Messes de la Ste Vierge le Samedi II de la Nativité au 2 février
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« Le samedi chrétien a remplacé le sabbat en conservant son nom. Cette relation explique les attitudes très divergentes qu’ont prises les églises à son égard : les unes, soucieuses de ne pas judaïser, n’ont voulu le marquer d’aucune pratique religieuse spéciale ; d’autres, comme l’Eglise romaine, et celle d’Alexandrie, en avaient fait, dès le IIIe siècle, un jour de jeûne, qui était un rappel hebdomadaire du grand jeûne pascal. Par contre, en Orient, le samedi subit l’attraction du dimanche et y devint un jour de fête ; les samedis de Carême sont assimilés aux dimanches : on n’y jeûne pas, on y célèbre l’eucharistie (alors que tous les autres jours sont aliturgiques), on y commémore les natalitia des saints.
A partir du Xe siècle, l’usage se répandit en Occident d’honorer spécialement la Sainte Vierge le samedi. La messe de Sancta Maria in Sabbato, insérée par Alcuin dans son sacramentaire votif, avait déjà pris place au XIIe siècle dans le Missel du Latran. Le Missel romain de saint Pie V a consacré cette dévotion. » [1]
Textes du Commun
quæ dici etiam possunt aliis diebus ut votivæ de B. Maria Virgine, iuxta rubricas vel, ex indulto, pro temporum diversitate | qui peuvent être dites aussi les autres jours comme messes votives de la Bse Vierge Marie, selon les rubriques, ou par indult, selon les différents temps liturgiques |
II | |
DE LA NATIVITÉ DU SEIGNEUR JUSQU’À LA PURIFICATION | |
| Ant. ad Introitum. Ps. 44,13,15 et 16. | Introït |
| Vultum tuum deprecabúntur omnes dívites plebis : adducéntur Regi Vírgines post eam : próximæ eius adducéntur tibi in lætítia et exsultatióne. | Tous les riches d’entre le peuple vous offriront leurs humbles prières. Des Vierges seront amenées au roi après vous, vos compagnes seront présentées au milieu de la joie et de l’allégresse. |
| Ps. Ibid., 2. | |
| Eructávit cor meum verbum bonum : dico ego ópera mea Regi. | De mon cœur a jailli une excellente parole ; c’est que j’adresse mes œuvres à un roi. |
| Et in Sabbato dicitur Glória, in excélsis. | Le Samedi, on dit le Glória, in excélsis. |
| Oratio. | Collecte |
| Deus, qui salútis ætérnæ, beátæ Maríæ virginitáte fœcúnda, humáno generi prǽmia præstitísti : tríbue, quǽsumus ; ut ipsam pro nobis intercédere sentiámus, per quam merúimus auctórem vitæ suscípere, Dóminum nostrum Iesum Christum, Fílium tuum : Qui tecum vivit. | O Dieu qui, en rendant féconde la virginité de la bienheureuse Marie, avez assuré au genre humain le salut éternel, faites nous éprouver, s’il vous plaît, combien est puissante auprès de vous l’intercession de celle par laquelle nous avons reçu l’auteur de la vie, Notre-Seigneur Jésus-Christ votre Fils. Qui vit et règne avec vous... |
| Léctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Titum. | Lecture de l’Épître de saint Paul Apôtre à Tite. |
| Tit. 3, 4-7. | |
| Caríssime : Appáruit benígnitas et humánitas Salvatóris nostri Dei : non ex opéribus iustítiæ, quæ fécimus nos, sed secúndum suam misericórdiam salvos nos fecit, per lavácrum regeneratiónis et renovatiónis Spíritus Sancti, quem effúdit in nos abúnde per Iesum Christum, Salvatórem nostrum : ut, iustificáti grátia ipsíus, herédes simus secúndum spem vitæ ætérnæ : in Christo Iesu, Dómino nostro. | Très cher fils, la bénignité et l’humanité de Dieu notre Sauveur ont apparu. Il nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous aurions faites, mais en vertu de sa miséricorde, par le bain de la régénération et du renouvellement de l’Esprit-Saint qu’il a répandu sur nous abondamment par Jésus-Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par sa grâce, nous devinssions héritiers, conformément à l’espérance de la vie éternelle. En Jésus-Christ notre Seigneur. |
| Graduale. Ps. 44, 3 et 2. | Graduel |
| Speciósus forma præ fíliis hóminum : diffúsa est grátia in lábiis tuis. | Vous surpassez en beauté les enfants des hommes ; la grâce est répandue sur vos lèvres. |
| V/. Eructávit cor meum verbum bonum : dico ego ópera mea Regi : lingua mea cálamus scribæ velóciter scribéntis. | V/. De mon cœur a jailli une excellente parole ; c’est que j’adresse mes œuvres à un roi. Ma langue est comme le stylet d’un scribe qui écrit rapidement. |
| Allelúia, allelúia. V/. Post partum, Virgo, invioláta permansisti : Dei Génetrix, intercéde pro nobis. Allelúia. | Allelúia, allelúia. V/. Après l’enfantement vous êtes demeurée Vierge inviolée : Mère de Dieu, intercédez pour nous. Alléluia. |
| Post Septuagesimam, ommissis Allelúia et versu sequenti, dicitur | Après la Septuagésime, on omet l’Alléluia et son verset et on dit : |
| Tractus. | Trait |
