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22/07 Ste Marie-Madeleine, pénitente

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Sommaire

  Textes de la Messe  
  Office  
  Dom Guéranger, l’Année Liturgique  
  Bhx cardinal Schuster, Liber Sacramentorum  
  Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique  

Voir aussi le commentaire au Jeudi de Pâques

Le culte de Ste Marie-Madeleine apparaît à Rome au XIe siècle. La messe est attestée au siècle suivant. Mais les formulaires différeront selon le portrait que l’on veut dresser de la sainte : præco Resurrectionis, l’annonciatrice de la Résurrection ; la sœur de Lazare (collecte de la messe actuelle), la pécheresse de l’Évangile, etc…

Certains penseurs modernes et rationalistes continuent de séparer les ‘trois’ Madeleines : la tradition de l’Église à ce sujet est ferme depuis St Grégoire le Grand, et il n’y a aucune raison, même exégétique ou historico-critique de la remettre en doute, même si les traditions orientales le font. La pécheresse de l’Évangile, sœur de Lazare, devenue avec sa fratrie des familiers de Notre-Seigneur est bien la femme qui sera honorée de l’apparition de Notre-Seigneur et de la mission d’annoncer la Résurrection aux Apôtres eux-mêmes. L’Office liturgique en est une preuve à lui seul.

