'hui, dans la procession des rameaux devant la porte de l'&#233;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit la Le&#231;on. Celle-ci nous conduit dans le d&#233;sert o&#249; les Juifs, au sortir de l'&#201;gypte, camp&#232;rent dans une oasis de douze sources et de soixante-douze palmiers. Nous les entendons murmurer contre Mo&#239;se et regretter les marmites de viande d'&#201;gypte. Mais nous entendons aussi Dieu leur promettre la manne qui doit les nourrir chaque jour dans le d&#233;sert. &#171; Demain, vous verrez la gloire de Dieu &#187; (par ces paroles, l'&#201;glise indique la f&#234;te de P&#226;ques qui approche).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la le&#231;on, nous chantons un r&#233;pons. L'&#226;me pieuse quitte le d&#233;sert aux soixante-dix palmiers et se rend sur le Mont des Oliviers. Elle voit le Seigneur en agonie au jardin des Oliviers ; elle voit les princes des pr&#234;tres se r&#233;unir et d&#233;cider sa mort. Puis, on chante l'&#201;vangile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;vangile nous raconte l'entr&#233;e solennelle du Christ &#224; J&#233;rusalem, au milieu des acclamations du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, se fait la b&#233;n&#233;diction solennelle des rameaux. Dans les oraisons de b&#233;n&#233;diction, on explique le sens des branches de palmier et d'olivier. Elles symbolisent le martyre du Christ, mais aussi celui des chr&#233;tiens. Le Seigneur va maintenant librement &#224; la mort et nous le suivons en portant une palme &#224; la main. Le pr&#234;tre chante alors une pr&#233;face avec les invocations habituelles. C'est une antique pr&#233;face des martyrs &#171; qui confessent le grand nom du Fils unique devant les rois et les puissances de ce si&#232;cle &#187;. Le Sanctus est chant&#233; et suivi de six Oraisons de b&#233;n&#233;diction qui expliquent le sens des rameaux. L'&#201;glise rappelle le souvenir de la colombe de l'arche qui apporta le rameau d'olivier comme signe de paix. Elle demande que les rameaux soient une b&#233;n&#233;diction pour tous les fid&#232;les. &#171; Que, dans les maisons o&#249; ils seront plac&#233;s, les habitants re&#231;oivent ta b&#233;n&#233;diction ; que ta main chasse toute puissance ennemie et prot&#232;ge les tiens &#187;. &#171; Les rameaux, est-il dit plus loin, annoncent la victoire du Seigneur sur le prince de la mort ; les rameaux nous promettent l'effusion des dons du Saint-Esprit &#187;. Quand la b&#233;n&#233;diction des rameaux est achev&#233;e, les pr&#234;tres doivent les distribuer au peuple. L'&#201;glise pr&#233;voit une distribution solennelle. C'est notre promotion annuelle &#224; la dignit&#233; de chevaliers et de martyrs. En recevant les rameaux, nous nous d&#233;clarons martyrs et nous sommes d&#233;sormais capables de suivre le Roi des martyrs, J&#233;sus-Christ, dans sa Passion. Pendant la distribution, nous sentons que nous sommes d&#233;j&#224; &#171; les enfants des H&#233;breux &#187; qui all&#232;rent au-devant du Seigneur, portant des palmes dans leurs mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise n'entend pas accomplir une vaine c&#233;r&#233;monie en nous mettant une palme dans la main, pas plus qu'au jour de la Chandeleur quand elle nous remet un cierge. A la Chandeleur, nous nous sommes engag&#233;s &#224; &#234;tre des hommes de lumi&#232;re ; aujourd'hui, nous promettons d'&#234;tre des martyrs et des confesseurs de la foi. Comprenons-nous bien ce que cela veut dire : &#234;tre martyr du Christ ? &#202;tre martyr, cela signifie rendre t&#233;moignage au Christ dans nos &#339;uvres et dans notre vie, par la parole et la profession de foi, devrait-il nous en co&#251;ter la perte de nos biens, la perte de notre vie... Quand nous suspendons le rameau b&#233;nit dans notre chambre, souvenons-nous, toute l'ann&#233;e, que nous sommes vou&#233;s au martyre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une remarque. Quelle diff&#233;rence y a-t-il entre l'histoire de la Passion et la c&#233;l&#233;bration de la Semaine Sainte ? Autrefois, le Seigneur a souffert seul ; aujourd'hui, il veut conduire ses membres, c'est-&#224;-dire nous, les chr&#233;tiens, par la croix &#224; la r&#233;surrection. La palme que nous portons &#224; la main signifie : Nous allons, avec le Christ et le Christ en nous, &#224; la Passion et &#224; la R&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2e Acte : La procession des Rameaux.