| Gaude, María Virgo, cunctas hǽreses sola interemísti. | Réjouissez-vous, Vierge Marie, vous avez anéanti à vous seule toutes les hérésies. |
| V/. Quæ Gabriélis Archángeli dictis credidísti. | V/. Car vous avez cru à la parole de l’Archange Gabriel. |
| V/. Dum Virgo Deum et hóminem genuísti : et post partum, Virgo, invioláta permansísti. | V/. Car, étant Vierge vous avez enfanté l’Homme-Dieu : et après avoir été mère, vous êtes restée Vierge inviolée. |
| V/. Dei Génetrix, intercéde pro nobis. | V/. Mère de Dieu, intercédez pour nous. |
| + Sequéntia sancti Evangélii secúndum Lucam. | Suite du Saint Évangile selon saint Luc. |
| Luc. 2, 15-20. | |
| In illo témpore : Pastóres loquebántur ad ínvicem : Transeámus usque Béthlehem, et videámus hoc verbum, quod factum est, quod Dóminus osténdit nobis. Et venérunt festinántes, et invenérunt Maríam, et Ioseph, et Infántem pósitum in præsépio. Vidéntes autem cognovérunt de verbo, quod dictum erat illis de Púero hoc. Et omnes, qui audiérunt, miráti sunt : et de his, quæ dicta erant a pastóribus ad ipsos. María autem conservábat ómnia verba hæc, cónferens in corde suo. Et revérsi sunt pastores, glorificántes et laudántes Deum in ómnibus, quæ audíerant et víderant, sicut dictum est ad illos. | En ce temps-là, les bergers se dirent l’un à l’autre : Passons jusqu’à Bethléem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. Et ils y allèrent en grande hâte, et ils trouvèrent Marie, et Joseph, et l’enfant couché dans une crèche. Et en le voyant ils reconnurent la vérité de ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui l’entendirent admirèrent ce qui leur avait été raconté par les bergers. Or Marie conservait toutes ces choses, les repassant dans son cœur. Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu de tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été dit. |
| Ant. ad Offertorium. | Offertoire |
| Felix namque es, sacra Virgo María, et omni laude digníssima : quia ex te ortus est sol iustítiæ, Christus, Deus noster. | Vous êtes heureuse, bénie Vierge Marie, et tout à fait digne de louange, car de vous est sorti le soleil de justice, le Christ notre Dieu. |
| Secreta. | Secrète |
| Dómine, propitiatióne, et beátæ Maríæ semper Vírginis intercessióne, ad perpétuam atque præséntem hæc oblátio nobis profíciat prosperitátem et pacem. Per Dóminum. | En nous étant propice, Seigneur,et grâce à l’intercession de la bienheureuse Marie toujours vierge, faites que cette oblation nous assure le bonheur dans la vie sans fin et la paix dans la vie présente. |
| Præfatio de B. Maria Virg. Et te in veneratióne. [*] | Préface de la Bse Vierge Marie Et, en ce jour où nous vénérons. |
| Ant. ad Communionem. | Communion |
| Beáta viscera Maríæ Vírginis, quæ portavérunt ætérni Patris Fílium. | Bienheureux le sein de la Vierge Marie, qui a porté le Fils du Père éternel. |
| Postcommunio. | Postcommunion |
| Hæc nos commúnio, Dómine, purget a crímine : et, intercedénte beáta Vírgine Dei Genetríce María, cæléstis remédii fáciat esse consórtes. Per eúndem Dóminum nostrum. | Que cette communion, Seigneur, nous purifie de nos fautes et nous fasse goûter les effets de ce remède céleste, grâce à l’intercession de la bienheureuse Vierge Marie Mère de Dieu. |
[1] P. Jounel, Le Dimanche et la Semaine, in Martimot, L’Église en Prière, 1961, p. 689.
[*]
| Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus : | Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre salut, de vous rendre grâces toujours et partout, Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant : |
| Et te in * * * beátæ Maríæ semper Vírginis collaudáre, benedícere et prædicáre. Quæ et Unigénitum tuum Sancti Spíritus obumbratióne concépit : et, virginitátis glória permanénte, lumen ætérnum mundo effúdit, Iesum Christum, Dóminum nostrum. | Et, en cette *** de la bienheureuse Marie toujours Vierge de vous louer, de vous bénir et de vous proclamer. C’est elle qui a conçu votre Fils unique par l’opération du Saint-Esprit, et qui, sans rien perdre de la gloire de sa virginité, a mis au monde la lumière éternelle, Jésus-Christ, Notre-Seigneur. |
| Per quem maiestátem tuam laudant Angeli, adórant Dominatiónes, tremunt Potestátes. Cæli cælorúmque Virtútes ac beáta Séraphim sócia exsultatióne concélebrant. Cum quibus et nostras voces ut admítti iúbeas, deprecámur, súpplici confessióne dicentes. | C’est par Lui que les Anges louent votre majesté, que les Dominations vous adorent, que les Puissances se prosternenten tremblant. Les Cieux, les Vertus des cieux et les bienheureux Séraphins s’associent à eux dans cette commune louange. Daignez ordonner, nous vous en conjurons, que nos voix suppliantes puissent se méler aux leurs en disant. |