Textes de la Messe

die 22 Iulii
le 22 juillet
S. MARIÆ MAGDALENÆ
SAINTE MARIE-MADELEINE
Pænitentis
Pénitente
III classis (ante CR 1960 : duplex)
IIIème classe (avant 1960 : double)
Ant. ad Introitum. Ps. 118, 95-96.Introït
Me exspectavérunt peccatóres, ut pérderent me : testimónia tua, Dómine, intelléxi : omnis consummatiónis vidi finem : latum mandátum tuum nimis.Les pécheurs m’ont attendu pour me perdre : mais j’ai compris vos enseignements, Seigneur : j’ai vu la fin de toute perfection : votre loi a une étendue infinie.
Ps. Ibid., 1.
Beáti immaculáti in via : qui ámbulant in lege Dómini.Heureux ceux qui sont immaculés dans la voie : qui marchent dans la loi du Seigneur.
V/. Glória Patri.
Oratio.Collecte
Beátæ Maríæ Magdalénæ, quǽsumus, Dómine, suffrágiis adiuvémur : cuius précibus exorátus, quatriduánum fratrem Lázarum vivum ab ínferis resuscitásti : Qui vivis.Nous vous prions, Seigneur, par les suffrages de la bienheureuse Marie-Madeleine, de venir à notre aide : vous qui, fléchi par ses prières, avez ressuscité vivant des enfers son frère Lazare, mort depuis quatre jours.
Léctio libri Sapiéntiæ.Lecture du Livre de la Sagesse.
Cant. 3, 2-5 ; 8, 6-7.
Surgam, et circuíbo civitátem : per vicos et pláteas quæram, quem díligit ánima mea : quæsívi illum, et non invéni. Invenérunt me vígiles, qui custódiunt civitátem. Num quem díligit ánima mea, vidístis ? Páululum cum pertransíssem eos, invéni, quem díligit ánima mea : ténui eum, nec dimíttam, donec introdúcam illum in domum matris meæ et in cubículum genetrícis meæ. Adiúro vos, fíliæ Ierúsalem, per cápreas cervósque campórum, ne suscitétis neque evigiláre faciátis diléctam, donec ipsa velit. Pone me ut signáculum super cor tuum, ut signáculum super bráchium tuum : quia fortis est ut mors diléctio, dura sicut inférnus æmulátio : lámpades eius lámpades ignis atque flammárum. Aquæ multæ non potuérunt exstínguere caritátem, nec flúmina óbruent illam : si déderit homo omnem substántiam domus suæ pro dilectióne, quasi nihil despíciet eam.Je me lèverai, je parcourrai la ville ; les rues et les places, je chercherai celui que mon cœur aime : Je l’ai cherché et Je ne l’ai point trouvé. Les gardes m’ont rencontrée, ceux qui font la ronde dans la ville : "Avez-vous vu celui que mon cœur aime ?" A peine les avais-je dépassés, que j’ai trouvé celui que mon cœur aime. Je l’ai saisi et je ne le lâcherai pas, jusqu’à ce que je l’aie introduit dans la maison de ma mère, et dans la chambre de celle qui m’a donné le jour. Je vous en conjure, filles de Jérusalem, par les gazelles et les biches des champs, n’éveillez pas, ne réveillez pas la bien-aimée, avant qu’elle le veuille. Mets-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras ; car l’amour est fort comme la mort, la jalousie est inflexible comme l’enfer. Ses ardeurs sont des ardeurs de feu. Les grandes eaux ne sauraient éteindre l’amour, et les fleuves ne le submergeraient pas. Un homme donnerait-il pour l’amour toutes les richesses de sa maison, on ne ferait que le mépriser.
Graduale. Ps. 44, 8.Graduel
Dilexísti iustítiam, et odísti iniquitátem.Vous avez aimé la justice et haï l’iniquité.
V/. Proptérea unxit te Deus, Deus tuus, óleo lætítiæ.V/. C’est pourquoi Dieu, votre Dieu, vous a oint d’une huile d’allégresse.
Allelúia, allelúia. V/. Ibid. 3. Diffúsa est grátia in labiis tuis : proptérea benedíxit te Deus in ætérnum. Allelúia.Allelúia, allelúia. V/. La grâce est répandue sur vos lèvres : c’est pourquoi Dieu vous a bénie à jamais et pour tous les siècles. Alléluia.
+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Lucam.Suite du Saint Évangile selon saint Luc.
Luc. 7, 36-50.
In illo témpore : Rogábat Iesum quidam de pharisǽis, ut manducáret cum illo. Et ingréssus domum pharisǽi, discúbuit. Et ecce múlier, quæ erat in civitáte peccátrix, ut cognóvit, quod accubuísset in domo pharisǽi, áttulit alabástrum unguénti : et stans retro secus pedes eius, lácrimis cœpit rigáre pedes eius, et capillis cápitis sui tergébat, et osculabátur pedes eius, et unguénto ungébat. Videns autem pharisǽus, qui vocáverat eum, ait intra se, dicens : Hic si esset Propheta, sciret útique, quæ et qualis est múlier, quæ tangit eum : quia peccátrix est. Et respóndens Iesus, dixit ad illum : Simon, hábeo tibi áliquid dícere. At ille ait : Magíster, dic. Duo debitóres erant cuidam fœneratóri : unus