&lt;/strong&gt; &#8212; C'est seulement comme chevaliers du Christ, comme martyrs, que nous sommes dignes de suivre le Seigneur, le Roi des martyrs, dans son combat h&#233;ro&#239;que. Le deuxi&#232;me acte est donc lui aussi une action importante. Nous accompagnons au combat le vainqueur de la mort et de l'enfer, tel est le sens de la procession. Nous devons y prendre part avec une profonde &#233;motion. Figurons-nous que nous vivons au temps des martyrs, que l'un des n&#244;tres vient d'&#234;tre condamn&#233; &#224; mort pour la foi et que nous l'accompagnons au lieu de son supplice. Avec quel respect nous suivrions ses pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La procession se met en marche, pr&#233;c&#233;d&#233;e de la croix. Les beaux chants nous rappellent sans cesse que c'est comme disciples du Seigneur que nous accompagnons, dans son entr&#233;e dans la ville, &#171; le vainqueur de la mort et de l'enfer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, malheureusement, la procession des Rameaux n'est qu'esquiss&#233;e. Au Moyen Age, c'&#233;tait une manifestation magnifique, un hommage solennel &#224; J&#233;sus, le Roi du royaume de Dieu. On sortait en ville, portant &#224; la main les palmes, signe de victoire. J&#233;sus &#233;tait repr&#233;sent&#233; symboliquement soit par la croix, soit par l'&#201;vangile, soit par une statue port&#233;e sur un &#226;ne. Quelle signification profonde ! Les chr&#233;tiens s'avancent avec le Christ ; c'est une procession de vainqueurs et de h&#233;ros. Aujourd'hui, encore, on devrait ressusciter cette procession. Il faudrait le demander aux cur&#233;s. Surtout qu'on laisse les enfants prendre part &#224; la procession et aux chants. Toutes les fois qu'on chante l'hosannah, les assistants devraient agiter joyeusement leurs palmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cort&#232;ge arrive &#224; la porte de l'&#233;glise paroissiale ; les chantres p&#233;n&#232;trent dans l'&#233;glise et on ferme la porte derri&#232;re eux. Le clerg&#233; et toute la communaut&#233; se rassemblent devant la porte ferm&#233;e. Alors, le ch&#339;ur entonne, &#224; l'int&#233;rieur de l'&#233;glise, une hymne de louange au Christ-Roi, et le peuple, qui est au dehors, r&#233;p&#232;te toujours le m&#234;me refrain. Cette hymne merveilleuse est l'&#339;uvre de l'&#233;v&#234;que Th&#233;odulphe d'Orl&#233;ans ; il la composa vers l'an 800, alors qu'il &#233;tait en prison ; c'est un magnifique hommage au Christ-Roi. Quand le chant est fini, le sous-diacre frappe trois fois &#224; la porte avec le pied de la croix ; la porte s'ouvre et la communaut&#233; entre dans l'&#233;glise. Cette c&#233;r&#233;monie &#233;largit le symbolisme de la procession ; c'est toute l'humanit&#233; qui arrive au but &#233;ternel, au ciel. Depuis le p&#233;ch&#233; originel, les portes du paradis &#233;taient ferm&#233;es. Mais J&#233;sus est venu sur la terre et, avec sa Croix, il a frapp&#233; &#224; la porte du ciel. La porte s'est ouverte et l'entr&#233;e au ciel a commenc&#233; ; elle ne s'ach&#232;vera qu'au dernier jour. Ainsi, la procession terrestre devient une procession c&#233;leste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons l'&#233;mouvant hommage rendu au Christ-Roi devant la porte de l'&#201;glise. Le portail de l'&#201;glise rappelait aux chr&#233;tiens romains les antiques arcs de triomphe construits pour les vainqueurs. Le portail doit &#234;tre, aujourd'hui, un arc de triomphe pour le Christ victorieux. On pourrait, aujourd'hui, parer ce portail de rameaux. On devrait rendre &#224; cet hommage au Christ son caract&#232;re populaire. Il faudrait que toute la paroisse soit rassembl&#233;e sur la grande place de l'&#233;glise et tout le monde, les enfants comme les grandes personnes, devraient chanter : Il Gloire, louange et honneur soient &#224; toi, Christ-Roi et R&#233;dempteur, &#224; qui la troupe des enfants chanta un pieux hosannah &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3e Acte : La Messe.