debébat denários Quingéntos, et alius quinquagínta. Non habéntibus illis, unde rédderent, donávit utrísque. Quis ergo eum plus díligit ? Respóndens Simon, dixit : Æstimo, quia is, cui plus donávit. At ille dixit ei : Recte iudicásti. Et convérsus ad mulíerem, dixit Simóni : Vides hanc mulíerem ? Intrávi in domum tuam, aquam pédibus meis non dedísti : hæc autem lácrimis rigávit pedes meos et capíllis suis tersit. Osculum mihi non dedísti : hæc autem, ex quo intrávit, non cessávit osculári pedes meos. Oleo caput meum non unxísti : hæc autem unguénto unxit pedes meos. Propter quod dico tibi : Remittúntur ei peccáta multa, quóniam diléxit multum. Cui autem minus dimíttitur, minus díligit. Dixit autem ad illam : Remittúntur tibi peccáta. Et cœpérunt, qui simul accumbébant, dícere intra se : Quis est hic, qui étiam peccáta dimíttít ? Dixit autem ad mulíerem : Fides tua te salvam fecit : vade in pace.En ce temps-là : Un Pharisien invita Jésus à manger avec lui. Il entra dans la maison du Pharisien et se mit à table. Et voici qu’une femme qui, dans la ville, était pécheresse, ayant appris qu’il était à table dans la maison du Pharisien, apporta un vase d’albâtre (plein) de parfum ; et se tenant par derrière, près de ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à arroser ses pieds de ses larmes, et elle essuyait avec les cheveux de sa tête et embrassait ses pieds, et elle les oignait de parfum. A cette vue, le Pharisien qui l’avait invité se dit en lui-même : "S’il était prophète, il saurait qui et de quelle espèce est la femme qui le touche, que c’est une pécheresse." Et prenant la parole, Jésus lui dit : "Simon, j’ai quelque chose à te dire." Et lui : "Maître, parlez." dit-il. "Un créancier avait deux débiteurs : l’un devait cinq cents deniers et l’autre cinquante. Comme ils n’avaient pas de quoi rendre, il fit remise à tous les deux. Lequel donc d’entre eux l’aimera davantage ?" Simon répondit : "Celui, je pense, auquel il a remis le plus." Il lui dit : "Tu as bien jugé." Et, se tournant vers la femme, il dit à Simon : "Vois-tu cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu n’as pas versé d’eau sur mes pieds ; mais elle, elle a arrosé mes pieds de (ses) larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as point donné de baiser ; mais elle, depuis que je suis entré, elle ne cessait pas d’embrasser mes pieds. Tu n’as pas oint ma tête d’huile ; mais elle, elle a oint mes pieds de parfum. C’est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés lui sont pardonnés, parce qu’elle a beaucoup aimé ; mais celui à qui l’on pardonne peu, aime peu." Et à elle, il dit : "Tes péchés sont pardonnés." Et les convives se mirent à se dire en eux-mêmes : "Qui est celui-ci qui même pardonne les péchés ?" Et il dit à la femme : "Ta foi t’a sauvée, va en paix."
Ante 1960 : CredoAvant 1960 : Credo
Ant. ad Offertorium. Ps. 44, 10.Offertoire
Fíliæ regum in honóre tuo, ástitit regína a dextris tuis in vestítu deauráto, circúmdata varietate.Les filles des rois sont dans votre gloire, la reine se tient à votre droite en vêtements tissés d’or, couverte de broderies.
SecretaSecrète
Múnera nostra, quǽsumus. Dómine, beátæ Maríæ Magdalénæ gloriósa mérita tibi reddant accépta : cuius oblatiónis obséquium unigénitus Fílius tuus cleménter suscépit impénsum : Qui tecum vivit et regnat.Nous vous en supplions, Seigneur, que nos dons vous soient rendus agréables par l’évocation des glorieux mérites de la bienheureuse Marie-Madeleine dont votre Fils Unique a accepté les témoignages de vénération et l’offrande de grand prix.
Ant. ad Communionem. Ps. 118, 121, 122 et 128.Communion
Feci iudícium et iustítiam, Dómine, non calumniéntur mihi supérbi : ad ómnia mandáta tua dirigébar, omnem viam iniquitátis ódio hábui.J’ai accompli le droit et la justice, Seigneur, que les superbes cessent de me calomnier : je me suis conformé à vos commandements, j’ai haï toute voie d’injustice.
PostcommunioPostcommunion
Sumpto, quǽsumus, Dómine, único ac salutári remédio, Córpore et Sánguine tuo pretióso : ab ómnibus malis, sanctæ Maríæ Magdalénæ patrocíniis, eruámur : Qui vivis et regnas.Ayant reçu l’unique et salutaire remède des âmes, votre Corps et votre Sang précieux : nous vous en supplions, Seigneur, de faire qu’en raison du patronage de saint Marie-Madeleine, nous soyons arrachés à tous les maux.

Office

Aux 1ères Vêpres avant 1955.

Capitule et Hymne comme aux 2ndes Vêpres.

V/. Diffúsa est grátia in lábiis tuis. V/. La grâce est répandue sur vos lèvres [1].
R/. Proptérea benedíxit te Deus in ætérnum. R/. C’est pourquoi Dieu vous a béni pour l’éternité.
Ad Magnificat Ant. Múlier * quæ erat in civitáte peccátrix, ut cognóvit quod Iesus accúbuit in domo Simónis leprósi, áttulit alabástrum unguénti, et stans retro secus pedes Iesu, lácrimis cœpit rigáre pedes eius, et capíllis cápitis sui tergébat, et osculabátur pedes eius, et unguénto ungébat [2]. Ant. au Magnificat Une femme * connue dans la ville pour une pécheresse, ayant su que Jésus était à table dans la maison de Simon le lépreux, apporta un vase d’albâtre plein de parfums ; et se tenant par derrière, aux pieds de Jésus, elle commença à les arroser de ses larmes ; et les essuyant avec ses cheveux, elle les baisait et les oignait de parfums.
Magnificat
OratioPrière
Beátæ Maríæ Magdalénæ, quǽsumus, Dómine, suffrágiis adiuvémur : cuius précibus exorátus, quatriduánum fratrem Lázarum vivum ab ínferis resuscitásti : Qui vivis.Nous vous prions, Seigneur, par les suffrages de la bienheureuse Marie-Madeleine, de venir à notre aide : vous qui, fléchi par ses prières, avez ressuscité vivant des enfers son frère Lazare, mort depuis quatre jours.