&lt;/strong&gt; &#8212; L'&#233;glise de station, Saint-Jean de Latran, repr&#233;sente la ville de J&#233;rusalem. Ainsi donc le Christ entre dans la ville sainte et nous, ses disciples, nous le suivons : &#171; Quand le Seigneur entra dans la ville sainte, les enfants des H&#233;breux annonc&#232;rent la r&#233;surrection de la vie &#187; (Antienne au moment de l'entr&#233;e dans l'&#233;glise). Or pourquoi le Christ a-t-il fait son entr&#233;e ? Pour se faire couronner roi ? Non ; pour souffrir. Aussi le ton de la liturgie change soudain, la messe nous place au milieu de la Passion ; toutes les parties de la messe sont d'une profonde tristesse ; l'&#201;glise nous montre l'image douloureuse du Sauveur souffrant ; les chants sont des lamentations que fait entendre le Christ ; dans son d&#233;laissement complet, il crie vers son P&#232;re. Trois hommes r&#233;citent le prologue du drame de la Croix : le Roi-proph&#232;te, David (Intro&#239;t, Trait, Offertoire), le docteur des nations et le pr&#233;dicateur de la Croix, saint Paul (&#201;p&#238;tre), et, enfin, l'Ap&#244;tre et &#233;vang&#233;liste saint Matthieu (Passion).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) David. Le proph&#232;te royal entonne le c&#233;l&#232;bre psaume messianique, le psaume 21. De l'avis unanime des P&#232;res de l'&#201;glise et m&#234;me de la Synagogue, ce psaume est directement messianique, c'est-&#224;-dire qu'il traite au sens litt&#233;ral de la Passion du Christ. Nous le concevons comme une vision de David dans laquelle lui est montr&#233;e la sc&#232;ne du crucifiement. Ce psaume nous est d'autant plus cher que le Seigneur, sur la Croix, en a r&#233;cit&#233; un verset, peut-&#234;tre m&#234;me le psaume entier. Ce psaume repr&#233;sente le paroxysme de la Passion : le d&#233;laissement du Seigneur sur la Croix. En r&#233;citant ce psaume, nous nous transporterons en esprit sur le Golgotha et nous nous laisserons p&#233;n&#233;trer par l'image douloureuse. Assur&#233;ment, nous ne pourrons pas appliquer chaque mot et chaque image &#224; une sc&#232;ne particuli&#232;re de la Passion. Le psalmiste essaie de d&#233;crire l'effroyable d&#233;laissement du Crucifi&#233; ; il cherche des expressions et des images qui lui permettront de donner une id&#233;e approximative de la terrible r&#233;alit&#233;. Dans la premi&#232;re partie, nous voyons une h&#233;sitation dans les sentiments : d'un c&#244;t&#233;, l'attachement &#224; Dieu, l'abandon &#224; sa volont&#233;, la confiance, l'ob&#233;issance envers le P&#232;re ; d'un autre c&#244;t&#233;, le d&#233;laissement, la d&#233;solation. Dans la seconde partie, nous voyons d&#233;filer devant nos yeux divers aspects de la Passion. Le psalmiste aime &#224; repr&#233;senter les ennemis du Messie sous la figure de b&#234;tes d&#233;vorantes. Nous entendons aussi des proph&#233;ties litt&#233;rales : &#171; Ils ont perc&#233; mes mains et mes pieds, ils se sont partag&#233; mes v&#234;tements. &#187; &#171; Ma langue est dess&#233;ch&#233;e comme un tesson. &#187; La fin du psaume am&#232;ne un changement complet de sentiments : Le calice a &#233;t&#233; vid&#233; jusqu'&#224; la lie et, maintenant, au milieu des t&#233;n&#232;bres, brille d&#233;j&#224; un rayon de la gloire de la R&#233;surrection. Le Christ fait entendre un chant d'action de gr&#226;ces pour la r&#233;demption du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Saint Paul. Le second t&#233;moignage est apport&#233; par le grand pr&#233;dicateur de la Croix, saint Paul. Dans son &#201;p&#238;tre &#224; sa ch&#232;re &#201;glise de Philippes, il esquisse &#224; grands traits l'image du Crucifi&#233;. Ce passage est peut-&#234;tre ce qui a &#233;t&#233; dit de plus magnifique sur J&#233;sus. Le verset principal : &#171; Le Christ a &#233;t&#233; ob&#233;issant jusqu'&#224; la mort et &#224; la mort de la Croix, c'est pourquoi Dieu l'a exalt&#233;... &#187; constituera l'antienne des trois derniers jours de la Semaine Sainte et r&#233;sumera toute la Passion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) Saint Matthieu. Le troisi&#232;me h&#233;raut est saint Matthieu dans son histoire de la Passion. C'est Pr&#233;cis&#233;ment saint Matthieu qui nous d&#233;crit le Seigneur dans tout ce qu'il a d'humain, dans son d&#233;laissement, tel que le Proph&#232;te l'avait