Matines avant 1960.

Invitatorium Invitatoire
Laudémus Deum nostrum * In conversióne Maríæ Magdalénæ.Louons notre Dieu, * En la conversion de Marie-Madeleine.
Psaume 94 (Invitatoire)
Hymnus Hymne
María castis ósculis
Lambit Dei vestígia,
Fletu rigat, tergit comis,
Detérsa nardo pérlinit
Marie, de chastes baisers
caresse les pieds d’un Dieu,
elle les inonde de ses pleurs, les essuie de ses cheveux,
puis essuyés, les parfume de nard.
Deo Patri sit glória,
Eiúsque soli Fílio,
Cum Spíritu Paráclito,
Nunc, et per omne sǽculum.
Amen.
Gloire soit à Dieu le Père,
et à son Fils unique,
ainsi qu’à l’Esprit Paraclet,
maintenant et dans tous les siècles.
Ainsi soit-il.
In I NocturnoAu 1er Nocturne
Psaumes et verset du jour de la semaine.
Lectio i1ère leçon
De Cánticis canticórum.Du Cantique des cantiques [3].
Cap. 3, 1-4.
In léctulo meo per noctes quæsívi quem díligit ánima mea ; quæsívi illum et non invéni. Surgam et circuíbo civitátem per vicos et platéas, quæram quem díligit ánima mea : quæsívi illum et non invéni. Invenérunt me vígiles qui custódiunt civitátem. Num quem díligit ánima mea vidístis ? Páululum cum pertransíssem eos, invéni quem díligit ánima mea, ténui eum, nec dimíttam, donec introdúcam illum in domum matris meæ et in cubículum genitrícis meæ.Sur ma couche, pendant les nuits, j’ai cherché celui que chérit mon âme ; je l’ai cherché et ne l’ai pas trouvé. Je me lèverai, et je ferai le tour de la cité ; dans les bourgs et les places publiques, je chercherai celui que chérit mon âme ; je l’ai cherché et ne l’ai pas trouvé. Elles m’ont rencontrée, les sentinelles qui gardent la cité : Celui que chérit mon âme, est-ce que vous ne l’avez pas vu ? Lorsque je les ai eu un peu dépassées, j’ai rencontré celui que chérit mon âme ; je l’ai saisi et je ne le laisserai pas aller, jusqu’à ce que je l’introduise dans la maison de ma mère, et dans la chambre de celle qui m’a donné le jour.
R/. María Magdaléne, et áltera María ibant dilúculo ad monuméntum. * Iesum quem quǽritis, non est hic, surréxit sicut locútus est, præcédet vos in Galilǽam, ibi eum vidébitis.R/. Marie-Madeleine et l’autre Marie vinrent au point du jour au sépulcre [4] : * Jésus, que vous cherchez, n’est point ici ; il est ressuscité, comme il l’a dit ; il vous précédera en Galilée, c’est là que vous le verrez.
V/. Et valde mane una sabbatórum véniunt ad monuméntum, orto iam sole : et introeúntes vidérunt iúvenem sedéntem in dextris, qui dixit illis.V/. Parties de grand matin, le premier jour de la semaine, elles arrivèrent au sépulcre, le soleil étant déjà levé ; et, y entrant, elles aperçurent un jeune homme assis à droite, qui leur dit [5].
* Iesum quem quǽritis, non est hic, surréxit sicut locútus est, præcédet vos in Galilǽam, ibi eum vidébitis. * Jésus, que vous cherchez, n’est point ici ; il est ressuscité, comme il l’a dit ; il vous précédera en Galilée, c’est là que vous le verrez.
Lectio ii2e leçon
Cap. 8, 1-4.
Quis mihi det te fratrem meum sugéntem úbera matris meæ, ut invéniam te foris et deósculer te, et iam me nemo despíciat ? Apprehéndam te et ducam in domum matris meæ ; ibi me docébis, et dabo tibi póculum ex vino condíto et mustum malórum granatórum meórum. Læva eius sub cápite meo, et déxtera illíus amplexábitur me. Adiúro vos, fíliæ Ierúsalem, ne suscitétis neque evigiláre faciátis diléctam, donec ipsa velit.Qui me donnera de t’avoir pour frère, suçant les mamelles de ma mère, afin que je te trouve dehors, que je te donne un baiser, et que désormais personne ne me méprise ! Je te prendrai, et je te conduirai dans la maison de ma mère ; là tu m’instruiras, et je te présenterai une coupe de vin aromatique, et le suc nouveau de mes grenades. Sa main gauche sera sous ma tête, et sa main droite m’embrassera. Je vous conjure, filles de Jérusalem, ne dérangez et ne réveillez pas la bien-aimée, jusqu’à ce qu’elle-même le veuille.
R/. Congratulámini mihi, omnes qui dilígitis Dóminum, quia quem quærébam, appáruit mihi : * Et dum flerem ad monuméntum, vidi Dóminum meum, allelúia.R/. Prenez part à ma joie vous tous qui aimez le Seigneur, car celui que je cherchais m’est apparu [6] : * Et tandis que je pleurais auprès du sépulcre, j’ai vu le Seigneur, alléluia [7].
V/. Recedéntibus discípulis, non recedébam, et amóris eius igne succénsa, ardébam desidério.V/. Tandis que les disciples se retiraient, je ne me retirais point, et, embrasée du feu de son amour, je brûlais de désir [8].
* Et dum flerem ad monuméntum, vidi Dóminum meum, allelúia. * Et tandis que je pleurais auprès du sépulcre, j’ai vu le Seigneur, alléluia.
Lectio iii3e leçon
Cap. 8, 5-7.
Quæ est ista, quæ ascéndit de desérto, delíciis áffluens, inníxa super diléctum suum ? Sub árbore malo suscitávi te, ibi corrúpta est mater tua, ibi violáta est génitrix tua. Pone me ut signáculum super cor tuum, ut signáculum super bráchium tuum, quia fortis est ut mors diléctio, dura sicut inférnus æmulátio ; lámpades eius lámpades ignis atque flammárum. Aquæ multæ non potuérunt exstínguere caritátem, nec flúmina óbruent illam.Quelle est celle-ci qui monte du désert, comblée de délices, appuyée sur son bien-aimé ? Sous le pommier, je t’ai réveillée ; là a été corrompue ta mère, celle qui t’a donné le jour. Mets-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras ; parce que l’amour est fort comme la mort ; le zèle de l’amour, inflexible comme l’enfer ; ses lampes sont des lampes de feu et de flammes. De grandes eaux n’ont pu éteindre la charité, des fleuves ne la submergeront pas.
R/. Tulérunt Dóminum meum, et néscio ubi posuérunt eum. Dicunt ei Angeli : Múlier, quid ploras ? surréxit sicut dixit : * Præcédet vos in Galilǽam : ibi eum vidébitis.R/. Ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils l’ont mis. Les Anges lui dirent : Femme, pourquoi pleurez-vous ? Il est ressuscité, comme il l’a dit : [9] * Il vous précédera en Galilée : c’est là que vous le verrez [10].
V/. Cum ergo fleret, inclinávit se, et prospéxit in monuméntum : et vidit duos Angelos in albis, sedéntes, qui dicunt ei.V/. Or, tout en pleurant, elle se pencha, et regarda dans le sépulcre ; elle vit deux Anges vêtus de blanc, assis, qui lui dirent. [11]
* Præcédet vos in Galilǽam : ibi eum vidébitis. Glória Patri. * Præcédet vos in Galilǽam : ibi eum vidébitis.* Il vous précédera en Galilée : c’est là que vous le verrez. Gloire au Père. * Il vous précédera en Galilée : c’est là que vous le verrez.
In II NocturnoAu 2nd Nocturne
Psaumes et verset du jour de la semaine.
Lectio iv4e leçon
Sermo sancti Gregórii Papæ.Sermon de saint Grégoire, Pape.
Homilia 25 in Evangelia
María Magdaléne, quæ fúerat in civitáte peccátrix, amándo veritátem, lavit lácrimis máculas críminis : et vox Veritátis implétur, qua dícitur : Dimíssa sunt ei peccáta multa, quia diléxit multum. Quæ enim prius frígida peccándo remánserat, póstmodum amándo fórtiter ardébat. Quæ a monuménto Dómini, étiam discípulis recedéntibus, non recedébat. Exquirébat quem non invénerat ; flebat inquiréndo, et amóris sui igne succénsa, eius, quem ablátum crédidit, ardébat desidério. Unde cóntigit, ut eum sola tunc vidéret, quæ remánserat ut quǽreret : quia nimírum virtus boni óperis perseverántia est.Marie-Madeleine, qui avait été « connue dans la ville comme pécheresse » [12], a lavé de ses larmes les taches de sa vie criminelle en aimant la vérité, et cette parole de la Vérité s’est accomplie : « Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu’elle a beaucoup aimé » [13]. Madeleine, qui auparavant était demeurée dans la froideur en péchant, était dans la suite embrasée d’ardeur dans son amour. Elle ne quittait point le sépulcre du Seigneur, alors même que les disciples s’en éloignaient. Elle chercha avec soin celui qu’elle n’avait point trouvé d’abord. Elle pleurait en le cherchant, et embrasée du feu de son amour, elle brûlait de retrouver celui qu’elle croyait enlevé ! Aussi arriva-t-il que Madeleine seule le vit alors, elle qui était restée pour le chercher ; c’est qu’en effet toute bonne œuvre a son mérite dans la persévérance.
Les autres répons sont tirés du Commun des Saintes Femmes.
Lectio v5e leçon
Quæsívit ergo prius, et mínime invénit : perseverávit ut quǽreret, unde et cóntigit ut inveníret : actúmque est, ut desidéria diláta créscerent, et crescéntia cáperent quod inveníssent. Hinc est enim quod de eódem sponsa Ecclésia in Cánticis canticórum dicit : In léctulo meo per noctes quæsívi quem díligit ánima mea. Diléctum namque in léctulo quǽrimus, quando, in præséntis vitæ aliquántula réquie. Redemptóris nostri desidério suspirámus. Per noctem quǽrimus : quia, etsi iam in illo mens vígilat, tamen adhuc óculus calígat.Elle le chercha donc d’abord sans le trouver ; mais en continuant sa recherche, elle réussit enfin à le trouver. Il se fit que le retard augmenta ses désirs, et que ses désirs devenus plus vifs rencontrèrent ce qu’ils voulaient trouver. C’est ce qui fait dire à l’Épouse mystique, l’Église, parlant de cela dans le Cantique des cantiques : « Sur ma couche, pendant les nuits, j’ai cherché celui que chérit mon âme » [14]. Le bien-aimé, nous le cherchons, couchés sur notre lit, lorsque, dans le peu de repos que laisse la vie présente, le désir de voir notre Sauveur nous fait soupirer après lui. Nous le cherchons pendant la nuit ; car, si déjà notre esprit veille en pensant à lui, l’obscurité pèse encore sur notre vue.
Lectio vi6e leçon
Sed, qui diléctum suum non invénit, restat ut surgat, civitátem circúmeat, id est, sanctam electórum Ecclésiam mente et inquisitióne percúrrat ; per vicos eum et platéas quærat, id est, per angústa et lata gradiéntes aspíciat, ut, si qua inveníre in eis váleat, eius vestígia exquírat : quia sunt nonnúlli étiam vitæ sæculáris, qui imitándum áliquid hábeant de actióne virtútis. Quæréntes autem nos vígiles invéniunt, qui custódiunt civitátem : quia sancti Patres, qui Ecclésiæ statum custódiunt, bonis nostris stúdiis occúrrunt, ut suo vel verbo vel scripto nos dóceant. Quos cum páululum pertransímus, invenímus quem dilígimus : quia Redémptor noster, etsi humilitáte homo inter hómines, divinitáte tamen super hómines fuit.Mais que celui qui ne trouve pas son bien-aimé se lève à la fin et fasse le tour de la ville ; c’est-à-dire, qu’il porte dans la sainte Église des élus les investigations de son esprit ; qu’il cherche par les rues et les places : c’est-à-dire qu’il observe ceux qui suivent les chemins étroits et ceux qui fréquentent les routes plus larges, pour voir s’il ne découvre pas quelques traces de Celui qu’il aime : car il y a des personnes, jusque dans la vie du siècle, qui offrent quelque chose à imiter pour la pratique de la vertu. Mais au milieu de nos recherches, nous voici rencontrés par les sentinelles de la ville : je veux dire que les saints Pères, qui veillent à la sécurité de l’Église, viennent au-devant de nos bons desseins, pour nous instruire et par leurs discours et par leurs écrits. Et c’est après les avoir un peu dépassés, que nous trouvons l’objet de notre amour. Car si notre humble Sauveur s’est fait l’égal des