pr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de nombreuses &#233;glises, la Passion est chant&#233;e solennellement par trois pr&#234;tres (ou diacres). Le premier repr&#233;sente l'&#233;vang&#233;liste ; le second, le Christ ; et le troisi&#232;me, les autres personnages, pendant que le ch&#339;ur repr&#233;sente le peuple. Pendant l'&#201;vangile, les chantres et le peuple doivent tenir les rameaux &#224; la main. C'est une affirmation de fid&#233;lit&#233; envers le Christ, le Roi souffrant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, m&#234;me dans cette messe, le th&#232;me pascal ne fait pas enti&#232;rement d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#201;p&#238;tre, notre regard s'&#233;l&#232;ve, par-del&#224; le Vendredi Saint, jusqu'&#224; la gloire pascale du Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'Offertoire et &#224; la Communion, l'&#201;glise fait un rapprochement significatif entre le pain et le vin du sacrifice et la Passion du Christ. Quand la communaut&#233; apporte &#224; l'autel le pain et le vin, la Schola chante cette antienne : &#171; Ils m'ont donn&#233; du fiel pour nourriture et ils m'ont abreuv&#233; de vinaigre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand la communaut&#233;, au moment de la communion, re&#231;oit la sainte Eucharistie, l'&#201;glise r&#233;p&#232;te cette antienne : &#171; Mon P&#232;re, si ce calice ne peut passer sans que je le boive, que ta volont&#233; soit faite &#187; (Com.). (Nous voyons ici que les chants ne se comprennent bien qu'en union avec la procession correspondante). La liturgie d'aujourd'hui a commenc&#233; au Mont des Oliviers, elle s'ach&#232;ve au Mont des Oliviers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous jetons un dernier regard sur la solennit&#233; du dimanche des Rameaux, nous verrons que l'&#201;glise nous fait gravir trois degr&#233;s. Nous pr&#233;parons un triomphe au Christ, notre Roi vainqueur ; nous ne le laissons pas aller seul au combat, nous sommes nous-m&#234;mes promus combattants et, &#224; la messe, nous allons &#224; la mort avec le Christ. Mais tout ne se termine pas &#224; la mort. L'&#201;glise nous montre un but plus &#233;lev&#233; ; si nous l'avons accompagn&#233; fid&#232;lement dans la vie et dans la lutte, si &#171; nous avons port&#233; devant les rois son nom sublime &#187; (Pr&#233;face), nous entrerons avec lui dans le royaume du ciel pour r&#233;gner &#233;ternellement avec lui. C'est aussi le sens symbolique de la procession des Rameaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Zachar. IX 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Marc. XI, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. XI, 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. I, 32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dom Gu&#233;ranger commente bien s&#251;r ici la c&#233;r&#233;monie traditionnelle des Rameaux avant sa r&#233;formation sous Pie XII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cateches. X.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Act. SS. XX Januarii.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Levit. XXIII, 40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Depuis la r&#233;formation de Pie XII, on ne tient plus en mains les Rameaux pendant le r&#233;cit de la Passion.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luc. XIX, 41-44.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johan. XI, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXI, 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Matth. XXI, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. pour information : &#201;th&#233;rie, Journal de voyage, Sources Chr&#233;tiennes 21, Cerf 1971.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Christ, notre P&#226;que, a &#233;t&#233; immol&#233; : I Cor. 5, 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Christ est mort pour nos p&#233;ch&#233;s, il est ressuscit&#233; pour notre justification : Cf. Rom. 4, 25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Vous avez &#233;t&#233; achet&#233;s &#224; grand prix. Glorifiez et portez Dieu dans votre corps : I Cor. 6, 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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